• La lettre qui allait... 

    « La lettre qui allait changer le destin d'Harod Fry, arriva le mardi » de Rachel JOYCE

    Titre : « La lettre qui allait changer le destin d'Harod Fry, arriva le mardi »
    Auteur : Rachel JOYCE
    Genre : roman
    Éditions : XO éditions
    Année : 2012
    Nombre de pages : 364

    Quatrième de couverture :

    Il était juste parti poster une lettre.
    Mais c’est mille kilomètres qu’il va parcourir à pied.
    Un roman inoubliable qui a conquis le monde entier.

    « Je suis en chemin. attends-moi. Je vais te sauver, tu verras. Je vais marcher, et tu vivras. »

    Harold Fry est bouleversé par la lettre qu’il reçoit de Queenie Hennessy, une ancienne amie qui lui annonce qu’elle va mourir.
    Alors que sa femme, Maureen, s’affaire à l’étage, indifférente à ce qui peut bien arriver à son mari, Harold quitte la maison pour poster sa réponse. Mais il passe devant la boîte aux lettres sans s’arrêter, continue jusqu’au bureau de poste, sort de la ville et part durant quatre-vingt-sept jours, parcourant plus de mille kilomètres à pied, du sud de l’Angleterre à la frontière écossaise.
    Car tout ce qu’Harold sait, c’est qu’il doit continuer à marcher.
    Pour Queenie.
    Pour son épouse Maureen.
    Pour son fils David.
    Pour nous tous.

    Mes impressions :

    Ce roman m'a vraiment bouleversée, au plus profond de moi-même. Il est le reflet de la pensée humaine en proie à tout un tas de contradictions et de vérité.
    À la façon d'un road movie, un homme de 65 ans, reçoit une lettre d'une ex-collège Queenie qui travaillait avec lui dans une brasserie, elle en était la comptable. On sait, on devine qu'elle a joué un rôle important dans sa vie mais nous en découvrirons la nature, peu à peu au fil des pages.
    Queenie va bientôt mourir, d'un cancer inopérable et à travers cette lettre elle remercie Harold d'avoir été là pour elle, à un moment donné de sa vie.
    Il décide alors de lui répondre mais en allant à la boîte aux lettres, il ne va pas s'arrêter là et il va continuer un peu sa route pour réfléchir et voilà qu'il va décider de la poursuivre et traverser l'Angleterre à la rencontre de Queenie au centre de soins palliatifs ; il va alors lui demander de l'attendre.

    Il y a dans cette action, un désir à la fois de croire en la guérison de Queenie en lui donnant la force de se battre mais également cette marche va lui permettre de faire un retour sur lui-même, sa vie, sur son parcours et celui de ses proches.
    Maureen sa femme, dont il s'est détaché peu à peu et David son fils. On comprend que pour ce dernier il s'est passé quelque chose de dramatique. Nous en prendrons connaissance pratiquement au dénouement.
    Nous allons suivre donc Harold dans sa marche et la pénibilité de celle-ci . Nous serons témoins de ses questions intimes et ses interrogations.
    Harold rencontre tout au long de sa route des personnages, parfois haut en couleur qui lui parlent de l’existence, à travers leur propre chemin, et cela l'aide à penser ou repenser la sienne.
    Nous découvrons un homme qui s'est tourné vers l'alcool à cause de la présence de beaucoup de souffrance en lui, d'épreuves. On le devine meurtri par un passé douloureux.

    Le style est vraiment en demi-teinte. La narration est douce, délicate avec beaucoup de silence, de non-dit entre les personnages ce qui crée une ambiance délicate de mystère et de respect.
    L'auteur exprime leurs sentiments, leurs émotions intérieures.
    L'auteur prend comme thème le cancer d'une femme en phase terminale pour écrire une histoire remplie de messages.
    À partir de ce schéma, il va explorer les âmes humaines. Il nous entraîne dans un récit, un périple, plein de charme. C'est un roman philosophique et poétique ; il nous aide à saisir le moment présent, et à nous aider à avancer et peut-être même à réparer nos erreurs passées. On peut se poser les bonnes questions, celles qui vont nous permettre d'avancer.

    Ce roman est un bien bel hommage à la vie, l'espérance, l'amitié et l'amour en général et celui de nos proches en particulier.
    C'est un hymne sur la force de la vie, sur la reconstruction mêlée à une quête intérieure utile à tous.
    On sent que l'auteur parle avec sa quête et se dévoile un peu, il parle avec son cœur,
    Chaque fois que j'ouvrais ce livre je me sentais transportée, à la fois émue et avec le sourire aux lèvres, parce qu'il y a des passages poignants mais également des passages drôles.
    J'ai été touchée par la mélancolie, la détresse et la tristesse que dégage Harold, Maureen, et le charme de certains autres personnages.
    La fin est tellement émouvante, que j'ai même versé une larme. Mais je ne veux pas en dire plus pour que vous retrouviez la magie que j'ai ressentie.

    Un livre que je ne suis pas prête d'oublier . Un véritable coup de cœur !

    La lettre de Queenie


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  • Les ailes de l'ange de Jenny WINGFIELD

    « Les ailes de l'ange » de Jenny WINGFIELD

    Titre : « Les ailes de l'ange »
    Auteur : Jenny WINGFIELD
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2010
    Nombre de pages : 440

    Quatrième de couverture :

    Swan, enfant espiègle et malicieuse, a onze ans. Depuis que son père, prédicateur, a perdu sa congrégation, sa famille s'est installée chez la grand-mère, Calla Moses. D'une honnêteté inébranlable, les Moses éprouvent que du mépris pour leur voisin, Ras Ballenger, un éleveur qui régente sa famille et ses chevaux avec une violence inouïe. Quand le petit Blade Ballenger, sauvagement battu, vient chercher refuge auprès de Swan, une amitié lie immédiatement ces deux êtres en quête de justice, mais aussi de tendresse. Face au renoncement des adultes, Swan se donne alors une mission : progéger Blade, envers et contre tous. Mais pourra-t-elle y parvenir sans se brûler les ailes ?

