• Titre : « Le Père David, l'Impératrice et la Panda »
    Auteur : José FRECHES
    Genre : Roman
    Éditions : XO éditions
    Année : 2017
    Nombre de pages : 456

    Quatrième de couverture :

    Un grand roman épique.
    L’histoire passionnante d’un animal devenu une légende « Vous le connaissez tous, avec sa splendide livrée noir et blanc, son air bonhomme, son appétit insatiable et sa démarche rigolote… le panda ! L’ami des enfants et le symbole de la préservation de la nature… Ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’un missionnaire français, le père Armand David, en 1869, est à l’origine de sa découverte. Sans lui, le panda aurait été décimé par la chasse et la déforestation. C’est en m’inspirant de cette histoire vraie que je vous invite à me suivre jusqu’aux forêts du Sichuan, le territoire du panda géant, à remonter le fleuve Bleu, à explorer la fabuleuse Cité interdite et Shanghai la mystérieuse, sur les traces de mon héros, le père David Etcheparre, à la rencontre de l’impératrice Cixi et de Fleur de Sang, une jeune fille amoureuse des pandas. Ensemble, nous découvrirons une Chine plus mystérieuse que jamais, soumise à tous les assauts, rongée par l’opium et pourtant insubmersible… mais aussi cet animal magnifique, dont le pays a fait l’un de ses principaux ambassadeurs. »

    Mes impressions :

    Une fois de plus je remercie Mélanie Rousset des Editions XO pour cette découverte. 

    L'histoire se déroule en 1865.
    L'auteur au fil de pages nous décrit les personnages de cette aventure.
    Le père David est lazariste, il se dirige vers Tiangin, le port de l'empire du soleil levant, en Chine. Sa mission : rouvrir les écoles et les orphelinats en Chine. Il se passionne pour l'étude de la flore et de la faune depuis sa plus tendre enfance.
    Il est né le 18/10/1837, son père décède alors qu'il n'a que 8 ans, c'est pour cela en partie qu'il décide de devenir missionnaire, il veut enseigner les sciences naturelles.
    Fleur de sang a 16 ans ; elle fait partie d'un peuple de chasseurs-cueilleurs : les Yi. Avec son petit frère Urdu ils passent beaucoup de temps dans la foret de Sichuan. Leur mère est morte à la naissance d'Urdu, leur père Tête de bœuf est un chasseur. Quant à elle, elle déteste cela !
    Avec son jeune frère, ils sont proches de la nature et ressentent la grande unité du vivant. Elle tient à ce qu'il soit protégé de la véracité des humains.
    Elle a une fascination pour les ours-chat (panda), elle a une connaissance intime de ces animaux attachants qu'elle trouve marrants dans leur posture.
    Elle rencontre le père Etcheparre lorsqu'il est en mission et à cette occasion elle lui explique la façon de vivre de ces ursidés, leur personnalité, leur caractère et leur particularités animales. Et puis elle veut protéger une jeune femelle Pim-Pam.
    Marcel Moudart voyage avec David, c'est un Monseigneur. C'est l'administrateur de la Chine du Nord en 1854. C'est aussi le vicaire apostolique de Mongolie.
    Aujourd'hui il est un évêque. Il considère la Chine comme une immense friche dans laquelle l’Église catholique doit semer la parole de Dieu. Il se soucie peu de la culture de ce pays, de ses personnalités, et de son héritage culturel.
    En France Adrien Pincus-Chanteras est un zoologue et entomologiste, sa femme Laura est professeur de mandarin au collège chinois. C'est Moudart qui leur a présenté David.
    Et puis il y a l'impitoyable impératrice Cixi, son fils Tongzhi est un peu bêta mais elle veut en faire un empereur digne de ce nom.
    Cixi estime que la Chine a à apprendre de l'Occident. Elle s'entoure de personnes qu'elle choisit avec intérêt.
    Cixi veut tout savoir sur les ours-chat, qui représentent le Yin et le Yang et vivent dans la forêt de Sichuan. Elle souhaite en adopté un.
    Son ambition est de montrer au monde combien la nature de la Chine est belle. Elle souhaite créer un musée des oiseaux de Chine, à l'intérieur de son palais.
    Elle va faire le lien entre le père David et Fleur de sang.
    Odval est une jeune fille de 17 ans. Attun sa gouvernante lui révèle qu'elle est la fille d'une Princesse Mongole. Pourquoi son père adoptif Sambda ne lui a jamais dit la vérité ?
    Son vrai père est un mandarin Dang Luo aujourd’hui il est aussi décédé... victime d'un guet-apens.
    Philippe, est sourd et muet, il a 20 ans, sa mère l'a abandonné à sa naissance devant un orphelinat lazarin.
    Moudart l'a baptisé et en 6 ans il a appris le mandarin malgré son handicap. Grâce à David, Philippe et Odval finissent même par se marier.
    Père Delacroche 62 ans abuse de l'opium pour calmer ses douleurs physiques et morales qui sous son effet s'évanouissent. À cette époque l'opium fait des ravages dans les milieux populaires.

    Ces nombreux personnages sont tous importants pour le récit et contribuent à l'histoire chacun à sa façon. Ils finissent par se rencontrer, se croiser. Chacun a une influence sur l'autre.
    Ils sont tous liés et œuvrent ensemble à la protection de la nature.
    Pendant son périple, David est envoyé en Mongolie pour y prêcher la bonne parole et distribuer les sacrements, afin d’œuvrer pour le salut des âmes tartares.
    Il visite plusieurs contrées au gré de ses missions et de ses attachements.

    Dans ce roman fort documenté, beaucoup de faits historiques et culturels y sont relatés. On sent bien que l'auteur est un passionné de la Chine et qu'il l'a beaucoup étudiée. Il y raconte également l'histoire des religions, les différents courants religieux, ainsi que la vie de certaines personnalités.
    Il nous parle de la civilisation de la chine, de ses coutumes, de sa végétation, de sa langue non alphabétique avec des milliers d'idéogrammes, David est un défendeur de cette culture.

    L'histoire tarde à se mettre en place. On se demande où veut en venir l'auteur. J'ai l'impression que l'histoire n'est pas un roman mais simplement une étude à grande échelle sur la Chine.
    Le scénario est assez minimaliste; je m'attendais vu le titre à une rencontre beaucoup plus insolite entre un Père, une Impératrice et un Panda qui serait beaucoup plus explicité et décrite.
    Ce livre nous raconte en majorité les pérégrinations de David. Il visite plusieurs contrées et y la connaissance de personnes intéressantes. David part aussi pour Sichuan, dans la forêt dans laquelle il est subjugué par la flore mais aussi par une famille panda.
    Dans cette forêt il y rencontre Fleur de Sang, passionné par les ours-chats. Elle lui présente une famille de Panda et il s'y attache au point de se mettre en tête d'acheminer un couple de Panda jusqu'à la ménagerie du jardin des plantes de Paris afin de les protéger car cet animal est une espèce en voie d'extinction. Il faut le protéger.
    Grâce à Cixi cet animal deviendra l'emblème de l'empire du milieu et Pim Pam sera acheminé dans son zoo personnel.
    Cette histoire est fictive mais elle s'inspire de faits réels. Le père Armand David a vraiment existé, il découvre en 1869 le panda géant ; l'auteur nous narre son histoire de façon romancée mais il respecte le contexte historique et d'ailleurs, ce roman est fort bien renseigné. Nous découvrons la Chine de cette époque-là.
    De même nous voyons que l'auteur a enquêté et étudié le rôle des missionnaires et savants occidentaux de cette période. Leur savoir d'ailleurs a permis à la Chine d'étendre sa culture.
    J'espérais que ce livre nous parlerait un peu plus généralement des pandas et qu'il raconterait une histoire un peu plus émouvante. Je suis un peu déçue car il ne se passe pas grand-chose.
    Par contre il est indéniable que les amoureux de la Chine aimeront ce roman fort passionnant, notamment sur la Chine du XIX ème siècle.
    L'auteur nous parle aussi de ces missionnaires occidentaux (lazaristes et jésuites) qui veulent convertir une grande majorité de personnes.
    L'auteur également évoque les relations faites d'incompréhension entre le monde occidental et le monde Chinois.
    Ce roman et son personnage principal sont une ode à la nature.

