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    Titre « L’or du bout du monde »
    Auteure : Merice BRIFFA
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2011
    Nombre de pages : 524

    Résumé :

    Lorsque Selena arrive en Australie avec son père en 1853, la ruée vers l’or bat son plein sur le vaste continent aux mille promesses.

    Habillée en garçon, l’adolescente manie la poêle d’orpailleur aussi bien que les vieux chercheurs d’or, ce qui ne l’empêche pas, le soir, dans sa tente rudimentaire, de rêver à Will, le jeune immigré venu comme elle de Cornouailles tenter sa chance dans ce nouveau monde. Malheureusement, le cœur du jeune homme bat pour Jenny, une fille de bonne famille qu’il veut épouser. Avec courage, Selena surmonte sa déception et se lie d’amitié avec sa rivale. Mais elle est dotée d’un don de prémonition, et sait que Will lui est promis…

    Grâce à la vivacité des dialogues et à l’évocation très réaliste de la vie quotidienne des champs aurifères, Merice Briffa nous transporte au cœur de l’Australie du XIXe siècle, où l’on afflue du monde entier dans l’espoir de faire fortune.
    Avec cette grande saga romanesque qui met en scène certains personnages de La Terre des promesses, l’auteur s’inscrit dans l’héritage de Colleen McCullough

    Mes impressions :

    Ce roman est la suite de « La terre des promesses » et nous y retrouvons tous les personnages…. d’autres viennent s’y ajouter dans cette saga qui m’a plu !
    Je la trouve intéressante car elle met en avant de nombreux thèmes qui me touchent comme le racisme, la condition des noirs en 1850, mais aussi la famille, l’amitié, le travail et les lois qui régissent une contrée.
    Cette saga se passe en grande majorité en Australie, et même si les problèmes sociaux sont peu exploités, (ils le sont surtout à la fin), cela reste une belle histoire car l’auteure a, à mon humble avis, voulu s’attarder sur les sentiments et les émotions de personnages mais également, sur leurs caractères et personnalités bien diversifiés comprenant leurs côtés sombres et leurs bons côtés. Les personnages sont confrontés à leurs sentiments contradictoires, à des mésaventures et même des drames.
    Elle m’a plu aussi parce que les personnages sont variés. Certes, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver car il faut savoir qu’il y a de nombreux personnages qui sont demi-sœurs et demi-frères, les famille Collins, Roberts , Trevannick , Tremayne sont largement représentées, peut-être trop puisque parfois je m’y perdais !
    Cet opus n’est plus centré sur Meggan mais sur les autres personnages et je les ai trouvés riches, même si de nos jours les caractères des gens sont plus expressifs sur leurs sentiments, ici nous avons de la retenue, des non-dits, des secrets de famille et c’est ce qui fait de cette saga un livre émouvant et prenant.
    Le style est toujours aussi agréable ce qui permet une lecture fluide. La syntaxe est parfaite et les mots choisis, nous plonge dans la réalité des situations.
    Je recommande ces romans aux lecteurs qui aiment suivre la vie de famille dans toute sa complexité !

     


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  • Titre : « Les saveurs de la vie »
    Auteure : Maeve BINCHY
    Genre : roman
    Editions : Pocket
    Année : 2015
    Nombre de pages : 894

    Résumé :

    Depuis leurs études à l'école hôtelière de Dublin, Cathy Scarlet et Tom Feather partagent le même rêve : devenir les meilleurs traiteurs de la ville. Pleins d'enthousiasme et de talent, ils ont trouvé le local et l'emplacement idéaux, mais les deux amis ne sont pas au bout de leur peine. Leur entourage semble s'être ligué pour les détourner de leur entreprise. Ainsi Neil, le mari de Cathy, écologiste engagé, s'est mis en tête d'impliquer sa femme dans ses combats. Quant à Hannah, la mère de Neil, elle n'a toujours pas digéré le mariage de son fils avec la fille de sa femme de ménage. Et Tom n'est pas mieux loti avec ses parents toujours persuadés qu'il va reprendre l'entreprise de maçonnerie familiale...

    Mes impressions :

    J’ai beaucoup aimé ce roman, il est à l’image de tous les romans de Maeva Binchy. Des histoires singulières mais qui nous parlent, car nous pouvons souvent nous identifier à certains des personnages.
    Ici il y a le côté humain, familial, amical et amoureux qui prend tout son sens.
    Les personnages sont riches et vrais, les situations sont nombreuses et souvent délicates. L’auteure nous parle de la vie, des joies, des peines, des difficultés, d’espoir.

    Muttie le père de Cathy est un homme qui joue aux courses, ce qui ne plait pas du tout aux beaux parents de Cathy. Lizzie la mère de Cathy, est une femme de ménage qui a jadis travaillé pour Hannah Mitchell, femme bourgeoise, dont le fils Neil est tombé amoureux de Cathy. Hannah voit cette union d’un très mauvais œil car les deux familles ne partagent pas les mêmes valeurs et leur rang social est différent. Ils viennent d’un monde guindé. Ils sont riches et connus alors que la famille de Cathy appartient à la société moyenne. Jock le mari d’Hannah est moins regardant et ne se soucie pas trop de ce décalage, d’ailleurs dans le roman il est discret et l’auteure y accorde peu de place.

    Cathy est associée à Tom. Après leur formation en école Hôtelière, ils aimeraient ouvrir un restaurant à eux, et finalement ils créeront une entreprise de traiteur. Il y aura d’ailleurs, beaucoup de tension entre les Mitchell et les Scarlet.
    Marcella la petite amie de Tom , travaille dans un institut de beauté, son rêve et de devenir  mannequin et ne pense qu’à sa carrière, malgré leur fort amour respectif, ils vont finir par se détacher…le fossé se creuse entre eux.

    Nous faisons la connaissance également du fils ainé de Jock, Kenneth et de Walter neveu de Jock, fils ainé de Kenneth son frère… Ce dernier est une homme opportuniste, intéressé et qui va créer bien des soucis à la famille Scarlet. Ainsi que de Maud et Simon, 9 ans, les enfants de Kenneth et sa femme Kay qui a un souci avec l’alcool et qui de nature dépressive. Les jumeaux vont apporter un peu de vie dans celle de Cathy même si Neil n’est pas très enthousiaste à l’idée de s’occuper d’eux lorsque le juge les confiera à Lizzie et Muttie, le temps que leurs parents retrouvent un équilibre …..
    Ces deux enfants ont une place importante dans le roman et apportent un peu d’innocence.

