•  les vrais bonheurs

    Titre : « Les vrais bonheurs »
    Auteur : Christian SIGNOL

    Genre : Roman
    Éditions : Albin Michel
    Année : 2005
    Nombre de pages : 208

    Quatrième de couverture :

    " J'ai toujours pensé que la beauté du monde était destinée à nous faire oublier la brièveté tragique de nos vies. Peut-être un cadeau de Dieu, sil existe, comme je l'espère. Mais nous n'en sommes pas conscients, hélas ! Non seulement nous infligeons à la terre qui nous porte les pires blessures, mais nous ne savons plus voir à quel point elle est belle. Et pourtant le monde vit. Auprès de nous. Sans nous ou avec nous. Regardez-le ! Ecoutez-le ! Il est source de bonheur, du vrai bonheur, celui qui éblouit et qui rassure, car il vient de la nuit des temps. Il représente notre vérité profonde, notre histoire, notre mémoire... " L'eau, les arbres, la neige, les aubes, les soirs, les saisons... la splendeur du monde est infinie.
    A travers ces pages où se mêlent présent, passé, souvenirs d'enfance, impressions de toujours, Christian Signol nous entraîne dans un voyage où la sensation du bonheur et celle de l'éternité sont intimement liées.

    Mes impressions :

    Christian Signol écrit dès le début : « Je n'ai jamais coupé le lien qui s'est noué dans mon enfance avec le monde naturel ».Il est persuadé que la terre est éternelle....Cette réflexion m'a fait penser à l'actualité du réchauffement climatique et je me dis que les choses ont sans doute changé depuis...
    Dans un langage poétique il nous parle, nous décrit, nous convainc que la terre est belle et que la regarder peut faire des miracles sur notre bien-être.
    Je retiens cette très belle phrase : « Le monde vit, auprès de nous. Sans nous ou avec nous ; Regardez-le. Écoutez-le. Il est source de bonheur, du vrai bonheur, celui qui éblouit et qui rassure, car il provient de la nuit des temps... » Il est important de la redécouvrir.
    Pour cela il va se confier, se livrer, parler de son ressenti.
    Il va décrire l’odeur du foin, des feux dans les cheminées les soirs d'hivers.
    Il nous racontera, l'eau et sa rareté avant qu'elle ne soit courante donc précieuse, les pierres des maisons avec le travail de la pierre d'antan, et il dit « La vie est présente partout, jusque dans les pierres ». Il continue et enrichit son discours avec les arbres, il évoque les chênes, les marronniers, les hêtres, les saules et nous parle d'eux comme s'ils étaient des êtres humains à part entière...
    Puis il nous parle des premiers frimas de l'hiver avec le gel et puis encore la rosée, il nous livre des souvenirs d'enfance, du bien-être comme une libération qu'il ressent au contact de la nature et au contact de tout ce qui la compose.
    Les chapitres sont nominatifs, chacun nous raconte une idée de la nature précise :
    La pluie qui révèle le parfum des fleurs et des feuilles et que même si elle est triste, elle est nécessaire.
    La neige laquelle est un miracle du ciel et des matins de Noël...Il nous raconte, les vents, leurs forces, puis il rajoute les parfums des fleurs, du bois, des fougères, chacun évoque des souvenirs inoubliables, et puis il y a les aubes, celles d'été puis celles d'hivers, remplies de promesses, les prairies avec leur foin coupé ou encore les sons, avec le travail du maréchal-ferrant, ceux du train, de la cantine, de la traite des vaches, des abeilles, le chant des grillons et ceux du clocher de l'église .
    Il nous livre ses impressions sur les saisons, chacune avec ses particularités qui font la vie, puis il parle des chemins de terre, des chemins inconnus, comme ceux qu'emprunte parfois la vie, puis du ciel et de ses différentes couleurs selon les saisons, les heures.
    Et puis il met des couleurs, celles des jardins de fleurs ou les potagers, qui aident à vivre, à s'occuper manuellement. Il continue avec la description des champs de blé avec des réalités difficiles parfois à admettre, comme par exemple le fait qu'ils se perdent pour être remplacés dans un premier temps par l'avoine ; et puis il y a les fleurs, sauvages d'abord, les forêts, les bois, ceux du sud, puis plus vers l'ouest, ceux du Quercy, du Limousin, du Périgord, puis les oiseaux d'ailleurs ici il les décrit tellement bien et précautionneusement que ce passage est une véritable mine d'informations et puis la dure réalité des choses, l'évolution, la disparition de certaines espèces.
    Il cite les animaux sauvages et domestiques et je n'ai pas compris combien lui l'homme attaché à la terre a pu les chasser avant d’abandonner ce loisir barbare.
    Il y aura aussi les fruits, comme les mûres sur le chemin et puis les pêches, les pommiers, les cerises sauvages, les grenades, puis dans un thème plus général il parle des Causses, le larzac, L'Aubrac et nous invite à la découvrir seulement en les décrivant à sa façon en prenant le temps de regarder.
    Sans oublier les mers, Méditerranée, Atlantique, celles qui lui paraissent plus humaines. Il nous fait ensuite une véritable dissertation sur les étoiles, il les décrit, nous donne les moyens de les reconnaître dans l’immensité du ciel..
    Il aborde la montagne, avec ses rocailles, ses neiges éternelles, l'air qu'on y respire, celle du Vercors, du Massif Central, les Alpes, puis dans un registre plus rêveur, il nous narre les îles, celle de Ré, des Baléares, Majorque, tout en ne croyant pas au superflu qui se superpose au nécessaire ; dans une échelle réduite il y a les rivières, celles aimées des écrivains comme Rimbaud, Giono, il finit par s'exprimer sur la vie, sur les instants de grâce : la nature nous offre des moments magiques, des offrandes rares précieuses qui échappent à toutes les vaines richesses du réel.
    Ce livre est un tableau, il peut et a le pouvoir de nous réconcilier avec la nature et nous promet des moments de calme et de sérénité.
    Ce roman est une ode à la vie, saison après saison, éveil après éveil ; seulement nous sommes conscients que ceux qui vivent dans les villes et ne connaissent pas cette ambiance, pourront être réfractaires car pour revenir aux sources et parfois les apprécier, il est nécessaire d'y avoir goûté mais rien ne nous empêche de les découvrir. C'est aussi le but de ce livre. Même si parfois ceux qui ne sont pas très proches de la nature peuvent trouver les passages assez longs et pompeux et rébarbatifs.
    Le style de l'auteur, nous fait voyager au plus profond de nous-mêmes, au cœur de la nature pour nous apprendre à l'apprécier.
    Il se sert de métamorphoses, de citations d'écrivains aussi, pour nous communiquer une image noble et généreuse de ce que la nature nous offre.
    Un livre qui nous aide à nous « poser » et à retrouver confiance au décor, au goût, et aux sons de la nature, de l’authentique.
    Je cite : « N'oubliez pas que cette terre qui vous porte pourrait très bien se passer de vous. Vous n'en êtes que les locataires provisoires. Fragiles et mortels, vous ne serez jamais heureux que du souvenir du bonheur »


