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    Titre :« Cléo et Sam »
    Auteur : Helen BROWN
    Genre : Roman (témoignage romancé)
    Éditions : Pocket
    Année : 2010
    Nombre de pages : 382

    Quatrième de couverture :

    Sam 10 ans, passionné par les animaux, aimerait adopter l'un des chatons de Lena, sa voisine. Mais sa mère, Helen, refuse catégoriquement.
    Quelques mois plus tard, Sam est renversé par une voiture devant les yeux de son petit frère Rob 6 ans. Quand Lena apporte une petite chatte dans cette famille touchée par le deuil, celle-ci l'accueille avec réserve. Pourtant, en témoignant à Cléo l'affection qu'ils avaient pour Sam, la famille Brown réapprend à vivre.....

    Mes impressions :

    Ce livre est un témoignage romancé plutôt qu'une autobiographie. Il est écrit comme un roman alors je le range définitivement dans la catégorie « Romans » qui me semble la plus appropriée.
    Sam 10 ans et Rob sont deux enfants chahuteurs et affectueux. Quand l’aîné meurt sous les yeux de son frère, la vie de la famille va être complètement bouleversée.
    Le début de cette histoire remonte à 1982. La famille habite à Wellington ils entretiennent avec leurs voisins des liens plus ou moins resserrés.
    Helen travaille à domicile, elle est une journaliste et écrit des chroniques.
    Steve son mari passe une semaine sur deux en mer, il est officier radio...
    La mort de Sam va venir chambouler cette famille qui n'était pas comme le dit Helen une famille à chat. Mais grâce à Cléo (Cléopâtre), petite chatte adoptée, le quotidien meurtri sera adouci.
    Ce drame, la perte d'un enfant est pour moi le pire qu'une famille puisse subir : Sam ne grandira plus, ne sera jamais amoureux, n'aura pas d'enfants....
    L'auteur décrit l'horreur de l'absence, les « hallucinations » de la maman qui lui font voir son fils à chaque coin de rue ou entendre sa voix dans la maison ou encore l'aperçoit derrière un rideau qui bouge, une ombre sur un mur....Une litanie de sentiments, d'émotions, de douleur qui ajoutées les unes aux autres ne font que désespoir...
    Quand chaque membre de la famille prend conscience que Sam ne reviendra plus, il devra se reconstruire avec l'absence du fils aîné....continuer la vie malgré tout.
    La description du manque est au plus juste des émotions. Il y a surtout celle de la culpabilité , celle d'être une mauvaise mère, de mauvais parents.
    Quelques semaines avant le drame la famille était sur le point d'adopter un chaton. Sam avait été emballé lorsqu'il avait vu la portée de la chatte adulte chez la voisine et avait souhaité convaincre sa mère d'adopter le chaton celui avec la robe entièrement de couleur noire.
    Quand Léna apporte à la date convenue de la fin du sevrage la petite chatte, Helen hésite : maintenant que Sam n'est plus là est-ce toujours une bonne idée ?.  Ce chaton risque sans cesse de lui rappeler le manque de Sam...Mais en voyant les yeux de Rob s'illuminer quand Léna lui tend la chatte, Helen accepte de la recueillir. Contre toute attente cette chatte va aider la famille à faire face au deuil.
    Ils l’appellerons Cléo (en référence à Cléopâtre) elle est vivifiante, dynamique et fait diversion au chagrin de la famille.
    L'auteur nous parle des bienfaits prouvés et avérés d'une présence féline au sein d'une famille. Ceux qui pensent que les chats sont indépendants, se trompent. L'origine culturelle des félins, les précisions sur le culte antique, qui donnent au chat ses pouvoirs magiques sont expliqués par Helen et ébranlent les clichés.
    La famille grâce à cette présence se reconstruit peu à peu mais le couple ne résistera pas au temps qui passe, malgré la naissance de Lydia leur troisième enfant...Ce sera certes un grand bonheur, mais cela n'effacera pas leur grand chagrin. Helen et Philip se rencontrent.
    La famille déménagera vers Auckland, Helen a trouvé un nouveau travail dans un journal afin de tenter de sauver les apparences
    Au fils de pages Helen décrit le quotidien, les grandes lignes sur les activités des membres de la famille mais surtout elle nous dresse un tableau de la vie de Cléo, de sa place, ses comportements au sein de la famille.
    Ce livre est émouvant, à la fois pour le thème de la mort d'un enfant si jeune et puis parce que le destin va mettre sur la route de cette famille, Cléo...
    La plupart des clichés véhiculés sur les chats, sont démentis par les agissements de Cléo mais les personnes qui n'aiment pas les chats verront peut-être ici une mauvaise interprétation du comportement de Cléo.
    L'auteur tente de façon déterminée à prouver qu'il ne faut pas généraliser les idées reçues souvent péjoratives à tous les chats.
    L'auteur décrit également les perceptions de Cléo ; cette petite chatte sent les tristesses de la famille et tente de les atténuer; elle possède même un sixième sens : lorsque Helen est enceinte de Katharine (fille de Helen et philip), Cléo viendra se coucher au creux du ventre rebondi quand celle-ci se repose sur le canapé. Elle signalera aussi la proche arrivée d'un membre de la famille en grimpant sur le rebord de la fenêtre quelques minutes avant que les pneus ne grincent sur le gravier de la cour....
    Elle évoque également les quelques sentiments et ressemblances communs des chats et des humains, comme l'attitude et la vieillesse)
    Cette histoire est touchante et émouvante : Cléo va tout au long de sa vie traverser les épreuves, les joies, les peines de cette famille. La vie de celle-ci sera jalonnée de difficultés. Mais Cléo l'aidera a supporter tout ça grâce à sa gentillesse, son attitude qui est plus loquace que des mots.
    Cléo vivra 24 ans, un record dans la catégorie féline !
    Un roman est dédié à tous les amoureux des chats et ce qui ne les connaissent pas vraiment.

