• « Nous n'avons pas changé » de Lorraine FOUCHET

    Titre : « Nous n'avons pas changé »
    Auteur : Lorraine FOUCHET
    Genre : Roman
    Éditions : Robert Laffont
    Année : 2005
    Nombre de pages : 282

    Résumé :

    En terminale, au lycée, elles étaient quatre inséparables. Vingt ans plus tard, elles se retrouvent. Mais l'une d'elles n'est pas celle qu'elle prétend être... " Les vingt ans du bac ! Dîner de la promotion 1985 de Sainte-Agathe ". Gwénola arrive de l'île de Groix, Axelle du Sud-Ouest, Olivia des Yvelines, Jenny de Rome. Elles s'étaient perdues de vue. Pourtant elles n'ont pas changé et les liens se retissent, forts... Mais ces retrouvailles vont bouleverser leurs vies et les obliger à dévoiler les mensonges et les secrets du passé. Une seule le sait, d'ailleurs elle est venue dans ce but : faire éclater la vérité. Elle a d'étranges absences, d'étranges trous de mémoire. Qui est-elle ?

    Mes impressions :

    Gwénola, Olivia, Axelle et Jenny sont invitées aux « 20 ans du bac » par Isabelle la maîtresse de division de la promo 1985 de Sainte-Agathe.
    Elles vont se réunir le 20 septembre 2005 au sein de l'ancienne école, un institut privé Parisien.
    Les quatre amies ne se sont pas vues depuis 20 ans.
    Après le lycée Gwenola est partie précipitamment vivre chez ses grands-parents, à Groix en Bretagne; aujourd'hui elle est journaliste, correspondante locale au Ouest-France.
    Son fils Loeiz, fait des études de médecine. Tous les deux sont très proches.
    Olivia Ruben vit dans les Yvelines, c'est une écrivaine dont ses romans sont tous portés à l'écran . Son fils Noé de 17 ans va participer à une émission de téléréalité pour les enfants de people. À la clé l'argent nécessaire pour lancer un support de son choix, disque, exposition, peinture, photo publication, livre. Le rêve de Noé est de devenir réalisateur et écrivain.
    Olivia est divorcée de Colin Nathan chirurgien esthétique.
    Axelle de Bergea vient d'une famille châtelaine, c'est une aristocrate. Avec son mari, Charles député-maire ils vivent dans le Sud-Ouest, elle n'a pas d'enfant à cause d'une stérilité. Elle vit très mal cette blessure profonde, ce manque d'enfant.
    Jenny Lincoln, est une Américaine qui vit aujourd'hui à Rome, célibataire. Elle flirte avec de piètres personnalités, tels des barons. Elle entretient une relation clandestine avec un amant, marié et père.

    Toutes les quatre vont à la réunion des anciens élèves à la fois inquiètes et impatientes ; chacune a de lourds secrets à préserver ou à dévoiler.
    Chacune va s'y rendre pour des raisons, différentes : la curiosité, la distraction, le principe, ou encore dans le but de tenir une promesse. Chacune veut savoir ce que les autres amies sont devenues mais l'une d'entre elles, n'est pas celle qu'elle prétend être.
    Aujourd'hui que reste-t-il de leur amitié ? Et de leur rêves de jeunesse ?
    Après la rencontre dans le château, elles continuent leur soirée toutes les quatre et vont boire un verre aux « Trèfles à quatre feuilles » le café qui était le QG de leurs années lycée.
    Elles évoquent le passé, mais chacune aujourd'hui cache un secret qui les lie sans l'avouer aux autres.
    Seule Jenny connaît l'entière vérité. Elle détient la clé, parce qu'elle a fait une promesse il y a quelques années.
    Un personnage secondaire apparaît, il s'agit du frère de Jenny, un drogué, ex-taulard, de 40 ans qui cherche prendre une vengeance sur la vie.
    Les anciennes élèves ont toutes un vécu différent, une vie remplie, riche, intéressante, triste ou gaie ou encore étonnante.

    L’histoire est parfaitement bien menée avec une grande part d'originalité et de rebondissements.
    Dès la page 54, une révélation crée la surprise même si on se doutait qu'un mystère planait mais on ne s'attendait pas à celui-ci.
    Ce qui était établi, ne l'est finalement pas
    Olivia est-elle l'imposteur a t-elle un nègre ? Qui lui écrit ses bouquins ?
    À qui va profiter cette révélation ? Qui va l'utiliser pour sa gouverne ?
    Est-ce la seule révélation ? Une seconde divulgation risque d'éclater et elle composera la seconde intrigue.
    Peu à peu, à partir du dîner de Sainte-Agathe, les masques vont tomber et la vérité éclater. Le secret de l'une d'entre elles va t-il être gardé ou révélé, quelles en seront les conséquences ?
    Leurs vies déjà bouleversées vont continuer à l'être.
    Amitié, amour, secret, trahison, espoir, sont les sentiments qui composent l'intrigue de ce roman.
    Les personnages sont tous très attachants, compliqués, différents, victimes ou responsables, et coupables. Leurs rapports sont complexes et cela crée la fascination du lecteur.
    De nombreux enchevêtrements de faits, inopportuns créent le suspense et m'ont personnellement passionnée.
    Beaucoup de faits s'imbriquent, et font de cette histoire un livre envoûtant. Il y a des malentendus, , des non-dits, des mensonges, des trahisons mais aussi de l'amour, de l'amitié et du respect. Sans compter un scandale politique, une affaire de détournement de fonds publics. L'auteur glisse dans ses romans, de la culture, des arts, des loisirs modernes, et contemporains, ainsi que de la télé-réalité, ce qui est un peu plus étonnant.
    Cet ouvrage contemporain aux sujets actuels et variés nous offre un roman complet et riche.
    Comme dans La mélodie des jours  il y a beaucoup de psychologie dans les personnages de Lorraine Fouchet, elle les travaille à la perfection pour les rendre humains, intéressants, saisissants et parfois inquiétants. Elle habite ses personnages et fait corps avec eux au point que certains d’entre eux nous ressemblent.
    Elle parvient à transcrire pour chacun d'eux leur sentiment et leur émotion, elle réussit parfaitement à décrypter et décrire leurs pensées, leur trouble, leur blessure.
    Ils sont haut en couleur, certains touchants dans leur relation parents/enfants.
    Les personnages sont pris dans la toile de leur vie et sont parfois la cause de leur souffrance personnelle ou encore victimes de dommages collatéraux.
    La syntaxe est élégante, l'écriture est fluide et donc la lecture est un plaisir !
    Lorraine Fouchet sait éveiller l'intérêt des lecteurs.
    Cette histoire, unie et lie le passé au présent.
    Un très bon roman que je vous conseille.