     


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  • Titre : « Urgence absolue »
    Auteur : Christian JACQ
    Genre : Thriller
    Éditions : XO éditions
    Année : 2017
    Nombre de pages : 435

    Quatrième de couverture :

    La Machine règne sur le monde. Créée par les humains eux-mêmes, elle les contrôle dans tous les domaines. 
    Qui la dirige ? Personne. 
    Elle s'autoalimente, réduisant, au nom du progrès, tous les espaces de liberté.
    Spirale infernale de l'intelligence artificielle. 

    Seule une poignée d'alchimistes, héritiers de la sagesse des anciens d'Égypte, ont osé l'affronter. 
    La Machine les a éliminés les uns après les autres. 
    Tous, sauf un : John Patmos, le gardien d'un temple perdu dans une oasis égyptienne qui, sous la menace, a pris la fuite. 

    Unique soldat d'une armée réduite à lui-même, Patmos est le seul, avec ses pouvoirs de chaman, à pouvoir terrasser la Machine. 

    Pour le journaliste écossais Bruce Reuchlin, une urgence absolue : retrouver celui qui représente le dernier espoir de l'humanité. 

    De la Sibérie à New York, une terrifiante course contre la montre.

    Mes impressions :

    Je remercie encore une fois chaleureusement Mélanie ROUSSET des Éditions XO pour ce roman qui m'a dépaysée ! 

    De nos jours l'être humain vit dans le tout technologique, le tout numérique et les applications dictent ses actes.
    Il est donc soumis. Malheureusement est-ce que le progrès ne sera-t-il pas aussi la propre perte de l'humanité ? Dans ce thriller qui est également un roman d'action et d'aventure, l'auteur nous parle en toute conscience et objectivité, de ce que la machine pourra être capable dans quelques années, si personne ne l'arrête avant.
    La machine fonctionne toute seule, alimentée par la bêtise, l'inconscience, l'irresponsabilité des humains qui veulent toujours plus de progrès, de nouvelles technologies. Précédemment, les Neufs supérieurs qui combattaient la machine ont tous été éliminés sauf un.

    Nous retrouvons donc les personnages de «Sphinx», premier tome de cette trilogie.
    Bruce journaliste d'investigation, est toujours en quête de la vérité. C'est un homme déterminé.
    Bruce Junior, son fils est un jeune voyant de 11 ans. Sa femme Primula est une épouse et une mère comblée.
    On retrouve également son acolyte Mark homme d'affaires et ami de toujours de Bruce et sa compagne Apsara. Leur père respectif faisait partie des Neufs avant d'être assassinés.
    Pour Mark et Apsara retrouver l'ultime supérieur est une façon de faire renaître Saint John et Sambor leur père.
    À la demande de Junior, Bruce amène son fils à Guizeh pour visiter le Sphinx, on y dit que John Patmos est venu lui aussi y rendre visite il y a peu, il semble être la neuvième personne, le 9e supérieur inconnu. La mission de Bruce et de Mark est de le retrouver et de le sauver car il est le seul à pouvoir combattre la machine et à sauver l'humanité. Patmos est sérieusement en danger.
    Bruce doit le retrouver avant Dieter Cloud, l'un des hommes les plus puissants du monde, c'est un décideur. Il est acteur de l'économie mondiale, il participe à l'établissement d'un gouvernement planétaire dirigé par la machine qui guérirait les maladies, vaincrait la mort, régirait les systèmes sociaux.
    La prochaine étape de Cloud est de contrôler la culture biologique.
    Pour cela et le reste, il n'hésitera pas à éliminer Bruce et ses amis !

    Pour rendre le sujet encore plus crédible l'auteur n'hésite pas à personnifier la machine dans sa description.
    L'auteur tout au long de son récit, évoque les grands faits et événements actuels. L'auteur s'inspire de faits actuels graves. Nous sommes dans le monde contemporain avec les attentats terroristes, les manipulations, et autres stratégies des autorités.
    Il dénonce le triomphe de la révolution numérique avec les dérapages qui vont avec; cependant un homme seul peut-il aider à la destruction de la machine et donc stopper ses dérives ? Comme fabriquer des organes à partir de cellules souches humaines dans des embryons de porc, et après greffer ces organes sans risque de rejet ? mais où se place la déontologie ? Ces expérimentations mettent en danger la vie humaine. Ces manipulations génétiques sont hautement néfastes.
    De plus il y a des rivalités entre les autorités mondiales, entre les leaders en matière d'internet, d'armement, et d'économie mondialisée

    L'auteur dans son roman parle de ses inquiétudes face à cette « l'intelligence artificielle » qui diffère de l'intelligence vraie et intuitive. Il déplore cette transformation radicale du monde devenant de plus en plus artificiel et virtuel. Il différencie les nouvelles technologies d'avec les sagesses ancestrales.
    Les machines conditionnent de plus en plus le comportement des humains. Le progrès n'a pas de limite et tout va très vite mais où cela nous mène-t-il ?
    L'humanité y résistera-t-elle ? Nos personnages ici ne sont pas convaincus du bien-fondé de cette société qui va trop vite, alors ils se lancent à la recherche de celui qui peut faire changer les choses, qui peut terrasser la machine avec ses pouvoirs chamaniques. Il s'agit donc de Patmos, gardien d'un temple perdu dans une oasis égyptienne. Il a cette sagesse des anciens, des alchimistes. Parviendront-ils à le retrouver et à le sauver ?
    Patmos ce chaman et guérisseur utilise les lois des symboles, il suit la règle et se rend dans les lieux de spiritualité afin de trouver l'élément manquant du sac de vie : le lieu exact où le déposer.
    Le sac de vie renferme le secret de la vie et de la mort.
    Le dernier lieu où se rendent les personnages est le lac Tahoe, au cœur de la sierra Nevada.
    Est-ce que Washo l'ancien déteint cet élément manquant du sac de vie ?
    Ces religieux, ces anciens savaient interpréter les signes, guider et soigner.
    Les chamans souhaitent maîtriser la mort de leur vivant de façon plus naturelle, de façon libérée et délibérée et non de façon contrôlée comme la machine. Cette dernière ne connaît ni le bien ni le mal ; elle agit en contrôlant les États et la conscience.
    Si elle prend trop de place, les humains seront asservis.
    Dans le récit l'auteur reprend en résumant, les principaux faits du livre précédent ce qui favorise le travail de mémoire et retrace les faits actuels dans leur contexte pour les lecteurs qui n'auraient pas lu le premier acte de cette histoire.
    Ce qui est agréable dans cette lecture, c'est l'humour de Bruce, parfois noir ainsi que ses expressions dans les dialogues. Ça fonctionne, j'ai souvent eu le sourire aux lèvres et cela détend l'atmosphère souvent tendue du roman. 

    C'est un roman dans l'air du temps et nous voyageons à travers le monde au côté de Mark, Apsara et Bruce. Le Caire, Prague, la Sibérie....et retour à New-York.
    Il y a beaucoup d'action, de stratégies, de manipulations.
    Quelques rebondissements nous donnent quelques sueurs froides, nous subissons quelques tensions celles des personnages. Tout cela nous pousse à avancer dans cette lecture intéressante puisque l'auteur l'agrémente avec des faits historiques, des explications sur les croyances notamment égyptiennes, mais aussi sur les monuments et la culture des pays.

