• Titre : « L'intérêt de l'enfant »
    Auteur : Ian McEWAN
    Genre : Roman
    Éditions : Gallimard
    Année : 2015
    Nombre de pages :233

    Quatrième de couverture :

    A l'âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate à la Haute Cour de Londres où elle exerce en tant que spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort et les croyances religieuses de sa famille interdisent la transfusion sanguine qui pourrait le sauver. Avant de rendre son jugement, Fiona décide soudainement de se rendre à l'hôpital pour rencontrer Adam. Mais cette entrevue, au cours de laquelle elle découvre un jeune homme romantique, poète et musicien, la trouble. Désormais impliquée personnellement, la magistrate décide de tout faire pour sauver Adam. Seulement sa décision n'est pas sans conséquences et elle se retrouve unie au garçon par un lien étrange qui pourrait bien causer leur perte. Dans ce court roman, Ian McEwan allie avec justesse la froideur de la justice à la poésie et à la musicalité qui imprègnent la vie des personnages. Dans un style limpide, il construit une de ces ambiances oppressantes dont il a la clé et fait preuve d'une complexité thématique impressionnante. A la lecture, les certitudes se dérobent : où s'arrête et où commence l'intérêt de l'enfant ?
    Né en 1948, Ian McEwan est l'un des écrivains anglais les plus doués de sa génération. Il est l'auteur d'une dizaine de romans parmi lesquels Solaire, Expiation , Sur la plage de Chesil , L'enfant volé (prix Femina étranger 1993) et Opération Sweet Tooth . Son oeuvre, maintes fois distinguée, a également été adaptée à l'écran.

    Mes impressions :

    Fiona Maye est juge aux affaires familiales, elle œuvre pour les droits de la famille et place l'intérêt de l'enfant au-dessus de tout.. Son mari Jack est professeur de l'antiquité. Entre eux tout n'est pas au beau fixe. Fiona se consacre beaucoup (trop) à son travail et délaisse sa vie de couple.
    Peu à peu elle se remet en question mais semble refuser catégoriquement les torts.
    Est-ce que son couple va pouvoir être sauvé ? J'ai senti que cela n'était pas sa priorité.
    Écrire une histoire romancée avec cette thématique me paraissait risqué ; elle est à la frontière du récit, de la sociologie et de l'éthique judiciaire, ce qui ne facilite pas les choses puisque cela soulève de nombreuses questions d'ordre moral.
    Au travers du personnage d'Adam, jeune homme de 17 ans qui refuse la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, l'auteur mêle la question de la foi et de l'éthique face à celle de la loi. Adam et ses parents font partie des témoins de Jéhovah et ce traitement est contraire à leurs convictions.
    Fiona se rend à son chevet à l'hôpital pour prendre une décision. Doit-elle donner l'ordre aux médecins de soigner le patient contre sa volonté ? Ou bien pense-t-elle que ce dernier a décidé avec ses pleines capacités de raisonnement ? Véritable dilemme !
    Dès qu'elle rencontre le jeune homme il lui parle de sa passion pour le violon, elle, pianiste ne peut qu'en être émue. D'ailleurs il lui joue un morceau sur lequel elle va venir poser sa voix. Ce qui les rapproche.
    Adam est un garçon beau et intelligent qui va la déstabiliser par ses mots et son attitude.
    Adam va la surprendre lorsqu'il lui envoie des courriers et des poèmes qu'il écrit. Un simple petit geste intime entre eux va venir compléter le tableau de la responsabilité de l'adulte face à ces enfants et adolescents.

    Lorsque Fiona décrit les affaires qu'elle traite, elle présente les choses de telle façon que nous comprenons toute la complexité de l'application de cette loi sur « L’intérêt de l'enfant » de 1989. Cependant j'ai trouvé que l'auteur a pris un risque car Fiona elle-même n'a pas d'enfant. Est-ce que sa situation personnelle pourrait la rendre plus objective ? Est-ce que cela lui permettrait de ne pas trop s'attacher aux enfants pour qui elle prend des décisions ?
    Ici sont parfaitement énoncées la question des lois, ainsi, la morale sociale et judiciaire qu'elles impliquent.

    Ce roman aborde également la complexité des sentiments et des situations avec clairvoyance et finesse mais je trouve que l'auteur est assez superficiel dans ses écrits. Il ne nous fait partager que très peu les émotions des personnages ; son style est plutôt théâtral, insuffisamment limpide.
    Cependant il nous dresse un tableau sur la société d'aujourd'hui avec discernement.
    Personnellement j'ai trouvé que l'auteur n'entre pas assez en profondeur dans son récit. Il survole les thèmes peut-être pour que nous puissions nous interroger nous-mêmes sur les questions abordées c'est à dire le couple, la famille, la religion, les choix individuels et collectifs, la justice ?.
    Cependant je pense que les tenants et les aboutissants des affaires traitées sont parfaitement exposés.
    Un livre qui amène à réfléchir mais qui ne laisse (à mon goût) que peu de place à la sensibilité des personnages.

    Un film a été tiré de cette histoire; il est sorti le 01 août 2018. 
    Voici la bande annonce


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  • Titre : « Colocataires »
    Auteur : Danielle STEEL
    Genre : roman
    Éditions : France loisirs
    Année : 2013
    Nombre de pages :314


    Quatrième de couverture :

    Célibataire depuis peu, Francesca Thayer craint de ne pouvoir assumer seule sa maison de Greenwich Village et la galerie d’art new-yorkaise qu’elle dirigeait avec son ex-compagnon. Quelle solution pourrait lui éviter d’avoir à choisir entre les deux ? La colocation ? Prête à tenter l’expérience, Francesca accueille sous son toit trois inconnus d’âge et d’horizon différents. Comme elle, tous traversent une période difficile. Pourtant, petit à petit, une joyeux complicité s’installe entre les colocataires. Portée par cette énergie nouvelle, Francesca se sentira-t-elle prête à ouvrir à nouveau son cœur ?

