• Titre : « Pour toi, Nicolas »
    Auteur : James PATTERSON
    Genre : Roman
    Éditions : l'archipel
    Année : 2004
    Nombre de pages : 260

    Résumé :

    Éditrice, Katie Wilkinson croyait avoir trouvé l'homme idéal en la personne de Matt, dont elle s'apprêtait à publier les poèmes. Mais ce dernier disparaît brusquement, lui laissant pour toute explication un journal intime. Suzanne, une jeune mère, s'y adresse à son enfant, Nicolas. Au fil de sa lecture, Katie découvre que l'homme dont elle est tombée amoureuse n'est autre que le mari de Suzanne, et le père de Nicolas. Matt lui a-t-il menti ? Mène-t-il une double vie ? En partie autobiographique, ce livre mêlant émotion et rebondissements a été inspiré à l'auteur par la disparition de sa femme. Il est dédié à ceux qui ont aimé, tout perdu, et aimé de nouveau.

    Mes impressions :

    James Patterson est plus connu pour ses thrillers assez sanglants, c'est pourquoi j'ai été déroutée de lire sous sa plume une histoire d'amour aussi touchante et émouvante. James Patterson montre là qu'il sait se renouveler et se réinventer.
    À travers le journal de Suzanne, la femme de Matt, Katie va comprendre bien des choses et notamment pourquoi Matt décide de mettre un terme à leur relation amoureuse assez brutalement.
    Ce roman est écrit avec la voix de deux femmes qui ne se connaissaient pas. Suzanne a écrit le journal que lit Katie. Un homme, deux femmes, un enfant, l'équation n'est pas parfaite mais elle est crédible. Deux femmes aiment le même homme d'un amour fort. Ce dernier mène t-il une double vie ?
    Au début l'intérêt réside dans la confusion que peut faire le lecteur : y-a-t-il eu trahison ?
    Et puis, James Patterson nous entraîne dans un roman d'amour d'une rare intensité.
    Cette histoire est très émouvante de part les épreuves que devra traverser le couple aimant. Et puis par la présence de Katie qui semble perdue.
    Le récit de Suzanne nous parle de son histoire d'amour avec Matt et de la maternité avec délicatesse puis de la maladie.
    Le style de James Patterson permet une lecture fluide et envoûtante.
    Il n'y a aucun passage inutile, ni de longueur dans le texte. L'auteur maîtrise parfaitement l'essentiel afin de nous livrer une histoire poignante sans pathos.
    Les fans d'histoires sentimentales sauront apprécier ce roman assez vite lu.
    James Patterson livre avec émotion, et sincérité, l'histoire d'une renaissance, d'un espoir retrouvé après le chagrin et la tristesse de la perte d'un être aimé.

    PATTERSON James, Rendez-vous chez Tiffany
    PATTERSON James, L'amour ne meurt jamais


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  • Titre : « Passé imparfait »
    Auteur : Julian FELLOWES
    Genre : Roman
    Éditions : Sonatine
    Année : 2015
    Nombre de pages : 646

    Quatrième de couverture :

    Lorsque commence cette histoire, le narrateur est sans nouvelles de Damien Baxter depuis près de quarante ans. Inséparables durant leurs études à Cambridge, leur indéfectible amitié s’est muée en une haine féroce, suite à de mystérieux événements survenus lors de vacances au Portugal en 1970. Aussi, le jour où notre homme reçoit une invitation de Damien, la surprise est-elle de taille. Après des retrouvailles déconcertantes dans un magnifique manoir de la campagne anglaise où Damien vit seul, entouré de son personnel, ce dernier fait à son invité une révélation inattendue : il est atteint d’une maladie incurable et n’a pas d’héritier à qui léguer son immense fortune. À moins que... Quelques années auparavant, une femme lui a adressé une lettre anonyme dans laquelle elle prétendait qu’il était le père de son enfant. Une femme rencontrée entre 1968 et 1970. Damien propose alors à notre héros de partir à la recherche de ses anciennes conquêtes, cinq jeunes filles de bonne famille que les deux amis ont fréquentées dans le Londres des Swinging Sixties. C’est le début d’un voyage vers un passé plein de fantômes, de secrets et de révélations surprenantes.
    Retraçant l’évolution de la haute société anglaise depuis la fin des années 1960, Julian Fellowes dresse le tableau d’une classe et d’un pays en pleine mutation. Il nous offre surtout un personnage inoubliable qui, au rythme de révélations qui le bouleverseront tout autant que le lecteur, va peu à peu prendre conscience que si les temps ont changé, lui aussi. 

    Mes impressions :

