• Titre : « Marguerite Pivoine »
    Auteure : Myriam BELLECOUR
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 206

    Résumé :

    Marguerite Pivoine mène une existence paisible dans la ville où naquit Louis XIV. Or, un soir de septembre, à l’heure où le ciel se teinte d’un voile sombre, tout change soudainement ! Un rêve étrange plonge Marguerite en plein cœur du XVIIème siècle ; une femme apparue en songe l’investit d’une mission qui doit permettre à un musicien méconnu de terminer son concerto. Alors que Marguerite tente de se convaincre qu’il s’agit d’une hallucination, elle retrouve son skate-board, son violoncelle et multiplie les rencontres improbables qui la reconnectent avec sa vie. Le passé et le présent, le rêve et la réalité s’entremêlent dans ce conte de fées moderne, facétieux et léger.

    Mes impressions :

    Marguerite une femme sans âge (lequel nous sera révélé plus tard au cours du roman) vit dans l’appartement de ses parents, avec son chat Armand, fidèle ami et confident.
    Elle travaille dans une agence, elle est courtière en assurances. Elle s’entend relativement bien avec son rigoureux patron, Robert.
    Un jour de septembre elle fait un rêve surprenant se déroulant Au XVII ème siècle, dans lequel elle pleure son frère jumeau, un musicien de talent pauvre et méconnu qui venait de se faire tuer en duel. Dans ce rêve, lui apparaît une femme lui confiant qu'elle le retrouvera plus tard dans une nouvelle vie, et qu’elle doit inverser le cours des choses pour qu'il intègre une enveloppe corporelle afin qu'il puisse vivre de sa musique..…

    Vous l’aurez compris, un des thèmes de ce roman est celui de la réincarnation, il est question d’un monde parallèle. Ce thème principal s’entoure d’autres sujets comme le harcèlement scolaire, l’amour et l’amitié. L’auteure évoque également le rôle des parents dans l’éducation avec un postulat bien particulier, celui des parents trop exigeants qui imposent à leur enfant leur propre désir, en le poussant à faire des études qui ne les intéressent pas.
    Les personnages qui gravitent autour de Marguerite sont variés, éclectiques.
    Marguerite est une femme généreuse, elle se met en tête de faire se réconcilier des gens qu’elle ne connaît pas, dans un contexte qu’elle ignore, et là je parle d’Achille et Maxime. Achille est un collégien harcelé par Maxime le fils de la Proviseur Clio. Elle va se lier d’amitié avec cet adolescent surdoué. Sa vie se déroule paisiblement.
    Le jour où elle entre dans un magasin d’antiquités, qu’elle fait l’acquisition d’un vase datant du XVIIème, sa vie va changer et prendre un tournant inattendu. Laurent le propriétaire lui certifie que ce vase a des pouvoirs magiques. Elle va ainsi atteindre ses objectifs : modifier la vie de ceux et celles qu’elle apprécie.
    Dans ce roman il est question de rencontre intergénérationnelle. Entre Achille est Marguerite, c’est une évidence. Elle lui enseigne les choses de la vie ; notamment comment gagner face à l’adversité, avec courage et ténacité.
    Marguerite est motivante, aimante, positive, encourageante. Chaque enfant ou adolescent aimerait l’avoir comme amie, mère ou grand-mère. Elle est sensée, psychologue, philosophe, tout en étant loufoque, limite excentrique. La bonne humeur est garantie pour ce roman qui parle pourtant de sujets parfois difficiles mais Marguerite possède la capacité à nous entraîner du meilleur côté de la vie.
    J’ai beaucoup aimé ce roman qui au travers de nos ancêtres nous fait voyager dans le temps passé et futur. L’évocation de l’histoire de France, apporte une note particulière au roman.

    Le style de Myriam Bellecour est très agréable, j’ai apprécié les nombreux dialogues, avec souvent des répliques amusantes, ou ironiques.
    La personnalité de Marguerite et son caractère donnent une couleur originale au roman : un voyage dans le temps tout en glissant des sujets bien contemporains. Et j’avoue que l’auteure les intègre de façon parfaite, à aucun moment le lecteur ne s’ennuie.

    J’ai beaucoup aimé Marguerite, femme originale, singulière. Cette histoire nous fait du bien, elle nous détend et nous sort du marasme sanitaire actuel. Marguerite possède une énergie débordante et communicative. Nous prenons plaisir à la suivre dans ses diverses activités… violoncelle, skate-board.

    La joie de vivre de Marguerite femme originale, sa bonne humeur communicative et sa spontanéité sont pour moi une révélation. J'ai pris un immense plaisir à lire son histoire et celle de ses "amis". La plume de l’auteure et son style sont libérateurs.

    Notez le côté fleurie, colorie et loufoque de la couverture qui est à l'image du roman et qui en représente bien,  une partie du contenu du roman. 

     


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  • Titre : « Pardonner à la vie »
    Auteure : Marjorie LEVASSEUR
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 283

    Résumé :

    Un récit bouleversant !

    Ce sont les premiers mots qui viennent à l’esprit d’Isa, assistante d’édition à Paris, lorsqu’elle achève la lecture du manuscrit de Matthias Lacroix.

    Tout est mis en œuvre pour contacter ce primo-romancier de talent, mais il apparaît bien vite que cet homme s’avère insaisissable. Aussi, quand sa hiérarchie lui confie la mission d’aller débusquer l’auteur, la jeune femme y voit la chance d’exprimer à celui-ci tout le bien qu’elle pense de son œuvre.

    Malheureusement, arrivée sur place, l’accueil qui lui est réservé par cet homme est loin d’être celui qu’elle avait espéré. Et pour cause ! L’auteur du manuscrit qu’elle a tant apprécié, n’est pas pour autant l’instigateur de son envoi. Elle comprend vite que tenter de le convaincre ne sera pas chose aisée.