    Shona Burke est cadre chez Haywards, nous allons au fil des pages, comprendre le lien qu’elle a entre James Burke le comptable qui est à l’origine de la vente des locaux qui vont servir à l’entreprise de Cathy et Tom et qui deviendra par la même occasion leur comptable.

    Les parents de Tom, JT et Maura Feather sont très proches de leurs enfants. JT aurait aimé que leurs fils Tom et Joe prennent le relais de son entreprise de maçonnerie mais ils prendront une autre direction professionnelle.

    Et puis Géraldine la tante de Cathy est une personnage haut en couleur qui est également une femme opportuniste, qui aime l’argent et qui se fait entretenir mais elle m’a émue car derrière son attitude se cachent de profondes blessures émotionnelles et sentimentales.

    Et puis il y en a bien d’autres….Sarah, June, Conrad…..

    Tout ce petit monde se croise et se recroise , et nous construise une belle histoire faite de rencontres, d’espoirs, de déceptions, de séparations, de retrouvailles. Tout ce qui fait la vie et ses saveurs.

    Il y a des personnages secondaires qui ont également leur rôle à jouer dans le déroulement de cette histoire.

    Chaque chapitre raconte un mois de vie de ces personnages sur une année.
    L’auteur ainsi traite de sujets que nous connaissons tous, la routine dans le couple, l’éloignement affectif, la carrière qui est plus importante que le reste, les relations instables, ou plus profondes qui s’étiolent, les relations familiales compliquées, des personnalités qui se jalousent, les non-dits etc etc.

    Ceux qui me connaissent savent que j’apprécie ce genre de bouquins dans lesquels les relations humaines et intrafamiliales ont une place de choix et occupent la majeure partie du livre.

    Tous les livres de Maeve Binchy s’apparentent à celui-ci. Elle y fait régner une ambiance que nous connaisssons tous, qui nous rappelle notre propre vie ; qui y fait écho car nous traversons tous des périodes qui se ressemblent. Des périodes qui ne sont en fait que les aléas de la vie.

    Les lecteurs et lectrices qui apprécient des histoires vraies et authentiques seront sans doute touchés par celle-ci. D’autant plus qu’elle est très bien écrite, l’écriture est fluide, le style est agréable.

    J’ai passé avec ce roman un réel moment de bonheur estival, je le recommande.

    Un livre parfait pour la plage !

     


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    Titre :  « Rémanence »
    Auteur : Nicolas TARDIEU
    Éditions : Librinova
    Genre : Roman
    Année : 2020
    Nombre de pages : 173

    Résumé :

    Suite à des études théâtrales aussi enrichissantes que peu prometteuses, Paul prend la décision de se réorienter en Management. Dans l'attente d'un retour quant à sa candidature et soucieux de s'occuper l'esprit, il s'inscrit en dernière année de Licence de Sociologie dans la première université venue . Cependant, sa rupture avec Morgane (une jeune femme rencontrée quelques jours plus tôt) va plonger Paul dans le plus complet désœuvrement.


    Rémanence est un roman d'apprentissage tout à fait classique. À la différence près qu'il s'agira pour le protagoniste d'apprendre à renoncer. "Renoncer à l'idée même de vivre, et vivre malgré tout."


    Mes impressions :


    Ce roman raconte l’histoire de Paul dans le contexte de sa naissance et jusqu’à son entrée dans la formation de Management qu’il a choisi… mais avant d’y arriver, il devra patienter 9 mois, en attendant il s'inscrit en dernière année de Licence de Sociologie. 
    Paul est donc le protagoniste de ce roman. Il a un frère, une sœur et ses parents divorcent quand il a 18 ans.  Enfants, Timothée et Victoire sont un peu plus intelligents que lui, Paul souffre de dyslexie, et il apprend donc avec plus de difficulté.
    Pendant 5 ans, il se consacre à l’étude du théâtre, il crée même trois pièces théâtrales mais il va finir par abandonner cette activité. Il décide de reprendre ses études et souhaite faire un master en management pour ne pas rester désœuvré, il s’inscrit en sociologie.  Ce roman est le récit de sa réorientation. 

    L’originalité de ce récit est dans la narration. Le lecteur prend la place de Paul. Il est Paul.
    Je n’ai pas aimé ce roman dans lequel il y a trop de descriptions ( surtout quand il fait l’étalage de ses activités intimes en solitaire). La structure de ce roman semble calculée elle ne s’apparente pas à un roman mais plutôt à des faits relatés avec méthode. Construit en quelque sorte comme un cours magistral.
    Je trouve également que l’auteur parle trop de l’intimité de Paul, de ses activités de plaisir en solitaire.

    L’auteur au travers de ces 9 mois de cours de sociologie fait des rencontres, professeurs, amis. De ces rencontres émergent des sujets d'interrogation parfois  très intéressants. Il évoque " le nombre de sexes". Il fait une approche de la réalité sur l’existence du nombre de sexe à la naissance d’un enfant. Il évoque la classification occidentale des gens ….

    Sa professeure construit son cours sur les différents sexes existants, les nuances, les dérives de l'hétérosexualité etc...elle revendique , déconstruit, et considère les hommes et les femmes comme autant de fictions.
    D'autres sujets sont traités pendant les cours, comme la situation et le sort  des migrants. Il parle aussi des attentats, du terrorisme…de l’euthanasie des chiens, de la gestation pour autrui, des erreurs de commances des sites marchands lors d’achat via internet, des addictions comme la drogue, l’alcool, la pornographie, et les suicides dont il se moque presque….On remarque donc des décalages au niveau du sérieux des thèmes abordés. L’auteur traite de différents faits de société, souvent sans rapport les uns des autres.
    Pour étayer ses propos, l'auteur se sert de personnages singuliers avec des personnalités très différentes.
    Il mêle des faits sans grande importance avec des faits plus sérieux.
    Ce qui est intéressant c’est que les thèmes sociologiques abordés sont diversifiés. Il donne des ébauches d’explications au problème exposé, il fait référence à des études, des statistiques.
    Quand il reçoit une réponse positive pour son master, on voit bien que Paul n’a pas beaucoup évolué. D’où le titre  Rémanence, le phénomène persiste même après la disparition de sa cause.