    La fin laisse présager une suite intéressante, avec sans doute la présence plus importante de Bruce Junior.
    Les chapitres sont courts, l'écriture contrôlée, fluide, soignée, elle se partage proportionnellement les dialogues et le récit.
    Ce roman est un très grand moment de lecture et de dépaysement.
    Cependant je regrette un peu les personnalités un peu trop suffisantes d'Apsara et de Bruce.

    Les enquêtes de Setna, La tombe maudite - Tome 1
    Les enquêtes de Setna, Le livre interdit - Tome 2
    Les enquêtes de Setna, Le voleur d'âmes - Tome 3
    Les enquêtes de Setna, Le duel des mages - Tome 4
    J'ai construit la grande pyramide


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  • Titre : « De beaux jours à venir »
    Auteur : Megan KRUSE
    Genre : Roman
    Éditions : Denoël
    Année : 2016
    Nombre de pages : 374

    Quatrième de couverture :

    Depuis des années, Amy subit la violence de Gary. Jusqu’au jour où elle reçoit le coup de trop et décide de s’enfuir avec ses deux enfants, Jackson, dix-huit ans, et Lydia, treize ans. Premier arrêt au Starlight, motel crasseux qui va leur servir de refuge. Tous les trois s'endorment sereins et soulagés, mais au petit matin Jackson a disparu. Croyant gagner l’amour d’un père qui le rejette, il est retourné chez eux et a trahi sa mère et sa sœur en révélant à Gary l’adresse du motel. Amy se rend alors à l’évidence : si elle veut assurer sa sécurité et celle de Lydia, elle va devoir abandonner son fils. Cette séparation brise le cœur de la petite fille, très attachée à ce frère doux et différent. Jackson, de son côté, doit désormais se débrouiller seul, tiraillé entre la recherche désespérée de l’amour paternel, sa culpabilité et sa difficulté à gérer son homosexualité naissante.
    De beaux jours à venir est un roman terriblement juste, touchant et sans complaisance, sur la famille, les sacrifices que l’on peut faire en son nom, et leurs conséquences. Un chef-d’œuvre où l'émotion prend à la gorge à chaque page.

    Mes impressions :

    L'histoire se déroule en 2010 avec dans le récit quelques retours au passé.
    Amy, la mère se rend bien compte que Gary n'est pas l'homme qu'elle a cru épouser. Même si elle avait un doute dès le départ, elle voit bien qu'il a changé....Gary est violent, manipulateur, trop souvent sous l'emprise de l'alcool, elle sait qu'elle doit prendre une décision et fuir pour protéger ses enfants.
    Jackson son fils âgé de 18 ans, un peu ambivalent est sous l'emprise de ce père dont il recherche un peu la reconnaissance. Dans un premier temps il se sauve avec sa mère et sa sœur mais il reviendra vers son père, et trahira Amy et Lydia pour finalement partir définitivement loin de ce géniteur brutal et sans scrupules. Il tente d'accepter et de vivre avec son homosexualité naissante et se prostituera.
    Lydia qui a 13 ans aujourd'hui est attachée à ce frère, qu'elle devine mal dans sa peau. Elle est une jeune fille intelligente et sensible.
    Les souffrances physique et psychologique qu'engendrent ce genre d'atmosphère de violence sont palpables et bien senties puis décrites par l'auteure.
    Son récit navigue entre les années 2006 et 2010. Dans un premier temps l’intérêt de ce livre réside dans les différentes perceptions des personnages, leurs sentiments, leur façon de voir la vie, leur façon de surmonter leur mal-être et leurs difficultés.

    Ce livre est noir, sombre, douloureux. Il traite de sujets qui ne le sont pas moins, comme les violences conjugales, l’alcoolisme, la drogue, la difficulté pour un jeune homme de 18 ans d'assumer son homosexualité. Certes c'est un livre qui n'est pas joyeux. Pourtant derrière chaque phrase j'ai pu y déceler une note d'espoir, un revirement de situation pour Amy, Jackson et Lydia.
    Tour à tour ils expriment leurs craintes, leurs peines, leurs combats sous la plume stylée et fluide de l'auteure, néanmoins évocatrice de la torture mentale qu'ils subissent chaque jour.
    Le narrateur change donc à chaque chapitre. Le récit est structuré par des années, des dates et chaque personnage s'y exprime. Cela m'a paru quelquefois brouillon car le présent se mêle au récit du passé mais dans l'ensemble cela permet de s'imaginer pourquoi la famille en est arrivé à un tel degré d'incompréhension et d'affliction. Amy y raconte sa rencontre avec Gary alors qu'elle n'a que 17 ans, sa fuite avec lui, son mariage et puis ses désillusions.
    Jackson dépeint sa culpabilité, mais aussi son mal être face à son homosexualité avec des rencontres opportunistes ou sentimentales.
    Quant à Lydia elle parle de sa petite enfance au sein d'une famille particulière, la peur de son père violent et de son frère « différent ».
    Tous les trois ont le même projet celui de se libérer d'un homme abusif et néfaste.
    L'auteur décrit l'enfer familial avec des mots parfois durs et crus. Elle ne fait pas toujours dans la douceur et la tendresse.
    Elle parle avec force de la maltraitance psychologique, des violences conjugales mais aussi de l'homosexualité et des dépendances en tout genre.
    Étant assez sensible, certains passages je l'avoue m'ont ébranlée.
    Ce roman reste un roman intense dans lequel on tente de percevoir à chaque phrase ce qu'il va advenir des trois personnages. Ils sont guidés par des émotions et des sentiments différents
    Amy est une femme protectrice, courageuse.
    Lydia semble perdue dans cet univers fait de violence puis de fuite. C'est une fille sensible et aimante envers son frère.
    Jackson, lutte contre sa culpabilité et accepte peu à peu son homosexualité.
    Ce récit est sombre, dur. Megan Kruse est attachée à ses personnages, cela se sent, elle les décrit de façon délicate et tendre, sans les juger.
    On a envie que chacun d'entre eux trois trouve sa place et un peu de sérénité c'est ce qui m'a poussé à aller au bout de cette lecture bouleversante.


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  • Titre : « Peut-être une histoire d'amour »
    Auteur : Martin PAGE
    Genre : Roman
    Éditions : éditions de l'Olivier
    Année : 2008
    Nombre de pages : 204

    Quatrième de couverture :

    Virgile a l'habitude d'être délaissé par les femmes qu'il aime, c'est même une " certitude plus grande que la gravitation ". Mais cette fois, il s'apprête à vivre une expérience autrement plus déconcertante : de retour chez lui après une journée de bureau, il trouve sur son répondeur un message de Clara lui annonçant qu'elle le quitte. Or, il n'a aucun souvenir de cette dénommée Clara. Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu'il ne connaît pas. Peut-être une histoire d'amour est une comédie romantique dont Virgile est le héros décalé. Rebondissements et quiproquos se marient aux réflexions sur l'amour et pimentent cette fable pleine d'esprit.

    Mes impressions :

    Virgile vit et travaille à Paris, ses parents viennent du cirque.
    Aujourd'hui il œuvre dans une agence de publicité, il est reconnu pour ses qualités professionnelles.

    L'entrée en matière du scénario m'a paru plutôt loufoque et surprenante : Virgile reçoit un message sur son répondeur, Clara, le quitte alors qu'il n'a jamais eu d'histoire entre eux, il est célibataire et ne connaît pas intimement de Clara, sauf une qu'il a croisée dans une fête.
    Le lecteur imagine alors toutes sortes de possibilités crédibles entre la réalité et la fiction.
    Virgile est en plus hypocondriaque et dépressif chronique avec des amours tragi-comiques, il consulte trois fois par semaine une psy.

