• « Nous n'avons pas changé » de Lorraine FOUCHET

    Titre : « Nous n'avons pas changé »
    Auteur : Lorraine FOUCHET
    Genre : Roman
    Éditions : Robert Laffont
    Année : 2005
    Nombre de pages : 282

    Résumé :

    En terminale, au lycée, elles étaient quatre inséparables. Vingt ans plus tard, elles se retrouvent. Mais l'une d'elles n'est pas celle qu'elle prétend être... " Les vingt ans du bac ! Dîner de la promotion 1985 de Sainte-Agathe ". Gwénola arrive de l'île de Groix, Axelle du Sud-Ouest, Olivia des Yvelines, Jenny de Rome. Elles s'étaient perdues de vue. Pourtant elles n'ont pas changé et les liens se retissent, forts... Mais ces retrouvailles vont bouleverser leurs vies et les obliger à dévoiler les mensonges et les secrets du passé. Une seule le sait, d'ailleurs elle est venue dans ce but : faire éclater la vérité. Elle a d'étranges absences, d'étranges trous de mémoire. Qui est-elle ?

    Mes impressions :

    Gwénola, Olivia, Axelle et Jenny sont invitées aux « 20 ans du bac » par Isabelle la maîtresse de division de la promo 1985 de Sainte-Agathe.
    Elles vont se réunir le 20 septembre 2005 au sein de l'ancienne école, un institut privé Parisien.
    Les quatre amies ne se sont pas vues depuis 20 ans.
    Après le lycée Gwenola est partie précipitamment vivre chez ses grands-parents, à Groix en Bretagne; aujourd'hui elle est journaliste, correspondante locale au Ouest-France.
    Son fils Loeiz, fait des études de médecine. Tous les deux sont très proches.
    Olivia Ruben vit dans les Yvelines, c'est une écrivaine dont ses romans sont tous portés à l'écran . Son fils Noé de 17 ans va participer à une émission de téléréalité pour les enfants de people. À la clé l'argent nécessaire pour lancer un support de son choix, disque, exposition, peinture, photo publication, livre. Le rêve de Noé est de devenir réalisateur et écrivain.
    Olivia est divorcée de Colin Nathan chirurgien esthétique.
    Axelle de Bergea vient d'une famille châtelaine, c'est une aristocrate. Avec son mari, Charles député-maire ils vivent dans le Sud-Ouest, elle n'a pas d'enfant à cause d'une stérilité. Elle vit très mal cette blessure profonde, ce manque d'enfant.
    Jenny Lincoln, est une Américaine qui vit aujourd'hui à Rome, célibataire. Elle flirte avec de piètres personnalités, tels des barons. Elle entretient une relation clandestine avec un amant, marié et père.

    Toutes les quatre vont à la réunion des anciens élèves à la fois inquiètes et impatientes ; chacune a de lourds secrets à préserver ou à dévoiler.
    Chacune va s'y rendre pour des raisons, différentes : la curiosité, la distraction, le principe, ou encore dans le but de tenir une promesse. Chacune veut savoir ce que les autres amies sont devenues mais l'une d'entre elles, n'est pas celle qu'elle prétend être.
    Aujourd'hui que reste-t-il de leur amitié ? Et de leur rêves de jeunesse ?
    Après la rencontre dans le château, elles continuent leur soirée toutes les quatre et vont boire un verre aux « Trèfles à quatre feuilles » le café qui était le QG de leurs années lycée.
    Elles évoquent le passé, mais chacune aujourd'hui cache un secret qui les lie sans l'avouer aux autres.
    Seule Jenny connaît l'entière vérité. Elle détient la clé, parce qu'elle a fait une promesse il y a quelques années.
    Un personnage secondaire apparaît, il s'agit du frère de Jenny, un drogué, ex-taulard, de 40 ans qui cherche prendre une vengeance sur la vie.
    Les anciennes élèves ont toutes un vécu différent, une vie remplie, riche, intéressante, triste ou gaie ou encore étonnante.

    L’histoire est parfaitement bien menée avec une grande part d'originalité et de rebondissements.
    Dès la page 54, une révélation crée la surprise même si on se doutait qu'un mystère planait mais on ne s'attendait pas à celui-ci.
    Ce qui était établi, ne l'est finalement pas
    Olivia est-elle l'imposteur a t-elle un nègre ? Qui lui écrit ses bouquins ?
    À qui va profiter cette révélation ? Qui va l'utiliser pour sa gouverne ?
    Est-ce la seule révélation ? Une seconde divulgation risque d'éclater et elle composera la seconde intrigue.
    Peu à peu, à partir du dîner de Sainte-Agathe, les masques vont tomber et la vérité éclater. Le secret de l'une d'entre elles va t-il être gardé ou révélé, quelles en seront les conséquences ?
    Leurs vies déjà bouleversées vont continuer à l'être.
    Amitié, amour, secret, trahison, espoir, sont les sentiments qui composent l'intrigue de ce roman.
    Les personnages sont tous très attachants, compliqués, différents, victimes ou responsables, et coupables. Leurs rapports sont complexes et cela crée la fascination du lecteur.
    De nombreux enchevêtrements de faits, inopportuns créent le suspense et m'ont personnellement passionnée.
    Beaucoup de faits s'imbriquent, et font de cette histoire un livre envoûtant. Il y a des malentendus, , des non-dits, des mensonges, des trahisons mais aussi de l'amour, de l'amitié et du respect. Sans compter un scandale politique, une affaire de détournement de fonds publics. L'auteur glisse dans ses romans, de la culture, des arts, des loisirs modernes, et contemporains, ainsi que de la télé-réalité, ce qui est un peu plus étonnant.
    Cet ouvrage contemporain aux sujets actuels et variés nous offre un roman complet et riche.
    Comme dans La mélodie des jours  il y a beaucoup de psychologie dans les personnages de Lorraine Fouchet, elle les travaille à la perfection pour les rendre humains, intéressants, saisissants et parfois inquiétants. Elle habite ses personnages et fait corps avec eux au point que certains d’entre eux nous ressemblent.
    Elle parvient à transcrire pour chacun d'eux leur sentiment et leur émotion, elle réussit parfaitement à décrypter et décrire leurs pensées, leur trouble, leur blessure.
    Ils sont haut en couleur, certains touchants dans leur relation parents/enfants.
    Les personnages sont pris dans la toile de leur vie et sont parfois la cause de leur souffrance personnelle ou encore victimes de dommages collatéraux.
    La syntaxe est élégante, l'écriture est fluide et donc la lecture est un plaisir !
    Lorraine Fouchet sait éveiller l'intérêt des lecteurs.
    Cette histoire, unie et lie le passé au présent.
    Un très bon roman que je vous conseille.

