• Pourquoi Sarah

    Titre : « Pourquoi Sarah ? »
    Auteur : Florence ABOULKER
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 1986
    Nombre de pages : 223

    Résumé :

    Sarah, la star, l'objet de luxe, ne trouve que le bonheur qu'avec son double, sa jumelle Julie, journaliste à New-York. la mystérieuse et spectaculaire disparition de Sarah, obligera Julie à rechercher les raisons de cette vie éclatée. Une quette approfondie la conduira au plus surprenant des jardins secrets de sa sœur. Qui est Sarah? La petite fille brisée par ses rêves? La créature adulée par les foules? l'actrice éthylique? L'épouse-vitrine d'un aristocrate bordelais? Julie a t-elle été trahie par ce monstre sacré, ou n'aurait-elle mené cette danse macabre, cette descente aux enfers que pour se délivrer d'une sœur narcissique?...

    Mes impressions :

    Julie et Bob sont journalistes, vivent à New-York, et travaillent dans un hebdomadaire, Julie a 39 ans. Ils sont mariés depuis 13 ans. Julie souffre d'infertilité, elle a une sœur jumelle Sarah, une star de renommée mondiale.
    L'ami imaginaire, la conscience de Julie se matérialise sous la forme d' Arthur, elle se confie, à cet être plein de sagesse sur les relations qu'elle entretient avec sa sœur.

    Julie et Sarah ont eu une enfance difficile, où l'absence prévalait.
    Julie, se sent abandonnée, en attente d'amour, son père Henry était absent souvent car il était officier de marine, leur mère est morte à leur naissance.
    Henry ne pouvant se résoudre à les élever, a confié Sarah a sa propre mère et Julie à la mère de sa femme.
    Elles sont très proches, et pourtant si différentes de caractères. Elles ont une vie à l'opposer.
    Sarah est célèbre, adulée, Julie est plutôt calme, réservée, elle est une femme-enfant soutenue et aimée par son mari attentionné.
    Un jour Julie s'inquiète parce que Sarah ne répond pas au téléphone alors qu'elle est à Deauville pour un film, Julie part alors la retrouver dans son hôtel. Les deux sœurs passent du temps ensemble, partagent des moments de nostalgie ; Julie nous décrit des anecdotes de leur enfance, de leur passé.
    Sarah assume de plus en plus mal le statut de célébrité, elle agit comme une enfant gâtée, capricieuse, pourtant elle a des angoisses, elle a peur, pense même à sa mort, elle fuit.
    Elle se réfugie dans les bras de partenaires, se désintéresse de son mari et de son fils. Julie, ne la comprend pas, et pourtant n'arrive pas à se détacher d'elle, ni de cette relation pourtant toxique.
    Après son escapade à Deauville, Julie rentre, décidée à se défaire émotionnellement de sa sœur. Elle souhaite rependre sa vie en main et s'éloigner de l'emprise psychologique de Sarah....pour ne pas se perdre.
    C'est douloureux pour elle, mais elle sait que c'est une question de survie.
    Elle trouve un carnet de notes, celles de Sarah , elle les lit et découvre la vie de sa sœur, ses pensées intimes. Julie se sent désemparée et sous l'emprise.
    Sarah lutte sans cesse entre la vie et la mort, et Julie choisit la vie et tombe enceinte.

    Ce livre traite de la gémellité, de la vie de star, de l'adultère, de la mort, du fait de se sentir responsable d'une autre personne, jusqu'à se sentir prise au piège.
    Les personnages sont profondément humains et en souffrance. Les deux sœurs sont différentes ; si l'une est plutôt égoïste, l'autre est empreinte de culpabilité et tente d'aider sa sœur à sortir de sa léthargie et de son besoin morbide de côtoyer la mort.
    Entre Sarah et Jean Alexis son mari, la relation est basée en majorité sur le mensonge, la lâcheté, la complaisance, l’intérêt, elle est de nature perverse.

    J'ai trouvé ce roman ennuyeux, mou, assez vide malgré les thèmes variés et la complexité de la psychologie des deux sœurs.
    La relation trouble entre Julie et Sarah est pleine d'élégance mais déplacée. Je trouve que l'auteur est assez rébarbatif et n’apporte rien de nouveau.
    Le style est assez brouillon, les dialogues sont creux, surtout entre Bob et Julie. Tous se parlent en demi-teinte, d'ailleurs les conversations sont plutôt des bribes de phrases sans réelles consistances, des mots lâchés, il faut deviner le fond de leur pensée....
    La seconde partie, est plus intéressante, le style est plus rapide comme le temps qui avance vite, les mois défilent alors leur lot d'angoisses et de pénibilités, on s'ennuie moins.
    J'ai eu du mal à aller au bout mais je me suis motivée par curiosité et effectivement vers la fin, il y a quelques rebondissements, même s'ils ne sont sans surprises. Ce qui a rendu le dénouement plus attrayant.
    Mais je ne garderai pas longtemps en mémoire ce roman.

     


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  • Titre : « Les moustaches de la sagesse : Conte du chat Salomon qui tomba des étoiles »
    Auteur : Sheila JEFFRIES
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2014
    Nombres de pages : 185

    Quatrième de couverture :

    Imaginez qu'un soir d'orage vous trouviez, devant votre porte, une minuscule boule de poils frigorifiée. Imaginez que, malgré les temps difficiles que vous traversez, vous décidiez d'accueillir ce chaton dans votre foyer. Imaginez que Salomon, puisque c'est le nom que vous lui avez donné, ne soit en réalité pas un chat comme les autres... Qui est donc cet animal qui a parcouru un long, un très long chemin, depuis les étoiles, jusque sous un camion, pour venir vous trouvez, vous ? Et si Salomon était un " agent de bonheur ", envoyé sur Terre pour éclairer votre vie ?

    Mes impressions :

    Amoureux et inconditionnels des chats, ce livre est fait pour vous, sinon ne vous y aventurez pas.

