• Titre : « Le voleur de bonbons »
    Auteur : Gilbert BORDES
    Genre : Roman
    Éditions  : Robert Laffont
    Année  : 2002
    Nombre de pages  : 247
    ISBN : 978-2221096260


    Quatrième de couverture :

    Douze ans, pas franchement beau, il ne fiche rien à l'école. A l' occasion, il chaparde. “On n' en fera jamais rien” se lamente sa grand-mère. Tout le village est bien de cet avis.
    Il s'appelle Matthieu. Arrive Manon. Ils ont le même âge. Lui, éclatant de santé; elle, gravement malade : leucémique. Pour lui faire plaisir, pour amener un sourire sur ses lèvres pâles, il lui fait des cadeaux : une pochette-surprise, des bonbons, un stylo en or, un collier, un briquet - tous volés bien sûr- : leur trésor. Et, parce que Marion lui a dit qu' elle se sentait mieux lorsqu' elle avait communié, un jour il va trop loin. Le ciboire et les hosties consacrées disparaissent. Scandale!
    Cinq années dans un centre d' éducation surveillée, et Matthieu est libre. Il n'a cessé de penser à Marion; il la retrouve. La maladie n' a pas abandonné la jeune fille; Matthieu ne l' abandonnera pas non plus. Il ira jusqu' à Villejuif, pour, à force d' attention, de tendresse, la ramener à la vie - et se sauver lui-même...

    Mes impressions :

    Matthieu naquit en 1948. Quand sa mère meurt d'une leucémie il est recueilli par sa grand-mère et son grand-père Pauline et Gustave qui vivent à Peyrolles et l'élèvent . Ils ont un fils Armand, le père de Matthieu qui vit avec eux.
    Matthieu a un caractère difficile, donne du fil à retordre à son entourage. Il a un don, il chante très bien
    En 1960 arrive Marion une petite voisine de son âge qui est malade comme l'était sa maman. Honorine et Albert ses grands-parents, l'accueillent dans l'espoir chez eux que l'air de la campagne lui fera du bien.
    La première rencontre entre Matthieu et Marion n'est pas une réussite... Elle se moque de lui, de son physique ingrat, de ses grandes oreilles et de sa laideur. Mais lui est attiré par cette petite fille qui traverse ce que sa mère a traversé et qui en est morte.
    Matthieu surnommé tétard ne fait rien à l'école, il est un garnement, il chaparde les commerçants, passe son temps à faire des bêtises...Il est un écorché vif mais sensible au fond de lui et perçoit l'injustice de la vie.
    Il rencontre Flamant un vieil homme solitaire. Un ancien soldat qui vit dans une roulotte désaffectée loin du village. Ce dernier va l'aider plus tard à envisager de passer son bac. Ils auront une amitié sincère l'un et l'autre. Rejetés tous les deux par les villageois, ils vont se serrer les coudes.
    Matthieu et Marion finissent par devenir amis, ils s'attachent l'un à l'autre. Pour lui prouver son amitié et l'aider à guérir, il est à l'origine de petits larcins, qui seront comme des cadeaux : des bonbons, des bijoux...il se sent existé grâce à Marion. Il a un but dans la vie, lui faire oublier sa maladie. Il lui apporte un certain apaisement et une complicité se crée entre eux. ...Elle a l'impression que grâce à lui la maladie s'éloigne. Un jour il va trop loin et vole des hosties pour Marion puisque étant croyante elle imagine qu'en manger la délivrera du fardeau de la maladie... mais ce sera un larcin de trop. il est envoyé dans un centre de redressement, il y restera 5 ans.
    En deuxième partie, on retrouve Matthieu qui sort enfin du centre de redressement... Il a changé et a acquis de la maturité. Il retourne à Lachaud mais les villageois ont encore de l'hostilité envers lui. Personne n'a oublié ce garnement, il est le mal venu. Lui n'a jamais oublié Marion. Il revient pour elle. La revoir va le bouleverser, mais tout ne se passe pas comme il le rêvait....
    La troisième partie décrit leurs deux destins qui vont finir par se croiser et se retrouver pleinement....Mais Marion malgré ses cures de chimiothérapie n'est pas encore assurée de guérir....

    Cette histoire est touchante, avec des personnages entiers, meurtris, différents les uns des autres mais qui apportent chacun une dimension au roman.
    J'aime beaucoup les livres de Gilbert Bordes parce que dans un environnement difficile il parvient à y glisser de la chaleur, de la douceur, de l'émotion et nous émeut....Ses personnages sont souvent déterminés, combatifs même s'ils sont témoins de coups dûrs que leur fait la vie. L'espérance est pour cet auteur un maître mot. Il s'implique dans ses histoires.
    Il sait passer d'un récit sombre à un récit plus gai. Comme l'est la vie.
    Grâce à son style vivant, épuré et une écriture limpide il nous entraine dans ses histoires et on prend plaisir à les lire. On se laisse emporter dans l'aventure. Lire Bordes est comme retourner aux sources, à la liberté, l'innocence.
    Cette histoire est belle, bien qu'elle soit triste par bien des égards. Elle parle de générosité, d'amitié d'amour, de combativité et de revanche sur la vie avec beaucoup de poésie....
    Je regrette que la fin soit un peu précipitée et qu'elle ne nous offre pas plus de magie...
    Ce livre est l'objet d'une relecture et j'avoue que je suis toujours aussi admirative du style de cet auteur qui sait où se situe l'essentiel.

    BORDES Gilbert, Le porteur de destins 

    BORDES Gilbert, Le silence de la Mule

    BORDES Gilbert, Le chat derrière la vitre

    BORDES Gilbert, Les Terres brûlantes

    BORDES Gilbert, Juste un coin de ciel bleu

    BORDES Gilbert, Le chemin de Peyrelongue
    BORDES Gilbert, Les vents de la liberté

     


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  • « L'enfant de tous les silences » de Kim EDWARDS

    Titre : « L'enfant de tous les silences »
    Auteur : Kim EDWARDS
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2008
    Nombre de pages : 575


    Quatrième de couverture :

    "Notre petite fille est morte à la naissance."
    Ces mots terribles que prononce le docteur David Henry à sa femme Norah par une nuit de tempête de neige effroyable, scellent à jamais leur destin. A cause du temps, David doit accoucher lui-même sa femme. Il y aura d'abord un garçon, en parfaite santé, puis une fille, visiblement atteinte du syndrome de down. En un instant, David, pensant agir pour le bien de tous, prend une décision tragique. Il confie la petite fille à Caroline, son infirmière, qui doit la mener dans une institution spécialisée, et annonce à Norah que le bébé est mort. Mais Caroline choisit de sauver la petite et de l'élever comme son propre enfant...
    Un roman parfaitement maîtrisé qui traite des secrets de famille, de la perte d'un enfant, du pouvoir de l'amour.