    Ce roman aurait pu être intéressant si Paul n’avait pas été aussi inconsistant, désoeuvré. De plus ces nombreuses allusions libidineuses m’ont été insupportables. 

     


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    Titre : « Avant de tout oublier »
    Auteur : Lucien RIGOLINI
    Éditions : Librinova
    Genre : Roman
    Année : 2021
    Nombre de pages : 200

    Résumé :

    J'ai quatre-vingts ans. Je suis vieux. Trop vieux. Je suis convaincu que tout le monde aura oublié mon nom et mon prénom quand je serai décédé. Sauf peut-être quelques membres de ma famille. Et encore. Je crois que les morts n'intéressent personne.

    Avant de tout oublier, je pars au volant d'une voiture de location. Vers où ? Vers quoi ? Je le garde pour moi. Pour ne rien négliger, j'ai programmé le trajet sur Waze, et à la moindre occasion je recharge mon smartphone. Il est devenu ma bouée de sauvetage. Une bouée à laquelle je m'agrippe.

    Chaque soir, j'ai ma petite-fille au téléphone. Elle se prénomme Émilie. Elle était inquiète d'avoir trouvé la maison vide après être passée chez moi. Depuis, elle me rappelle tous les jours en fin de journée.

    Durant ce périple qui me conduit Dieu sait où, des épisodes de ma vie défilent comme autant de réminiscences du passé. Submergé sous le flot de mes émotions, aurai-je la force d'aller jusqu'au bout de ma quête ?

    Mes impressions :

    L’homme se présente à ses lecteurs, il est le narrateur. Il a 80 ans, il sait que sa mort est inéluctable. C’est un événement que chaque humain connaîtra tôt ou tard. C’est une certitude.
    À bord de la Mercédès hybride classe A qu’il a louée, il s’autorise un road trip. Son fils lui a pourtant interdit de conduire. Il sait qu’il radote, qu’il oublie certaines choses mais rien de grave selon lui.
    Il a fêté ses 80 ans depuis peu. Était présents, Bastien, son petit-fils de 29 ans, et sa fille Léa.
    Émilie, sa petite-fille de 26 ans, célibataire. Elle est la plus proche de lui.
    Paul, son fils de 53 ans, et sa femme de 52 ans.
    Aujourd’hui il est sous traitement pour Alzheimer, il a quelques pertes de mémoire. De temps en temps il “voit” Laure, son épouse aujourd’hui décédée. Elle lui manque.
    Sans rien dire, il décide donc de partir vers ses souvenirs, de revenir sur les traces de son passé.
    Il se dirige en premier vers Toulouse, ville où il est né.
    Son premier souvenir date de quand il avait 4 ans, il retourne voir la maison de son enfance et donc se remémore ses parents. Enfants d’immigrés Italiens. Il fait allusion aux difficultés que ses parents ont rencontrées pour l’inscrire dans un lycée réputé, à cause de ses origines. Discrimination et sentiment de rejet. C’est alors qu’il réalise combien ses parents ont tout donné pour qu’il réussisse dans la vie. Il évoque alors un professeur de prof de Latin qui lui a donné le goût des études.
    Puis son entrée à la faculté des sciences économiques… et à chaque fois il raconte ses souvenirs, il se rappelle des moments clés de son existence. Il les partage avec Émilie, sa petite fille, la seule qu’il a mise au courant de son périple.  Chaque soir elle l’appelle et il lui raconte les souvenirs que les villes qu’il traverse ( Toulouse, Montpellier, Rome) lui rappellent. Elle lui promet de se taire à la seule condition que chaque soir elle puisse le contacter.
    Chaque jour il nous livre un peu de lui, de sa vie. Il évoque ses 15 ans, quand il était en classe de seconde; quand il choisit de faire des études de sciences économiques, puis son entrée au lycée Ozenne, sa rencontre avec Pierre qui est devenu son meilleur ami. Sa passion pour l’algèbre, la géométrie et le Français.
    Ses premiers émois avec Viviane, ses premières désillusions.
    Sa rencontre avec Michèle dans un train alors qu’il va à Rome, il n’a que 19 ans et se sent invincible.
    Sa rencontre avec Hervé au 15eme régiment d’infanterie Alpine, ses débuts dans l’armée, sa carrière militaire, son expérience de soldat.
    À chaque étape, un souvenir qu’il raconte à sa petite fille. Il est très attaché à son téléphone, il est sa mémoire et surtout l’application Waze le rassure.
    Il ira à Nice. La ville de sa rencontre avec Laure… des tas de souvenirs lui reviennent en mémoire.
    La prochaine étape est celle de l’Italie, là il nous raconte ses grands-parents, son oncle Francesco, la guerre… Il nous fait part de ses convictions politiques. Il fait un retour sur sa famille. Un véritable travail de mémoire. Une façon de s’affranchir du temps qui passe…. et puis il se rend en Suisse dans un but bien précis. 

    J’ai aimé cette histoire, douce et douloureuse à la fois. Cet homme est le reflet de ce que subissent ou subiront bon nombre d’entre nous.
    Dans ce roman, il parle des relations familiales, de la parentalité et plus particulièrement de sa relation avec son fils, de l’amour, de l’amitié.
    Il fait allusion aux rendez-vous manqués de la vie.
    Je le sens fragile, vulnérable mais déterminé et courageux.
    Le roman est bien construit. Un chapitre pour décrire un jour passé. Il alterne et mêle le présent au passé, sans transition. Cela peut être déstabilisant mais cela ne dérange pas plus que cela la lecture.
    L’écriture est sobre, sûre, ferme. Le style est fluide, agréable. Le lecteur comprend tous les enjeux de ce voyage. Mais pourquoi l’a-t-il entrepris ?
    Vous le saurez dans les dernières pages de ce roman émouvant. 

     


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  • Titre : « Plus immortelle que moi »
    Auteure : Sophie HENRIONNET
    Éditions : Les éditions du Rocher
    Genre : roman
    Année : 2021
    Nombre de pages : 204

    Résumé :

    Comment Mathilde, la petite quarantaine ordinaire, s'est-elle retrouvée enfermée dans un « institut de repos » ?

    À quel moment la vie de cette pharmacienne mariée et mère d'un adorable adolescent a-t-elle basculé ?

