• Une vie plus belle

    Titre : « Une vie plus belle »
    Auteur : Diane CHAMBERLAIN
    Genre : roman
    Éditions : Poche Mosaïc
    Année : 2016
    Nombre de pages : 408

    Résumé :

    Une fille de quatre ans. Un père confronté à des choix impossibles… Une belle leçon de courage et d’espoir.

    Quand ils se sont rencontrés, Robin et Travis avaient quinze ans. L’année d’après, ils tombaient amoureux. Pour eux, tout a été trop vite, trop fort : quand Robin est tombée enceinte, leur monde et la vie qu’ils voulaient se construire ont volé en éclats. Une seule chose est restée : Bella, la petite fille adorée que Travis élève seul depuis sa naissance, quatre ans auparavant — depuis que Robin les a abandonnés, tous les deux.
    Mais lorsque leur maison est détruite dans un incendie, et que le spectre de la pauvreté se profile pour lui et Bella, Travis comprend que sa vie est sur le point de basculer de nouveau. Et, cette fois, il doit faire face à un choix impossible : a-t-il le droit de se mettre en danger pour protéger sa fille ?

    Mes impressions :

    Il y a six mois encore, Travis travaillait dans le bâtiment, il vivait avec sa mère et Bella sa fille à Carolina Beach. Un incendie est venu détruire la maison de sa mère où elle a péri en sauvant Bella des flammes.
    Travis aujourd'hui 22 ans, vit donc dans un fourgon avec Bella âgée de 4 ans. Il cherche un emploi afin de pouvoir la nourrir correctement et aménager un appartement convenable.
    Erin sera la baby-sitter occasionnelle, rencontrée dans un snack où tous les matins, le père et la fille vont faire un brin de toilette, manger un muffin....
    Ce que le père et la fille ne savent pas encore c'est qu'Erin a perdu sa petite fille Carolyn il y a quelque temps et elle passe une grande partie de son temps à écrire sur un forum de parents endeuillés, elle doit reprendre son travail de pharmacienne dans quelques jours.
    Au fil des pages, nous apprenons ce qu'a été la vie de Robin la mère biologique de Bella, le décès de sa propre mère, la surprotection de son père, sa maladie congénitale, sa greffe, sa rencontre avec Travis...
    Ils se sont connus très jeunes, ont eu une histoire mais aujourd'hui elle va se marier avec Dale, le futur maire de la ville, le fils de James et Mollie. L'ambition de Dale est de succéder à son père.
    Alisson la sœur de Dale devient mère à dix-sept ans mais cette riche famille montre l'exemple et décide de tromper les apparences aux électeurs.
    Erin, nous décrit son mari Michael, leur fille Carolyn, la distance qui s'est créée entre eux d'eux, lorsque leur fille décède...
    Erin a eu besoin de souffler et a aménagé un petit appartement seule le temps de se reprendre. Elle ne supporte plus de vivre dans leur maison auprès de Michael qui lui, semble t-il a moins de mal à reprendre une vie normale.
    Lorsque qu'après l'incendie Travis aménage un mobil home dans un camping, où il vivra quelque temps avec Bella, il fait la connaissance de Savannah qui loue le mobil home à côté du sien. Elle va lui présenter Roy, un ami à elle, susceptible de lui fournir un travail mais Travis, va tomber dans un piège qui risque de lui faire perdre le cours de sa vie....et le sens des responsabilités.

    Le narrateur change à chaque chapitre, il est tour à tour Robin, Travis, Erin,
    Dans chacune des trois familles dont sous suivons l'évolution des membres, nous vivons les mensonges, la survie pour certains, la déstabilisation des autres. Le lecteur se sent proche des trois principaux personnages que sont Travis, Erin et Robin. Ils partagent leur doute, leur crainte. Au fil des pages on est ému par le récit de leur vie passée respective, leur caractère, leurs sentiments, leurs façons de voir et de gérer les événements

    Au travers des ressentis de ses personnages, l'auteur décrit tout cela avec compassion, avec des mots simples mais prenants. La lecture s'en trouve facilitée et devient émouvante. Il va à l'essentiel et dit les choses et décrit les sentiments avec simplicité.
    Tous les personnages sont singuliers, meurtris, écorchés, ils ont tous une vie hors du commun. Mais ils sont authentiques. L'auteur excelle dans l'art de faire passer les émotions, d'émouvoir ses lecteurs en nous décrivant ouvertement les sentiments et les émotions de ses personnages.
    Il explore leurs sentiments et nous décrit leur choix de vie avec dignité et parfois amertume.
    Ils sont tous éprouvés par la vie, par les difficultés, et certains sont aussi aveuglés par le pouvoir.
    Dale fait partie de ces bonnes familles, qui font de la politique, obnubilés par le pouvoir, pour l'argent et la reconnaissance alors que d'autres se battent pour vivre simplement.
    Alors que Robin fait partie de la classe moyenne et que son père a toujours tenté de la protéger et ce même de Travis, qu'il ne jugeait pas à la hauteur de sa fille.
    Travis cependant est celui qui, parvient le mieux à repérer le positif dans chaque situation négative, difficile, de chaque galère, chaque difficulté.
    Et chez Erin il y a la douceur, la bienveillance de la mère qui a perdu son enfant.
    Robin est devenu calme, posée, responsable.
    La douceur et la tendresse sont omniprésentes, surtout quand il s'agit de l'attachement de Travis pour sa fille et de celui d'Erin pour cette famille sans point de repère, si ce n'est leur amour intense et profond.
    Les sentiments se font et se défont. Il y a dans ce livre de bien belles leçons de vie.
    L'ensemble est émouvant, bien écrit, cependant il y a peu d'action, pas trop d'effet de surprise au début du roman puis la fin du roman est plus mouvementée.
    On avance dans la lecture et les genres littéraires se mélangent.
    Les choses se corsent, on passe d'une comédie romancée, à une intrigue mêlant suspense et règlement de comptes, en somme on a aussi à faire avec un parfait thriller.
    Bien sûr qu'il y aura un happy-end et c'est plutôt bien senti ! Car ce roman devait bien se terminer. Je ne voyais pas d'autres fins possibles. Je verrai bien ce roman porté à l'écran....


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  • Moi Charlemagne, empereur Chrétien

    Titre : « Moi, Charlemagne, empereur des Chrétiens »
    Auteur : Max GALLO
    Genre : Biographie, histoire
    Éditions : XO éditions
    Année : 2016
    Nombre de pages : 185

    Quatrième de couverture :

    « Dieu a voulu que je sois celui qui décide. J’étais l’empereur, romain et chrétien. »

    Au moment de remettre son âme entre les mains du seigneur, Charlemagne n’éprouve ni peur, ni doute, ni anxiété. Tout au long de ses quarante-six années de règne, le roi des Francs, couronné empereur à Rome le 25 décembre 800, a été le fervent défenseur de la Sainte Église. Il a converti à la foi tous les peuples qu’il a vaincus.

    C’est avec soin qu’il prépare sa comparution devant Dieu, confiant les principaux actes de sa vie à un jeune et talentueux lettré, Éginhard.

    À travers ce dialogue, Max Gallo révèle l’extraordinaire caractère, fait d’autorité et d’intelligence délicate, de celui qui construira à la fois l’Empire chrétien et les fondements de l’Europe. Il dresse le portrait d’un conquérant implacable mais aussi d’un fin réformateur, amoureux des arts, des lettres et des femmes, qui deviendra, pour tous les français, une figure incontournable de leur histoire.

    Un récit saisissant qui plonge aux racines mêmes de la civilisation chrétienne. 

    Mes impressions :

    À la veille de sa mort, plusieurs mois avant que sa santé se dégrade vraiment, Charlemagne ressent le moment de parler de sa vie et de ses motivations. Il sait qu'il va devoir comparaître devant Dieu. Aujourd'hui il a 72 ans et il sent que sa fin est proche, il est fatigué. Avant de rejoindre son créateur, il souhaite raconter son parcours et ses 46 ans de règne, son existence dévouée à l'Église.
    Le roi des Francs et des Lombards, couronné empereur à Rome, se raconte devant Dieu sous la plume d'Éginhard, jeune clerc lettré qui a recueilli ses confessions.