    La mélodie des jours 


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  • Titre : « La vie en sourdine »
    Auteur : David LODGE
    Genre : Roman
    Éditions : Roman rivages
    Année:2008
    Nombre de pages : 416

    Quatrième de couverture :

    Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé là-bas dans son petit pavillon londonien.
    Lors d'un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu'on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d'outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble très vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l'aiderait-il pas à rédiger sa thèse ? Le professeur hésite. Pendant ce temps son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise et son épouse à programmer d'étonnants loisirs...
    Comique, tragique, merveilleusement autobiographique, le nouveau roman de David Lodge s'inscrit dans le droit fil de Thérapie.

    Mes impressions :

    J'ai choisi ce livre en m'imaginant que son contenu décrirait le portrait d'un monsieur d'un certain âge, qui dresserait son quotidien en proie au handicap de la surdité. Cependant, la surdité n'est pas le seul thème. On découvre de nombreux sujets plus complexes encore. Certes, la notion de surdité est traité avec humour, parfois ironie et agacement. Le lecteur passe un bon moment même s'il sait que pour les personnes malentendantes, rien n'est amusant mais la façon d'amener le sujet ici est très stylée, très cocasse.
    Pour un professeur universitaire de linguistique, il ne fait pas l'impasse sur les choix des mots, ce qui rend la lecture agréable et drôle.
    Donc comme je vous le disais, ce professeur à la retraite, bénéficie encore des avantages d'avoir accès à la bibliothèque de l’université. Il s'y rend régulièrement pour y faire des recherches. Il est passionné par son métier.
    Lors d'une soirée de vernissage, il se fait aborder par une étudiante Alex, mais il ne comprend pas un traite mot de ce qu'elle raconte puisque le brouhaha met à mal son appareil auditif. Pour ne pas paraître grossier il acquiesce à tout ce que lui dit la jeune femme. Il ne comprendra que plus tard quand elle appellera chez lui que son discours faisait référence à ses études et à sa thèse. Elle souhaite que Desmond devienne son directeur de recherche. Son sujet de thèse est une étude stylistique des lettres de suicidés.
    Il hésite beaucoup, puis il pense que l'idée de l'aider dans ses recherches sans être son directeur, puisqu'elle en a déjà un avec lequel les rapports sont difficiles, pourrait le distraire et le sortir un peu de sa routine.
    Il se dit qu'accepter serait un moyen de composer avec cette surdité qui le handicape énormément dans la vie de tous les jours.
    Il est curieux de savoir ce que la jeune étudiante, peut lui offrir en matière de nouveauté et surtout il comprend qu'elle pourra mettre un peu de piment dans sa vie, mais en restant fidèle à ces principes et à sa moralité.
    Seulement Alex est une jeune femme mystérieuse, énigmatique. Elle va s’immiscer de façon sournoise et malveillante dans sa vie, l'appelle chez lui, lui envoie des mails. Il ne parvient pas à trouver le bon moment, pour révéler à Fred de sa relation studieuse avec Alex. De malentendu, en malentendu, il se met en situation délicate. Il conçoit qu'il s'est laissé manipuler par cette étudiante, il se trouve stupide et il sait que sa femme saura le lui rappeler !
    Dans le récit il cite sa famille : sa femme est décédée, il a une fille mariée à Jim et elle attend un bébé, sa nouvelle compagne Fred, plus jeune que lui, qu'il a rencontrée à l'université, (elle était une élève sur le tard) a elle aussi une fille Marcia, deux garçons et un petit fil.
    Il aborde donc le sujet des familles recomposées et des difficultés pour réunir tout le monde au moment des fêtes de fin d'année par exemple. Il aborde les rapports relationnels familiaux qui peuvent être plus ou moins agréables.
    Dans un premier temps, Desmond nous parle bien de la surdité. Elle est même l’introduction à son roman. Il nous explique comment ce handicap est arrivé dans sa vie. Il nous raconte les inconvénients au quotidien et notamment dans la rapport verbal à l'autre qui aboutissent bien souvent à l'isolement. Il nous décrit aussi les technologies embarrassantes et défaillantes (à défaut d'être performantes) mises au point et à la disposition de la personne, moyennant un coût certain pour palier et compenser la perte auditive !
    Il compare les conséquences de la privation de la sensation de l'ouïe et de la vue. Il narre des anecdotes et des faits divers de tous les jours et nous réalisons l'importance d'être bien entendant pour être et se sentir socialement inclus.
    Les personnes qui ne souffrent pas de problème d'audition ne peuvent pas se rendre compte mais le fait est là ! Le monde environnant paraît alors hostile, extérieur à nous. Tout ceci est raconté de façon efficace, avec un scénario intéressant.
    Et puis il évoque brièvement les avantages sociaux d'être à la retraite, puis, plus longuement les désavantages, comme les problèmes de santé allant avec l'âge vieillissant. La vue qui baisse l'arthrose qui apparaît, les problèmes dentaires, la perte de la mémoire et bien d'autres choses.....
    Au travers de la démence débutante de son papa, il étaye ce fait-là. Ce dernier est à un âge difficile où la frustration et l'isolement lui font craindre la perte de ses repères.
    La perte d'autonomie de nos parents, nous amène à la question de responsabilité : les laisser vivre dans leur maison à laquelle ils sont habitués ou bien les faire emménager dans une maison de retraite pour leur sécurité.
    Quelques semaines plus tard, il est convié à donner un cycle de conférences en Pologne là il découvre les atrocités du camps d'Auschwitz. Il est touché et bouleversé.
    L'auteur alors entreprend de parler des camps de la mort, et nous incite à nous interroger sur cette cruauté extrême. Il traite la question de la philosophie de la mort et de la vie qui est en elle-même un arrêt de mort.
    Il nous incite à penser que cette pensée est une pensée perverse et futile et qu'il est plus important de songer la vie et de tenter de l'apprécier en savourant le temps qui passe en le comblant par des activités bienfaisantes et agréables.
    Finalement même si la vie universitaire tient une place très importante dans ce roman (autobiographie), les thèmes et les sujets sont variés et se rapportent pour la plupart à la vieillesse et au changement de rythme lorsque l'on se retrouve à la retraite.

    Ce livre nous interroge. David Lodge écrit là un roman touchant et juste. Il y parle avec nostalgie. Il évoque des souvenirs, parfois avec humour mais toujours avec clairvoyance, acuité et justesse.
    Il évoque les relations amoureuses, filiales, professionnelles, conjugales et s'attarde sur les troubles du troisième âge.
    Le style est engageant parce que le narrateur fait souvent une analyse linguistique intéressante.
    Desmond est dans la vie, il nous ressemble. C'est un personnage attachant, empreint de doutes et d'interrogations. L'auteur a su être drôle avec des sujets tristes et délicats.
    L'auteur passe d'un humour léger, a un humour, incisif grinçant et tourmenté.
    Il sait décrire des anecdotes et un quotidien banals avec une maîtrise parfaite de la dérision, elle est calculée, pesée. Il y ajoute des notes de nostalgie et d'affection et ça marche, le lecteur est captivé.