    Mes impressions :

    Nous sommes en 1963, David 33 ans est un chirurgien orthopédique brillant et reconnu. Sa femme Norah n'a que 22 ans quand par un soir de tempête, l'obstétricien étant bloqué par la neige, c'est David lui même avec l'aide de son infirmière Caroline qui va accoucher ses enfants...Paul naît en premier, un beau petit garçon puis quelques minutes plus tard vint sa jumelle Phoebe.
    Phoebe est atteinte de mongolisme, pour protéger sa femme et lui éviter de futures souffrances morales, David prend une décision radicale qui va résonner toute sa vie durant. Après la péridurale, il dit à Norah que l'enfant est mort-né. Il demande alors à Caroline de prendre l'enfant et de la confier à une institution mais une fois sur place, Caroline ne peut s'y résoudre...
    Partagée et tiraillée entre sa conscience, sa bienveillance et ses responsabilités, après de nombreuses tergiversations, elle décide de garder l'enfant de l'élever comme sa propre fille et de partir loin.
    Caroline a toujours été amoureuse secrètement de David, et cette enfant réveille en elle son instinct maternel.
    Le soir de la naissance, Caroline rencontre Al, un routier, alors qu'elle est en difficulté, en panne d'essence sur un parking, elle ne lui dit rien à propos de l'histoire de Phoebe mais un attachement entre eux trois se crée très vite.Al est un homme attachant,il doit reprendre la route après une nuit glaciale... Ils se retrouveront des mois plus tard.
    Norah quant à elle va vivre avec la perte d'un enfant et elle ne s'en remettra jamais complètement.
    Elle regrette de ne pas avoir vu sa fille à la naissance...Elle ressent comme un manque en elle, qui la poursuivra sa vie durant.
    Paul également vivra très mal la perte de sa sœur jumelle, cela se ressentira tout au long de sa vie et sous le poids du secret les conflits avec David, seront nombreux.
    Il se passionnera pour la musique alors que son père lui, préfèrerait un avenir prometteur pour son fils.

    1965 : la « mort » de Phoebe est toujours une grande douleur pour Norah.
    Caroline est embauchée par Dothy comme dame de compagnie de son père. Léo un homme malade et aigri. Une solide amitié naît entre les deux femmes. Cette dernière loge chez Dothy à Pittsburgh
    et le temps passe... les années défilent...jusqu'en 1989 avec des rebondissements, des événements, parfois des drames.

    J'avais hâte à chaque page de connaître le destin de cette petite fille et de sa mère par substitution,
    Et de me nourrir des rencontres improbables que nous offrent l'auteur.
    Le récit est une alternance entre le celui de la vie actuelle de Caroline et de celui de Norah, deux femmes, deux mères. Leur lien ? Phoebe.
    Le récit se déroule sur une longue période, de 1964 à 1989, au fil des années, chacun des personnages évolue avec ses blessures du passé, ses fardeaux, ses sentiments parfois mitigés, ses tourments. Chacun grandit et devint mature. Il y a de la force en lui et parfois de la faiblesse ; tous sont émouvants et crédibles.

    L' histoire de ce roman est celle de deux familles, déchirées par le poids du secret.
    Ce roman apporte aussi un regard sur le handicap mental, et la place d'un enfant différent dans une famille.
    Il reflète aussi ce que les non-dits, les secrets de famille peuvent amener de tourments dans une vie, et comment une seule seconde peut changer le cours du destin.
    Ce roman est un coup de cœur, j'ai pris plaisir à découvrir les personnages et les voir avancer, cheminer, respectivement. Il y a dans ce roman également de l'humanité, de la solidarité et du courage.
    Dans la seconde partie du roman, l'histoire de David, Norah et Paul est plus présente que celle de Phoebe et de Caroline mais au final nous retrouvons les deux familles qui par la force des choses et le courage de Caroline vont les faire se rassembler....
    Ce livre est très bien écrit, le déroulement parfaitement maîtrisé.
    C'est une histoire d’amour de parentalité, de choix dans un style agréable qui respire l'authenticité.
    Ce roman nous donne une leçon de vie et nous fait reconsidérer positivement la trisomie 21.
    Ce n'est pas un roman sur cette maladie mais sur la conséquence de geste impulsif et irréfléchi, sur la place des enfants différents, sur le désarroi des parents quant à l'avenir des enfants malades et leur intégration dans la société dite « normale ».
    Un roman très riche émotionnellement, je vous le recommande si vous aimez ce genre d'histoires.

     


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  • Titre : « Le Père David, l'Impératrice et la Panda »
    Auteur : José FRECHES
    Genre : Roman
    Éditions : XO éditions
    Année : 2017
    Nombre de pages : 456

    Quatrième de couverture :

    Un grand roman épique.
    L’histoire passionnante d’un animal devenu une légende « Vous le connaissez tous, avec sa splendide livrée noir et blanc, son air bonhomme, son appétit insatiable et sa démarche rigolote… le panda ! L’ami des enfants et le symbole de la préservation de la nature… Ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’un missionnaire français, le père Armand David, en 1869, est à l’origine de sa découverte. Sans lui, le panda aurait été décimé par la chasse et la déforestation. C’est en m’inspirant de cette histoire vraie que je vous invite à me suivre jusqu’aux forêts du Sichuan, le territoire du panda géant, à remonter le fleuve Bleu, à explorer la fabuleuse Cité interdite et Shanghai la mystérieuse, sur les traces de mon héros, le père David Etcheparre, à la rencontre de l’impératrice Cixi et de Fleur de Sang, une jeune fille amoureuse des pandas. Ensemble, nous découvrirons une Chine plus mystérieuse que jamais, soumise à tous les assauts, rongée par l’opium et pourtant insubmersible… mais aussi cet animal magnifique, dont le pays a fait l’un de ses principaux ambassadeurs. »

    Mes impressions :

    Une fois de plus je remercie Mélanie Rousset des Editions XO pour cette découverte. 