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  • Central Park Guillaume Musso

    Titre : « Central Park »
    Auteur : Guillaume MUSSO
    Éditions : XO éditions
    Année : 2014
    Genre : Roman
    Nombre de pages : 390

    Avant toute chose, je remercie les éditions XO qui m'ont fait parvenir spontanément ce roman, le 11eme d'un de mes auteurs préférés. De plus il est dédicacé ! Vraiment un super cadeau que je reçois là:-)

    Résumé :

    New York, huit heures du matin.
    Alice, jeune flic parisienne, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park.
    Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Élysées tandis que Gabriel jouait du piano dans un club de Dublin.
    Impossible ? Et pourtant...
    Les questions succèdent à la stupéfaction. Comment se sont-ils retrouvés dans une situation aussi périlleuse ? D’où provient le sang qui tache le chemisier d’Alice ? Pourquoi manque-t-il une balle dans son arme ?
    Pour comprendre ce qui leur arrive et renouer les fils de leurs vies, Alice et Gabriel n’ont pas d’autre choix que de faire équipe. La vérité qu’ils vont découvrir va bouleverser leur existence…

    Teaser

    Guillaume MUSSO sur France Culture

    Mes impressions :

    Alice se réveille un matin sur un banc public, à ses côtés un homme, un inconnu lui-même endormi ; tous les deux sont enchaînés par des menottes ; fait angoissant le chemisier d'Alice est taché de sang... Elle se retrouve dans cette situation après une soirée bien arrosée avec ses copines, sur Paris son lieu de vie. Mais ces derniers souvenirs remontent à quand elle est montée dans sa voiture pour rentrer chez elle....
    Lui Gabriel, pianiste de jazz, habite à Los Angeles, la veille il a joué à Dublin...
    Alice est capitaine de police à la brigade criminelle de Paris.
    Comment se fait-il qu'ils se retrouvent à Central Park ?, comment est-ce possible ?
    Peu à peu ils vont trouver des indices qu'ils vont devoir exploiter pour comprendre : une série de numéros gravés au cutter sur la peau d'Alice et celle écrite dans sa main au stylo ! Et pourquoi une belle manque à son arme de service ?
    Tout au long de la lecture on retrouve les descriptions de la ville chère à l'auteur. On y retrouve les ambiances sonores, les lieux cultes, les lieux historiques, les quartiers connus....ces nombreuses références sur Central Park, Astoria, Manhattan etc mais également films, monuments, souvenirs, nous plongent directement au cœur de l'intrigue.

    Dès le début nous sommes plongés dans un suspense rythmé, soutenu par deux personnages au caractère fort que nous apprendrons à mieux connaître à mesure que nous tournons les pages.
    Alice va mener l'enquête et pour se faire elle devra faire équipe avec Gabriel cet inconnu mais également elle demandera à Seymour son ami et adjoint du groupe d'enquête que dirige Alice, d'enquêter pour elle de Paris.
    Tous les deux devront affronter ensemble les événements pour éclaircir leur situation.
    Derrière l'apparence d'un caractère fort pour Alice se cache une jeune femme meurtrie, avec une fragilité évidente, elle agit avec force et faiblesse, davantage par instinct que par raison...
    Dans ce roman il y a des retours sur le passé respectif des personnages qui nous aident à les connaître et entendre leur motivation présente, leur caractère leur désir, leur choix. Ils sont des personnages haut en couleur.
    Je me suis attachée à Alice, car derrière cette femme flic déterminée, se cache un être meurtri par la vie
    Il y a comme d'habitude dans les romans de Guillaume Musso beaucoup d’imagination dans les secrets de l’enquête mais également des situations périlleuses, des courses-poursuites, des moments de doutes, de désespoir. On retrouve bien sûr, ce mélange des genres, propre à l'auteur, ici un thriller psychologique, un polar, mais aussi un roman avec des sentiments, de l'imprévu et toujours autant d'élégance et de simplicité dans le style épuré.

    Pour ce roman Guillaume Musso a troqué l'histoire d'amour, le surnaturel, contre l'émotion pure, contre une histoire d'individus piégés dans une situation incompréhensible et inextricable, il a oublié la note surnaturelle et pourtant le résultat est toujours aussi probant.
    L'intrique ne dure que quelques heures de 8 heures du matin, jusqu'à minuit, (sans compter les retours en arrières, les flashes back des personnages ). Le pari était risqué ! Cela montre bien la vivacité du scénario. Il y a beaucoup d'action aussi et tout cela tient le lecteur en haleine de la première page jusqu'à la dernière avec un sentiment de satisfaction une fois le livre refermé.
    On se rappellera des personnages et c'est cela aussi qui m'attire car on se sent faire partie de leur équipe, de leur vie, on la partage le temps d'une lecture parce qu'ils sont troublants et tous devront affronter les fantômes du passé.
    La fin est intense, inattendue, magistrale ; le puzzle se met en place avec ingéniosité, perfectionnisme. Les nombreux rebondissements nous transportent dans le vécu douloureux d'une jeune femme bouleversante.
    Le scénario est puissant, organisé et émouvant. Musso tient les ficelles pour nous faire aller là où il veut, au plus profond des émotions et du ressenti de ses personnages.

    Bref, du grand Musso car il arrive toujours à surprendre ses lecteurs !

    La fille de papier
    L'appel de l'ange
    Sept ans après
    Demain
    Central Park
    La fille de Brooklyn
    Un appartement à Paris

     


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  • Au coeur du danger de BJ Daniels

    Titre : « Au cœur du danger »
    Auteur : B.J DANIELS
    Genre : Roman
    Éditions : Black Rose Harlequin
    Année : 2012
    Nombre de pages : 180

    Résumé :

    Qui cherche à lui faire peur ? L'angoissante question ne cesse de hanter Dana depuis qu’elle a reçu des menaces de mort, après la découverte d’ossements sur sa propriété… Des ossements humains, cachés depuis 20 ans au fond d’un puits abandonné. Terrifiée, et persuadée que ses ennemis rôdent et l’observent dans l'ombre, elle se résout à demander l’aide de la police locale. Mais quelle n’est pas sa surprise quand le nouveau shérif arrive chez elle ! Car il n’est autre que Hud Savage, son ex-fiancé. L’homme qu’elle a passionnément aimé cinq ans plus tôt avant qu’il ne la trahisse de la pire des manières. Celui à qui elle s’est juré de ne plus jamais faire confiance.