    Le narrateur reçoit une lettre de Damian Baxter, un ancien copain de collège, ils se sont rencontrés en 1968 à Cambridge. Ils ne se sont pas vus depuis 40 ans. Jadis ils ne s'aimaient pas beaucoup. On devine qu'il y a une raison précise qui a abouti à une dispute entre eux à une certaine époque. Et qu'une chose violente a brisé leur relation !
    Dans cette lettre, Damian Baxter demande au narrateur de lui rendre visite, il a quelque chose d'important à lui dire.
    Le narrateur vit dans l'appartement cédé par ses parents à Old Brompton Road.
    Bridget sa compagne, femme d'affaires Irlandaise, est spécialisée dans l'immobilier. Lui est un romancier alors je ne suis pas étonnée de lire comment il décortique sa relation avec Bridget. Il s'exprime avec élégance.
    On discerne une certaine âpreté de la part du narrateur, qui pense être la cause et le responsable de la notoriété de Damian. Mais nous ne savons pas, nous lecteurs, de laquelle il fait allusion, il reste flou et mystérieux.
    Arrivé chez Damian, l'ambiance est digne d'Agatha Christie. La maison est remplie de richesse, il a un chauffeur, des domestiques et tout le protocole qui va avec.
    Damian a créé une société de logiciel informatique et apparemment cela lui a réussi. Il s'est marié mais n'a pas d'enfant.
    Il explique au narrateur qu'il voudrait retrouver son enfant. Il aurait eu cet enfant avec l'une de ses compagnes de l'époque, mais laquelle ? Il a eu cinq petites amies.
    Il veut retrouver cet enfant car il est atteint d'une maladie incurable et souhaite lui léguer sa fortune.
    Au travers de ses réflexions le narrateur nous livre ses convictions en nous dépeignant la société anglaise des années 60. Il pense que cette génération-là, les parents du début des années 60 n'avaient pas la même façon de penser que ceux d'aujourd'hui.
    La différence entre les générations est marquée, l'autorité parentale se traduit différemment.
    Puis le narrateur nous confie ce qu'il pense de sa rencontre avec Damian, quand ils étaient jeunes. Il nous le décrit comme un jeune homme au charisme déroutant.
    En 1960 il était fréquent que des cocktails, des teas party et des soirées soient organisés
    Il nous fait le récit des rencontres qu'ils y faisaient, ils nous parlent notamment de Serena, âgée alors de 20 ans, à la beauté froide. Jeune fille distante mais gracieuse faisant partie d'une caste restreinte. Son père était un comte.
    Georgina Waddilove, vient d'une classe aisée alors sa mère utilise l'argent de son mari pour corriger au travers de sa progéniture les défauts et les déconvenues de sa propre existence.
    Et puis Lucy Dalton jeune fille d'un baronnet, radieuse, jolie et drôle.
    Il y a beaucoup de descriptions dans ce roman. L'auteur se souvient de faits précis et nous les relate.
    Il y a des références historiques sur les coutumes et la société anglaise traditionnelle du XX ème . L'auteur dresse donc un portrait de l'Angleterre aristocratique des années soixante qui n'échappent pas aux traditions des bals de débutantes, et autres coutumes telles que les mariages arrangés, les fortunes, les titres héréditaires. Tour cela parfois avec ironie.
    L'auteur sait capter l'attention des lecteurs avec deux principaux mystères. Que s'est-il passé au Portugal il y a quarante ans, pourquoi les liens de cette bande d'amis se sont rompus ? Qui est la mère de l'enfant caché de Damian ?
    L'auteur est tantôt nostalgique, tantôt mélancolique et plutôt amer quand il nous parle de ses relations avec Damian.
    Il construit son roman pour que les lecteurs dès le début sachent à quoi ils s'attendent.
    Un événement en 1970 a brisé irrémédiablement l'amitié entre Damian et le narrateur mais lequel ? Le second suspense est celui de l'identité de la mère de l'enfant de Damian. Ce dernier a toujours eu des aventures éphémères et a rencontré de nombreuses femmes.
    Le narrateur va donc rencontrer les femmes susceptibles d'être cette mère énigmatique. Il va devoir rencontrer Serena, Candida,Terry, Candida, Joanna, Dagmar.
    L'auteur leur rend visite, une par une et ce sera l'occasion de dresser leurs portraits. Des femmes différentes, chacune avec leur charme et leurs drames personnels comme l’effondrement de leur monde, leur ruine financière et celle de leur famille.
    L'auteur semble accepter le cheminement de cette société, il est objectif quand il parle de ces aristocrates malgré tout sympathique mais hypocrites, suffisants dédaigneux et méprisants.
    L'ambiance de cette époque révolue est bien restituée.
    L'auteur nous embarque pour nous faire découvrir les aberrations, les mutations de cette époque et nous révèle que le temps passe et que nous ne pouvons y échapper !
    Il compose son roman avec des allers-retours entre passé et présent.
    Le suspense reste entier jusqu’au bout !
    Dans sa narration il nous livre ses pensées, ses envies, ses désirs, passés et présents. Il prend des décisions, les commente parfois avec humour. Au travers de ce retour en arrière, ce sont ses propres sentiments qui vont lui être révélés.
    Le style est appréciable puisqu'en concordance directe avec la société anglaise de cette époque.
    Un roman intéressant, instructif et d'un certain côté chaleureux.


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  • Titre : « L'histoire très ordinaire de Rachel Dupree »
    Auteur : Ann WEISGARBER
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2010
    Nombre de pages : 362

    Quatrième de couverture :

    L'été est caniculaire et la sécheresse fait rage en cette année 1917 dans le Dakota du Sud. Voilà 14 ans que Rachel et Isaac Dupree ont quitté Chicago pour tenter leur chance sur cette terre aride et inhospitalière. Pour Isaac, ancien soldat, le défi est à sa hauteur et il est motivé par sa fierté et son ambition implacables. Il est vrai que les familles noires sont rares dans l'ouest des États-Unis, et les fermiers et propriétaires de ranch de couleur encore plus. Mais la pluie se fait attendre, le bétail est mourant et les provisions s'amenuisent. Enceinte et luttant pour nourrir sa famille, Rachel se sent seule, isolée de bien des manières. Déterminée à donner à ses enfants la vie qu'ils méritent, Rachel devra trouver en elle la force de faire ce qui est juste, et ce en dépit de son mari.

    Mes impressions :

    Ce roman est un coup de cœur.
    Le parcours et l'histoire de cette femme m'ont profondément touchée.
    Rachel est une descendante d'esclaves, une femme, une épouse, une mère exemplaire et courageuse.
    Quand nous faisons sa connaissance, elle est une jeune fille et cuisine depuis huit ans pour Mme Dupree gérante d'une pension pour travailleurs nègres.
    Rachel tombe amoureuse d'Isaac le fils de Mme Dupree. Il est un soldat engagé et travaille dans un hôpital militaire dans l'armée. Alors qu'il est en permission, il explique à sa mère qu'il souhaite devenir propriétaire d'un ranch et éleveur dans le Dakota du Sud. Elle est totalement contre cette idée. Rachel a alors 24 ans et parce qu'elle est profondément amoureuse de lui elle va passer un marché, celui d'obtenir de lui une promesse de mariage contre la terre qu'il pourra réserver en son nom. Le mariage a lieu, les années passent, ils s'occupent du ranch et Rachel met au monde six enfants.
    Seulement, 14 ans après le constat est amer.
    Après la fierté d'être les premiers fermiers noirs des Badlands, à la tête d'un domaine et d'un cheptel et donc faire égal avec les pionniers blancs, leurs enfants souffrent de malnutrition et de déshydratation, la sécheresse fait des ravages, les bêtes meurent, les vivres s'épuisent.
    Mais par orgueil et obstination Isaac continue d'acheter des terres aux Indiens qu'ils méprisent, veut poursuivre son rêve alors que Rachel, elle, n'aspire qu'à rentrer chez elle à Chicago afin de préserver leurs enfants.
    Elle ne supporte plus l'isolement, les hivers rigoureux, la sécheresse qui se fait de plus en plus rude l'été. Dans la solitude et le remords, elle sait qu'elle devra prendre une décision, celle qui s'impose à elle en tant que maman.
    Ce roman est à lui tout seul, une belle leçon de vie et de courage.
    Cette femme va devoir faire preuve de sagesse pour préserver la santé et l'avenir de ses enfants.
    C'est un roman, très bien écrit, on ressent toutes les émotions de cette femme qui nous raconte sa vie, ses instants de bonheur, d'amour à travers des souvenirs. Elle nous livre également les moments douloureux, ses découvertes parfois décevantes du passé de son mari ainsi que de son caractère et personnalité mais elle ne s'y attarde pas.
    À cette époque, les femmes ne se permettent pas de contester les décisions de leur mari, elles doivent les accepter. L'ambition démesurée d'Isaac pourtant va la contrainte à prendre une résolution qui va bouleverser toute sa vie à venir.
    Ce livre est émouvant, poignant, déchirant. Il nous parle d'une femme qui toute sa vie durant va être sous la coupe de son mari mais qui va devoir apprendre à ne plus l'être.
    Je trouve Rachel exemplaire dans le courage face à l'adversité et face aux préjugés de son mari. D'abord ambitieuse, elle finit par douter de son choix passé d'aller vivre dans les Badlands, puis elle s'interroge et se remet en question et quand la vie de ses enfants est menacée alors elle va devoir faire ce qu'elle pense être le mieux pour sa famille, en sachant très bien que sa décision ne plaira pas à son mari.
    Ce roman parle très bien des premiers pionniers de l'Ouest américain dans les années 1917. La plume de l'auteur dépeint une femme extraordinaire, cependant elle ne nous raconte pas la vie des pionniers, les grandes étapes de leurs avancées ni de leurs grandes aventures, mais elle porte un regard sur une femme noire au destin douloureux et difficile qui devait se contenter de voir son mari fier d'elle, au détriment de grands sentiments amoureux.
    Les femmes dans cette société sont perçues comme des pions, alors qu'elles sont des piliers sur lesquels l'entourage prend appui.
    Avec un langage sobre, des pensées subtiles, l'auteure sait faire passer les émotions. Et je trouve ce roman très riche en impressions et sentiments.