    Mes impressions :

    Quatre ans auparavant, Todd et Francesca ont ouvert une galerie d'art à New York. Francesca 35 ans est diplômée des beaux-arts, elle est fille d'un célèbre peintre. Quant à Todd, 40 ans il est avocat.
    Ils sont en couple depuis 5 ans.
    En plus de souci financier, à ce jour leur couple est en deuil. Lui aurait aimé se marier et construire une famille, Francesca préférait attendre. Chacun des deux a une idée différente et bien précise du couple. Ils ne s'accordent plus et chacun éprouve un sentiment de perte. Todd veut vendre la galerie mais Francesca s'y refuse, de même qu'elle ne veut pas vendre la jolie maison qu'ils ont achetée à deux et dans laquelle elle s'y sent bien. Mais arriveront-ils à trouver un compromis ? Comment va faire Francesca pour assumer la galerie et la maison une fois la séparation effective entre Todd et elle ?

    Thalia la mère de Francesca, est une femme hystérique... Si Francesca est indépendante, réservée et timide, Thalia elle, est exubérante, frivole et ne peut pas vivre sans homme... Après cinq mariages et cinq divorces, elle espère trouver un homme de préférence riche qui saura la rendre heureuse.
    Henry le père de Francesca est plus proche d'elle, anciennement coureur de jupons, il est aujourd'hui rangé. Avery célèbre avocate est une femme responsable qui a su le rendre fidèle et depuis ils filent le parfait amour.
    Avery et Francesca s'entendent très bien. Cette dernière prend en compte les suggestions avisées de sa belle-mère.
    Cependant Francesca refuse de renoncer à ses rêves, sur les conseils d'Avery elle demande à son père de s'investir dans sa galerie, d'être son associé, un genre de commanditaire dans l'ombre.
    Afin de régler ses problèmes financiers Francesca, se met en tête de chercher trois locataires qui par leur paiement d'un loyer, permettraient de racheter la part de Todd et continuer à payer les traites de sa maison.
    Après plusieurs tentatives infructueuses, Eileen, se présente. Âgée de 23 ans, elle est une éducatrice spécialisée pour les enfants autistes. Dès la première rencontre, une bonne entente se crée entre elles et Eileen aménage quelques temps après. La seule chose qui contrarie Francesca est qu'Eileen passe beaucoup trop de temps sur Internet et plus particulièrement sur les sites de rencontres.
    Un second locataire Chris, 38 ans, dessinateur d'emballages industriels, se joindra à eux... Il est de nature calme, réservé et possède une allure conventionnelle. Récemment divorcé, il voit son fils Ian de sept ans, une fois tous les quinze jours. Cela ne perturbe pas Francesca qui accepte de lui louer une partie de la maison. Peu à peu il se confiera sur son ex-femme alcoolique qui a également une addiction à la drogue.
    La troisième locataire sera Marya Davis 59 ans, une célèbre cuisinière et chef qui vient de perdre son mari. C'est une personne gaie, à l'allure jeune et qui plaît de suite à Francesca.
    Elle écrit des livres culinaires mais cependant reste modeste, et chaleureuse.

    Ce petit monde se retrouve régulièrement autour d'un bon repas concocté par Marya et des liens amicaux forts se nouent entre eux. Sans compter que Charles-Édouard ami de Marya vient se joindre à eux de temps en temps le temps pour aider Marya à écrire son prochain livre de recettes.
    Le style de l'auteur, sa façon de nous présenter les personnages nous font sentir proches d'eux. J'avais l'impression d'être la cinquième locataire. C'est ce que j'aime dans ce genre de roman, vivre des émotions au travers de la vie des personnages.
    Ici nous partageons leur quotidien, on s'y sent impliqué. On parvient même à s'identifier à eux mais leur amitié ne pourra pas anticiper un drame qui va venir ternir la gaieté de la maisonnée...
    Même si ce roman est une comédie plutôt romantique qui détend, l'auteur fait passer des messages, comme les dangers d'Internet, les sites de rencontres qui regorgent de gens malintentionnés , elle nous parle également de violences conjugales, ainsi que des addictions en tous genres.
    J'ai souri quand Danielle Steel nous fait part, au travers de l'attitude de Charles-Édouard de sa réflexion sur le caractère volage des Français.

    Même si les événements ne sont pas extraordinaires et parfois sans surprise j'ai adoré ce livre dans lequel les personnages sont bien travaillés. Leur psychologie occupe une grande place dans le récit.
    J'aime le style de Danielle STEEL qui insiste sur les descriptions des lieux, les émotions et les sentiments des personnages, cela nous fait nous sentir proche d'eux.
    L'écriture est fluide ce qui facilite la lecture.
    Un livre que je recommande aux amoureux du genre.


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  • Titre : « Pharaon »
    Auteur : Christian JACQ
    Genre : Roman
    Année : 2018
    Éditions : XO éditions
    Nombre de pages : 557

    Résumé :

    " Mon nom est Thoutmosis, et j'ai construit un monde. 
    Un monde aux frontières menacées par les ténèbres et la barbarie.
    Un monde qui aurait pu disparaître sous le poids de l'avidité, du mensonge et de la médiocrité.
    Mais j'ai combattu, jour après jour, avec l'aide des dieux pour que rayonne la lumière, et qu'elle nourrisse les humains.
    Et mon royaume fut de ce monde. "

    Dans la suite des grands romans qui ont fait son succès, Christian Jacq nous fait revivre l'incroyable histoire du pharaon Thoutmosis III (1504-1450), celui que l'on surnomma plus tard le Napoléon égyptien. 

    Redoutable stratège, guerrier intrépide, Thoutmosis repoussa toutes les attaques contre l'Égypte. Mais l'homme était aussi un savant qui ne cessa de vouloir améliorer le sort de son peuple. Follement épris de la musicienne Satiâh, il fut le premier roi égyptien à être appelé Pharaon. 