    La mélodie des jours 


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  • Titre : « La vie en sourdine »
    Auteur : David LODGE
    Genre : Roman
    Éditions : Roman rivages
    Année:2008
    Nombre de pages : 416

    Quatrième de couverture :

    Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé là-bas dans son petit pavillon londonien.
    Lors d'un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu'on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d'outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble très vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l'aiderait-il pas à rédiger sa thèse ? Le professeur hésite. Pendant ce temps son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise et son épouse à programmer d'étonnants loisirs...
    Comique, tragique, merveilleusement autobiographique, le nouveau roman de David Lodge s'inscrit dans le droit fil de Thérapie.

    Mes impressions :

    J'ai choisi ce livre en m'imaginant que son contenu décrirait le portrait d'un monsieur d'un certain âge, qui dresserait son quotidien en proie au handicap de la surdité. Cependant, la surdité n'est pas le seul thème. On découvre de nombreux sujets plus complexes encore. Certes, la notion de surdité est traité avec humour, parfois ironie et agacement. Le lecteur passe un bon moment même s'il sait que pour les personnes malentendantes, rien n'est amusant mais la façon d'amener le sujet ici est très stylée, très cocasse.
    Pour un professeur universitaire de linguistique, il ne fait pas l'impasse sur les choix des mots, ce qui rend la lecture agréable et drôle.
    Donc comme je vous le disais, ce professeur à la retraite, bénéficie encore des avantages d'avoir accès à la bibliothèque de l’université. Il s'y rend régulièrement pour y faire des recherches. Il est passionné par son métier.
    Lors d'une soirée de vernissage, il se fait aborder par une étudiante Alex, mais il ne comprend pas un traite mot de ce qu'elle raconte puisque le brouhaha met à mal son appareil auditif. Pour ne pas paraître grossier il acquiesce à tout ce que lui dit la jeune femme. Il ne comprendra que plus tard quand elle appellera chez lui que son discours faisait référence à ses études et à sa thèse. Elle souhaite que Desmond devienne son directeur de recherche. Son sujet de thèse est une étude stylistique des lettres de suicidés.
    Il hésite beaucoup, puis il pense que l'idée de l'aider dans ses recherches sans être son directeur, puisqu'elle en a déjà un avec lequel les rapports sont difficiles, pourrait le distraire et le sortir un peu de sa routine.
    Il se dit qu'accepter serait un moyen de composer avec cette surdité qui le handicape énormément dans la vie de tous les jours.
    Il est curieux de savoir ce que la jeune étudiante, peut lui offrir en matière de nouveauté et surtout il comprend qu'elle pourra mettre un peu de piment dans sa vie, mais en restant fidèle à ces principes et à sa moralité.
    Seulement Alex est une jeune femme mystérieuse, énigmatique. Elle va s’immiscer de façon sournoise et malveillante dans sa vie, l'appelle chez lui, lui envoie des mails. Il ne parvient pas à trouver le bon moment, pour révéler à Fred de sa relation studieuse avec Alex. De malentendu, en malentendu, il se met en situation délicate. Il conçoit qu'il s'est laissé manipuler par cette étudiante, il se trouve stupide et il sait que sa femme saura le lui rappeler !
    Dans le récit il cite sa famille : sa femme est décédée, il a une fille mariée à Jim et elle attend un bébé, sa nouvelle compagne Fred, plus jeune que lui, qu'il a rencontrée à l'université, (elle était une élève sur le tard) a elle aussi une fille Marcia, deux garçons et un petit fil.
    Il aborde donc le sujet des familles recomposées et des difficultés pour réunir tout le monde au moment des fêtes de fin d'année par exemple. Il aborde les rapports relationnels familiaux qui peuvent être plus ou moins agréables.
    Dans un premier temps, Desmond nous parle bien de la surdité. Elle est même l’introduction à son roman. Il nous explique comment ce handicap est arrivé dans sa vie. Il nous raconte les inconvénients au quotidien et notamment dans la rapport verbal à l'autre qui aboutissent bien souvent à l'isolement. Il nous décrit aussi les technologies embarrassantes et défaillantes (à défaut d'être performantes) mises au point et à la disposition de la personne, moyennant un coût certain pour palier et compenser la perte auditive !
    Il compare les conséquences de la privation de la sensation de l'ouïe et de la vue. Il narre des anecdotes et des faits divers de tous les jours et nous réalisons l'importance d'être bien entendant pour être et se sentir socialement inclus.
    Les personnes qui ne souffrent pas de problème d'audition ne peuvent pas se rendre compte mais le fait est là ! Le monde environnant paraît alors hostile, extérieur à nous. Tout ceci est raconté de façon efficace, avec un scénario intéressant.
    Et puis il évoque brièvement les avantages sociaux d'être à la retraite, puis, plus longuement les désavantages, comme les problèmes de santé allant avec l'âge vieillissant. La vue qui baisse l'arthrose qui apparaît, les problèmes dentaires, la perte de la mémoire et bien d'autres choses.....
    Au travers de la démence débutante de son papa, il étaye ce fait-là. Ce dernier est à un âge difficile où la frustration et l'isolement lui font craindre la perte de ses repères.
    La perte d'autonomie de nos parents, nous amène à la question de responsabilité : les laisser vivre dans leur maison à laquelle ils sont habitués ou bien les faire emménager dans une maison de retraite pour leur sécurité.
    Quelques semaines plus tard, il est convié à donner un cycle de conférences en Pologne là il découvre les atrocités du camps d'Auschwitz. Il est touché et bouleversé.
    L'auteur alors entreprend de parler des camps de la mort, et nous incite à nous interroger sur cette cruauté extrême. Il traite la question de la philosophie de la mort et de la vie qui est en elle-même un arrêt de mort.
    Il nous incite à penser que cette pensée est une pensée perverse et futile et qu'il est plus important de songer la vie et de tenter de l'apprécier en savourant le temps qui passe en le comblant par des activités bienfaisantes et agréables.
    Finalement même si la vie universitaire tient une place très importante dans ce roman (autobiographie), les thèmes et les sujets sont variés et se rapportent pour la plupart à la vieillesse et au changement de rythme lorsque l'on se retrouve à la retraite.

    Ce livre nous interroge. David Lodge écrit là un roman touchant et juste. Il y parle avec nostalgie. Il évoque des souvenirs, parfois avec humour mais toujours avec clairvoyance, acuité et justesse.
    Il évoque les relations amoureuses, filiales, professionnelles, conjugales et s'attarde sur les troubles du troisième âge.
    Le style est engageant parce que le narrateur fait souvent une analyse linguistique intéressante.
    Desmond est dans la vie, il nous ressemble. C'est un personnage attachant, empreint de doutes et d'interrogations. L'auteur a su être drôle avec des sujets tristes et délicats.
    L'auteur passe d'un humour léger, a un humour, incisif grinçant et tourmenté.
    Il sait décrire des anecdotes et un quotidien banals avec une maîtrise parfaite de la dérision, elle est calculée, pesée. Il y ajoute des notes de nostalgie et d'affection et ça marche, le lecteur est captivé.