    Salomon est un chat guérisseur, dans une vie antérieure (tout le monde sait que les chats ont sept vies), il était le chaton d'Ellen. Elle était alors une petite fille, gentille et réservée.
    Puis l'ange d'Ellen qui n'est autre que sa mère, va demander à Salomon d'aider sa fille car elle est dans une situation familiale et financière, difficiles.
    Alors qu'il est au paradis, l'ange lui donne donc une mission : revenir sur Terre et aider Ellen à aller mieux, à la soutenant et en l'aidant à prendre les bonnes décisions.
    La première étape de sa mission consiste à retrouver Ellen, puis à se faire adopter de la famille pour finalement créer une ambiance d'amour pour tous. Mais la route est semée d’embûches, comme l'est la vie.
    Aujourd'hui Ellen a grandi, elle est mariée et maman, son fils John est un petit garçon calme mais qui souffre des éternelles disputes entre ses parents.
    Salomon le narrateur nous raconte son histoire, il nous fait partager ses péripéties, sa rencontre avec la famille, puis avec la minette Jessica qui est déjà dans la famille.
    Dans ce livre, la vie nous est présentée telle qu'elle est. Avec ses moments de doute, ses difficultés.

    Ce n'est pas de la grande littérature mais ce livre a le mérite de faire du bien, d'apaiser.
    Il est sans prétention mais apporte un moment de douceur, quelquefois un moment de naïveté et il est un petit bijou de finesse et de douceur.
    Les personnages sont attachants, il y a leurs voisins de mobil-home où la famille est obligée de vivre suite au chômage de Joe.
    L'auteure en première partie de livre se concentre sur la vie d'Ellen ; elle y raconte le quotidien d'Ellen et de Jo fait de disputes, de cris, d'humiliations, de réconciliations, de promesses non tenues. Une vie bien difficile comme il y en de plus en plus de nos jours. Dans la seconde partie, l'auteure parlera aussi de la vie de Salomon, en tant que père, ami, et compagnon.
    Ce chat est descendu des étoiles pour retrouver son ancienne maîtresse et dont la mission sera de l'aider à supporter les difficultés par sa présence et les signes qu'il lui envoie....
    Salomon grandira, deviendra adulte auprès de Jessica, sa compagne de jeu et de vie...
    Puis le temps passe et lui aussi devra faire face à des difficultés....

    Un livre néanmoins réconfortant et chaleureux, dans un style parfois naïf mais qui est abordable pour le plus jeune public.
    Les personnages Ellen, John, Pam et même Jessica sont attachants...
    Toute sa vie Salomon va être d'une extrême gentillesse et un guide spirituel prévenant.
    L'auteure nous précise à la fin du livre que Salomon a vraiment existé, qu'il était un chat affectueux, quand il sentait les gens malheureux ou malades, ils venaient se coucher près d'eux pour leur apporter chaleur et réconfort....

     


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  • Entre Dieu et moi c'est fini

    Titre : « Entre Dieu et moi c'est fini »
    Auteur :  Katarina MAZETTI
    Genre : Roman
    Éditions : Babel Gaïa Actes Sud
    Année : 2007
    Nombre de pages : 137

    Quatrième de couverture :

    Linnea a quinze ans, plein de complexes et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia, sa meilleure amie, son amie pour la vie… enfin, pour cent vingt jours, “sans compter les week-ends”, Linnea a fait le calcul une fois. Depuis que Pia est morte.
    Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui vit avec son nouveau conjoint une relation tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie “croire en Dieu” ? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré. Seulement voilà, Pia n’est plus là. Alors Linnea se souvient, puisque, comme dit son excentrique grand-mère, “pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir”. La verve comique et tendre de Katarina Mazetti est ici au service d’une adolescente bravache, complexée, drôle, curieuse et paumée, qui parle aux murs pour surtout ne se confier à personne. Ce formidable roman sur l’amitié et les tourments adolescents, qui permettra aux jeunes de se sentir moins seuls et aux moins jeunes de comprendre leurs ados préférés, est le premier volume d’une trilogie publiée aux éditions Gaïa, à paraître au fil de l’année 2011 dans la collection Babel.

    Mes impressions :

    Pia et Linnea ont 16 ans, elles sont amies depuis 120 jours, elles se sont rencontrées au lycée. L'une est timide, l'autre semble plus sûre d'elle. Linnea est trop grande et ne séduit pas les garçons par contre Pia les attire.
    Une forte amitié les lie mais Pia « disparaît ». La mort de son amie va traumatiser Linnea. Elle a tellement mal qu'elle se confie et parle parfois au mur.
    Le père de Linnea est parti quand elle avait trois ans, puis sa mère a rencontré Ingo, entre eux, il y a des tensions. Knotte le petit et demi-frère de Linnea vit avec eux.

    Tout au long du livre, Linnea nous parle de son amie, pour ne pas oublier. Elle nous fait le récit au fil des pages de leur étrange et belle relation. Cependant, elle éprouve des difficultés à nous raconter ce qui s'est passé pour Pia. Peu à peu, cela devient plus simple avec le temps et elle va le faire avec douceur, avec pudeur. On devine alors combien et pourquoi elle vit mal la mort de son amie.
    Les deux adolescentes découvraient ensemble le monde des adultes. Linnea nous relate leur amitié, leur vie au lycée, leurs amourettes, leurs discussions philosophiques. Elle nous dévoile l'idée qu'elles se font de la vie, la mort, de Dieu, de la politique etc. Elles se posent des questions, beaucoup, comme tous les adolescents.
    Elles vont partager ensemble des moments tendres, d'autres plus difficiles. Mais leur amitié intense sera d'une relative courte durée.....
    À la mort de Pia, Linnea est bouleversée, en colère, se sent seule et en veut à son amie mais elle comprendra que parfois les choses ne sont pas aussi faciles qu'elles en ont l'air. Tout le long du livre, nous lecteurs nous l'écoutons se souvenir.

    Ce court roman dérange mais aborde des thèmes qui font l'existence. Il est destiné à la fois aux adolescents qui vivent ce moment difficile et aux adultes qui se rappelleront de leur adolescence. Le style est contemporain.
    Le texte original est fort dans la façon qu'à Linnea de se confier. Il est à la fois concis et analysé, il laisse entrevoir une grande force dans la narration et nous plonge dans une histoire touchante, troublante émouvante, vraiment belle.
    J'ai aimé la maturité et la fragilité de ces deux adolescentes.
    Leur philosophie de vie, leur façon de voir certaines choses les placent à un rang plus élevé.
    Parce qu'elles sont intelligentes, elles sont sensibles.
    Un livre riche d'émotions.