    Mes impressions :

    L'histoire se passe en Arkansas, dans l'Amérique des années 50.
    La famille Moses a déjà été éprouvée par la mort d'un fils et la blessure de guerre d'un autre, Toy.
    Après une dispute entre les grands-parents, Calla, la grand-mère a transformé la véranda de la maison en épicerie et John, le grand-père, ouvre un bar de nuit sur l'arrière. Ils ne se parlent pratiquement plus.
    Calla et John ont eu sept enfants mais ici l'auteur ne parle et ne décrit que les principaux. C'est-à-dire ceux qui vont nous faire frémir tout au long des pages de ce roman que j'ai beaucoup aimé.
    Un soir de 1956, John va se donner la mort. Samuel prédicateur qui vit actuellement en Louisiane avec Willadee, sa femme (fille de John et Calla) et leurs trois enfants, va perdre sa congrégation. Ses deux drames vont précipiter les choses et le cours des événements.
    La famille Lake va revenir vivre en Arkansas.
    Et puis il y a Toy marié à Bernice. Elle a fréquenté elle-même Samuel quand ils étaient plus jeunes, elle n'a d'ailleurs jamais cessé de l'aimer, ce qui va entraîner mésalliance, rivalités plus ou moins avouées entre les belles sœurs car Bernice espère reconquérir Samuel et évincer Willadee.
    Toy meurtri par la mort de son frère puis fragilisé par un grave accident n'est pas dupe de l'éloignement de Bernice. Il est attachant, très nature, vrai, sincère, le genre de personnage qui vous émeut du début jusqu'à la fin sans jamais décevoir.
    Contrairement à Samuel, Toy a un sens moralisateur moins prononcé que celui de son beau-frère. Il n'a pas d'enfant, alors il va s'attacher à ceux de sa sœur et s’accorder le droit d'une partie de leur éducation. Il va apporter réconfort, soutien, compréhension alors que Samuel lui est obnubilé par sa foi et les bonnes manières religieuses.
    Les trois enfants ont des caractères bien différents ; Il y a Noble le plus grand, qui a 12 ans,
    Swan, 11 ans est un garçon manqué qui préfère les jeux de garçon, les pantalons aux jupes, Bienville lui a 9 ans.
    Ici c'est Swan et Blade, le voisin des Moses âgé de 10 ans et fragilisé par la brutalité de son père qui tiennent une place importante dans le roman. Mais chaque personnage est très bien travaillé.
    Ce roman nous parle d'amitié, de tendresse et de détermination face à la méchanceté et l'injustice.
    Swan, n'écoutant que son grand cœur adopte naturellement Blade, puis ce sera au tour de la famille, même si au départ les membres savent qu'ils n'ont pas le droit, ils n' hésiteront plus lorsque le père Ras, privera Blade d'un de ses yeux....Ils acceptent d'héberger Blade pour ne pas le laisser aux mains d'un père sadique et brutal. Cet homme n'entend pas les choses de cette façon et va nourrir une vengeance terrible.
    Le père Ballanger est un homme froid, calculateur et violent. Il est marié à Catherine, qu'il bât et méprise. Ils ont quatre enfants.
    Ras dresse les chevaux avec sa propre méthode particulièrement violente comme il élève Blade qu'il prend plaisir à maltraiter.

    L'auteur traite un sujet grave comme la violence sous toutes ses formes mais sans en accentuant les faits. Il ne tombe pas dans le voyeurisme. Il aborde des thèmes douloureux, ceux qui font la vie.
    De plus l'analyse des sentiments est omniprésente et donne une touche sentimentale très importante au roman.
    La narration et le style sont simples, efficaces sans trop de description ; l'intrigue avec les rebondissements et la fin tragique me font dire que ce roman et son scénario sont de qualité émotionnelle indéniable. La capacité de l'auteure à nous décrire l'affection et les sentiments des personnages sont un point réellement positif, j'y accorde toujours de l'intérêt.

    Ce roman est intense, émouvant, prenant. D'un côté on suit les histoires des enfants, de l'autre celle des adultes. Puis la famille se réunit autour des drames qu'ils affrontent en commun.
    Il y a beaucoup de sensibilité. Tous sont unis par une profonde empathie, sauf peut-être Bernice qui souhaite récupérer Samuel.
    Les enfants apprennent la vie souvent difficile, il y a dans ce livre beaucoup de leçons de courage, de foi en l'existence et en l'être humain.
    Ce roman raconte la vie en général et celles des familles Lake et Moses en particulier. Tous ont des soucis à surmonter sur un plan personnel ; chacun lutte à sa façon pour souvent protéger les autres membres de la famille.
    La narration est vraiment limpide, on s’imprègne de l'atmosphère, on vit et on traverse les épreuves avec les personnages, il n'y a pas de description inutile, juste les faits qui nous transportent et nous font aimer les deux familles.
    J'ai pris plaisir à rouvrir mon livre à chaque fois car je savais que j'allais découvrir des leçons de vie et de courage et suivre les aventures de cette famille. Je me suis attachée à Blade, Swan, Toy et Samuel.
    La fin tragique est dans la continuité du livre ; elle est forte et douloureuse à la fois.

    Un coup de cœur pour moi !

     


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  • La petite fille qui....

    Titre : « La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel ».
    Auteur : Romain PUÉRTOLAS
    Genre : Roman – conte
    Éditions : La dilettante
    Année : 2015
    Nombre de pages : 256

    Quatrième de couverture :

     Le jour où Providence doit se rendre à Marrakech pour ramener Zahera, une petite fille gravement malade qu’elle vient juste d’adopter, un volcan se réveille en Islande et paralyse le trafic aérien européen empêchant tout avion de décoller. L’amour d’une mère est-il assez fort pour déplacer les nuages ?  

    Mes impressions :

    L'auteur ici dans une narration pleine d'humour et de poésie, nous parle de deux sujets sensibles, l'adoption, et la maladie.