    J'ai eu un peu de mal avec le caractère de Fred, femme active et occupée avec sa boutique de décoration. Son statut dénote avec la simplicité de Desmond. Ce qui crée un décalage, jouissif.
    Il y a aussi beaucoup d'autodérision, il ne se prend pas au sérieux, ce qui est contraire au caractère de Fred, les deux personnages ont donc une personnalité différente mais il y a de la tendresse entre eux. Une certaine retenue aussi, surtout quand il évoque le côté badin de leur relation.
    L'auteur nous rédige des anecdotes sous la forme d'un journal intime. L'originalité tient dans le fait qu'il alterne le « je » et le « il » pour parler de lui, juste par envie et plaisir.
    Loin d'être en partie autobiographique, ce roman, est une œuvre universelle, qui parle à tous car nous serons tous confrontés un jour au l'autre à la solitude, la déchéance du corps et de l'esprit, l’inéluctable vieillesse.
    David Lodge est un homme au talent certain !
    À lire !

    L'homme qui ne voulait plus se lever 


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  • Titre : « l'amour ne meurt jamais »
    Auteur : James PATTERSON
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2004
    Nombre de pages : 270

    (relecture)

    Quatrième de couverture  :

    Effondrée depuis la mort tragique de son mari, Jennifer noie son chagrin dans le travail et refuse toute implication sentimentale.
    Mais lorsqu'elle apprend que Samantha, sa grand-mère - et confidente de toujours - est tombée dans le coma, elle se précipite à son chevet.
    Dans la maison de son enfance, Jennifer trouve les lettres que Samantha lui a écrites pour lui dévoiler le secret qu'elle garde depuis si longtemps : sa folle passion pour un autre homme que son mari. À travers ces lettres, Jennifer va comprendre que le véritable amour existe et qu'il peut nous surprendre à tout moment, mais saura-t-elle le reconnaître et l'accepter quand il se présentera à elle ? 

    Mes impressions :

    Je vous ai présenté il y a peu, « Pour toi, Nicolas » .Je continue la découverte de cet auteur dans un registre inhabituel puisqu'il est plus connu pour ses thrillers.

    Jennifer jeune femme vit à Chicago depuis la mort accidentelle de son mari Danny et travaille pour un journal dans lequel elle écrit des chroniques. Sa mère est décédée quand elle avait seulement 12 ans. Elle a été élevée par sa grand-mère qui vit seule dans le Wisconsin au bord du lac Geneva depuis la mort de son époux Charles.
    Entre les deux femmes l'entente est immédiate, un amour inconditionnel les lie.
    De nos jours, Jennifer reçoit un appel téléphonique qui lui apprend que Samantha suite à une chute est dans le coma.
    Jennifer n'hésite pas et se précipite au chevet de sa grand-mère.
    Jennifer s'installe dans sa maison le temps que cette dernière sorte du coma, de l'hôpital et récupère. Elle trouve des lettres qui lui sont adressées et écrites par Samantha. Son but était de laisser un témoignage à titre posthume à sa petite-fille. Elle y raconte des épisodes de sa vie et lève des secrets.
    Jennifer au travers de ces lettres découvre les vrais sentiments de sa grand-mère. Elle y apprend beaucoup de choses, notamment sur comment elle a rencontré Charles et la vie qu'elle a eu à ses côtés.
    Samantha évoque la vie, la philosophie, le temps qui passe, le moment présent, qu'il ne faut pas traverser sans s'y arrêter.
    Elle dit dit justement que « Notre existence se résume au récit qu'on en fait »
    Près de la maison de la grand-mère, habite Shep, le notaire et ami de Samantha. Son neveu Brendan est venu s'y installer pour quelques mois. Brendan est un ancien ami d'enfance de Jennifer, tous les deux se remémorent des souvenirs et une nouvelle amitié ténue née entre eux.
    Chaque jour Jennifer va rendre visite à sa grand-mère, et même si cette dernière ne peut pas l'entendre, elle lui mentionne le contenu des lettres qu'elle lit. Elle lui confie également ce qu'elle vit en ce moment avec Brendan. Leurs bains dans le lac, leurs longues discussions, les moments qu'ils passent ensemble, leur complicité.
    Mais ce bonheur est fragile et nous saurons bientôt pourquoi.

    L'atmosphère de ce roman est tendre, émouvante. Il y a une certaine nostalgie qui ne laisse pas le lecteur indifférent mais les deux histoires d'amour racontées, me semblent un peu trop doucereuses, cependant les épreuves que les personnages devront traverser rendent leur situation amoureuse un peu moins mièvre. Le côté mélo-dramatique ici m'a un peu dérangée.
    Ce roman est cependant un hymne à la vie, à l'amour et à la famille et à la combativité.
    Ce récit est assez court. Le style est un peu emprunté mais il est parfait pour une lecture estivale.
    Les chapitres sont brefs. L'auteur va à l'essentiel, sans trop de fioritures et de descriptions inutiles, ce qui fait que ce roman se lit rapidement.
    J'ai envie de dire que le message de l'histoire est que l'amour peut se rencontrer à n'importe quel âge et que lorsqu'il est sincère il peut faire des miracles surtout dans les épreuves. Il est susceptible d' alléger les souffrances du quotidien.
    Je pense que les fans de ce genre de littérature sentimentale pourront apprécier.
     
    Pour toi Nicolas
    Rendez-vous chez Tiffany


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  • « La fille de ma meilleure amie » de Dorothy KOOMSON

    Titre : « La fille de ma meilleure amie »
    Auteur : Dorothy KOOMSON
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2006
    Nombre de pages : 586

    Résumé :

    Kamryn a une belle vie : un poste intéressant, une vie sociale intense. Des enfants ? Pas tout de suite, peut-être même pas du tout, surtout depuis une grande déception amoureuse et la trahison de sa meilleure amie de l'époque, Adèle. Mais le jour de ses 32 ans, Kamryn reçoit une lettre d'Adèle qu'elle ne peut ignorer : Adèle est à l’hôpital, mourante. Pardonner à son amie, la soutenir dans ses derniers instants est une chose. Mais de là à recueillir sa fille de 5 ans, Tegan? Tegan dont l'existence est inextricablement liée à la rupture entre les deux femmes... 

    Mes impressions :

    Dès les premières pages j'ai su que ce roman serait un coup de cœur et je vous le confirme une fois ma lecture terminée.
    Je dois reconnaître que le thème me touche et que l'histoire en elle-même est poignante.
    Il s'agit ici bien plus qu'une comédie romantique et sentimentale.