    Charlemagne est né en 742, fils de Bertrade et de pépin le Bref. Son grand-père est Charles Martel, on disait de ce dernier qu'il était le roi des Européens. Charlemagne souhaite faire et continuer l’œuvre de ses ascendants.
    Alors qu'ils sont encore jeunes, son frère Carloman et lui sont différents, il y a des rivalités, ils n'ont pas les mêmes centres d’intérêt, par contre il nous décrit une relation fusionnelle avec sa mère.
    Il nous raconte la mort de son père Pépin III le bref en 768, il a alors 26 ans. Il a eu une enfance heureuse, sa mère l'aimait et son père l'a initié à la chasse dès son plus jeune âge. Il rêve de lui succéder à la tête du grand peuple franc. Il souhaite être le roi des Francs, le libérateur et le défenseur et serviteur de la sainte église romaine.
    Sa vie durant, son but sera de convertir à la foi en Jésus-Christ, les peuples qu'il a vaincus. Il souhaite être le roi d'un seul peuple, uni par les mêmes croyances.
    Plus tard, il appréciera la compagnie des femmes et ne le cache pas. Il impose le choix de ses mariages qu'il fait par amour ou par intérêt. Il aura d'ailleurs plusieurs femmes, de nombreuses concubines et de nombreux enfants...Au moins 10 filles et 10 garçons.

    Le 5 juin 774, il devient roi des Francs et des Lombards.
    Il sait que pour en arriver là, pour rassembler les peuples sous la bannière de la sainte Église, il a dû faire la guerre et tuer, il est conscient de cela mais clame qu'il agit selon la volonté de Dieu, que c'est le grand créateur qui a décidé. D'ailleurs ces paroles reviennent souvent dans son discours de mégalomanie. Il semble à la fois lucide et naïf.
    Les années passent, il va s'interroger sur ses actes de bravoure. Il envisage même que les morts
    prématurées de ses enfants, et sœur sont peut-être un châtiment pour avoir mené toutes ces guerres.

    À la fin de sa vie, il va se repentir à demi, distribuer ses richesses aux plus pauvres, il mourra le 28 janvier 814.
    Avant de mourir, il sait qu'il doit penser à l'avenir, et partagera donc ses États à ses trois fils dans le dessein qu'ils continuent son œuvre.
    Le règne de ses héritiers, leur jalousie vis-à-vis des uns des autres n'apportera que débauches, vices, corruptions, traîtrises, affrontements et guerres. L'empire de Charlemagne est ébranlé.

    Une fois le livre refermé je m’interroge.
    Charlemagne n'était-il pas un faible obnubilé par l'église, la chrétienté, les guerres, le pouvoir. Par besoin de reconnaissance n'a t-il pas détourné la fonction religieuse ?
    Ce livre est loin de l'image que l'on se fait de Charlemagne. Ses confessions sont essentielles, sans doute pour comprendre l'histoire de notre civilisation. Il n'est pas seulement l'homme à la barbe fleurie et fondateur de l'école. Il est aussi l'homme qui a voulu faire de l'Église sa force et son combat.
    Je reste réservée quant aux intentions véritables de Charlemagne. Je le découvre sous l'apparence d'un être qui voulait surtout asseoir son pouvoir. Souvent il donne une interprétation très personnelle de ses actes et des signes de Dieu. Personnellement je suis mitigée sur l’authenticité et la sincérité des intentions de Charlemagne.
    Beaucoup encense cet homme qui semble être un homme croyant, bon, courageux, un genre de Sauveur mais je ne vois pas du tout cet homme ainsi après avoir lu le livre de Max Gallo pourtant ce dernier dit de lui « En réalité, il faut juger Charlemagne avec mesure. Ne rien dissimuler, ne pas en faire un saint, mais pleinement prendre en compte son apport dans la construction de l’Empire chrétien. Je reste personnellement fasciné par cet homme qui crée de nouvelles façons de considérer les peuples qu’il a sous sa gouverne. Tout cela doit être lu avec la distance que l’écoulement du temps exige… »

    Le texte est à la première personne. L'auteur le dit lui même, « il souhaitait ainsi respecter la vérité historique, ne pas la dissimuler, ne pas la détourner, ne pas l’amplifier, mais considérer que cette vérité historique ne peut être appréhendée comme on appréhende tel ou tel événement d’aujourd’hui. Il est juste, à mon avis, d’utiliser une forme nouvelle pour essayer de comprendre le fonctionnement nouveau d’une société. »

    Je trouve quand même que cet homme est très orgueilleux, prêt à combattre, à faire des guerres de religion pour convertir au Christianisme ceux et celles qu'il combat.
    Il sera adulé, acclamé, sera perçu comme le sauveur des hommes par l'église.
    Il abolit la peine de mort, il crée des écoles, il fait des lois pour que les hauts dignitaires de l’Église soient exemplaires, soient des êtres irréprochables. Mais je me pose quand même beaucoup de questions.
    Le dernier chapitre, décrit Charlemagne vu par Éginhard;  il dit ce qu'il pense de lui, sa crainte au début d'être en face d'un homme respecté et froid, violent guerrier, avant d'apprendre à le connaître et recueillir ses confessions.

    Ce livre est un condensé d'histoire. La vie de Charlemagne est résumée. Je perçois ce livre comme une biographie écrite par Monsieur Max Gallo.
    Il s’agit de la confession d'un homme qui a quand même sacrifié des vies sous couvert de la religion et de la parole de Dieu.
    Mais peut-on tuer au nom de la foi, ou d'un Dieu ?
    Adulé, admiré, vénéré ou critiqué il reste un personnage historique déterminant.


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  • Les nouvelles aventures d'Arsène Lupin, les héritiers

    Titre : «  Les nouvelles aventures d'Arsène lupin, Les héritiers »
    Auteur : Benoît ABTLEY et Pierre DESCHODT
    Éditions : XO éditions
    Genre : roman
    Année : 2016
    Nombre de pages : 350

    Quatrième de couverture :

    Qui est-il ? D'où vient-il ? Nul ne sait. Arsène Lupin est partout mais personne ne connaît son véritable visage. Il est le plus célèbre malfaiteur de son temps, le plus distingué aussi. Seulement, on ne s'en prend pas aux puissants de la terre sans subir leur colère... En 1897, au lendemain de l'incendie du Bazar de la Charité – temple de la bonne société parisienne – Lupin disparaît. On le rend responsable du drame. Athéna, surtout, l'amour de sa vie, meurt dans le brasier. Plus rien, désormais, ne compte à ses yeux. Dix ans plus tard, un scandale éclate et le ressuscite. Lupin, changé en monstre, serait-il passé à l'ennemi ? Un quotidien, Le Patriote, l'accuse d'avoir dérobé des secrets militaires pour les vendre à l'Allemagne ! La guerre est imminente. Lupin va-t-il enfin sortir de son silence ? Une aventure trépidante, des rues sombres de Paris au désert marocain... Le panache et l'élégance d'un héros de légende ! Avec Les Héritiers, Benoît Abtey et Pierre Deschodt remettent magistralement en scène le " gentleman cambrioleur ", personnage fascinant qui a séduit des générations de lecteurs.

    Mes impressions :

    Je remercie encore Mélanie Rousset des Éditions XO pour l'envoi de ce livre

    Le livre commence par une note historique qui décrit le monde comme il est et comme il va à la fin du XIX ème siècle.
    Il y a une concentration des pouvoirs et des profits. Les mouvements anarchiques et terroristes révolutionnaires, nationalistes font les lois, celles du plus fort.
    En 1882 les tensions diplomatiques avec la triple alliance Allemagne Autriche et Hongrie sont importantes.
    On parle de l'affaire Dreyfus qui déchire la France en deux camps, puis la triple entente entre la France, Russie Angleterre. Les pays sont dans la course à l'armement.
    L’Allemagne veut-elle la guerre ?
    En 1897 l'ère moderne commence avec de nombreux progrès sociaux, politiques et économiques en Europe.