    Un film est en tournage actuellement avec comme actrice principale Viola Davis


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  • Mon amie la douleur

    Titre : « Mon Amie ma douleur »
    Auteur : LANAHME Valérie
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova (Ebook)
    Année : 2017
    Nombre de pages : 102

    Résumé :

    Une opération bénigne au bas ventre en 2011 et le château de cartes s'écroule.
    Valérie, chef d’entreprise, est admise en maison de santé en novembre 2015, après 5 ans de souffrance. Avec un ton juste et sincère, elle dresse un portrait sévère du monde des chirurgiens. « Sur une échelle de 1 à 10, à combien situez-vous votre douleur? ». Elle dit 1000, on lui répond « tout est normal ! ». Elle préférerait qu’on lui découvre une maladie rare pour qu’enfin on la prenne au sérieux et que ses douleurs au ventre cessent.
    De rage d’abord, elle se met à écrire. Elle continue ensuite pour sa famille et pour tous les autres, afin de dédramatiser la dépression et le burn out, maladies de notre génération. Par ce livre, elle souhaite aider les proches des malades à les comprendre, à leur montrer qu’il existe des solutions, et que le soleil est seulement caché derrière les nuages.

    Mes impressions :

    Je remercie Mathieu des Éditions Librinova pour l'envoi de ce livre

    Ce livre est un témoignage poignant (et malgré tout écrit avec des notes humoristiques), qui retrace le parcours d'une femme, chef d'entreprise en proie à un burn-out sur fond dépressif.
    Je trouve ce récit très juste dans la façon de présenter ce mal qui peut ronger et écraser le malade jusqu'à l'affaiblir et l'anéantir psychologiquement et physiquement.

    Pour comprendre ce roman et saisir toute sa portée, il faut savoir que Valérie la quarantaine est une chef d'entreprise qui chaque jour se rend compte combien elle est une éternelle insatisfaite dans son travail.
    Elle ne parvient pas à se contenter de ce qu'elle a mais en veut TOUJOURS PLUS, d'ailleurs pour elle cette phrase est un leitmotiv. Cette attitude cache un besoin profond de se sentir vivante.
    Depuis qu'elle s'est lancée dans le métier et qu'elle est devenue chef d'entreprise, son mari et sa fille la soutiennent et lui témoignent énormément d'affection et de compréhension. Dans le milieu familial tout semble aller bien, mis à part peut-être les rapports avec son père et sa sœur. Comme dans toutes les familles parfois, il arrive que la communication ne passe pas bien. Pourtant un jour, après des mois, victime d'une douleur sournoise et intense, tout s'écroule.

    Dans ce texte écrit pour raconter son passage à vide, l'auteur nous explique dans un premier temps, sa personnalité, sa façon d'être avant la maladie, surtout dans ses études et son travail. Elle a un besoin viscéral de se sentir vivante et « existée ».
    Elle vient d'une famille recomposée. Quand elle est encore jeune, sa mère souffre de la maladie d’Alzheimer. Sa tante, quand elle devient elle-même mère, se préoccupe plus de son propre enfant
    Plus tard ses amis, sont ceux de son mari et elle s'en contente.
    Elle nous dresse donc un tableau de sa vie, avant la descente aux enfers, puis le point de chute et enfin nous explique la lente reconstruction qu'elle devra faire avec les compromis indispensables qui vont avec.
    Plus jeune, dans sa course à la reconnaissance, elle en oublie le monde qui l'entoure.
    Elle va alors accumuler dans un souci de satisfaction personnelle, sociale et de gain, les heures de travail, de pression, qui vont la conduire dans une situation de souffrance mentale et physique.

    Le rythme de ce récit est celui d'une course effrénée, rapide comme l'est la vie de Valérie d'abord en tant qu'étudiante sérieuse, puis en tant que chef d'entreprise.
    Les phrases sont courtes, ne laissent pas de place à la respiration, Valérie n'a pas le temps de souffler d'ailleurs ! Son ascension professionnelle lui demande beaucoup d'efforts au quotidien et elle en néglige sa fille et ses proches.
    Une opération bénigne va l'amener à s'interroger sur une douleur qui lui vrille le ventre depuis des mois, des années. Le ventre est notre deuxième cerveau paraît-il et Valérie va en faire le triste constat.
    Alors qu'elle a 40 ans, les médecins lui parlent de dépression et de burn-out, elle devra alors faire le choix de l'hospitalisation et d'un traitement chimique doublé d'une psychothérapie.
    Le thème de ce livre me parle, c'est pour cela qu'ayant vécu cela, je trouve que l'auteur emploie des mots justes, au plus près de la réalité des sensations.
    Sa peur de sortir, son exclusion familiale et sociale sont des signaux d'alerte mais au début elle ne va pas en tenir compte et continuera de se donner corps et âme à son travail.
    Pour rendre compte de son activité colossale au quotidien, l'auteur nous décrit la masse de travail accumulé en faisant un récapitulatif de ses grands moments professionnels et de son investissement personnel, ainsi que du stress accumulé. J'ai trouvé ces passages un peu trop longs car tous les chefs d’entreprise ne font pas de burn-out et tous ceux victimes de burn-out ne sont pas chefs d'entreprise.
    J'ai largement préféré les moments où elle décrit son quotidien dans la clinique, les méthodes, les astuces mises en place par l'équipe médicale pour sortir les patients de cette souffrance-là en prenant en compte ce qu'ils sont. (Ateliers chant et conte, médiation théâtrale, méditation, sensibilisation à la pleine conscience, atelier de Qi-Gong)
    Cependant cela n'enlève en rien l'authenticité et la rationalité des passages où elle parle de comment le trop-plein de travail l'a amenée à la tension permanente et à la douleur chronique.

    Les rendez-vous avec les psychiatres de la ville et de la clinique vont l'aider à traverser cette période.
    Elle comprend qu'ils ne lui apporteront pas les solutions sur un plateau, ni les réponses à ses nombreuses questions. Elle sait bien que les explications, les solutions qui sont liées aux causes, sont en elle, car elles dépendent du vécu et du caractère. Elle va devoir trouver le moyen qui lui conviendra le mieux. Valérie va passer par une baisse de la quantité de travail, un mi-temps puis un arrêt total. Il y aura aussi l'adoption de Lanah, un chiot qui va l'obliger à prendre soin de quelqu'un d'autre qu'elle-même.
    Ainsi elle va comprendre peu à peu les causes et les raisons de son mal-être et de sa douleur physique.
    Les techniques de thérapie présentées tout au long du livre, donnent des indices sur comment peut-être soigné une dépression et je trouve ce passage-là fort instructif.