    Au fil de son séjour à Chamonix, en côtoyant les proches de Matthias, Isa va peu à peu décrypter sa personnalité et découvrir, contre toute attente, les similitudes entre leurs existences. Tant et si bien que cela la mènera à faire le point sur sa propre vie et à revoir ses priorités. Sa réflexion pourrait même la conduire sur un chemin qu’elle n’avait pas envisagé jusqu’ici…

    Mes impressions :

    Isa travaille dans une maison d’édition à Paris depuis trois ans , elle s’y sent bien et la direction lui promet une promotion si elle convainc un futur jeune talent installé dans les Vosges de signer un contrat avec eux!! Ce qui la motive au fond d’elle-même n’est pas celle de devenir la responsable éditoriale mais plutôt le réel talent de cet auteur. En effet, il écrit avec une sensibilité exacerbée, ce qui la touche profondément.
    Oui mais cela risque d’être une tâche difficile puisque lorsque Isa arrive dans les Vosges, elle apprend que le jeune auteur Matthias, ne lui a pas transmis lui-même le manuscrit mais il l’a été à son insu par son père et la meilleure amie de Thomas, Sophie.
    Il a écrit ce roman pour évacuer les souffrances passées et à venir, c’est un texte intimiste qu’il ne souhaite pas partager….
    Isa ne sera donc pas bien reçu par Matthias, cependant elle ne veut pas laisser passer l’occasion de mieux connaître cette « famille » de coeur composée de Julien le meilleur ami de Matthias, sa sœur Sophie qui est également l’infirmière de Philippe le père de Matthias et Pixel le chien de Julien.
    Au fil des jours et des semaines, les personnages apprennent à vivre ensemble, et donc à s’apprivoiser.
    Chacun d’eux a un passé et un vécu assez lourd ainsi l’auteure traite de thématiques actuelles comme le harcèlement scolaire physique et moral, la maladie, l’hypersensibilité, l’obésité, le deuil et la mort.
    Ce roman est dépaysant parce qu’il se passe en majorité dans les montagnes des Vosges et l’auteure nous décrit au travers de quelques passages la beauté de cette nature.
    Au fil des pages, les lecteurs sont touchés émotionnellement par la personnalité des personnages, leurs blessures, leurs secrets, leurs espoirs et leurs attentes.
    Au début j’ai trouvé que les personnages étaient un peu trop lisses et dépourvus d’originalité mais au fur et à mesure du récit, ils prennent de la profondeur. Ils vont alors s’aider à supporter les blessures du passé et les craintes face au futur. Ils vont se donner mutuellement et réciproquement la force d’envisager un destin plus serein.
    La personnalité des personnages est construite au travers de leur passé, de leur présent et de leur hypothétique avenir. Les liens du cœur et du sang offrent à chacun d’entre eux l’espérance qui leur manquait. Ils sont une aide précieuse.
    Ce roman parle d’amour entre quatre jeunes gens trentenaire mais pas seulement. L’amitié, le respect, et l’amour sont les sentiments qui vont faire que cette histoire est belle, touchante et émouvante.
    L’auteure ainsi parle du sens de la famille, évoque les fragilités des relations et les non-dits avec pudeur.
    L’écriture m’a d’abord semblé assez perfectionniste, un peu trop scolaire puis l’auteure améliore son style et sa plume devient plus mature. On sent qu’elle tient à ses personnages et qu’elle veut les faire évoluer tout en leur donnant une certaine substance psychologique.
    Au début, il n’y a pas de surprise, j’envisageais facilement comment allait se dérouler les étapes du scénario mais finalement, quelques rebondissements m’ont fait davantage me plonger dans le récit et j’ai trouvé du plaisir à continuer cette lecture.
    L’auteure n’est pas à son premier roman et je trouve qu’elle a un futur prometteur.
    Ce fut une belle surprise pour moi.


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  • Titre : « Ghost in love »
    Auteur : Marc LEVY
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2019
    Nombre de pages : 321

    Résumé :

    Ils ont trois jours à San Francisco. Trois jours pour écrire leur histoire.

    Que feriez-vous si un fantôme débarquait dans votre vie et vous demandait de l'aider à réaliser son vœu le plus cher ?
    Seriez-vous prêt à partir avec lui en avion à l'autre bout du monde ? Au risque de passer pour un fou ?
    Et si ce fantôme était celui de votre père ?
    Thomas, pianiste virtuose, est entraîné dans une aventure fabuleuse : une promesse, un voyage pour rattraper le temps perdu, et une rencontre inattendue...
    Digne des plus belles histoires de Capra et de Billy Wilder, Ghost in love donne envie de croire au merveilleux.

    Mes impressions :

    Les fantômes sont un thème qui plaît à Monsieur Lévy, ici il ne déroge pas à son premier sujet de prédilection.

    Thomas 35 ans est un pianiste reconnu. Son père est décédé il y a cinq ans. Jeanne sa mère qu’il voit régulièrement est une femme dynamique, qui aime son fils mais cela ne l’empêche pas d’être directe néanmoins avec élégance et tendresse.
    Tout comme sa mère, Colette sa marraine assiste à ses concerts et elles ont toujours des commentaires bienveillants à la fin du concert. On sent que cette famille est unie.

    Il entretient avec Sophie une artiste comme lui, une relation épisodique et épistolaire, les quelques amis qu’il a sont des amis sûrs mais Thomas est plutôt solitaire et réservé.

    Après avoir fumé une cigarette douteuse, trouvée dans un des tiroirs d’une commode chez sa mère il a des hallucinations. Son père Raymond, un ancien chirurgien, lui apparaît et lui parle…
    D’abord dubitatif et inquiet, Thomas n’en croit pas ses yeux, ni ses oreilles et pourtant tous les deux, vont finir par se rappeler des souvenirs du passé….son père lui fait alors une confidence qui va bouleverser toute sa vie future : il y a de nombreuses années, il a rencontré une femme, dont il est tombé amoureux. C’est parce qu’il veut demander une faveur singulière et inattendue à son fils qu’il se manifeste aujourd’hui. Ses dernières volontés sont quand même un peu particulières...
    Thomas, lui rit au nez mais il va finir par lui rendre le service demandé, alors même que cela doit le faire voyager au bout du monde…..

    Sylvain psychiatre et ami de Thomas, tente de lui expliquer que ses visions sont le fruit de son moi, son sur moi son inconscient et son subconscient mais la fiction rejoint la réalité….