    Monsieur Moreau soixante-douze ans est un doux rêveur extérieur aux révolutions du monde, c'est un professeur mystique, tel que le voient ses élèves, il est le fondateur principal de l'art moderne. C'est un grand-prêtre.
    Ariane Mac Aleister est un brillante élève, peintre. Elle se voit conseiller par le baron, mécène et meilleur ami de Moreau , elle le laisse découvrir ses talents de peintre, il est membre de l'académie, c'est un personnage influent, esthète, un généreux donateur. Il n'est autre qu'Arsène Lupin.
    Berenger de la Motte, est un jeune député, il est contre Arsène lupin et ses idées et il est attiré par l'argent et le pouvoir.
    Il y a dix ans, une terrible affaire vient noircir la réputation d'Arsène Lupin. L'affaire fait référence à un chantier naval celui de Julien Martin Laroche qui s’est effondré.
    Il y aura quarante trois ouvriers morts et blessés mettant les familles en grande difficulté.
    Martin Laroche désigne un groupe anarchiste comme le responsable, soit Arsène Lupin, or il s'avère que les ateliers de monsieur Laroche, n'étaient pas aux normes, cela était trop onéreux pour être consolidé avec des travaux. Athéna, la jeune femme dont est amoureux Lupin, périt dans l'incendie....Il n'aura alors plus rien à perdre et pendant dix ans, se tient à l'écart de toute la haute société.

    Cependant, Arsène Lupin se défend d'être le responsable de ce désastre, lui qui a toujours agi pour les plus pauvres et n'a jamais hésité à donner des fonds pour assurer la survie des familles, ou l'éducation des enfants.

    Ce livre nous décrit très bien ce personnage énigmatique. Ceux qui ne le connaissent pas vont très vite comprendre qui il est et quelles sont ses ambitions et sans doute vont l'apprécier.
    Les auteurs de ce roman expliquent sa vie. On apprend que Perceval comte de la marche « père » spirituel d'Arsène Lupin quand il était jeune.
    Arsène Lupin devient LE personnage légendaire Alias le baron de Laperière, qui vient en aide aux enfants de l'orphelinat duquel Perceval l'a retiré et en a fait « son fils ».
    Arsène est aujourd'hui le bienfaiteur de ce lieu, il se ressource auprès des enfants de l'orphelinat, loin des mondanités, et de la corruption du monde
    Il souhaite poursuivre l’œuvre de son maître Perceval, en venant en aide aux orphelins.
    Mais cette tranquillité va être bouleversée. Le journal le patriote dirigé par Berenger de la Motte, donne le nom Martine Levasseur une jeune institutrice directrice d'une école bilingue comme traître, elle aurait livré des documents à l'ennemi, agit-elle sous l'influence d'un homme ? Du genre de Lupin.
    C'est ainsi qu'Arsène lupin devient le principal suspect.

    Avec le soutien d'Archimbald, son ami de toujours. Il va alors tout faire pour prouver son innocence au ministère de L'intérieur alors présidé par Clemenceau. Mais aussi reprendre les choses en mains et poursuivre son œuvre.
    Il est le Robin des bois des temps modernes mais ici il va avoir la lourde mission de démanteler un réseau où de hauts personnages tentent de prendre le pouvoir et l'argent.
    Mensonge, trahison, meurtre, fausses révélations, manipulations de l'opinion publique, il y a fort à faire. Il va démanteler les vrais coupables, les Berenger et autres protagonistes qui n'hésitent pas à renier femme, sœur, ami...
    Ariane la future jeune épouse de Berenger de la Motte, apprend les véritables buts et ambitions, les réelles intentions de son futur époux. Elle va finir par se jouer de lui et de ses faiblesses.
    C'est alors qu'Arsène Lupin lui explique ce qu'il sait.

    Qui est cet homme ? En 1998 il est dans la légion étrangère, un jour dans une bataille, il perd tous ses frères d'armes, un chef Sultan va l'aider, ce chef-là était brave et intègre. Il avait de beaux projets pour son pays mais ils étaient différents de ceux des maîtres en place. Le prince héritier sera alors emprisonné et il sera remplacé par son frère. Un jour Le roi le vrai s'évade et fit la guerre à son frère.
    Ce roi envoie son jeune fils en France pour le protéger et devenir plus tard le roi, il voulait préserver sa descendance pour que le pays retrouve la paix et soit dirigé comme il le faudrait plus tard.
    Il lui assure une éducation solide. À ce jour, Lupin est revenu en France pour lui, il souhaite passer la main, et espère que le jeune héritier prenne la relève.. Mais où est-il ? Seul Lupin le sait.
    Berenger quant à lui, trafique la vente d'arme avec Emil le père d'Ariane...Ce qui va les discréditer aux yeux de la future épouse et de la fille. Lupin va le faire tomber....
    Je trouve que l'engouement de Lupin pour les révélations faites à cette femme sont dans l'ordre de ses priorités, il n'a jamais sous-estimé ces dernières. Bien au contraire.

    Il fut un illustre cambrioleur, pour donner aux plus pauvres, il sera également le défenseur des femmes et des orphelins, mais aujourd'hui il est l'ennemi public numéro un et on le dit responsable de l'incendie du bazar de la Charité.

    Lupin avance à tâtons, prend l'apparence tout à tour d'un artiste, d'un prêtre, d'un Prince du désert, d'un comte, d'un banquier, il va finir par prouver à Letellier le policier en charge de l'affaire qui il est vraiment et je vous laisse le découvrir à votre tour en lisant ce livre qui raconte des aventures rocambolesques.

    Il est vraiment intéressant de voir comment l'intrigue se noue et de dénoue.
    Lupin est à la fois là où on l'y attend mais également il sait nous surprendre. Nous dérouter. Il est un homme aux multiples visages.

    Les vérités finissent par triompher. Le dénouement révèle les faits de plusieurs histoires, mais aussi les actes et les conséquences politiques.
    Ce roman est un très bon roman d'aventures, de divertissement.
    Le style est issu j'ai envie de dire de la bourgeoisie. Il y a une part d'imaginaire, d'aventure, on s'attache aux personnages, à leur vie.
    Les auteurs ici je pense sont nostalgiques de cette période du XIX ème siècle, on le sent, on le lit, ils mêlent des faits réels, des actions historiques à des faits imaginaires et c'est ce qui est intéressant. La documentation est riche.

    Dans ce livre on apprend beaucoup de la personnalité de Lupin ; il respecte la France, il n'a pas de haine raciale, il souhaite sortir de l'esclavage, de la misère tous ceux qui veulent se rallier à sa cause, il combat aussi l'Angleterre qui tire les ficelles et les profits, derrière la rivalité entre la France et l'Allemagne.
    Il est aussi un solitaire, il touche à tout, aime les livres, il est fidèle au Dieu tout puissant.
    Il a cette singularité de prendre la place des autres en se maquillant, se déguisant, il incarne un caméléon qui œuvre pour la vérité, il veut rétablir les faits justes.
    Mais il a un côté sombre, élégant, aristocrate aussi. Il a un caractère qui nous séduit. À la fois mystérieux et torturé.
    Ici l'intrigue se situe dans les années de la Belle-époque, jusqu'en 1907.
    Il fait preuve de patriotisme et sa perspicacité le rende humain, célèbre et gentleman.
    Il y a de l'action et du mystère, on prend plaisir à lire les manigances et les méthodes de Lupin pour faire briller toute les vérités !

    Un très bon roman.


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  • Reine de Palmyre

    Titre : « Reine de Palmyre »
    Auteur : A-B DANIEL
    Genre : roman
    Éditions : XO éditions
    Année : ré-édition 2016
    Nombre de pages : 747

    Quatrième de couverture :

    La nuit où Zénobie vient au monde, au Ier siècle de notre ère, dans le désert de Syrie, non loin de Palmyre, une boule de feu déchire le ciel pour venir frapper la terre, faisant jaillir l’eau du sable et amenant l’opulence à sa tribu. Au même moment, un jeune officier romain, Aurélien, remporte victoire sur victoire, menaçant l’ascension de la princesse du désert.
    Ainsi naissent les destins croisés de ceux qui, bientôt, se livrent un combat acharné pour le pouvoir suprême. Zénobie, reine de Palmyre, vénérée comme une déesse dans tout l’Orient, et Aurélien, Dux Majorum, qui ambitionne de devenir un grand empereur guerrier.