    Il est le premier d'une trilogie. Suivra :

    La fin n'est que le début (2011)
    Entre le chaperon rouge et le loup c'est fini (2011)

    Autres livres de Katarina Mazetti lus :

    Le mec de la tombe d'à côté
    Le caveau de famille


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  • Foreveur

    « Foreveur » de Patrice JUIFF

    Titre : « Foreveur »
    Auteur : Patrice JUIFF
    Genre : Roman
    Éditions : éditions du Rocher
    Année : 2016
    Nombre de pages : 236

    Résumé :

    Rémy aime Émilie. Émilie aime Rémy. Un jour, le père de Rémy meurt. Rémy ne veut retourner ni « chez les fous », ni chez sa mère. Il kidnappe alors Émilie et dérobe les cendres de son père pour les emmener en voyage, une petite semaine, au bord de la mer. Jours de bonheur, malgré la crainte d'être reconnus et arrêtés. Rémy se sent petit à petit devenir un homme dans les bras d'Émilie, son devoir de fils accompli… Il est loin d'imaginer que leur aventure ne fait que commencer.

    Patrice Juiff nous entraîne dans un road movie sentimental, une quête humaine où les cœurs battent souvent la chamade, où l'humour permanent et la fausse naïveté du style sont le prétexte pudique d'une magnifique ode à la vie, loin de la normalité, où la beauté n'est pas toujours là où l'on croit.

    Mes impressions :

    Je remercie chaleureusement Laurence Angebault des Éditions du Rocher (groupe Artège) pour l'envoi de ce roman.
    Cela m'a permis de retrouver la plume d'un comédien et auteur que j'apprécie.

    Je vous avais présenté « La taille d'un ange » un recueil de nouvelles qui m'avait touchée.

    Je vois dans la signification du titre, Foreveur, que je vais vous présenter, un jeu de mots, « forever » traduction anglaise, « pour toujours » et « for rêveur » pour les rêveurs, pour ceux qui ont confiance en l'être humain, en la beauté des relations.
    La quatrième de couverture m'a tout de suite attirée car j'ai bien senti que j'allais être transportée dans un monde différent, fait d'émotions et de sensibilité où l'amour prévaut, une histoire touchante comme je les aime.
    Je n'ai pas été déçue car cette histoire est remplie de personnages hauts en couleur, qui sont à la fois, humains, ils sont meurtris et pourtant si délicats, si attirants.

    Pour ce roman Patrice Juiff, a choisi comme thème, la différence, le handicap, l'amitié, l'amour, un road-movie qui nous entraîne dans la vie de plusieurs personnages secoués par la vie.
    L'histoire se passe de nos jours, Rémy vit avec son père dans un deux pièces lugubre, dans un quartier non moins lugubre. Ses parents se sont séparés lorsque Rémy avait 10 ans, lorsqu'il a eu le « cerveau grillé » comme il dit suite à un virus, aujourd'hui il en a 17.
    Sa mère n'a pas voulu continuer de l'élever, elle s'est mise en ménage avec Frank, que Rémy n'aime pas.
    Il a une relation forte, presque fusionnelle avec son père lequel en a la garde. Cependant ce dernier ne s'est pas remis de la séparation d'avec la mère de Rémy, il est devenu malheureux alors il s'est mis à boire, à se droguer....Il a perdu son travail et son logement.
    Suite à son problème de santé, Rémy a été placé en institution pendant 6 mois, là il a rencontré Émilie, une jeune trisomique dont il est tombé fou amoureux et à qui il a promis de retrouver.
    Ils deviennent les deux meilleurs amis du monde.

    Et puis un matin Rémy s'aperçoit que son père est mort pendant son sommeil....mais il ne veut pas l'abandonner alors il lui fait la promesse de veiller sur lui toujours. Il va alors retrouver sa mamie pour lui dire qu'il est décidé à ne pas retourner en institution et qu'il souhaite retrouver Émilie pour l'amener une semaine à la mer, il la met dans la confidence en espérant qu'elle va l'accompagner...et c'est ce qu'elle fera. Il prendra les dispositions pour enterrer son fils puis ils partiront avant que Rémy, ne retrouve l'institution. Il amène avec lui les cendres de son père qu'il a dérobé, pour les déposer là où il sait que son père reposera en paix.

    Ce roman est constitué de trois parties, la première concerne la mort de son père, puis la décision de partir une semaine avec sa mamie et Émilie, puis dans la seconde, nous vivons avec eux leur semaine époustouflante puis dans la troisième, il faut penser à rentrer ; sur leur route ils croisent Dan et Kathy, qui deviendront des amis,....

    Patrice Juiff, a un style très particulier ; l'écriture est soignée, souvent poétique et humoristique.
    Les descriptions détaillées des pensées intimes de Rémy, nous permettent de vivre au quotidien dans son monde. Il nous raconte sa vie, sa façon de voir les choses, son histoire, sa fuite pendant une semaine au bord de la mer avec sa mamie et Émilie, avant de retourner à l'institution car il sait qu'après avoir enlevé Émilie, il devra y retourner.

    La naïveté et la maturité de Rémy le rendent unique, attachant. Il a cette faculté de voir la beauté en toute chose, en chaque être humain, il s'émerveille de presque tout, ce roman est une ode à la vie, à la différence, au respect.
    Dans ce roman Rémy fait de nombreuses fois référence à Johnny Cash, son père en était fan.
    Et lui est fan des aventures de Tom Sawyer, il ne lâche pas et ne se lasse pas de lire et relire le livre.

    Ce roman peut faire évoluer les mentalités, modifier le regard que l'on porte sur le handicap, la maladie, il embellit les choses douloureuses.
    Ceux qui vivent le handicap ne sont pas forcément les plus malheureux, les plus à plaindre. Il y a de l'humour, des anecdotes sur le caractère d’Émilie, la façon qu'à Rémy de la regarder, de l'aimer.
    La mamie est touchante, complice avec son petit fils, comme ce dernier l'était avec son père.
    Et puis il y a Rémy, le Rémy culpabilisé, celui qui souffre du manque d'amour de sa mère...surtout que cette dernière attend un enfant de Franck....
    Dans ce livre, Patrice Juiff, ne passe pas à côté du mécanisme de l'acceptation, de l'amour, de l'amitié, mais également de la transmission intergénérationnelle des valeurs.
    Patrice Juiff parvient à nous captiver, on a envie de partager les moments de ses personnages hauts en couleur.
    Le roman est positif, il a même des ambitions sociales.
    On entre très facilement dans l'histoire. La fin est prévisible mais elle néanmoins un fort moment d'émotion.