    Ce roman est rempli de bons sentiments. Il y a de l’humour, des rebondissements, l’écriture est agréable, légère, adaptée aux circonstances.
    L’humour de son père et sa nonchalance donnent une petite note plaisante au roman et permettent de démystifier la mort.
    Le fait que Thomas soit un pianiste apporte de la musicalité au scénario.
    Je me suis attachée à Thomas et à Jeanne sa mère alors que l’attitude insolente de son père me déplaît parfois. Derrière cette façade se cache un homme qui a aimé et qui aime son fils.
    Ils vont pouvoir se réconcilier et leurs retrouvailles inattendues et improbables nous émeuvent. Ils souhaitent avant tout rattraper le temps perdu… y parviendront – ils ?
    Certes l’histoire dépaysante est tirée par les cheveux, mais ce roman reste un bon moment de lecture, un roman qui détend. Il nous interroge sur la capacité de chacun à faire son deuil de nos proches et parents.
    Il nous rend nostalgique tout en nous donnant le courage et la force de garder les meilleurs souvenirs, et nous confirme que nos défunts ne disparaissent pas complètement. Ils continuent de vivre dans nos souvenirs.
    Ce roman fut pour moi un très bon moment de lecture.

    Et si c'était vrai
    Le premier jour
    La première nuit
    Le voleur d'ombres
    L'étrange voyage de Monsieur Daldry
    Sept jours pour une éternité 1ère partie BD
    Sept jours pour une éternité 2ème Partie BD
    Si c'était à refaire 
    Un sentiment plus fort que la peur
    L'horizon à l'envers
    Une autre idée du bonheur
    La dernière des Stanfield
    C'est arrivé la nuit

     


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  • Titre : « On s’était promis »
    Auteur : Yolène JULLIEN
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 160

    Résumé :

    Victoire est une trentenaire, métisse afro-caribéenne, fougueuse et pétillante. Raphaël est quarantenaire, franco-italien, un vrai dandy, marié et père de deux enfants. Leurs différences deviendront rapidement une source d’attractions irrésistibles. Une relation qui bouleversera leur perception des codes de l’amour et de l’amitié remettant en cause leurs croyances profondes. Mais lorsque les doutes et les peurs s’entremêlent, tout se complique rapidement.  On s’était promis raconte une relation fusionnelle pleine de promesses et d’attentes, mais aussi de désillusions ; un amour passionnel et controversé.

    « Pensez-vous que l’on puisse rencontrer des personnes au mauvais moment ? Selon moi, il n’y a pas de hasard. Chaque rencontre a une raison d’être. Que l’on croit ou non au destin. Toutes les rencontres ne se valent pas. Certaines vous laissent des traces indélébiles et vous bouleversent à tout jamais. Dès que je l’ai vu, j’ai su qu’il marquerait ma vie. » 

    Mes impressions :

    Originaire des Antilles, Victoire intègre une entreprise de fabrication de chaussures en tant que chargée de communication. Dès son arrivée, elle juge l’ensemble des employés, essentiellement féminin, peu sympathique voire froid. La patronne a laissé la direction à ses deux fils.
    Victoire se lie d’amitié avec Raphaël, un bel Italien, acheteur de matières et un proche ami de l’un des fils de la patronne. Actuellement en congé maternité l’épouse de Raphaël travaille également dans l’entreprise
    L’amitié naissante entre Raphaël et Victoire peu à peu devient plus profonde, plus intense. Ils ont les mêmes centres d’intérêt, les mêmes goûts musicaux, partagent leurs préférences littéraires; alors au fil des jours, des semaines, des sentiments amoureux finissent par émerger. Qu’adviendra-t-il de la place de Victoire dans l’entreprise, sera t-elle jugée ? Comment va-t-elle supporter les regards sournois et les réflexions acerbes et incisives de ses collègues de travail ?
    Quant à Raphaël, comment gère-t-il sa double vie et son histoire d’amour au début si épanouissante ? Puis quelle décision prendra t-il lorsque ses tourments et son amour vont finir par l’interroger ?
    Sa femme quant à elle est une femme blessée qui dès le début nous est présentée comme étant peu aimante et peu attentionnée envers son mari. Elle est davantage mère qu’épouse. Raphaël a appris à vivre avec elle, par la force de l’habitude puis par la tendresse qui les lie.

    Dans ce roman l’histoire d’amour est le point central mais nous retrouvons des thématiques bien particulières comme le racisme, la discrimination, les minorités, la mixité. L’auteur de par ses origines nous parle d’elle, de son pays, de ses difficultés d’intégration.
    Il y a même l’évocation de la Covid, sujet on ne peut plus actuel du moment.