    L’histoire d’une lutte passionnée et splendide

    Mes impressions :

    Je remercie Mélanie Rousset des Éditions XO pour l'envoi de ce roman réédité, intégrant une préface inédite de Jack Lang

    Ceux qui suivent ce blog savent que je lis que très peu de romans historiques. Par goût.
    Cependant, je dois dire que celui-ci est différent car ce récit est romancé. Zénobie, femme guerrière, forte et fragile à la fois fait partie de ces personnages pour lesquels la genèse reste floue. Mythe ? Réalité ? A-t-elle vraiment existé ou est-elle une légende ? Elle a bien vécu en tant qu'épouse d'Odeinath roi de Palmyre mais quand est-il de la vie et des intentions de cette grande dame controversée ?
    Ce roman nous entraîne dans les coulisses de Rome et de Syrie, dans le désert, au milieu des barbares, en Égypte et nous vivons l'épopée de Zénobie.

    240 après J.-C. l'Empire romain est assailli de toutes parts, le Dieu des premiers chrétiens menace les dieux de Rome.
    Sous une tente nomade, dans le désert proche de Palmyre, une petite fille naît. Sa mère alors âgée à peine de 15 ans meurt en la mettant au monde.
    La particularité de cette naissance est que cette petite fille pousse son premier cri au moment où une boule de feu, une étoile déchire le ciel par sa lumière et sa chaleur et frappe la terre, faisant jaillir l'eau du sable en abondance.
    Son père lui donne le nom de Zénobie, convaincu que cette naissance est la volonté de Baalshamîn, Dieu puissant de la terre.
    Le lendemain un garçon âgé de cinq ans ou six, Schawaad fils d'Isakellaïl et de Duram-Elaï la sauve de la noyade.
    Il est de ceux qui vivent dans la simplicité.

    Au même moment, sur les rives du Danube, un jeune officier romain, Aurélien, combat deux mille Barbares avec ses maigres troupes. Grâce au soutien des dieux de Rome, il vaincra. Au soir de la bataille, il devient le héros mythique qui sauvera l'Empire.
    Aurélien vient de Sirmium, Julia Cordelia sa mère est la grande prêtresse de de Sol-Invictus.
    Sa sœur Clodia est amoureuse de lui et n'a qu'une envie : se marier avec son frère pour gagner en force et en puissance. Elle espère tout comme sa mère qu'Aurélien devienne le grand empereur, le grand César.
    Clodia manigancera pour qu'Ulpia une jeune femme proche de la famille soit la femme d'Aurélien et lui donne un fils pour conforter sa puissance sur Rome mais, Ulpia est stérile.
    Pendant les treize années qui suivirent la naissance de Zénobie, l'eau merveilleuse a fait ruisseler richesse et considération sur le père de Zénobie. Au fil des années la puissance d'Adonaï, sa fortune le désigna comme le chef des Maazins, ces croyants de Baalshamîn qui bâtissaient des temples en briques et en pierre dans Palmyre.
    Schawaad qui fait partie des Elkésaïtes , a un don de guérison et contrairement aux gens du désert les Elkésaïtes n'accordent pas d'importance à ce qui brille fortuitement.
    Adonaï veut marier sa fille à Odeinath grand exarque de Rome, roi de Palmyre et sénateur de Rome, mais Zénobie ne pense qu'à Schawaad. Toute sa vie elle va tenter de le conquérir. Elle refuse de se marier à l'homme qu'a choisi son père et pendant quatre années elle apprend la constance et la patience.
    Elle cherche Schawaad, le retrouve à Doura où il étudie le Christ. Alors que les Perses se battent pour Palmyre et Rome.
    Zénobie se fait violer en allant retrouver Schawaad, ce dernier la sauve des mains de son bourreau, puis ils se séparent car lui souhaite se consacrer à Dieu alors vaincue et triste, Zénobie retourne à Palmyre pour épouser Odeinath. Elle revient et apporte l'étoile qui avait été déposée il y a 17 ans par Baalshamîn dans le ciel du désert à sa naissance, une pierre sacrée : la Koba.
    Elle devient Reine de Palmyre, cependant elle refuse d'être l'épouse soumise, elle se donne le rôle d'être celle qui va élever son époux à une grandeur autrement plus essentielle et universelle que celle de la chair. Parce que les richesses de Palmyre comptent autant que celles de Rome, elle promet à son époux de faire de lui une puissance et lui amener la gloire.

    Alors que les invincibles Perses avancent vers leur territoire, Zénobie refuse la défaite annoncée et, le corps sanglé dans une incroyable cuirasse rouge sang, prend la tête des armées de Palmyre.
    Une guerre sans merci entre Les Perses pendant des mois ont assiégé la ville de Rome.
    Schaawad est promu proche de Dieu grâce à un rite de passage. Il est alors Chrétien et défendra ses idées ouvertement. Il s’appellera désormais Simon comme le fils de Jonas.
    Ophala, sœur de la première femme d'Odeinath veut que le fils de sa sœur morte, Hayran soit le seul héritier. Elle refuse que Zénobie devienne mère. Néanmoins c'est Zénobie qui va parvenir à la faire taire de façon brutale.
    Par ailleurs, c'est Dinah l'amie et servante de Zénobie devenue la concubine d'Odeinath qui enfantera en secret le fils d'Odeinath prénommé Whabalath mais c'est Zénobie qui sera sa mère aux yeux de tous. Elle lui promet de faire de lui un grand roi.
    C'est Nurbel le maître d'armes qui lui a enseigné les gestes du combat et à manier les armes.
    Le temps passe, bataille après bataille, par sa force, son courage et sa foi, sa détermination, Zénobie combat avec énergie et insuffle la force à ses troupes. Elle devient une véritable guerrière, respectée de tous.
    Elle inflige une terrible défaite à Shapûr, le roi des rois, l'empereur de Perse. Mais Rome ne supporte pas la réussite de Zénobie et d'Odeinath. Ce dernier est assassiné. Zénobie ose alors l'impensable : défier Rome et ses légions.
    Quand elle apprend la mort de Schawaad, elle va connaître une période de désarroi, de désespoir et de léthargie immense et les victoires ont un goût de défaite.
    Un personnage important va alors lui donner le courage et la force de se battre à nouveau jusqu'au dénouement tumultueux et douloureux, avec toujours des rivalités et des stratégies de vengeance, mais aussi de la fidélité et de l'amitié.

    Ce roman est vraiment intéressant. Il raconte les destins croisés de Zénobie Reine de Palmyre, vénérée comme la déesse Alath, dans tout l'Orient, femme puis veuve d'Odeinath, et Aurélien, le dernier grand Empereur guerrier. Tous les deux se déchirent pour le pouvoir suprême.
    Ce récit est vivant, au rythme mouvementé, il retrace l'épopée de cette jeune femme guerrière qui vise tout comme Aurélien, jeune tribun, la grandeur de Rome.
    Nous retrouvons donc l'empire Romain, l'ascension et les guerres que se livrent Aurélien et Zénobie pour la gloire.
    Les batailles destinées à maintenir et renforcer les limites des empires sont parfaitement restituées, L'ascension des premiers Chrétiens est très bien exploitée s'accompagnent également souvent d'hypocrisie, de mensonge, de dissimulation.
    J'ai aimé le style de l'écriture qui ne lasse pas les lecteurs, elle est fluide, retrace bien les événements, il y a de nombreuses descriptions et j'ai apprécié que celles qui concernent les batailles soient juste évoquées et non décrites de façon sanglante.
    J'ai beaucoup appris sur les mœurs de l'époque, les coutumes, les rituels, la hiérarchie.
    Le destin croisé des deux principaux personnages est bien mis en valeur , bien représenté. On comprend les enjeux de chacun et pourquoi ils se livrent une lutte passionnée, sans merci.