    Je trouve que Virgile est une caricature, il est même pathétique. Mais au fil des pages on finit par comprendre d'où vient son inconsistance : il ne souhaite pas s'attacher aux gens pour ne pas avoir peur de les perdre.
    Certaines scènes sont déplorables comme par exemple celle où il descend dans la rue avec son répondeur près de son cœur après l'avoir débranché.
    Il est assez décalé, tourmenté, surprenant, excentrique, il a un comportement excessif, il m'a même agacé à certains moments.
    Pourquoi Clara femme qu'il a entrevue dans une soirée, cherche à lui faire croire qu'ils ont été ensemble ? Cet événement le rend touchant aux yeux de ses ami(e)s.
    Ils vont alors prendre soin de lui après cette « séparation », ils vont le soutenir. Il joue le jeu de l'homme abandonné et en tire une certaine satisfaction, il joue un rôle pour être accepté et aimé.
    Au fil de son questionnement personnel et intime, il découvre que ne pas s'attacher permet de ne pas souffrir, et je pense que l'auteur a voulu faire passer le message que vivre est aussi agir, prendre des risques, ne pas rester sur des craintes d'un hypothétique avenir.
    « Il n'y a qu'un seul moyen pour ne jamais risquer de perdre ceux que nous pourrions aimer, c'est de ne pas les laisser entrer dans nos vies » mais en vivant ainsi on passe à côté des choses de la vie, de ce qui la compose et la rend intéressante, on s'interdit de s'enrichir.

    Le style est assez confus, curieux, l'auteur joue avec les mots, les situations sont plates sans rebondissement, il les accentue et l'ensemble est à mes yeux assez inconséquent, insipide.
    L'intrigue se déroule sur 15 jours à peine, c'est peu.
    La fin est décevante, inachevée. Je n'ai pas aimé ce roman, il est creux, vide comme son personnage principal. Il ne se passe pas grand-chose. Je suis sans doute trop négative mais voilà, sans doute que ce livre plaira à d'autres lecteurs qui préfèrent la légèreté.

    Comment je suis devenu stupide


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  • « Cours du soir » de Maeve BINCHY

    Titre : « Cours du soir »
    Auteur : Maeve BINCHY
    Genre : roman
    Éditions : France loisirs
    Année : 1997
    Nombres de pages : 611

    Quatrième de couverture :

    Aidan Dunne, professeur à l'école de Mountainview, à Dublin, est chargé d'organiser des cours du soir réservé aux adultes. Une vraie gageure car, en général, ces cours n'attirent que peu d'élèves, dont l'assiduité s'émousse au fil des mois. Aidan s'attache cependant à sa mission et trouve la perle rare en la personne de Nora O'Donaghue.
    Récemment rentrée de Sicile, où elle a passé près de quinze ans, Nora, engagée comme professeur d'italien, se révèle une pédagogue extraordinaire, qui ne se contente pas d'enseigner la langue. Bientôt baptisée "la Signora," elle fait aimer aux étudiants une autre civilisation, pleine de soleil, de sensualité et de saveurs nouvelles.
    Au point que ses élèves, aux motivations très diverses, ne rateraient un cours pour rien au monde. Et lorsque l'année se termine par un voyage en Italie, c'est l'occasion pour chacun de (re)découvrir un sens à sa vie.

    Mes impressions :

    J'aime beaucoup les histoires de Maeve BINCHY. J'apprécie la façon dont elle raconte leur vie et sa manière de créer des destins. Je suis une fervente amatrice de son style d'écriture qui permet aux lecteurs de se plonger dans l'intimité et le parcours de chacun. Elle y met beaucoup de psychologie, de sentiments et d'humanité.
    Pour y parvenir, l'auteur présente ses personnages un après l'autre dans leur univers, leur vie intime, leur entourage. Elle décrit leur vécu. La plupart croisera la vie de l'autre à un moment donné et j'ai adoré cette technique de mise en relation humaine. Cette interaction ici est essentielle.
    De façon claire et judicieuse, Maeve Binchy prend son temps, ce qui entraîne une certaine langueur dans le récit qui ne m'a pas déplu.

    Aidan est marié à Nell, ils ont deux filles de 19 et 21 ans. Nell travaille dans un restaurant, elle est caissière et Aidan est professeur de latin dans un collège des quartiers sensibles.
    Le couple s'est installé dans une routine confortable mais Aidan ressent cela comme un manque. Nell et Aidan se sont éloignés l'un de l'autre affectivement depuis des années. Il regrette le temps où il y avait plus de communication et de complicité entre eux.
    Brigid leur seconde fille travaille dans une agence de voyage. Grania l'aînée est employé dans une banque. Avec Bill son collègue, ils partagent des confidences. Lui aime Lizzie une jeune fille frivole superficielle et vénale. Quant à Brigid, elle est amoureuse d'une homme beaucoup plus âgé qu'elle, prénommé Tony, un séducteur de jeunes femmes. Tony travaille au Mountainview college, celui même où travaille Aidan. Tous deux convoitent et sont rivaux au poste de principal de collège.
    La banque où travaillent Bill et Grania, propose des postes spécialisés dans différents secteurs mais pour postuler ils doivent faire l'apprentissage d'une langue étrangère, d'où la proposition de Grania, faite à Bill de s'inscrire aux cours du soir d'Italien que son père va faire dispenser au collège.
    Signora a quitté Dublin il y a plus de 20 ans ainsi que toute sa famille pour suivre Mario, un homme qu'elle a profondément aimé en dehors du mariage alors qu'il était promis à une autre. Elle vit une histoire adultère dans une Italie pieuse. Mais à l'âge de 50 ans, à la mort de Mario elle revient à Dublin et doit affronter ses proches qu'ils l'ont reniée.
    Elle s'installe chez des particuliers, elle y louera la chambre de Suzy jeune femme qui a quitté sa famille car elle ne s'entendait pas avec son père. Les Sullivan sont très gentils avec elle alors elle les remercie en leur donnant de son temps pour les études de Jerry le frère de Suzy. Il a des difficultés de comportement mais grâce à Signora, il reprend le goût des études et s'avère être un jeune homme intelligent. Elle s'occupe aussi de la décoration de la maison de façon spontanée.
    Kathy 14 ans élève au collège et sa sœur Fran de 30 ans, sont très liées. Fran soutient Kathy pour qu'elle ait un avenir meilleur qu'elle, qu'elle puisse faire des études. Elle l'aide au quotidien dans ses devoirs.
    Les parents sont « absents » dans son éducation. Ils ne s'investissent pas. Mais Kathy va faire la découverte d'un secret de famille qui va bouleverser sa vie !
    Lou un garçon un peu paumé va faire une mauvaise rencontre au mauvais moment et sera bientôt pris dans une spirale. Il va s'allier à un malfrat de façon insidieuse et s'enferrer dans un engrenage dont il risque de ne pas parvenir à se sortir. Mais il tombe amoureux de Suzy ….
    Connie, est une femme d'âge mûr, richissime. Elle a un père qui jouait le rôle du parfait mari et père dans sa propre famille mais qui n'était pas celui qu'il prétendait être ou qu'il paraissait être. À la mort de ce père qui a gaspillé la totalité des finances de la famille, la mère de Connie souhaite marier sa fille à un homme de leur rang alors que Connie, envisage de faire des études d'avocate... mais la mère aura le dernier mot. Les rêves de Connie s'effondrent. Elle prendra donc des cours de secrétariat et rencontrera Jacko mais elle résiste à ses propres sentiments. Au niveau professionnel elle sera embauchée dans un grand hôtel comme réceptionniste, grâce à sa personnalité, elle excelle à ce poste.
    Elle va rencontrer Harry, qu'elle épouse mais il s'avère indélicat et incompréhensif face aux problèmes intimes de Connie, il va rapidement trouver une maîtresse en la personne de sa secrétaire.
    Connie donnera naissance à 3 enfants malgré l'infidélité de son époux. De l'extérieur ce couple donne d'image d'un couple comblé mais il n'en est rien.
    Et puis il y a Laddy, un jeune homme un peu simple d'esprit qui a perdu ses parents alors qu'il n'avait que huit ans. Il sera élevé par ses sœurs et particulièrement par Rose l'aînée qui a abandonné l'idée de faire des études pour s'occuper de ses 4 frère et sœurs.
    Lorsque ses sœurs se marient, Laddy reste avec Rose à la ferme mais leur vie va être bouleversée et transformée par un premier drame, puis un second. Rose ne sera pas non plus épargnée par la maladie...À sa mort Rose laissera deux enfants et Laddy, seuls. Ce dernier décide après une rencontre fortuite d'un couple d'Italien de s'inscrire au cours du soir d'Aidan afin d'apprendre cette langue et espérer un jour aller retrouver ce couple en Italie.
    Fiona, amie de Grania et de Bridgid quant à elle travaille à la cafétéria d'un grand hôpital, elle est une jeune femme discrète, joyeuse mais elle manque de confiance en elle. Elle rencontre Barry, le fils d'une patiente dont la mère a fait une tentative de suicide. Grâce à Fiona la mère de Barry va reprendre goût à la vie. 