    Mes impressions :

    Bon je n'avais pas fait attention en téléchargeant ce livre qu'il faisait partie de la collection Harlequin !
    Le prologue est pourtant alléchant et je me dis que cette lecture commence bien. Et je ne regrette pas de l'avoir en mains.
    Notez que c'est un Harlequin mais de la collection Black Rose, roman thriller romance....Donc il n'est pas qu'une histoire d'amour avec tout un tas de clichés et de mièvreries.

    L'histoire commence ainsi : nous sommes dans le Montana, après le décès de sa mère Dana a repris le ranch familial.C'est une ancienne ferme à laquelle Dana est attachée.
    Des ossements dans le puits de la propriété sont retrouvés, mais à qui appartiennent-ils ? Il semblerait qu'ils sont là depuis 17 ans ! Hud va être chargé de l'enquête. De fil en aiguilles, l'enquête médico-légale désigne Ginger une jeune femme qui était une courtisane avertie ; elle aguichait les hommes plus âgés, ayant de l'argent et les laisser tomber.
    Elle était serveuse au Roadside Café, brasserie lieu où beaucoup d'hommes allaient après le travail pour se changer les idées, comme les autorités de la ville.
    Le shérif Scrappy Morgan ayant démissionné, c'est Hud qui le remplace, il est l'ancien amant de Dana. Leur histoire s'est mal terminée. Dana a rompu ses fiançailles avec Hud 5 ans auparavant. Petit à petit on va découvrir les raisons de départ précipité de Hud, en laissant une Dana éplorée....
    Dana tente de se reconstruire auprès de Lanny Rankin un avocat mais elle n'est pas amoureuse de lui.
    Hud est le fils de l'ancien shérif Brick, lui et son père n'entretiennent pas de bonnes relations : le fils a souffert d'un père absent et qui ne lui faisait pas confiance, qui ne le jugeait incapable....
    Brick était en fonction au moment du drame 20 ans auparavant au moment du drame.
    La récente découverte macabre amène des interrogations. De plus en plus de mystères planent sur le meurtre, le meurtrier et le mobile. Hud va faire de son mieux pour éclaircir cette affaire, poussé aussi par le désir de protéger Dana qui semble être de plus en plus en danger. Il aimerait comprendre aussi pourquoi Dana souhaite vendre la propriété alors qu'elle y est attachée ! il finira par comprendre que ses frères et sœur veulent leur part du bénéfice de la vente. Alors serait-ce une raison suffisante qui les pousserait à intimider et faire peur à Dana pour qu'elle décide de quitter les lieux elle-même ?.
    La balle trouvée sur Ginger provient du même calibre que celle trouvée sur la victime d'un autre meurtre : Raymond Randolph juge abattu chez lui lors d'un cambriolage.
    Pourtant, 10 ans séparent les deux événements.
    Le juge Randolph et le père de Hud étaient adversaires ! Brick serait-il impliqué dans ce meurtre ?. Cette enquête lui donne bien du fil à retordre ; il devra démêler les zones d'ombres et savoir qui était réellement son père !
    La mère de Dana était aimée de tous, Mary avait toujours aimé le ranch, personne n’avait compris pourquoi elle avait épousé Angus, ce charmeur trop beau pour être honnête.
    Avant de finalement divorcés, ils ont eu quatre enfants Jordan, Clay, Stacy qui est une femme légère qui use de ses charmes pour s'enrichir et passer maître dans l'art du mariage qui rapporte et Dana.
    Les deux sœurs sont différentes, mais on sent un grief tenace et déstabilisant entre elles...on le devine parfois....
    Nous apprenons alors que la cause du divorce est liée à la relation qu'Angus a entretenu avec la victime Ginger.
    Beaucoup avaient finalement des raisons de tuer Ginger, par amour, jalousie, intérêt, combien de pistes vont être recevables ?. Il y a également beaucoup de suspects potentiels quant aux menaces reçues par Dana.
    Tous les personnages sont des personnages torturés, complexes. Bref, il y a beaucoup de suspense concernant l'arme du crime, l’escarpin rouge présent sur le lieu des ossements trouvés, une bague, tous ces indices sont amenés avec parcimonie.
    Les non-dits , les cachotteries, les mystères, trahisons, les machinations, les personnages torturés et tortueux nous tiennent en haleine. Il y a même des identités qui se déclarent au grand jour.
    Et tout ceci est mêlé à une histoire d'amour passée... et présente....

    Il s'agit d'un roman qui se lit facilement, avec une intrigue et une enquête policière intéressantes avec du suspense doublée d'une histoire romanesque qui ne fait pas totalement clichée.
    Personnellement j'ai passé un bon moment de lecture. Cela m'a aidée à me décontracter.

     


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  • Une île de Tracey Garvis GRAVES

    Titre : « Une île»
    Auteur : Tracey GARVIS GRAVES
    Genre : Roman
    Éditions : Milady
    Année : 2013
    Nombre de pages : 300

    Résumé :

    Anna Emerson n'hésite pas un instant lorsque les Callahan lui proposent de se rendre aux Maldives pour donner des cours à leur fils T.J., en rémission d'un cancer. Mais rien ne se passe comme prévu : le jet privé à bord duquel ils ont embarqué se crashe au beau milieu de l'océan Indien. Les voici naufragés sur une île déserte où ils vont devoir apprendre à survivre. Si l'adolescent rechute, rien ne pourra le sauver. Anna se sent malgré tout étrangement attirée par son compagnon d'infortune. Alors que chacun d'eux n'a plus que l'autre pour unique horizon, leur seule chance de s'en sortir est ce lien précieux qui ne cesse de grandir entre eux.