    Sur les conseils de sa psychiatre, Mathilde tient un journal. Peu à peu, la parole se libère. Elle livre ses états d'âme et souvenirs d'enfance la cruauté dont elle a fait preuve à l'encontre de son frère Charly , son quotidien chez les fous avec une infirmière détestable qu'elle a surnommée Moustache, mais aussi sa rencontre marquante avec une certaine Daphné... L'héroïne parviendra-t-elle à rassembler toutes les pièces de ce puzzle, chasser ses démons et affronter la vérité ?

    Un roman mené tambour battant, tel un jeu de dupes addictif, au dénouement inattendu.

    Mes impressions :


    Je remercie infiniment les éditions du Rocher pour l’envoi de ce roman. 

    Mathilde est internée depuis quelques mois dans un établissement spécialisé. Elle s’adresse par écrit à Dorine sa thérapeute.
    Sur les conseils de cette dernière, Mathilde espère « utiliser l’écrit pour ordonner le foutoir insensé qu’est devenue ma vie ». Alors depuis 4 mois Mathilde, s’adresse à Dorine à sa thérapeute. Elle couche sur papier ses difficultés à être au monde.
    Avec ses mots elle fait allusion à ses désillusions, aux relations, à sa famille…. Elle cherche le déclencheur, le domino initiateur de cette cascade vers l’abîme.
    Les chapitres se partagent le récit d’avant son entrée et celui du quotidien à la clinique.
    Elle fait un retour sur son enfance, sur les relations avec ses parents et surtout avec celles de son frère Charly, d’un an son cadet, mais aussi sur sa vie de famille, avec Simon son mari, Ruben son fils de 14 ans plutôt calme, attentionné, de même que sur sa vie professionnelle en tant que pharmacienne.
    Elle parle de Daphné une jeune femme qu’elle a rencontrée avant son hospitalisation dans des circonstances douteuses. Daphné tient une grande place dans le récit.
    Elle évoque ses activités de lecture « publique » au sein de la clinique, de sa voisine de chambre Véronique et d’Armand, jeune homme perturbé.
    Pendant les trois premiers quart du livre le lecteur s’interroge sur l’élément principal qui a amené Mathilde en maison de repos.
    A t-elle été victime d’un burn-out ?. La parfaite pharmacienne, a-t-elle fini par craquer ? Trop de stress, trop d’exigence ? Est-ce que sa rencontre avec un client avec lequel elle a échangé un regard intense est le facteur déclenchant ?
    Le lecteur suppose, imagine, au fur et à mesure que Mathilde nous dévoile sa vie. Avec son mari, ils avait choisi de faire un break, pour cela elle était partie se reposer dans l’appartement de sa tante où elle y rencontre Daphné. Elle se lie d’une amitié avec cette femme un peu spéciale et elles décident même de faire un road-trip histoire de décompresser et de voir du pays.
    Le lecteur cherche des réponses à l’état psychologique de Mathilde à mesure que cette dernière explique et se confie sur son périple avec Daphné, cette jeune femme qui la fascine.
    Au fil des pages elle dresse un tableau des souvenirs marquants de sa vie.

    Dans les dernières pages le récit devient profond. Il distille des informations qui nous font prendre conscience que Mathilde avait toutes les raisons de perdre pied. Nous comprenons alors ce qui la bouleverse tant : deux évènements dramatiques récents successifs qui sont la cause de sa faiblesse psychologique.
    On ne s’attend pas du tout à ses deux rebondissements qui créent l’étonnement, l’inconfort et la peine des lecteurs.
    L’auteure a su ménager le suspense jusqu’au bout ; avant la chute littéraire, vertigineuse, touchante…..

    Je me suis souvent retrouvée dans quelques--uns des sentiments qu’éprouve Mathilde, vis-à -vis de sa propre vie, de ses proches, de ses questions existentielles, de ce qu’elle ressent de sa place dans la vie.
    Le lecteur qui s’intéresse un peu à la psychologie conserve tout au long de sa lecture l’esprit alerte il est à l’affût d’une phrase, d’un mot qui va jouer le rôle de l’évidence.

    Au début du roman on sent de la confusion dans le style ce qui colle parfaitement à l’esprit perturbé de Mathilde, femme émouvante. Elle écrit comme elle vit. Tout va trop vite dans sa vie, dans son esprit. Peu à peu, les pièces du puzzle de sa vie se mettent en place et nous ne pouvons que compatir.
    Malgré la situation elle y met de l’humour, de la dérision, utilisant parfois un humour incisif.
    Pour exprimer ce qu’elle ressent, elle utilise des métaphores pour bien imager ses états d’âmes. Parfois elle écrit dans un langage poétique.
    Un excellent roman qui montre que personne n’est à l’abri de la perte de contrôle, d’un sentiment de vide, face à l’arrivée d’évènements sans précédents qui peuvent faire perdre le sens des réalité.

    Un roman poignant que je recommande et qui nous rend humble.


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  • Titre : « Une vie à t’attendre »
    Auteur : Julien AIME
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 233

    Résumé :

    Ils ont aimé, ils aiment encore… Retrouveront-ils le chemin du bonheur ? 

    La résidence des Acacias est dans tous ses états : Antoine, l’aide-soignant romantique, est inconsolable depuis qu’Aurélie l’a quitté. Georges, le professeur farfelu, a un coup de foudre à quatre-vingt-onze ans. Et Éléonore, la mystérieuse comédienne, est sur le point de révéler un secret qui bouleversera leur existence. 

    De Paris à Montréal, via le festival de Cannes, « Ma vie à t’attendre » vous emportera dans un tourbillon d’émotions, des années 60 à nos jours. Êtes-vous prêts pour le voyage ?.