    Un roman a ne surtout pas manquer ! Je vous le recommande, il est un coup de cœur pour moi.

    Extraits :

    « Deux heures plus tard, le soleil a commencé à se suicider en se transformant en pastille à l'orange et se laissant lentement avaler par l'horizon de la colline. Le ciel a changé plusieurs fois de costume, passant du bleu, au rouge, au violet, au noir. Les étoiles se sont allumées une à une, puis centaines par centaines. J'ai attendu encore au moins une heure, puis je me suis secoué les puces et je suis retourné dans la rue où habitait Émilie  »

     « Papa disait que l'amour est une joli pomme, la plus jolie pomme qui puisse se cueillir sur l'arbre de la vie, mais qu'il fallait toujours vérifier qu'aucun vers ne se soit introduit à l'intérieur pour y pourrir le cœur ».


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  • Impardonnables

    Titre : « Impardonnables »
    Auteur : Philippe DJIAN
    Genre : Roman
    Éditions : Gallimard
    Année : 2009
    Nombre de pages : 233

    Résumé :

    «Je pensais pourtant m'être sorti de toutes ces histoires, l'âge venant. Je croyais avoir compris que ces histoires ne valaient plus la peine que l'on se donnait hier encore pour les vivre, je croyais avoir compris que l'on était parvenus à un niveau supérieur, que l'on pouvait ne plus jouer à ces jeux idiots, que l'on pouvait s'en dispenser et j'étais là, frissonnant au crépuscule comme un collégien, totalement désarmé, terrassé.»

    Francis est un écrivain à succès, meurtri par l'existence. Sa femme et l'une de ses deux filles sont mortes devant ses yeux. À soixante ans, il est maintenant installé au Pays basque où il a mis de côté ses derniers remords en se remariant. Mais voilà que sa fille Alice, qu'il chérit plus que tout, disparaît brutalement et brise ce fragile équilibre.
    De la forteresse mentale qu'il se construit pour ne pas s'effondrer, il va découvrir un monde sans pardon possible.

    Mes impressions :

    Francis, la soixantaine vit au pays basque avec sa seconde compagne Judith, agent immobilier. Elle travaille beaucoup, et devient de plus en plus distante ; elle prétexte des ventes pour s'éloigner plusieurs jours d'affilée.

    Un jour le beau-fils de Francis, Roger arrive avec ses deux petites jumelles, et lui annonce qu'Alice la fille de Francis a disparu.
    Roger est inquiet, Francis plonge dans une angoisse profonde, celle de perdre Alice, est-t-elle enlevée, morte, disparue ?
    En 1996, Francis a déjà perdu une de ses filles Olga et sa première femme Johanna dans un terrible accident de la route; il ne s'en remettrait pas s'il venait à perdre aussi Alice, il vit mal le fait de ne pas savoir où elle est.
    Alors il engage Anne-Marguerite, une détective privée qu'il connaît depuis les bancs du lycée pour tenter de retrouver sa fille.
    Francis nous livre alors ses pensées, sur l'absence, la peur, l'inquiétude, la mort, le pardon ; il nous parle de sa vie, de ses relations, de façon anachronique, ce qui est parfois un peu gênant pour la lecture.

    Il se lie à Jérémie, le fils de Anne-Marguerite récemment sorti de prison pour braquage. Ce garçon est solitaire, perturbé, plutôt angoissé, mal dans sa peau. Il lui propose d'ailleurs, moyennant finance de suivre sa femme, persuadé qu'elle le trompe.
    Tous les deux unissent leur solitude, leur douleur, leur mal de vivre et d'être...

    Dans la maison de Francis, les jours passent et la vie continue avec son lot d’activités quotidiennes. De temps en temps Roger leur amène les fillettes pour s'en occuper. Ainsi nous apprenons qu'Alice est une jeune actrice ; une ancienne droguée, qui a vécu des moments douloureux et qui s'est amourachée de Roger, lui même utilisant de nombreux produits illicites mais depuis la naissance des deux jumelles il semble que leur extravagances ont diminué.
    Les sujets de ce livre sont la perte d'être cher, l'éloignement, l'absence, la vie, la mort, la fin des choses et des êtres.
    Un roman aussi sur les relations familiales, amicales, l'adultère, et surtout le pardon.
    Les personnages de Djian ont du mal à cohabiter, ce qui crée des tensions, la communication passe très mal d'ailleurs.
    La fin est extrêmement brutale, inattendue.

    Ce roman n'est pas un thriller, il ne se concentre pas sur la disparition d'Alice mais plutôt sur les tourments de Francis. Nous errons entre son passé et son présent et les pièces du puzzle se mettent en place au fil des pages.
    L'écriture de Djian est incisive, les phrases sont courtes, il n'y a pas de chapitre, il croise ses histoires ; ça peut être gênant, cela n'a pas aidé la fluidité de ma lecture. Mais je crois que cet homme meurtri m'a plus émue qu'il ne m'a agacée...

    Extrait :

    « Le pardon existe-t-il dans ta religion ? Demande t-elle en observant les rideaux de pluie fumante qui dansaient dans le jardin, se disloquaient contre les baies.

    - Ça dépend pour quoi. Vivre ensemble signifie partager certaines valeurs. S'entendre sur les points au-delà desquels on ne peut pas aller. Dans ce cadre, la pardon existe »

     

     


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  • Titre : « La mémoire blessée »
    Auteur : Karen YOUNG
    Genre : roman
    Éditions : Harlequin collection Jade
    Année : 2009
    Nombre de pages : 532

    Quatrième de couverture :

    L'intolérable douleur. L'anéantissement. Le désespoir. Ces sentiments, Erica Stewart les connaît bien depuis que son mari et sa petite fille sont morts, renversés sous ses yeux par un chauffard qui a pris la fuite. Meurtrie dans son âme et dans sa chair - elle-même a été grièvement blessée et a perdu tout souvenir du drame -, elle n'a depuis trouvé de refuge que dans le travail. Jusqu'au jour où elle rencontre Hunter McCabe, et où le fragile équilibre de son existence vole en éclats... Car en même temps que grandit son attirance pour cet homme, des cauchemars commencent à hanter ses nuits. Des cauchemars terrifiants, et de plus en plus précis, qui lui font entrevoir des images de l'accident enfouies jusqu'alors au plus profond d'elle-même. La mémoire d'Erica va-t-elle enfin lui ouvrir ses portes et lui permettre, en mettant un visage sur le coupable, d'envisager de reconstruire sa vie ?