    J'ai eu un peu de mal avec le caractère de Fred, femme active et occupée avec sa boutique de décoration. Son statut dénote avec la simplicité de Desmond. Ce qui crée un décalage, jouissif.
    Il y a aussi beaucoup d'autodérision, il ne se prend pas au sérieux, ce qui est contraire au caractère de Fred, les deux personnages ont donc une personnalité différente mais il y a de la tendresse entre eux. Une certaine retenue aussi, surtout quand il évoque le côté badin de leur relation.
    L'auteur nous rédige des anecdotes sous la forme d'un journal intime. L'originalité tient dans le fait qu'il alterne le « je » et le « il » pour parler de lui, juste par envie et plaisir.
    Loin d'être en partie autobiographique, ce roman, est une œuvre universelle, qui parle à tous car nous serons tous confrontés un jour au l'autre à la solitude, la déchéance du corps et de l'esprit, l’inéluctable vieillesse.
    David Lodge est un homme au talent certain !
    À lire !

    L'homme qui ne voulait plus se lever 


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  • Titre : « l'amour ne meurt jamais »
    Auteur : James PATTERSON
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2004
    Nombre de pages : 270

    (relecture)

    Quatrième de couverture  :

    Effondrée depuis la mort tragique de son mari, Jennifer noie son chagrin dans le travail et refuse toute implication sentimentale.
    Mais lorsqu'elle apprend que Samantha, sa grand-mère - et confidente de toujours - est tombée dans le coma, elle se précipite à son chevet.
    Dans la maison de son enfance, Jennifer trouve les lettres que Samantha lui a écrites pour lui dévoiler le secret qu'elle garde depuis si longtemps : sa folle passion pour un autre homme que son mari. À travers ces lettres, Jennifer va comprendre que le véritable amour existe et qu'il peut nous surprendre à tout moment, mais saura-t-elle le reconnaître et l'accepter quand il se présentera à elle ? 

    Mes impressions :

    Je vous ai présenté il y a peu, « Pour toi, Nicolas » .Je continue la découverte de cet auteur dans un registre inhabituel puisqu'il est plus connu pour ses thrillers.

    Jennifer jeune femme vit à Chicago depuis la mort accidentelle de son mari Danny et travaille pour un journal dans lequel elle écrit des chroniques. Sa mère est décédée quand elle avait seulement 12 ans. Elle a été élevée par sa grand-mère qui vit seule dans le Wisconsin au bord du lac Geneva depuis la mort de son époux Charles.
    Entre les deux femmes l'entente est immédiate, un amour inconditionnel les lie.
    De nos jours, Jennifer reçoit un appel téléphonique qui lui apprend que Samantha suite à une chute est dans le coma.
    Jennifer n'hésite pas et se précipite au chevet de sa grand-mère.
    Jennifer s'installe dans sa maison le temps que cette dernière sorte du coma, de l'hôpital et récupère. Elle trouve des lettres qui lui sont adressées et écrites par Samantha. Son but était de laisser un témoignage à titre posthume à sa petite-fille. Elle y raconte des épisodes de sa vie et lève des secrets.
    Jennifer au travers de ces lettres découvre les vrais sentiments de sa grand-mère. Elle y apprend beaucoup de choses, notamment sur comment elle a rencontré Charles et la vie qu'elle a eu à ses côtés.
    Samantha évoque la vie, la philosophie, le temps qui passe, le moment présent, qu'il ne faut pas traverser sans s'y arrêter.
    Elle dit dit justement que « Notre existence se résume au récit qu'on en fait »
    Près de la maison de la grand-mère, habite Shep, le notaire et ami de Samantha. Son neveu Brendan est venu s'y installer pour quelques mois. Brendan est un ancien ami d'enfance de Jennifer, tous les deux se remémorent des souvenirs et une nouvelle amitié ténue née entre eux.
    Chaque jour Jennifer va rendre visite à sa grand-mère, et même si cette dernière ne peut pas l'entendre, elle lui mentionne le contenu des lettres qu'elle lit. Elle lui confie également ce qu'elle vit en ce moment avec Brendan. Leurs bains dans le lac, leurs longues discussions, les moments qu'ils passent ensemble, leur complicité.
    Mais ce bonheur est fragile et nous saurons bientôt pourquoi.

    L'atmosphère de ce roman est tendre, émouvante. Il y a une certaine nostalgie qui ne laisse pas le lecteur indifférent mais les deux histoires d'amour racontées, me semblent un peu trop doucereuses, cependant les épreuves que les personnages devront traverser rendent leur situation amoureuse un peu moins mièvre. Le côté mélo-dramatique ici m'a un peu dérangée.
    Ce roman est cependant un hymne à la vie, à l'amour et à la famille et à la combativité.
    Ce récit est assez court. Le style est un peu emprunté mais il est parfait pour une lecture estivale.
    Les chapitres sont brefs. L'auteur va à l'essentiel, sans trop de fioritures et de descriptions inutiles, ce qui fait que ce roman se lit rapidement.
    J'ai envie de dire que le message de l'histoire est que l'amour peut se rencontrer à n'importe quel âge et que lorsqu'il est sincère il peut faire des miracles surtout dans les épreuves. Il est susceptible d' alléger les souffrances du quotidien.
    Je pense que les fans de ce genre de littérature sentimentale pourront apprécier.
     
    Pour toi Nicolas
    Rendez-vous chez Tiffany


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  • « La fille de ma meilleure amie » de Dorothy KOOMSON

    Titre : « La fille de ma meilleure amie »
    Auteur : Dorothy KOOMSON
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2006
    Nombre de pages : 586

    Résumé :

    Kamryn a une belle vie : un poste intéressant, une vie sociale intense. Des enfants ? Pas tout de suite, peut-être même pas du tout, surtout depuis une grande déception amoureuse et la trahison de sa meilleure amie de l'époque, Adèle. Mais le jour de ses 32 ans, Kamryn reçoit une lettre d'Adèle qu'elle ne peut ignorer : Adèle est à l’hôpital, mourante. Pardonner à son amie, la soutenir dans ses derniers instants est une chose. Mais de là à recueillir sa fille de 5 ans, Tegan? Tegan dont l'existence est inextricablement liée à la rupture entre les deux femmes... 

    Mes impressions :

    Dès les premières pages j'ai su que ce roman serait un coup de cœur et je vous le confirme une fois ma lecture terminée.
    Je dois reconnaître que le thème me touche et que l'histoire en elle-même est poignante.
    Il s'agit ici bien plus qu'une comédie romantique et sentimentale.