    Providence est une jeune femme de 35 ans, factrice de profession, qui lors d'un voyage au Maroc s'est faite opérée de l'appendice et voilà qu'à l'hôpital, elle rencontre Zahera une petite fille de 7 ans qui souffre de mucoviscidose, maladie qui s'apparente à un gros nuage obstruant ses voies respiratoires. Toutes les deux se lient d'amitié et s'attachent l'une à l'autre ; mais Providence doit rentrer en France. Elle se fait la promesse d'adopter Zahera. Après un parcours difficile, elle obtient le sésame en l'agrément d'adoption, ravies toutes les deux n'attendent qu'une chose, se retrouver. Le jour du grand départ vers sa fille le ciel est paralysé par un nuage immense causé par un volcan qui s'est réveillé. Providence alors devra user de tous ses pouvoirs pour pouvoir partir à la rencontre de sa fille. Elle trouve l'aiguilleur antillais aérien Léo, pour lui demander la permission de décoller, puis elle rencontre un marabout qui l'envoie vers maître Hué, un fakir de Barbès, alias M. M'Bali, pur Sénégalais, qui lui envoie Providence dans un temple tibétain de l'Humble Caste des Mantes Tricoteuses de Versailles où le maître 90 va lui enseigner que qui veut peut, qui lui dit qu'elle peut apprendre à voler comme un oiseau pour aller chercher sa fille et voilà qu'elle se met en tête d'apprendre....
    Elle a du courage et va s'initier à la patience alors qu'elle est pleine d'amour pour sa fille et que très jeune elle -même était une enfant pressée....
    Ce roman-conte est très beau, emplit de sagesse, de douleur sans oublier d'humour.
    Ce récit raconte l'histoire de Providence, mère par instinct, qui se tourne vers Zahera une petite fille, gravement malade qui sait qu'elle va mourir, si elle n'est pas greffée. Elle attend sa maman qui va lui tomber du ciel.
    Le livre commence par Léo qui raconte la fabuleuse histoire de Providence à son coiffeur qui est un personnage non anodin....
    Le style de Puértolas est singulier avec un langage non conventionnel, des jeux de mots, des métaphores. Il est généreux et ses idées, ses théories sur la vie sont intelligentes.
    L'auteur mêle, la mort, l'amour, les liens, les drames et la maladie, un roman magique, émouvant, délirant, amusant et plein de charme que j'ai beaucoup aimé malgré les sujets délicats comme la maladie, la mort, l'adoption. Il a su parfaitement se mettre dans la peau d'une femme et maman pour écrire une fabuleuse histoire.
    Son premier roman « L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » que je n'ai pas lu, a été un grand succès aussi.

    Notez la longueur des titres !!!!

     


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  • La mélancolie du dimanche

    Titre : « La mélancolie du dimanche »
    Auteur : Christine ORBAN
    Genre : Roman
    Éditions : Albin Michel
    Année : 2004
    Nombre de pages : 224

    Quatrième de couverture :

    Les dimanches ne sont pas des jours comme les autres. Surtout quand une jeune femme retrouve la lettre perdue de l'homme qu'elle a aimé, dix ans auparavant. Se débarrasse-t-on jamais des histoires inachevées

    Mes impressions :

    Les dimanches sont de longues nuits, on dirait que le temps s'arrête. Tout est en suspens, rien ne s’entreprend ; le dimanche selon l'auteure est un jour particulier. Tout au long du livre elle parle de la perception qu'elle a de ce jour.
    Ce dimanche-là, elle retrouve une lettre de son ancien amoureux Jules, qu'elle n'a jamais ouverte, ni lue. Cette lettre date de 10 ans.
    Aujourd'hui elle est mariée à Christian et ils ont une fille de 8 ans.

    J'ai vécu la lecture de ce roman comme une longue agonie. L'auteure parle de ses sensations, elle nous parle de sa relation avec Jules qu'elle a passionnément aimé.
    Pour ce qui nous préoccupe, ici c'est l'hésitation interminable de cette femme qui n'ose pas ouvrir cette lettre par crainte de son contenu.
    Mais que ce serait-il passé si elle l'avait lue le jour où l'a reçue ?
    Le destin existe-t-il ? Vous êtes vous demandés une fois, ce qui se serait passé si vous aviez fait un choix différent à un moment de votre vie ?
    Aujourd'hui, elle est face au doute, elle remet en question toute sa vie actuelle. Elle s'interroge, se torture.

    Le cours de la vie peut se jouer sur un malentendu, souvent il faut faire face au présent, qui est différent de celui qu'on espérait.
    Ce dilemme lui pèse, ouvrir ou pas la lettre ? Jules l'aimait-il ou pas ? était-ce une lettre de rupture ou pas. Cet homme elle ne l'a jamais oublié ! Mais lui l'aime t-il encore ? Est-il marié ?

    Les phrases sont courtes, elle décrit ses impressions, ses sensations, ses sentiments. À la vue de cette lettre, les souvenirs ressurgissent.
    Elle pose des questions sur la pérennité des sentiments, suite à une rupture voulue ou subie.
    Il y a deux personnages qui l’accompagnent dans ses interrogations : sa grand-mère principalement et Capucine l'amie de la narratrice qui a une façon différente de voir les choses.
    De nombreuses références aux paroles sages comme des maximes, des proverbes, pour la première ; et celles moins posées, pour la seconde, qui lui suggère de lire cette lettre dès qu'elle l'a retrouvée.

    Ce roman parle donc aussi beaucoup de la relation entre la narratrice et sa grand-mère, protectrice, autoritaire, réservée. Et de la relation amicale avec Capucine.
    Capucine pose les bonnes questions. Qui est-il vraiment ? Que représente-t-il ? Elle démystifie le personnage alors que la narratrice l’encense.

    Ce livre raconte les émotions ressenties, passées, présentes et à venir. Soit le lecteur s'ennuiera, soit il restera intéressé par le suspense qui réside et qui augmente et donc crée une tension.
    Personnellement j'ai trouvé ce roman trop romantique, trop lourd parfois et j'ai été profondément déçue par la fin car même si elle était prévisible l'auteure ne va pas au bout de son texte et de son geste....
    Une simple lettre non lue, permet à cette femme de faire le point sur sa vie, sur son couple actuel puis son amour passé.
    Il y a un sentiment d'inachevé dans sa vie et elle le transmet aux lecteurs. La curiosité de ces derniers sera t-elle honorée ?
    Reste que l'analyse des sentiments, dans le chaos des confusions reste très bien décrite avec des mots choisis au plus juste.

    Une phrase que je retiendrai : « Être adulte c'est contrôler ses émotions ».


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  • Chouette une ride d'Agnès Abecassis

    Titre : « Chouette une ride ! »
    Auteur : Agnès ABECASSIS
    Genre : Roman comédie
    Éditions : Le livre de poche
    Année : 2010
    Nombres de pages : 284

    Quatrième de couverture :

    Jusqu'à présent, ma vie était hyper plan-plan. Genre marmots, boulot, dodo, sauf que pour moi, le boulot ça se passe à la maison, scotchée à un clavier d'ordinateur. Ben oui, mon job, c'est écrivain (célèbre). Mais dernièrement, tout a basculé : un beau gosse dans la rue m'a appelée " madame " ; il m'a fallu une traduction simultanée pour comprendre ce que me disait une ado ; une vendeuse mielleuse m'a suggéré une crème anti-âge ; j'ai surpris des copines en train de trafiquer leur date de naissance. Et là, d'un coup, j'ai réalisé que j'avais déjà trente-six ans. C'est-à-dire, techniquement, presque quarante. Donc bientôt cinquante. À votre avis, je fais quoi ? Je déprime ou je positive ?