    L'histoire se déroule en 1865.
    L'auteur au fil de pages nous décrit les personnages de cette aventure.
    Le père David est lazariste, il se dirige vers Tiangin, le port de l'empire du soleil levant, en Chine. Sa mission : rouvrir les écoles et les orphelinats en Chine. Il se passionne pour l'étude de la flore et de la faune depuis sa plus tendre enfance.
    Il est né le 18/10/1837, son père décède alors qu'il n'a que 8 ans, c'est pour cela en partie qu'il décide de devenir missionnaire, il veut enseigner les sciences naturelles.
    Fleur de sang a 16 ans ; elle fait partie d'un peuple de chasseurs-cueilleurs : les Yi. Avec son petit frère Urdu ils passent beaucoup de temps dans la foret de Sichuan. Leur mère est morte à la naissance d'Urdu, leur père Tête de bœuf est un chasseur. Quant à elle, elle déteste cela !
    Avec son jeune frère, ils sont proches de la nature et ressentent la grande unité du vivant. Elle tient à ce qu'il soit protégé de la véracité des humains.
    Elle a une fascination pour les ours-chat (panda), elle a une connaissance intime de ces animaux attachants qu'elle trouve marrants dans leur posture.
    Elle rencontre le père Etcheparre lorsqu'il est en mission et à cette occasion elle lui explique la façon de vivre de ces ursidés, leur personnalité, leur caractère et leur particularités animales. Et puis elle veut protéger une jeune femelle Pim-Pam.
    Marcel Moudart voyage avec David, c'est un Monseigneur. C'est l'administrateur de la Chine du Nord en 1854. C'est aussi le vicaire apostolique de Mongolie.
    Aujourd'hui il est un évêque. Il considère la Chine comme une immense friche dans laquelle l’Église catholique doit semer la parole de Dieu. Il se soucie peu de la culture de ce pays, de ses personnalités, et de son héritage culturel.
    En France Adrien Pincus-Chanteras est un zoologue et entomologiste, sa femme Laura est professeur de mandarin au collège chinois. C'est Moudart qui leur a présenté David.
    Et puis il y a l'impitoyable impératrice Cixi, son fils Tongzhi est un peu bêta mais elle veut en faire un empereur digne de ce nom.
    Cixi estime que la Chine a à apprendre de l'Occident. Elle s'entoure de personnes qu'elle choisit avec intérêt.
    Cixi veut tout savoir sur les ours-chat, qui représentent le Yin et le Yang et vivent dans la forêt de Sichuan. Elle souhaite en adopté un.
    Son ambition est de montrer au monde combien la nature de la Chine est belle. Elle souhaite créer un musée des oiseaux de Chine, à l'intérieur de son palais.
    Elle va faire le lien entre le père David et Fleur de sang.
    Odval est une jeune fille de 17 ans. Attun sa gouvernante lui révèle qu'elle est la fille d'une Princesse Mongole. Pourquoi son père adoptif Sambda ne lui a jamais dit la vérité ?
    Son vrai père est un mandarin Dang Luo aujourd’hui il est aussi décédé... victime d'un guet-apens.
    Philippe, est sourd et muet, il a 20 ans, sa mère l'a abandonné à sa naissance devant un orphelinat lazarin.
    Moudart l'a baptisé et en 6 ans il a appris le mandarin malgré son handicap. Grâce à David, Philippe et Odval finissent même par se marier.
    Père Delacroche 62 ans abuse de l'opium pour calmer ses douleurs physiques et morales qui sous son effet s'évanouissent. À cette époque l'opium fait des ravages dans les milieux populaires.

    Ces nombreux personnages sont tous importants pour le récit et contribuent à l'histoire chacun à sa façon. Ils finissent par se rencontrer, se croiser. Chacun a une influence sur l'autre.
    Ils sont tous liés et œuvrent ensemble à la protection de la nature.
    Pendant son périple, David est envoyé en Mongolie pour y prêcher la bonne parole et distribuer les sacrements, afin d’œuvrer pour le salut des âmes tartares.
    Il visite plusieurs contrées au gré de ses missions et de ses attachements.

    Dans ce roman fort documenté, beaucoup de faits historiques et culturels y sont relatés. On sent bien que l'auteur est un passionné de la Chine et qu'il l'a beaucoup étudiée. Il y raconte également l'histoire des religions, les différents courants religieux, ainsi que la vie de certaines personnalités.
    Il nous parle de la civilisation de la chine, de ses coutumes, de sa végétation, de sa langue non alphabétique avec des milliers d'idéogrammes, David est un défendeur de cette culture.

    L'histoire tarde à se mettre en place. On se demande où veut en venir l'auteur. J'ai l'impression que l'histoire n'est pas un roman mais simplement une étude à grande échelle sur la Chine.
    Le scénario est assez minimaliste; je m'attendais vu le titre à une rencontre beaucoup plus insolite entre un Père, une Impératrice et un Panda qui serait beaucoup plus explicité et décrite.
    Ce livre nous raconte en majorité les pérégrinations de David. Il visite plusieurs contrées et y la connaissance de personnes intéressantes. David part aussi pour Sichuan, dans la forêt dans laquelle il est subjugué par la flore mais aussi par une famille panda.
    Dans cette forêt il y rencontre Fleur de Sang, passionné par les ours-chats. Elle lui présente une famille de Panda et il s'y attache au point de se mettre en tête d'acheminer un couple de Panda jusqu'à la ménagerie du jardin des plantes de Paris afin de les protéger car cet animal est une espèce en voie d'extinction. Il faut le protéger.
    Grâce à Cixi cet animal deviendra l'emblème de l'empire du milieu et Pim Pam sera acheminé dans son zoo personnel.
    Cette histoire est fictive mais elle s'inspire de faits réels. Le père Armand David a vraiment existé, il découvre en 1869 le panda géant ; l'auteur nous narre son histoire de façon romancée mais il respecte le contexte historique et d'ailleurs, ce roman est fort bien renseigné. Nous découvrons la Chine de cette époque-là.
    De même nous voyons que l'auteur a enquêté et étudié le rôle des missionnaires et savants occidentaux de cette période. Leur savoir d'ailleurs a permis à la Chine d'étendre sa culture.
    J'espérais que ce livre nous parlerait un peu plus généralement des pandas et qu'il raconterait une histoire un peu plus émouvante. Je suis un peu déçue car il ne se passe pas grand-chose.
    Par contre il est indéniable que les amoureux de la Chine aimeront ce roman fort passionnant, notamment sur la Chine du XIX ème siècle.
    L'auteur nous parle aussi de ces missionnaires occidentaux (lazaristes et jésuites) qui veulent convertir une grande majorité de personnes.
    L'auteur également évoque les relations faites d'incompréhension entre le monde occidental et le monde Chinois.
    Ce roman et son personnage principal sont une ode à la nature.

     


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  • Titre : « De beaux jours à venir »
    Auteur : Megan KRUSE
    Genre : Roman
    Éditions : Denoël
    Année : 2016
    Nombre de pages : 374

    Quatrième de couverture :

    Depuis des années, Amy subit la violence de Gary. Jusqu’au jour où elle reçoit le coup de trop et décide de s’enfuir avec ses deux enfants, Jackson, dix-huit ans, et Lydia, treize ans. Premier arrêt au Starlight, motel crasseux qui va leur servir de refuge. Tous les trois s'endorment sereins et soulagés, mais au petit matin Jackson a disparu. Croyant gagner l’amour d’un père qui le rejette, il est retourné chez eux et a trahi sa mère et sa sœur en révélant à Gary l’adresse du motel. Amy se rend alors à l’évidence : si elle veut assurer sa sécurité et celle de Lydia, elle va devoir abandonner son fils. Cette séparation brise le cœur de la petite fille, très attachée à ce frère doux et différent. Jackson, de son côté, doit désormais se débrouiller seul, tiraillé entre la recherche désespérée de l’amour paternel, sa culpabilité et sa difficulté à gérer son homosexualité naissante.
    De beaux jours à venir est un roman terriblement juste, touchant et sans complaisance, sur la famille, les sacrifices que l’on peut faire en son nom, et leurs conséquences. Un chef-d’œuvre où l'émotion prend à la gorge à chaque page.

    Mes impressions :

    L'histoire se déroule en 2010 avec dans le récit quelques retours au passé.
    Amy, la mère se rend bien compte que Gary n'est pas l'homme qu'elle a cru épouser. Même si elle avait un doute dès le départ, elle voit bien qu'il a changé....Gary est violent, manipulateur, trop souvent sous l'emprise de l'alcool, elle sait qu'elle doit prendre une décision et fuir pour protéger ses enfants.
    Jackson son fils âgé de 18 ans, un peu ambivalent est sous l'emprise de ce père dont il recherche un peu la reconnaissance. Dans un premier temps il se sauve avec sa mère et sa sœur mais il reviendra vers son père, et trahira Amy et Lydia pour finalement partir définitivement loin de ce géniteur brutal et sans scrupules. Il tente d'accepter et de vivre avec son homosexualité naissante et se prostituera.
    Lydia qui a 13 ans aujourd'hui est attachée à ce frère, qu'elle devine mal dans sa peau. Elle est une jeune fille intelligente et sensible.
    Les souffrances physique et psychologique qu'engendrent ce genre d'atmosphère de violence sont palpables et bien senties puis décrites par l'auteure.
    Son récit navigue entre les années 2006 et 2010. Dans un premier temps l’intérêt de ce livre réside dans les différentes perceptions des personnages, leurs sentiments, leur façon de voir la vie, leur façon de surmonter leur mal-être et leurs difficultés.