    Kamryn et Adèle sont devenues amies en première année d'université. Kamryn, une jeune fille mal dans sa peau, trouve en Adèle l'amie parfaite qui sait lui donner confiance en elle. Très vite elles deviennent inséparables.
    On devine à la lecture du début qu'une dispute a brisé leur amitié de jadis. Elles ne se sont plus vues depuis 4 ans et plus parlées depuis 2 ans.
    Quelques pages plus tard, l'auteur nous en explique la raison : un un soir, l'alcool aidant, Adèle a passé la nuit avec Nate, le fiancé de Kamryn.
    Pourtant atteinte de leucémie, c'est à Kamryn aujourd'hui, qu'Adèle fait appel. Elle lui envoie une lettre lui demandant de venir la voir à l'hôpital. Toujours rongée par la rancœur, Kamryn hésite. Mais finalement son cœur lui dictera d'aller rendre visite à sa meilleure amie mourante. Quand elle rentre dans la chambre, Kamryn comprend que son amie est en phase terminale, un terrible sentiment de peine l'envahit. Malgré tout, elle éprouve toujours amertume et déception. Le chemin sera long et douloureux jusqu'au pardon.
    Kamryn tombe des nues quand Adèle lui demande de prendre en charge sa fille Tegan âgée alors de cinq ans, et de l' adopter quand elle mourra.
    Stupéfaite, Kamryn s'apprête à refuser. Mais a-t-elle le choix ? 
    Le passé revient à la mémoire que Kamryn. Adèle fille de riches parents, n'était pas aimée, voire détestée par son père et sa belle-mère. Elle était victime de maltraitance.
    Elle trouve alors affection et considération au sein de la famille Matika. Kamryn et ses proches deviennent une famille de substitution pour Adèle.
    Kamryn rencontrera Nate et tombera amoureuse de lui. Tous les trois deviennent des amis inséparables. C'est alors que la trahison va briser ce parfait équilibre.
    Adèle dit être tombée enceinte après une relation d'un soir, un homme rencontré en vacances et aujourd'hui élève seule Tegan. Kamryn devient la marraine de Tegan, petite fille adorable mais cependant, réservée, réticente à parler de son désarroi. Toutes les trois sont très unies.
    Mais après la révélation de la trahison de jadis, cette belle amitié va voler en éclat.
    Kamryn quitte la ville pour s'éloigner de ses amis. Elle a du mal à affronter sa nouvelle vie, de plus tout ne se passe pas très bien avec Luke son nouveau patron qui est un personnage froid et cynique, et la solitude lui pèse.
    Pourtant la vie doit continuer... et il y a l'appel d'Adèle....
    Les personnages de ce roman ont tous un caractère et une personnalité complexes.
    L'auteur construit une histoire émouvante autour de l'amitié, la maternité, la maternité par procuration, le décès d'un proche, la difficulté à pardonner.
    De nombreux rebondissements éveillent l'intérêt du lecteur.
    Ce roman n'est pas un roman à l'eau de rose, il montre bien que le sentiment n'est pas un long fleuve tranquille. Il y a des moments de doute, de peur, des regrets et des remords mais aussi de beaux moments de sincérité.
    L'auteur traduit très bien certaines difficultés relationnelles qu'elles soient au sein de la famille , ( recomposées), dans le domaine du travail mais aussi dans la procédure de la démarche d'adoption.
    Il y a la présence de beaucoup de thèmes complexes mais qui sont traités avec crédibilité et intensité.
    L'écriture accessible à tous, est fluide, épurée. La plume très agréable est déroutante à la fois comme l'est le scénario, nous plonge au cœur de la vie des personnages et de leurs tourments.
    L'auteur analyse parfaitement les sentiments de ses personnages ainsi que les émotions de chacun d'eux. Tout cela donne de la profondeur au roman. Les incessants allers-retours entre le passé et le présent nous aide à saisir toute l’intensité et la complexité de l’attachement des trois amis.
    Ce texte est tout en sensibilité tendresse et questionnement. Les sentiments sont forts, l'histoire est crédible même au niveau de la procédure d'adoption. J'ai aimé les liens solides qui existent entre les personnages. Les nombreux rebondissements nous montrent combien les sentiments peuvent être délicats et confus, mais rien n'est définitif.

    Un nouveau départ 


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  • Titre : « Une flamme pour l'amour »
    Auteur : Nicholas SPARKS
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2003
    Nombre de pages : 339

    Résumé :

    La vie de Miles semble s’être arrêtée depuis la mort de sa femme, tuée par un chauffard dont la police a perdu toutes traces. S’il s’accroche, c’est pour Jonah, son jeune fils, et parce qu’il s’est juré de retrouver le coupable. Meurtrie par son récent divorce, Sarah réapprend doucement à vivre en exerçant son métier d’institutrice. Elle se prend bientôt d’affection pour Jonah et… d’amour pour Miles. Mais un terrible secret menace ce nouveau bonheur. Un secret qui forcera Sarah à faire un choix déchirant.

    Mes impressions :

    Myles et Missy se sont connus alors qu'ils étaient encore au lycée. Myles s'inscrit alors à l'université de Caroline du Nord et Missy le rejoignit après son diplôme. Lui devint Shérif et elle, trouva un emploi de gestionnaire de crédit. Ils se marièrent et filent le parfait amour.
    Missy donne naissance à Jonah en 1981 et en 1986 survient un drame, dans lequel est elle est renversée par un chauffard et trouve la mort. Elle est alors âgée de seulement 29 ans. Miles ne s'en est jamais vraiment remis parce que le coupable n'a jamais été retrouvé. Il pense qu'en mettant un nom sur le responsable la justice pourrait être rendue et il en serait apaisé. C'est pour cela que depuis deux ans, il mène sa propre enquête, il a recueilli les indices, les articles de presse, il a constitué un lourd dossier qu'il consulte régulièrement afin de trouver des éléments qui pourraient l'aider à mettre un visage sur le coupable.
    Deux ans après la mort de Missy, l'idée de renoncer à sa solitude affective, lui effleure l'esprit.
    Sarah est institutrice, elle est mariée à Michael et tous les deux tentent de fonder une famille mais elle apprend lors d'examens qu'elle est stérile.
    Michael son mari n'a pas supporté l'idée qu'ils ne pourraient pas avoir d'enfant alors il a demandé le divorce.
    Sarah en est toujours très affectée. Leur mariage n'aura duré que trois ans.
    Elle retourne sur le lieu de son enfance, dans la même ville que ses parents et que Brian son jeune frère et elle tente de se reconstruire. Dans sa classe Jonah a de grosses difficultés scolaires. Elle convoque Myles, le papa afin de trouver une solution pour aider Jonah....Chacun tombe sous le charme de l'autre.

    Ce roman est riche de sentiment comme l'amour, l'injustice, la vengeance, la trahison, le pardon. Il y a deux intrigues qui permettent aux lecteurs de ne pas s'ennuyer.
    D'une part, il y a une très belle histoire d'amour et d'autre part, une enquête policière.
    Le roman se distingue par la présence de ces deux scénarios. La première partie, raconte la rencontre entre Sarah et Miles et la seconde concerne la réouverture de l'enquête sur la mort de Missy.
    La deuxième moitié du livre m'a beaucoup plus intéressée, il m'a été impossible de stopper ma lecture avant de connaître la fin même si elle est prévisible et que je me suis doutée du dénouement de l'enquête policière. Les circonstances de la mort de Missy sont mises en évidence et les sentiments contradictoires affluent dans l'esprit de Miles et des personnes de son entourage. L'amour sera-t-il le plus fort ?
    Ce livre évoque aussi la paternité et l'éducation d'un enfant dans une famille monoparentale.
    L'écriture et le style de l'auteur nous entraînent dans un suspense parfaitement maîtrisé où les sentiments et la raison ont une place de choix. L'auteur sait évoquer et parler de sentiments avec profondeur et justesse.