    Valérie rétrospectivement s'accorde à dire qu'elle et victime d'un burn-out dans un contexte de dépression. À force de créer des barrières autour d'elle pour se protéger, elle a construit une prison. Elle va devoir apprendre à lâcher prise, reprendre sa vie en main, avec l'aide de ses proches, va devoir ne pas se soucier du regard des autres.
    Pendant plus d'un an elle devra apprendre à réécrire sa vie et elle le fera même sur papier afin d'exorciser ses angoisses et partager son expérience qui sera sans doute fort utile à d'autres.
    Après avoir trouvé l'origine de son mal-être et comment vivre avec ce dernier, elle va tenter de retrouver une certaine liberté.

    Je conçois que ce livre est un formidable exutoire à l'auteur qui lui permet de rebondir. Sa douleur est d'abord son ennemi mais c'est elle, en tant qu'amie qui va lui permettre de tirer sur la sonnette d'alarme.
    Ce livre nous aide à comprendre les victimes de la pression professionnelle.


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  • « Rose-thé et Gris-souris » de Marie-Catherine DANIEL

    Titre : « Rose-thé et Gris-souris »
    Auteur : Marie-Catherine DANIEL
    Genre : Roman
    Éditions : Milady Littérature (Ebook)
    Année : 2014
    Nombre de pages : 123

    Résumé :

    Elle, c’est Gertrude, une comptable.
    À peine débarquée à la Réunion, elle traîne derrière elle un bagage un peu trop lourd à porter et aimerait se fondre dans le paysage. Elle a décidé que le rose-thé et le gris-souris étaient les bonnes couleurs pour se faire accepter dans le supermarché où elle travaille.
    Un supermarché dont le patron, François, est autant du genre à exiger des heures sup le samedi matin... qu’à lui offrir Le Grand Livre d’Or de la Poésie Réunionnaise.
    Lui, c’est Dégage. Un chien errant.
    Il vient de perdre toute sa famille. Mais il n’est pas désespéré : il va fonder un nouveau clan ! Il a justement repéré une humaine fort sympathique, qui ne « l’appelle » pas quand il se met à la suivre.
    Gertrude a peur des chiens, elle n’apprécie pas du tout qu’un clébard squelettique et galeux s’attache à chacun de ses pas.
    Pourtant, c’est grâce à lui qu’elle apprendra peu à peu à redonner une chance aux autres et à la vie..

    Mes impressions :

    Un livre rafraîchissant, qui parle de deux solitudes. Celle de Gertrude 27 ans, comptable dans une grande surface à la Réunion depuis trois semaines et celle d'un chien errant, qui se nomme Dégage.
    Rose-thé et gris-souris est donc l'histoire de cette jeune femme blessée par la vie qui s'attache peu à peu à un chien errant, lui même en quête d'amour, de tendresse, et qui espère trouver un foyer chaleureux.
    Cependant Gertrude voit bien que le chien la colle mais elle a peur des « clébards » depuis la maternelle alors elle décide de le confier à la SPA.
    Pourtant lui est tenace et déterminé à conquérir le cœur de la jeune femme ; il mettra beaucoup d'ardeur à se faire accepter et ne lui tiendra même pas rigueur quand elle l'amènera à la SPA. Cela va lui permettre d'ailleurs de rencontrer une petite chatte, avec laquelle il se lie d'amitié.

    Le narrateur est alternativement Gertrude et Dégage. Ils racontent tour à tour leurs ressentis sur leur rencontre mais pas seulement, car ils nous livrent leur quotidien qui n'est pas toujours très rose.
    En ce qui concerne leur rencontre, elle est perçue différemment. Lui interprète positivement les actes de la femme qu'il espère être sa future maîtresse, pourtant Gertrude ne veut pas adopter de chien. Elle a tendance à rejeter Dégage, et à passer à côté de lui sans s'attarder. Elle l'évite, elle le fuit même et lui s'accroche, et imagine que ce n'est pas totalement perdu.
    Un dialogue silencieux se crée entre eux.
    Gertrude, tente de s'intégrer dans son nouvel emploi mais elle se sent différente dans ses vêtements peu coûteux, choisis, dans les tons gris-souris et rose-thé afin de ne pas trop se faire remarquer et se fondre dans la masse.
    Dégage est si pelé et si eczémateux qu'on devine à peine qu'il est censé être noir et blanc....
    Et puis il y a leur entourage, Gertrude, non sans appréhension se lie d'amitié avec ses collègues, et puis le patron assez timide va lui parler et même l'inviter à sortir avec lui....mais qu'adviendra-t-il ?

    Tout est léger ou presque dans ce roman sans prise.
    Malgré le fait qu'un chien se retrouve seul après l’éradication de ses camarades et malgré l'évocation des absents, comme, Tao, un ami de Gertrude à qui elle pense souvent avec nostalgie et affection, le passé pesant de Gertrude n'alourdit pas l'ambiance de ce roman touchant et bouleversant.
    L'humour particulier de Gertrude, sa façon de concevoir les événements avec naïveté, sans ornement nous la rende attachante. Elle est naturelle et modeste.
    Dégage est marrant, on s'imagine très bien ce petit chien à l'allure convaincante.
    Au final, Dégage, va redonner la force à Gertrude de s'ouvrir aux autres, accepter de faire des rencontres, et avancer dans la vie.

    Ce roman dégage sans jeu de mots, de l'humour de la tendresse et de la générosité, ainsi que de l'humilité.
    Il est empli de tendresse, de sensibilité. Les situations et les personnages ne laissent pas indifférents parce qu'ils sont singuliers, vrais, loyaux et sincères.
    Le dénouement laisse entrevoir un futur, plutôt rose pour les personnages et cette note d'espoir fait du bien.

    A lire en cette fin d'année maussade....


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  • Titre : « La salamandre et les deux cavalières »
    Auteur : Émile TURBET
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova (ebook)
    Année : 2016
    Nombre de pages : 132

    Résumé :

    La douce Haremburgis et sa dame de compagnie Dame Lambert écument les routes à la recherche du bel Enguerrand, enlevé par des brigands. Au fil de leur périple, elles rencontrent une vieille femme, un aveugle, un noble, une petite fille et bien d’autres personnages. Chacun narre une fable, une histoire, ou un conte, qui sème des indices afin de retrouver Enguerrand.

    Haremburgis et Dame Lambert parviendront-elles à le rattraper ? Ont-elles eu raison de se lancer dans cette quête ?

    Mes impressions :

    Je tiens à remercier Mathieu MAZZA des éditions Librinova pour cet envoi gracieux.

    Le titre donne un indice quant au contenu de ce court livre rempli de sagesse et de philosophie.
    La salamandre possède la capacité de régénérer certaines parties de son corps après amputation. Ce livre fait référence à une quête, celle d'une femme qui part à la recherche de son amoureux avec sa dame de compagnie, et en reviendra transformée, bonifiée.