    J'ai trouvé cette femme-déesse, personnage légendaire et/ou imaginaire  fidèle à ses engagements, jusqu'au bout, elle garde ses promesses. Je la trouve touchante de sincérité et de loyauté quand elle témoigne son amour aussi profond et sincère à Schawaad malgré les événements douloureux tout au long de leur vie respective.
    Elle a protégé les Chrétiens pour rester dévoué à l'amour de sa vie.
    La recherche et le tableau des faits historiques instruisent les lecteurs qui ne sont peut-être pas trop au courant de cette période allant de 240 à 275 ans après J-C. De plus ce qui est très intéressant c'est que chaque chapitre commence avec une carte de l'endroit où se situe l'action.
    Il y a du mouvement, de l'agitation, de la stratégie, de la convoitise, des rivalités, des pièges et donc des rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine.
    Cependant il est vrai que les nombreux personnages m'ont un peu freinée dans la fluidité de ma lecture, n'étant que très peu au fait de cette période historique.
    La fin tragique, à double tranchant est réussie et me laisse admirative de cette fresque.


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  • C'est Elle !

    Titre : « C'est Elle ! »
    Auteur : Danny WALLACE
    Genre : Roman
    Éditions : Presses de la cité
    Année : 2012
    Nombre de pages : 492

    Quatrième de couverture :

    Un soir, alors qu'il erre comme une âme en peine dans Charlotte Street, Jason Priestley, trentenaire londonien, a le coup de foudre. C'est elle ! Malheureusement, la jeune femme vient de s'engouffrer dans un taxi. Il est trop tard pour la rattraper... ou peut-être pas : l'inconnue a laissé derrière elle un appareil photo jetable ! Une chance inespérée pour Jason, qui va tout faire pour retrouver celle qui pourrait être la femme de sa vie...

    Mes impressions :

    Contrairement aux avis que j'ai lus sur le net, personnellement j'ai aimé ce roman qui met en avant des valeurs qui me sont chères en parlant d'un trentenaire qui après une rupture amoureuse, voit sa vie changer. Ce qui lui permettra surtout de se poser les bonnes questions.

    L'auteur se sert d'un prétexte original, celui d'un appareil photo jetable perdu par une belle inconnue pour construire son intrigue et donner à tous ses personnages une certaine profondeur.
    Jason Priestley le personnage principal a le même nom que l'acteur de Beverly Hills mais pas le même compte en banque !
    Notre Jason là, va passer par tout un tas d'interrogations, de remise en question pour enfin devenir mature à la suite de sa rupture sentimentale.
    Il était professeur et vivait avec Sarah depuis quatre ans mais il apprend par facebook qu'elle va se fiancer avec Gary. On découvre doucement au fil des pages, peu à peu ce qu'à été sa vie, les épreuves qu'il a traversées et pourquoi il a abandonné son métier d'enseignant, pour faire du journalisme free-lance dans un journal gratuit distribué dans les métros...
    Puis Sarah le quitte et là il s’effondre. Heureusement que son copain de toujours Dev va lui être d'un grand secours, il devient son colocataire et de temps en temps tiendra sa boutique, un magasin de vente de jeux vidéo.
    Tous les deux vont devoir grandir et faire avec les aléas de la vie.
    Jason sera confronté à des problèmes personnels, des problèmes professionnels, mais aussi relationnels.
    Il va alors devoir quitter certains comportements pour avancer dans sa vie.
    Il va être entouré de Dev son meilleur ami, mais aussi de Matt, de Zoé, de Clem....
    Il va reconnaître ses erreurs et faire évoluer ses ambitions.
    Le point de départ de toutes ses révélations existentielles qui s'imposent à lui sont qu'un jour il croise dans une rue de Londres une jeune femme qui monte dans un taxi, ils se bousculent et elle tombe son appareil photo, il a le coup de foudre mais n'a pas le temps de lui rendre le jetable... Il va alors avoir une idée dingue enfin disons que son copain Dev lui suggère de faire développer les photos afin de trouver des indices pour retrouver la belle inconnue....
    Tout au long du livre il va s'acharner à courir après son destin, tantôt motivé, tantôt désespéré...
    Il y a des situations cocasses, des rencontres improbables, sincèrement je me suis amusée en lisant des moments hauts en couleurs comme le sont les personnages tous singuliers.
    Parfois bien sûr on peut se lasser de ce côté farfelu de l'histoire et des personnes mais c'est aussi une comédie alors on se laisse prendre au jeu, à ce côté jouissif et on a envie de croire que tout peut être possible. Jason va-t-il retrouver sa moitié ?
    Ce roman est une comédie britannique qui a du charme, parce qu'elle mêle des sentiments comme l'amitié, la jalousie, la rupture, la réconciliation,

    Ce roman est un genre de road-movie qui entraîne Jason sur les traces de son passé, de son présent et de son avenir.
    Le narrateur, Jason s'adresse aux lecteurs, amicalement et c'est en partie ce qui le rend sympathique. Il les met dans la confidence et ça crée un genre de lien entre les lecteurs et l'auteur. J'apprécie tout particulièrement ce procédé.
    Jason me semble une personne tendre et douce, malgré ses blessures. Un peu décalé. Un peu déphasé. Mais il reste agréable.

    Je recommande cette lecture qui met du baume au cœur.


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  • Auprès de moi toujours

    Titre : « Auprès de moi toujours »
    Auteur : Kazuo ISHIGURO
    Genre : Roman
    Éditions : Les deux terres
    Année : 2006
    Nombre de pages : 444

    Quatrième de couverture 

    Jadis, Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham : une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelle raison les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Une histoire d'une extraordinaire puissance, au fil de laquelle Kath, Ruth et Tommy prennent peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d'adultes.

    Mes impressions :

    Je vais avoir du mal pour vous donner mes impressions sur cet étrange livre. Il s'agit d'une histoire hors du commun qui malgré quelques longueurs m'a envoûtée. Parfois je trouvais que l'intrigue n'allait pas assez vite et pourtant je n'ai sauté aucune page et j'avais envie de connaître la fin de l'histoire parce que le style de l'auteur est à part.
    Kathy trente ans aujourd'hui raconte son histoire, à elle, Tommy et Ruth, des élèves pas comme les autres, qui au début des années soixante-dix intègrent une école, celle de Hailsham que l'on devine particulière.
    Elle est, disons, cachée, comme le sont tous les élèves à qui des professeurs singuliers enseignent l'art, la littérature, l'histoire, la géographie. Leur monde est clos, ils ne connaissent pas la vie en dehors des murs de Hailsham, cependant ils sentent qu'ils sont des êtres exceptionnels. Ils ne peuvent pas avoir d'enfants, ils sont tous plus au moins intelligents.
    Ils sont entourés de gardiens, mais aussi de Miss Géraldine, de Miss Émilie, la gardienne en chef, et Miss Lucy...et bien d'autres comme celle que l'on appelle «Madame », cette personne qui semble être la directrice et qui pour des raisons inconnues des élèves, vient tous les trois ou quatre mois, voire six mois au centre pour récupérer des dessins, des œuvres faites par les élèves pour qu'elles soient exposées dans une « galerie ».
    Ici tous les élèves, supposent des choses sans vraiment connaître le fond de la vérité, de leur réalité.
    Qui sont-ils vraiment ? Quel est leur rôle ? Pourquoi les cachent-on ?
    Leurs professeurs leur promettent un avenir intellectuel, différent, prometteur. Ils grandissent confinés, mais ne semblent pas malheureux.
    Ils partagent leurs temps comme des jeunes gens d'aujourd'hui d'ailleurs, ils parlent jeux, sexes et relation amicales.
    Leur éducation se fait en trois étapes. Pour la bande composée de Kath, Ruth, Tommy, la première partie de leur éducation s'achèvent, ils sont dispersés alors à l'âge de seize ans, dans d'autres établissements par petits groupes où ils vont parfaire leur formation.
    Ils sentent qu'on leur cache des choses, mais ils ne cherchent pas vraiment à savoir lesquelles malgré les incohérences, et les paroles troublantes de certains de leurs éducateurs.
    Aujourd'hui Kathy la narratrice a trente ans, nous sommes dans les années quatre-vingt-dix et elle raconte donc ce passé. Aujourd'hui Tommy et Ruth ne sont plus auprès d'elle.
    Elle dit qu'elle est accompagnante depuis plus de onze ans, c'est ainsi que commence le roman.
    Il faudra lire de nombreuses pages pour comprendre ce qu'il en est exactement de son activité et ce qu'elle représente véritablement.
    Mais pour comprendre, Kathy explique tout au long du livre ce qu'a été leur vie exceptionnelle.
    On leur enseigne des matières comme l'art, la littérature, les professeurs sont à la fois proches et éloignés des élèves. Ces derniers perçoivent dans leur comportement une certaine retenue, un certain mystère.
    Dès le début on sent une atmosphère inquiétante, Kath parle d'accompagnant, de donneur et jamais n'est mentionné leur parents. Ils semblent être orphelins.
    Et puis une fois arrivés à l'âge de jeune adulte, il y a l'horreur qui les attend mais de leur point de vue, ils ne se rendent pas compte des conséquences de leur éducation. Ils ne s'imaginent pas vraiment la teneur du pourquoi ils ont été éduqués et préservés de cette façon. Ils s'en accommodent car ils n'ont connu que cette vie-là.