    Une bouteille à la mer
    Les rescapés du coeur


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  • Titre : « Pour toi, Nicolas »
    Auteur : James PATTERSON
    Genre : Roman
    Éditions : l'archipel
    Année : 2004
    Nombre de pages : 260

    Résumé :

    Éditrice, Katie Wilkinson croyait avoir trouvé l'homme idéal en la personne de Matt, dont elle s'apprêtait à publier les poèmes. Mais ce dernier disparaît brusquement, lui laissant pour toute explication un journal intime. Suzanne, une jeune mère, s'y adresse à son enfant, Nicolas. Au fil de sa lecture, Katie découvre que l'homme dont elle est tombée amoureuse n'est autre que le mari de Suzanne, et le père de Nicolas. Matt lui a-t-il menti ? Mène-t-il une double vie ? En partie autobiographique, ce livre mêlant émotion et rebondissements a été inspiré à l'auteur par la disparition de sa femme. Il est dédié à ceux qui ont aimé, tout perdu, et aimé de nouveau.

    Mes impressions :

    James Patterson est plus connu pour ses thrillers assez sanglants, c'est pourquoi j'ai été déroutée de lire sous sa plume une histoire d'amour aussi touchante et émouvante. James Patterson montre là qu'il sait se renouveler et se réinventer.
    À travers le journal de Suzanne, la femme de Matt, Katie va comprendre bien des choses et notamment pourquoi Matt décide de mettre un terme à leur relation amoureuse assez brutalement.
    Ce roman est écrit avec la voix de deux femmes qui ne se connaissaient pas. Suzanne a écrit le journal que lit Katie. Un homme, deux femmes, un enfant, l'équation n'est pas parfaite mais elle est crédible. Deux femmes aiment le même homme d'un amour fort. Ce dernier mène t-il une double vie ?
    Au début l'intérêt réside dans la confusion que peut faire le lecteur : y-a-t-il eu trahison ?
    Et puis, James Patterson nous entraîne dans un roman d'amour d'une rare intensité.
    Cette histoire est très émouvante de part les épreuves que devra traverser le couple aimant. Et puis par la présence de Katie qui semble perdue.
    Le récit de Suzanne nous parle de son histoire d'amour avec Matt et de la maternité avec délicatesse puis de la maladie.
    Le style de James Patterson permet une lecture fluide et envoûtante.
    Il n'y a aucun passage inutile, ni de longueur dans le texte. L'auteur maîtrise parfaitement l'essentiel afin de nous livrer une histoire poignante sans pathos.
    Les fans d'histoires sentimentales sauront apprécier ce roman assez vite lu.
    James Patterson livre avec émotion, et sincérité, l'histoire d'une renaissance, d'un espoir retrouvé après le chagrin et la tristesse de la perte d'un être aimé.

    Rendez-vous chez Tiffany
    L'amour ne meurt jamais


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  • Titre : « Passé imparfait »
    Auteur : Julian FELLOWES
    Genre : Roman
    Éditions : Sonatine
    Année : 2015
    Nombre de pages : 646

    Quatrième de couverture :

    Lorsque commence cette histoire, le narrateur est sans nouvelles de Damien Baxter depuis près de quarante ans. Inséparables durant leurs études à Cambridge, leur indéfectible amitié s’est muée en une haine féroce, suite à de mystérieux événements survenus lors de vacances au Portugal en 1970. Aussi, le jour où notre homme reçoit une invitation de Damien, la surprise est-elle de taille. Après des retrouvailles déconcertantes dans un magnifique manoir de la campagne anglaise où Damien vit seul, entouré de son personnel, ce dernier fait à son invité une révélation inattendue : il est atteint d’une maladie incurable et n’a pas d’héritier à qui léguer son immense fortune. À moins que... Quelques années auparavant, une femme lui a adressé une lettre anonyme dans laquelle elle prétendait qu’il était le père de son enfant. Une femme rencontrée entre 1968 et 1970. Damien propose alors à notre héros de partir à la recherche de ses anciennes conquêtes, cinq jeunes filles de bonne famille que les deux amis ont fréquentées dans le Londres des Swinging Sixties. C’est le début d’un voyage vers un passé plein de fantômes, de secrets et de révélations surprenantes.
    Retraçant l’évolution de la haute société anglaise depuis la fin des années 1960, Julian Fellowes dresse le tableau d’une classe et d’un pays en pleine mutation. Il nous offre surtout un personnage inoubliable qui, au rythme de révélations qui le bouleverseront tout autant que le lecteur, va peu à peu prendre conscience que si les temps ont changé, lui aussi. 

    Mes impressions :