    Passion, combats, sagesse ancestrale et recherche de l'harmonie, Christian Jacq, avec ce roman, nous plonge dans les aventures et les secrets d'un des plus grands rois d'Égypte.

    Mes impressions :

    Une fois de plus je remercie Mélanie Rousset des Éditions XO pour ce partenariat. 

    Ce livre est un très bon roman d'aventure qui se situe dans l’Égypte Antique. Il raconte la vie dense d'un des plus grands rois de l’Égypte ancienne, nommé Thoutmosis (1540-1450).
    Ce roi a su défendre stratégiquement et humainement son pays contre les invasions et ce, seulement deux mois après le début de son règne.

    Enfant il est choisi par les Dieux pour régner mais étant trop jeune c'est Hatchepsout, qui dirige le pays en attendant qu'il soit en âge de pouvoir le faire.
    Ce garçon est féru de textes sacrés, il est écrivain botaniste et se préoccupe de la santé des hommes...
    Lorsque Hatchepsout la reine-Pharaon meurt, tout le monde ne croit pas en la capacité du jeune homme de 29 ans à prendre la suite..
    Le peuple et les proches de la reine se demandent s'il sera à la hauteur de la tâche, beaucoup en doutent. Saura-t-il assurer et sauvegarder la richesse des deux terres (basse et haute Égypte) ? .

    Son jeune âge, sa méconnaissance des lois, son immaturité et son amour pour les textes sacrés ne sont pas bien vus par les Palestiniens, Syriens, et ancêtres Turcs qui veulent en profiter pour envahir puis conquérir l’Égypte.
    Lui-même ne se sent pas prêt à assumer la lourde tâche de préserver son pays....
    Nébétou, vieille dame et confidente de sa défunte mère va lui donner le courage d'affronter les critiques.
    Il va alors s'entourer de Mahou un ami militaire, de Minmes son meilleur ami, un fils d'ouvrier

    et d'Andef qui sera son secrétaire particulier.
    Houy la musicienne lui fera rencontrer Satiâh, une harpiste renommée qui joue avec sa meilleure amie Mérytrê.
    Satiâh deviendra l'épouse du Pharaon. Elle s'avère être une épouse royale sérieuse, complémentaire du Pharaon. Quand il part en campagne, c'est elle qui dirige intelligemment l’État avec fermeté. Elle possède une capacité d'écoute extraordinaire, elle fait l'unanimité au sein du palais mais aussi au sein de la population. De leur union naîtra un fils Amenemhat. Seulement la vie du couple va être jalonnée de drames personnels qui vont changer les choses....
    Toutefois le Roi reste motivé, déterminé, réfléchi, stratégique et devient alors un chef incontestable.

    Ce roman nous retrace parfaitement et agréablement la vie de ce Pharaon qui devra mener dix-sept combats afin de trouver la sérénité du Proche Orient. Les risques ne lui font pas peur et cela lui vaut le respect de son peuple et de ses troupes. J'ai aimé son humilité et sa sagesse.
    Avec son épouse Satiâh ils ont su gouverner avec respect, dans le but, non de créer un empire, mais dans celui d'établir et conserver la paix et la sécurité du peuple. A mon sens c'est pour cette raison qu'ils restent attachants.
    Il devra aussi, faire face aux trahisons, complots, rancœurs et autres nuisances envers sa personne. En effet tout au long de son règne trois hommes veulent le voir périr.
    Louisi un Syrien évadé du campement des prisonniers de guerre (fils du Prince de Meggido) aura sans cesse l’obsession d'éliminer le Pharaon après s'être senti humilié lors de la première campagne du nouveau Roi. Bak, également prisonnier de guerre voudra la vengeance mais finalement parviendra à s'intégrer et deviendra un bon citoyen Égyptien.
    Et puis il y a le jeune Paheq fils du Prince de Tounip une cité Syrienne, âgé de 17 ans qui se fait engager pour aider à la construction des temples, dans le seul but de se substituer au Roi.
    Ce roman nous permet aussi de comprendre la difficulté de gouverner un pays.
    Il nous permet bien sûr de mieux connaître le Pharaon, à l'âme sensible. L'auteur nous dévoile des scènes que le Pharaon a lui même dessinées dans la chambre cachée de sa tombe dans la Vallée du Roi.
    Il a fait construire puis embellir Karnak le temple dans lequel les grands-prêtes s'initient.
    J'ai trouvé intéressant que l'auteur nous fasse partager la philosophie du Pharaon et sa façon de penser la vie à travers ses dessins.
    J'ai vraiment été conquise lorsque j'ai retrouvé les deux personnages récurrents des derniers livres de Christian Jacq. «Le vieux», qui fournit le palais et les militaires en vin et son âne « Vent du nord », pas si bête que cela, qui sait reconnaître les menteurs et les paresseux. Ces deux là apportent la note d'humour de ce roman. Cette diversion est fort agréable.
    Il y a de l'amitié, de l'amour, des affrontements stratégiques, des références de sagesses égyptiennes et culturelles.
    Dans ce roman Le pharaon s'exprime à la première personne. L'écriture est simple, accessible, fluide.
    Les amoureux de l’Égypte trouveront ici une histoire racontée simplement mais néanmoins intéressante.

    JACQ Christian, Les enquêtes de Setna, La tombe maudite - Tome 1
    JACQ Christian, Les enquêtes de Setna, Le livre interdit - Tome 2
    JACQ Christian, Les enquêtes de Setna, Le voleur d'âmes - Tome 3
    JACQ Christian, Les enquêtes de Setna, Le duel des mages - Tome 4
    JACQ Christian, j'ai construit la grande pyramide
    JACQ Christian , Sphinx
    JACQ Christian, Urgence absolue

     


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  • Titre : « L'Enfant oublié »
    Auteure : Marie de PALET
    Genre : Roman de terroir
    Éditions : Terre de poche
    Année : 2004
    Nombre de pages : 448

    Quatrième de couverture :

    Charles, garçon rêveur, a huit ans quand l'Assistance publique le confie à Marceau et sa femme Jeannette, deux braves paysans de Lozère. À la ferme du Hibou, Charles serait presque heureux s'il ne songeait toujours à sa mère. S'il ignore tout de sa naissance, de nombreuses personnes du pays semblent être dans le secret et c'est par bribes que le voile par moments se soulève. Mais la vérité sera bien différente du rêve qu'il s'était construit... différente et terrible.