    Le style de l'auteur est intéressant dans le sens qu'il livre au compte goutte les informations et amène les pièces du puzzle tellement lentement que le lecteur ne peut pas s'arrêter de lire malgré les quelques longueurs, car ces dernières créent le suspense, l'interrogation et laissent présager une certaine horreur. L'auteur, sait manier sa plume pour nous plonger dans une histoire à la limite de l'étrangeté d'un monde parallèle.
    Il y a une certaine langueur dans le style, l'auteur se promène sur le fil du surnaturel.
    Il reste de plus sur le fil du rasoir, ne révèle pas tout, tout de suite, et le lecteur plane dans un sentiment de frustration et de doute. Il y a un malaise indéniable.
    L'auteur raconte sans pathos, mais avec froideur. Néanmoins certains des souvenirs de Kathy sont révélés avec douceur.
    Ce qui est important aussi c'est de dire que ce roman ne pose pas de question d'ordre d'éthique, qui sont les personnes, qui décident pour ces élèves ? Les raisons de leur lutte seront seulement évoquées vers la fin. Nous ne connaissons pas tous les tenants et les aboutissants. Mais ce mystère crée l’imagination des lecteurs. Les trois principaux personnages acceptent leur sort avec naïveté, sans représailles, sans jamais remettre en question le sort qui semble être le leur.
    Ce livre dérange, inquiète car il pose la question de l'avenir des humains, des procédés médicaux, des traitements, de banques d'organes et de clonage.
    Le sort qu'on réserve à ces élèves particuliers est une fin programmée et fait partie de l’innommable, l'auteur flirte avec l'épouvante.

    Personnellement ce roman me semble réaliste malgré le fil de l'histoire...
    Ce roman a été adapté à l'écran, voici la bande annonce


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  • Je m'appelle Blue

    Titre : « Je m'appelle Blue »
    Auteur : Solomonica De WINTER
    Genre : roman
    Éditions : Liana LEVI
    Année : 2015
    Nombre de pages : 237

    Quatrième de couverture :

    Je m'appelle Blue et j'ai treize ans. Je suis une fille sans mots. Vous voulez savoir quand j'ai arrêté de parler ? Le jour où Ollie a braqué une banque pour rembourser ses dettes. Des dettes contractées auprès de James qui voulait s'emparer de son restaurant. Ça c'était avant. Avant qu'Ollie, mon papa, me donne mon livre. Avant qu'il meure. Maintenant que le souriRe est tombé de mon visage, je suis accro au silence. Au magicien d'Oz. Et à l'envie incontrôlable de tuer James.

    Mes impressions :

    Quelle histoire, quel livre !!!
    J'en ressors profondément marquée, touchée et bouleversée. Cette histoire remplie de suspense, de magie, de poésie, de doute, de douleur et de noirceur est troublante, dérangeante, embarrassante.

    Blue a 13 ans, son père meurt dans un braquage, il avait perdu son restaurant, repris par James, un mafieux. Elle veut tuer l'homme qui a repris le restaurant de son père, car elle sait que c'est sa faute si tout va mal maintenant puisque son père est mort.
    Blue était pourtant heureuse avec Ollie et sa mère avant le drame, mais tout a changé et elle n'aura alors plus qu'une idée en tête celle de tuer James pour venger son père. Elle est désormais solitaire.
    Pour survivre, elle lit et relit le magicien d'Oz, livre que son père lui a laissé à sa mort. Elle se met dans la peau de Dorothy le personnage principal et arrête de parler. Elle communique seulement quand elle veut et sur papier. Surtout avec son psychiatre. Puisque le livre est constitué de ce que Blue lui raconte, c'est-à-dire sa façon de décrire pourquoi et comment elle en est arrivée là aujourd'hui et comment elle a vécu avec l'idée de tuer James.
    Avec Daisy sa mère, elles n'ont pas de bonnes relations. Elles se partagent entre haine, amour.

    Je me suis immergée très vite dans cette ambiance morose, sournoise, équivoque de la vie de Blue jeune fille de 13 ans, qui pleure la mort de son père. Elle ne parvient pas à faire son deuil ; et va alors vivre dans sa tête des moments déroutants et excitants.

    La mort de son père, la faite plonger dans une existence où elle n'en ressortira pas indemne. Elle meurt de chagrin peu à peu ; elle est perdue, s'invente un monde qui la protège pour ne pas sombrer mais où est la vérité ?
    Sa mère Daisy ne sait plus comment l'aider.
    Blue est remplie de colère, de souffrance, de fantasmes et de peurs. Et pourtant elle ira et voudra aller au bout de ses choix.
    Passionnée par un livre que son père lui a donné, « Le magicien d'OZ », Blue va s'imprégner, et s'identifier à Dorothy le personnage principal.
    Puis elle rencontre Charlie, un jeune homme qui tient une boutique, mais qui est-il exactement ?
    Quel rôle joue t-il ?

    J'ai vécu dans le monde de Blue jusque dans les phrases, avec toute l'inquiétude et le tourment que cela suppose.
    La fin sombre et intense, m'a surprise car je ne m’attendais pas à cet épilogue. L'auteur choisit comme dénouement la solution la moins pire pour Blue qui a une réalité sombre.
    Entre imagination, folie et réalité, où se situe Blue ?

    Un premier livre remarquable parce que l'auteur écrit avec perfection, une histoire difficile dans un contexte psychologique poignant !

    Quand je pense que l'auteur avait 16 ans quand elle a écrit ce livre, je me dis que cette jeune fille mature a un talent remarquable ! Et qu'elle a sans doute un certain vécu pour entrer de façon si intense dans l'esprit d'une fille de 13 ans, avec de telles épreuves morales.
    Elle maîtrise parfaitement son style, la narration, l'histoire. Entre fiction et réalité, imaginaire et vérité, l'auteur se perd mais comprendra à la fin qui est Blue et pourquoi elle a sombré dans le mutisme et la souffrance. Remarquable !

    J'ai souligné ce passage que je vous cite, il s'agit des mots du père de Blue et ils m'ont touchée :

    « L’amour est la chose la plus forte que nous ayons, la plus puissante, il peut détruire ou créer, faire ou défaire. On ne veut pas la haine, on ne veut pas la peur, mais on vit dans un monde où ces sentiments sont le produit de la destruction que l’amour peut engendrer, des cœurs qu’il peut briser. Chaque fois que tu ressentiras de la peur, je veux que tu te souviennes de ceci : ton amour peut détruire ta peur. Ne le laisse pas détruire ton courage. »


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  • Il faut laisser les catus dans le placard

    Titre : « Il faut laisser les cactus dans le placard »
    Auteur : Françoise KERYMER
    Genre : Roman
    Éditions : JC Lattès
    Année : 2010
    Nombre de pages : 400

    Résumé :

    Marie, l’aînée, s’abrite dans son bonheur quotidien entre son mari pianiste, sa librairie ancienne à Paris, et ses deux filles. Cérébrale, sérieuse et responsable, elle tente de maintenir l’équilibre familial, au prix de sacrifices personnels qu’elle ne mesure pas elle-même. 
    La cadette, Anne, vit en plein vent, « dans les grandes largeurs » et pourtant modestement, au pied de son phare, dans la magnifique petite bourgade bretonne de Port Manech. Sculpteur qui n’a pas la chance d’être reconnue – mais est-ce vraiment important pour elle ? – elle dévore la vie, les hommes, et s'obstine à attendre un horizon qui réalise entièrement ses désirs. 
    La benjamine, Lise, la plus solitaire, la plus fragile aussi, cherche désespérément une rampe à laquelle s'accrocher pour sortir de sa mélancolie et croire encore aux promesses de la vie. 
    Toutes les trois s’étaient éloignées de leur père, homme taciturne et froid. Sa mort les force à se pencher malgré elles sur leur héritage familial, à comprendre cet homme silencieux, ses choix, son histoire. Elles doivent alors repenser leur vie, leur relation, libres enfin de choisir et d’être ce qu’elles veulent vraiment. 