    Le narrateur reçoit une lettre de Damian Baxter, un ancien copain de collège, ils se sont rencontrés en 1968 à Cambridge. Ils ne se sont pas vus depuis 40 ans. Jadis ils ne s'aimaient pas beaucoup. On devine qu'il y a une raison précise qui a abouti à une dispute entre eux à une certaine époque. Et qu'une chose violente a brisé leur relation !
    Dans cette lettre, Damian Baxter demande au narrateur de lui rendre visite, il a quelque chose d'important à lui dire.
    Le narrateur vit dans l'appartement cédé par ses parents à Old Brompton Road.
    Bridget sa compagne, femme d'affaires Irlandaise, est spécialisée dans l'immobilier. Lui est un romancier alors je ne suis pas étonnée de lire comment il décortique sa relation avec Bridget. Il s'exprime avec élégance.
    On discerne une certaine âpreté de la part du narrateur, qui pense être la cause et le responsable de la notoriété de Damian. Mais nous ne savons pas, nous lecteurs, de laquelle il fait allusion, il reste flou et mystérieux.
    Arrivé chez Damian, l'ambiance est digne d'Agatha Christie. La maison est remplie de richesse, il a un chauffeur, des domestiques et tout le protocole qui va avec.
    Damian a créé une société de logiciel informatique et apparemment cela lui a réussi. Il s'est marié mais n'a pas d'enfant.
    Il explique au narrateur qu'il voudrait retrouver son enfant. Il aurait eu cet enfant avec l'une de ses compagnes de l'époque, mais laquelle ? Il a eu cinq petites amies.
    Il veut retrouver cet enfant car il est atteint d'une maladie incurable et souhaite lui léguer sa fortune.
    Au travers de ses réflexions le narrateur nous livre ses convictions en nous dépeignant la société anglaise des années 60. Il pense que cette génération-là, les parents du début des années 60 n'avaient pas la même façon de penser que ceux d'aujourd'hui.
    La différence entre les générations est marquée, l'autorité parentale se traduit différemment.
    Puis le narrateur nous confie ce qu'il pense de sa rencontre avec Damian, quand ils étaient jeunes. Il nous le décrit comme un jeune homme au charisme déroutant.
    En 1960 il était fréquent que des cocktails, des teas party et des soirées soient organisés
    Il nous fait le récit des rencontres qu'ils y faisaient, ils nous parlent notamment de Serena, âgée alors de 20 ans, à la beauté froide. Jeune fille distante mais gracieuse faisant partie d'une caste restreinte. Son père était un comte.
    Georgina Waddilove, vient d'une classe aisée alors sa mère utilise l'argent de son mari pour corriger au travers de sa progéniture les défauts et les déconvenues de sa propre existence.
    Et puis Lucy Dalton jeune fille d'un baronnet, radieuse, jolie et drôle.
    Il y a beaucoup de descriptions dans ce roman. L'auteur se souvient de faits précis et nous les relate.
    Il y a des références historiques sur les coutumes et la société anglaise traditionnelle du XX ème . L'auteur dresse donc un portrait de l'Angleterre aristocratique des années soixante qui n'échappent pas aux traditions des bals de débutantes, et autres coutumes telles que les mariages arrangés, les fortunes, les titres héréditaires. Tour cela parfois avec ironie.
    L'auteur sait capter l'attention des lecteurs avec deux principaux mystères. Que s'est-il passé au Portugal il y a quarante ans, pourquoi les liens de cette bande d'amis se sont rompus ? Qui est la mère de l'enfant caché de Damian ?
    L'auteur est tantôt nostalgique, tantôt mélancolique et plutôt amer quand il nous parle de ses relations avec Damian.
    Il construit son roman pour que les lecteurs dès le début sachent à quoi ils s'attendent.
    Un événement en 1970 a brisé irrémédiablement l'amitié entre Damian et le narrateur mais lequel ? Le second suspense est celui de l'identité de la mère de l'enfant de Damian. Ce dernier a toujours eu des aventures éphémères et a rencontré de nombreuses femmes.
    Le narrateur va donc rencontrer les femmes susceptibles d'être cette mère énigmatique. Il va devoir rencontrer Serena, Candida,Terry, Candida, Joanna, Dagmar.
    L'auteur leur rend visite, une par une et ce sera l'occasion de dresser leurs portraits. Des femmes différentes, chacune avec leur charme et leurs drames personnels comme l’effondrement de leur monde, leur ruine financière et celle de leur famille.
    L'auteur semble accepter le cheminement de cette société, il est objectif quand il parle de ces aristocrates malgré tout sympathique mais hypocrites, suffisants dédaigneux et méprisants.
    L'ambiance de cette époque révolue est bien restituée.
    L'auteur nous embarque pour nous faire découvrir les aberrations, les mutations de cette époque et nous révèle que le temps passe et que nous ne pouvons y échapper !
    Il compose son roman avec des allers-retours entre passé et présent.
    Le suspense reste entier jusqu’au bout !
    Dans sa narration il nous livre ses pensées, ses envies, ses désirs, passés et présents. Il prend des décisions, les commente parfois avec humour. Au travers de ce retour en arrière, ce sont ses propres sentiments qui vont lui être révélés.
    Le style est appréciable puisqu'en concordance directe avec la société anglaise de cette époque.
    Un roman intéressant, instructif et d'un certain côté chaleureux.


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  • Titre : « L'histoire très ordinaire de Rachel Dupree »
    Auteur : Ann WEISGARBER
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2010
    Nombre de pages : 362

    Quatrième de couverture :

    L'été est caniculaire et la sécheresse fait rage en cette année 1917 dans le Dakota du Sud. Voilà 14 ans que Rachel et Isaac Dupree ont quitté Chicago pour tenter leur chance sur cette terre aride et inhospitalière. Pour Isaac, ancien soldat, le défi est à sa hauteur et il est motivé par sa fierté et son ambition implacables. Il est vrai que les familles noires sont rares dans l'ouest des États-Unis, et les fermiers et propriétaires de ranch de couleur encore plus. Mais la pluie se fait attendre, le bétail est mourant et les provisions s'amenuisent. Enceinte et luttant pour nourrir sa famille, Rachel se sent seule, isolée de bien des manières. Déterminée à donner à ses enfants la vie qu'ils méritent, Rachel devra trouver en elle la force de faire ce qui est juste, et ce en dépit de son mari.

    Mes impressions :

    Ce roman est un coup de cœur.
    Le parcours et l'histoire de cette femme m'ont profondément touchée.
    Rachel est une descendante d'esclaves, une femme, une épouse, une mère exemplaire et courageuse.
    Quand nous faisons sa connaissance, elle est une jeune fille et cuisine depuis huit ans pour Mme Dupree gérante d'une pension pour travailleurs nègres.
    Rachel tombe amoureuse d'Isaac le fils de Mme Dupree. Il est un soldat engagé et travaille dans un hôpital militaire dans l'armée. Alors qu'il est en permission, il explique à sa mère qu'il souhaite devenir propriétaire d'un ranch et éleveur dans le Dakota du Sud. Elle est totalement contre cette idée. Rachel a alors 24 ans et parce qu'elle est profondément amoureuse de lui elle va passer un marché, celui d'obtenir de lui une promesse de mariage contre la terre qu'il pourra réserver en son nom. Le mariage a lieu, les années passent, ils s'occupent du ranch et Rachel met au monde six enfants.
    Seulement, 14 ans après le constat est amer.
    Après la fierté d'être les premiers fermiers noirs des Badlands, à la tête d'un domaine et d'un cheptel et donc faire égal avec les pionniers blancs, leurs enfants souffrent de malnutrition et de déshydratation, la sécheresse fait des ravages, les bêtes meurent, les vivres s'épuisent.
    Mais par orgueil et obstination Isaac continue d'acheter des terres aux Indiens qu'ils méprisent, veut poursuivre son rêve alors que Rachel, elle, n'aspire qu'à rentrer chez elle à Chicago afin de préserver leurs enfants.
    Elle ne supporte plus l'isolement, les hivers rigoureux, la sécheresse qui se fait de plus en plus rude l'été. Dans la solitude et le remords, elle sait qu'elle devra prendre une décision, celle qui s'impose à elle en tant que maman.
    Ce roman est à lui tout seul, une belle leçon de vie et de courage.
    Cette femme va devoir faire preuve de sagesse pour préserver la santé et l'avenir de ses enfants.
    C'est un roman, très bien écrit, on ressent toutes les émotions de cette femme qui nous raconte sa vie, ses instants de bonheur, d'amour à travers des souvenirs. Elle nous livre également les moments douloureux, ses découvertes parfois décevantes du passé de son mari ainsi que de son caractère et personnalité mais elle ne s'y attarde pas.
    À cette époque, les femmes ne se permettent pas de contester les décisions de leur mari, elles doivent les accepter. L'ambition démesurée d'Isaac pourtant va la contrainte à prendre une résolution qui va bouleverser toute sa vie à venir.
    Ce livre est émouvant, poignant, déchirant. Il nous parle d'une femme qui toute sa vie durant va être sous la coupe de son mari mais qui va devoir apprendre à ne plus l'être.
    Je trouve Rachel exemplaire dans le courage face à l'adversité et face aux préjugés de son mari. D'abord ambitieuse, elle finit par douter de son choix passé d'aller vivre dans les Badlands, puis elle s'interroge et se remet en question et quand la vie de ses enfants est menacée alors elle va devoir faire ce qu'elle pense être le mieux pour sa famille, en sachant très bien que sa décision ne plaira pas à son mari.
    Ce roman parle très bien des premiers pionniers de l'Ouest américain dans les années 1917. La plume de l'auteur dépeint une femme extraordinaire, cependant elle ne nous raconte pas la vie des pionniers, les grandes étapes de leurs avancées ni de leurs grandes aventures, mais elle porte un regard sur une femme noire au destin douloureux et difficile qui devait se contenter de voir son mari fier d'elle, au détriment de grands sentiments amoureux.
    Les femmes dans cette société sont perçues comme des pions, alors qu'elles sont des piliers sur lesquels l'entourage prend appui.
    Avec un langage sobre, des pensées subtiles, l'auteure sait faire passer les émotions. Et je trouve ce roman très riche en impressions et sentiments.