    Extrait: «Mais la beauté de toutes choses s'était comme densifiée maintenant que je savais la brièveté, parfois de la vie. Peut-être la clé de la guérison de l'âme ne se trouve t-elle ni dans les livres, ni dans les larmes, ni dans la religion mais dans l'attention aux petites choses. Une fleur, ou l'odeur de l’herbe mouillée. L'amour de Cléo m'aidais à me rabibocher avec le monde »

    «À pas de chat »...est "la suite" de l'histoire de cette famille touchée par la grâce féline.


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    « La mélodie des jours » de Lorraine FOUCHET 

     

     

     

     

     


    « La mélodie des jours » de Lorraine FOUCHET

    Titre : « La mélodie des jours »
    Auteur : Lorraine FOUCHET
    Genre : Roman
    Éditions : J'ai lu
    Année : 2011
    Nombre de pages : 383

    Quatrième de couverture :

    Aujourd'hui, on guérit du cancer du sein s'il est pris à temps. C'est ce qu'on dit à Lucie, et c'est vrai. Sauf que... Si on est maman célibataire d'une fillette de onze ans qu'on tient à protéger, et si on se retrouve seule dans une nouvelle ville où on ne connaît personne, où trouve-t-on le soutien pour traverser vaillante l'espace incertain qui sépare le diagnostic de la fin du traitement ? Pour dépasser la peur, pour supporter la radiothérapie, pour remonter en piste en étant à la fois plus forte et plus fragile qu'avant ? Grâce au Site des Voisins, un site Internet de proximité, Lucie va découvrir, au fil de son traitement, de vraies amitiés qui, virtuelles au départ, vont devenir réelles, reconstruire autour d'elle une famille comme elle n'osait plus en rêver. Et puis il y a ces lettres d'amour qu'elle reçoit chaque jour, sous forme de chansons, comme pour mieux redonner au mot « espoir »  les couleurs et la force de vie que la maladie menaçait de lui voler.

    Mes impressions :

    Il y a des livres qui nous émeuvent, nous transportent et nous savons déjà dès les premières pages que nous ne pourrons plus les oublier.

    Ce roman fait partie de mes coups de cœur !

    Dès les premières pages, la sensibilité qu'il s'y dégage, m'a touchée. Il n'est pas un roman triste, au contraire, il montre la combativité et le positivisme dans une situation difficile, une épreuve d'une jeune maman qui n'en sortira pas indemne mais plus forte. Beaucoup de gens de nos jours vivent le drame de la maladie et du cancer, loin d'être pessimiste ce livre se finit bien et donc nous fait du bien.
    Déjà au premier abord la musicalité du titre m'a interpellée et je n'ai pas été déçue par la suite.