    De Paris aux côtes bretonnes et méditerranéennes, une saga familiale vive aux multiples rebondissements.

    Mes impressions :

    Trois femmes aux caractères distinct, trois vies différentes, mais le même père. Je le qualifierai d'antisémite, plutôt froid, mystérieux se révélant être différent de ce qu'il paraissait être.
    Autour de cet homme mort récemment, il y a sa fille aînée Marie, la seule qui a souhaité le comprendre et l'aider quand il a divorcé avec la mère.
    Les trois sœurs ont un rapport différent au père, il sera rejeté, ou alors on lui témoignera de l'indifférence et/ou de la rancœur. À sa mort, Marie va entraîner malgré elle, ses sœurs dans un tourbillon de vérité et de douleur.
    Chacune ont leur vie, leur souffrance et leur désirs propres.
    Anne vit en Bretagne, à côté d'un phare, dans une maison à laquelle elle tient énormément, où elle peut exercer sa passion, la sculpture. Même si cela lui rapporte peu, elle préfère faire ce qu'elle aime et peiner pour boucler les fins de mois. Elle est avec Yann, un pêcheur qui aime la mer comme elle. Il lui apporte du poisson, elle a son potager et ses combines. Les hommes avec elle, ne passent plus que ce qu'ils ne restent....
    Lise, 47 ans vit très mal le départ de son fils Théo en Chine. C'est une mère fusionnelle. Théo a eu des soucis de dépendances et de mal être. Tout comme Lise en ce moment. Avec Pierre son mari, leurs rapports sont difficiles. L'amour n'est plus là.
    Marie, est une femme de tête, qui a une librairie, qui semble filer le parfait amour avec Alex son mari, pianiste connu et reconnu. Ils ont deux filles, Sarah 29 ans et Elsa 25 ans, aux caractères bien affirmés toutes les deux. L'une vit à Londres, l'autre à New York.
    La mère des trois sœurs est assez peu présente dans le récit mais elle a une place importante dans la compréhension de la pathologie familiale... Après le divorce elle aménage avec Gustave, un homme qu'elle semble vraiment aimer et qui lui a redonné confiance en elle.
    Les trois sœurs se retrouvent à Paris pour la lecture du testament de leur père et o surprise, elles apprennent qu'un homme prénommé Gabriel qu'elles ne connaissent pas, hérite d'une maison et de l'entreprise de leur père. Mais qui est-il vraiment ?
    Si Lise et Anne, se moquent de cet inconnu, Marie elle, en tant qu'aînée, souhaite faire la lumière sur ce mystérieux personnage. D'où connaissait-il leur père ?
    Marie qui se donne le rôle de la « grande sœur » veut aller au bout de ses recherches.
    Elle va d'abord faire la connaissance de la mère de Gabriel, Rachel, qui va lui faire d'étranges confidences et qui va faire découvrir à Marie, un père différent de celui qu'il était en famille. Rachel a rencontré le père quand ce dernier faisait une étude sur les communautés juives ashkénazes alors que lui même est un antisémite et a même renié l'époux juif de Marie.
    Leur père était vraiment l'homme qu'elles croyaient ? Avait-il une double vie ?
    Au fil des jours qui passent Marie va apprendre beaucoup de choses sur son père et cela va la déstabiliser.

    Les jours s'écoulent et nous partageons la vie de ses trois femmes dans leurs environnements respectifs et dans leur choix de vie bien à elles mais chacune va changer de projet après la mort de leur père.
    Elles vont se donner le droit d'être ce qu'elle ont toujours eu envie de faire et surtout elles vont se découvrir des besoins et des attentes insoupçonnés.

    Cette saga est une histoire sur les relations filiales, parentales, fraternelles une histoire de filiation mais également un récit sur les changements, le choix à faire, les trajectoires à suivre, tout ceci bien sûr sur fond de relations amoureuses, parfois mouvementées ou empruntes de trahison.
    Parfois le style est un peu lourd à cause de trop de descriptions. L'auteur par contre sait ménager le suspense avec des aller-retours sur la vie des trois sœurs. Tour à tour, elles se racontent.
    Leur entente parfois est houleuse mais elles s'aiment et chacune à un objectif bien différent.
    J'ai aimé le personnage de Lise qui au début, éteinte et touchante par sa fragilité, va se révéler et va sortir de sa déprime. Son mal-être se meut en sérénité auprès de Yann....

    La fin inattendue me semble un peu précipitée, pas assez travaillée, comparée au reste du récit. C'est Sarah qui met en place les dernières pièces du puzzle de plusieurs générations de cette famille et nous les livre.
    Cela n'empêche que je retrouvais à chaque fois avec plaisir ses trois femmes et leur vie en particulier.
    L'écriture est simple, elle laisse néanmoins passer les émotions. On parvient aisément à cerner les différents sentiments, les ressentis des uns et des autres personnages.
    Pour ces femmes, les hommes de leur vie son parfois très sombres, très mystérieux et c'est à travers le récit de celles-ci que les hommes prennent leur place au quotidien et même dans l'absence.
    Gabriel, même s'il est peu présent, donne une dimension inquiétante, mystérieuse, douce-amère au roman. On ressent tout le poids de son existence sur la vie des trois sœurs mais également sur sa propre vie.

    Cette histoire intemporelle est crédible.
    Les événements qui se déroulent, permettent à ces femmes de modifier leurs envies et leurs espérances. Le hasard de la vie aussi est synonyme de renouveau et puis les personnages évoluent à leur rythme.
    Ce qui au final donne un roman émouvant et prenant.


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  • La lettre de Queenie

     « La lettre de Queenie, tout ce qu'elle n'a pas pu dire à Harold Fry » de Rachel JOYCE

    Titre : « La lettre de Queenie, tout ce qu'elle n'a pas pu dire à Harold Fry »
    Auteur : Rachel JOYCE
    Genre : Roman
    Éditions : XO éditions
    Année : 2015
    Nombre de pages : 347

    Quatrième de couverture :

    Le roman inoubliable de ceux qu’on aime et qu’on laisse partir

    Vingt ans que leurs chemins s’étaient séparés. Il a suffi d’une lettre de Queenie, lui annonçant qu’elle allait mourir, pour qu’Harold Fry décide de la retrouver.

    Alors qu’il traverse, à pied, l’Angleterre, Queenie, de son côté, redoute les retrouvailles. Comment lui faire face ? Comment lui dire ce qu’elle cache depuis tant d’années ?

    Queenie lui écrit une seconde lettre. Elle lui raconte toute l’histoire. Cette fois-ci, pas de mensonges. Il est temps pour elle de lever le voile et de se libérer de cette culpabilité qui la ronge.

    Mais qu’a-t-il bien pu se passer, il y a vingt ans, dans cette petite ville du sud de l’Angleterre, pour qu’elle veuille la quitter et ne jamais y revenir ?

    Une histoire de destins manqués, tendre et bouleversante

    Après La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…roman salué dans le monde entier, Rachel Joyce nous livre la vérité poignante de Queenie.

    Mes impressions :

    Je vous parlais il y a quelques semaines dans une de mes chroniques, d'Harold Fry, cet homme qui a traversé l'Angleterre pour rendre visite à une amie qu'il n'a pas vue depuis vingt ans et qui est en phase terminale de cancer. Il s'agissait de « La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva un mardi ».
    Ce roman fut un coup de cœur pour moi. Il m'a transportée et celui que je vais vous présenter ici, est également un immense coup de cœur !