    Un film est en tournage actuellement avec comme actrice principale Viola Davis


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  • Mon amie la douleur

    Titre : « Mon Amie ma douleur »
    Auteur : LANAHME Valérie
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova (Ebook)
    Année : 2017
    Nombre de pages : 102

    Résumé :

    Une opération bénigne au bas ventre en 2011 et le château de cartes s'écroule.
    Valérie, chef d’entreprise, est admise en maison de santé en novembre 2015, après 5 ans de souffrance. Avec un ton juste et sincère, elle dresse un portrait sévère du monde des chirurgiens. « Sur une échelle de 1 à 10, à combien situez-vous votre douleur? ». Elle dit 1000, on lui répond « tout est normal ! ». Elle préférerait qu’on lui découvre une maladie rare pour qu’enfin on la prenne au sérieux et que ses douleurs au ventre cessent.
    De rage d’abord, elle se met à écrire. Elle continue ensuite pour sa famille et pour tous les autres, afin de dédramatiser la dépression et le burn out, maladies de notre génération. Par ce livre, elle souhaite aider les proches des malades à les comprendre, à leur montrer qu’il existe des solutions, et que le soleil est seulement caché derrière les nuages.

    Mes impressions :

    Je remercie Mathieu des Éditions Librinova pour l'envoi de ce livre

    Ce livre est un témoignage poignant (et malgré tout écrit avec des notes humoristiques), qui retrace le parcours d'une femme, chef d'entreprise en proie à un burn-out sur fond dépressif.
    Je trouve ce récit très juste dans la façon de présenter ce mal qui peut ronger et écraser le malade jusqu'à l'affaiblir et l'anéantir psychologiquement et physiquement.

    Pour comprendre ce roman et saisir toute sa portée, il faut savoir que Valérie la quarantaine est une chef d'entreprise qui chaque jour se rend compte combien elle est une éternelle insatisfaite dans son travail.
    Elle ne parvient pas à se contenter de ce qu'elle a mais en veut TOUJOURS PLUS, d'ailleurs pour elle cette phrase est un leitmotiv. Cette attitude cache un besoin profond de se sentir vivante.
    Depuis qu'elle s'est lancée dans le métier et qu'elle est devenue chef d'entreprise, son mari et sa fille la soutiennent et lui témoignent énormément d'affection et de compréhension. Dans le milieu familial tout semble aller bien, mis à part peut-être les rapports avec son père et sa sœur. Comme dans toutes les familles parfois, il arrive que la communication ne passe pas bien. Pourtant un jour, après des mois, victime d'une douleur sournoise et intense, tout s'écroule.

    Dans ce texte écrit pour raconter son passage à vide, l'auteur nous explique dans un premier temps, sa personnalité, sa façon d'être avant la maladie, surtout dans ses études et son travail. Elle a un besoin viscéral de se sentir vivante et « existée ».
    Elle vient d'une famille recomposée. Quand elle est encore jeune, sa mère souffre de la maladie d’Alzheimer. Sa tante, quand elle devient elle-même mère, se préoccupe plus de son propre enfant
    Plus tard ses amis, sont ceux de son mari et elle s'en contente.
    Elle nous dresse donc un tableau de sa vie, avant la descente aux enfers, puis le point de chute et enfin nous explique la lente reconstruction qu'elle devra faire avec les compromis indispensables qui vont avec.
    Plus jeune, dans sa course à la reconnaissance, elle en oublie le monde qui l'entoure.
    Elle va alors accumuler dans un souci de satisfaction personnelle, sociale et de gain, les heures de travail, de pression, qui vont la conduire dans une situation de souffrance mentale et physique.

    Le rythme de ce récit est celui d'une course effrénée, rapide comme l'est la vie de Valérie d'abord en tant qu'étudiante sérieuse, puis en tant que chef d'entreprise.
    Les phrases sont courtes, ne laissent pas de place à la respiration, Valérie n'a pas le temps de souffler d'ailleurs ! Son ascension professionnelle lui demande beaucoup d'efforts au quotidien et elle en néglige sa fille et ses proches.
    Une opération bénigne va l'amener à s'interroger sur une douleur qui lui vrille le ventre depuis des mois, des années. Le ventre est notre deuxième cerveau paraît-il et Valérie va en faire le triste constat.
    Alors qu'elle a 40 ans, les médecins lui parlent de dépression et de burn-out, elle devra alors faire le choix de l'hospitalisation et d'un traitement chimique doublé d'une psychothérapie.
    Le thème de ce livre me parle, c'est pour cela qu'ayant vécu cela, je trouve que l'auteur emploie des mots justes, au plus près de la réalité des sensations.
    Sa peur de sortir, son exclusion familiale et sociale sont des signaux d'alerte mais au début elle ne va pas en tenir compte et continuera de se donner corps et âme à son travail.
    Pour rendre compte de son activité colossale au quotidien, l'auteur nous décrit la masse de travail accumulé en faisant un récapitulatif de ses grands moments professionnels et de son investissement personnel, ainsi que du stress accumulé. J'ai trouvé ces passages un peu trop longs car tous les chefs d’entreprise ne font pas de burn-out et tous ceux victimes de burn-out ne sont pas chefs d'entreprise.
    J'ai largement préféré les moments où elle décrit son quotidien dans la clinique, les méthodes, les astuces mises en place par l'équipe médicale pour sortir les patients de cette souffrance-là en prenant en compte ce qu'ils sont. (Ateliers chant et conte, médiation théâtrale, méditation, sensibilisation à la pleine conscience, atelier de Qi-Gong)
    Cependant cela n'enlève en rien l'authenticité et la rationalité des passages où elle parle de comment le trop-plein de travail l'a amenée à la tension permanente et à la douleur chronique.