    Mes impressions :

    L'histoire se déroule en partie à Houston.
    Dès les premières pages l'auteure met en place les personnages et nous décrit les familles recomposées.
    Il y a neuf ans, un terrible événement, a séparé Erika de son mari et de son bébé Danielle.
    Un accident de voiture lui a ôté sa famille et l'auteur de ce drame a pris la fuite et n'a jamais été retrouvé. Erica ne parvient pas à surmonter cette épreuve. Elle est amnésique et ne se souvient pas de l'impact.
    Elle est soutenue par Isabel sa mère, remariée, et sa demi-sœur Stéphanie âgée de 12 ans.
    Styliste, Erica tient une boutique ; elle crée des plaids et des vestes qui font sa réputation. Avant le terrible accident qui a coûté la vie à sa famille, elle était un peintre accomplie. Depuis 9 ans, elle vit comme recluse entourée par Jason son associé et ami fidèle.
    Hunter, un architecte, la rencontre alors qu'il va dans sa boutique pour choisir un cadeau destiné à sa mère Lilian.
    Lilian et Morton son beau-père, portent un lourd secret. Lilian a vraisemblablement du mal à vivre avec, alors que Morton est plus serein.
    Lilian a toujours été très proche d'Hank, un ami d'enfance mais à la mort de la femme de ce dernier et à la mort du père de Hunter, elle a préféré se remarier avec Morton. Ensemble ils ont eu une fille Jocelyn.
    Hank est toujours amoureux en secret de Lilian. Kelly la fille d'Hank 33 ans, vétérinaire et Hunter sont en couple mais ce n'est pas une histoire explosive. D'ailleurs Hunter ne se sent pas pleinement amoureux. Il éprouve pour elle plus de l'amitié que de l'amour. Ils ont grandi ensemble et ont la passion des chevaux.
    Hunter passe du temps au ranch de son père. Ce dernier et Hank étaient associés et de droit Hunter est également à part égale, propriétaire du ranch.
    Hank est un homme droit et juste alors que Morton est un homme froid, sans scrupules, arrogant et tyrannique avec sa femme et sa fille Jocelyn. Cette dernière d'ailleurs a une vie plutôt dissolue et ne sait pas trop ce qu'elle veut en faire, elle essuie échec sur échec dans sa vie professionnelle et sentimentale.
    Morton vise le poste d'ambassadeur, et mettra tout en œuvre pour être élu. Pour l'instant il est PDG d'une entreprise.
    Lorsque Hunter et Erica se rencontrent, Hunter éprouve une attirance indéniable, mais Erica refuse de se l'avouer. Malgré tout Hunter insiste et peu à peu ils vont se rapprocher. Elle va se confier à lui... ses nuits sont peuplées de cauchemar relatif à l'accident et ceux-ci s'intensifient surtout depuis la soirée où elle s'est rendue et où elle a rencontré Lilian ; la broche qu'elle portait lui envoie un flash.....
    Lilian est active dans sa ville et fait preuve de charité lors de cérémonies de bienfaisance.
    Hunter sent qu'on lui fait des cachotteries, et que son beau père et sa mère ne sont pas étrangers dans la vie d'Erica comme ils le prétendent.

    Dès le début, ce qui m'a intéressée ce sont les personnages bien travaillés, ils ont un parcours individuel atypique.Je trouve Hunter très suffisant et parfois agaçant... Erika quant à elle ne sait pas vraiment ce qu'elle souhaite quant à sa relation avec Hunter, je t'aime je te fuis, ou suis-moi que je t’attrape ! Ces deux-là m'ont un peu ennuyée par contre le fond de l'intrigue m'a bien intéressée. Il y a un peu de suspense en ce qui concerne les relations et la façon de traiter les informations.
    Les relations sont de plus en plus compliquées entre tous.
    Lilian doit faire face à un mari plus intéressé qu'amoureux. Jocelyn se bat contre ses démons. Hank est l'homme le plus sain et toujours disponible. Jason quant à lui est un ami fidèle sur qui Erica peut compter.
    Il n'y a pas vraiment de suspense sur l'accident car dès le départ on devine le secret de la famille de Hunter. Toute l’intrigue sera dans la recherche de la vérité pour Erica.
    Chaque jour, davantage l'inconscient d'Erica lui fait des révélations. Ses peintures vont l'amener à découvrir des choses enfouies dans sa mémoire.
    Ses rêves vont l'amener sur un terrain dangereux. Le dénouement final nous amènera quand même une surprise sur les personnes impliquées.
    Le mystère s’éclaircit très vite car le lecteur ne nous cache pas vraiment, quel a été le rôle de la famille de Hunter dans l'accident de Danielle et David. Seulement on avance petit à petit dans l'intrigue. J'ai noté quelques longueurs et parfois ça traîne.
    J'ai apprécié la description des paysages, ils sont surprenants, naturels, on se les imagine facilement.
    Le style de la narration est vraiment agréable, facile à lire, il y a beaucoup de dialogues, cependant bien dosés, comme le sont les descriptions.
    L'histoire n'est pas vraiment à rebondissements mais la fin laisse un sentiment de satisfaction et de sérénité.
    Il y a du romantisme, des éléments d'enquête policière, des relations humaines et familiales et l'ensemble m'a fait du bien et m'a reposée malgré un départ perturbant et triste.

     


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  • Titre : « La fille de Brooklyn »
    Auteur : Guillaume MUSSO
    Éditions : XO éditions
    Genre : Roman

    Année : 2016
    Nombre de pages : 471

    Quatrième de couverture :

    Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. 
    L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé :

    « Si j’avais commis le pire, 
    m’aimerais-tu malgré tout ? »

    Vous auriez répondu quoi, vous ?
    Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire.
    Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo.
    – C’est moi qui ai fait ça.
    Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
    Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot. Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
    Et depuis, je la cherche.

    Mes impressions :

    Je remercie Mélanie Rousset des Éditions XO pour l'envoi de ce livre.

    Le point de départ de l'histoire prend racine dans la sphère intime d'un couple amoureux.
    Une banale dispute conjugale peut-elle changer le cours d'une existence et surtout amener les conjoints à avoir des attitudes impulsives et dévastatrices ?.
    Peut-t-on construire une vie et/ou une relation sincère sur le mensonge, ? Peut-on rester soi-même et faire avec ? Peut-on alors se projeter et projeter nos proches dans un avenir sain ?