    Mes impressions :

    Nous avons avec l'auteur un point en commun, nous sommes semble-t-il, fan de la série LOST que j'ai découverte dans son intégralité il y a quelques semaines.
    Une île est le premier roman de cet auteur, ce qui laisse une belle promesse. Il est même en cours d'adaptation cinématographique.
    L'histoire débute en 2001. Les parents de TJ ont embauché Anna professeur d’anglais pour donner des cours à TJ , car suite à un cancer il a manqué beaucoup d'heures de cours durant l'année ; ils aimeraient qu'il rattrape son retard. Ils joignent l'utile à l'agréable. Des vacances studieuses aux Maldives.
    TJ a 16 ans et il est en pleine rémission d'un lymphome de Hodgkin, Anna elle a presque 30 ans.
    Pour se rendre aux Maldives ils doivent prendre tous les deux un hydravion, un jet privé qui doit les amener à destination mais Mick le pilote fait un infarctus en plein vol et tous les trois se crashent dans l'océan. Anna et TJ s'en sortent miraculeusement. Ils se retrouvent au milieu de nulle part, seuls au monde.
    Ils mettent en place alors des stratégies de survie, une organisation pour se protéger et se nourrir, apprennent à faire du feu.
    Au bout de 18 jours ils se rendent à l'évidence, les secours ne viendront plus, probablement parce qu'ils les croient morts.
    Le temps passe, les secours n'arrivent toujours pas ; cette épreuve les rapproche, peu à peu Anna et TJ se confient l'un à l'autre, ils parlent de leur vie d'avant le scratch, de leurs parents, amis, famille. Des liens amicaux de plus en plus tendres vont se créer.
    Les semaines, les mois passent, leurs rapports s'intensifient tout en restant chastes, mais TJ a beaucoup de mal à dissimuler ses sentiments. Entre eux d'eux l'attirance est de plus en plus palpable. Anna quand même tente de mettre des barrières eu égard leur 13 ans de différence d'âge.
    Chapitre après chapitre, tous les deux expriment leurs ressentis face à leur présence sur l'île, leur crainte, leur espoir, leur relation.
    Le style est léger, parfois langoureux mais toujours agréable, sans mièvreries. Les descriptions sont peu approfondies, elles restent dans l'essentiel. Les dialogues sont simples mais efficaces car les émotions passent. Il y a du suspense à mesure que nous avançons dans la lecture. Il y a des moments d'incertitudes qui font que les rebondissements sont au rendez-vous.
    Les personnages sont sympathiques, sensibles, humains, les lecteurs restent en attente d'un dénouement intense pour chaque difficulté que rencontre Anna et TJ.
    Certains événements certes sont prévisibles d'autres moins et nous restons dans le doute comme le sont TJ et Anna.
    Trois ans et demi après un événement de taille a lieu : un tsunami ...d'habitude ce genre de catastrophe fait périr de nombreuses personnes, ici elle va les sauver tous les deux … ils finiront par rentrer chez eux mais d'autres soucis les attendront, notamment les retombées médiatiques à,propos de leur relation avec une si grande différence d'âge. Ils vont devoir lutter contre les médisances et faire face aux médias.
    Ce roman est une belle histoire d'amour loin d'être glauque ! Elle est touchante. Sincère.
    L’originalité du scénario reste efficace même s'il y a un côté LOST.
    TJ va grandir, mûrir va devenir un homme qui devra faire face à l'adversité et j'ai aimé cette partie du roman qui met l'un et l'autre face à ses responsabilités.
    La relation que construisent Anna et TJ est belle parce que sincère même si parfois on tombe dans la romance poussée.
    La seconde partie du roman celle qui célèbre leur retour sur la terre ferme va les confronter aux médias et aux qu'en-dira t-on !
    Ce roman est le récit d'une belle aventure, sur fond de survie, qui nous fait voyager.
    L'auteur prend le risque de mettre en place une histoire qui parle de la différence d'âge dans les histoires d'amour. Et j'avoue que le sujet est bien traité.
    On vit à fond cette relation comme le fond les deux protagonistes. On frisonne avec eux, on espère, on se décourage ce qui fait que l'on peut s'identifier et c'est un gage de roman de qualité.
    Je vous le conseille pour vous évader et passer un bon moment.



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  • La fille tombée du ciel de Heidi. W . DURROW

    Titre : « La fille tombée du ciel »
    Auteur : Heidi W. DURROW
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2013
    Nombre de pages : 285

    Quatrième de couverture :

    À onze ans, Rachel, fille d'une mère danoise et d'un père G.I. noir américain, voit sa vie basculer un triste jour d'été. Un drame dont elle est la seule survivante lui arrache sa famille. Recueillie par sa grand-mère, une femme aussi aimante qu'intransigeante, Rachel découvre bientôt la difficulté d'être métisse dans une société qui donne trop d'importance à la couleur de peau. Mais la véritable nature de la tragédie qui enlise Rachel lui sera révélée par Brick, un jeune voisin qui a assisté à sa chute et qui se retrouve, bien malgré lui, dépositaire du seul fragment de vérité susceptible de libérer la fillette des ombres de son passé. Ce roman d'apprentissage, moderne et poétique, décrit l'envol d'un personnage inoubliable, un être trop doué et trop démuni à la fois. Ce beau récit d’une résilience fait un sort à tous les déterminismes et prouve qu’on se remet de tout, pourvu qu’il y ait eu, un jour, de l’amour.

    Mes impressions :

    C'est le récit d'une résilience, celle d'une petite fille métisse qui est surtout belle, intelligente, sensible. Elle est la fille d'un GI noir et d'une mère Danoise, Nella. Elle a les yeux bleus de sa mère et son père a semble-t-il fui face aux responsabilités.
    Le roman commence en 1982 à Portland.
    Rachel va vivre chez sa grand-mère paternelle après les décès de sa maman, son frère et sa petite sœur.
    Rachel est donc recueillie dans la maison où vivent, Loretta sa tante et sa grand-mère. Elles ont des caractères bien différents, l'une est droite, autoritaire, alors que Loretta est douce et bienveillante.
    Dès la première page nous sommes face à un d'un demi-mystère...comment sont morts la maman et les enfants ? Que s'est-il réellement passé ?
    Rachel va devoir se réinventer une nouvelle vie dans une nouvelle ville et faire le travail de deuil.
    L'ex jeune voisin de Rachel, Brick va avoir un rôle déterminant. Quand Rachel était à l'hôpital après l'accident, il lui rend visite et il rencontre le père de Rachel alors inconsciente à son chevet, ce dernier lui fait une confidence.... puis les années passent et Brick à la vie mouvementée décide de retrouver Rachel, il en aura la force malgré son jeune âge et ses dépendances car il a un message à lui transmettre. Il va lui tendre la main et va lui donner les clés pour comprendre son passé et va l'aider à se reconstruire.
    C'est donc l'histoire d'une petite fille qui se qualifie comme la petite-fille-toute-neuve-qui repart-de-zéro. Mais c'est une petite fille fragilisée par un lourd passé. Elle va devoir faire face, elle se cherche malgré les non-dits, et la difficile réalité du racisme. Elle ne comprend pas vraiment le monde, elle ressent l'hostilité qui l'entoure et peu à peu elle va apprendre à déchiffrer le code des adultes.
    Au début elle est perdue, elle tâtonne dans sa nouvelle famille puis peu à peu elle va se familiariser avec l'entourage.
    Elle va grandir avec des souvenirs obscurs sur les circonstances de l'accident.
    Ce roman est triste, émouvant, douloureux mais en même temps il donne espoir.
    L'auteur semble-t-il veut faire passer le message que noire, blanche ou métissée, la couleur de la peau n'a que peu d'importance, nous sommes des êtres humains et c'est pour cela qu'au début Rachel ne comprend pas le regard et les réflexions racistes de certaines personnes, de quelques camarades d'école....et d'autres encore plus sournois.
    Ce livre parle de la reconstruction de cette fillette mais également de personnes pour lesquels la vie est très difficile. Certaines se rencontrent, comme Laronne et Nella, Laronne gentille et aimante aidera Nella à sa façon, avec empathie.
    Dans ce texte, il y a également la confrontation au ravage de l’alcool et la difficulté d'être une enfant à la couleur de peau foncée dans l'Amérique des années 80.
    Le thème de ce roman est nuancé : il ne s'agit pas seulement de ségrégation, il y a aussi cette petite fille victime d'un drame familial qu'elle cache au fond d'elle pour ne pas se briser complètement.
    C'est un très beau et touchant roman sur la douleur d'être jugée sur une couleur de peau, d'être rejetée et sur une reconstruction après la perte d'une famille. On n'en ressort pas indemne.
    Le style du récit est dense, il y a des morceaux du journal intime de la mère Nella, qui nous révèlent bien des secrets ; et puis Rachel raconte à sa manière ce qu'elle ressent. Ses impressions sont naïvement émouvantes. Forte et fragile elle est déterminée et courageuse face au présent.
    L'auteur, varie entre le passé et le présent, la chronologie n'est pas respectée et le lecteur découvre progressivement comment le drame a pu avoir lieu.
    La plume de l'auteur est juste, belle, sans être lourde, elle ne nous étouffe pas ; elle nous parle de réalités.
    La fin avec la révélation des causes de l'accident me laisse bouleversée même si je m'y attendais. L'émotion nous submerge aussi parce que le passage met en scène des enfants innocents et qui avaient toute la vie devant eux pour apprendre à faire avec la couleur de leur peau.
    Je finis cette année de lecture avec ce roman superbe....même s'il est dérangeant, douloureux et qu'il me donne envie de hurler à l'injustice et à l'incompréhension.