    Les rendez-vous avec les psychiatres de la ville et de la clinique vont l'aider à traverser cette période.
    Elle comprend qu'ils ne lui apporteront pas les solutions sur un plateau, ni les réponses à ses nombreuses questions. Elle sait bien que les explications, les solutions qui sont liées aux causes, sont en elle, car elles dépendent du vécu et du caractère. Elle va devoir trouver le moyen qui lui conviendra le mieux. Valérie va passer par une baisse de la quantité de travail, un mi-temps puis un arrêt total. Il y aura aussi l'adoption de Lanah, un chiot qui va l'obliger à prendre soin de quelqu'un d'autre qu'elle-même.
    Ainsi elle va comprendre peu à peu les causes et les raisons de son mal-être et de sa douleur physique.
    Les techniques de thérapie présentées tout au long du livre, donnent des indices sur comment peut-être soigné une dépression et je trouve ce passage-là fort instructif.

    Valérie rétrospectivement s'accorde à dire qu'elle et victime d'un burn-out dans un contexte de dépression. À force de créer des barrières autour d'elle pour se protéger, elle a construit une prison. Elle va devoir apprendre à lâcher prise, reprendre sa vie en main, avec l'aide de ses proches, va devoir ne pas se soucier du regard des autres.
    Pendant plus d'un an elle devra apprendre à réécrire sa vie et elle le fera même sur papier afin d'exorciser ses angoisses et partager son expérience qui sera sans doute fort utile à d'autres.
    Après avoir trouvé l'origine de son mal-être et comment vivre avec ce dernier, elle va tenter de retrouver une certaine liberté.

    Je conçois que ce livre est un formidable exutoire à l'auteur qui lui permet de rebondir. Sa douleur est d'abord son ennemi mais c'est elle, en tant qu'amie qui va lui permettre de tirer sur la sonnette d'alarme.
    Ce livre nous aide à comprendre les victimes de la pression professionnelle.


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  • « Rose-thé et Gris-souris » de Marie-Catherine DANIEL

    Titre : « Rose-thé et Gris-souris »
    Auteur : Marie-Catherine DANIEL
    Genre : Roman
    Éditions : Milady Littérature (Ebook)
    Année : 2014
    Nombre de pages : 123

    Résumé :

    Elle, c’est Gertrude, une comptable.
    À peine débarquée à la Réunion, elle traîne derrière elle un bagage un peu trop lourd à porter et aimerait se fondre dans le paysage. Elle a décidé que le rose-thé et le gris-souris étaient les bonnes couleurs pour se faire accepter dans le supermarché où elle travaille.
    Un supermarché dont le patron, François, est autant du genre à exiger des heures sup le samedi matin... qu’à lui offrir Le Grand Livre d’Or de la Poésie Réunionnaise.
    Lui, c’est Dégage. Un chien errant.
    Il vient de perdre toute sa famille. Mais il n’est pas désespéré : il va fonder un nouveau clan ! Il a justement repéré une humaine fort sympathique, qui ne « l’appelle » pas quand il se met à la suivre.
    Gertrude a peur des chiens, elle n’apprécie pas du tout qu’un clébard squelettique et galeux s’attache à chacun de ses pas.
    Pourtant, c’est grâce à lui qu’elle apprendra peu à peu à redonner une chance aux autres et à la vie..

    Mes impressions :

    Un livre rafraîchissant, qui parle de deux solitudes. Celle de Gertrude 27 ans, comptable dans une grande surface à la Réunion depuis trois semaines et celle d'un chien errant, qui se nomme Dégage.
    Rose-thé et gris-souris est donc l'histoire de cette jeune femme blessée par la vie qui s'attache peu à peu à un chien errant, lui même en quête d'amour, de tendresse, et qui espère trouver un foyer chaleureux.
    Cependant Gertrude voit bien que le chien la colle mais elle a peur des « clébards » depuis la maternelle alors elle décide de le confier à la SPA.
    Pourtant lui est tenace et déterminé à conquérir le cœur de la jeune femme ; il mettra beaucoup d'ardeur à se faire accepter et ne lui tiendra même pas rigueur quand elle l'amènera à la SPA. Cela va lui permettre d'ailleurs de rencontrer une petite chatte, avec laquelle il se lie d'amitié.

    Le narrateur est alternativement Gertrude et Dégage. Ils racontent tour à tour leurs ressentis sur leur rencontre mais pas seulement, car ils nous livrent leur quotidien qui n'est pas toujours très rose.
    En ce qui concerne leur rencontre, elle est perçue différemment. Lui interprète positivement les actes de la femme qu'il espère être sa future maîtresse, pourtant Gertrude ne veut pas adopter de chien. Elle a tendance à rejeter Dégage, et à passer à côté de lui sans s'attarder. Elle l'évite, elle le fuit même et lui s'accroche, et imagine que ce n'est pas totalement perdu.
    Un dialogue silencieux se crée entre eux.
    Gertrude, tente de s'intégrer dans son nouvel emploi mais elle se sent différente dans ses vêtements peu coûteux, choisis, dans les tons gris-souris et rose-thé afin de ne pas trop se faire remarquer et se fondre dans la masse.
    Dégage est si pelé et si eczémateux qu'on devine à peine qu'il est censé être noir et blanc....
    Et puis il y a leur entourage, Gertrude, non sans appréhension se lie d'amitié avec ses collègues, et puis le patron assez timide va lui parler et même l'inviter à sortir avec lui....mais qu'adviendra-t-il ?

    Tout est léger ou presque dans ce roman sans prise.
    Malgré le fait qu'un chien se retrouve seul après l’éradication de ses camarades et malgré l'évocation des absents, comme, Tao, un ami de Gertrude à qui elle pense souvent avec nostalgie et affection, le passé pesant de Gertrude n'alourdit pas l'ambiance de ce roman touchant et bouleversant.
    L'humour particulier de Gertrude, sa façon de concevoir les événements avec naïveté, sans ornement nous la rende attachante. Elle est naturelle et modeste.
    Dégage est marrant, on s'imagine très bien ce petit chien à l'allure convaincante.
    Au final, Dégage, va redonner la force à Gertrude de s'ouvrir aux autres, accepter de faire des rencontres, et avancer dans la vie.

    Ce roman dégage sans jeu de mots, de l'humour de la tendresse et de la générosité, ainsi que de l'humilité.
    Il est empli de tendresse, de sensibilité. Les situations et les personnages ne laissent pas indifférents parce qu'ils sont singuliers, vrais, loyaux et sincères.
    Le dénouement laisse entrevoir un futur, plutôt rose pour les personnages et cette note d'espoir fait du bien.

    A lire en cette fin d'année maussade....


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