    Six mois après leur première rencontre et trois semaines avant leur mariage, Raphaël un écrivain et Anna, médecin pédiatre de vingt-cinq ans, se disputent alors qu'ils se trouvent en vacances dans le Sud de la France....
    Lui, souhaite en savoir plus sur le passé de la femme qu'il aime et qu'il va épouser. Il insiste un peu trop lourdement.
    Anna lui montre alors une photo et lui dit qu'elle est responsable de ce qui apparaît sur cette photo... Sous le choc de ce qu'il y a vu, il perd son sang froid et quitte rapidement et sans un mot la maison ; regrettant sa précipitation, il y revient vingt minutes après mais Anna, a disparu. Elle est partie....Il rentre à Paris et cherche à la contacter mais sans succès.
    Il demande alors à Marc son ami, voisin et ancien flic mis à la retraite forcée, à contre cœur, au passé mystérieux de lui venir en aide pour éclaircir cette histoire.
    Ainsi l'enquête va évoluer entre les réflexions des deux amis, un flic et un romancier, deux façons de la mener et voir les choses. Deux manières d'appréhender l'intrigue, de la penser, et de résoudre les énigmes confuses, qui s'ajoutant les unes aux autres, construisent le puzzle qui se met en place.
    L'enquête que mène Raphaël, sur Anna est organisée, minutieuse, réfléchie, il veut savoir pourquoi elle a une double vie, quel est son passé, pourquoi s'est -elle enfuit après sa révélation. A-t-elle été enlevée ? Anna est-elle victime, ou coupable, quel danger court-elle  ?
    Le passé de la jeune femme, la rattrape alors que depuis dix ans elle tente de passer outre et de l'oublier.
    La motivation des deux amis est différente et elle est à chercher dans leur vie personnelle, elle s'ajoute à l'intrigue et étoffe le roman avec des personnages compliqués, ayant des vies perturbées.
    Les personnages mis en avant, sont Caradec qui est du métier, il offre à Raphaël sa rigueur et ses méthodes, tandis que Raphaël se sert de sa sensibilité et de son métier de romancier pour faire la part belle à la fiction.
    Ces deux hommes enquêtent et sont entourées de femmes déterminées, journalistes, femme politique, mère et sœurs, tantes. La touche féminine est bien présente dans ce roman musclé même si Anna a disparu et donc n'est pas beaucoup présente physiquement dans la plus grande partie du roman. ; on découvre sa vie au travers des témoignages, des enquêtes de police.
    Raphaël et Marc vont mener une enquête surprenante car des événements se contredisent ou se complètent mais jamais avec certitude. Il faudra attendre le dénouement et le rebondissement ultime pour enfin connaître les tenants et les aboutissants de cette histoire, bien ficelée !
    Chacun des personnages, nous livre ses idées et surtout ce qu'il sait d'Anne et alors le lecteur lui même a toutes les cartes en main pour tenter de comprendre la jeune femme.
    Les lecteurs progressent dans une intrigue intelligente, mêlant enlèvement, séquestration, pédophilie, des thèmes actuels et sociétaux. Des faits réels sont relatés ce qui nous plonge dans une certaine crédibilité.

    Le dénouement nous offre un rebondissement inattendu ce qui me permet de penser que la fin est aboutie mais je trouve quand même qu'elle est un peu trop précipitée.
    Les mots faciles offrent un lecture fluide, captivante, rapide. L'aisance du style est un atout pour cet auteur. Cependant, Guillaume Musso à modifié sa façon d'écrire, il laisse tomber les scénarios surnaturels pour se tourner vers des polars et dans ce dernier opus, l'ambiance policière et politique sont largement présentes. Le suspense est présent à chaque page, il y a de la rapidité et du rythme.
    Le côté thriller avec l'enquête policière, la motivation des personnages principaux à obtenir les réponses, sont mis en avant, alors que le romantisme est mis en second plan.
    Les trois personnages principaux ont un passé complexe, et les secondaires également. Ce qui donne un côté psychologique au roman qui n'est pas pour me déplaire.
    Le lecteur retrouve des histoires de personnages bouleversantes. Il y a toujours une part d'intimité, de secrets, de doutes, de peurs, de manipulations. Ses personnages évoluent avec ce qu'ils sont, leur déchirure, leurs difficulté, leur envie, leur désir. Ils sont entiers.

    On note que dans ce roman Guillaume Musso met aussi un peu de lui, de sa paternité en la personne de Théo, le fils de Raphaël. Il en a la garde, depuis que sa précédente compagne ne se sentant pas mère est allée travailler en Californie. Je trouve que cela fait du bien de voir un bon père qui se donne du mal pour élever seul son fils, en France.
    Le rythme stylé du roman ne laisse pas de répit, il se déroule sur trois jours. C'est en fait, une affaire classée à résoudre rapidement pour nos deux amis malgré les barrières politiques et policières.
    Dans chacun des livres de Musso, on évolue à New York, lieu aimé et privilégié de l'auteur.. ici aussi même si tout a commencé dans différents endroits de France.
    Il y a toujours également ces petites maximes de personnages célèbres à chaque début de chapitres, ce qui donne une note philosophique et profonde au roman.

    Encore une belle surprise littéraire de 2016 !

    Central Park
    L'instant présent M
    La fille de papier
    L'appel de l'ange
    Sept ans après
    Demain
    Un appartement à Paris


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  • Titre : « Le nénuphar et l'araignée »
    Auteur : Claire LEGENDRE
    Genre : roman/essai
    Éditions : Les allusifs
    Année : 2015
    Nombre de pages : 100

    Résumé :

    Vous avez peur des araignées, du vide, du regard des autres, de la maladie. Qu’on vous trahisse, qu’on vous abandonne, que les prédictions de la petite gitane se réalisent. Vous arrêtez de fumer, vous fuyez les insectes et les confidences médicales, vous évitez de monter sur scène, de prendre l’avion, de tomber amoureux, de vous pencher au balcon. Vous ne passez pas le permis de conduire et vous commencez à lire les romans par la fin, un peu comme on mettrait une ceinture de chasteté. Vous croyez que vous êtes paré, qu’on ne pourra jamais vous prendre au dépourvu, qu’il ne vous arrivera rien. Et puis on découvre un papillon dans votre poitrine, vous le sentez battre des ailes. Vous ne pourrez pas faire mine de l’ignorer.