    Extraits : Nella écrit :
    « Jamais je n'avais considéré mes enfants comme noirs. Comment apprendre tout ce qui pourrait les blesser ? Je préférerais m'arracher la langue plutôt que de leur faire de la peine / Mes enfants sont à moitié noirs. Ils sont aussi à moitié à moi. Je veux qu'ils puissent être ce qu'ils veulent. Ils ne sont pas une couleur que les gens regardent. »

     « Elle est noire ; je sais qu'elle n'est pas un mot. Si elle n'est qu'un mot, alors c'est comme si elle ne m'avait pas, moi ».

     Rachel dit : « En classe tout ce qui concerne l'histoire des Noirs est passé en revue en à peine un mois. J'en sais déjà l'essentiel, je l'ai appris dans mon autre école. Le plus important c'est l'esclavage, auquel Lincoln a mis fin, et aussi le fait que les Blancs et les Noirs ne buvaient pas aux mêmes fontaines à eau, et Martin Luther King jr. Il y a aussi des femmes noires qui ont marqué l'histoire – Rosa Parks, Harriet Tubman et Phillis Wheathley. Mais à présent je n’entends pas ces histoires de la même façon.... »


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    Titre : « Les Anges s'en mêlent »
    Auteur : Debbie MACOMBER
    Genre : Roman
    Éditions : Charleston éditions
    Année : 2013
    Nombre de pages : 206

    Quatrième de couverture :

    Lucie Ferrara et Aren Fairchild se rencontrent après s'être rentrés dedans, apparemment par accident (du moins, c'est ce qu'ils croient), à Times Square le soir du réveillon du Nouvel An. Le coup de foudre est immédiat. Mais, aussi vite qu'ils ont été réunis, un autre coup du sort les sépare, laissant Lucie et Aren sans moyen de reprendre contact.
    Un an plus tard, Lucie est le chef d'un nouveau restaurant au succès retentissant et Aren travaille pour un grand quotidien de la ville. Malgré tous les mois qui ont passé, ils n'ont jamais oublié cette belle soirée, et Shirley, Goodness, Mercy et Will, leurs anges gardiens, non plus. Pour aider le jeune couple à se retrouver, ils vont cuisiner un projet fou : mélanger un grand amour, une seconde chance et une bonne pincée d'espièglerie afin de créer un miracle de Noël que vous n'oublierez pas de sitôt.

    Mes impressions :

    Le résumé est à lui seul très explicite, je ne vais pas y revenir. Mais si vous avez envie de lire quelque chose de léger en cette période de fin d'année et de fêtes, je vous le recommande. Même si ce n'est pas de la grande littérature, on se laisse porter par le côté « miracle » de Noël et l'intervention divine de 4 anges qui pourtant avaient très mal commencé leur mission....Si tant est que cette mission leur avait été dictée par Gabriel....Ce dernier ignorait que les 3 anges instructeurs voulaient descendre sur terre afin de montrer à Will l'élève en formation futur émissaire du ciel, de quoi avait l'air les hommes aimés de Dieu, sur terre.
    Leur rôle est avant tout de faire comprendre aux humains combien ils peuvent s'aider eux même avec le soutien de Dieu ; mais ils ne sont pas autorisés à intervenir directement dans leur vie.
    Will, parce qu'il en a envie de faire plaisir va commettre une erreur qui sera lourde de conséquences...mais j'ai noté que la pointe d'humour apportée par les anges est très bien venue et donne une certaine fraîcheur et une légèreté au roman...
    Tout est attendrissant, surtout les personnages avec leur qualité, leur défauts et leurs projets.
    Ce roman est une comédie romantique avec des personnages attachants, j'ai aimé lire l'amour qui unit Lucie et sa mère Wendy. Une complicité filiale qui fait plaisir à voir, ou plutôt à lire.
    Il y a de la tendresse entre elles, de la légèreté avec des anges qui ne sont pas toujours très disciplinés, et de la douceur entre Lucie et Aren.
    La fin en « happy-end » est sans surprise mais j'ai passé un bon moment avec cette lecture facile, bien écrite.
    Malgré les actes manqués, les quiproquos, les doutes, les craintes des deux principaux personnages, ce roman est bienvenu en cette période où le quotidien est parfois très difficile...