    Kamryn et Adèle sont devenues amies en première année d'université. Kamryn, une jeune fille mal dans sa peau, trouve en Adèle l'amie parfaite qui sait lui donner confiance en elle. Très vite elles deviennent inséparables.
    On devine à la lecture du début qu'une dispute a brisé leur amitié de jadis. Elles ne se sont plus vues depuis 4 ans et plus parlées depuis 2 ans.
    Quelques pages plus tard, l'auteur nous en explique la raison : un un soir, l'alcool aidant, Adèle a passé la nuit avec Nate, le fiancé de Kamryn.
    Pourtant atteinte de leucémie, c'est à Kamryn aujourd'hui, qu'Adèle fait appel. Elle lui envoie une lettre lui demandant de venir la voir à l'hôpital. Toujours rongée par la rancœur, Kamryn hésite. Mais finalement son cœur lui dictera d'aller rendre visite à sa meilleure amie mourante. Quand elle rentre dans la chambre, Kamryn comprend que son amie est en phase terminale, un terrible sentiment de peine l'envahit. Malgré tout, elle éprouve toujours amertume et déception. Le chemin sera long et douloureux jusqu'au pardon.
    Kamryn tombe des nues quand Adèle lui demande de prendre en charge sa fille Tegan âgée alors de cinq ans, et de l' adopter quand elle mourra.
    Stupéfaite, Kamryn s'apprête à refuser. Mais a-t-elle le choix ? 
    Le passé revient à la mémoire que Kamryn. Adèle fille de riches parents, n'était pas aimée, voire détestée par son père et sa belle-mère. Elle était victime de maltraitance.
    Elle trouve alors affection et considération au sein de la famille Matika. Kamryn et ses proches deviennent une famille de substitution pour Adèle.
    Kamryn rencontrera Nate et tombera amoureuse de lui. Tous les trois deviennent des amis inséparables. C'est alors que la trahison va briser ce parfait équilibre.
    Adèle dit être tombée enceinte après une relation d'un soir, un homme rencontré en vacances et aujourd'hui élève seule Tegan. Kamryn devient la marraine de Tegan, petite fille adorable mais cependant, réservée, réticente à parler de son désarroi. Toutes les trois sont très unies.
    Mais après la révélation de la trahison de jadis, cette belle amitié va voler en éclat.
    Kamryn quitte la ville pour s'éloigner de ses amis. Elle a du mal à affronter sa nouvelle vie, de plus tout ne se passe pas très bien avec Luke son nouveau patron qui est un personnage froid et cynique, et la solitude lui pèse.
    Pourtant la vie doit continuer... et il y a l'appel d'Adèle....
    Les personnages de ce roman ont tous un caractère et une personnalité complexes.
    L'auteur construit une histoire émouvante autour de l'amitié, la maternité, la maternité par procuration, le décès d'un proche, la difficulté à pardonner.
    De nombreux rebondissements éveillent l'intérêt du lecteur.
    Ce roman n'est pas un roman à l'eau de rose, il montre bien que le sentiment n'est pas un long fleuve tranquille. Il y a des moments de doute, de peur, des regrets et des remords mais aussi de beaux moments de sincérité.
    L'auteur traduit très bien certaines difficultés relationnelles qu'elles soient au sein de la famille , ( recomposées), dans le domaine du travail mais aussi dans la procédure de la démarche d'adoption.
    Il y a la présence de beaucoup de thèmes complexes mais qui sont traités avec crédibilité et intensité.
    L'écriture accessible à tous, est fluide, épurée. La plume très agréable est déroutante à la fois comme l'est le scénario, nous plonge au cœur de la vie des personnages et de leurs tourments.
    L'auteur analyse parfaitement les sentiments de ses personnages ainsi que les émotions de chacun d'eux. Tout cela donne de la profondeur au roman. Les incessants allers-retours entre le passé et le présent nous aide à saisir toute l’intensité et la complexité de l’attachement des trois amis.
    Ce texte est tout en sensibilité tendresse et questionnement. Les sentiments sont forts, l'histoire est crédible même au niveau de la procédure d'adoption. J'ai aimé les liens solides qui existent entre les personnages. Les nombreux rebondissements nous montrent combien les sentiments peuvent être délicats et confus, mais rien n'est définitif.

    Un nouveau départ 


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  • Titre : « Une flamme pour l'amour »
    Auteur : Nicholas SPARKS
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2003
    Nombre de pages : 339

    Résumé :

    La vie de Miles semble s’être arrêtée depuis la mort de sa femme, tuée par un chauffard dont la police a perdu toutes traces. S’il s’accroche, c’est pour Jonah, son jeune fils, et parce qu’il s’est juré de retrouver le coupable. Meurtrie par son récent divorce, Sarah réapprend doucement à vivre en exerçant son métier d’institutrice. Elle se prend bientôt d’affection pour Jonah et… d’amour pour Miles. Mais un terrible secret menace ce nouveau bonheur. Un secret qui forcera Sarah à faire un choix déchirant.

    Mes impressions :

    Myles et Missy se sont connus alors qu'ils étaient encore au lycée. Myles s'inscrit alors à l'université de Caroline du Nord et Missy le rejoignit après son diplôme. Lui devint Shérif et elle, trouva un emploi de gestionnaire de crédit. Ils se marièrent et filent le parfait amour.
    Missy donne naissance à Jonah en 1981 et en 1986 survient un drame, dans lequel est elle est renversée par un chauffard et trouve la mort. Elle est alors âgée de seulement 29 ans. Miles ne s'en est jamais vraiment remis parce que le coupable n'a jamais été retrouvé. Il pense qu'en mettant un nom sur le responsable la justice pourrait être rendue et il en serait apaisé. C'est pour cela que depuis deux ans, il mène sa propre enquête, il a recueilli les indices, les articles de presse, il a constitué un lourd dossier qu'il consulte régulièrement afin de trouver des éléments qui pourraient l'aider à mettre un visage sur le coupable.
    Deux ans après la mort de Missy, l'idée de renoncer à sa solitude affective, lui effleure l'esprit.
    Sarah est institutrice, elle est mariée à Michael et tous les deux tentent de fonder une famille mais elle apprend lors d'examens qu'elle est stérile.
    Michael son mari n'a pas supporté l'idée qu'ils ne pourraient pas avoir d'enfant alors il a demandé le divorce.
    Sarah en est toujours très affectée. Leur mariage n'aura duré que trois ans.
    Elle retourne sur le lieu de son enfance, dans la même ville que ses parents et que Brian son jeune frère et elle tente de se reconstruire. Dans sa classe Jonah a de grosses difficultés scolaires. Elle convoque Myles, le papa afin de trouver une solution pour aider Jonah....Chacun tombe sous le charme de l'autre.

    Ce roman est riche de sentiment comme l'amour, l'injustice, la vengeance, la trahison, le pardon. Il y a deux intrigues qui permettent aux lecteurs de ne pas s'ennuyer.
    D'une part, il y a une très belle histoire d'amour et d'autre part, une enquête policière.
    Le roman se distingue par la présence de ces deux scénarios. La première partie, raconte la rencontre entre Sarah et Miles et la seconde concerne la réouverture de l'enquête sur la mort de Missy.
    La deuxième moitié du livre m'a beaucoup plus intéressée, il m'a été impossible de stopper ma lecture avant de connaître la fin même si elle est prévisible et que je me suis doutée du dénouement de l'enquête policière. Les circonstances de la mort de Missy sont mises en évidence et les sentiments contradictoires affluent dans l'esprit de Miles et des personnes de son entourage. L'amour sera-t-il le plus fort ?
    Ce livre évoque aussi la paternité et l'éducation d'un enfant dans une famille monoparentale.
    L'écriture et le style de l'auteur nous entraînent dans un suspense parfaitement maîtrisé où les sentiments et la raison ont une place de choix. L'auteur sait évoquer et parler de sentiments avec profondeur et justesse.