    Mes impressions :

    Un livre parfait pour l'été, qui n'est pas de la grande littérature à proprement parler mais je trouve que l'auteure sait manier les mots et les situations avec admiration. On s'imprègne très vite de l'ambiance.

    Anouchka Davidson est une mère de famille, elle a deux filles de 9 et 12 ans avec son second mari. Elle est auteure de romans d'épouvante, elle possède une petite chienne qui est assez remuante, elle a des amies, notamment Clotilde, des copines comme Chloé son éditrice, de la famille, une mère avec qui elle est presque fusionnelle, un cousin Jerry au QI de 140 avec qui elle se chamaille tout le temps....
    Elle vit à Paris et est plutôt heureuse. Mais un jour elle se rend compte que le temps passe et que sa jeunesse commence à être loin. Pourtant elle n'a que 36 ans mais elle nie cette réalité angoissante avec humour et tendresse.
    Anouchka est une grande adolescente, mais elle reste originale et plutôt gaie.

    Le thème de l'approche de la quarantaine est toujours un sujet d'actualité mais ici il est traité avec humour et relativité. Au lieu de voir le côté sombre des choses, il est pensé comme le passage vers une certaine maturité,
    Ce livre fait sourire et on ne s'ennuie pas. La plume d'Agnès Abecassis est fraîche, sans prise de tête, légère, divertissante. Les réparties sont cinglantes, jamais méchantes.. Elle utilise des jeux de mots, des métaphores, place ses personnages dans des situations cocasses.
    Elle est de son temps, s'exprime comme les jeunes, parle de ses émotions, nous livre ses idées intimes avec souplesse !

    Anouchka a une façon bien à elle de voir la vie, avec légèreté. Elle nous transmet sa bonne humeur et c'est ce que j'apprécie dans ce genre de roman.
    L'histoire que la narratrice nous raconte va lui permettre de prendre du recul, de reconnaître ses priorités et se recentrer sur le cours de sa vie inéluctable.
    En résumé j'ai aimé le style ironique mais pas méchant, malgré les clichés, je me suis bien amusée !

    J'ai retrouvé quelques situations comiques de la vraie vie qui m'ont fait bien sourire. Et j'ai vraiment adoré le long passage où Anouchka raconte leur péripétie, lorsqu'ils se perdent avec Jerry, Basil, Clothilde dans la nature et passe la nuit dehors.
    Un roman chick lit qui détend !


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  • L'enfant des autres

    Titre : « L'enfant des autres »
    Auteur : Jacquelyn MITCHARD
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2002
    Nombre de pages : 365

    Quatrième de couverture :

    Imaginez une petite fille dont les parents viennent de mourir subitement. Elle est mignonne, adorable, éveillée.

    Et elle est entourée d'une famille qui la chérit, au sein de laquelle elle a grandi, et qui souhaite la garder. Maintenant, imaginez qu'une deuxième famille, qui a autant de raisons d'aimer cette petite fille, demande sa garde.
    Et , entre tous ces gens de bonne volonté, éclate une guerre féroce...
    L'énorme talent de Jacquelyn Mitchard transforme cette histoire -basée sur un fait réel – en un drame poignant qui maintiendra le lecteur captivé de la première à la dernière page.

    Mes impressions :

    Bien que ce roman soit une fiction, l'histoire est tirée d'un fait divers douloureux.
    Georgia et Gordon sont frères et sœurs de cœurs, lorsqu'ils étaient enfants ils ont été adoptés par Lorraine et Mark...
    Georgia est atteinte d'un cancer en phase terminale. Subitement son mari Ray et elle meurent dans un tragique accident de voiture...alors que Keefer leur fille n'a que 15 mois. Après ce drame leurs proches sont ébranlées mais très vite se pose la question de la garde de Keefer.
    Qui l'obtiendra ? Le clan Mc Kenna, famille de Georgia et Gordon qui ont une tante Nora adorable et des parents qui les aiment comme s'ils étaient leurs parents de sang ? ou les Nye, parents de Ray qui sont plutôt de bonnes familles et fortunés, entourés d'une grande famille ?.
    Je suis sensible au sujet de l'adoption et aux sujets qui s'y rapportent. Je suis convaincue que l'on peut aimer un enfant aussi fort même s'il n'est pas né de soi, et qu'il n'a pas notre sang. Le drame familial qui se joue ici est déchirant. Les familles vont s'affronter. Les membres vont se déchirer pour tenter d'obtenir la garde de Keefer et peu à peu les personnalités se dévoilent.
    Chacun va devoir faire face à des dilemmes et des choix, devra accepter des compromis, devra lutter.
    Les médias vont s'emparer de cette histoire de façon parfois indécente ; mais est-ce judicieux de traiter cette histoire de famille en faisant appel aux médias ? Keefer est impliquée directement dans cette bataille d'adultes, alors est-ce bien pour son équilibre ?
    Les sentiments et les caractères de chacun sont largement développés, avec efficacité. Dommage que le nombre de personnages est conséquent. Surtout au début j'ai eu du mal à suivre mais ensuite, les acteurs essentiels prennent la place principale dans la narration et donc la compréhension des enjeux et le récit deviennent plus limpides. Derrière le parcours juridique que doivent réaliser les deux parties familiales, j'ai trouvé que le sujet était assez bien traité mais insuffisamment autour de l’intérêt de l'enfant. Les deux familles sont motivées certes mais j'ai eu l'impression plus d'une fois, qu'elles l'étaient par égoïsme.
    Bien sûr Keefer, 18 mois, est trop jeune pour choisir.
    Ce qui est certes intéressant, ce sont les passages où l'auteur compare les liens de cœurs à ceux du sang et dénonce parfois des aberrations qui ont été révélées et modifiées depuis. Les articles de lois ont été révisés et reformulés.
    À force de courage et de lutte, ici c'est Lorraine maman adoptive qui va faire prendre conscience des enjeux et de la place des enfants adoptés et de leur statut dans les articles de loi. Un enfant adopté aura les mêmes droits qu'un enfant biologique.