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  •  Dewey

    Titre : « Dewey »
    Auteur : Vicki MYRON avec la collaboration de Bret WINTER
    Genre : Roman ; témoignage
    Éditions : Pocket
    Année:2008
    Nombre de pages : 316

    Quatrième de couverture :

    Qui aurait pu croire que ce chaton, trouvé dans une boîte aux lettres, allait devenir la mascotte de la bibliothèque et changer la vie de toute une ville ? Et pourtant, tous les habitants de Spencer, dans l'Iowa, ont été conquis par Dewey, ce chat qui a su les comprendre, les faire sourire, leur apporter un peu de chaleur et de réconfort.
    Pendant dix-neuf ans, Dewey, facétieux et unique, va attendrir tous les cœurs, même les plus durs, au point de devenir une star mondiale. Une histoire vraie, bouleversante, étonnante.

    Mes impressions :

    L'histoire se déroule dans le Nord Ouest de l'Iowa, au centre des États Unis ; là où dominent les plaines et les fermes. Plus particulièrement dans la ville de Spencer, 10000 habitants.
    Vicky Myron vit dans cette ville qu'elle affectionne. Elle est directrice bibliothécaire depuis 1987.
    Un matin de froid glacial de 1988 alors qu'elle ouvre la bibliothèque, elle trouve dans la boite aux lettres de retour de livres, un chaton. Il est dans un état incertain : il a froid, faim, il grelotte. Elle décide de l'adopter et de le laisser vivre à la bibliothèque. Elle va s'occuper de lui avec amour et tendresse et peu à peu à force de soins et d'attention il va retrouver la santé.
    L'arrivée de Dewey va opérer une transformation sur Vicki mais également sur presque tous les habitants de la ville.
    Elle décrit donc l'histoire de ce félin et l'impact qu'aura ce dernier pendant 20 ans au sein de sa vie, dans sa famille, celles des habitants, dans la bibliothèque où il élira domicile et plus généralement dans le monde...
    Pour situer le texte elle retrace les événements historiques de la ville (incendie de 1931, crise agricole etc ) les difficultés que la ville traverse depuis 1893, mais également elle raconte comment le concept de bibliothèque est né, les nombreux bouleversements qu'il y a dans la lecture publique et les répercussions des mises en place de nouvelles technologies comme l'informatique.
    J'ai aimé la narration de l'introduction des techniques modernes, peu à peu les ordinateurs ont remplacé les fiches de rentrée et de sortie des livres....Ceci améliorera grandement la gérance des livres et les fréquentations des bibliothèques.
    La bibliothèque, devient un lieu de vie, de rencontres et de détente désormais plus agréable. Elle évolue avec le temps . Celle où vit Spencer sera rénovée pour offrir aux habitants un meilleur accueil.
    L 'auteure nous fait découvrir en même temps sa vie de maman célibataire, sa maman, sa fille Jodi et les épreuves par lesquelles elle devra passer.

    J'ai trouvé un peu long les passages dans lesquels elle nous fait partager les événements importants au sein de sa ville depuis un siècle ; ses difficultés politiques économiques et sociales ; Je pense qu'elle a voulu appuyer sur le fait que Dewey est arrivé à un moment où la ville était en grande difficulté et que la douce présence de ce chat de bibliothèque a aidé les habitants a passé cette crise et celles qui suivront.
    Elle justifie alors les belles conséquences de la présence de Dewey à Spencer.
    Elle alterne les moments où elle parle de son intimité, de sa vie, de sa famille, avec ceux de la vie au quotidien à la bibliothèque. Les transitions sont réussies grâce à une écriture simple et fluide.
    La présence de Dewey lui permettra personnellement de supporter la maladie de sa mère, les morts prématurés de ses frères, et ses difficultés de maman célibataire.
    Par contre j'ai trouvé que parfois l'auteure exagère les bienfaits de la présence de Dewey ou du moins se persuade qu'il a un effet bénéfique sur les représentants de la ville, les familles...
    Je veux dire par là que j'ai eu l'impression qu'elle veut établir de façon trop poussée que la personnalité de Dewey et sa présence, influencerait et serait l'élément principal du bien être de la ville. Bien sûr je ne critique pas le fait qu'un animal apporte petite joie, bien être, douceur et chaleur à son propriétaire, mais ici l'histoire de la présence de Dewey semble être essentielle et sera publiée dans plusieurs villes; les journaux relateront la vie de ce chaton au niveau régional et jusqu'au niveau national. Des familles se déplacent parfois de très loin pour rencontrer ce chaton particulier, pourtant parfois peu démonstratif.
    Cette histoire d'un félin extraordinaire, espiègle est aussi une histoire d'amitié, d'amour, de courage, de relations humaines qui même si elle s'achève avec la mort du petit protégé, elle restera en mémoire de ce qui l'auront croisé. Quelques photos agrémentent ce roman.
    Mais je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir ce roman qui je pense ne laissera pas indifférents les amoureux des chats. Ils apprécieront cette lecture originale et mélancolique.


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  • Titre « En attendant que les beaux jours reviennent »
    Auteur : Cécile HAREL
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2013
    Nombre de pages : 251

    Quatrième de couverture :

    Sur la tombe de sa mère, elle a planté trois petits cyprès.
    Noël approche et Marie compte bien y retourner. Là-bas. Près d'elle. Seule, s'il le faut. Car la mort de sa mère est une plaie encore vive : la femme de sa vie lui a été arrachée bien trop tôt.
    Les hommes, c'est autre chose : un père infidèle, insaisissable, trois frères que la folie guette, un mari artiste aimant...
    Être fille, femme, mère, sœur : tout se conjugue dans le désordre et l'attente des beaux jours.

    Mes impressions :