    Une bouteille à la mer
    Les rescapés du coeur


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  • Titre : « Pour toi, Nicolas »
    Auteur : James PATTERSON
    Genre : Roman
    Éditions : l'archipel
    Année : 2004
    Nombre de pages : 260

    Résumé :

    Éditrice, Katie Wilkinson croyait avoir trouvé l'homme idéal en la personne de Matt, dont elle s'apprêtait à publier les poèmes. Mais ce dernier disparaît brusquement, lui laissant pour toute explication un journal intime. Suzanne, une jeune mère, s'y adresse à son enfant, Nicolas. Au fil de sa lecture, Katie découvre que l'homme dont elle est tombée amoureuse n'est autre que le mari de Suzanne, et le père de Nicolas. Matt lui a-t-il menti ? Mène-t-il une double vie ? En partie autobiographique, ce livre mêlant émotion et rebondissements a été inspiré à l'auteur par la disparition de sa femme. Il est dédié à ceux qui ont aimé, tout perdu, et aimé de nouveau.

    Mes impressions :

    James Patterson est plus connu pour ses thrillers assez sanglants, c'est pourquoi j'ai été déroutée de lire sous sa plume une histoire d'amour aussi touchante et émouvante. James Patterson montre là qu'il sait se renouveler et se réinventer.
    À travers le journal de Suzanne, la femme de Matt, Katie va comprendre bien des choses et notamment pourquoi Matt décide de mettre un terme à leur relation amoureuse assez brutalement.
    Ce roman est écrit avec la voix de deux femmes qui ne se connaissaient pas. Suzanne a écrit le journal que lit Katie. Un homme, deux femmes, un enfant, l'équation n'est pas parfaite mais elle est crédible. Deux femmes aiment le même homme d'un amour fort. Ce dernier mène t-il une double vie ?
    Au début l'intérêt réside dans la confusion que peut faire le lecteur : y-a-t-il eu trahison ?
    Et puis, James Patterson nous entraîne dans un roman d'amour d'une rare intensité.
    Cette histoire est très émouvante de part les épreuves que devra traverser le couple aimant. Et puis par la présence de Katie qui semble perdue.
    Le récit de Suzanne nous parle de son histoire d'amour avec Matt et de la maternité avec délicatesse puis de la maladie.
    Le style de James Patterson permet une lecture fluide et envoûtante.
    Il n'y a aucun passage inutile, ni de longueur dans le texte. L'auteur maîtrise parfaitement l'essentiel afin de nous livrer une histoire poignante sans pathos.
    Les fans d'histoires sentimentales sauront apprécier ce roman assez vite lu.
    James Patterson livre avec émotion, et sincérité, l'histoire d'une renaissance, d'un espoir retrouvé après le chagrin et la tristesse de la perte d'un être aimé.

    Rendez-vous chez Tiffany
    L'amour ne meurt jamais


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  • Titre : «  De rouille et d'os »
    Auteur : Craig DAVIDSON
    Genre : nouvelles
    Éditions : points
    Année : 2012
    Nombre de pages : 317

    Quatrième de couverture :

    Un goût de rouille et d’os, c’est l’amère saveur du sang dans la bouche. Quand Eddie se fracture les os des mains, sa carrière de boxeur semble finie. Hanté par un dramatique accident dont il se sent responsable, il se lance dans les combats clandestins pour racheter sa faute…
    Deux des nouvelles de ce recueil ont été réunies et adaptées au cinéma par Jacques Audiard.

    Mes impressions :

    Ces 8 nouvelles ont toutes un point commun : des personnages malmenés par la vie et des histoires dures, très dures, limites supportables pour certaines.
    Dans ces nouvelles sont décrits des événements, des drames à l'échelle humaine, comme la maladie, les accidents avec graves séquelles, l'alcoolisme. L'auteur nous décrit des émotions comme le désespoir, la vengeance, la pitié, l’écœurement, la compassion, la haine, l'égoïsme.
    Chacune cependant finit avec une petite dose d'espérance. Celle qui nous pousse à avancer, à se relever, à continuer.

    « Le goût de rouille et d'os » nous parle d'Ali. Le narrateur mêle le passé avec le présent, il nous raconte pourquoi et comment de boxeur professionnel, ancien champion est devenu un combattant à mains nues et de combats illégaux. Un drame est à l'origine de ce changement radical de carrière !
    J'ai été bouleversée par cette nouvelle, qui nous raconte l'histoire de cet homme qui a les os broyés de la main mais pas seulement, son âme est également meurtrie.
    Cette nouvelle est émouvante, touchante, profonde. L'écriture est stylée, appuyée, prenante.

    « Un bon tireur », parle d'Eddie ancien joueur de basket. Il a tenté de transmettre le goût de ce sport à son fils dès son plus jeune âge. Eddie, est aujourd'hui seul et alcoolique. Le père mise tous ces espoirs sur son fils mais ce dernier saura-t-il se défaire de l'emprise de son père qui voit en lui le jeune champion qu'il n'a pas eu la chance d'être ?
    La complicité entre père et fils d'antan n'est plus ce qu'elle était.
    Il y a beaucoup de violence, de mots durs, aucun des deux ne trouve sa place à cause de non-dits.

    « Un usage cruel » est une nouvelle racontant la douleur d'un couple stérile.
    Jay publicitaire et Allison infirmière ont tenté en vain de donner la vie. Alors ils vont élever des chiens de combat. Mais la violence de cette nouvelle évoque la douleur des personnages et de celle qu'ils transmettent aux chiens à qui ils enseignent la haine !
    Les descriptions des combats et des conséquences sur la santé des chiens m'ont été insupportables.
    Il est question de brutalité, d'instabilité, de férocité.

    « La fusée » est le nom de la figure que fait Ben, soigneur d'une orque dans un parc aquatique, lors des spectacles, devant la foule. Cet exercice consiste pour Ben à sortir de l'eau à toute vitesse sur le museau de l'animal. Mais un jour c'est l'accident et il se retrouve unijambiste.
    Il rencontre alors sur les conseils d'un psy les membres d'une association qui sont tous handicapés comme lui et c'est l'occasion d'évoquer le juste retour des choses, une rétrospective de notre vie d'avant : l'hypocrisie, la lâcheté, l'égoïsme, la fuite. Le karma : est-ce que je mérite ce qu'il m'arrive ? Une nouvelle culpabilisante mais prenante et qui nous interroge sur nos actes dont nous ne sommes pas toujours très fiers et qui peuvent avoir des conséquences dramatiques.