    Mes impressions :

    J'ai trouvé ce livre dans un vide-greniers et j'ai tout de suite remarqué la majuscule à Enfant...
    Le titre parle de lui-même et indique qu'il sera question d'un enfant en tant qu'individu en quête d'identité qui passera sa vie à chercher sa place.

    Charles un garçon de huit ans, au corps fluet, chétif vient de l'assistance publique.
    Après plusieurs placements, il est confié à Jeannette et Marceau vivant en Lozère, un couple qui très attaché à lui et qui l'élève comme son propre fils.
    Cependant Charles se sent mal, et aimerait connaître ses origines. Il rêve souvent de sa mère qu'il imagine blonde et belle....
    René Jouby un habitant de la région, voisin,  a un neveu un peu simplet qui ne cesse d'appeler Charles, Raoul... pourquoi ce prénom ? Que cache t-il ? Il semblerait que Jeannette et Marceau évite les discussions sur la naissance de Charles, ce sujet est tabou ce qui perturbe énormément le jeune garçon qui endure l'ignorance. Il se demande d'où il vient, de qui il est le fils et ce questionnement ne cessera de le hanter jour et nuit jusqu'à l'âge adulte. D'autant plus qu'il sent bien que dans le village les gens parlent de lui et le regardent d'un air inquisiteur, voire méprisant.
    René est assez colérique et bizarre face à Charles... que sait-il lui-même de la naissance de Charles ? Pourquoi personne ne veut lui parler de sa mère ? Quel dissimule cette famille ?
    À la ferme Charles s'occupe des vaches mais reste un garçon sérieux et un très bon élève à l'école.
    Repéré par les assistants sociaux, il lui est conseillé de faire des études. Il aura du mal à quitter le dur labeur de la ferme mais néanmoins il fera des études dans un internat sur Paris pendant quatre années, sans toutefois oublier Jeannette et Marceau, auxquels il rend visite pendant les vacances.
    Ils sont très fiers de lui, même si son absence pèse à la ferme et que Jeannette a du mal à faire le travail toute seule lorsque Marceau tombe malade.
    La seconde guerre mondiale éclate et l'équilibre va se rompre, il partira sur le front. Il se liera d'amitié avec un Parisien Riri et Momo originaire de sa région. Ils deviendront des amis fidèles... Leur amitié sera d'un grand secours à Charles...
    Chacun des garçons va perdre son enfance pendant la guerre en vivant des événements différents.
    Il n'oublie pas Marie-louise, jeune fille légère, frivole, humiliante qu'il a rencontré alors qu'il était adolescent, ils se croisaient de temps en temps quand il était chez Jeannette et Marceau. Elle ne lui a rien promis mais il en tombe amoureux fou et elle occupe sans cesse ses pensées.
    Les années passent... il est toujours en proie à sa difficulté identitaire et est en recherche constante d
    Et puis Marceau sur son lit de mort, va lui donner les premières réponses à ses questions sur ses origines...
    Peu à peu il recueille des informations qui vont le bouleverser et peut-être modifier le cours de sa vie....

    Tout au long du récit on ressent très bien le mal-être de Charles, le mépris des autres habitants. Le regard pesant des autres, les mystères sur son passé et les « on-dit » le blessent.
    L'histoire est belle, à la fois douce et dramatique. Nous sommes touchés par ce garçon sympathique, intègre, pour qui le secret de ses origines perturbe beaucoup. Charles et Jeannette, sont deux personnages très attachants. Dans un petit village où tout se sait mais que tout le monde se tait, il est compliqué pour un jeune garçon né naturellement de trouver sa place en tant que personne à part entière.
    L'écriture est visuelle, on s'imagine très bien les paysages de Lozère, le dur labeur dans les fermes et la rudesse des gens des campagnes isolées.
    Avec ce récit, on comprend alors combien une vie peut-être vécue difficilement quand il y a un secret de famille et quand la question de la naissance se pose. 

    Ce roman est très bien représentatif de cette époque.
    Il est merveilleusement écrit, la lecture s'en trouve alors fluide..
    Je conseille ce petit roman à tous les lecteurs amoureux des romans de terroir qui ont envie de lire une histoire simple et joliment écrite.


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  • Titre : « Ce que le jour doit à la nuit »
    Auteur : Yasmina KHADRA
    Genre : roman
    Éditions :Pocket
    Année : 2009
    Nombre de pages :449

    Quatrième de couverture :

    Algérie, années 1930. Les champs de blés frissonnent. Dans trois jours, les moissons, le salut. Mais une triste nuit vient consumer l'espoir. Le feu. Les cendres. Pour la première fois, le jeune Younes voit pleurer son père.
    Et de pleurs, la vie de Younes ne manquera pas. Confié à un oncle pharmacien, dans un village de l'Oranais, le jeune garçon s'intègre à la communauté pied-noir. Noue des amitiés indissolubles, françaises, juives : « les doigts de la fourche », comme on les appelle. Et le bonheur s'appelle Émilie, une « princesse » que les jeunes gens se disputent. Alors que l'Algérie coloniale vit ses derniers feux, dans un déchaînement de violences, de déchirures et de trahisons, les amitiés se disloquent, s'entrechoquent. Femme ou pays, l'homme ne peut jamais oublier un amour d'enfance…

    Mes impressions :