    Lorraine Fouchet a eu l'idée originale et généreuse de donner aux personnages l'autorisation de créer un site les répertoriant. Vous pouvez les retrouver ici.
    Nous pouvons même leur écrire personnellement !
    Ce site crée une certaine complicité entre l'auteur, les lecteurs et les protagonistes de cette aventure.
    Il apporte une certaine promiscuité, une harmonie et même une continuité. On se dit qu'une fois le livre refermé on peut toujours retrouver les personnages en dehors du récit.
    Quant au site des voisins du livre, il est le point de ralliement entre eux : des liens se créent. Il est un réseau d'entraide et de services gratuits entre voisins.
    On apprend la vie des uns et des autres au cours de chaque chapitre nominatif.
    Le roman est réaliste. L'auteur se sert des moyens de communications actuels (internet et forum) pour créer une bien jolie histoire.
    Lucie a bientôt la trentaine et possède une fromagerie.
    Elle s'adresse à sa fille Léa. Le reste de la narration se fait à la troisième personne.
    Léa 11 ans est une jeune adolescente, douée pour les études. Son père elle ne l'a jamais connu.
    Lorsque le couperet tombe et que Lucie apprend qu'elle a un cancer, elle ne s'apitoie pas sur elle même mais souhaite se battre pour sa fille « ....mais tu as besoin de moi, tu auras encore besoin de moi longtemps, je ne peux pas te faire le coup de manquer l'appel, je t'ai juré d'être là, toujours . Et j'ai toujours tenu mes promesses ».
    Lucie est confrontée à la mort mais aussi à l'absence de compagnon et encore à celle de son père qui a quitté sa famille alors que Diane sa soeur et elle même étaient encore jeunes...Quant à sa mère elle vit dans son monde. Diane bientôt mariée à Bertrand est anorexique et toute sa vie n'a été que douleur.
    La crainte de laisser seule sa fille si jeune est envahissante. Mais Lucie décide de taire sa maladie à ses proches et de protéger Léa quoiqu'il arrive. Elle est courageuse. Elle parle cependant de ses peurs et de ses rendez-vous médicaux aux voisins du site. Elle se croyait seule face à la maladie et finalement elle trouvera en eux des oreilles plus ou moins attentives.
    Alberte 80 ans arrive de Corse, ancienne enseignante, elle a un caractère bien trempée, elle est naturelle, attachante et a un chien nommé Pinzutu.
    Elle nous fait voyager avec ses descriptions de la Corse.
    Malo ouvre un bar à chocolat près de la fromagerie de Lucie. Il a des rapports conflictuels avec son père.
    Sa mère vient de mourir et son père lui reproche de n'avoir pas été présent à son enterrement parce qu'il était en voyage. De plus Il ne souhaite pas reprendre l'affaire familiale, ce qui génère des tensions entre les deux hommes.
    Erwan 60 ans, l'ami d'enfance de son père le prend sous son aile et « l'adopte », il est mateloteur, il fabrique des cordages et des filins pour les bâteaux.
    Le premier contact entre Lucie et Malo, se passe mal : Lucie est sur la défensive depuis qu'ils ont eu une dispute à propos de la place de livraisons devant leur commerce respectif.
    Charlie du site des voisins aide dans un premier temps Lucie, « Pourtant, en prenant ma peur au sérieux ce Charlie en absorbe une partie et me libère un peu ».
    Mais il est attiré par elle alors qu'elle le fuit et ne semble pas intéressée.
    Cela n'empêchera pas à Charlie quelques semaines après d'entrer dans l'intimité de Lucie en toute simplicité et chaque jour que durera ses séances de radiothérapie il lui donnera le titre et l'interprète d'une musique différente afin qu'elle les écoute avant ses séances. Ceci va l'aider à surmonter ses angoisses et apaiser son esprit. Peu de mots de Charlie mais des actes bienfaiteurs et efficaces.
    Les musiques choisies spécialement pour le jour qui va venir sont libératrices. (La liste complète est en fin de volume)
    Charlie est un philosophe qui apprend à Lucie à être en paix avec le passé pour aller vers l'avenir. Mais aussi il lui fait comprendre que « Vivre c'est prendre le risque de mourir, souffrir et d'aimer ».
    Arobase (Seb) , un garçon adopté venant des États Unis a des parents chercheurs scientifiques qui ne s'occupent pas de lui, ils sont souvent«absents», lui est livré à lui même. Cloué au lit par un rhume de hanche, il s'est inscrit sur le site pour passer le temps, bientôt il fera la connaissance de Léa qui l'aidera a améliorer son français et à insérer leur collège.
    Darius, infirmier est amateur de féta. Il doit repasser les examens pour être chirugien. Ceux qu'il a obtenus dans son pays l'Algérie ne sont pas valables en France.