    Victoire est tourmentée par cet amour et par les futures décisions de Raphaël, celles qu’il pourrait prendre et qui l’excluraient de sa vie. Alors elle se bât pour le garder, parfois elle lui met la pression. Parce qu’elle doute et qu’elle est remplie d’incertitudes, elle agit de façon contre-productive, ce qui ne jouera pas toujours en sa faveur et pourtant Raphaël continue de l’aimer et de vouloir vivre avec elle et envisage de vendre la maison qu’il possède avec sa femme. Cette dernière a bien compris qu’il risque de quitter le domicile familial.
    Ici, il n’est pas question de la place des enfants dans ce triangle amoureux ni vraiment des réactions de sa femme qui restent ici accessoires mais bel et bien de l’histoire d’amour, extra-conjugale, passionnelle entre Victoire et un homme marié. La passion se heurte à la raison.
    Tout au long du livre l’auteur insère des proverbes, des citations qui nous remuent et nous montrent toute la difficulté des relations humaines et amoureuses compliquées, nuageuses.
    L’auteure écrit ici un beau roman qui, à mon sens s’apparente davantage à un témoignage qui raconte l’amour, la peur, les tourments, les déchirures, la dépendance affective, et une notion souvent présente sur le net le ghosting. Cette technique qui consiste à faire le fantôme, disparaître de la vie d’une autre personne d’un simple clic, ne plus donner des nouvelles, faire le mort du jour au lendemain sans donner d’explications. Je peux imaginer combien cela peut être douloureux et humiliant pour la personne qui en est victime.
    La lâcheté bien souvent des hommes dans ce genre de situation fait peine à voir.
    L’auteure décrit également la complexité cornélienne que doit faire l’homme marié ici dans ce roman (ou la femme mariée dans un contexte plus général). Est-il facile de quitter un conjoint que l’on n’aime pas ou plus ?. Ou bien faut-il faire avec le désamour et continuer à vivre dans un foyer où se sont instaurées des habitudes ? Doit-on décider de prendre le large et assumer ses choix ? Doit-on choisir le bonheur et la passion à la routine et autre stabilité et confort ?
    Comment faire face à notre mauvaise conscience face à la femme mariée trompée ?
    Chacun des deux personnages est sujet à des ruminations, des peurs incontrôlables.
    Tous les deux sont immergés dans des paradoxes et des ambiguïtés, des préjugés qu’ils contrôlent plus ou moins selon les périodes et évènements.
    J’ai été touchée par Victoire qui tombe amoureuse d’un homme inaccessible , qui perd bien trop souvent son calme. L’auteur montre comment un amour fulgurant et inattendu voire inapproprié peut faire mal, parce que l’un des deux conjoints n’est pas libre.
    Il est bien évident que nous ne maîtrisons pas nos sentiments et nous ne pouvons pas contrôler ceux des autres, ni d’ailleurs leurs choix. L’amour peut être une torture et finir par nous dévaster.
    Quel est le meilleur choix dans ce cas-là ? Celui sans doute où les blessures sont les moindres mais comment les jauger ?
    Dans les deux cas, il y aura un conjoint qui perdra et souffrira plus que l’autre, alors il faudra apprendre à se relever, à accepter ce qui ne dépend pas de soi et à faire avec le manque et la perte de l’autre.

    L’amour n’est pas anodin mais je partage l’idée de l’auteure, quand elle dit que chaque rencontre, chaque personne qui entre dans notre vie, n’est pas le fruit du hasard. Elle est là pour nous apprendre quelque chose, nous donner quelque chose, nous faire avancer ….
    Le style de l’auteure est très agréable. La lecture est fluide grâce aux mots sont parfaitement choisis. Nous vivons l’histoire de l’intérieur, aux côtés des personnages. Il nous arrive de les juger, d’avoir envie de les aider, et de prendre part à leur discussion.
    J’ai aimé ce roman émouvant.
    A mon avis cette auteure a de l’avenir dans le monde de la littérature.

    « L’amitié finit parfois en amour, mais rarement l’amour en amitié » Charles Caleb Colton

    « Pensez-vous que l’on puisse rencontrer des personnes au mauvais moment ? Selon moi, il n’y a pas de hasard. Chaque rencontre a une raison d’être. Que l’on croit ou non au destin. Toutes les rencontres ne se valent pas. Certaines vous laissent des traces indélébiles et vous bouleversent à tout jamais. Dès que je l’ai vu, j’ai su qu’il marquerait ma vie. » 


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  • Titre : « Pour te retrouver »
    Auteur : Cécile. VIOLET
    Genre : Roman sentimental Young adult
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 348

    Résumé :

    Difficile pour Esmée d'oublier sa meilleure amie Amanda, avec qui elle a partagé ses plus beaux souvenirs de jeunesse sur la côte californienne. Durant des années elle tente de cacher et de repousser son attirance pour Victor, le grand frère de celle-ci. Mais quand il décide de s'immiscer dans sa vie, elle comprend rapidement que rien ne sera jamais plus comme avant.

    Six ans plus tard, le destin les rassemble de nouveau à New York, mais les choses sont bien différentes.

    Entre l'innocence de l'adolescence, le départ précipité de Victor et leur vie d'adulte qui se profile, arriveront-ils à s'aimer et se retrouver ?

    Entre la Californie, New York et les Hamptons, Esmée et Victor nous emportent à travers le destin de leur tumultueuse histoire d'amour.

    Mes impressions :

    Victor est le frère d’Amanda, la meilleure amie d’Esmée. Il fait des études de médecine. Il est en troisième année, et fait son externat au service de neurologie à San Francisco.
    Entre eux se noue une relation ambiguë. Ils se connaissent depuis qu’Esmée a 5 ans, leurs relations étaient alors « fraternelle » mais les années passent et leurs sentiments respectifs évoluent….
    Parce qu’Amanda ne peut pas accompagner Esmée au second mariage de Ray son père, alors elle demande à son frère d’accompagner Esmée à Los Angeles.
    Victor et Esmée, ne pourront pas nier trop longtemps l’évidence…. Ils sont attirés l’un vers l’autre….
    Le récit est un récit à quatre mains. Tour à tour, Victor et Esmée expliquent leurs sentiments, commentent la nature de leur relation qui change, se modifie. Nous avons leurs points de vue respectifs.
    J’apprécie ce procédé car c’est intéressant pour les lecteurs de se mettre dans la peau des personnages, du coté de leur point de vue.
    Victor est partagé entre continuer son rôle de grand frère et Esmée sait bien qu’étant donné que Victor fait ses études loin d’elle, les choses ne seront pas évidentes à vivre.
    Après quelques années, Victor revient à New-York, et ils se revoient à l’hôpital, parce que Esmée est victime d’un accident de la route. C’est Victor qui va la prendre en charge et la soigner. Leurs retrouvailles sont fulgurantes….mais Esmée est fiancé à Liam, un ancien collègue de Lycée. Ce dernier est plus intéressé par sa carrière et ses manigances que par Esmée….Que va-t-elle choisir entre la passion et la raison ?
    L’écriture est fluide malgré tout, car le style est très agréable. Nous avons l’impression d’être devant un écran de cinéma qui projette l’histoire d’amour de deux jeunes adultes qui se cherchent, s’apprivoisent, se perdent de vue et se retrouvent. L’histoire n’est pas très originale mais nous nous laissons porter par le jeu du chat et de la souris d’Esmée et de Victor.
    Cependant les trop nombreuses incises dans les dialogues les alourdissent un peu.
    Je note quelques longueurs dans la narration, ainsi que des évènements trop détaillés.
    L’histoire elle se lit agréablement et nous permet de nous détendre en suivant les émotions et sentiments de deux jeunes gens qui construisent peu à peu leur vie adulte.
    Les personnages secondaires sont présents mais pas envahissants.
    La fin est attendue mais les circonstances de ce dénouement le sont moins.
    Une lecture qui fait du bien malgré des thèmes parfois douloureux comme les violences conjugales et le style un peu trop fleur bleue.