    Ce livre est noir, sombre, douloureux. Il traite de sujets qui ne le sont pas moins, comme les violences conjugales, l’alcoolisme, la drogue, la difficulté pour un jeune homme de 18 ans d'assumer son homosexualité. Certes c'est un livre qui n'est pas joyeux. Pourtant derrière chaque phrase j'ai pu y déceler une note d'espoir, un revirement de situation pour Amy, Jackson et Lydia.
    Tour à tour ils expriment leurs craintes, leurs peines, leurs combats sous la plume stylée et fluide de l'auteure, néanmoins évocatrice de la torture mentale qu'ils subissent chaque jour.
    Le narrateur change donc à chaque chapitre. Le récit est structuré par des années, des dates et chaque personnage s'y exprime. Cela m'a paru quelquefois brouillon car le présent se mêle au récit du passé mais dans l'ensemble cela permet de s'imaginer pourquoi la famille en est arrivé à un tel degré d'incompréhension et d'affliction. Amy y raconte sa rencontre avec Gary alors qu'elle n'a que 17 ans, sa fuite avec lui, son mariage et puis ses désillusions.
    Jackson dépeint sa culpabilité, mais aussi son mal être face à son homosexualité avec des rencontres opportunistes ou sentimentales.
    Quant à Lydia elle parle de sa petite enfance au sein d'une famille particulière, la peur de son père violent et de son frère « différent ».
    Tous les trois ont le même projet celui de se libérer d'un homme abusif et néfaste.
    L'auteur décrit l'enfer familial avec des mots parfois durs et crus. Elle ne fait pas toujours dans la douceur et la tendresse.
    Elle parle avec force de la maltraitance psychologique, des violences conjugales mais aussi de l'homosexualité et des dépendances en tout genre.
    Étant assez sensible, certains passages je l'avoue m'ont ébranlée.
    Ce roman reste un roman intense dans lequel on tente de percevoir à chaque phrase ce qu'il va advenir des trois personnages. Ils sont guidés par des émotions et des sentiments différents
    Amy est une femme protectrice, courageuse.
    Lydia semble perdue dans cet univers fait de violence puis de fuite. C'est une fille sensible et aimante envers son frère.
    Jackson, lutte contre sa culpabilité et accepte peu à peu son homosexualité.
    Ce récit est sombre, dur. Megan Kruse est attachée à ses personnages, cela se sent, elle les décrit de façon délicate et tendre, sans les juger.
    On a envie que chacun d'entre eux trois trouve sa place et un peu de sérénité c'est ce qui m'a poussé à aller au bout de cette lecture bouleversante.


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  • Titre : « Peut-être une histoire d'amour »
    Auteur : Martin PAGE
    Genre : Roman
    Éditions : éditions de l'Olivier
    Année : 2008
    Nombre de pages : 204

    Quatrième de couverture :

    Virgile a l'habitude d'être délaissé par les femmes qu'il aime, c'est même une " certitude plus grande que la gravitation ". Mais cette fois, il s'apprête à vivre une expérience autrement plus déconcertante : de retour chez lui après une journée de bureau, il trouve sur son répondeur un message de Clara lui annonçant qu'elle le quitte. Or, il n'a aucun souvenir de cette dénommée Clara. Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu'il ne connaît pas. Peut-être une histoire d'amour est une comédie romantique dont Virgile est le héros décalé. Rebondissements et quiproquos se marient aux réflexions sur l'amour et pimentent cette fable pleine d'esprit.

    Mes impressions :

    Virgile vit et travaille à Paris, ses parents viennent du cirque.
    Aujourd'hui il œuvre dans une agence de publicité, il est reconnu pour ses qualités professionnelles.

    L'entrée en matière du scénario m'a paru plutôt loufoque et surprenante : Virgile reçoit un message sur son répondeur, Clara, le quitte alors qu'il n'a jamais eu d'histoire entre eux, il est célibataire et ne connaît pas intimement de Clara, sauf une qu'il a croisée dans une fête.
    Le lecteur imagine alors toutes sortes de possibilités crédibles entre la réalité et la fiction.
    Virgile est en plus hypocondriaque et dépressif chronique avec des amours tragi-comiques, il consulte trois fois par semaine une psy.

    Je trouve que Virgile est une caricature, il est même pathétique. Mais au fil des pages on finit par comprendre d'où vient son inconsistance : il ne souhaite pas s'attacher aux gens pour ne pas avoir peur de les perdre.
    Certaines scènes sont déplorables comme par exemple celle où il descend dans la rue avec son répondeur près de son cœur après l'avoir débranché.
    Il est assez décalé, tourmenté, surprenant, excentrique, il a un comportement excessif, il m'a même agacé à certains moments.
    Pourquoi Clara femme qu'il a entrevue dans une soirée, cherche à lui faire croire qu'ils ont été ensemble ? Cet événement le rend touchant aux yeux de ses ami(e)s.
    Ils vont alors prendre soin de lui après cette « séparation », ils vont le soutenir. Il joue le jeu de l'homme abandonné et en tire une certaine satisfaction, il joue un rôle pour être accepté et aimé.
    Au fil de son questionnement personnel et intime, il découvre que ne pas s'attacher permet de ne pas souffrir, et je pense que l'auteur a voulu faire passer le message que vivre est aussi agir, prendre des risques, ne pas rester sur des craintes d'un hypothétique avenir.
    « Il n'y a qu'un seul moyen pour ne jamais risquer de perdre ceux que nous pourrions aimer, c'est de ne pas les laisser entrer dans nos vies » mais en vivant ainsi on passe à côté des choses de la vie, de ce qui la compose et la rend intéressante, on s'interdit de s'enrichir.

    Le style est assez confus, curieux, l'auteur joue avec les mots, les situations sont plates sans rebondissement, il les accentue et l'ensemble est à mes yeux assez inconséquent, insipide.
    L'intrigue se déroule sur 15 jours à peine, c'est peu.
    La fin est décevante, inachevée. Je n'ai pas aimé ce roman, il est creux, vide comme son personnage principal. Il ne se passe pas grand-chose. Je suis sans doute trop négative mais voilà, sans doute que ce livre plaira à d'autres lecteurs qui préfèrent la légèreté.