    L'histoire était prometteuse et débutait bien mais je me suis ennuyée surtout au début car il ne se passe pas grand-chose et j'ai noté quelques longueurs.
    Lorsque la bataille juridique commence entre les deux familles, j'ai trouvé que les éléments étaient trop tournés vers les articles de lois, même si ceux-ci sont simplement expliqués, ils ne sont pas assez axés vers le bien être de Keefer, sa sécurité. D'ailleurs l'arrogance de certains membres des deux familles m'a outrée. Mais cela fait partie de l'histoire.
    Au niveau style, j'ai trouvé certaines lourdeurs, trop de personnages cités alors que l'auteur aurait pu alléger les descriptions et liens familiaux indirects.
    Cependant ce roman est riche car il permet de se rendre compte que rien n'est figé même si la loi donne certains éléments de réponse, elle peut être réajustée. Cependant les textes de loi ne font pas tout et les familles ici vont devoir trouver une entente pour épargner la petite Keefer; mais une entente motivée par l'amour qu'elles portent à Keefer.
    La fin est plus ou moins prévisible mais reste bien racontée.
    Ce qui me gêne c'est que les émotions ne passent pas vraiment. Le style est parfois trop direct. Par contre du côté des intérêts des deux familles, l'auteur sait très bien en parler.
    Je n'ai pas réussi à m'imprégner, il manque quelque chose pour rentrer complètement dans ce roman, mais quoi ? Peut-être un peu plus de sensibilité et plus d'implication dans le récit.

    Je vous laisse le choix d'apprécier vous-même ce roman ou pas....

     

     


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  • Est-ce que tu m'entends

    Titre : « Est-ce que tu m'entends »
    Auteur : Hugues ROYER
    Genre : Roman
    Éditions : L'archipel
    Année : 2014
    Nombre de pages : 300

    Quatrième de couverture :

    Le jour où William s'apprête à demander sa fiancée Katsuko en mariage, il est tué par un chauffard.
    Étrangement , son esprit reste sur terre.
    Est-ce pour accomplir une dernière mission ?
    Ne recherche-t-il pas en effet depuis des années sa fille Éden, dont il a été séparé lorsqu'elle n'avait que 2 ans ?
    William est mis à rude épreuve quand le jeune homme qui a causé sa mort cherche la rédemption auprès de Katsuko.
    Fou de rage et de jalousie, William va tout faire pour les éloigner. Mais un esprit peut-il influer sur les sentiments de deux êtres bien vivants ?

    Mes impressions :

    William 37 ans est entre la vie et la mort suite à un accident de voiture. C'est sa compagne Kasuko biologiste moléculaire qui conduisait. Il s'apprêtait à la demander en mariage.
    C'est Achille Nucci, un infirmier qui a percuté la voiture des jeunes amoureux et qui a tué William.
    Kasuko est dévastée quand dans la chambre d’hôpital où elle récupère, elle apprend la nouvelle.
    Mais ce que personne ne sait, c'est que William veille, ni complètement vivant, ni entièrement mort ; il erre telle une âme en peine ;il a des difficultés à passer de l'autre côté définitivement car il sait qu'il a des choses à rattraper, à régler et peut-être à se faire pardonner.
    Dans le monde parallèle, il va rencontrer sa mère, sa grand-mère et même son père.
    Il voit défiler sa vie passée et celle actuelle de ses proches .
    William a eu une fille Éden, au prénom prédestiné, quand il était encore adolescent. La mère d' Éden était une droguée et avait une vie de plus en plus décalée. Un jour elle s'est enfui en enlevant sa fille et William ne l'a plus jamais revue, il a tenté de la retrouver mais sans succès... Cela Éden ne le savait pas... Elle a toujours cru que son père l'avait abandonnée quand elle avait 18 mois.
    L'absence de ce père, le fait de ne pas connaître son passé, perturbe Éden, c'est une fille fragile, en quête d'elle-même, c'est une jeune fille solitaire, incapable de se lier d'amitié et de tomber amoureuse. Elle fait des études de psychologie et travaille dans un Franprix pour payer ses études.
    Elle se réfugie dans l'opéra,la musique classique et la lecture.
    De son vivant, William avait du succès avec une série télévisée, C'était une scénariste connu et reconnu , il a même écrit des livres.
    Éden prend connaissance de ces derniers et se met à les lire et même à les apprécier.
    Au début l'auteur parle très bien de ses personnages : il les habite, nous les présente et il nous raconte, leur attente, leur vie, leurs drames.
    Ils sont entiers, sincères et puis d'ailleurs je me suis attachée à Éden et à William.
    J'ai beaucoup apprécié le passage lorsque Éden recueille chez elle un SDF pour lui redonner un second souffle. Elle est chaleureuse, aimante. Même si elle prend un risque et même si j'ai eu très peur pour elle, j'ai senti que cette jeune-fille avait une belle âme. Comme son père.
    Quand William est mort il avait entrepris la rédaction d'un dernier manuscrit mais il n'a pas eu le temps de l'achever. Est-ce qu’Éden va trouver la copie ? Va-t-elle finir l’œuvre de son père ? Et comment y parviendrait-elle ?
    William veut faire passer des messages et pour cela il doit trouver une personne qui en sera le vecteur...
    Il va tenter de nous faire comprendre la vie et surtout l'intérêt de dire les choses aux gens que l'on aime, ne jamais perdre espoir et de toujours se battre sans baisser les bras. Mais parfois il faut aussi savoir laisser partir ceux que l'on aime car le vrai amour est celui de les voir heureux, avec ou sans nous à leurs côtés.
    J'ai beaucoup aimé cette histoire qui fait beaucoup penser à celles des auteurs Musso et Lévy donc si vous aimez lire ces deux derniers auteurs, je vous conseille ce roman chaleureux, sensible et plein de charme.
    Vraiment j'ai passé un bon moment car le héros William qui se trouve entre deux mondes, est une âme repentie qui a des choses à faire, à dire et j'ai compris et approuve ses remises en question qui vont permettre à sa fille et à sa compagne de vivre pleinement la suite de leur vie.

    Le style nous permet de nous imprégner des situations et du contexte. Malgré tout on a envie d'y croire car chacun d'entre nous a perdu un être cher et nous aimerions savoir que de là-haut il a pu ou peut nous voir et enfin nous réconcilier avec la vie, la vraie.
    Un livre qui nous dit que la mort n'est qu'un passage et qui nous raconte que la vie est précieuse, qu'elle ne se termine jamais réellement et que nous sommes toujours en lien avec nos disparus.
    Un livre qui m'a fait du bien. L'histoire est vraiment touchante, même si elle ne peut être réelle. Elle nous laisse flotter entre deux espérances.

     


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  • La regrettable importance de la beauté

    Titre : « La regrettable importance de la beauté »
    Auteur : Amanda FILIPACCHI
    Genre : Roman étranger
    Éditions : XO éditions
    Année : 2015
    Nombre de pages : 313

    Quatrième de couverture :

    Une fable moderne et irrévérencieuse…
    … pour en finir avec le pouvoir de l’apparence !