    Ce livre est un livre riche en émotion.
    C'est avec émotion que j'ai lu l'histoire de cet homme qui nous raconte son histoire depuis les pertes des terres de son père jusqu'à la mort de son amour d'enfance.
    Dans les années 30 le père de Younes assiste impuissant à l'incendie qui ravage ses terres. Il décide alors de quitter sa ferme avec sa femme et ses deux enfants Younes 10 ans et Khadra 3 ans, pour Oran, dans l'espoir de se reconstruire. Après un voyage difficile ils s'installeront dans un bidon-ville, en attendant mieux.
    Issa se donne du mal pour sortir la famille de la misère mais il n'y parvient pas alors même si cela est très difficile il va confier Younes à son frère, pharmacien afin que son fils ait une belle éducation et un avenir meilleur. Younes deviendra Jonas et il sera élevé comme le propre fils de Mahi son oncle et Germaine sa tante. Il a les yeux bleus et beaucoup le trouvent charmant, surtout les filles...
    C'est l'époque du mouvement nationaliste.
    Younes est écartelé entre deux identités. Ses parents lui manquent et de temps en temps il revient prendre des nouvelles de sa mère et de sa petite sœur à Jenane Jato, abandonnées par le père.
    À Rio Salado, il se fait des amis. Il est à l'âge de l'adolescence où l'on fait des bêtises. Il intègre une bande de jeunes français plus ou moins aisés... et venant de toutes religions. Juif, musulman, catholique. Une amitié indestructible les liera mais c'est l'âge aussi des premiers émois et Émilie va arriver dans leur ville ce qui va créer des jalousies, des tensions et des trahisons entre les amis.
    Jonas va s'écarter de ses amis, il devient taciturne et déprimé, en proie à un mal être intense, il ne trouvera jamais vraiment sa place....
    La guerre d'indépendance va venir le perturber davantage, il aura du mal à se positionner entre l'Algérie algérienne et l'Algérie française qui disparaît peu à peu.
    Il va se mettre à l'écart mais son enfance va le poursuivre....
    Les années passent...  beaucoup plus tard, il traversera la méditerranée pour retrouver Émilie, et lui demander pardon de l'avoir repoussé. Mais parviendront-ils à se retrouver ? À se réconcilier ?

    Dans ce roman l'auteur nous parle d'une époque difficile, de ses événements qui font l'histoire, de l'occupation américaine pendant la Seconde Guerre mondiale à la guerre d'indépendance.
    On reprochera à Jonas son appartenance, son choix d'avoir changé de région...Une plaie restera ouverte à jamais.
    Khadra, décrit le destin d'un jeune garçon qui perdra son identité et qui aura toujours ce poids sur la poitrine. Il est prisonnier de deux cultures et d'un amour pour une fille qu'il n'avouera jamais. Cependant il restera intègre à ses engagements moraux, malgré la Guerre d'Algérie. C'est un homme frappant de vérité, émouvant et loyal envers ses amis et ses proches et bien sûr sa terre. 

    L'auteur parle très bien des déchirures, de la violence, des trahisons entre deux peuples mais aussi entre les amis. Sur fond de roman d'amour et avec poésie il décrit parfaitement les douleurs de cette époque-là...
    Les personnages de cet ouvrage bien qu'éclectiques sont attachants.
    L'auteur trouve les mots justes pour nous faire comprendre les enjeux et les désordres de cette guerre et d'un peuple qui se soulève pour trouver l'indépendance.
    Un roman à lire.

     


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  • Titre : « Long week-end »
    Auteur : Joyce MAYNARD
    Genre : Roman étranger
    Éditions : 10/18
    Année : 2009
    Nombre de pages : 251

    Quatrième de couverture :

    Une chaleur caniculaire règne sur la côte est. Henry, treize ans, et sa mère Adèle doivent faire les dernières courses pour la rentrée des classes. Une rencontre fortuite au supermarché va venir tout bouleverser : Franck, un taulard en cavale, leur demande de l'héberger. Le temps d'un long week- end, le trio va vivre en huis clos une expérience qui bouleversera leur vie à jamais…


    Mes impressions :

    Lorsque le père d'Henry quitte le foyer conjugal, ce dernier se retrouve seul avec sa mère dépressive. Adèle ne sort plus de chez elle et est de plus en plus craintive.
    Le père est parti vivre avec Marjorie, sa nouvelle compagne qui a elle-même un fils de 15 ans.
    Ensemble ils ont eu Chloé... Les relations sont difficiles entre eux tous. Henry les voit peu. De temps en temps ils partagent un repas au restaurant avant de retourner auprès de sa mère.
    Henry a du mal à se faire à l'idée d'une famille recomposée et préfère veiller sur sa mère qu'il aime énormément.

    Dans ce roman, Henry raconte la monotonie de leur existence dans laquelle rien ne se passe. Il ne sait pas encore que cette journée de veille du week-end de Labor Day sera particulière et qu'il s'en souviendra toute sa vie. Le matin l'aventure vint à eux. Franck, un évadé de prison, blessé et récemment opéré, les prend en otage discrètement dans un magasin et se fait héberger. Il leur demande alors leur discrétion et même si au début il se montre menaçant, la tournure des événements va être plutôt douce. Adèle et Henry, d'abord effrayés vont apprendre à vivre avec une personne recherchée par la police.
    Cet homme est loin de la personne que décrivent les nouvelles télévisées. En effet, il n'est pas le meurtrier sanguinaire dépourvu de sentiment. Franck s'avère être un homme attentionné, tendre et doux. Son arrivée va apporter un peu de joie dans la maison. Adèle sourit plus souvent, elle danse, et n'a plus ce visage si triste !
    Franck et Adèle se rapprochent. Tous les deux tissent des liens forts. Au contact de Franck, Adèle redevient la jeune femme passionnée qu'elle était avant.
    Elle reprend peu à peu goût à la vie Elle ne se laisse pas envahir par la peur et accepte de croire Franck sur son passé et les circonstances de son incarcération.
    Quant à Henry, il est à un âge ingrat, il commence à s'intéresser aux filles, mais il n'a pas de référent masculin et voici que Franck va lui transmettre le souffle de la maturité. Il va lui montrer comment cuisiner une tarte par exemple, faire des réparations dans leur maison et même lui apprendre à jouer au base-ball !
    De leur rencontre naîtra une situation étonnante mais très constructive pour tous.