    Dans « Insomnies » Graham, travaille de nuit comme repreneur de bien. Il est le mari d'une femme atteinte d'une maladie dégénérative la bradykinésie. Entre eux il a toujours été question d'amour alors il tente de faire au mieux pour que sa femme ne manque de rien.
    Un soir il rencontre Jay, auquel il doit reprendre son mobil-home aux traites impayées. Touché par son histoire, il va lui octroyer un délai supplémentaire. La rencontre entre les deux hommes aura sur lui une répercussion inattendue dans sa vie et celle de sa femme.
    Cet homme est sensible au désespoir de Jay et cela va avoir une incidence positive dans sa vie personnelle.

    « Frictions » nous parle de Sam, accro au sexe. Il va donc devenir acteur pornographique afin d'assouvir ses besoins. Et il va rencontrer Béatrice, est-ce que cette rencontre peut changer ses addictions ? Une nouvelle assez glauque.

    « De chair et d'os » nous présente Roberto, ancien boxeur qui suite à un combat qui a très mal tourné et aux conséquences dont il n'arrive pas à se défaire, devient coach à Bangkok.
    Son ancien entraîneur lui confie Tony 30 ans, un jeune homme trop sûr de lui, une tête brûlée.
    Il s’entraîne dur et ne pense qu'au combat et à gagner pour se prouver qu'il est vivant ; il rencontre Bua, un jeune boxeur Thaïlandais qui lui n'a pas les mêmes aspirations, il se bât pour survivre.

    « Précis d'initiation à la magie moderne », il s'agit d'un frère et d'une sœur abandonnés par leur père magicien et élevés par leur oncle. Je ne peux pas vous en dire plus car je ne suis pas allée au bout de cette lecture. Je ne suis pas arrivée à me concentrer.

    Ce recueil de nouvelles est très dur, glacial, violent. Toutes ces histoires ont pour thématique et point commun les relations humaines et/ou animales. Elles ont toutes quelque chose de brutal.
    On retrouve quelques personnages d'une histoire à l'autre. Tous sont des écorchés vifs.
    Chacun des personnages va en rencontrer un autre qui va modifier légèrement ou plus profondément, le cours de sa vie, celui de son destin.
    Chacun va alors grandir ou voir la vie différemment. L'espoir peut renaître d'une rencontre anodine et nous fait parfois nous poser les bonnes questions et finit par bousculer nos convictions et nos croyances.
    Le style de l'auteur laisse une grande place à la description des faits et des événements.
    Un livre qui laisse une empreinte délicate et indélébile dans l'esprit du lecteur.

    Bande-annonce du film dont Jacques Audiard a réuni deux de ces nouvelles :
    La fusée et de chair et d'os.


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  • Titre : « Lueur nocturne – Cycle 1 - Bellua »
    Auteur : Elissule
    Genre : Fantasy jeunesse
    Éditions : Edilivre
    Année : 2017
    Nombre de pages : 489

    Quatrième de couverture :

    Une jeune fille se réveille à l'intérieur d'un sépulcre. Que fait-elle là ? Comment et pourquoi est-elle arrivée ici ? L'ignorance lui entaille l'âme et la brise en morceaux. Une amnésie inexplicable perce son crâne. Qui est-elle ? C'est au prix de beaucoup de sang versé et d'une errance dans un monde inconnu qu'elle connaîtra enfin la réponse.

    Mes impressions :

    Contactée par l'auteur de ce roman, j'ai accepté de recevoir et lire son tout premier livre.
    J'ai été enchantée de me plonger dans cette histoire fantastique parce que dès le début, ce récit manifeste une grande imagination doublée de nombreuses recherches dans le domaine fantasmagorique. Il y a un nombre impressionnant d'espèces, d'êtres vivants ou non qui peuplent ce scénario surnaturel.

    L'histoire parle d'une jeune fille de 17 ans qui se réveille dans un lieu inquiétant. Un sépulcre. Elle ne se souvient pas de son nom, ni d'où elle vient, ni qui elle est. Elle n'a aucun souvenir.
    Elle se met en quête de son passé et de ses origines. Avec les créatures qu'elle rencontre au fil de son périple, elle va découvrir le monde qui l'entoure peu à peu. Ceux qui la croisent lui témoignent respect et soumission.
    Elle choisit de s'appeler End après avoir lu cette inscription sur la stèle dans le sépulcre où elle s'est éveillée. Elle rencontre Aaron, un esclave humain donc dépourvu de magie, assez prétentieux et audacieux. Il l'amène dans le village de Salica et lui présente Martial, son grand-père qui s'avère être un sorcier respecté et craint de tous. 
    En compagnie de deux serpents magiques, End va poursuivre son destin et tenter de reconstruire son passé. Ensemble ils fuient le village.
    Elle croise Sylvely, une licorne qui lui confie avoir été son amie après qu'End lui ait sauvé, jadis, la vie. Doit-elle la croire ? Va t-elle lui permettre de recouvrer la mémoire ?
    Toutes deux, vont tenter de répondre aux questions que se pose End à propos de son passé.
    Au cours de leur périple, elles rencontrent un vampire, le compte Lee Valzman et sa sœur Elmyre qui est malade....
    De même elle fait la connaissance plus tard de Julius, un poète à ses heures....et bien d'autres créatures et de monstres légendaires fantastiques tous plus féroces et inquiétants les uns que les autres. Comme par exemple des morts vivants créés par des vampires à partir d'une base humanoïde. 

    Lors d'une lutte acharnée avec des créatures, une marque pousse dans le dos d'End; ce signe distinctif semble être celui du Roi Eden. End est-elle la réincarnation de ce Roi à ce jour décédé ? Est-elle la Bellua ? Ou bien n'est-elle qu'une âme parasite qui s'est emparée du corps de la jeune fille ; s'est-elle faite voler son enveloppe corporelle ?
    Elle apprend alors que Magnalys est le nom du Royaume, Mad en est sa capitale. Il a été jadis divisé en cinq régions puis deux îlots Malroc et Dramîle y furent accolés. 
    Les habitants y vouent le culte de Dieu et de ses quatre prophètes élémentaires (Gaïa, Ignis, Caele et Aqua). Le rôle de ces derniers était de réguler les humeurs de leur maître divin et d'inculquer la sagesse au commun des mortels.
    Mais malheureusement les autorités déclarent une guerre sans merci pour s’enquérir du territoire de Dramîle. Dirigé par le conseil et onze vampires le royaume va perdre sa grandeur et sombrer dans la famine, la maladie, la mort et le déclin. Le Dieu et ses quatre saints ne voulurent pas combattre alors le conseil engendre un cinquième Saint et c'est ainsi que fut créé Eden. Un monstre de puissance qui manipule tous les éléments en plus de l'esprit. Une guerre sanglante éclate.
    Le conseil reprit donc les pleins pouvoirs en créant ce cinquième élément. Eden assembla et unifia une armée. La Bellua fut nommée Roi et régna un siècle durant, afin de réparer le royaume. Puis le monarque fut déchu pour une raison mystérieuse. Certains habitants furent alors persuadés que La Bellua reviendrait un jour se venger d'avoir été évincée.
    Aujourd'hui certains pensent que End est la réincarnation d'Eden.