    Comment je suis devenu stupide


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  • « Cours du soir » de Maeve BINCHY

    Titre : « Cours du soir »
    Auteur : Maeve BINCHY
    Genre : roman
    Éditions : France loisirs
    Année : 1997
    Nombres de pages : 611

    Quatrième de couverture :

    Aidan Dunne, professeur à l'école de Mountainview, à Dublin, est chargé d'organiser des cours du soir réservé aux adultes. Une vraie gageure car, en général, ces cours n'attirent que peu d'élèves, dont l'assiduité s'émousse au fil des mois. Aidan s'attache cependant à sa mission et trouve la perle rare en la personne de Nora O'Donaghue.
    Récemment rentrée de Sicile, où elle a passé près de quinze ans, Nora, engagée comme professeur d'italien, se révèle une pédagogue extraordinaire, qui ne se contente pas d'enseigner la langue. Bientôt baptisée "la Signora," elle fait aimer aux étudiants une autre civilisation, pleine de soleil, de sensualité et de saveurs nouvelles.
    Au point que ses élèves, aux motivations très diverses, ne rateraient un cours pour rien au monde. Et lorsque l'année se termine par un voyage en Italie, c'est l'occasion pour chacun de (re)découvrir un sens à sa vie.

    Mes impressions :

    J'aime beaucoup les histoires de Maeve BINCHY. J'apprécie la façon dont elle raconte leur vie et sa manière de créer des destins. Je suis une fervente amatrice de son style d'écriture qui permet aux lecteurs de se plonger dans l'intimité et le parcours de chacun. Elle y met beaucoup de psychologie, de sentiments et d'humanité.
    Pour y parvenir, l'auteur présente ses personnages un après l'autre dans leur univers, leur vie intime, leur entourage. Elle décrit leur vécu. La plupart croisera la vie de l'autre à un moment donné et j'ai adoré cette technique de mise en relation humaine. Cette interaction ici est essentielle.
    De façon claire et judicieuse, Maeve Binchy prend son temps, ce qui entraîne une certaine langueur dans le récit qui ne m'a pas déplu.

    Aidan est marié à Nell, ils ont deux filles de 19 et 21 ans. Nell travaille dans un restaurant, elle est caissière et Aidan est professeur de latin dans un collège des quartiers sensibles.
    Le couple s'est installé dans une routine confortable mais Aidan ressent cela comme un manque. Nell et Aidan se sont éloignés l'un de l'autre affectivement depuis des années. Il regrette le temps où il y avait plus de communication et de complicité entre eux.
    Brigid leur seconde fille travaille dans une agence de voyage. Grania l'aînée est employé dans une banque. Avec Bill son collègue, ils partagent des confidences. Lui aime Lizzie une jeune fille frivole superficielle et vénale. Quant à Brigid, elle est amoureuse d'une homme beaucoup plus âgé qu'elle, prénommé Tony, un séducteur de jeunes femmes. Tony travaille au Mountainview college, celui même où travaille Aidan. Tous deux convoitent et sont rivaux au poste de principal de collège.
    La banque où travaillent Bill et Grania, propose des postes spécialisés dans différents secteurs mais pour postuler ils doivent faire l'apprentissage d'une langue étrangère, d'où la proposition de Grania, faite à Bill de s'inscrire aux cours du soir d'Italien que son père va faire dispenser au collège.
    Signora a quitté Dublin il y a plus de 20 ans ainsi que toute sa famille pour suivre Mario, un homme qu'elle a profondément aimé en dehors du mariage alors qu'il était promis à une autre. Elle vit une histoire adultère dans une Italie pieuse. Mais à l'âge de 50 ans, à la mort de Mario elle revient à Dublin et doit affronter ses proches qu'ils l'ont reniée.
    Elle s'installe chez des particuliers, elle y louera la chambre de Suzy jeune femme qui a quitté sa famille car elle ne s'entendait pas avec son père. Les Sullivan sont très gentils avec elle alors elle les remercie en leur donnant de son temps pour les études de Jerry le frère de Suzy. Il a des difficultés de comportement mais grâce à Signora, il reprend le goût des études et s'avère être un jeune homme intelligent. Elle s'occupe aussi de la décoration de la maison de façon spontanée.
    Kathy 14 ans élève au collège et sa sœur Fran de 30 ans, sont très liées. Fran soutient Kathy pour qu'elle ait un avenir meilleur qu'elle, qu'elle puisse faire des études. Elle l'aide au quotidien dans ses devoirs.
    Les parents sont « absents » dans son éducation. Ils ne s'investissent pas. Mais Kathy va faire la découverte d'un secret de famille qui va bouleverser sa vie !
    Lou un garçon un peu paumé va faire une mauvaise rencontre au mauvais moment et sera bientôt pris dans une spirale. Il va s'allier à un malfrat de façon insidieuse et s'enferrer dans un engrenage dont il risque de ne pas parvenir à se sortir. Mais il tombe amoureux de Suzy ….
    Connie, est une femme d'âge mûr, richissime. Elle a un père qui jouait le rôle du parfait mari et père dans sa propre famille mais qui n'était pas celui qu'il prétendait être ou qu'il paraissait être. À la mort de ce père qui a gaspillé la totalité des finances de la famille, la mère de Connie souhaite marier sa fille à un homme de leur rang alors que Connie, envisage de faire des études d'avocate... mais la mère aura le dernier mot. Les rêves de Connie s'effondrent. Elle prendra donc des cours de secrétariat et rencontrera Jacko mais elle résiste à ses propres sentiments. Au niveau professionnel elle sera embauchée dans un grand hôtel comme réceptionniste, grâce à sa personnalité, elle excelle à ce poste.
    Elle va rencontrer Harry, qu'elle épouse mais il s'avère indélicat et incompréhensif face aux problèmes intimes de Connie, il va rapidement trouver une maîtresse en la personne de sa secrétaire.
    Connie donnera naissance à 3 enfants malgré l'infidélité de son époux. De l'extérieur ce couple donne d'image d'un couple comblé mais il n'en est rien.
    Et puis il y a Laddy, un jeune homme un peu simple d'esprit qui a perdu ses parents alors qu'il n'avait que huit ans. Il sera élevé par ses sœurs et particulièrement par Rose l'aînée qui a abandonné l'idée de faire des études pour s'occuper de ses 4 frère et sœurs.
    Lorsque ses sœurs se marient, Laddy reste avec Rose à la ferme mais leur vie va être bouleversée et transformée par un premier drame, puis un second. Rose ne sera pas non plus épargnée par la maladie...À sa mort Rose laissera deux enfants et Laddy, seuls. Ce dernier décide après une rencontre fortuite d'un couple d'Italien de s'inscrire au cours du soir d'Aidan afin d'apprendre cette langue et espérer un jour aller retrouver ce couple en Italie.
    Fiona, amie de Grania et de Bridgid quant à elle travaille à la cafétéria d'un grand hôpital, elle est une jeune femme discrète, joyeuse mais elle manque de confiance en elle. Elle rencontre Barry, le fils d'une patiente dont la mère a fait une tentative de suicide. Grâce à Fiona la mère de Barry va reprendre goût à la vie. 