     


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  • Titre : « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie »
    Auteure : Virginie GRIMALDI
    Genre : Roman
    Éditions : Fayard
    Année : 2018
    Nombre de pages : 462

    Quatrième de couverture :

    «  Je ne t’aime plus »
    Il aura suffi de cinq mots pour que l'univers de Pauline bascule.
    Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s'écouler en attendant que la douleur s'estompe. Jusqu'au moment où elle décide de reprendre sa vie en main.
    Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer.
    Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire resurgir les secrets les plus enfouis.

    Mes impressions :

    L’histoire commence quatre mois après que Benjamin le mari de Pauline, l’ait quittée.
    Elle vit désormais chez ses parents avec Jules, son fils de quatre ans.
    Elle travaille comme assistante dans une agence d’emploi. Après un incident avec un client rustre et raciste, son patron lui octroie quelques jours de congé…..c’est alors qu’elle se sent davantage désœuvrée. Elle décide alors d’écrire chaque jour à son mari, des souvenirs pour lui rappeler les plus beaux souvenirs qu’ils ont en commun et espérer ainsi qu’il revienne vers elle.
    Sa sœur Emma, son mari Jérôme , leurs trois enfants, puis ses parents, sa grand-mère, son frère Romain viennent compléter le récit familial.

    Ce roman parle à chacun de ses lecteurs parce que ce lecteur prend connaissance du quotidien d’une famille commune ou presque, dont les membre ont parfois du mal à vivre ensemble, à se comprendre. Chacun des personnages est là pour rappeler à chacun des autres, ses faiblesses et ses forces.
    Dans cette famille, malgré tout unie, les non-dits, les secrets et les réflexions verbales parfois acerbes, viennent la fragiliser mais parce que finalement ils réfléchissent et se parlent, les liens vont se resserrer. Peut-être pas comme ils le souhaiteraient mais en tout cas la communication passe mieux de semaine en semaine.
    Cette famille est-elle vraiment dysfonctionnelle ? Pas à mon sens, elle est comme toutes les familles…. Face à des difficultés, les membres se soutiennent pour faire face aux difficultés que certains rencontrent.
    Après des épreuves, des vacances, des discussions qui donnent lieu à des révélations, chacun pourra se rendre compte que la vie n’est pas toujours facile mais que partager les moments obscurs, peut être une source d’apaisement. Chacun va finalement y trouver sa place et son compte.

    Tout au long de ce roman, L’auteure met en scène ses personnages ; elle décrit les sentiments avec justesse, souvent avec humour et tendresse. Elle traite plusieurs thèmes, comme la dépression, le deuil d’un enfant, l’alcoolisme, le divorce, l’homosexualité, la vieillesse. Elle parle d’amour, de rapports familiaux, fraternels, filiaux. Plus généralement, elle évoque les relations humaines.

    La fin n’est pas un happy-end et c’est ce qui malgré tout fait le charme de ce roman, parce que l’histoire est crédible.
    Il y a des attentes de la part du lecteur, qui ne sont pas assouvies, il y a des rebondissements, des revirements de situation. L’auteure parle à nos cœurs, avec simplicité. Son style d’écriture est limpide, naturel.
    L’auteure nous renvoie à notre façon de voir le couple, la vie de famille, les relations familiales.
    Pauline m’a touchée parce qu’elle se bat contre elle-même, puis contre la décision de son mari, alors qu’elle aurait dû l’accepter dès les prémices du malaise entre eux. Le pouvait-elle ? Était-elle prête ? Lorsqu’on continue d’aimer une personne qui ne nous aime plus, il est difficile de passer à autre chose sans avoir l’impression d’avoir tout tenté pour la faire changer d’avis, ou pour la garder. Sa démarche était légitime et elle avait sans doute besoin de temps pour accepter ce que son mari lui « imposait ».
    L’autre thématique est le secret de famille. Pauline et Ben ont vécu un drame qu’ils n’arrivent pas à surmonter. Parce que la douleur est trop forte, ils le nient, ou choisissent de ne pas en parler…. Là aussi, il est difficile d’accepter l’inacceptable, l’inconcevable. Alors comme tout un chacun, il n’y a pas d’autre choix que d’apprendre à faire avec ce que la vie nous inflige quand on ne peut rien y faire et que les drames ne sont pas la conséquences de nos actes.

    Retenez cette phrase que dit le psy à Pauline : « Ce n’est pas parce que ça ne finit pas comme on le veut que ça se finit mal »…
    Tout n’est pas noir ou blanc, parfois il faut apprendre à composer avec les souhaits et les réalités des uns et des autres. Nous ne sommes pas maîtres de sentiments de l’autre, ni de ses choix.
    Ce roman là, diffère un peu du dernier que j’ai lu de cette auteure. En effet, il y a moins de profondeur mais il reste malgré tout un livre à la fois bouleversant et réconfortant…


    Il est grand temps de rallumer les étoiles
    Tu comprendras quand tu seras plus grande


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  • Titre : « Après tout »
    Auteure : Jojo MOYES
    Genre : Roman
    Éditions : Milady
    Année : 2018
    Nombre de pages : 672

    Quatrième de couverture :

    Un homme qui refusait d’être une version diminuée de lui-même m’a appris qu’on a toujours le choix. Alors le moment était venu de choisir : je pouvais être la Louisa Clark de New York ou la Louisa Clark de Stortfold. L’essentiel, c’était de ne pas laisser les autres choisir à ma place. Il y a toujours une façon de se réinventer.

    Quand Lou s’envole pour New York, elle est certaine de pouvoir vivre pleinement cette aventure malgré les milliers de kilomètres qui la séparent de Sam. Elle rejoint la très fortunée famille Gopnik, se jette à corps perdu dans son nouveau travail, et découvre les joies de la vie new yorkaise. C’est alors que sa route croise celle de Joshua, un homme qui éveille en elle des souvenirs enfouis. Troublée par cette rencontre, Lou s’évertue à rassembler les deux parties de son cœur séparées par un océan. Mais les lourds secrets qui pèsent sur elle menacent de faire voler en éclats son fragile équilibre. Le moment n’est-il pas venu de se demander qui elle est vraiment ?