    Au travers des mots de Franck, l'auteur tout au long du livre nous apprend à apprécier la vie comme elle est, à prêter attention aux petites choses du quotidien, aux choses simples et à se nourrir du moment présent.
    J'ai aimé le côté décalé de cet homme en proie à la justice mais qui a énormément de cœur et qui devient pour Henry un père de substitution le temps d'un long week-end.

    Henry est à un âge où il se pose des questions. Il quitte peu à peu le monde de l'adolescence pour entrer dans celui des adultes. Il atteindra la maturité sans doute plus rapidement que les garçons de son âge.
    Les trois personnages sont très attachants.
    La fin du week-end ne sera pas un happy-end ; elle reste en demi-teinte.
    Puis Henry nous résume les années qui passent...

    Vous l'aurez compris, je me suis laissée transporter par ce récit qui nous parle de transmission, de relation humaine, de famille recomposée, de justice, d'amour, d'amitié, d'espoir, et surtout de reconstruction.
    C'est une belle histoire entre trois êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer, trois êtres qui n'ont pas une existence joyeuse mais qui finalement vont apprendre à la vivre au mieux.
    J'ai apprécié la fin parce qu'elle est crédible et sincère comme chaque mot de ce roman que je vous conseille.
    L'écriture est simple. Sous le regard d'Henry, elle est un mélange entre l'insouciance, la naïveté adolescente, le doute, confrontés à l'intelligence affective des personnages.
    Le style est très agréable, il laisse entrevoir les émotions et les sentiments des personnages, tout en bien décrivant la complexité de la situation qu'ils sont en train de vivre.
    Je ne sors pas indemne de ce roman qui m'a énormément plu.

    Voici la bande annonce du film que je n'ai pas encore vu :

     


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  • Titre : « Une autre idée du bonheur »
    Auteur : Marc LEVY
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2014
    Nombre de pages : 345

    Quatrième de couverture :

    Il y a des rêves et des amours qui ne s'éteignent jamais.

    Philadelphie, printemps 2010 : Agatha s'évade de prison. Elle était pourtant tout près du terme de sa peine. Alors pourquoi ? 
    Dans une station-service proche du campus, elle s'invite à bord de la voiture de Milly. 
    C'est le début d'une cavale de cinq jours à travers l'Amérique avec le FBI à leurs trousses. 
    Une course contre la montre pour découvrir un secret qui va changer leurs vies. 

    Mes impressions :

    Qui est réellement Hannah ? Aujourd’hui elle se fait appeler Agatha et elle prend le risque de s'évader de prison 5 ans avant sa libération alors qu'elle y a déjà passé plus de 20 ans, pour, retrouver une preuve qui l'innocentera ….
    Sur sa route, elle croise Milly jeune femme de 31 ans qu'elle prend en otage. Cette jeune fille d'apparence Rock and Roll est en réalité une femme plutôt calme et qui se sent bien dans sa routine.
    Elle a quitté le nouveau Mexique, pour étudier le droit en Pennsylvanie, c'est une étudiante discrète et travailleuse cependant sa bourse ne sera pas renouvelée alors elle accepte le poste de stagiaire collaboratrice au service juridique de l'établissement.

    Seulement elle va croiser la route d'Agatha qui sait ce qu'elle fait et l'oblige Milly à la conduire dans un Road Movie détonant. Si au début Milly ne sait pas encore à quoi s'attendre, elle va rapidement se rentre compte que cette cavale de plusieurs jours va leur permettre d'apprendre à se connaître et à tisser des liens amicaux à la rencontre du passé d'Agatha et sans doute vers sa vérité.
    Dans un premier temps, Milly ne connait pas le but d'Agatha mais au fil des kilomètres elle va apprendre à cerner ses intentions et comprendre le personnage. Elle la trouve fascinante, avec ce petit quelque chose de particulier, et de mystérieux qui la rend attachante à ses yeux.

    Thomas, un ancien flic aujourd'hui marshall est chargé par le juge Clayton de retrouver Agatha dans les 5 jours avant que son évasion ne soit rendue publique mais qu'adviendra-t-il s'il y parvient ?
    Pourquoi ce juge laisse une chance à Agatha ? Quel est l'enjeu ?
    On saisit à ce moment là que Tom et Agatha ont un passé commun mais lequel ? L'auteur nous le laissera découvrir au fil des pages... le puzzle se met en place peu à peu.

    Joe, est l'employé du café d'en face l'université dans lequel se sert Milly... Tous les deux s'entendent très bien. Elle est passionnée de musique ; lui de mots et de poésie. Une amitié très forte naît entre eux et pourtant c'est avec Franck rencontré sur le campus qu'elle choisira d'aménager.

    Les amis qu'Agatha souhaite revoir sont singuliers, ils ont tous un passé particulier ou rocambolesque. Au fil des kilomètres, elle explique à Milly leur histoire commune.
    Agatha se fera conduire en premier chez Max, aujourd'hui avocat et marié à Helen. Dès les premières secondes de leurs retrouvailles, on ressent une amitié solide entre eux,
    Elles traversent le pays en prenant la route 66.
    Elles font une halte chez Lucy, puis chez Raoul et enfin chez Quint, et à chaque nouvelle étape, Agatha raconte à Milly ce qui les lie, elle raconte leurs vécus ainsi que leurs affinités plus ou moins respectives et partagées.
    Et elle retrouvera la maison de son enfance.... mais n'en disons pas plus....