    À ce jour, la Bellua découvre ses pouvoirs, elle se transforme en véritable vampire assoiffé de sang.
    Sur sa route, elle fait la connaissance d'une sorcière herboriste, de Sophie sa petite fille, une enfant-chat, des créatures diverses et variées et au fur et à mesure des circonstances, elle découvrent la nature de ses dons qui lui seront révélés souvent avec violence et suite à des combats cruels et destructeurs.
    End se découvre de plus en plus de pouvoirs maléfiques pourtant son but est de faire revenir le Roi sur le trône et avec lui l'époque bénie qu'il avait apportée.
    De sympathique End devient antipathique. Les relations entre elle et ses « amis » sont souvent tendues.
    Les protagonistes se heurtent, s'entre-tuent, se confondent tout au long du roman. Il est question de magie, de maléfices et de forces obscures.
    Après de nombreuses luttes sans merci, Le monde est totalement dévasté, il est devenu une terre de désolation. Pourra t-il se relever, se redresser ?. 

    Vous l'aurez compris ce roman jeunesse est assez dense.
    L'auteur a su rendre l'ambiance palpable avec des descriptions détaillées mais parfois inutiles.
    La plume est souvent hésitante; j'ai noté quelques fautes d’orthographe et de syntaxe. Le style est parfois trop appuyé en raison d'un trop grand nombre d'hypotyposes dans les descriptions. Le langage familier est souvent utilisé dans les dialogues, ce qui m'a déroutée parce que j'ai trouvé que son emploi n'était pas approprié à ce genre de littérature.
    On sent qu'Elissule a cherché la perfection, qu'elle s'est certainement beaucoup documentée pour écrire un roman accompli, ce qui est, certes une qualité, mais cela est à double tranchant car le roman est condensé et riche d'images mais sa lecture ne s'en trouve pas facilitée.
    Cependant je constate que l'auteure n'est pas sans imagination, je dirai même qu'elle a une grande faculté à créer et donner vie à des personnages irréels.
    Bien souvent l'auteure a agrémenté le texte de notes d'humour et de naïveté dans un contexte qui ne l'était pas et qui allège agréablement le récit ; elle a pu intégrer des métaphores en comparant le royaume de Magnalys avec le monde actuel, ce qui dénote une grande intelligence. 

    Je regrette cependant que cette histoire soit riche de trop de personnages, de monstres considérables qui s'aiment, se jalousent et s'entre-tuent. Même si chacun a sa particularité et son importance, les lecteurs risquent de se lasser et de perdre le fil.
    L'auteur a fait le choix de ne pas structurer son roman avec des chapitres, ce qui ne donne pas de fluidité au texte pourtant requise dans ce genre de roman. 

    Ce premier ouvrage est somme toute prometteur grâce à l'inspiration de l'auteur, à l'originalité de l'histoire, et à une plume timide dans laquelle on sent à la fois une fragilité et une force.
    Les adolescents passionnés de ce genre de littérature, pourront s'immerger sans crainte, dans ce monde surprenant ! 


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  • Titre : «  Une journée particulière »
    Auteur : Anne-dauphine JULLIAND
    Genre : témoignage
    Éditions : J'ai lu
    Année : 2015
    Nombre de pages : 221

    Quatrième de couverture :

    Le 29 février ne revient que tous les quatre ans, il s'agit du jour de la naissance de Thaïs - la petite fille d'Anne-Dauphine Julliand -, atteinte d'une maladie génétique orpheline. Thaïs a vécu trois ans trois quarts : une courte mais belle vie. Lorsque le 29 février réapparaît sur le calendrier, Anne-Dauphine s'offre une parenthèse, sans travail ni obligations, pour vivre pleinement cette journée particulière. Le passé se mêle alors au présent. Chaque geste, chaque parole prend une couleur unique, évoque un souvenir enfoui, suscite le rire ou les larmes. Anne-Dauphine Julliand aime à penser qu'il est possible de gravir des montagnes en talons hauts. Elle a le talent de croquer les émotions de tous les jours. Elle nous raconte sa vie, Loïc, ses fils, Gaspard et Arthur, mais aussi Azylis, son autre princesse, malade, elle aussi. Une leçon de bonheur et une merveilleuse histoire d'amour.

    Mes impressions :

    Ce récit est la suite de « Deux petits pas sur le sable mouillé »
    L'histoire de la famille de Thaïs, petite fille ayant la particularité d'être née un 29 février.
    Cependant, l'auteur reprend en majorité tout le contenu de son premier livre mais de façon moins axée sur Thaïs, elle parle plus généralement de la vie de sa famille, de son quotidien. Ce témoignage est plus général. Il reprend le moment de l'annonce de la maladie à une famille qui sait que plus rien ne sera comme avant, ( le personnel médical n'est parfois pas très délicat), puis la vie d'après.
    Dans ce texte on apprend que la maladie se développe chez Azylis et que la famille devra faire face à la déception du demi-échec de la greffe.
    Et puis la vie doit continuer et avec elle l'arrivée d' une quatrième naissance, celle d'Arthur, petit garçon qui lui sera en parfaite santé.
    Anne-Dauphine a souhaité parler de « la vie d'après » la mort de Thaïs.
    A la lecture de ce roman je me suis posée, à de nombreuses reprises, la question de la responsabilité des parents. Je pense que personne ne peut juger.
    Ce second livre est beaucoup plus philosophique que le premier. On sent qu'Anne-Dauphine a puisé son courage dans leur écriture et qu'elle en a fait des leçons de vie. Elle y évoque plus généralement la relation entre parents et enfants, la filiation, la transmission des valeurs. Ainsi que l'innocence des enfants dans leur façon de vivre les événements. Elle y parle aussi du rôle, des mots, des gestes et des attentions de l'entourage et des personnes que nous sommes amenées à rencontrer dans les épreuves.
    Elle nous décrit aussi la différence qu'elle fait entre les termes espoir et espérance.
    Elle aborde également la vie du couple dont l'enfant est atteint d'une maladie incurable.
    Je pense que ce qui est difficile dans la relation intime entre parents et enfants handicapés est l’impossibilité et l’incapacité de se mettre « à la place de »....On ne peut pas mesurer le tourment et la souffrance que ressent une personne en proie à un handicap. Tout ne se lit pas dans le regard. On ne peut que prétendre, suggérer, voir ce que l'on veut voir.
    Je suis persuadée que l'on ne peut pas juger cette douleur simplement parce que nous ne sommes pas dans son corps, ni dans sa tête, et chacun possède sa sensibilité. Une personne est unique.
    Ce livre est aussi émouvant que le premier, il nous parle d'une famille confrontée à la maladie, au handicap et à la mort, toujours de façons digne et respectueuse.