    Mes impressions :

    J’ai un peu tardé à lire le dernier tome de cette trilogie…. Mais voilà chose faite…. enfin ! .
    Nous retrouvons ici la plume légère et pleine de charme de Jojo Moyes qui dans ce roman traite d’amour mais pas seulement. Plusieurs thèmes ressortent, des thèmes qui font la vie, comme les relations familiales, celles à distance, le couple, la jalousie, les sentiments amoureux envers les personnes du même sexe, le clivage entre les familles aisées et celles qui le sont moins, voire beaucoup moins mais encore la maladie. L’auteure évoque également la fin de vie, les histoires familiales, les histoires d’amour et d’amitié, ainsi que le sens des responsabilités dans le travail parfois rigoureux, l’accueil et l’acceptation des personnes immigrées en Amérique….. et bien d’autres sujets encore, tout cela donne un résultat assez homogène, attrayant et une lecture divertissante.

    Deux ans après la mort de Will Traynor, la personne tétraplégique dont elle s’occupait et qui est devenu son mari, notre héroïne Lou, sur les conseils de son ami Nathan, part travailler à New-York pour un an dans une famille aisée, la famille Gopnick. Elle sera l’assistante de la seconde épouse de cet homme, Agnès une immigrée de Cracovie.
    Lou espère acquérir de l’expérience avec ces nouvelles dispositions.
    Elle s’éloigne donc pour un temps de Sam, l’ambulancier, son petit ami. Il est d’ailleurs en train de faire construire une maison, qu’il envisage d’emménager avec Lou quand elle rentrera. Ils ont conscience que cet éloignement ne sera pas facile à gérer mais ils sont amoureux et savent qu’ils finiront par se retrouver.

    Dès son arrivée à NY elle fait la connaissance d’Ashok, le gardien de l’immeuble Le Lavery ou séjournent plusieurs locataires, notamment les employés de la famille Gopnick.
    Elle fera plus tard la connaissance de Mickael, l’assistant de monsieur Gopnick, puis Georges le coach sportif d’Agnès, puis madame De Witt, une locataire âgée qui n’a pas l’amabilité comme première qualité, et qui est très attachée à son petit chien Dean Martin, puis Ilaria, la gouvernante de la famille qui n’apprécie pas du tout Agnès…. La fille de monsieur Gopnick…
    Lou reste cette jeune femme forte et fragile à la fois qui après de nombreux doutes va enfin savoir ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas et va œuvrer dans ce sens.
    Elle est combative tout en ayant du coeur. Elle reste le personnage le plus attachant.
    J’ai beaucoup aimé aussi le personnage de madame de Witt, qui n’est pas vraiment la personne la plus aimable au premier abord mais Lou et les lecteurs vont apprendre à la connaître et derrière cette froide carapace se cache un être blessé par la vie. Ilaria a également un coeur derrière ses paroles parfois dures envers Agnès.

    Le style de Jojo Moyes est très agréable. Elle sait nous attendrir ou nous émouvoir et encore nous faire sourire.
    Lou reste cette jeune femme singulière, parfois un peu délurée mais toujours très gentille et proche des personnes qu’elle côtoie.
    Un bon moment de lecture légère que je vous recommande.

    Avant toi  
    Après toi 
    La liste de Noël
    Jamais deux sans toi 

     

     


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  • Titre : 《Ce qu’il faut de nuit》
    Auteur : Laurent PETITMANGIN
    Genre : roman contemporain
    Éditions : La manufacture du livre
    Année : Rentrée littéraire
    Nombre de page : 189

    Quatrième de couverture :

    C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes. Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

    Mes impressions :

    C’est donc l’histoire d’une famille dont la mère meurt des suites d’une longue maladie. Elle s’est battue pendant trois ans mais sans réel acharnement. Désormais le père doit assumer seul l’éducation de ses deux fils, aux caractères très différents. Fus aime le foot et passe ses dimanches avec son père dans les stades. Il était doué pour les études au collège mais au décès de sa maman il s’est laissé submerger par le désœuvrement et la tristesse. Aujourd'hui il a 22 ans et à la grande déception de son père, il traîne avec des gars qui militent pour le mouvement du FN. Cette réalité commence à les séparer, ils ne sont pas d’accord et la communication et les dialogues seront évités. Ils ne partagent pas les mêmes idées politiques.
    Gilou son frère est particulièrement apprécié de tous et surtout de Jérémy, ancien ami de Fus. Il décide, poussé par son ami de faire des études et de monter sur Paris pourquoi pas l’ENA ou sciences Po ?....
    Le père est fier de son fils autant qu’il est inquiet pour Fus.
    Arrivera le drame qui va faire éclater la famille et qui va surtout accentuer le dégoût et la honte d’un père pour son fils….

    Ce roman est émouvant. Simple et compliqué à la fois. L’auteur à travers les mots du père raconte des faits. Décrit les sentiments d’un père qui se sent perdu depuis que la "moman" est partie……
    On sent un père dépassé qui ne sait pas comment gérer et assumer l’éducation d’un enfant qui se perd dans des causes politiques indéfendables.
    Les phrases sont courtes, le style est épuré, assez limpide mais néanmoins acéré. L’auteur ne s’épanche pas, il narre les faits, mais sans réelle profondeur. A -t’il souhaité par effet de miroir, montrer, combien les mots peuvent manquer à un père qui ne sait pas comment communiquer avec son fils ?. Ce roman montre toute la complexité des familles monoparentales dans le deuil d’un des deux parents. Il ne s’agit pas d’un divorce mais d’un deuil. Chaque membre de la famille doit faire face avec ses armes personnelles pour surmonter le chagrin de l’absence et continuer malgré tout. Le père est fatigué, il se sent bafoué mais pourtant depuis la mort de la mère il fait tout pour ses enfants. Entre son travail à la SNCF, son implication à la section avec ses idées de gauche, la maison, le foot, il ne lui reste pas beaucoup de temps pour lui mais il n’en veut pas. Il se donne corps et âme à ses fils.
    Après le drame et l’incompréhension et la honte, l’amour paternel sera le plus fort. Il ne va cependant pas essayer de comprendre son fils, mais il va tenter de le sauver de lui-même. Il finira par accepter que son fils n’est pas parfait. Qu’il doit vivre avec les conséquences de son acte irrémédiable.
    Un livre fort aux thèmes actuels, qui nous émeut et nous déstabilise.