    Le style est très agréable, limpide, ingénieux pour nous rendre dépendant juste ce qu'il faut à l'histoire.
    Dès les premières pages, j'ai su que ce roman allait me plaire car tout était réuni : suspense, émotion, amour, amitié. Les personnages sont hors du commun et pour certains fort émouvants
    J'ai apprécié la description de la période 67/68 par Agatha qu'elle commente et argumente au plus juste des événements. Elle explique à Milly ce passé d'une génération rebelle, et précise le mouvement révolutionnaire américain de cette période.
    Agatha est une femme sincère, entière et profondément touchante.
    La fin est attendue mais elle est dans une logique qui ne pouvait pas être différente.
    C'est peut-être le seul bémol que je trouve à ce roman dans l'ensemble si dépaysant et si chaleureux.

    Elle et lui
    L'horizon à l'envers
    Et si c'était vrai 
    Le premier jour 
    La première nuit
    Le voleur d'ombres 
    L'étrange voyage de Monsieur Daldry
    Sept jours pour une éternité 1ère partie BD 
    Sept jours pour une éternité 2ème Partie BD 
    Si c'était à refaire 
    Un sentiment plus fort que la peur

     


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  • Titre : « La mer en face »
    Auteur : Vladimir de GMELINE
    Genre : Roman contemporain
    Éditions : du rocher
    Année  : Rentrée septembre 2018
    Nombre de pages : 422

    Résumé de l'éditeur :

    Philippe – scénariste de cinquante ans, dont le couple bat de l'aile – s'apprête à retourner en Allemagne. Adolescent, il a séjourné deux étés chez son oncle, ancien Waffen SS. Ce voyage, maintes fois différé, tient autant du pèlerinage que de l'enquête familiale. Philippe est hanté par la « Shoah par balles », l'extermination des Juifs d'Europe de l'Est. Une image en particulier l'obsède : un groupe de femmes et d'enfants attendant d'être fusillés dans le dos, face à la mer Baltique. Philippe doit-il se confronter aux fautes qu'il n'a pas commises, ou rester prisonnier de ses questionnements ? Des coups de téléphone alarmants l'obligent à interrompre cette quête des origines pour rejoindre son fils Ivan, hockeyeur professionnel au Canada, qui semble en danger. Philippe parviendra-t-il à le protéger et ainsi se libérer des errements familiaux du passé?

    Mes impressions :

    Merci à Laurence Angebault des Éditions du Rocher qui m'a proposé ce livre de la rentrée en service de presse.

    Dans ce roman le narrateur a deux préoccupations majeures : son fils en tant que sportif de haut niveau avec les dérives que cela peut entraîner ainsi que le passé de son oncle en tant que nazi.
    Ancien journaliste, aujourd'hui, il se bât pour rétablir quelques vérités sur ses proches, notamment son fils aux prises avec des soucis de moralité et de santé et celui de nombreux Juifs morts par balle.

    Il nous parle de Claire, sa première et aujourd'hui ex-femme, avec laquelle il a eu Yvan 22 ans et Sacha.
    Il les a quittés pour Léa une femme plus jeune. Ensemble ils ont une fille Charlotte.
    Il décrit ses errances, ses doutes, son passé, son présent, avec ses enfants. Ils évoquent ses relations.
    Il est parfois nostalgique du couple qu'il formait avec Claire. Quand il nous livre ses pensées, on ressent comme un abattement. Il choisit des mots percutants.

    Les questions principales soulevées dans ce roman sont les suivantes : comment peut-on tuer des innocents au nom d'un idéal ? Comment peut-on simplement participer et adhérer à ce genre de massacre ?.
    Quels sont les enjeux, les principes, les règles d'un sportif de haut niveau ? Quel est son rôle, son implication ? Sa moralité ?

    Philippe est inquiet pour son fils, il n'a pas le contrôle de la situation vis-à-vis des épreuves que ce dernier traverse. Ce père prend position courageusement quand il décrit les dérives et les conséquences du dopage quand des entraîneurs complices se voilent la face et qui au nom de l'argent et des performances ferment les yeux ou pire contribuent à la dépendance.
    Les compétitions de haut niveau, comportent des risques. Il y a la face cachée des principes et des règles internes sans oublier le côté flou et dissimulé du dopage. Quels sont les enjeux des entraîneurs, comment mesure-t-on l'implication des joueurs, comment évalue-t-on leur santé ?.

    Ce roman montre également toute la complexité d'un passé historique qui nous échappe et que bien souvent nous voulons comprendre. L'auteur évoque aussi la complexité de l'éducation et du rôle des parents, ainsi que la responsabilité de la société.
    Entre le père et le fils il va y avoir de la tension mais la tendresse est là. Toujours. Le père tente de réparer ses erreurs passées et cela tombe bien car il va prendre position malgré le caractère délicat de la situation. Les confidences d'un fils perdu qui au fond de lui-même a besoin de ce père aimant et responsable, vont leur permettre de se retrouver sentimentalement. Philippe va se mettre en danger pour sauver son fils.

    Dans ce roman, le narrateur s'interroge sur l'éducation, la paternité, il nous confie ses préoccupations, celles d'un père séparé de ses enfants qui ont grandi sans lui. Il doit faire face aussi aux reproches de ces derniers sur sa qualité d'éducateur.
    Il décrit parfaitement la culpabilité d'un père qui a quitté femme et enfants pour une femme plus jeune, c'est à dire de l'attrait du jeune et du beau au détriment des liens familiaux vrais et sincères.
    Il s'interroge également sur le côté le plus sombre de l'histoire du nazisme, le rôle des nazis.