    Au cœur de New York, un petit groupe d’amis totalement  fantaisistes appelés « Les chevaliers de la création » se retrouvent régulièrement pour travailler. Parmi eux, Barbara, une femme éblouissante de beauté, et Lily, dont le physique est terriblement ingrat, ont un rêve commun : être aimée pour ce qu’elles sont, au-delà de leur apparence.
    Barbara, costumière, s’enlaidit dans l’espoir de trouver le véritable amour, tandis que Lily, musicienne talentueuse, s’acharne à conquérir l’homme qui l’ignore.
    Alors que toutes deux cherchent désespérément des solutions à leur tourment, elles réalisent qu’un meurtrier se cache parmi leur entourage, se jouant de leurs failles les plus intimes.

    Mes impressions :

    Mille fois merci encore une fois, à Mélanie assistante presse de XO éditions pour l'envoi de ce livre.

    Une fois de plus, j'ai eu l'agréable surprise de lire une nouveauté ! Avec une thématique dans l'air du temps : la beauté et ses conséquences, et surtout l'impact qu'elle a sur les femmes et les hommes de nos jours. Avec tout ce que cela implique.

    L'auteur nous dévoile ses personnages au début de son roman, une bande de cinq amis qui se surnomme « Le club des chevaliers de la création ».
    Barbara superbe femme au naturel se déguise au quotidien avec des artifices pour passer inaperçue et surtout être moins attirante. Elle a recours au rembourrage, fausses dents, lentilles, perruque …. Étant costumière Barbara n'a pas eu du mal à créer ce costume qu'elle porte au quotidien.
    À l'origine de cette étrange métamorphose, il y a la mort de son meilleur ami Gabriel qui était amoureux d'elle et de sa splendeur mais comme elle n'était pas intéressée, il en est devenu dépressif et n'a pas supporté l'idée de ne pas vivre avec elle. D'où son suicide. Par culpabilité elle s'est infligé ce déguisement comme un châtiment et une protection car elle n'assume pas sa splendeur et ne supporte pas que la plupart des hommes soient attirés par les belles femmes seulement.
    Elle espère trouver également l'homme qui tombera amoureux d'elle pour ce qu'elle est vraiment, pour ses valeurs, sa beauté intérieure, et non exclusivement pour sa plastie incroyablement parfaite.
    Lylie, quant à elle, a un physique plutôt ingrat, des traits grossiers elle est musicienne. Elle est amoureuse de Strad, jeune homme intéressé par les femmes au physique irréprochable. Elle va tenter par tous les moyens de faire en sorte que Strad tombe amoureuse d'elle, de sa musique et de la beauté qu'elle véhicule par les émotions et les sensations.
    Pénélope est une superbe femme de 28 ans qui vit toujours chez ses parents, qui ne trouve pas de job alors son richissime père lui a donné les fonds pour ouvrir un magasin d'objets décoratifs et paie le loyer. Elle vit à ses crochets. Récemment elle a été victime d'un enlèvement et Jack lui a sauvé la vie mais y a laissé une blessure physique qui ne lui permet plus de continuer son métier de policier.
    Et puis il y a Georgia, romancière qui tente de finir son dernier roman mais qui oublie son PC dans un taxi. Et c'est Peter célèbre présentateur TV qui le trouve, en lui rapportant, il devient un proche des cinq amis et participe à leurs réunions.
    Tout ce petit monde passe de bons moments ensemble, ils sont eux-mêmes quand ils se réunissent et l'amitié qui les lie est forte.

    De son vivant, Gabriel a écrit des lettres à Barbara qui les reçoit postmortem régulièrement.
    Il lui avoue que parmi eux un assassin veille, un meurtrier qui souhaite tuer Strad pour tenter de guérir Lylie qui est profondément malheureuse de n'être pas aimée de lui.
    La chasse au tueur va être ouverte pour les cinq amis qui vont tenter d'arrêter les projets de ce mystérieux assassin.

    Je me suis attachée à Barbara qui se bat pour paraître moins belle et qui ne profite pas de sa beauté, on sent en elle une blessure, une fêlure profonde.
    Barbara est à l'opposé des femmes actuelles qui souhaiteraient une plus belle plastie et qui font tout pour modifier leur physique ingrat en un physique plus qu'agréable à regarder.
    L'importance du regard des autres ici est au maximum.
    Ces femmes peu à l'aise avec leur physique, souvent pour de fausses raisons, choisissent la chirurgie esthétique pour paraître moins grosse, plus belle, avoir de jolies formes et devenir une femme idéale ou bien modifier ce qui les dérange physiquement pour se sentir plus belle.
    Ce livre fait réfléchir et éveille les consciences sur l'aspect physique et l'impact sur la personnalité.
    J'espère qu'il aura la capacité de dissuader les filles adolescences ou jeunes-femmes à dire non à la chirurgie esthétique ou autre régime aberrant, qui peut modifier agréablement le corps physiquement mais ne change pas l'âme.
    Je trouve qu'Amanda Filipacchi a un style agréable, fluide, et imaginatif.
    J'ai cependant été perturbée par le décalage trop prononcé du récit. Certains passages sont tirés par les cheveux.
    Il y a le côté invraisemblable, improbable de certaines situations peu crédibles, notamment lorsque les amis se réunissent pour découvrir qui pourrait être l'assassin de Strad. Et de même, Lylie qui pose un masque sur son visage quand elle est avec Strad pour cacher ses traits et qui va composer une musique qui la transforme physiquement. J'ai trouvé la scène lorsque dépressive, elle se décompose par amour, trop poussée. Certaines situations cocasses viennent troubler le côté dramatique de certaines scènes et vice-versa. Le mélange m'a dérangé seulement je suis consciente, qu'il s'agit d'un roman et non d'une étude psychologique.
    Cependant, l'humour employé atténue le côté dramatique de certaines situations, il est donc bienvenu, mais à mon avis il contraste trop avec le thème sérieux du roman qui évoque et décrit les conséquences négatives de la beauté excessive de certaines personnes, parfois à l'aide de métaphores et de tirades bien pensées.
    J'ai apprécié ces réflexions sur le besoin qu'ont les femmes de se trouver plus belles pour plaire davantage ; de même que les explications psychologiques révélatrices d'un mal-être profond d'une personne qui s'adonne à ce genre de pratique de la chirurgie, devenue de plus en plus courante. Elles se perçoivent comme une marchandise.