    Marie la narratrice parlent de ses parents et des relations pénibles qu'elle entretient avec ses 3 frères :
    Virgil l'aîné, André le cadet et Ferdinand le benjamin.
    Elle raconte des souvenirs de famille, d'enfance aussi. Ils sont loin d'être tous joyeux. Mais elle fait face.
    Du haut de son enfance et de son jeune âge, elle pose un regard indigné, négatif sur sa famille et sur les adultes mais peu à peu elle fera avec dans le but de témoigner de son amour pour les siens et surtout envers sa mère qui lui donne la force et le courage de continuer. Elle va passer par des phases de détresse qui vont se caractériser par de la boulimie, de l'anorexie et un mal-être généralisé. Mais elle n'est pas la seule car ses trois frères sont aussi touchés par la mélancolie avec des conséquences difficiles, comme , des dépendances, l’alcoolisme, la maladie mentale, l'irresponsabilité.
    Elle raconte sa façon de voir le monde des adultes qui l'entourent ; mari casanier, à la différence d'elle qui souhaite découvrir le monde, des nouvelles têtes, et l'amour intense envers sa mère même quand cette dernière meurt.
    Elle alterne des souvenirs de sa vie passée familiale avant sa rencontre avec son mari puis elle revient au présent avec lui sous forme de dialogue.
    Plus jeune elle veut devenir vétérinaire puis faire du théâtre du cinéma, elle saute de projet en projet, elle se cherche mais ne va jamais au bout de ses idées, elle a peur d'être aimée peur de vivre comme ses frères mais eux le manifesteront avec la dépendance à l'alcool ou la maladie mentale et des bouffées délirantes.
    Les anecdotes passées et présentes forment une histoire de famille difficile ; elle l'agrémente avec de l'ironie parfois, de l'humour mais toujours avec tendresse et pudeur.
    Je me suis attachée à Marie.
    Lorsqu'elle raconte ses relations je me retrouve un peu en elle. J'ai noté quelques points communs que ce soit au niveau familial ou relationnel,Elle parle de ses soucis, son mal-être, son mal de vivre, sa vie d'adolescente. On peut dire que sa famille est pathologique. Cependant elle tente de (re)connaître les siens et l'amour qui les lie.
    Elle veut sauver son frère de la folie mais également sauver la relation d'avec son père trop souvent absent et sa mère de son cancer. Mais elle doit accepter ce qui ne peut pas être changé.
    Marie raconte la relation à sa mère ; le lien qui les unissait. Elle parle de sa place dans la famille entre un père coureur, des frères bouleversés et bouleversants, souvent égoïstes et ingrats envers leurs parents.
    Une grande partie du livre parle de la maladie de sa mère et des derniers instants de sa vie.
    Marie raconte la douleur qu'elle ressent à la mort de celle qui lui a donné la vie, le manque et la peur....
    Ce roman est le portrait d'une femme qui se cherche, qui hésite, doute, mais qui espère.
    Parfois le style est décousu et parfois mélancolique mais on s'y retrouve facilement car l'histoire est simple.
    Les phrases sont courtes mais pertinentes.
    J'ai comparé son style avec celui de Barbara Constantine.
    Un roman pudique, bouleversant, émouvant.


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  • Titre : « Je le ferai pour toi »
    Auteur : Thierry COHEN
    Genre : Roman
    Éditions : J'ai lu
    Année : 2012
    Nombre de pages : 507

    Quatrième de couverture :

    Pour son fils assassiné, un père élabore un projet insensé. Pour une femme, un homme fait tout pour " devenir quelqu'un ". Par amitié, une bande d'anciens voyous retrouve ses instincts guerriers... Tous ont un point commun : une vie qui bascule. Par amour, devoir ou amitié, ils auront à prouver leur véritable valeur.

    Mes impressions :

    Un réel coup de cœur pour moi ! L'intrigue, la progression, le sujet sont très adroitement présentés. Avec en plus une part de sensibilité des personnages principaux.
    Le thème du roman, sa trame, son sujet sont énoncés dès la quatrième de couverture « Que seriez-vous prêt à faire par amour, par amitié ? Et jusqu'où la haine pourrait vous mener » ?
    C'est le genre de roman que je trouve passionnant car au delà de l'histoire du livre, il permet de nous positionner, de nous faire réfléchir, de nous interroger avec acuité ici sur le sens de la vengeance, de la justice et de certains de nos actes
    Jérôme le fils de Daniel est mort par une attaque terroriste, et pourtant son père s'imagine le voir et converser avec lui. Il est aveuglé par la douleur, mais aussi de comment et pourquoi son jeune fils a été tué.
    Betty sa mère, son frère Pierre sont peu présents dans le roman mais lorsque l'auteur nous en parle, il le fait intensément.
    Daniel parle de la douleur de l'absence, de sa reprise du boulot de conseiller en communication, il décrit ses émotions, la vie sans l'un de ses fils.
    Est-ce que la vie continue ? Non ni pour la victime ni pour ses proches, quelque chose s'est cassée.
    La famille doit apprendre à vivre sans Jérôme, mais elle sait qu'elle ne sera jamais plus comme avant.
    L'homme revient alors sur le passé heureux, la rencontre avec sa future femme celle qui deviendra son épouse. Il décrit la vie d'avant le drame. Fou de douleur pourtant il s'éloigne de sa femme et de Pierre pour tenter la vengeance. Car il se sent incapable de vivre si l'auteur du drame est en liberté. Il défend la cause de son fils et la cause nationale.
    Quand il parle du passé il raconte ses années d'errance, de petits larcins, de son adolescence difficile avec sa bande de voyous. Salomon, Rémi, Vito, Nabil. Pourtant depuis 10 ans ils se sont perdus de vue mais ils ne se sont jamais oubliés.
    Au fil de ma lecture, je comprends ce qui se trame, les intentions de Daniel pour venger son fils Jérôme. Il le fait pour lui, et pour le reste de sa famille et pour les victimes innocentes.
    Il nous dit alors d'où il vient et pourquoi il a le cran d'aller là où désormais il le souhaite.
    La souffrance de Daniel est immense, il se sent indigne il perd pied mais il se donne encore la chance d'une vengeance.
    Meurtri il s'éloigne de tout même de sa femme et de son fils, il élabore un plan qui le libérera (ou pas) de sa culpabilité, de ce qui le ronge, le pousse à ne pas devenir fou.
    Puis viennent une nouvelle donne, une nouvelle information et un nouveau personnage. Eric Suma reçoit un DVD de la séquestration d'un SDF. Journaliste sur le déclin, en perte de vitesse, il disparaît du paysage des célébrités, alors s'il en parle lors d'un journal télévisé il pense que ce scoop lui permettrait de redorer son blason. Mais pourquoi a-t-il été choisi par les ravisseurs, lui et pas un autre ? Mystère.

    Ce roman est magnifiquement et remarquablement écrit. Pourtant en lisant la 4ème couverture je m'attendais à un roman, à une intrigue plus intimiste, celle de la perte d'un enfant et de l'environnement familial ; j'ai été attirée par ce sujet parce que tout le monde peut-être touché par un tel drame. J'ai été agréablement surprise. Ce roman bien ficelé nous entraîne dans une intrigue et un environnement politique, journalistique et terroriste.
    On avance doucement, on saisit les tenants et les aboutissements de l'affaire, on comprend où veut en venir Daniel ; comment il se sert de sa force et de sa haine.
    La chronologie n'est pas respectée et pourtant elle donne un côté mystérieux, prenant, nous ne restons pas insensibles à la cause de la vengeance du père.
    On comprend alors tout le sens du titre et la stratégie de Daniel.
    Ce qui m'a beaucoup émue c'est la fragilité et la force de Daniel, sa combativité, sa détermination. Elles le font avancer dans la même direction. Cette histoire familiale de la mort d'un enfant devient une histoire d’intérêts nationaux.
    Alors les lecteurs et d'autres personnages du roman se demandent jusqu’où peut-t-on aller pour défendre ses valeurs, l'auteur répond à la question sous divers aspects ; l'amitié, l'amour, le fanatisme, la politique....
    L'écriture facilite la lecture tant elle est fluide. Une fois le livre commencé on a du mal à s'arrêter d'autant plus que les chapitres sont courts. Le suspens est bien mené, le puzzle se met en place.
    Les 100 dernières pages sont rebondissantes, intenses. L'ensemble est parfaitement maîtrisé !
    La fin est surprenante et inattendue, ce qui confirme mon coup de cœur pour ce roman.
    Conclusion : Un roman que j'ai adoré même si le sujet est difficile. On essaie de comprendre la douleur des parents dans le cas de la mort d'innocents sur fond de fanatisme religieux.