    Les deux cavalières partent sur les routes à la recherche du bien aimé de Haremburgis, enlevé par des brigands. Elles croiseront des personnages singuliers qui rapporteront ne pas avoir vu l'amoureux. En s'apercevant de la déception d'Haremburgis, ils narrent chacun une légende.

    Le premier personnage qu'elles rencontrent est une vieille femme au fagot, elle leur parle de la politesse et du respect et retrace la vie de la « Dame au baudet ».
    Elles vont croiser la route d'un mendiant, aveugle qui leur raconte « La légende de la lune descendante », il évoque alors les peurs de chacun et pourquoi la maîtrise de nos craintes est essentielle.
    Ensuite, au détour d'un chemin, elles se retrouvent face à un homme crapaud assis sur un rocher, qui leur livre la « Légende de la salamandre ». L'attitude de la salamandre, a comme seul but de se maintenir en vie ; sa seule distraction est l’accouplement sans plaisir. Sa conduite a t-elle un sens ?
    En traversant, un village déserté, elle y croise un prisonnier, il va leur présenter « La légende de la Saint Nicaise l'inondé » qui fait référence aux caprices de la nature face auxquelles nous sommes tous égaux.
    Et puis il va leur signifier que la mort est un passage obligé pour tous, elle n'est pas aléatoire.
    Un chevalier masqué, leur expose « La légende du chevalier sans âme ». Cet homme se laisse guider et attirer par une voix mi fée, mi sorcière, et se perdra dans les bois.
    Un châtelain solitaire, leur conte « La légende de l'aigle pêcheur » qui rappelle le devoir de respecter les différentes personnalités des enfants dans l'éducation....
    Par la suite les deux cavalières vont être poursuivies par des loups, elles s'arrêtent près d'une chaumière dans laquelle vit le Baron Foulque, il leur révèle alors « La légende de l'enfance de la terre », et par là même, la création des hommes par la déesse Mère Oniro, il aborde l'injustice et la jalousie.
    Une veuve qui souffre de l'absence de son époux retrace « La légende du pont du salut », cette fable cite l'importance de la valeur des choses et celle de l'aide que l'on peut apporter à des tiers dans le besoin.
    Un moine leur confie « La légende du Mont Maudit ».
    Au détour d'un chemin, un voleur attaché à un arbre se montre implorant et c'est alors la Dame Lambert qui explique « La légende de Mange-Fer le forgeron ».
    Puis un troubadour, leur enseigne « La légende d'Adelaïde » qui aborde la simplicité de la vie et savoir être reconnaissant de ce qu'elle apporte à chacun d'entre nous.
    Ce troubadour les amène dans une foire, où une femme et sa fille vont leur narrer « La légende des 12 filles du fleuve ».
    Pour finir, un sage ermite va révéler à Haremburgis la juste réalité de sa quête....
    Toutes ces légendes ont un point en commun mais lequel ?

    Dans ce roman singulier où l'auteur situe l'intrigue dans une période médiévale, il nous emmène également à réfléchir sur le sens caché des événements.
    Je le perçois avant tout comme un roman philosophique qui parle de quête personnelle, sur fond d'enseignement et de moralité.
    Au fil des pages, l'auteur de façon extrêmement judicieuse, amène le lecteur à s’interroger sur le sens de la vie et sur le partage des valeurs morales.
    Il y a de nombreuses métaphores couplées de dialectiques. Pour parvenir à cet exercice de style, l'auteur intègre des messages d'éthiques universels et contemporains. Qui se vérifient à chaque époque.

    L'histoire se passe, au moyen âge, en 1100 mais nombreux passages s'étendent à la société actuelle.
    L'ancien et le contemporain se mêlent pour notre plus grand plaisir.

    L'auteur évoque la société, la disparité des populations (riches et pauvres), la jalousie, l'avarice, la convoitise, la curiosité, la luxure, la richesse, l'orgueil.....

    Le style est issu des manières courtoises et chevaleresques de s'exprimer. Il est donc soutenu, en moyen et ancien Français.
    Les histoires restent intemporelles, car elles sont remplies de métaphores qui s'appliquent encore aujourd'hui. Elles intègrent des personnages connus de légendes.
    Ces allégories sont universelles et donnent à réfléchir.

    La fin est assez lisse et je le regrette mais avec le recul ne dit-on pas que ce qui compte c'est le chemin et non l'issue ?
    Le monde nous apparaît parfois complexe et injuste, a t-il un sens ? à nous de découvrir lequel.
    Un livre à découvrir pour son originalité, la justesse et la profondeur des messages qu'il transmet.


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  • 8 jours ou je ne vous oublierez jamais

    Titre : « 8 jours ou je ne vous oublierai jamais »
    Auteur : Rob SILBERSTEIN
    Genre : Roman (E book)
    Éditions : Librinova
    Année : octobre 2016
    Nombre de pages : 223

    Résumé :

    À quatre-vingt-cinq ans, Rachel est une femme coquette et soucieuse de ses sept enfants.
    Victime d’une attaque cérébrale, elle se réveille à l’hôpital, en partie paralysée.
    Affaiblie, elle est submergée par son passé, qui lui revient par bribes : celui d’une jeune femme juive au début des années 40 dans la France occupée, luttant pour survivre dans un monde hostile.
    Pendant ce temps, Vic, un de ses fils, qui effectue un voyage d’affaires en Chine, reçoit un appel de sa sœur Léa : sa mère, dont la santé décline de jour en jour, le réclame avec insistance à son chevet…
    Vic et ses sœurs vont être entraînés dans un périple initiatique, navigant au gré des méandres d’un univers inexploré que sont ces territoires qui précèdent le grand voyage.
    Tout en jetant une lumière intime sur les heures noires de l’Histoire de France, ce roman-témoignage nous pousse à nous interroger sur une étape essentielle qui nous concerne tous : la fin de vie. Comment l’appréhender ? Peut-on s’affranchir des faux-semblants, briser les tabous, surmonter nos blocages, vaincre nos préjugés, dépasser nos peurs ?
    Personne ne sort indemne de cette expérience, et certainement pas le lecteur…

    Mes impressions : 

    Je tiens à remercier Mathieu MAZZA des éditions Librinova pour cet envoi gracieux.

    Ce roman est d'une richesse déconcertante.
    En moins de 200 pages l'auteur a su allier l'histoire et les liens familiaux avec le récit d'une famille aux origines juives tout en nous interrogeant sur des questions existentielles, telles la fin de la vie, la vie après la mort et le passage vers un autre monde.

    L'histoire est la suivante : les enfants de Rachel, une femme de 85 ans en fin de vie, se retrouvent à son chevet dans un hôpital, au service des soins palliatifs.
    Rachel et son mari David, fils d'un administrateur ont eu 7 enfants, Anouk l'aînée secrétaire de direction, Nathan médecin, Charles président du directoire d'une multinationale, Julie, Léa, puis Vic et Paul le rebelle.