    L'auteur écrit un roman qui nous fait réfléchir sur comment apprécier une personne à sa juste valeur, l'auteur dénonce le manque de tact de certaines personnes, le manque de sincérité de certains hommes,
    Quand on ne se sent pas à son avantage, se tourner vers l'extérieur, pour embellir l'intérieur serait un gage de mieux être profond et personnel. Et l'auteur l'a bien compris et fait passer le message à travers les dialogues nombreux entre les amis.
    Les métaphores dramatiques des conséquences du manque d'estime de soi-même, le regard des autres et / ou de soi-même sur la beauté extérieure sont magnifiquement explicites et s'invitent à la première priorité.
    Le mélange de genres peut amener à apprécier la beauté différemment. L'humour et le dramatique se marient pour pouvoir mieux accepter de rire de nous, de nos défauts, de s'accepter tel que nous sommes, de poser un regard plus compatissant, sur nos disgrâces, de poser un regard indulgent sur notre physique qui n'est pas forcément si ingrat que cela car les vrais amis eux ne s'attardent pas sur ces derniers. L'amitié dans ce roman tient une place importante. Ils s'entraident tous les cinq sans tenir compte de leur physique.
    Ici la beauté est donc perçue différemment. Elle est perçue comme une aliénation.

    Il y a dans ce roman une morale importante, ce livre est sérieux sans l'être.
    Une personne forme un ensemble, elle a la beauté de ses valeurs, sa beauté intérieure, sa façon de voir les choses, la vie, les autres.
    L'important est de trouver la profondeur de nos âmes, trouver la profondeur de l'être, derrière l'apparence, passer au-dessus des traits physiques. Heureusement avec le temps et la prise des années, on devient moins regardant, et on reconnaît les priorités.
    Finalement ce roman est bien venu dans notre société actuelle et peut faire changer le regard de certaines personnes sur la trop grande beauté et ses conséquences regrettables.
    L'approche romancée du thème par Amanda Filipacchi est donc judicieuse.

     


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  • Elle et lui Marc levy

    Titre : « Elle et lui »
    Auteur : Marc LEVY
    Genre : Roman
    Éditions : Robert Laffont/Versilio
    Année : 2015
    Nombre de pages : 384

    Quatrième de couverture :

    Un site de rencontres les a réunis. Ils ne sont pas devenus amants, mais amis. Et ils comptent bien en rester là... Elle est actrice. Lui écrivain. Elle s'appelle Mia. Lui Paul. Elle est anglaise. Lui américain. Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais. Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment. Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas. Elle se sent seule. Lui aussi. Il la fait rire.
    Elle enchaîne les maladresses. Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus. Dans ce roman, où l'on retrouve les personnages de Et si c'était vrai, Marc Lévy nous entraîne dans une histoire d'amour irrésistible et totalement imprévisible. Elle & lui marque le grand retour de Marc Lévy à la comédie.

    Mes impressions :

    Comme à son accoutumée, Marc Levy nous présente les personnages dans les premiers chapitres, et nous avons l'agréable surprise de retrouver les personnages de son premier roman « Et si c'était vrai ».
    Ce roman a été mis à l'écran en 2005.
    Il y a Paul, américain, architecte de métier ; Lauren médecin neurochirurgienne, son amie et femme d'Arthur, lui aussi architecte. D'ailleurs les deux garçons étaient associés. Il y a dès le début ce plaisir des retrouvailles même si dix ans après leur vie, a évolué, surtout celle de Paul, il a changé de métier, de pays et aujourd'hui il est écrivain. Il n'était pas le personnage principal précédemment mais néanmoins très présent et voilà que Levy lui offre ici le premier rôle.
    Et puis il y a Mia une actrice anglaise, la petite protégée de son agent Creston. Elle partage l'affiche de son dernier film avec son partenaire à la ville comme à l'écran. Mais leur mariage n'est pas des plus solides suites aux infidélités de David. Elle décide de prendre le temps de réfléchir à sa vie de couple.
    Daisy est la meilleure amie de Mia, elle vit à Paris et possède un restaurant. Cuisiner est sa passion.Après sa pseudo-rupture d'avec David, Mia va passer quelques jours chez Daisy et lui apporte un peu d'aide pour le service.
    Après le succès de son premier roman, Paul est donc resté à Paris, loin de ses deux amis, il a aujourd'hui cinq livres à son actif. Un jour s'apercevant que Paul n'est pas heureux, Lauren et Arthur l'inscrivent à son insu sur un site de rencontres... le même sur lequel Mia voit le profil de son amie Daisy. D’ailleurs par curiosité, elle prend son pseudo et laisse une annonce.....s'ensuivront des quiproquos, des malentendus et une invitation au restaurant malgré eux.
    Dans ce roman il y a une petite dose de suspense concernant l'histoire d'amitié entre Mia et Paul, ainsi que sur une affaire d'édition et d'auteur plagiés.
    J'ai également apprécié que l'auteur cite et évoque dans son texte un autre romancier contemporain célèbre. Pour ma part, c'est un hommage à l'écrivain mais également à la profession.
    D'ailleurs ça lui arrive, dans ses lignes, d'évoquer le métier d'auteur et du plaisir que cela procure.
    Il se sert même de quelques clichés qu'il balaie d'ailleurs.
    Mais il exprime ici avec ironie le milieu de l'édition et celui du cinéma.
    Dans ce roman les dialogues tiennent une place importante, plus que le récit en lui même ; ce dernier est sans trop de descriptions ce qui en facilite la lecture et surtout nous plonge directement au cœur et aux émotions des personnages.
    J'ai été touchée par les dialogues entre Mia et Daisy et les réparties musclées entre les deux jeunes femmes mais toujours sans animosité. On sent l'affection qui les lie.
    Les échanges entre Mia et Paul sont incisifs, parfois ironiques mais ne dit-on pas : «Qui aime bien, châtie bien ? »
    Et puis c'est très plaisant, car les répliques sont bien écrites.
    Même si l'intrigue et l'histoire d'amour ne sont pas très innovantes, je trouve que ce roman nous fait rêver. Il a un côté romantique. L'idée de reprendre un peu de l'histoire des personnages des deux premiers romans n'est pas pour me déplaire. Ainsi il y a une continuité qui émeut. Le livre de la vie ne s'arrête pas après que nous ayons fermé le manuscrit.
    Même si l'auteur évoque le côté historique et douloureux de la Corée du Sud, ce roman est gai : certaines situations amusantes nous font sourire et nous attendrissent. Les blessures de Paul, Daisy et Mia nous touchent.
    Le dénouement certes attendu, arrive de façon déstabilisante pour Paul entre autre.
    Cette révélation lui permet de se poser les bonnes questions ou plutôt de trouver ses priorités sentimentales.
    Malgré tout cette lecture est sans sinistrose et ça fait du bien. C'est un roman d'amour, d'espoir, d'amitié qui dure, malgré le temps qui passe.