     


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    Titre : «  Changer l’eau des fleurs »
    Auteure Valérie PERRIN
    genre Roman
    Éditions : le livre de poche 
    Année : 2020 
    Nombre de pages : 555

    Quatrième de couverture :

    Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent ?
    Après le succès des Oubliés du dimanche, un nouvel hymne au merveilleux des choses simples.

    Mes impressions :

    Quel roman !
    À la lecture des premières pages, on ressent que Violette est une femme pleine de vie, alors qu’elle est une écorchée vive. Elle semble profiter de la vie alors qu’elle est entourée par la mort. Au fil des pages, elle se raconte et nous nous attachons à elle. Violette est une femme mystérieuse, discrète, entière, dévouée, chaleureuse et pleine de ressources.
    Enfant née sous X, elle est passée de famille d’accueil en famille d’accueil, elle rencontre Philippe Toussaint et se marie avec lui alors qu’elle n’a que 18 ans. Elle n’est pas appréciée par ses beaux-parents, ils ne la jugent pas digne de leur famille, pour eux elle est une fille « d’en bas »… Philippe et Violette auront une fille, Léonine.

    Elle subit un abandon, celui de sa propre mère, puis fera un mauvais mariage avec un homme coureur, rustre, qui ne pense qu’à se balader avec sa moto et à jouer à la console, plus tard ils devront affronter la perte, le deuil et la tristesse.
    Violette et Philippe, auparavant étaient gardes ferroviaire aujourd’hui elle est gardienne de cimetière….
    Dans son antre, sa loge, passent des personnages tous aussi intéressants les uns que des autres.Il y a les trois fossoyeurs, Nono, qui a la joie de vivre dans le sang, tout l’amuse sauf la mort des enfants, Gaston, maladroit qui semble toujours ailleurs, Elvis qui ne sait ni lire ni écrire mais cela ne l’empêche pas de chanter des chansons d’Elvis à longueur de journée, et puis il y a les trois frères Lucchini, officiers des pompes funèbres. Pierre l’aîné reçoit les familles endeuillées, Paul est le thanatopracteur, Jacques est le chauffeur des fourgons funéraires, puis il y a Cédric le curé, un homme chaleureux qui regrette de ne pas avoir d’enfant puisqu’il est marié à Dieu. Ensuite, il y a Irène qui tient un journal et qui souhaite comme dernières volontés que ses cendres soient déposées sur le tombeau d’un certain Gabriel Prudent. Son fils Julien, qui est commissaire, débarque un jour dans la loge de Violette pour comprendre pourquoi sa mère veut être auprès d’un homme qui n’est pas son mari. Nous ferons bien plus tard la connaissance de Nathan le fils de Julien.
    Sahsa, le précédent gardien du cimetière est un être solitaire mais non moins empathique. Sa femme et ses enfants sont décédés dans un accident de la route. Il s’attache à Violette, il se livre avec pudeur à cette femme qu’il trouve forte et fragile à la fois. Il lui confiera son cimetière et son jardin quand il décide de prendre sa retraite.

    Ce récit intimiste, malgré la violence affective, verbale, physique, est écrit avec beaucoup de sensibilité. Violette qui a connu de nombreuses souffrances va pourtant faire le bonheur des gens qui l’entourent. Valérie Perrin nous rend la vie douce au travers de celle difficile de Violette.
    Violette est toutes les femmes en une seule, douce, résiliente, courageuse, aimante, et qui sera surtout aimée, dans la seconde partie de sa vie par des gens qui sauront la comprendre.
    Violette écoute les familles venues se recueillir, elle consigne dans un cahier certaines des oraisons funèbres, elle veille sur les visiteurs les parents et famille des défunts, parle avec eux, les soulage de leur peine.
    L’auteure nous parle de la vie de chacun des personnages, elle nous raconte leurs secrets, leurs blessures, leurs forces, leurs faiblesses.
    Tout le petit monde très proche de Violette ainsi que les personnages secondaires, nous font vivre une histoire prenante, bouleversante, jusqu’au dénouement auquel on ne s’attend pas vraiment. Je suis restée, captivée et passionnée par Violette et son histoire de vie. Par son côté à la fois enfant et mature, par la poésie qu’elle met dans chacun de ses gestes et de ses mots.
    Malgré les difficultés, elle tombe et se relève à chaque fois. Elle ne s’apitoie pas, elle se tourne vers la vie, l’espoir,
    J’ai souvent eu les larmes aux yeux parce que l’auteure sait écrire, elle sait transmettre les émotions justes. Sans pathos mais avec sincérité.
    Ce livre fait du bien parce qu’il s’accroche aux choses de la vie, il n’est pas toujours une lecture facile car nous vibrons de douleur avec Violette, Philippe et les autres….
    Il parle d’enfants morts, d’hommes et de femmes qui ne se sont pas rencontrés au bon moment, de procès, de perte, mais il parle aussi de vacances, de ciel bleu, de Marseille, de la mer, de cabanon, de jardins, de potager, d’entraide, de respect.
    Il décrit aussi les choses de façons simples. L’auteure touche ses lecteurs au plus profond de leur âme, de leur tripe. Elle parle de l’invisible, de la mort, des personnes blessées par des évènements douloureux, mais à travers eux, elle célèbre la vie, les rencontres, le relations, la nature, les animaux plus particulièrement les chats et les chiens qui peuplent le cimetière mais aussi les objets qui ont une mémoire, ceux que l’on nous offre et qui font les souvenirs. Nous ne sommes que de passage sur cette terre. Nous continuons d’exister (ou pas) grâce (à cause) aux souvenirs de gens qui nous entouraient.
    Violette est une belle personne avec un cœur immense, rempli d’humanité, de bienveillance, elle ne juge pas, mais elle encaisse en étant discrète, presque effacée. 