    Malgré les années, Rachel reste une femme coquette, passionnée de mode, elle aime prendre soin d'elle et se préoccupe du regard des autres. Il existe alors une sensation de superficialité mais très vite nous comprenons la profondeur du vécu de cette femme à travers son histoire personnelle que l'auteur va nous raconter, dans des vas et vient entre le passé et le présent.
    Cette mère cependant est attentive, aimante et protectrice envers ses enfants, elle prend son rôle à cœur. Puis elle est victime d'un accident vasculaire cérébral qui la laisse paralysée.

    Les enfants soupçonnent alors qu'elle vit ses derniers jours mais éprouvent beaucoup de difficulté à accepter l'inévitable et à en parler entre eux. Le médecin va les aider à trouver la force de surmonter leur mutisme.
    Les non-dits, les doutes, les peurs, la pudeur font que cette famille se heurte à des difficultés de communication. Pour les membres de cette parenté, dire les choses simplement est douloureux et ceci se ressent également dans le style de l'auteur. Il se concentre sur les détails, les descriptions minutieuses et donne l'impression d'oublier l'essentiel qui est les rapports humains et familiaux mais justement, il s'agit seulement d'une impression car derrière les faux-semblants, les blocages se cachent une famille aimante, où les membres sont très proches les uns des autres, pour lesquels la tendresse et l'amour sont la force.

    Les mots sont choisis, l'auteur est perfectionniste, le style littéraire donne une impression de pesanteur, qui évoque et reflète la lourdeur et la douleur de la mort d'un proche.
    Il y a quelques longueurs à cause des descriptions, mais c'est paradoxal car on ressent alors bien mieux les émotions et les sentiments des personnages. Leur façon de nier le passé, d'occulter le présent se ressent dans la description par l'auteur d'un geste appuyé d'un personnage.

    Ce roman est également un roman à tendance historique, car il rappelle non sans douleur comment, un peuple Juif, et ici une famille issue de ce peuple, a dû survivre durant la triste période de la Seconde Guerre mondiale. Comment des familles entières ont vécu dans la terreur et le rejet. Rachel et son mari David étaient de ceux-là. Lesquels pour sauver leur vie et celle de leurs enfants n'ont eu de cesse de changer de ville et de vie souvent pour échapper à la discrimination et la mort certaines !
    Ce livre est rempli d'émotion, l'auteur a écrit un très beau devoir de mémoire.
    Derrière l'histoire de cette famille on découvre la double évolution des mentalités, celle intrafamiliale, puis au sein de la société.
    Avant 1940, il y a en France, les mariages arrangés, l'autorité des pères sur leurs filles auxquelles ils choisissaient eux même un époux de bonne famille et aisé, ainsi il assurait un avenir prometteur à leur descendance mais également marque leur rang de personnes nanties aux yeux des autres.

    Le lecteur navigue du présent au passé et vice-versa. Ce qui est un peu déroutant au début puis on s'y habitue très vite car il s'agit de la propre construction intelligente de ce roman. Il semblerait que l'auteur ait souhaité nous faire découvrir la vie de Rachel et surtout les événements de son passé qui se répercutent sur la femme qu'elle est aujourd'hui.
    Il nous montre par là-même que le passé peut avoir une emprise, et une influence sur le présent et le futur. Nous changeons, nous évoluons. C'est souvent l'histoire qui nous façonne à sa guise, qui nous crée un caractère et une personnalité.
    Au début du récit,  l'auteur aborde certaines traditions au sein des générations passées : l'auteur évoque l'évolution des mentalités, l'avancée du statut de la femme, de la mère et de son rôle dans la famille.
    Les nombreuses notes en fin de volume, permettent aux lecteurs qui n'ont pas ou très peu de connaissances sur la religion et les traditions juives ou qui sont trop jeunes pour saisir le minimum requis pour imaginer les enjeux de la résistance et la discrimination dans la Seconde Guerre mondiale, trouveront de quoi comprendre et se représenter toute l'ampleur de cette monstruosité et aberration qu'est l'antisémitisme.
    L'auteur ne s'arrête pas là, il mentionne de nombreux autres thèmes comme l'expérience de mort imminente, la réincarnation, l'approche de la mort dans le judaïsme et bien sûr, la dépendance et la dignité, la pulsion de survie au travers des souvenirs,

    Avec recul l'auteur nous parle de la vie, de la mort, du passage entre les deux, le temps qui passe, les épreuves de la vie, les relations familiales, filiales, et fraternelles, des rapports mère-enfants.
    Ce roman est pour moi un très beau moment de lecture !

     


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  • Ma vie commence demain

    Titre : « Ma vie commence aujourd'hui »
    Auteur : Annie LYONS
    Genre : roman
    Éditions ; Harlequin
    Année : 2016
    Nombre de pages : 410

    Résumé :

    Un an. Douze lettres. Une vie entière bouleversée. Il y a des choses que Lizzie n’aurait jamais pensé vivre – assister à l’enterrement de sa sœur, par exemple –, et d’autres auxquelles elle ne s’attendait tout simplement pas, comme y croiser son ex et en repartir avec un paquet de lettres écrites par sa sœur. Pour les lettres, elle aurait pu s’en douter : Bea n’était pas du genre à laisser le moindre détail au hasard. Elle lui a donc légué douze lettres – une pour chaque mois – constituant une liste de choses à faire pour essayer de trouver le chemin du bonheur. Pour son ex, on ne lui a pas donné le mode d’emploi, mais quelque chose lui dit qu’elle finira bien par le découvrir... C’est donc portée par l’amour de sa sœur que Lizzie s’apprête à vivre une année qui va bouleverser sa vie.

    Mes impressions :

    Lizzie revient dans la ville où elle a grandi pour assister aux funérailles de sa sœur Bea, elle retourne donc sa famille avec laquelle elle était brouillée depuis 15 ans. Parce qu'elle n'a pas vu souvent Joe son beau-frère, elle le connaît très mal. Son neveu Sam a 10 ans aujourd’hui mais elle ne l'a pas vu depuis sa naissance....Elle s'est éloignée de ses proches, de ses parents également, suite à une histoire de famille...que l'on devine peu à peu au fil des pages avec les révélations dans les lettres de bea laissées à sa sœur. Les relations sont tendues entre tous.
    Entre sa mère et elle, les rapports sont froids, pour ne pas dire glaciaux. Son père est décédé. Elle n'avait pas assisté à son enterrement en raison du manque de communication avec sa famille.
    On devine qu'après une violente dispute, il y a 15 ans, les deux femmes se sont éloignées affectivement.
    Cependant les deux sœurs, s'entendaient à merveille, Béa était la sœur, la confidente, l'amie, et aujourd'hui Lizzie se demande comment elle va vivre sans elle. De quelle façon elle va affronter la vie désormais ? Sa relation avec Béa était basée sur la confiance et l'amour.
    En revenant dans cette ville, Lizzie revoit Alex, son amour adolescent. Au début du roman il n’apparaît pas souvent puis peu à peu il va prendre de plus en plus de place dans la vie de Lizzie et dans celle du roman.
    Au début de celui-ci, sont mises en avant, la mort de Bea, les relations familiales, la vie de Lizzie qui travaille dans une librairie avec Me Nussbaum, une dame âgée qui est devenue peu à peu son amie.
    Lizzie loge au-dessus de la boutique, un logement mis à disposition par sa patronne.
    Le jour des funérailles, Joe, remet à Lizzie un paquet venant de Béa, de retour chez elle elle l'ouvre et voit que ce paquet contient 12 lettres, une pour chacun des mois à venir. Béa lui explique que ces 12 lettres sont ses dernières volontés et que Lizzie devra réaliser ce qu'elle lui demande dans chacune d'entre elles, il s'agit de petits défis, ceci dans le but de la rendre heureuse.
    Suzie et Ben, frères et sœurs, sont les nouveaux propriétaires de la boulangerie qui se trouve à côté de la librairie. Au départ, Ben est de caractère bourru, voire mal élevé alors que sa sœur Susie est toute en gentillesse et douceur. Mais nous comprenons alors au cours de la lecture pourquoi Ben est si renfermé, si grognon et cela nous le rend attachant.