    Et si c'était vrai
    Le premier jour
    La première nuit
    Le voleur d'ombres
    L'étrange voyage de Monsieur Daldry
    Sept jours pour une éternité 1ère partie BD
    Sept jours pour une éternité 2ème Partie BD
    Si c'était à refaire 
    Un sentiment plus fort que la peur

     Bande annonce du film "Et si c'était vrai"

     

     


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  • Premier appel du Paradis Mitch Albom

    Titre : «  Premier appel du paradis »
    Auteur : Mitch ALBOM
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2015
    Nombre de pages : 352

    Quatrième de couverture :

    Cela s'est passé dans le petit village de Coldwater, au bord du lac Michigan, mais cela aurait pu arriver n'importe ou ailleurs. Des appels téléphoniques en provenance de personnes décédées. Le plus souvent, des mots de réconfort pour les proches, un mari, un parent, un enfant. Une ligne directe avec le ciel ? Un miracle pour les croyants, une supercherie pour les autres. Sully Harding, qui vient de perdre sa femme, n'y croit pas. Il est bien décidé à démasquer l'imposteur. Mais tout le monde n'est pas prêt à raccrocher...

    Mes impressions :

    De nos jours, dans une petite ville prénommée Coldwater, au bord du lac Michigan, Tess Rafferty reçoit un appel téléphonique de sa mère morte il y a 4 ans de la maladie d'Alzheimer. Puis ce sera le tour de Katherine Yellin, sa sœur Diane pourtant décédée, la contacte par téléphone. Elles étaient très proches, comme des sœurs jumelles, de deux ans d'écart.
    Et puis il y a Jack Sellers, policier. Son fils Robbie mort en Afghanistan alors qu'il était engagé l'appelle sur son téléphone.
    Elias, chef d'entreprise de construction est un homme mystérieux. Nous savons qu'il reçoit lui aussi des appels d'un certain Nick, employé pendant 10 ans, qu'Elias a été obligé de licencier suite à une consommation trop importante de drogue qui perturbait son travail et la sécurité des chantiers.
    Et d'autres, qui ne seront que cités.
    Les appels sont brefs, quelques phrases énigmatiques, comme « La fin n'est pas la fin »....Que veulent-ils dire au monde entier ?
    Toutes ces personnes et l'ensemble de la ville sont confrontés à un mystère. Des appels de l'au-delà.
    Katherine, Tess et les autres sont perçus comme des élus, choisis pour converser avec les défunts.

    Mais comme l'annonce Mitch Albom dans les premières pages : « Ce qui suit dépend de ce que l'on est prêt à croire » ; nous savons donc qu'aucune réponse claire et précise, indiscutable ne nous sera donnée.
    Le doute est permis, à nous d'écrire l'histoire.

    La suite est faite de promesses et de réalités.
    Ce phénomène va être repéré, rattrapé et exploité par l'église et les médias.
    La presse s'en mêle très vite et la ville devient lieu de pèlerinage.
    Qui n'a pas rêvé ou songé que la vie ne s'arrête pas après la mort physique ? Qui n'espère pas qu'elle continue dans un endroit magique et apaisant comme le paradis ?
    Et surtout qui n'a jamais espéré parler à un proche disparu ?
    Mais certains pensent qu'il s'agit d'un énorme canular, un gigantesque mensonge. Une fumisterie susceptible de perturber les plus faibles. Alors Sully va mener sa propre enquête pour démêler le vrai du faux.
    Sully est un ancien pilote. Il a perdu sa femme Giselle. Suite à ce drame il a été condamné et a été incarcéré. Leur fils Jules a aujourd'hui 7 ans et demi. Aujourd'hui il l'élève seul.
    Sully va tenter de prouver que les messages reçus de l'au-delà sont en fait de l'imposture. Il veut apaiser son fils à qui l'institutrice qui souhaitait l'aider, a donné un téléphone factice au cas où sa mère voudrait prendre contact avec lui.
    Nous découvrons lentement au fil des pages, l'histoire de chacun des personnages principaux. Leur douleur, leur crainte et leur vie avant le drame qui a marqué chacune de leur existence.

    Un excellent livre outil, psychologique, philosophique, spirituel et romancé qui nous interpelle sur l'après-vie et comment appréhender la mort d'un proche, la nôtre mais surtout l'absence de nos disparus.
    Qui sont les plus malheureux ? Ceux qui restent ? Ceux qui partent ?
    Il y a le mystère de l'au-delà. Le paradis existe-t-il ?
    L'auteur joue sur une corde sensible, il parle de ce qu'est la vie de certains et de ce qu'elle aurait pu être si les personnages avaient pris une autre décision à un moment de leur vie.
    Il y a la vie et celle que l'on raconte également.
    Nous serons ballottés à chaque page entre espoir et réalité.
    Ce livre donne une autre dimension à l'absence, au manque, à la culpabilité de ne pas avoir agi à un moment donné comme il fallait.
    Le style est simple, laissant une place plus importante aux dialogues, il y a un peu d'action, également des paroles de sagesse et/ou de spiritualité.
    L'auteur retranscrit les articles et les reportages journalistes, de manière judicieusement dosée, ce qui permet de ne pas alourdir le tout mais de se rendre compte combien les médias peuvent influencer la pensée collective.
    L'auteur nous insuffle un second souffle, distille des paroles de sagesse, et puis il nous raconte les étapes de la véridique histoire de l'invention du téléphone, nous parle de la vie d'Alexander Bell et de Watson et Gray Elisha ingénieur. Les précurseurs de cette belle invention mais n'omet pas de dénoncer leurs rivalités.
    Il y a une intrigue tout au long du récit qui perdure jusqu'à la fin et même au- delà.
    Je ne m'attendais à aucune fin en particulier, mais j'ai été touchée par le côté ésotérique du roman et les questions que se pose chacun d'entre nous sur l'au-delà prennent leur sens au dénouement, qui d'ailleurs n'en sera pas vraiment un. Nous ne saurons sans doute jamais qu'est-ce qui se passe une fois que notre mort est effective alors chacun peut s'approprier une réponse et faire en sorte que celle-ci lui apporte douceur et réconfort. De nos jours les réponses sont ouvertes car beaucoup d'entre nous, sommes passionnés, intrigués par l'au-delà, ses promesses et l'espoir d'un monde meilleur.

    Le vieil homme qui m'a appris la vie
    Le passeur du temps
    La dernière leçon
    Les cinq personnes que j'ai rencontrées là haut
    Pour un jour de plus


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