    Tout ce petit monde va se retrouver en Italie pour le voyage de fin d'année que Signora et Aidan organisent.... le voyage est un succès et ils se rappelleront toujours de ce merveilleux séjour !
    La diversité des personnages de Maeve Binchy fait le succès de ses romans. Certains ont des secrets plus ou moins bien gardés et tous ont un vécu singulier qui diffère.
    On suit le parcours de chaque personne avant son inscription au cours du soir puis on les suit dans leur motivation ainsi que dans leur quotidien pendant leur apprentissage. Le destin des personnages se croise et des liens se nouent. J'ai beaucoup apprécié l’interaction entre les personnages, c'est ce qui fait la charme de ce roman en plus des thèmes principaux qui sont l'amour, l'amitié, la famille et l'Italie !
    La rencontre inattendue des personnes m'a énormément intéressée. Cela donne une certaine profondeur au roman et offre un réel intérêt de voir comment le destin peut basculer simplement en rencontrant une seule personne.
    Rien n'est définitif, la vie et notre destin se construisent et peut évoluer chaque jour au fil des heures. J'ai apprécié ce côté-là du roman. Le hasard des rencontres qui fait la différence et qui modifie le cours d'une vie.
    Une seule rencontre peut être bénéfique ou malveillante. Je ne retiendrai ici seulement celles qui sont positives pour rester dans l'esprit de la narration et sans doute du but de Maeve Binchy
    La construction du roman est intéressante, chaque chapitre nous présente un élève du cours du soir,
    De fil en aiguilles ils vont tous se rencontrer parce que chacun pour des raisons personnelles va au cours du soir mis en place par Aidan, et dispensés par Signora.
    Ils vont tissés des liens d'amitié grâce à la professeur Signora, excellente pédagogue qui rend les cours vivants et intéressants.
    Les personnages De Maeve Binchy proviennent d'horizons divers et n'étaient pas prédestinés à se rencontrer et pourtant.... L'assortiment d'élèves étonnants et sympathiques est captivant mais je regrette que Signora leur ait donné un prénom à consonance Italienne pour les besoins du cours en plus de leur prénom Irlandais, ce qui demande un gymnastique cérébrale et ne facilite pas la lecture. 

    Ce roman est quand même un coup de cœur pour moi, il représente tout ce que j'aime dans les relations humaines : le don de soi, le respect, la tolérance et le partage dans une ambiance fortuite et improvisée.

     


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  • Titre : « Le seigneur de Charny »
    Auteur : Laurent DECAUX
    Genre : Roman historique
    Éditions : XO éditions
    Année : 2017
    Nombre de pages : 413

    Quatrième de couverture :

    Une formidable aventure de cape et d’épée ! Champagne, 1382. Quand, après six années de croisade, Jacques de Charny regagne enfin ses terres, il découvre, stupéfait, une foule immense massée devant l’église du château. De toute l’Europe, des pèlerins affluent pour prier devant la relique extraordinaire détenue par la famille : le saint suaire, sur lequel apparaît le corps martyrisé du Christ. Pour sauver le domaine de la faillite, Jeanne, la mère de Jacques, a décidé d’exposer publiquement cette relique cachée aux yeux du monde depuis des décennies. Alors qu’il espérait être accueilli à bras ouverts, Jacques se heurte à la défiance et l’hostilité de tous. Sa mère, la première, lui reproche d’avoir ruiné la seigneurie avec ses voyages en Orient. Pierre d’Arcis, l’implacable évêque de Troyes, veut interdire l’exposition du drap sacré. Et même sa promise, la ravissante Hélène, s’est mariée à un barbon... Seuls ses deux amis d’enfance, Miles, le bouillonnant comte de Brienne, et Arnaut, le fougueux chevalier de Jaucourt, semblent se réjouir de son retour. C’est alors qu’un jeune seigneur et sa suite arrivent en Champagne pour admirer la sainte relique. Pour Jacques, cette visite inattendue va s’avérer providentielle… Avec Le Seigneur de Charny, Laurent Decaux nous offre un grand roman d’aventure où la passion, l’audace et l’amitié triomphent de la mort et du déshonneur.

    Je remercie Mélanie ROUSSET des éditions XO  pour m'avoir fait découvrir ce roman en avant-première.

    La quatrième de couverture est bien représentative du contenu du roman. En lisant le livre le lecteur, n'aura donc aucune mauvaise surprise.