    Je recommande cette lecture.

    Du même auteur :

    COHEN Thierry, Longtemps, j'ai rêvé d'elle
    COHEN Thierry, Si un jour la vie t'arrache à moi
    COHEN Thierry, Si tu existes ailleurs


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    Titre : « L'écrivain de famille »
    Auteur : Grégoire DELACOURT
    Genre : Roman
    Éditions : Livre de poche
    Année : 2012
    Nombre de pages : 235

    Site de l'auteur :http://www.gregoiredelacourt.com/ 

    Quatrième de couverture :

    À sept ans, Édouard écrit son premier poème. Trois rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l écrivain de la famille. Mais à neuf, il découvre le sens de « déchéance ». Les mots ne lui viennent plus.
    Les années passent. Il assiste à la lente décomposition de sa famille et court toujours derrière l amour que son poème, autrefois, suscita. Il écrit, écrit mais le destin que les autres vous choisissent n est jamais tout à fait le bon. Édouard n a pas de talent. Sauf dans la publicité où les mots futiles valent de l or. Pas pour ce grand roman qu il s est juré d écrire.
    N ayant pas su trouver les mots qu on attendait de lui, Édouard, l écrivain de la famille, vit dans l échec et le dégoût de soi. Alors quand la beauté de sa mère se fane, quand son frère-oiseau meurt tragiquement, quand le cœur de sa sœur devient pierre et que son père disparaît dans ses silences, il prend la plume pour écrire l histoire de ceux qu il aime.
    Mais surtout pour en changer la fin.

    Mes impressions :

    Ceci est le tout premier roman de Grégoire DELACOURT contrairement à ce que je croyais, à savoir que « La liste de mes envies » était le premier opus.

    Ici nous sommes en 1970, la famille comporte le père, la mère et les 3 enfants, Édouard, Claire, Hadrien
    Édouard 10 ans, est le personnage central du roman. Ses parents l'envoient en pension parce qu'il a quelques difficultés de comportement. Il est même envoyé chez un psy, il perd l'envie de vivre.
    Il a l'âme d'un poète et écrit ses premiers vers. Ses parents lui donnent le titre « d'écrivain de la famille ». Un statut, une appellation un peu poussive.
    Claire la fille vivra une relation amoureuse délicate ;
    Hadrien quant à lui perdra peu à peu la raison.
    En 235 pages il va nous raconter les événements qui peu à peu le font accepter ou pas le rôle qu'on lui a donné, assujetti. Et le rôle que jouera sa famille dans la vie.
    Le couple que forment le père et la mère n'est pas ancré dans le bonheur.
    Après être revenu d'Algérie le père profondément marqué est envoyé dans une maison psychiatrique, la mère mène alors une vie frivole, sort avec d'autres hommes, fait la fête, fume....quelque temps plus tard le couple se sépare.
    Les enfants sont un peu déboussolés et malgré tout Édouard continue d'écrire, car « écrire guérit ».
    Noircir des pages d'un cahier le soulage.
    J'ai moi même souvent eu ce sentiment que l'écriture apaise, on arrive à mieux affronter nos émotions quand elles sont couchées sur papier.
    Il écrit sur sa vie, sa famille, son métier, ses rencontres, il écrit pour sortir la souffrance de voir ses parents désunis, son père malade, sa mère trop souvent absente, écrire lui permet de libérer son corps et son esprit.
    Édouard peu à peu quitte l'enfance et rejoint le monde des adultes souvent froid et douloureux, il passe à la maturité de façon pénible.
    Et puis il rencontrera des femmes puis la future mère de ses enfants Monique. Mathilde leur premier enfant, naît, il écrit alors cette superbe phrase « Quand on est tout petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le cœur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance ».
    Sa sœur Claire, devient une jeune mère célibataire et son frère Hadrien est aussi perturbé et quittera la maison pour être on le devine interné.
    Il nous confie les grandes lignes de sa vie : Mariage, désamour, les naissances de ses enfants, une vie résumée en un livre ; ce roman serait-il autobiographique, une fiction « auto-biographiée », une autobiographie semi-romancée ? L'auteur nous fait douter.
    Il nous glisse des vérités, celles qu'il ressent, celles qui font soit le bonheur, soit le malheur des uns et des autres.
    Parlons-en des autres, des proches qui bien souvent nous poussent à faire, à être ce que l'on ne veut pas, ce que l'on n'est pas …
    On le dit écrivain, lui ne se considère pas ainsi, il écrit point ! il deviendra publiciste, un très bon publiciste.
    Même s'il ne se sent pas vraiment l'âme d'un écrivain, une appellation inadéquate pense-t-il, son don est encore à démontrer, il excelle malgré tout dans ses slogans qui font mouche. Alors il tentera d'écrire des romans. Celui-que je vous présente en est un.
    Sans trop s’appesantir sur le douloureux, il se raconte. Parfois avec humour. Cela donne un sentiment de légèreté au roman, tout en suggérant le poids des événements et de ce qu'il ne contrôle pas.

    Les chapitres sont courts, les anecdotes rapidement narrées, l'ensemble donne l'impression de volupté.
    L'auteur nous émeut : mal dans sa vie, mal dans sa peau ; n'est-il qu'une pâle copie de ce qu'il est en réalité ? Ou de ce qu'il souhaiterait être ?
    Les phrases sont courtes et parfois mêmes elles sont de simples mots , les uns à la suite des autres.
    Il donne aussi des qualificatifs pour nommer les gens : « L'amante, la malheureuse, l'Anglais, Dumbo » ...
    La fin est très belle ; il s'agit de la rencontre entre son père placé par sa deuxième femme dans un établissement et sa mère qui lui rend visite, elle est tendre et émouvante. Lui perd la mémoire.
    Ainsi le constat est là : il y a des vies qui s'achèvent d'autres qui commencent et la promesse d'un avenir plus serein.
    Globalelent, c'est un roman qui se lit facilement et rapidement. Il est touchant. Il pousse à se questionner sur notre propre existence. Sur nos souhaits, nos choix de vie et de notre comportement vis à vis de ceux et celles qui disent nous aimer.


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