    Essai autobiographique sur la peur, Le nénuphar et l’araignée explore les symptômes, les sources et la genèse de l’angoisse, de la plus intime à la plus ordinaire. Au fil de courts chapitres qui sont aussi des fragments de vie, Claire Legendre démonte les mécanismes psychologiques, physiques et sociaux associés à ce sentiment. Dans un style alerte, parfois drôle, souvent grave sans jamais être complaisant, le récit dessine un chemin singulier entre la France, le Québec et la République tchèque, portant sur l’existence un regard à la fois défiant et désarmé.

    Mes impressions :

    L'auteur explique en début de livre qu'il est né en 2013 à la demande de Jean Marie Jot qui a invité l'auteur à écrire une collection intitulée « Les peurs ».
    Ce texte devait être court, alors l'auteur a parlé de ses propres peurs, pour les comprendre et surtout voir ce qu'elle pouvait en dire....
    Une voyante lui prédit qu'elle mourrait à 27 ans et toute sa vie cette échéance a été inscrite dans on cerveau et a guidé plus ou moins ses choix.
    L'auteur nous parle de sa crainte que cette prédiction se réalise puis élargie la description de ses peurs et notamment sa crainte d'avoir une tumeur suite à la découverte d'un nodule pulmonaire et une malformation au niveau de son thymus.
    Elle parle aussi de ses proches, de leur maladie, de leur peur. Avec justesse elle décrit les angoisses et la peur de mourir.
    Ses peurs pourraient être les nôtres, elles vont de la plus intime à la plus ordinaire. Nos peurs communes à tous...plus ou moins.
    Elle se raconte à travers ses peurs et ses angoisses et nous nous rendons compte au fil des pages que ces peurs sont aussi souvent les nôtres, elles sont générales : peur de mourir, peur de la maladie, du viol, de l'avion, du vide, des araignées etc....
    J'ai trouvé que ce livre est un peu brouillon car trop stylé, les phrases parfois complexes ne permettent pas d'avoir une lecture fluide. Cependant l'ironie et l'autodérision font du bien. Elle nous amuse.
    Par contre là où j'ai trouvé que l'auteur se défend bien c'est quand elle décrit le mécanisme des phobies, et de la peur qui paralyse. Elle parle notamment de l'anticipation, de la vérification, des superstitions....
    Ce livre est à la fois déroutant, surprenant, intimiste et général. Il est intelligent car il révèle des vérités sur le fonctionnement du cerveau face à nos peurs et les étudie de façon physiologique et psychiatrique.

     


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  • Titre : « Ça m'agace »
    Auteur : Jean Louis FOUNIER
    Genre : Roman/billet d'humeur
    Éditions : Anne Carrière
    Année : 2012
    Nombre de pages : 190

    Résumé :

    Le goût de vivre est une chose fragile. Un rien peut vous le faire passer. Il suffit d’une bestiole d’un centimètre qui doit peser un gramme, un moustique en l’occurrence, pour transformer une nuit en cauchemar. Mais ce n’est pas tout. Il y a le serveur vocal qui fait semblant de ne pas vous comprendre et n’a jamais un mot gentil ; le désespéré qui choisit de se faire déchiqueter par votre TGV et vous fait louper votre entretien d’embauche ; les campagnes de dépistage qui vous rappellent avec délicatesse que vous êtes biodégradable ; les routiers qui essaient de se doubler sur l’autoroute ; le palmarès des hôpitaux qui révèle que l’hôpital où vous allez vous faire opérer de la hanche a obtenu la plus mauvaise note ; les pigeons qui chient partout ; les imprimeurs qui impriment en tout petit ; les exclusions de votre contrat d’assurance ; les mites qui attaquent de préférence l’endroit le plus visible de votre pull en cachemire ; les ouvre-boîtes intégrés qui font gicler sur votre pantalon l’huile de vos sardines, et beaucoup d’autres choses dont l’auteur vous réserve la mauvaise surprise.

    Ça m’agace aurait pu n’être qu’un billet d’humeur. Bien pire, c’est un livre de mauvaise humeur. Parce que, tout ça, Fournier, ça l’agace.

    Mes impressions :

    Un livre qui se veut râleur, rabat-joie ! Mais il fait du bien car je me suis retrouvée dans quelques- unes des pensées de l'auteur qui raconte des anecdotes vécues énervantes !

    Ce petit livre est loin de « Veuf » ou de « Où on va papa », les thèmes sont très différents et je pense que c'est là que nous pouvons mesurer nous lecteurs, les talents d'un écrivain.

    L'auteur parle des tracas et agacements quotidiens qui peuvent nous font sourire et parfois nous révoltent. Il pointe du doigt le dysfonctionnement parfois sociétal, gouvernemental, éducatif etc etc...et même plus légèrement, la météo, la canicule, les pigeons, les mites, les poubelles...
    Il y a des sujets sérieux d'autres moins, mais ils reflètent tous des instants de vie en général.
    Il y a de nos jours des tas de raisons d'être agacé, mais l'auteur soulève aussi ces petites choses qui amènent le bonheur et qui sont trop parfois oubliées. Il se trouve dans les petites choses de la vie, et non dans les millions amassés par exemple dans les jeux télévisés par des spectateurs et candidats divers.
    L'auteur avec des mots choisis porte un regard âpre, cynique et critique mais aussi intelligent sur la société d'aujourd'hui avec son lot de tracas. Il n'est pas méchant mais son humour noir relève bien les tracas au quotidien qui nous polluent l'existence voire nous font devenir fou, et nous renvoient souvent à notre propre incapacité à faire changer les choses.
    L'auteur agrémente ces chapitres par des petits dessins marrants !
    Les chapitres sont bien découpés et chacun se termine par une chute, une morale qui fait du bien.
    Le livre m'a amusée, il est léger et j'ai passé un bon moment.