    J'aime le style, accessible,  avenant, émouvant et intelligent de l'auteure. Dès le départ elle plante le décor et l'ambiance, puis l'intrigue se met en place avec douceur et précision.
    Nous sentons que tous les personnages ont des choses à dire et à se dire mais la vie ne leur a pas permis de le faire en temps voulu, alors ils vont devoir apprendre à éclaircir les non-dits.
    L'auteure décrit des rapports familiaux complexes, tendus lesquels,  grâce à Béa la défunte, vont s'adoucir.
    Est-ce que Béa va redonner le goût de la vie et de la famille à Lizzie ?
    Malgré tout, je trouve qu'il y a trop de bons sentiments, tout est limpide après le drame qu'a vécu Lizzie et sa famille.
    Il y a certes, des changements de direction pour les personnages et nous nous y attendons, c'est un peu dommage.
    L'amour et amitié se mêlent, voire se confondent , les personnages sont humains, généreux.
    Ici le thème principal est la mort, le deuil et comment vivre après....mais également les liens familiaux et l'amour bien entendu, de même que l'amitié.
    Lizzie va devoir se reconstruire après la mort de la seule personne de sa famille avec laquelle elle parlait encore et à laquelle elle était très attachée.
    Les lettres de Béa vont la reconnecter au présent, elles vont lui redonner un second souffle, qui va rester un défi pour Lizzie, car sa sœur va lui demander de se rapprocher de sa famille et de construire sa vie autrement.
    Lizzie est heureuse de garder ce lien au-delà de la mort mais la tâche sera rude et dure ; elle va devoir affronter ses démons et des révélations, auxquelles elle ne s'attendait pas.
    Béa va faire évoluer sa vie en la bouleversant.
    La vie est remplie de surprises bonnes ou mauvaises ; c'est ce que constate, Lizzie au fur et à mesure que la sienne avance. Elle fait des découvertes qui vont changer le cours de son existence et remettre en cause ses croyances sur les membres de sa famille...
    Deux ans le décès de sa sœur, ce sera à elle de lui écrire afin de se libérer et de tirer un trait sur son passé, faire le deuil de sa sœur, taire sa rancœur ...même si les souvenirs resteront.

    Je vous laisse découvrir ce roman certes léger mais qui a le mérite de nous émouvoir.


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  • Lignes de vie

    « Lignes de vie » de Samantha BAILLY

    Titre : « Lignes de vie »
    Auteur : Samantha BAILLY
    Genre : roman
    Éditions : Volpilière (Ebook)
    Année : 2010
    Nombre de pages : 147

    Résumé :

    Gabrielle et Antoine n auraient jamais dû se rencontrer et pourtant... une simple lettre anonyme va faire basculer leur destin. Le hasard ? La chance ? Tous deux vont découvrir ce que le mot confidence veut réellement dire. Peut-on s attacher à un être juste au travers de mots, peut-on changer son chemin pour un inconnu ? 

    Nous avons tous besoin d une épaule réconfortante, aimante, mais a-t-on conscience de ce que cela implique ? De nos jours on communique essentiellement par mails, par SMS... 

    Dans ce livre, on redécouvre le plaisir de la correspondance manuscrite, de l ambiguïté. La peur de se dévoiler, d'oser se rencontrer pour de vrai. 

    Mes impressions :

    Gabrielle une jeune étudiante, trouve un matin dans sa boîte aux lettres une lettre manuscrite dont les premiers mots sont « Bonjour à vous, qui que vous soyez.... ». Elle est signée « Antoine ».
    Gabrielle est d'abord un peu inquiète mais elle finit par répondre à l'inconnu qui dit avoir laissé cette lettre au hasard de son chemin. Cette lettre sera le point de départ d'une correspondance qui va durer plusieurs mois.

    Ce roman, assez court, est très vite lu. Il est le genre de livre que j'affectionne.
    Je suis très attirée par les relations épistolaires et par la profondeur des écrits qui peut s'en dégager lorsque deux personnes jouent le jeu, qu'elles sont vraies, sincères et intègres.
    J'ai toujours pensé que se livrer sur papier est toujours très intense. Les mots sont choisis, les émotions passent à travers les lignes, elles ne se trouvent pas derrière un regard, une mimique ou un geste.
    Vous savez, vous qui me suivez sur le blog combien j'aime les mots.
    La couverture m'a aussi beaucoup plu, déjà par les couleurs et puis par le message qu'elle véhicule. Nous sommes bien loin des messageries instantanées et des courriels.
    Le contenu des lettres manuscrites qu'échangent Gabrielle et Antoine, sont animés, expressifs et même philosophiques . Après quelques courriers réciproques, il y aura une première rencontre et une suivante sans pour cela qu'ils abandonnent leur façon première de communiquer.

    Samantha Bailly a su manier l'art difficile de l'exercice épistolaire avec perfection. Ce livre est essentiellement composé par les lettres d'Antoine et de Gabrielle.
    Elle nous embarque dans la vie de ses deux personnages. Étape par étape nous découvrons leur vie, leur entourage, leur activité, leur passion, et même leur conjoint.
    Lettre après lettre ils nous parlent d'amitié, d'amour, de rencontre, de rapports humains et filiaux, de la mort et de la vie....L'ambiguïté entre les deux personnages va pointer le bout de son nez.... 
    Leurs mots nous émeuvent, nous enchantent, nous étonnent, nous interrogent, parfois ils nous font même mal ; ils nous heurtent.
    Ils se racontent comme dans un journal intime, ils se parlent de leur espoir, ils évoquent leurs désillusions, les analysent, se confier l'un à l'autre et s'ensuivra un attachement inévitable.
    Les langues se délient, la confiance peu à peu s'immisce, et le rapprochement se fera doucement.
    Chacun donne à l'autre un autre moyen de penser sa vie, de la vivre, les mots deviennent plus profond, plus chargés de sens à chaque nouvelle missive.

    Samantha Bailly a la plume enchanteresse, magique et surtout intelligente. Les deux personnages sont romanesques, poétiques et réalistes.
    Ses personnages sont attachants, émouvants, entiers, parfois mystérieux et même bouleversants.
    On peut se reconnaître parfois, dans leur façon d'aborder le monde.
    Ce style d'échange est plus personnel, plus profond. Plus dense et moins superficiel qu'un simple mail.