    Mes impressions :

    Éléonore 88 ans, une ancienne comédienne élégante, est une femme seule sans famille, elle intègre la résidence des Acacias pour personnes âgées. Elle y arrive avec comme seul bagage, une petite valise à laquelle elle semble beaucoup tenir.
    Nous comprenons plus tard que dans cette valise se cachent des lettres d’amour.
    Sa meilleure amie et sa sœur sont à ce jour décédées ; se retrouvant isolée, elle préfère regagner une maison de retraite, c’est comme cela qu’elle va emménager aux Acacias.
    Elle va y rencontrer Antoine 31 ans, l’aide-soignant bienveillant, qui est d’une grande gentillesse. Il y a huit mois, Aurélie l’a quitté pour un autre. Il en souffre encore beaucoup et espère secrètement son retour. Il a beaucoup de mal à tourner la page. « Son absence est une présence, une plaie béante qui hurle de douleur ».
    Leila, une collègue d’Antoine est également une aide-soignante. Cette jeune femme charmante est secrètement amoureuse d’Antoine. Ce dernier est d’ailleurs le seul à ne pas s’en apercevoir.
    Sam est un des plus anciens aides-soignants, il fume et boit beaucoup trop.
    Franck est urgentiste et c’est le meilleur ami d’Antoine.
    La directrice Catherine est une femme sèche et autoritaire mais il s’avère que derrière sa carapace se cache une femme au grand cœur.
    Les résidents ont tous des caractères variés et une histoire personnelle bien différente et parfois douloureuse. Georges, un ancien professeur de Mathématiques est passionné de voyages et d’Asie.
    Maria auparavant coiffeuse, aujourd’hui elle aide Jennifer, la coiffeuse attitrée à s’occuper des résidents.
    Roland un ancien boulanger , est très assidu au cours de théâtre que donnera plus tard Éléonore.
    André n’a ni visite, ni famille, dans le passé il était ouvrier chez Renault.
    Éléonore n’a jamais été mariée et n’a pas d’enfants mais son regard indique qu’elle porte en elle une blessure, jamais cicatrisée.
    Elle a côtoyé de par sa carrière de comédienne des grands acteurs comme Jean-Claude Brialy, Paul Newman, François Truffaut, Jeanne Moreau. …..
    Dès son arrivée, elle trouve que les activités de cette maison de retraite ne sont pas assez variées alors elle réalise avec l’accord de la direction, un atelier théâtre pour les résidents. Tous les mercredis avec l’ancienne comédienne, ils lisent, et jouent des grands textes français mais comme la maladie d’Alzheimer est souvent présente chez les pensionnaires, Éléonore adapte les textes. Son objectif est de créer une petite pièce de théâtre sur la base du volontariat. Beaucoup d’entre eux jouent le jeu et s’y investissent car il apprécient ces moments d’échanges et de partage.

    Dans ce roman sensible et émouvant nous comprenons que pour les personnes au crépuscule de leur vie, l’amour est le plus important.
    Entre Antoine et Éléonore se noue une amitié réelle, vraie et sincère. Chacun des deux est touché par l’histoire et le vécu de l’autre.
    Antoine va même tenter de trouver des réponses aux questions que se pose Éléonore sur un ancien amoureux. Un amoureux à qui elle a donné sa vie…. Mais qui était vraiment cet homme ? A-t-il été sincère avec elle ? D’où venait-il ? Lui a-t-il toujours dit toute la vérité sur ses agissements ?
    Elle l’a pourtant attendu pendant plus de 50 ans. Au fil du temps qui passe et des découvertes, elle s’aperçoit presque amèrement qu’elle est passé à côté de sa vie. Elle a fondé cette dernière sur un doute, un espoir, une attente vaine.
    Ce roman est un coup de cœur car il met en scène des personnages attachants, authentiques, entiers. C’est un roman qui procure des émotions intenses. Les thématiques sont variées : l’amour, la maladie, la vieillesse, la fin de vie, la famille, le cinéma et, plus surprenant l’histoire du Québec et du mouvement pour la libération de cette province. Tous ces sujets rendent le roman prenant. Sans compter qu’Antoine et Éléonore sont émouvants ; leur rapprochement, leur empathie, leur sincérité et leur sensibilité sont la clé de ce roman.
    Éléonore en arrivant dans cette maison de retraite y apporte de la couleur et de l’oxygène.
    Ce livre nous donne de bien belles leçons de vie. Il nous apprend à différencier l’essentiel de l’indispensable et de ne pas les confondre. Il nous aident à identifier l’importance et les enjeux des mots et des actes dans les relations.

    L’ écriture est poétique. La plume sensible et chaleureuse nous embarque et nous fait évoluer dans cette aventure que nous n’avons pas envie de lâcher jusqu’à la dernière page.
    Nous vivons pendant quelque temps auprès de ces personnes âgées qui savent qu’ils sont là en attendant de finir leur vie. Ce qui peut être difficile d’admettre. Mais la présence de certains de ces personnages fait la différence entre un séjour triste et lugubre d’avec un séjour enrichissant et inspirant et pose un regard plus positif sur ce genre d’établissements.
    Le petit plus de ce roman sont les références littéraires qui apparaissent régulièrement : les extraits de pièces de théâtre classique, de poèmes ainsi que des lettres écrites par Éléonore à cette personne qui a occupé une grande place dans son cœur. Cela donne une certaine teneur livresque et romanesque au roman.
    De plus, je trouve que la simplicité et la sobriété de la couverture la rendent très belle.

    Quelques phrases issues de ce roman :

    « Lire c’est rêver les yeux ouverts »
    (La lecture) « Elle fait appel à ce que vous êtes vraiment, à l’intérieur, dans votre cœur. À ce que vous pensez, à vos souvenirs, à votre vision de la vie »
    «  La lecture est un échange entre vous et les mots ».
    «  Une phrase peut résonner en vous de mille façons différentes, selon qui vous êtes, selon le moment où vous la recevez »


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  • Titre : « Une belle année»
    Auteure : Stéphanie G.
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2021
    Nombre de pages : 178

    Résumé :

    Claude est un époux aimant et un père attentionné. Mais il est arraché à la vie par un chauffard. Commence alors pour sa veuve Chloé, et leurs jumeaux, Basile et Théo, le long processus du deuil. Et pour elle, cela passe d’abord par parler à son défunt mari, tous les jours. Lui raconter chaque étape de leur nouvelle existence sans lui. Jusqu’à ce que la révélation d’un lourd secret vienne, à nouveau, tout faire basculer.