    Comme le dit Rachel Joyce, il ne s'agit pas d'une suite, ni de son origine, mais ce livre accompagne Harold Fry. Il se place du côté des ressentis de Queenie. Il s'agit dans l'un d'une histoire racontée par Harold et dans le second, la même histoire mais confessée par Queenie ; deux points de vue différents mais autant d'émotion.
    L'auteur ainsi nous permet de nous concentrer cette fois-ci sur Queenie, cette femme comptable qui tombe amoureuse d'Harold et qui va même rencontrer David, le fils qu'Harold a eu avec sa femme Maureen.
    En lisant ce livre, j'ai été saisie par une impression d'intensité, comme si après plusieurs mois, le souvenir des personnages s'exacerbait.
    Elle réapparaissait, et me permettait de me rappeler le parcours de cet homme et de son existence.
    Ici l'auteure se place du côté de Queenie, à travers une lettre et avec les mots de Queenie, elle nous dévoile tout d'elle. Qui est-elle ? Pourquoi être venue à Kingsbridge avec ses propres souffrances ? Puis, que s'est-il passé pour qu'elle parte du jour au lendemain il y a vingt ans et pourquoi de nos jours Harold décide de tout quitter presque aussitôt après avoir reçu la première lettre lui apprenant qu'elle était en train de mourir dans un centre de soins palliatifs. Pourquoi se laissent t-ils porter vers le passé et renouer avec lui ?
    Pendant les jours où Harold fait cette longue marche, Queenie va lui écrire avec l'aide et le soutien de Sœur Mary Inconnu, pour lui parler de sa vie d'avant leur rencontre, de ses douleurs, de sa passion pour la danse de salon mais surtout elle va lui avouer l'inavouable, lui parler de la culpabilité qu'elle traîne depuis des années. Tout cela dans le but de se « réparer », et de raccommoder le passé pour pouvoir « partir » en paix. Ce sera sa façon à elle d'espérer se réconcilier avec elle-même et avec son ami Harold.
    Sœur Mary Inconnu aura des paroles pleines de sagesse et une clairvoyance des choses de la vie et des êtres qui font du bien et nous ramène à l'essentiel.
    Queenie est dans un établissement religieux, elle est entourée par les Sœurs mais aussi par des patients, des malades qui sont tous hauts en couleur, bouleversants :
    Finty, Barbara, Monsieur Henderson, le roi nacré. Chacun permet à tous les autres de supporter l'insupportable réalité de la maladie et de la mort.

    Me plonger dans ce roman fût comme une délivrance, j'ai pu comprendre tout le poids des non-dits, et j'ai été touchée par la discrétion des deux principaux personnages, de leur extrême sensibilité.
    J'ai beaucoup de mal à sortir de cette lecture qui m'a serré le cœur.
    Queenie, très attachante, se livre, s'exprime, elle avoue ce qui la ronge depuis des années, parfois avec quelques retenues et parfois avec force.
    Elle espère le pardon de cet homme qu'elle a tendrement et passionnément aimé. C'est décidé, elle écrit pour que lorsqu'il arrivera à destination elle puisse lui donner cette lettre explicative.
    Que ce soit Harold ou Queenie, ils ont chacun un passé à affronter pour s'en libérer, pour l'exorciser.
    Si Queenie écrit, Harold marche et tous les deux vont trouver la force de raconter leur chagrin à leur manière.

    Cette histoire est encore plus émouvante que celle d'Harold, je le vis ainsi peut-être parce que je suis une femme, comme Queenie.
    L'auteure emploie des mots justes et profonds qui nous font sentir le soulagement que ressent Queenie une fois que ses révélations seront écrites.
    Mais avant d'arriver à ce dénouement, sous la plume de Queenie, l'auteure reconstitue le puzzle doucement.

    Vous allez peut-être vous demander si les deux livres peuvent se lire séparément ; je ne suis sincèrement pas convaincue qu'alors vous puissiez éprouver toutes les instances de cette superbe histoire, celle de deux êtres qui devaient se rencontrer.
    Lire celle d'Harold puis celle de Queenie serait une belle complémentarité.

    Pourquoi pas, une troisième version, celle de Maureen après le parallèle entre celle d'Harold et de Queenie ???!

    Extrait :
    « Ça ne sert à rien de se projeter dans l'avenir. Ça ne sert à rien de penser que la vie s'améliorera quand on aura une nouvelle télévision ou un nouveau travail. Vous devez arrêter d'espérer un changement, vous devez simplement être le changement ».


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  • Les enquêtes de Setna tome 4

    Titre : « Les enquêtes de Setna - Le duel des mages » - Tome 4
    Auteur : Christian JACQ
    Genre : Roman
    Éditions : XO éditions
    Année : 2015
    Nombre de pages : 265

    Quatrième de couverture :

    Le prince Setna est sur le point de retrouver sa fiancée Sékhet, qui se cache dans Memphis pour échapper aux tueurs. Mais le mage noir, Kékou, réussit à le devancer. Il kidnappe la jeune femme afin de s’emparer de son âme. Cet odieux stratagème est le seul qui lui permettrait d’actionner les pouvoirs du vase d’Osiris et d’en faire une arme de destruction. Setna doit faire vite pour sauver son grand amour. Accompagné de ses fidèles complices, il se lance dans une terrible bataille contre le Mal.
    Parviendra-t-il à déjouer les pièges maléfiques de Kékou ? Réussira-t-il à défaire l’infâme complot que ce dernier ourdit à l’encontre de Ramsès II ? Retrouvera-t-il enfin le vase d’Osiris ?

    Mes impressions :

    J'aimerais laisser aux lecteurs la joie et le plaisir de retrouver leurs personnages préférés, je ne vais par conséquent, pas trop m'étendre sur cette fin pour ne pas la spolier, mais seulement tenter de vous donner l'envie de la lire puisque je la trouve divertissante.

    Ramsès sait que Kékou veut le détruire ainsi que son royaume.
    Kalash et son réseau vont être des ennemis redoutables. Comment tout cela va-t-il se terminer ?
    Est-ce que le bien triomphera du mal ?
    Les personnages s'associent et unissent leurs forces pour vaincre leurs adversaires.
    Ramésou se sent humilié suite à l'échec de la dernière opération pour retrouver Sékhet. Il n'a pas su déjouer le piège de Kékou. Il n'a pas su faire maintenir l'ordre et la sécurité, il envisage de démissionner. Setna l'en empêche et lui propose d'unir leurs forces pour déjouer les manigances de Kékou.
    Dans cet ultime tome, les deux frères, malgré leurs précédents différents vont se rapprocher et combattre le même mal : Kékou, le mage noir, un être machiavélique
    Ce dernier sait que sa fille a acquis une énergie ravageuse, tantôt guérisseuse, tantôt dévastatrice. Il veut se servir d'elle pour transformer le vase Osirien en arme de destruction massive.
    Malgré une stratégie évidente, l'attaque surprise inspirée par les deux frères fera de nombreux blessés et se conclura par une mort dramatique, rude épreuve.

    L'auteur montre l’intelligence et le courage des principaux personnages.
    Ils sont entourés de magie et ils l'utilisent à bon escient pour retrouver la paix.
    Il y a des personnages inoubliables, des compagnons irremplaçables. Des moments de doute, de peur et d'incertitude, mais il ne désespère pas et restent unis face à l'adversité.
    Sans cesse il va falloir interpréter les signes qui feront la force de cette ultime partie.
    Le dénouement est pour moi un final grandiose où Christian Jacq donne la part belle aux armes, stratégies et combats. Mais sans oublier les sentiments et émotions.
    Contrairement au troisième tome, il y a une action omniprésente, efficace qui donne un rebond à l'intrigue et à l'histoire.
    Ainsi je trouve que cette série est une réussite parce qu'elle nous fait découvrir une Égypte pharaonique et nous initie aux rites et autres croyances.

    Cette série s'adresse à un large public puisque l'écriture n'est pas alambiquée, elle est au contraire, simple et limpide.
    Je la recommande à tout ceux qui aiment les histoires et le style de Christian JACQ.

    Les enquêtes de Setna, La tombe maudite - Tome 1
    Les enquêtes de Setna, Le livre interdit - Tome 2
    Les enquêtes de Setna, Le voleur d'âmes - Tome 3
    J'ai construit la grande pyramide
    Sphinx


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