    Quelques phrases à méditer :

    « Garder la tête froide et le cœur chaud, voilà tout l'enjeu de l'attitude des soignants envers leur patient. La tête froide pour optimiser leurs compétences, le cœur chaud pour garder leur humanité. C'est ce qui permet de toujours voir au centre de la relation, non la maladie mais le malade lui même.

    « L'homme confronté au pire, est capable de révéler ce qu'il y a de meilleur »
    « Vivre est la chose la plus rare. La plupart des gens se contentent d'exister ».
    « la plus grande souffrance est de se sentir seul, sans amour, isolé de tous » Mère Thérésa.
    « Et à la fin, ce ne sont pas les années qui comptent dans notre vie, mais la vie dans vos années » Lincoln Abraham.
    « le sens d'une vie est ce que l'on en fait ».
    « Aujourd'hui, je suis intimement convaincue que nul ne choisit les épreuves de sa vie, mais que nous pouvons choisir la façon ont nous allons les vivre »


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  •  

    Titre : « Deux petits pas sur le sable mouillé »
    Auteur : Anne- dauphine JULLIAND
    Genre : Récit / témoignage
    Éditions : J'ai lu
    Année : 2015
    Nombre de pages : 249

    Quatrième de couverture :

    Tout commence sur une plage, quand Anne - Dauphine remarque que sa fille marche d'un pas hésitant. Après une série d'examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d'une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. L'auteur lui fait alors une promesse : " Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d'amour. " Ce livre raconte l'histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu'un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu'on ne peut pas ajouter de jours à la vie.

    Mes impressions :

    « Ajouter de la vie aux jours lorsqu'on ne peut ajouter de jours à la vie » leitmotiv qui résonne dans la tête d'Anne- dauphine et qui fait écho en nous à la lecture de ce roman. Anne-Dauphine ne pourra alors qu'aider sa fille à passer les jours qu'il lui reste à vivre dans la dignité en essayant de diminuer ses souffrances et en lui apportant l'amour indispensable.

    Lors d'une sortie au bord de mer Anne-Dauphine s'aperçoit que sa fille marche avec un pied rentré en dedans, elle ne s'en inquiète pas plus que cela, mais les semaines passent et après plusieurs examens, le diagnostic tombe, Thaïs est atteinte d'une maladie génétique orpheline, appelée Leucodystrophie métachromatique. Une conjoncture de mauvais gênes entre Loïc le papa et Anne-Dauphine, tous deux porteurs sains de la maladie. Un nom barbare pour une maladie qui va paralyser petit à petit tout le système nerveux en commençant par les fonctions motrices, la parole, la vue, jusqu'à toucher les fonctions vitales de Thaïs. Le décès survient entre 2 et 5 ans suivant le début de l'atteinte.
    On dit que les grandes souffrances sont silencieuses et pourtant Anne-Dauphiné trouvent les mots pour nous expliquer le parcours de Thaïs sa fille de 18 mois, atteinte de la leucodystrophie metachromatique avec pudeur.
    Ce roman est un récit, plus encore, il est un témoignage. Je pense que si l'auteur sait très bien parler de l'histoire de sa famille, c'est avant tout pour véhiculer l'image d'amour qu'il se dégage au sein de ce foyer attachant.
    Je n'ai encore jamais lu, ni rencontré une famille avec des liens aussi forts.
    Anne-Dauphine, s’attelle à trouver dans chaque situation la positivité alors que bien souvent, les nouvelles ne sont pas encourageantes autour de Thaïs. Ce témoignage est sans pathos, il nous livre des messages d'espérance et de courage avec clairvoyance.

    Anne-Dauphine sait que les jours de Thaïs seront comptés et qu'elle ne vivra pas longtemps, et malgré cela, Loïc son mari, le grand frère Garspard alors âgé de 3 ans et leurs familles respectives vont se donner corps et âme pour que cette petite fille ait une vie digne. Malgré la souffrance morale et psychologique, les parents vont devoir trouver les moyens avec toute une équipe médicale, pour atténuer les douleurs physiques de Thaïs et l'accompagner chaque jour du mieux possible.
    Anne-Dauphine est enceinte quand elle apprend la nouvelle de la maladie de Thaïs et elle est consciente que le bébé qu'elle attend risque d'être atteint aussi par la maladie. Et cette petite fille à naître, le sera. Une lutte acharnée va se mettre en place pour ajouter de la vie au jours de ces deux petites filles, puisque personne ne pourra ajouter des jours à leurs vies...
    Azylis va subir une greffe une semaine après sa naissance dans l'espoir qu'elle guérisse ou au pire que la maladie ne progresse pas trop vite.

    Le récit est bien construit, Anne-dauphine nous raconte les épreuves qu'elle vit en toute intimité et toute pudeur. Elle ne le fait pas de façon larmoyante mais avec authenticité.
    Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à cette petite fille en proie à certains moments donnés à des douleurs intolérables, cette petite fille qui se sait et se voit différente. Même si les parents ne distinguent pas dans ses yeux la peine et les souffrances parce qu'ils veulent que leur petite fille continue de vivre, Thaïs, doit supporter les douleurs. De plus les soucis de santé, liés au fait de rester coucher comme les problèmes musculaires et les escarres viennent troubler le quotidien de cette enfant.
    La vie de cette famille va être réglée autour des soins journaliers de Thaïs, des visites à l'hôpital et Thérèse femme incroyable proche de la famille va les aider à affronter et gérer ce quotidien.
    Thérèse recommandée par une cousine de Loïc, est entrée dans leur vie comme « garde d'enfants à domicile » elle va être d'une aide précieuse, grâce au soutien et à l'amour qu'elle distille sans retenue. Les enfants vont l'adopter immédiatement.
    Ce livre interroge sur les maladies incurables, la fin de vie, le regard des autres et parfois sur le jugement, et la dignité mais il met également l'accent sur le rôle, la collaboration et la coopération des équipes médicales gérant ce genre de maladie.
    Anne-dauphine parle d'espoir et d'optimisme qui deviennent des besoins vitaux. Alors que souvent les gens parlent avec une voix empruntée, des tons compassés, et les regardent avec une attention condescendante. Elle sait que l'avenir va être difficile et douloureux, que le pire est certain, seulement cette famille veut se focaliser sur la vie même si elle n’occulte rien de ce qui l'attend.
    Gaspard, ce petit garçon courageux va devoir affronter la mort, en premier celle de son hamster et il va dire à sa maman des mots plein de sagesse qui montreront que : « Ce ne sont pas les mots qui blessent mais la façon de les dire »
    Dans ce témoignage nous retrouvons solidarité, compassion, générosité, affection.

    Je trouve qu'Anne-dauphine à chaque page, minimise le côté douloureux de cette épreuve volontairement pour faire passer le message d'espérance.
    Cette famille a de la chance d'être aussi entourée parce que sans tous ses proches à leurs côtés, la vie n'aurait pas été facile à mener.
    Un combat certes mais un combat dans l'amour, le respect et la dignité.
    Ce roman émouvant me laisse bouleversée.


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