    Mes impressions :

    Basile et Théo sont les fils jumeaux de Claude et Chloé. Un couple qui s’adore. Ils ont une vie bien organisée depuis 15 ans.
    Puis c’est le drame, Claude meurt, dans un accident de la route.
    L’auteure décrit fort bien ses émotions face au deuil, à la perte, au vide laissé par l‘absence de l’être aimé. Elle décrit son monde désormais à jamais dévasté. Et pourtant elle doit continuer d’exister pour ses enfants. La vie devra être alors réorganisée, repensée, réajustée et pour cela Chloé sera entourée par sa belle-famille d’adoption ainsi que de Maxence sa belle-sœur, et Sara, sa meilleure amie et voisine.
    Elle ne pourra pas compter sur sa mère décédée ni sur son père qui l’a abandonnée dans une pension.
    Chaque jour, Chloé raconte à Claude son quotidien, ses enfants, leur force de caractère, leur peine.
    Mais comment accepter la mort d’un homme que l’on a tant aimé et auquel on n’avait rien à reprocher ?
    Quelques semaines après l’accident, on lui fait une proposition d’emploi. Elle œuvrait en tant que chef, et tournait des vidéos sur Youtube. Une chaîne télévisuelle lui propose alors de créer sa propre émission, et d’écrire des livres de ses recettes…. Elle envisage alors d’accepter mais elle ne se sent pas encore assez solide pour cela. Le notaire de son mari, lui remet une lettre écrite par le défunt quelques mois avant le tragique accident.
    Le contenu de ce courrier, est un choc pour Chloé. L’incompréhension totale. Trahie, voire humiliée, la colère l’emporte, celle d’une femme trompée et déçue. Elle se retrouve seule face à la tourmente. Elle se pose alors des tas de questions qui resteront sans réponse puisque seul Claude a les réponses. « Son » Claude qui pot-mortem, lui impose des personnes dans sa vie.
    Les chapitres sont partagés par des narrateurs différents. D’autres personnages entrent dans l’histoire et se confient, comme dans un journal intime. Contre toute attente, la famille va devoir s’agrandir. Chloé va devoir accepter cette nouvelle situation mais se sent elle assez forte ? Le veut-elle vraiment ? Est-elle prête ?
    Tout au long du roman, j’ai senti une femme déchirée, une femme qui pourtant est pleine de ressources. Ses enfants seront et resteront sa priorité.
    Ce roman parle d’amour mais aussi de famille, de liens familiaux, et surtout de résilience.
    En la personne de Mireille, la mamie qui vit dans l’appartement d’à côté, elle trouvera une alliée certaine au même titre que Maxence et Sara dont la présence est primordiale.
    Malgré tout, une question se pose : comment survivre après un tel drame, comment se reconstruire, comment de nouveau y croire ?
    Le temps est notre allié, mais la douleur, la tristesse doivent s’exprimer, pour qu’une nouvelle vie puisse commencer.
    L’auteure dans une belle écriture, parle à notre âme, notre conscience, elle emploie des mots justes, qui résonnent en chacun d’entre nous. Sincèrement, cette histoire même si elle est triste est pleine de rebondissement ; cela ne l’empêche pas d’être positive et j’ai accroché dès les premières lignes.
    Je salue cette mère courage, ces mères courages qui se relèvent pour affronter l’intolérable, et l’inacceptable.
    Basile et Théo sont également deux êtres qui nous émeuvent.
    Nous comprenons alors toute l’importance d’être entourés, l’importance de la famille.
    L’auteure a une plume agréable, efficace. Ce roman est un coup de cœur pour moi !


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  • Titre : « Le continent »
    Auteure : Raphaëlle RIOL
    Genre : Roman
    Éditions : La brune au rouergue
    Année : Mars 2021
    Nombre de pages : 236 

    Résumé :

    Lorsqu’Inès arrive dans l’île, elle est en plein naufrage. Sur le continent, elle a crevé les pneus de la voiture de son chef. Un passage à l’acte dont elle ne se serait jamais crue capable. Son médecin l’a mise en arrêt maladie, sortie du monde du travail. Mais elle a beau être hors du ring, loin du centre culturel dont elle s’occupait de la bibliothèque jusqu’à la restructuration brutale du lieu, il lui reste une rage de vaincue dont elle ne parvient pas à se débarrasser. Dans l’île, cependant, espace des rêves de la lointaine enfance, va se jouer une nouvelle partie. Et Inès, parfois aussi fauve qu’une panthère, comme un animal rescapé d’un grand incendie, va se découvrir capable de renaître.
    Romancière de la révolte s’il en est, Raphaëlle Riol campe dans ce brûlant et saisissant récit le portrait d’une femme qui, lectrice de Nietzsche, sait qu’il faut « l’Art pour ne point mourir de la vérité ».

    Mes impressions :

    Je remercie Anna Puyrenier des éditions la Brune – Rouergue pour l’envoi de ce livre. 

    Ce roman est le second que je lis de Raphaëlle RIOL. Dans « Amazones » elle racontait le destin des femmes. Ses héroïnes m’avaient beaucoup plu.
    Dans ce roman, sur fond de culture, elle parle d’une femme en colère, blessée, révoltée et fatiguée qui après un burn-out, va se reconstruire et prendre un nouveau départ. Elle ne sera d’ailleurs pas la seule à sortir de l’enfermement dans lequel elle se trouvait….
    Un roman que j’ai dévoré ! Très vite lu, il m’a transporté dans l’île que je souhaite un jour visiter….sans jamais la nommer, nous devinons de laquelle il s’agit….

    Inès, donc trentenaire travaillait dans un centre culturel sur Paris. Elle œuvrait dans le domaine des livres. À la bibliothèque, elle prenait plaisir à faire découvrir le monde des romans en invitant les auteurs aux portes du centre, elle programmait des ateliers d’écriture. Le cinéma, avec ses projections diverses et variées attirait beaucoup de monde. Puis la direction a changé et la culture a été bafouée au profit du rendement financier…. Le directeur est un homme froid, humiliant, méprisant. Il a été embauché pour faire des économies, et réinventer la culture, c’est alors qu’elle est dénaturée, désacralisée. À force d’être incomprise et freinée dans ses aspirations Inès est victime d’un burn-out.
    Après un geste de vandalisme contre la voiture de son directeur, elle craque et on lui demande de prendre des vacances. Son médecin lui prescrit du repos et des médicaments psychotropes. Si elle accepte le repos, elle refuse les seconds. Elle préfère se mettre au vert sur L’île où ses parents ont une maison de village.
    Quand elle arrive, elle est dans un état grave de dépression, elle n’arrive plus à respirer à trouver des raisons de survivre et pourtant elle va laisser passer la vague de désespoir en se reconnectant à la nature et … aux chats qui peuplent le village….
    Elle retrouve Lili son amie du temps de leur adolescence quand elle passait ses vacances l’été avec ses parents sur l’île…
    Lili n’a pas quitté son île, elle s’est mariée à Jean-Do et ils ont deux enfants ensemble Achille et Olympe.