    L'auteur dans un avant-propos intelligent et instructif replace le roman dans son contexte historique pour que les lecteurs l'apprécient au mieux.
    Ce roman se situe après la peste noire en 1382 et la famille Charny a vraiment existé.
    Ce roman est écrit dans un moment de l'histoire fragile : il y a eu le schisme, puis la peste, la guerre de 100 ans est toujours en cours, ce qui a entraîné le déclin du prestige de la chevalerie. Le culte des reliques est florissant dans une France de plus en plus superstitieuse.
    C'est à ce moment que Jacques, chevalier solitaire revient chez lui après 6 années de croisades.
    Il retrouve dans un royaume affaiblie sa demi-sœur Marie 15 ans, et Jeanne sa mère, veuve deux fois. Sa mère le rend responsable de la faillite du domaine car elle a dû débourser une somme importante pour combler les frais de voyage de Jacques. Le chevalier itinérant a déséquilibré les finances du foyer.
    Sa mère ostend alors la relique du Christ (drap de lin sur lequel figure le visage du Christ) en sa possession depuis des décennies pour tenter de retrouver un certain équilibre financier. De nombreux pèlerins se déplacent et viennent se prosterner et communier sur les terres des Charny devant cette relique miraculeuse. Jeanne a même décidé de construire une nouvelle église afin d’accueillir les pèlerins moyennant finance.
    L'intrigue nous montre un jeune homme ambitieux, mais qui se sent parfois écrasé par la personnalité et le rang de son père, grand diplomate connu et reconnu, écrivain, et poète qui savait mener le royaume à la perfection.
    Jacques se range du côté des optimistes, il vit sa vie de façon intense, il a foi dans la vie et dans les hommes et dans la politique. Lors des croisades il avait de l'ambition, il se nourrissait d'illusions, aujourd’hui il sait que sa place est dans sa famille, sur ses terres pour la préserver.
    L'exposition publique du saint Suaire, fait des envieux. Les convoitises sont nombreuses et créent un climat de lourde tension et de la violence.
    Dans un contexte religieux et politique mouvementés, Pierre D'Arcis, l'évêque de Troyes, veut faire interdire l'ostentation alors qu'elle est la principale source de revenus de la famille Charny.
    L'auteur part d'une famille qui a existé et l'intrigue fait référence à une réalité : le grand suaire, drap de lin qui aurait recueilli le corps du Christ après la crucifixion.
    L'arrivée du Seigneur Charles qui vient admirer la relique sur les terres des Charny va être un moment de grâce mais pas seulement.
    La personnalité des trois principaux personnages Jacques, Miles et Arnaut, nous rappellent le comportement des jeunes gens d'aujourd'hui : fougueux, cherchant l'aventure, ils sont dans la séduction, soit dans l'amour de la littérature, des arts, et même de la politique.
    Nous sommes à l'époque du Moyen Âge mais les choses ont très peu changé au niveau de l'état d'esprit de la jeunesse. Nous retrouvons la notion de confort matériel, l'amitié, l'amour, l'amusement qui font la mentalité de nos jours mais aussi les trahisons, la jalousie, la mort, la maladie, les superstitions et les humiliations.
    J'ai été étonnée par la jeunesse des personnages dans leur fonction, être roi a tout juste 14 ans, m'a semblé être une exagération et pourtant... l'espérance de vie à cette époque est de 40 ans en moyenne... il semblerait que cela joue sur la maturité de ces jeunes gens qui grandissent plus vite qu'à notre époque...

    L'auteur s'est beaucoup documenté pour offrir à ses premiers lecteurs un roman intéressant, puisqu'il utilise les événements de l'époque et nous enrichit de faits historiques J'ai notamment eu la chance ainsi de me remémorer les grands tumultes de cette époque : la guerre avec la couronne d'Angleterre, les épidémies, la position de l’Église, la politique...
    De même les renseignements sur la famille de Charny sont précis, il y a un réel travail d'enquête et de recherches.
    Laurent DECAUX avec une intrigue assez simple, peut-être trop à mon goût, nous livre là un roman dense tout en étant limpide. J'ai personnellement trouvé que le côté historique, la conjoncture de cette période médiévale prévalaient sur l'intrigue, que je trouve un peu trop fade.
    Cependant, je note la qualité du style de l'auteur, fils d'historien connue, qui a su manier la plume de façon à nous plonger en plein cœur du moyen âge de part le vocabulaire de l'époque surtout dans les dialogues et la syntaxe mais aussi avec le côté historique. L'écriture est minutieuse tout en étant fluide. Il y a une juste proportion entre les dialogues et le récit, ce qui rend la lecture agréable. De plus les chapitres sont courts et l'auteur va à l'essentiel. Quelques timides rebondissements viennent compléter le scénario.
    En fin de volume, Laurent Decaux, apporte plusieurs précisions sur les personnages réels et fictifs de son roman, il replace le récit dans son contexte politique, culturel, sociétal, théologique, et évoque les événements sanitaires.
    Je me suis attachée au personnage de Charles, entravé par son rang et son statut de souverain.
    Il y a de l'émotion dans la dernière partie de ce roman, le soutien et l'alliance des quatre jeunes hommes fait foi face à l’adversité et l'amitié qui les lie est fiable.
    Un premier roman prometteur.

     


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  • Titre : « Après-toi »
    Auteur : Jojo MOYES
    Genre : Roman
    Éditions : Milady poche
    Année : 2016
    Nombre de pages : 473

    Quatrième de couverture :

    N’oublie jamais que tu n’as qu’une seule vie… Lou a promis à l’homme qu’elle aime de vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Mais elle peine à se remettre de la mort de Will et des violentes critiques dont elle est la cible dans sa ville natale. Sa vie londonienne n’a rien du nouveau départ qu’elle espérait : accoutrée d’un uniforme ridicule, elle travaille dans le bar d’un aéroport, sous les ordres d’un petit tyran. Lors d’une soirée passée à méditer sur le toit de son immeuble, Lou est surprise par l’apparition d’une jeune fille, et tombe… trois étages plus bas. Elle croit avoir touché le fond, mais c’est là que commence sa nouvelle vie : sa rencontre inattendue avec Lily est le meilleur moyen d’honorer sa promesse.

    Mes impressions :

    Quel bonheur de retrouver Lou, l'héroïne du très beau roman « Avant toi » de Jojo MOYES.
    Cette suite est encore et toujours représentative de la sensibilité de l'auteure.

    Lou a beaucoup de mal à faire le deuil de Will, l'homme qu'elle aimait et dont elle était la dame de compagnie. Depuis elle tente de trouver une raison de continuer, elle travaille dans un bar à l'aéroport. Ses parents sont présents et aimants ainsi que sa sœur et c'est sans doute ce qui l'aide le plus.
    Soudainement il arrive Lily dans sa vie. La fille inconnue de Will.....
    Cette jeune fille avec sa jeunesse et son propre mal être va l'aider à dépasser sa propre peine et à réveiller son instinct de vie.
    Et puis il y a Sam, l'ambulancier au grand cœur. Un homme seul et délicat.
    Ces deux-là vont lui donner l'énergie pour se relever, pour voir l'étincelle de vie qui est autour d'elle. Elle va réapprendre l'amour, elle va devoir vaincre sa peur de l'attachement, ignorer sa crainte de perdre à nouveau et celle du sentiment d'abandon. La vie est ce qui se passe aujourd'hui, elle va apprendre à apprivoiser ses troubles et ses inquiétudes pour avancer.

    Lou est un personnage attachant, elle nous ressemble parfois dans sa façon de voir les choses, elle est humaine, remplie de doutes et de peine.
    Elle nous rappelle que vivre sans les autres est difficile voire impossible.
    Lily et Lou sont deux être meurtris. Elles vont devoir faire face, s'entraider et s'épauler, et même apprendre à vivre l'une à côté de l'autre. Leur relation sera échange et partage souvent dans la douleur et le conflit mais toujours vers l'avenir.
    Grâce à Lily, Lou revoit les parents de Will. Cela va la confronter à son triste passé mais ce sera bénéfique puisque leur rencontre va leur permettre de retrouver des liens rompus et Lily va faire connaissance de la famille de Will et à être reconnue en tant que membre de cette dernière à part entière.
    Lou redevient un être vivant, elle retrouve sa capacité à aller de l'avant. Et Lily gagne en maturité.
    Avec acuité, poésie, parfois humour, l'auteur écrit là une très belle suite.
    J'ai aimé le parcours de Lou qui n'est pas toujours d'accord avec son entourage mais qui fait selon ce qu'elle pense être le mieux pour les personnes qu'elle aime. Elle est juste et intègre.
    La vie n'est pas toujours facile mais c'est ce qui fait son charme et les difficultés que l'on rencontre font l'existence.
    Une très belle suite que je recommande.

    La liste de Noël 
    Jamais deux sans toi
    Avant toi

     


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  • Titre : « La tresse »
    Auteur : Laetitia COLOMBANI
    Genre : Roman
    Éditions : Grasset
    Année : 2017
    Nombre de pages : 224

    Quatrième de couverture :

    Merci à Alex pour m'avoir permise de lire ce très joli roman rempli d'humanité vers une fin empreinte de solidarité.

    Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
    Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
    Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
    Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
     Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

    Mes impressions :

    Giulia, vingt ans, vit en Italie, elle travaille dans l'atelier de son père. Il s'agit d'un atelier spécialisé dans le traitement des cheveux avant d'être expédiés vers l'Europe. Ces cheveux serviront à faire des postiches ou des perruques.
    L'entreprise a été fondée en 1926 par son arrière-grand-père, Giulia et les employées donnent toutes du cœur à l'ouvrage. Lorsque le père de Giulia a un grave accident, elle découvre que l'entreprise familiale est en faillite. Elle refuse de voir se perdre le bien de plusieurs générations et va se battre pour continuer à le faire prospérer.
    Sarah, est une carriériste de quarante ans, elle vit au Canada, divorcée deux fois, mère de famille de jumeaux qui sont en primaire et une fille au collège. Elle aime son métier, cependant elle culpabilise de ne pas pouvoir s'occuper de ses enfants comme elle le voudrait, et être présente pour eux plus souvent. Elle est secondée par Ron, un assistant maternel dévoué. Sarah est une avocate connue et reconnue par ses pairs. Elle lutte contre les machistes et les hommes ambitieux qui ne considèrent pas les femmes comme leurs égales. Bientôt promue, elle constate que la discrimination professionnelle est bien palpable dans son cabinet.
    Smita, vit en Inde à Baldapur, elle est une Dalit, une impure. Elle est « extracteur » ramasseuse d'excrément des autres à mains nues.
    Elle aimerait donner à Lalita sa fille, un avenir meilleur que le sien. Lalita est une petite fille intelligente alors Smita va économiser pour pouvoir l'envoyer à l'école.
    Trois femmes, trois destins qui malgré la distance kilométrique sont unies émotionnellement par la vie et ses difficultés.
    Ce petit roman est riche. Les thèmes se regroupent et le fil conducteur de ces trois histoires de femmes est une tresse de cheveux.
    Ses trois femmes ont des caractères distincts mais toutes sont de nature combative, déterminée, et elles sont fortes et fragiles à la fois.
    Une est dans le déni de la maladie, l'autre fuit dans le rêve, et l'ambition, l'autre fuit sa condition
    dans la religion et les croyances de son pays jusqu'à ce qu'elles se battent pour une vie meilleure et un idéal.
    Ces trois femmes sont liées par le destin, comme les trois brins d'une tresse de cheveux.
    Ces femmes ont des doubles peines, une est condamnée par la maladie et le monde du travail qui la rejette. L'autre par la mort prochaine presque certaine de son père et la fin de l'atelier de ce dernier et la dernière fuit son pays, sa condition, son sort et les misères des Dalits, (les Intouchables) et risque le tout pour donner un avenir meilleur à sa fille.
    J'ai beaucoup aimé ce roman touchant. Il est émouvant, il nous va droit au cœur parce que nous partageons les vies de ses femmes que tout oppose.
    Pourtant elles ont chacune un combat à mener pour leur idéal de liberté, et ce malgré l'adversité. Je trouve leur détermination symbolique,
    Elles se partagent les chapitres tour à tour. À travers ce récit, l'auteur parle de la place de la femme dans la couple, dans la famille, dans la société, dans le milieu professionnel, mais il évoque également la discrimination, les différences, les cultures et les traditions des pays de l'Inde et de l'Italie. Il est question également de la mort, tout ceci autour des rêves et des espoirs de trois femmes bien différentes.
    Toutes les trois sont ambitieuses et se révoltent pour leur liberté mais leur histoire est loin d'être finie. Elles se battent toutes les trois avec l'énergie du désespoir et avec espérance.
    Laetita Colombani signe là un très beau roman sur le courage, la prise de risque et la volonté au féminin.

     


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  • « la ballade des adieux » de Lori LANSENS

    Titre : « la ballade des adieux »
    Auteur : Lori LANSENS
    Genre : Roman
    Année : 2003
    Éditions : Belfond
    Nombre de pages : 458

    Résumé :

    Lorsque sa voisine, Collette, demande à Addy de s'occuper de sa petite fille de cinq ans, elle ne peut qu'accepter. Mais Collette ne reviendra pas... Addy n'a plus qu'une idée : éduquer, transmettre ses connaissances et surtout trouver un foyer stable à la jeune Sharla afin qu'elle soit à l'abri le jour où elle s'éteindra. Addy lui raconte son enfance tranquille et heureuse dans un village bâti par des esclaves affranchis à la frontière du Canada et des États-Unis, le drame qui la fit chasser de son paradis et fit d'elle une éternelle déracinée. Une vie d'errances, de petits bonheurs fragiles et d'espérance, riche d'enseignements pour Sharla, qui a déjà connu tant de souffrances... Leurs solitudes s'unissent et une
    merveilleuse histoire se noue entre la vieille dame qui a tout perdu et la petite fille qui n'a jamais rien eu.

    Mes impressions :

    Ce livre est encore un coup de cœur pour moi, un page-turner comme je les aime.

    Sharla est âgée de cinq ans lorsque sa mère Colette décide de l'envoyer chez Addy, une vieille dame usée par la vie, qui habite dans le village des caravanes près de Chatham en Ontario, le temps d'un été. Colette et son nouveau copain menaçant et violent, gêne leur projet d'aller vivre aux States tous les deux.
    Au début Addy ne veut pas de cette enfant, grassouillette, pas très jolie, elle pense qu'elle va lui attirer des ennuis et puis elle se sent vieille pour s'occuper d'une petite fille si jeune.
    Pourtant elle va l’accueillir, quand elle comprend que Colette ne reviendra pas comme prévu à la fin de l'été.
    L'arrivée de Sharla va éveiller des souvenirs plus ou moins douloureux chez Addy.
    Le roman se passe en 1980, mais Addy nous raconte amplement sa vie d'avant, ainsi elle nous décrit son parcours.
    Elle nous raconte son arrivée à Rusholme en 1920, une bourgade où vivent des esclaves juifs.
    Il y a alors des fermes hautes et larges, certaines appartiennent à des fermiers blancs mais la plupart à des gens de couleur. Elle a un frère Leam qu'elle aime beaucoup. Tous les deux sont très proches.
    Wallace son père est alors homme à tout faire chez Théodore Bishop puis il démissionnera pour travailler à l'usine.
    À 15 ans, Sharla est attirée par Chester Monk, il travaille pour les gens riches, aux champs avec d'autres noirs.
    Le roman est jalonné par des souvenirs de son adolescence, de sa vie de femme, de mère, ses douleurs, ses joies, les drames et les épreuves de sa vie !
    Et puis il y a la rencontre avec Sharla, petite fille intelligente, délaissée et mal aimée par sa mère.
    Addy va lui apprendre à devenir une femme qui se respecte et lui transmet des valeurs : elle lui apprend les tâches ménagères et quotidiennes : cuisiner, nettoyer, faire le ménage, la couture, mais aussi la politesse, le savoir-vivre. Elle l'éduque comme si c'était sa propre fille et finit par s’attacher à elle et réciproquement.
    Addy évoque ses souvenirs : son enfance dans une communauté d'esclaves affranchis, les travailleurs exploités, elle lui enseigne l'histoire de ses origines, la prohibition, la violence, le racisme.
    Ce qui explique que ce roman aussi est un sur la transmission familiale et culturelle.
    Tout le long de leur vie ensemble, elle a peur pour cette petite fille et son avenir. Alors sachant sa santé fragile et son corps vieillissant, elle va tenter de trouver une famille, un foyer charitable et bienveillant, pour Sharla. La fin est en grande partie inattendue mais elle donne espoir.