    Tout ce petit monde va se retrouver en Italie pour le voyage de fin d'année que Signora et Aidan organisent.... le voyage est un succès et ils se rappelleront toujours de ce merveilleux séjour !
    La diversité des personnages de Maeve Binchy fait le succès de ses romans. Certains ont des secrets plus ou moins bien gardés et tous ont un vécu singulier qui diffère.
    On suit le parcours de chaque personne avant son inscription au cours du soir puis on les suit dans leur motivation ainsi que dans leur quotidien pendant leur apprentissage. Le destin des personnages se croise et des liens se nouent. J'ai beaucoup apprécié l’interaction entre les personnages, c'est ce qui fait la charme de ce roman en plus des thèmes principaux qui sont l'amour, l'amitié, la famille et l'Italie !
    La rencontre inattendue des personnes m'a énormément intéressée. Cela donne une certaine profondeur au roman et offre un réel intérêt de voir comment le destin peut basculer simplement en rencontrant une seule personne.
    Rien n'est définitif, la vie et notre destin se construisent et peut évoluer chaque jour au fil des heures. J'ai apprécié ce côté-là du roman. Le hasard des rencontres qui fait la différence et qui modifie le cours d'une vie.
    Une seule rencontre peut être bénéfique ou malveillante. Je ne retiendrai ici seulement celles qui sont positives pour rester dans l'esprit de la narration et sans doute du but de Maeve Binchy
    La construction du roman est intéressante, chaque chapitre nous présente un élève du cours du soir,
    De fil en aiguilles ils vont tous se rencontrer parce que chacun pour des raisons personnelles va au cours du soir mis en place par Aidan, et dispensés par Signora.
    Ils vont tissés des liens d'amitié grâce à la professeur Signora, excellente pédagogue qui rend les cours vivants et intéressants.
    Les personnages De Maeve Binchy proviennent d'horizons divers et n'étaient pas prédestinés à se rencontrer et pourtant.... L'assortiment d'élèves étonnants et sympathiques est captivant mais je regrette que Signora leur ait donné un prénom à consonance Italienne pour les besoins du cours en plus de leur prénom Irlandais, ce qui demande un gymnastique cérébrale et ne facilite pas la lecture. 

    Ce roman est quand même un coup de cœur pour moi, il représente tout ce que j'aime dans les relations humaines : le don de soi, le respect, la tolérance et le partage dans une ambiance fortuite et improvisée.

     


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  • Titre : « Le seigneur de Charny »
    Auteur : Laurent DECAUX
    Genre : Roman historique
    Éditions : XO éditions
    Année : 2017
    Nombre de pages : 413

    Quatrième de couverture :

    Une formidable aventure de cape et d’épée ! Champagne, 1382. Quand, après six années de croisade, Jacques de Charny regagne enfin ses terres, il découvre, stupéfait, une foule immense massée devant l’église du château. De toute l’Europe, des pèlerins affluent pour prier devant la relique extraordinaire détenue par la famille : le saint suaire, sur lequel apparaît le corps martyrisé du Christ. Pour sauver le domaine de la faillite, Jeanne, la mère de Jacques, a décidé d’exposer publiquement cette relique cachée aux yeux du monde depuis des décennies. Alors qu’il espérait être accueilli à bras ouverts, Jacques se heurte à la défiance et l’hostilité de tous. Sa mère, la première, lui reproche d’avoir ruiné la seigneurie avec ses voyages en Orient. Pierre d’Arcis, l’implacable évêque de Troyes, veut interdire l’exposition du drap sacré. Et même sa promise, la ravissante Hélène, s’est mariée à un barbon... Seuls ses deux amis d’enfance, Miles, le bouillonnant comte de Brienne, et Arnaut, le fougueux chevalier de Jaucourt, semblent se réjouir de son retour. C’est alors qu’un jeune seigneur et sa suite arrivent en Champagne pour admirer la sainte relique. Pour Jacques, cette visite inattendue va s’avérer providentielle… Avec Le Seigneur de Charny, Laurent Decaux nous offre un grand roman d’aventure où la passion, l’audace et l’amitié triomphent de la mort et du déshonneur.

    Je remercie Mélanie ROUSSET des éditions XO  pour m'avoir fait découvrir ce roman en avant-première.

    La quatrième de couverture est bien représentative du contenu du roman. En lisant le livre le lecteur, n'aura donc aucune mauvaise surprise.

    L'auteur dans un avant-propos intelligent et instructif replace le roman dans son contexte historique pour que les lecteurs l'apprécient au mieux.
    Ce roman se situe après la peste noire en 1382 et la famille Charny a vraiment existé.
    Ce roman est écrit dans un moment de l'histoire fragile : il y a eu le schisme, puis la peste, la guerre de 100 ans est toujours en cours, ce qui a entraîné le déclin du prestige de la chevalerie. Le culte des reliques est florissant dans une France de plus en plus superstitieuse.
    C'est à ce moment que Jacques, chevalier solitaire revient chez lui après 6 années de croisades.
    Il retrouve dans un royaume affaiblie sa demi-sœur Marie 15 ans, et Jeanne sa mère, veuve deux fois. Sa mère le rend responsable de la faillite du domaine car elle a dû débourser une somme importante pour combler les frais de voyage de Jacques. Le chevalier itinérant a déséquilibré les finances du foyer.
    Sa mère ostend alors la relique du Christ (drap de lin sur lequel figure le visage du Christ) en sa possession depuis des décennies pour tenter de retrouver un certain équilibre financier. De nombreux pèlerins se déplacent et viennent se prosterner et communier sur les terres des Charny devant cette relique miraculeuse. Jeanne a même décidé de construire une nouvelle église afin d’accueillir les pèlerins moyennant finance.
    L'intrigue nous montre un jeune homme ambitieux, mais qui se sent parfois écrasé par la personnalité et le rang de son père, grand diplomate connu et reconnu, écrivain, et poète qui savait mener le royaume à la perfection.
    Jacques se range du côté des optimistes, il vit sa vie de façon intense, il a foi dans la vie et dans les hommes et dans la politique. Lors des croisades il avait de l'ambition, il se nourrissait d'illusions, aujourd’hui il sait que sa place est dans sa famille, sur ses terres pour la préserver.
    L'exposition publique du saint Suaire, fait des envieux. Les convoitises sont nombreuses et créent un climat de lourde tension et de la violence.
    Dans un contexte religieux et politique mouvementés, Pierre D'Arcis, l'évêque de Troyes, veut faire interdire l'ostentation alors qu'elle est la principale source de revenus de la famille Charny.
    L'auteur part d'une famille qui a existé et l'intrigue fait référence à une réalité : le grand suaire, drap de lin qui aurait recueilli le corps du Christ après la crucifixion.
    L'arrivée du Seigneur Charles qui vient admirer la relique sur les terres des Charny va être un moment de grâce mais pas seulement.
    La personnalité des trois principaux personnages Jacques, Miles et Arnaut, nous rappellent le comportement des jeunes gens d'aujourd'hui : fougueux, cherchant l'aventure, ils sont dans la séduction, soit dans l'amour de la littérature, des arts, et même de la politique.
    Nous sommes à l'époque du Moyen Âge mais les choses ont très peu changé au niveau de l'état d'esprit de la jeunesse. Nous retrouvons la notion de confort matériel, l'amitié, l'amour, l'amusement qui font la mentalité de nos jours mais aussi les trahisons, la jalousie, la mort, la maladie, les superstitions et les humiliations.
    J'ai été étonnée par la jeunesse des personnages dans leur fonction, être roi a tout juste 14 ans, m'a semblé être une exagération et pourtant... l'espérance de vie à cette époque est de 40 ans en moyenne... il semblerait que cela joue sur la maturité de ces jeunes gens qui grandissent plus vite qu'à notre époque...