    Dans la première partie du roman qui en compte cinq, Raphaëlle RIOL décrit fort bien ses sentiments, ses émotions son mal être, sa descente vers l’enfer avec, en contre-partie sa rencontre avec la nature, la mer, sa solitude qu’elle apprécie.
    Elle vit le présent simplement, elle est comme dans un rêve, elle en profite car elle sait qu’un jour elle devra revenir à la réalité.
    Elle vit en suspend, avec un sentiment de vide, entre « la honte et le possible » elle tente de se reconstruire loin du centre culturel….Elle évoque Julie, sa collègue préférée et Pablo le collègue avec lequel elle a eu une aventure juste avant de s’exiler.
    Dans la seconde partie, le narrateur change, c’est alors Jean-do qui s’exprime, qui parle de sa vie avec Lili mais surtout de sa rencontre avec Inès.
    Ce changement de narrateur crée la surprise.
    Dans la troisième partie, de nouveau Inès prend la parole et nous fait découvrir une Inès qui commence à sortir la tête hors de l’eau, qui souhaite changer d’horizon et nous parle de son projet une fois de retour sur le continent… un projet qui lui ressemblera, qui lui permettra de se réparer et de devenir celle qu’elle souhaite être désormais en accord avec ses passions. Malgré elle, son enthousiasme et sa motivation vont entraîner son amie Lili qui étouffe dans sa vie de femme mariée, alors que Jean-do perd, de vue la réalité des choses et commet un acte qui va l’éloigner de sa famille.
    Dans cette partie nous faisons la connaissance des anciens, la famille de Lili, oncle, tante, cousins, et leur histoire, y compris les secrets de famille. Les voisins et anciens du village nous sont brièvement « présentés »
    Dans la quatrième partie, Jean-Do dans son nouvel environnement, écrit à Inès, il lui parle de ses sentiments, et de ses attentes….
    Dans la cinquième partie, il est alors question du retour sur le continent avec un projet pensé mis en œuvre et organisé par les deux amies….

    Ce roman a plusieurs thématiques, il parle de burn-out mais aussi de résilience et de culture bafouée.
    L’auteur rend hommage à la culture, aux livres que nous lisons, ceux que nous écrivons et aux mots que choisissons pour décrire nos émotions, nos doutes, nos peurs, nos espoirs.
    Et ceux que nous préférons pour décrire la vie, celle que nous avons, celle que nous aimerions avoir celle que nous fantasmons et celle des autres….
    La description minutieuse est au plus près de ses sensations montre que l’auteure connaît bien le sujet du burn-out, une maladie sournoise qui enlève toute envie et toute énergie.
    Le portait envoûtant que fait l’auteure de l’île et de ses recoins, nous plonge dans une ambiance mêlant le bien-être et l’inconfort.
    C’est un roman complet qui évoque aussi les ravages de l’alcoolisme, les relations souvent tendues entre les familles, les conflits de mémoire, les rivalités, les rancœurs passées, l’omerta, les règlements de comptes des anciens.
    Le récit offre une écriture épurée, aérienne, poétique, avec des références littéraires.
    J’ai vraiment aimé ce roman qui nous décrit des horizons possibles malgré et après une épreuve douloureuse. Il est un roman d’espoir.

     Amazones


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  • Titre : « Marguerite Pivoine »
    Auteure : Myriam BELLECOUR
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 206

    Résumé :

    Marguerite Pivoine mène une existence paisible dans la ville où naquit Louis XIV. Or, un soir de septembre, à l’heure où le ciel se teinte d’un voile sombre, tout change soudainement ! Un rêve étrange plonge Marguerite en plein cœur du XVIIème siècle ; une femme apparue en songe l’investit d’une mission qui doit permettre à un musicien méconnu de terminer son concerto. Alors que Marguerite tente de se convaincre qu’il s’agit d’une hallucination, elle retrouve son skate-board, son violoncelle et multiplie les rencontres improbables qui la reconnectent avec sa vie. Le passé et le présent, le rêve et la réalité s’entremêlent dans ce conte de fées moderne, facétieux et léger.

    Mes impressions :

    Marguerite une femme sans âge (lequel nous sera révélé plus tard au cours du roman) vit dans l’appartement de ses parents, avec son chat Armand, fidèle ami et confident.
    Elle travaille dans une agence, elle est courtière en assurances. Elle s’entend relativement bien avec son rigoureux patron, Robert.
    Un jour de septembre elle fait un rêve surprenant se déroulant Au XVII ème siècle, dans lequel elle pleure son frère jumeau, un musicien de talent pauvre et méconnu qui venait de se faire tuer en duel. Dans ce rêve, lui apparaît une femme lui confiant qu'elle le retrouvera plus tard dans une nouvelle vie, et qu’elle doit inverser le cours des choses pour qu'il intègre une enveloppe corporelle afin qu'il puisse vivre de sa musique..…

    Vous l’aurez compris, un des thèmes de ce roman est celui de la réincarnation, il est question d’un monde parallèle. Ce thème principal s’entoure d’autres sujets comme le harcèlement scolaire, l’amour et l’amitié. L’auteure évoque également le rôle des parents dans l’éducation avec un postulat bien particulier, celui des parents trop exigeants qui imposent à leur enfant leur propre désir, en le poussant à faire des études qui ne les intéressent pas.
    Les personnages qui gravitent autour de Marguerite sont variés, éclectiques.
    Marguerite est une femme généreuse, elle se met en tête de faire se réconcilier des gens qu’elle ne connaît pas, dans un contexte qu’elle ignore, et là je parle d’Achille et Maxime. Achille est un collégien harcelé par Maxime le fils de la Proviseur Clio. Elle va se lier d’amitié avec cet adolescent surdoué. Sa vie se déroule paisiblement.
    Le jour où elle entre dans un magasin d’antiquités, qu’elle fait l’acquisition d’un vase datant du XVIIème, sa vie va changer et prendre un tournant inattendu. Laurent le propriétaire lui certifie que ce vase a des pouvoirs magiques. Elle va ainsi atteindre ses objectifs : modifier la vie de ceux et celles qu’elle apprécie.
    Dans ce roman il est question de rencontre intergénérationnelle. Entre Achille est Marguerite, c’est une évidence. Elle lui enseigne les choses de la vie ; notamment comment gagner face à l’adversité, avec courage et ténacité.
    Marguerite est motivante, aimante, positive, encourageante. Chaque enfant ou adolescent aimerait l’avoir comme amie, mère ou grand-mère. Elle est sensée, psychologue, philosophe, tout en étant loufoque, limite excentrique. La bonne humeur est garantie pour ce roman qui parle pourtant de sujets parfois difficiles mais Marguerite possède la capacité à nous entraîner du meilleur côté de la vie.
    J’ai beaucoup aimé ce roman qui au travers de nos ancêtres nous fait voyager dans le temps passé et futur. L’évocation de l’histoire de France, apporte une note particulière au roman.