    Ce récit, est à la fois, doux et amer, tendre et triste mais il y a toujours de l'espoir et de la combativité. La foi d'Addy en la vie et les êtres humains, rend ce roman intense. Il est un récit sur l'espoir, l'amour, les liens familiaux, les liens du cœur et les rapports intragénérationnels mais il est également un travail de mémoire l'esclavage et sur la condition des noirs.
    Certains personnages sont profondément généreux et indulgents, certains très attachants.
    L'écriture est soignée, stylée. Elle nous décrit la part de misère mais aussi la joie et la richesse du cœur d'Addy, femme courage au destin brisé. Mais femme résiliente. Parfois l'auteur passe rapidement sur certains événements de la vie d'Addy mais elle dit l'essentiel avec justesse. Addy est impartiale. Juste, elle a beaucoup de charme et de délicatesse dans sa façon de voir les choses. Elle possède l'intelligence du cœur.

    Ce roman était le premier de l'auteure, depuis elle a fait du chemin dans le cercle de la littérature.
    Je la retrouverai avec plaisir.

     


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  • « Nous n'avons pas changé » de Lorraine FOUCHET

    Titre : « Nous n'avons pas changé »
    Auteur : Lorraine FOUCHET
    Genre : Roman
    Éditions : Robert Laffont
    Année : 2005
    Nombre de pages : 282

    Résumé :

    En terminale, au lycée, elles étaient quatre inséparables. Vingt ans plus tard, elles se retrouvent. Mais l'une d'elles n'est pas celle qu'elle prétend être... " Les vingt ans du bac ! Dîner de la promotion 1985 de Sainte-Agathe ". Gwénola arrive de l'île de Groix, Axelle du Sud-Ouest, Olivia des Yvelines, Jenny de Rome. Elles s'étaient perdues de vue. Pourtant elles n'ont pas changé et les liens se retissent, forts... Mais ces retrouvailles vont bouleverser leurs vies et les obliger à dévoiler les mensonges et les secrets du passé. Une seule le sait, d'ailleurs elle est venue dans ce but : faire éclater la vérité. Elle a d'étranges absences, d'étranges trous de mémoire. Qui est-elle ?

    Mes impressions :

    Gwénola, Olivia, Axelle et Jenny sont invitées aux « 20 ans du bac » par Isabelle la maîtresse de division de la promo 1985 de Sainte-Agathe.
    Elles vont se réunir le 20 septembre 2005 au sein de l'ancienne école, un institut privé Parisien.
    Les quatre amies ne se sont pas vues depuis 20 ans.
    Après le lycée Gwenola est partie précipitamment vivre chez ses grands-parents, à Groix en Bretagne; aujourd'hui elle est journaliste, correspondante locale au Ouest-France.
    Son fils Loeiz, fait des études de médecine. Tous les deux sont très proches.
    Olivia Ruben vit dans les Yvelines, c'est une écrivaine dont ses romans sont tous portés à l'écran . Son fils Noé de 17 ans va participer à une émission de téléréalité pour les enfants de people. À la clé l'argent nécessaire pour lancer un support de son choix, disque, exposition, peinture, photo publication, livre. Le rêve de Noé est de devenir réalisateur et écrivain.
    Olivia est divorcée de Colin Nathan chirurgien esthétique.
    Axelle de Bergea vient d'une famille châtelaine, c'est une aristocrate. Avec son mari, Charles député-maire ils vivent dans le Sud-Ouest, elle n'a pas d'enfant à cause d'une stérilité. Elle vit très mal cette blessure profonde, ce manque d'enfant.
    Jenny Lincoln, est une Américaine qui vit aujourd'hui à Rome, célibataire. Elle flirte avec de piètres personnalités, tels des barons. Elle entretient une relation clandestine avec un amant, marié et père.

    Toutes les quatre vont à la réunion des anciens élèves à la fois inquiètes et impatientes ; chacune a de lourds secrets à préserver ou à dévoiler.
    Chacune va s'y rendre pour des raisons, différentes : la curiosité, la distraction, le principe, ou encore dans le but de tenir une promesse. Chacune veut savoir ce que les autres amies sont devenues mais l'une d'entre elles, n'est pas celle qu'elle prétend être.
    Aujourd'hui que reste-t-il de leur amitié ? Et de leur rêves de jeunesse ?
    Après la rencontre dans le château, elles continuent leur soirée toutes les quatre et vont boire un verre aux « Trèfles à quatre feuilles » le café qui était le QG de leurs années lycée.
    Elles évoquent le passé, mais chacune aujourd'hui cache un secret qui les lie sans l'avouer aux autres.
    Seule Jenny connaît l'entière vérité. Elle détient la clé, parce qu'elle a fait une promesse il y a quelques années.
    Un personnage secondaire apparaît, il s'agit du frère de Jenny, un drogué, ex-taulard, de 40 ans qui cherche prendre une vengeance sur la vie.
    Les anciennes élèves ont toutes un vécu différent, une vie remplie, riche, intéressante, triste ou gaie ou encore étonnante.

    L’histoire est parfaitement bien menée avec une grande part d'originalité et de rebondissements.
    Dès la page 54, une révélation crée la surprise même si on se doutait qu'un mystère planait mais on ne s'attendait pas à celui-ci.
    Ce qui était établi, ne l'est finalement pas
    Olivia est-elle l'imposteur a t-elle un nègre ? Qui lui écrit ses bouquins ?
    À qui va profiter cette révélation ? Qui va l'utiliser pour sa gouverne ?
    Est-ce la seule révélation ? Une seconde divulgation risque d'éclater et elle composera la seconde intrigue.
    Peu à peu, à partir du dîner de Sainte-Agathe, les masques vont tomber et la vérité éclater. Le secret de l'une d'entre elles va t-il être gardé ou révélé, quelles en seront les conséquences ?
    Leurs vies déjà bouleversées vont continuer à l'être.
    Amitié, amour, secret, trahison, espoir, sont les sentiments qui composent l'intrigue de ce roman.
    Les personnages sont tous très attachants, compliqués, différents, victimes ou responsables, et coupables. Leurs rapports sont complexes et cela crée la fascination du lecteur.
    De nombreux enchevêtrements de faits, inopportuns créent le suspense et m'ont personnellement passionnée.
    Beaucoup de faits s'imbriquent, et font de cette histoire un livre envoûtant. Il y a des malentendus, , des non-dits, des mensonges, des trahisons mais aussi de l'amour, de l'amitié et du respect. Sans compter un scandale politique, une affaire de détournement de fonds publics. L'auteur glisse dans ses romans, de la culture, des arts, des loisirs modernes, et contemporains, ainsi que de la télé-réalité, ce qui est un peu plus étonnant.
    Cet ouvrage contemporain aux sujets actuels et variés nous offre un roman complet et riche.
    Comme dans La mélodie des jours  il y a beaucoup de psychologie dans les personnages de Lorraine Fouchet, elle les travaille à la perfection pour les rendre humains, intéressants, saisissants et parfois inquiétants. Elle habite ses personnages et fait corps avec eux au point que certains d’entre eux nous ressemblent.
    Elle parvient à transcrire pour chacun d'eux leur sentiment et leur émotion, elle réussit parfaitement à décrypter et décrire leurs pensées, leur trouble, leur blessure.
    Ils sont haut en couleur, certains touchants dans leur relation parents/enfants.
    Les personnages sont pris dans la toile de leur vie et sont parfois la cause de leur souffrance personnelle ou encore victimes de dommages collatéraux.
    La syntaxe est élégante, l'écriture est fluide et donc la lecture est un plaisir !
    Lorraine Fouchet sait éveiller l'intérêt des lecteurs.
    Cette histoire, unie et lie le passé au présent.
    Un très bon roman que je vous conseille.

    La mélodie des jours 


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