    L'auteur s'est beaucoup documenté pour offrir à ses premiers lecteurs un roman intéressant, puisqu'il utilise les événements de l'époque et nous enrichit de faits historiques J'ai notamment eu la chance ainsi de me remémorer les grands tumultes de cette époque : la guerre avec la couronne d'Angleterre, les épidémies, la position de l’Église, la politique...
    De même les renseignements sur la famille de Charny sont précis, il y a un réel travail d'enquête et de recherches.
    Laurent DECAUX avec une intrigue assez simple, peut-être trop à mon goût, nous livre là un roman dense tout en étant limpide. J'ai personnellement trouvé que le côté historique, la conjoncture de cette période médiévale prévalaient sur l'intrigue, que je trouve un peu trop fade.
    Cependant, je note la qualité du style de l'auteur, fils d'historien connue, qui a su manier la plume de façon à nous plonger en plein cœur du moyen âge de part le vocabulaire de l'époque surtout dans les dialogues et la syntaxe mais aussi avec le côté historique. L'écriture est minutieuse tout en étant fluide. Il y a une juste proportion entre les dialogues et le récit, ce qui rend la lecture agréable. De plus les chapitres sont courts et l'auteur va à l'essentiel. Quelques timides rebondissements viennent compléter le scénario.
    En fin de volume, Laurent Decaux, apporte plusieurs précisions sur les personnages réels et fictifs de son roman, il replace le récit dans son contexte politique, culturel, sociétal, théologique, et évoque les événements sanitaires.
    Je me suis attachée au personnage de Charles, entravé par son rang et son statut de souverain.
    Il y a de l'émotion dans la dernière partie de ce roman, le soutien et l'alliance des quatre jeunes hommes fait foi face à l’adversité et l'amitié qui les lie est fiable.
    Un premier roman prometteur.

     


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  • Titre : « Après-toi »
    Auteur : Jojo MOYES
    Genre : Roman
    Éditions : Milady poche
    Année : 2016
    Nombre de pages : 473

    Quatrième de couverture :

    N’oublie jamais que tu n’as qu’une seule vie… Lou a promis à l’homme qu’elle aime de vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Mais elle peine à se remettre de la mort de Will et des violentes critiques dont elle est la cible dans sa ville natale. Sa vie londonienne n’a rien du nouveau départ qu’elle espérait : accoutrée d’un uniforme ridicule, elle travaille dans le bar d’un aéroport, sous les ordres d’un petit tyran. Lors d’une soirée passée à méditer sur le toit de son immeuble, Lou est surprise par l’apparition d’une jeune fille, et tombe… trois étages plus bas. Elle croit avoir touché le fond, mais c’est là que commence sa nouvelle vie : sa rencontre inattendue avec Lily est le meilleur moyen d’honorer sa promesse.

    Mes impressions :

    Quel bonheur de retrouver Lou, l'héroïne du très beau roman « Avant toi » de Jojo MOYES.
    Cette suite est encore et toujours représentative de la sensibilité de l'auteure.

    Lou a beaucoup de mal à faire le deuil de Will, l'homme qu'elle aimait et dont elle était la dame de compagnie. Depuis elle tente de trouver une raison de continuer, elle travaille dans un bar à l'aéroport. Ses parents sont présents et aimants ainsi que sa sœur et c'est sans doute ce qui l'aide le plus.
    Soudainement il arrive Lily dans sa vie. La fille inconnue de Will.....
    Cette jeune fille avec sa jeunesse et son propre mal être va l'aider à dépasser sa propre peine et à réveiller son instinct de vie.
    Et puis il y a Sam, l'ambulancier au grand cœur. Un homme seul et délicat.
    Ces deux-là vont lui donner l'énergie pour se relever, pour voir l'étincelle de vie qui est autour d'elle. Elle va réapprendre l'amour, elle va devoir vaincre sa peur de l'attachement, ignorer sa crainte de perdre à nouveau et celle du sentiment d'abandon. La vie est ce qui se passe aujourd'hui, elle va apprendre à apprivoiser ses troubles et ses inquiétudes pour avancer.

    Lou est un personnage attachant, elle nous ressemble parfois dans sa façon de voir les choses, elle est humaine, remplie de doutes et de peine.
    Elle nous rappelle que vivre sans les autres est difficile voire impossible.
    Lily et Lou sont deux être meurtris. Elles vont devoir faire face, s'entraider et s'épauler, et même apprendre à vivre l'une à côté de l'autre. Leur relation sera échange et partage souvent dans la douleur et le conflit mais toujours vers l'avenir.
    Grâce à Lily, Lou revoit les parents de Will. Cela va la confronter à son triste passé mais ce sera bénéfique puisque leur rencontre va leur permettre de retrouver des liens rompus et Lily va faire connaissance de la famille de Will et à être reconnue en tant que membre de cette dernière à part entière.
    Lou redevient un être vivant, elle retrouve sa capacité à aller de l'avant. Et Lily gagne en maturité.
    Avec acuité, poésie, parfois humour, l'auteur écrit là une très belle suite.
    J'ai aimé le parcours de Lou qui n'est pas toujours d'accord avec son entourage mais qui fait selon ce qu'elle pense être le mieux pour les personnes qu'elle aime. Elle est juste et intègre.
    La vie n'est pas toujours facile mais c'est ce qui fait son charme et les difficultés que l'on rencontre font l'existence.
    Une très belle suite que je recommande.

    La liste de Noël 
    Jamais deux sans toi
    Avant toi

     


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  • Titre : « La tresse »
    Auteur : Laetitia COLOMBANI
    Genre : Roman
    Éditions : Grasset
    Année : 2017
    Nombre de pages : 224

    Quatrième de couverture :

    Merci à Alex pour m'avoir permise de lire ce très joli roman rempli d'humanité vers une fin empreinte de solidarité.

    Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
    Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
    Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
    Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
     Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

    Mes impressions :