    Ce livre est intéressant et relève des problèmes majeurs mais je trouve dommage que l'auteur dans les cinquante dernières pages accélère les événements pour terminer son roman un peu trop précipitamment. J'aurais aimé plus de détails sur l'après.
    Je trouve l'épilogue succinct. J'ai ressenti comme un sentiment d'inachevé, surtout sur les recherches non abouties concernant le passé de l'oncle du narrateur.
    Mais le travail de mémoire est fait, on ne peut pas et on ne doit pas oublier cette période de la guerre pendant laquelle ont eu lieu de nombreuses exécutions. Il est important d'en parler aux enfants qui eux-même en parleront aux leurs. De même en qualité de père le narrateur va avec des actes se rapprocher des siens.
    Au niveau du style les phrases sont courtes. Le récit est composé d'un mélange entre ses souvenirs quand il était marié avec Claire, son passé d'enfant quand il partait pour les vacances en Allemagne chez son oncle nazi et le présent, ce qui se passe aujourd'hui avec son fils....
    J'ai trouvé un peu déstabilisant, la façon dont le narrateur exprime ses pensées dans les dialogues parfois en discours indirect libre

    Ce livre est bien, sans plus.
    Il est par contre très intéressant pour aborder avec nos adolescents les thématiques principales de ce roman.


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  • La rentrée littéraire arrive à grands-pas après un été caniculaire....

    Je vous présente brièvement ce premier roman de la rentrée envoyé par Laurence d'Angebault des éditions du rocher.  Je le chroniquerai personnellement début septembre.
    Dès les premières pages l'ambiance est sérieuse, les sujets graves : le nazisme et le dopage dans le milieu sportif de haut niveau, sur un fond de culpabilité. 

    Vladimir de Gmeline est grand reporter à l'hebdomadaire Marianne. Il a publié deux récits, Les 33 Sakuddeï et Les Mystères de la Sungaï Baï, et un premier roman, en 2016, aux éditions du Rocher, La Concordance des temps. 

    Présentation du roman : Philippe – scénariste de cinquante ans, dont le couple bat de l'aile – s'apprête à retourner en Allemagne. Adolescent, il a séjourné deux étés chez son oncle, ancien Waffen SS. Ce voyage, maintes fois différé, tient autant du pèlerinage que de l'enquête familiale. Philippe est hanté par la «Shoah par balles », l'extermination des Juifs d'Europe de l'Est. Une image en particulier l'obsède : un groupe de femmes et d'enfants attendant d'être fusillés dans le dos, face à la mer Baltique.
    Philippe doit-il se confronter aux fautes qu'il n'a pas commises, ou rester prisonnier de ses questionnements ? Des coups de téléphone alarmants l'obligent à interrompre cette quête des origines pour rejoindre son fils Ivan, hockeyeur professionnel au Canada, qui semble en danger.
    Philippe parviendra-t-il à le protéger et ainsi se libérer des errements familiaux du passé ?

     "Roman captivant sur la transmission et la filiation, La mer en face est un ouvrage sur l'héritage d'une double culpabilité familiale et le rachat de fautes que l'on n'a pas commises afin de trouver un sens aux errements passés. L'ouvrage nous confronte, tout au long de sa lecture, a des sujets forts : le nazisme, l'antisémitisme, les familles recomposées, le poids des secrets…"

    Je vous laisse en compagnie de l'auteur qui parle de son roman :


     


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  • Titre : « Mon midi mon minuit »
    Auteur : Anna MCPARTLIN
    Genre : roman comédie
    Éditions : Pocket
    Année : 2018
    Nombre de pages : 413

    Quatrième de couverture :

    C'était au début du mois de mars, un jour de pluie, mais un jour encore béni, comme beaucoup d'autres avant, dans la vie d'Emma. 
    À 26 ans, la jeune fille amoureuse cohabitait avec le bonheur. Elle formait avec John, son amour d'enfance, un de ces couples unis et heureux, tissant une belle vie remplie de grands projets et de bons amis.
    Jusqu'à ce soir de fête qui fait basculer son existence en un crissement de pneus et ce deuil qui menace de tout engloutir.
    Commence alors pour Emma, aidée de ses amis qui font bloc autour d'elle, un long chemin pour que tout ne s'arrête pas là, pour qu'après la nuit revienne le jour.

    Mes impressions :

    J'ai beaucoup aimé cette fiction empreinte de tristesse, mais aussi de chaleur, de générosité, d'amitié et une pointe d'humour.
    Il y a des drames que l'amitié aide à surmonter et ce roman en est la preuve à chaque page.
    Dans cette série, les personnages sont tous des amis que nous aimerions avoir.
    Il y a Emma, jeune femme de 26 ans qui perd son amoureux et amour d'enfance John après une fête bien arrosée... Après le drame elle continuera d'être entourée par son frère Nigel devenu prêtre,
    par Anne et Richard un couple d'amis qui tente de devenir parents, Clodagh, une amie sincère et toujours présente et puis Sean, le meilleur ami de John qui a un poste d'éditeur dans un magazine pour hommes...
    Chacun va vivre le deuil a sa façon ; il y aura le déni, la colère, la négociation, la dépression, puis l'acceptation mais avant d'en arriver là, il va devoir se passer des jours, des mois, des années.....
    Ce roman est aussi une histoire d'amitié romantique, sur fond de drame et de culpabilité.
    Après le drame, les liens entre les amis se renforcent.
    Dans ce roman il y a les ingrédients de la jeunesse actuelle, les fêtes, l'alcool, et ici une relation ambiguë entre Sean et Emma. Un genre d'attirance amicale, amoureuse.

    Le style de narration est très agréable, on s'imprègne de l'atmosphère tantôt joyeuse, tantôt sombre. J'ai trouvé  la couverture attrayante. 

    Les mois passent et la peine d'Emma va s'apaiser mais toujours le souvenir de John perdurera...
    Et puis l'auteure évoque les joies de la maternité souvent avec humour, les responsabilités qui peu à peu font et rendent la vie de plus en plus intéressante.
    Mais elle n'oublie pas de penser aux couples pour lesquels la maternité n'est pas une évidence.
    Nos amis, prennent de l'âge et de la maturité sans que leur lien ne soit altéré.

    Ce livre est une magnifique ode à la vie, à la reconstruction. 
    Il nous rappelle à chaque page que la vie peut être fragile et parfois douloureuse mais qu'elle vaut la peine d'être vécue.


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