    Le style de Myriam Bellecour est très agréable, j’ai apprécié les nombreux dialogues, avec souvent des répliques amusantes, ou ironiques.
    La personnalité de Marguerite et son caractère donnent une couleur originale au roman : un voyage dans le temps tout en glissant des sujets bien contemporains. Et j’avoue que l’auteure les intègre de façon parfaite, à aucun moment le lecteur ne s’ennuie.

    J’ai beaucoup aimé Marguerite, femme originale, singulière. Cette histoire nous fait du bien, elle nous détend et nous sort du marasme sanitaire actuel. Marguerite possède une énergie débordante et communicative. Nous prenons plaisir à la suivre dans ses diverses activités… violoncelle, skate-board.

    La joie de vivre de Marguerite femme originale, sa bonne humeur communicative et sa spontanéité sont pour moi une révélation. J'ai pris un immense plaisir à lire son histoire et celle de ses "amis". La plume de l’auteure et son style sont libérateurs.

    Notez le côté fleurie, colorie et loufoque de la couverture qui est à l'image du roman et qui en représente bien,  une partie du contenu du roman. 

     


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  • Titre : « Pardonner à la vie »
    Auteure : Marjorie LEVASSEUR
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 283

    Résumé :

    Un récit bouleversant !

    Ce sont les premiers mots qui viennent à l’esprit d’Isa, assistante d’édition à Paris, lorsqu’elle achève la lecture du manuscrit de Matthias Lacroix.

    Tout est mis en œuvre pour contacter ce primo-romancier de talent, mais il apparaît bien vite que cet homme s’avère insaisissable. Aussi, quand sa hiérarchie lui confie la mission d’aller débusquer l’auteur, la jeune femme y voit la chance d’exprimer à celui-ci tout le bien qu’elle pense de son œuvre.

    Malheureusement, arrivée sur place, l’accueil qui lui est réservé par cet homme est loin d’être celui qu’elle avait espéré. Et pour cause ! L’auteur du manuscrit qu’elle a tant apprécié, n’est pas pour autant l’instigateur de son envoi. Elle comprend vite que tenter de le convaincre ne sera pas chose aisée.

    Au fil de son séjour à Chamonix, en côtoyant les proches de Matthias, Isa va peu à peu décrypter sa personnalité et découvrir, contre toute attente, les similitudes entre leurs existences. Tant et si bien que cela la mènera à faire le point sur sa propre vie et à revoir ses priorités. Sa réflexion pourrait même la conduire sur un chemin qu’elle n’avait pas envisagé jusqu’ici…

    Mes impressions :

    Isa travaille dans une maison d’édition à Paris depuis trois ans , elle s’y sent bien et la direction lui promet une promotion si elle convainc un futur jeune talent installé dans les Vosges de signer un contrat avec eux!! Ce qui la motive au fond d’elle-même n’est pas celle de devenir la responsable éditoriale mais plutôt le réel talent de cet auteur. En effet, il écrit avec une sensibilité exacerbée, ce qui la touche profondément.
    Oui mais cela risque d’être une tâche difficile puisque lorsque Isa arrive dans les Vosges, elle apprend que le jeune auteur Matthias, ne lui a pas transmis lui-même le manuscrit mais il l’a été à son insu par son père et la meilleure amie de Thomas, Sophie.
    Il a écrit ce roman pour évacuer les souffrances passées et à venir, c’est un texte intimiste qu’il ne souhaite pas partager….
    Isa ne sera donc pas bien reçu par Matthias, cependant elle ne veut pas laisser passer l’occasion de mieux connaître cette « famille » de coeur composée de Julien le meilleur ami de Matthias, sa sœur Sophie qui est également l’infirmière de Philippe le père de Matthias et Pixel le chien de Julien.
    Au fil des jours et des semaines, les personnages apprennent à vivre ensemble, et donc à s’apprivoiser.
    Chacun d’eux a un passé et un vécu assez lourd ainsi l’auteure traite de thématiques actuelles comme le harcèlement scolaire physique et moral, la maladie, l’hypersensibilité, l’obésité, le deuil et la mort.
    Ce roman est dépaysant parce qu’il se passe en majorité dans les montagnes des Vosges et l’auteure nous décrit au travers de quelques passages la beauté de cette nature.
    Au fil des pages, les lecteurs sont touchés émotionnellement par la personnalité des personnages, leurs blessures, leurs secrets, leurs espoirs et leurs attentes.
    Au début j’ai trouvé que les personnages étaient un peu trop lisses et dépourvus d’originalité mais au fur et à mesure du récit, ils prennent de la profondeur. Ils vont alors s’aider à supporter les blessures du passé et les craintes face au futur. Ils vont se donner mutuellement et réciproquement la force d’envisager un destin plus serein.
    La personnalité des personnages est construite au travers de leur passé, de leur présent et de leur hypothétique avenir. Les liens du cœur et du sang offrent à chacun d’entre eux l’espérance qui leur manquait. Ils sont une aide précieuse.
    Ce roman parle d’amour entre quatre jeunes gens trentenaire mais pas seulement. L’amitié, le respect, et l’amour sont les sentiments qui vont faire que cette histoire est belle, touchante et émouvante.
    L’auteure ainsi parle du sens de la famille, évoque les fragilités des relations et les non-dits avec pudeur.
    L’écriture m’a d’abord semblé assez perfectionniste, un peu trop scolaire puis l’auteure améliore son style et sa plume devient plus mature. On sent qu’elle tient à ses personnages et qu’elle veut les faire évoluer tout en leur donnant une certaine substance psychologique.
    Au début, il n’y a pas de surprise, j’envisageais facilement comment allait se dérouler les étapes du scénario mais finalement, quelques rebondissements m’ont fait davantage me plonger dans le récit et j’ai trouvé du plaisir à continuer cette lecture.
    L’auteure n’est pas à son premier roman et je trouve qu’elle a un futur prometteur.
    Ce fut une belle surprise pour moi.


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