    Giulia, vingt ans, vit en Italie, elle travaille dans l'atelier de son père. Il s'agit d'un atelier spécialisé dans le traitement des cheveux avant d'être expédiés vers l'Europe. Ces cheveux serviront à faire des postiches ou des perruques.
    L'entreprise a été fondée en 1926 par son arrière-grand-père, Giulia et les employées donnent toutes du cœur à l'ouvrage. Lorsque le père de Giulia a un grave accident, elle découvre que l'entreprise familiale est en faillite. Elle refuse de voir se perdre le bien de plusieurs générations et va se battre pour continuer à le faire prospérer.
    Sarah, est une carriériste de quarante ans, elle vit au Canada, divorcée deux fois, mère de famille de jumeaux qui sont en primaire et une fille au collège. Elle aime son métier, cependant elle culpabilise de ne pas pouvoir s'occuper de ses enfants comme elle le voudrait, et être présente pour eux plus souvent. Elle est secondée par Ron, un assistant maternel dévoué. Sarah est une avocate connue et reconnue par ses pairs. Elle lutte contre les machistes et les hommes ambitieux qui ne considèrent pas les femmes comme leurs égales. Bientôt promue, elle constate que la discrimination professionnelle est bien palpable dans son cabinet.
    Smita, vit en Inde à Baldapur, elle est une Dalit, une impure. Elle est « extracteur » ramasseuse d'excrément des autres à mains nues.
    Elle aimerait donner à Lalita sa fille, un avenir meilleur que le sien. Lalita est une petite fille intelligente alors Smita va économiser pour pouvoir l'envoyer à l'école.
    Trois femmes, trois destins qui malgré la distance kilométrique sont unies émotionnellement par la vie et ses difficultés.
    Ce petit roman est riche. Les thèmes se regroupent et le fil conducteur de ces trois histoires de femmes est une tresse de cheveux.
    Ses trois femmes ont des caractères distincts mais toutes sont de nature combative, déterminée, et elles sont fortes et fragiles à la fois.
    Une est dans le déni de la maladie, l'autre fuit dans le rêve, et l'ambition, l'autre fuit sa condition
    dans la religion et les croyances de son pays jusqu'à ce qu'elles se battent pour une vie meilleure et un idéal.
    Ces trois femmes sont liées par le destin, comme les trois brins d'une tresse de cheveux.
    Ces femmes ont des doubles peines, une est condamnée par la maladie et le monde du travail qui la rejette. L'autre par la mort prochaine presque certaine de son père et la fin de l'atelier de ce dernier et la dernière fuit son pays, sa condition, son sort et les misères des Dalits, (les Intouchables) et risque le tout pour donner un avenir meilleur à sa fille.
    J'ai beaucoup aimé ce roman touchant. Il est émouvant, il nous va droit au cœur parce que nous partageons les vies de ses femmes que tout oppose.
    Pourtant elles ont chacune un combat à mener pour leur idéal de liberté, et ce malgré l'adversité. Je trouve leur détermination symbolique,
    Elles se partagent les chapitres tour à tour. À travers ce récit, l'auteur parle de la place de la femme dans la couple, dans la famille, dans la société, dans le milieu professionnel, mais il évoque également la discrimination, les différences, les cultures et les traditions des pays de l'Inde et de l'Italie. Il est question également de la mort, tout ceci autour des rêves et des espoirs de trois femmes bien différentes.
    Toutes les trois sont ambitieuses et se révoltent pour leur liberté mais leur histoire est loin d'être finie. Elles se battent toutes les trois avec l'énergie du désespoir et avec espérance.
    Laetita Colombani signe là un très beau roman sur le courage, la prise de risque et la volonté au féminin.

     


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  • « la ballade des adieux » de Lori LANSENS

    Titre : « la ballade des adieux »
    Auteur : Lori LANSENS
    Genre : Roman
    Année : 2003
    Éditions : Belfond
    Nombre de pages : 458

    Résumé :

    Lorsque sa voisine, Collette, demande à Addy de s'occuper de sa petite fille de cinq ans, elle ne peut qu'accepter. Mais Collette ne reviendra pas... Addy n'a plus qu'une idée : éduquer, transmettre ses connaissances et surtout trouver un foyer stable à la jeune Sharla afin qu'elle soit à l'abri le jour où elle s'éteindra. Addy lui raconte son enfance tranquille et heureuse dans un village bâti par des esclaves affranchis à la frontière du Canada et des États-Unis, le drame qui la fit chasser de son paradis et fit d'elle une éternelle déracinée. Une vie d'errances, de petits bonheurs fragiles et d'espérance, riche d'enseignements pour Sharla, qui a déjà connu tant de souffrances... Leurs solitudes s'unissent et une
    merveilleuse histoire se noue entre la vieille dame qui a tout perdu et la petite fille qui n'a jamais rien eu.

    Mes impressions :

    Ce livre est encore un coup de cœur pour moi, un page-turner comme je les aime.

    Sharla est âgée de cinq ans lorsque sa mère Colette décide de l'envoyer chez Addy, une vieille dame usée par la vie, qui habite dans le village des caravanes près de Chatham en Ontario, le temps d'un été. Colette et son nouveau copain menaçant et violent, gêne leur projet d'aller vivre aux States tous les deux.
    Au début Addy ne veut pas de cette enfant, grassouillette, pas très jolie, elle pense qu'elle va lui attirer des ennuis et puis elle se sent vieille pour s'occuper d'une petite fille si jeune.
    Pourtant elle va l’accueillir, quand elle comprend que Colette ne reviendra pas comme prévu à la fin de l'été.
    L'arrivée de Sharla va éveiller des souvenirs plus ou moins douloureux chez Addy.
    Le roman se passe en 1980, mais Addy nous raconte amplement sa vie d'avant, ainsi elle nous décrit son parcours.
    Elle nous raconte son arrivée à Rusholme en 1920, une bourgade où vivent des esclaves juifs.
    Il y a alors des fermes hautes et larges, certaines appartiennent à des fermiers blancs mais la plupart à des gens de couleur. Elle a un frère Leam qu'elle aime beaucoup. Tous les deux sont très proches.
    Wallace son père est alors homme à tout faire chez Théodore Bishop puis il démissionnera pour travailler à l'usine.
    À 15 ans, Sharla est attirée par Chester Monk, il travaille pour les gens riches, aux champs avec d'autres noirs.
    Le roman est jalonné par des souvenirs de son adolescence, de sa vie de femme, de mère, ses douleurs, ses joies, les drames et les épreuves de sa vie !
    Et puis il y a la rencontre avec Sharla, petite fille intelligente, délaissée et mal aimée par sa mère.
    Addy va lui apprendre à devenir une femme qui se respecte et lui transmet des valeurs : elle lui apprend les tâches ménagères et quotidiennes : cuisiner, nettoyer, faire le ménage, la couture, mais aussi la politesse, le savoir-vivre. Elle l'éduque comme si c'était sa propre fille et finit par s’attacher à elle et réciproquement.
    Addy évoque ses souvenirs : son enfance dans une communauté d'esclaves affranchis, les travailleurs exploités, elle lui enseigne l'histoire de ses origines, la prohibition, la violence, le racisme.
    Ce qui explique que ce roman aussi est un sur la transmission familiale et culturelle.
    Tout le long de leur vie ensemble, elle a peur pour cette petite fille et son avenir. Alors sachant sa santé fragile et son corps vieillissant, elle va tenter de trouver une famille, un foyer charitable et bienveillant, pour Sharla. La fin est en grande partie inattendue mais elle donne espoir.

    Ce récit, est à la fois, doux et amer, tendre et triste mais il y a toujours de l'espoir et de la combativité. La foi d'Addy en la vie et les êtres humains, rend ce roman intense. Il est un récit sur l'espoir, l'amour, les liens familiaux, les liens du cœur et les rapports intragénérationnels mais il est également un travail de mémoire l'esclavage et sur la condition des noirs.
    Certains personnages sont profondément généreux et indulgents, certains très attachants.
    L'écriture est soignée, stylée. Elle nous décrit la part de misère mais aussi la joie et la richesse du cœur d'Addy, femme courage au destin brisé. Mais femme résiliente. Parfois l'auteur passe rapidement sur certains événements de la vie d'Addy mais elle dit l'essentiel avec justesse. Addy est impartiale. Juste, elle a beaucoup de charme et de délicatesse dans sa façon de voir les choses. Elle possède l'intelligence du cœur.

    Ce roman était le premier de l'auteure, depuis elle a fait du chemin dans le cercle de la littérature.
    Je la retrouverai avec plaisir.

     


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