     


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  • La célibataire

    Titre : « La célibataire »
    Auteur : Carrie ADAMS
    Genre : roman
    Éditions : Calmann Lévy
    Année : 2007
    Nombre de pages : 507

    Quatrième de couverture :

    Le mariage, les enfants ? Non merci !
    À 36 ans, Tessa King a choisi : elle préfère sa vie de célibataire, ses virées shopping et ses aventures d’un soir. Tout le monde l’adore et envie sa liberté, sa joie de vivre et son humour décapant. Égoïste, Tessa ? Pas du tout. Elle est la marraine idéale, toujours présente en cas de coup dur. Confidente de Caspar qui fume des joints en cachette, baby-sitter occasionnelle de la petite Cora ou des jumeaux, elle est maman en pointillés et ça lui suffit. Jusqu’au jour où les parents des jumeaux meurent dans un accident de voiture. Pas le choix, elle doit assumer le rôle de maman à plein-temps et mettre entre parenthèses sa vie de célibataire. Adieu l’insouciance, bonjour les couches-culottes…Pile quand elle était sûre d’avoir enfin rencontré l’homme de sa vie !

    Mes impressions :

    Tessa King trente six ans, avocate revient de cinq semaines passées en Inde. Elle a fait un break pour s'éloigner de ses problèmes qui l'opposaient à son ex-patron. Ce dernier pourtant marié la harcelait, depuis des mois.
    Elle s'est plus ou moins changé les idées mais ses amis lui manquaient. Elle les retrouve avec joie.

    Sa meilleure amie c'est Francesca. Avec Nick son mari, ils ont un fils Caspar de 16 ans, deux filles Katie 8 ans et Poppy la petite dernière. Caspar est à un âge difficile, il est confronté aux problèmes de l'adolescence et à l'alcool, la drogue....
    Cora est une autre filleule, elle a sept ans et c'est la fille de Billy, une amie de jeunesse de Tessa.
    Cora est de santé fragile, son père Christoph les a quittées.
    Billy n'arrive pourtant pas à se défaire complètement de son ex-conjoint qui reste un être négatif.
    Puis il y a Helen. Elles se sont rencontrées au Vietnam, à l'époque où Tessa était au lycée.
    Helen vient d'avoir des jumeaux, ils ont cinq mois. Niel le père est vraiment un homme particulier qui ne prend pas soin de sa famille, il est plutôt dans le business et paillettes avec tout ce que cela implique, drogue, alcool et soirées nocturnes.
    Claudia son amie depuis qu'elle a sept ans, n'a pas encore d'enfant. Depuis plusieurs années avec son mari Al, ils tentent les procréations assistées, mais ils essuient les échecs des FIV, cela les fragilise émotionnellement.
    Al est un homme très proche de sa femme, très maternel, très humain et Tessa l'apprécie beaucoup.
    Ben est le meilleur ami de Tessa, avec lui elle partage de grands moments de complicité, des soirées à délirer, des sorties, des confidences. Il est marié avec Sasha, ils n'ont pas d'enfant.
    Samira quant à elle est une amie depuis peu de temps, elle est riche, célibataire...et profite de la vie.
    Le père de Tessa a un peu plus de 80 ans et sa mère en a 60 ans ; elle souffre de sclérose en plaque et Tessa se fait énormément de soucis pour eux.

    À son retour d'Inde, elle ne cherche pas tout de suite un nouveau job ; elle tente d'abord de se reconstruire. Durant cette période d'inactivité et d'oisiveté presque forcée, elle commence par se poser des questions sur ses envies de femme, ses choix de vie.
    Elle se rend compte que de ne pas être mariée, ne pas avoir d'enfant laisse un vide dans sa vie, qu'elle a de plus en plus besoin et envie de combler.

    Ce roman soulève de nombreuses questions; l'importance du choix de la parentalité, le choix de vie de couple, de profession.
    Au début je m'attendais à un roman léger, grâce à la personnalité de Tessa, puis au fur et à mesure de la lecture, les sujets deviennent plus sérieux à cause des événements plus ou moins douloureux qui se déroulent dans cette intrigue. Il y a de l'humour certes mais ils sont liés aux soucis quotidiens. Et puis la dernière partie du livre apporte son lot de douleur intense.
    Les amis de Tessa sont représentatifs des gens que l'on rencontre dans la vie avec des soucis plus ou moins importants. Des problèmes d'éducation, de travail, d'argent, lien du sang ou de cœur, divorce, puberté, adolescence mais perdure cette tendresse, cette amitié qui est forte entre eux tous.
    Ce livre est assez profond, il montre bien les difficultés des couples, des familles, également les difficultés de relations humaines etc....
    Le contenu est comme je le disais, parfois léger mais intense à la fois.
    L'auteur manie la plume pour rendre ses personnages attachants, surtout Tessa, Billy, Claudia.
    Tessa a le courage de se remettre en question, de s'interroger sur sa vie, c'est une amie fidèle qui s'oublie même un peu.
    Et puis il y a les épreuves de la vie. Et je trouve que ce livre est vraiment très bien écrit, il laisse passer les émotions justes, alors que les personnages sont parfois superficiels, dans leur comportement juvénile, tous grandissent en raison des problèmes liés à l'existence.
    Ce roman est riche de personnages aux personnalités et caractères variées.
    Ils racontent ce que l'on a, ce que l'on perd, la vie, et ses drames... mais aussi les priorités que chacun se donnent.
    L'auteur fait exister chacun d'entre eux de façon quasi-entière, chacun a une vie complexe et ils sont tous perturbés psychologiquement. Ceux qui suivent ce blog savent que je suis particulièrement attachée aux histoires dans lesquelles le vécu et la psychologie des personnages sont bien travaillés.
    L'auteur ne ménage pas ses personnages et les nombreux rebondissements envisageables qu'elle imagine nous bluffent et nous gardent en haleine jusqu'au bout. Sans oublier que la romance tient aussi une place importante dans l'intrigue.
    Le style d'écriture est tellement agréable que j'avais du mal à poser le livre pour vaquer à d'autres occupations.
    Vraiment il est très bien écrit, avec une pression psychologique et un rythme constant, jusqu'à la dernière page.
    Pour moi il est un excellent roman comme je les aime.
    De plus, de nombreux rebondissements inattendus dans le fond et dans la forme rendent ce roman riche d'émotion parfois dramatique, il soulève des questions de moralité.
    Un livre au contenu surprenant quand on voit la couverture et qui reste une jolie surprise même si parfois on est triste....
    J'ai beaucoup aimé le personnage de Tessa, elle est profondément humaine, et malgré tout ses vices, elle a des qualités importantes, ce qui me fait dire que tout le monde aimerait avoir une amie comme elle.
    Et puis je crois que ce qui la rend intéressante c'est qu'elle finit par se rendre compte que la vie ne change pas, c'est la façon dont on la regarde qui change.

     


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