    Ce livre va rejoindre ceux de ma bibliothèque que je garde précieusement pour le relire quand j'en aurai besoin.
    À chaque début de chapitre, une maxime que nous pouvons méditer, nous interroge, nous fait réfléchir. De plus, de nombreuses références littéraires, musicales enrichissent ce roman.
    Le récit est écrit dans un style bien particulier. L’écriture est alerte, émouvante, prenante, nous nous accrochons aux mots, aux descriptions…. À la vie.
    Les années s’entremêlent, l’auteur passe d’une époque à une autre , d’un évènement à un autre, d’une histoire de vie à une autre. Chronologiquement il faut parfois faire un effort de mémoire.
    C’est un roman complet, remplis d’émotions, de tendresse. Ils nous parlent des choses de la vie ; ces choses qui font échos au plus profond de chacun d’entre nous.
    Cette histoire est tout, sauf commune, c’est pour toutes ces raisons que je vous conseille de lire ce merveilleux roman. Vous ne l’oublierez pas !

     


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    Titre : « Le souffleur de nuages »
    Auteur : Nadine MONFILS
    Genre : roman
    Éditions : Fleuve éditions
    Année : 2020 (rentrée littéraire)
    Nombre de pages : 180 pages

    Quatrième de couverture :

    Franck, chauffeur de taxi, est triste ; son chat est mort, sa vie est monotone et il se retrouve seul. Un jour, il reçoit l'appel d’Hélène, une vieille dame fantasque, qui l'attend avec sa valise devant sa maison, dont elle laisse la porte grande ouverte, " comme ça, tout le monde pourra entrer et se servir..." Elle n'a pas l'intention de revenir mais souhaite retrouver enfin le grand amour de sa vie.
    Franck et Hélène vont alors se lancer dans une aventure pleine de surprises et devenir l'un pour l'autre des souffleurs de nuages. Car il n'y a pas d'âge pour poursuivre ses rêves et
    les rencontres inattendues peuvent parfois ensoleiller notre existence...

    Mes impressions :

    Franck est un personnage à la vie simple, ce qui le rend attachant. Il aime dire à ses clients un petit mot d’espoir quand ils lui confient leurs histoires, leur tristesse, leurs peines. Cela leur redonne le sourire, Franck estime alors qu’il a gagné sa journée.
    Un jour, il est appelé pour une course, par une vieille dame qui habite à Enghien-les-Bains et qui souhaite aller à Senlis, une ville qui se trouve à deux heures de la sienne.
    Quand il arrive devant chez elle, il remarque qu’elle part en laissant grande ouverte sa porte. Un peu étonné et dubitatif, il lui en demande les raisons, elle lui explique qu’ainsi, les voleurs pensant que la maison est occupée, ne viendront pas la dévaliser….. mais au fil des kilomètres, elle lui avoue que son voyage est un aller simple, et qu’il n’y aura donc pas de retour et que par voie de conséquence les gens peuvent se servir dans sa maison et prendre ce qui les intéresse.
    Dès le début donc il trouve cette dame fantasque et singulière. Excentrique dans sa façon de parler, de voir les choses de la vie, elle a des valeurs. Cette vieille dame est philosophe et le plaisir de cette lecture tient en partie en cela, elle nous concocte des vérités, des pensées qui nous font réfléchir sur la vie et le destin.
    Au fil des heures, tous les deux apprennent à se connaître réciproquement, ils se racontent des instants de vie, ils s’apprécient de plus en plus. Franck s’interdit de tomber de nouveau amoureux après avoir été quitté par son compagnon alors qu’Hélène tente de retrouver son amour de jeunesse à la mort de son mari.
    Chacun des deux apporte à l’autre du réconfort et de l’amitié. On devine que leur rencontre leur permettra de prendre un nouveau départ dans leur vie réciproque.

    Grâce à Hélène, nous partons en voyage métaphorique, au pays de la poésie. L’auteure au travers des mots de son héroïne, insère des références littéraires, des conseils, des citations, et ce pour le plus grand plaisir des lecteurs. Elle énonce des vérités, des évidences. Surtout pas de faux-semblants sur les relations, l’amour, les séparations, la vie, le temps qui passe, les blessures qui laissent des traces.
    Ce roman n’est pas triste, au contraire il amène de la gaieté et du soleil grâce à cette vieille dame dynamique.
    Le style de l’écriture est empreint de poésie agrémenté d’un soupçon d’humour.
    Les conseils d’Hélène sont inspirants, ils nous donnent envie de croire en des jours meilleurs. Ils sont à eux-mêmes des leçons de vie.
    Ces deux personnes sont émouvants, sincères et criants de vérité.
    Les réflexions, les arguments d’Hélène vont permettre à Franc d’envisager une autre issue à son histoire de vie que celle de la solitude.
    Le scénario de ce roman est simple mais la profondeur des mots et les intentions d’Hélène en font un texte fort.

    Poésie, humour, tendresse, bons sentiments et émotions sont les termes qui collent le mieux à la description de ce court roman, composés de chapitres qui le sont tout autant.

    Voici quelques lignes tirées de ce roman :

    « On ne peut pas être vraiment heureux quand on est seul. Le plus dur n’est pas de partager nos chagrins, mais de ne plus pouvoir partager nos moments de bonheur ».

    « Une vie de pacha pourrit les gens et les coupe du monde. L’argent ronge les cœurs » 

    « La vraie mort n’est pas celle du corps ».

    « Aimer l’autre, c’est l’aimer tel qu’il est et l’aider dans ses errances »

    « Que vaut une vie sans risque ? …/… mais la peur d’avoir mal était plus forte »

    « Les moments avec toi sont des moments de trêves entre deux guerres de lassitude »

    Je ne vais pas en dire davantage pour ne pas spoiler le roman alors je vous laisse la surprise de les découvrir par vous-mêmes….
    Un roman à lire pour se souvenir que la vie est faite aussi de joies et que le hasard des belles rencontres n’existe pas.


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