    Jusqu'à la dernière lettre échangée, et au-delà, il y a le doute sur le devenir de leur correspondance et de leur relation.

    Il y a plusieurs dénouements possibles, et celui que nous offre l'auteur était le moins prévisible.
    Mais cette fin est signe que le véritable amour se construit dans le respect et la différence de l'autre.
    Un livre qui m'a faite du bien, beaucoup de bien....


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  • «  Henri IV, un roi Français » de Max GALLO

    Titre : «  Henri IV, un roi Français »
    Auteur : Max GALLO
    Genre : Roman Historique
    Editions : XO éditions
    Année : Septembre 2016
    Nombre de pages : 244

    Résumé :

    Il est le roi de France et de Navarre qui a voulu dépasser les clivages et faire vivre ensemble catholiques et protestants. Et il en est mort.

    Le vendredi 14 mai 1610, Jean-François Ravaillac, catholique exalté originaire d’Angoulême, poignarde le souverain dans son carrosse, rue de la Ferronnerie. Il voulait en finir avec « cet hérétique paillard, parjure et renégat » dont la conversion n’était que façade.

    Dans un texte haletant, Max Gallo dresse le portrait d’Henri IV, ce béarnais vigoureux, grand amateur de chasse, imbattable au jeu de paume, fou de femmes, et qui n’aura de cesse de consolider l’État, d’administrer une saine justice et d’éviter que la France sombre dans la guerre civile.

    Pour les ligues catholiques, Henri IV sera, jusqu’au bout, un « voleur d’âmes ». Mais l’Histoire retiendra de ce grand roi qu’il était celui de tous les français, apôtre infatigable de la tolérance et de la concorde.

    Mes impressions : 

    Une fois de plus, je remercie Mélanie Rousset des Éditions XO pour l'envoi de ce livre qui m'a plongée à la fin du XVI siècle et début du XVII sur un sujet intéressant puisqu'il s'agit de l'histoire d'un roi qui a voulu faire bouger les mentalités et qui a œuvré pour la cohabitation des catholiques avec les Protestants.
    Cependant cet ouvrage montre que les guerres de religion n'ont jamais cessé, qu'elles ont toujours existé. Ce sujet est malheureusement encore d'actualités de nos jours.
    Ce livre retrace donc la vie d'Henri IV, de sa naissance jusqu'à son assassinat par Jean François de Ravaillac en 1610.
    L'auteur de façon concise, raconte en résumant, les principaux événements qui ont eu lieu durant cette période, et qui ont fait d'Henri de Navarre, un roi. Il n'était pas aimé de tous les citoyens.
    Le vendredi 14 mai 1610, Ravaillac tue le roi en pleine rue de Paris.

    Dans une courte première partie, Ravaillac, Chrétien catholique raconte sa naissance en 1577, ( sa jeunesse et les attaques des huguenots qui brûlaient leur maison), jusqu'au 14 mai 1610, où il tue le roi. Il nous parle de ses raisons, de ses motivations de son acte.
    Dès sa plus jeune enfance, son entourage critique les activités du Roi qui ne sait pas se décider sur ses croyances religieuses et surtout sur sa vie dissolue. Ce dernier aime les femmes et il ne s'en cache pas. Le roi serait-il un faux catholique, un huguenot, un hypocrite ?.
    Le jeune Ravaillac lui, est confronté aux idées de ses parents.
    Il veut consacrer sa vie à Dieu et à l'église sainte. Il quitte Angoulême où il vit avec ses parents, pour se rendre à Paris et se rend compte de l'ampleur des actes du roi. Ce roi qui se convertit au grès des nécessités.
    Après quelques années, lorsqu'il revient à Angoulême il retrouve ses parents dépouillés, son père le chasse ainsi que sa mère. Il s'endette et se retrouve en prison. Là il n'a qu'une idée en tête celle de supprimer le roi hérétique, ce faux catholique qu'il rend responsable de la misère de plus en plus prononcée, d'un peuple.

    Dans la seconde partie, Max Gallo retrace la vie d'Henri IV. Alias Henri de Navarre, héritier des Bourbons et des Béarnais. Il est fidèle aux croyances de ses ascendants mais il se forge les siennes.
    Il veut être Roi de Navarre et envisage même de devenir Roi de France. Ses idées se clarifient s'affinent en même temps qu'il grandit.
    Catholique, protestant huguenot... qui est-il vraiment ?
    Il navigue entre deux religions, entre deux réformes, entre deux idéaux. Entre deux préceptes religieux.
    Il est perçu comme un séducteur, un homme qui s'amuse, qui est léger, pourra t-il alors devenir un bon souverain de France dans ces conditions ?
    Lorsque le Roi Henri III meurt, il reconnaît Henri de Navarre, comme le futur roi et successeur légitime du trône.
    La bataille d'Ivry en 1590, est remportée par Henri IV, victoire face aux ligueurs catholiques.
    Henri de Navarre, se convertit au catholicisme.
    Le 27 février 1594, il devient roi de France et de Navarre.
    Il prête serment pour une religion catholique apostolique, et romaine.
    Il souhaite mettre fin à cette guerre de religion qui oppose les catholiques et les huguenots.
    Pour cela il devra livrer des batailles....dans une France déjà bien endeuillée et malmenée.
    Henri IV, ne l'ignore pas, alors il construit, œuvre pour faciliter les mouvements de biens. Il prend soin de chaque province.
    La France se reconstruit, le monarque veille.
    Le roi a même redonné tout son prestige à l'école.

    Dans une brève troisième partie, nous retrouvons Ravaillac, le jour de l'assassinat du Roi.
    Sont retracés le contexte et l'état d'esprit à la fois du Roi et de Ravaillac homme révolté, suivis de son acte délibéré et des conséquences de ce dernier.

    L'écriture de Max Gallo, est fine, concise, rythmée, vigoureuse comme l'est le Roi Henri IV.
    Il décrit très bien la Guerre Civile et religieuse, ainsi que la situation sociale et humaine souvent dramatiques,  des différentes catégories de peuples.
    Max Gallo illustre personnage de l'académie française, ne porte jamais de jugement, il rapporte les faits tels qu'ils sont et nous décrit  Henri IV, connu pour ses frasques mais également pour son combat à vouloir unir les Protestants et les Catholiques, réduire le clivage et par là même réduire les guerres.

    Cet ouvrage est vraiment intéressant car il parle d'une époque qui rend les événements palpables. Les explications et les faits historiques vont à l'essentiel et cela nous permet à la fois de connaître une époque, et de reconnaître un roi et les grandes lois établies, pas à pas. Étape pas étape.
    Je pense qu'il résume parfaitement avec des mots choisis, une époque de grands bouleversements religieux et sociétaux.
    À lire par les passionnées d'histoire et par ceux qui comme moi souhaitent en savoir plus sur ces personnages qui font avancer les mœurs et l'histoire de notre pays en jouant un rôle indéniable.


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