    Je me suis sentie proche de Lucie et préoccupée par sa maladie comme je l'ai été de ma sœur atteinte d'une maladie incurable. J'ai retrouvé en elle les sensations et les émotions, les peurs qui se dégageait de ma sœur, elle avait le même âge que Lucie au moment de la découverte de son cancer et je me suis naturellement attachée à Lucie. Cette jeune femme est jeune et pourtant elle devra lutter pour son avenir incertain.
    Le problème du diagnostic m'a fait hurler. En effet, des médecins peu scupuleux parfois passent à côté de la réalité de la maladie.
    Le style de l'auteur, souvent métaphorique, permet pourtant d'adoucir la dure réalité : « Je tente de m’échapper mentalement, de fuir cette pièce et tout ce qu'impliquent les paroles qu'on y prononce. Mon esprit affolé s'accroche à des mots au hasard, tumeurs, mastectomie, je suis une mouette entrée par erreur dans une maison et je me tape contre les murs, je m'écorche les ailes en cherchant la sortie ».
    Ce qui prévaut dans ce livre c'est l'aide humaine, la compassion, l'amitié, la solidarité, et bien sûr les limites des relations virtuelles. Cependant le virtuel délie les langues, on arrive à se confier plus profondément à des inconnus car nous avons moins de retenue que face aux membres de notre famille
    Les personnages sauf Raoul sont très émouvants.
    Ils possèdent tous une personnalité différente, qui se marie et s'harmonise avec celle des autres.
    Les liens se tissent, d'abord basés sur les écrits puis se poursuivront par les rencontres réelles.

    Ce livre est une bouffée d'oxygène qui nous propose de savourer les petits bonheur du jour.
    Mais tout n'est pas seulement à l'eau de rose car la réalité rattrape le cours des choses : pour certains la vie se termine, pour d'autres c'est un retour vers la vie qui a lieu. Elle n'est pas égale pour tout le monde.
    Mais jamais ce livre n'est larmoyant. Il reste un livre d'espoir.
    Ce roman est magnifique ; il rappelle que la vie est précieuse et que chaque jour suffit sa peine, il est important de s'arrêter sur les petits bonheurs du quotidien car la clé d'une vie réussie est ici et maintenant. Non dans le passé ni dans le futur mais dans le présent.
    L'auteur nous met dans la confidence, les lecteurs sont témoins et spectateurs d'une information que Lucie ignore ce qui donne une saveur supplémentaire à l’histoire.

    Un superbe livre sur l'amitié, l'amour, la solidarité et l'entraide dans lequel les relations humaines tiennent une place de choix.

    À découvrir ABSOLUMENT !

    Nous n'avons pas changé

     


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  • « La menace » de Yann QUEFFÉLEC

     

     

     

    Titre : « La menace »
    Auteur : Yann QUEFFÉLEC
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 1993
    Nombre de pages : 64

    Quatrième de couverture :

    Charlie est un enfant noir de 10 ans placé par l’État chez un couple de retraités qui bénéficient d’une allocation. Ceux-ci l’élèvent à la dure et leur fils Erik, un skinhead «  casseur de bougnoules », lui réserve un mauvais sort. Jusqu’au jour où, à la suite d’une expédition qui a mal tourné, Erik provoque la mort d’un homme. Charlie a les moyens de se venger. La menace change de camp. Pas pour longtemps….

    Mes impressions :

    Un enfant noir est confié à une famille d'adoption pour des raisons de survie. Ses parents ne sont pas compréhensifs et le maltraitent psychologiquement, ils lui font sentir que c’est un « menteur de la pire espèce », ils le menacent sans cesse de le ramener dans le foyer d’où il vient …Derrière ces mots difficiles, se cache le besoin de protéger un fils légitime Erik, un garçon raciste qui avec ses copains de banlieue agresse verbalement et physiquement Charlie en particuliers et tous ceux qui ne sont pas blancs.
    Le quartier baigne dans la violence et l’humiliation.
    Une histoire dure qui raconte de façon brutale, l’univers d’un enfant qui toute sa vie va souffrir du regard des autres, sur la couleur de sa peau.
    Les phrases sont courtes, l’écriture et simple, parfois vulgaire à l’image des cités « chaudes »
    Ce livre est un témoignage sur la violence, le racisme, la douleur et les consciences individuelle et collective ; il raconte deux pertes celle de Charlie et celle de cette famille qui vit dans la misère.
    Un roman touchant qui nous fait réfléchir sur la place de chacun d’entre nous vis-à-vis du respect et de l’autre, quelle que soit sa couleur de peau.
    La fin est très triste et presque inattendue.
    Ce livre a heurté ma sensibilité tout en témoignant de la réalité. Constat douloureux.


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  •   « Les tribulations de Tiffany Trott » d'Isabel WOLFF

     

     

     

     

    Titre : « Les tribulations de Tiffany Trott »
    Auteur : Isabel WOLFF
    Genre : Roman comédie
    Éditions : Pocket
    Année : 2000
    Nombre de pages : 475

    Résumé :

    Si la vie professionnelle de Tiffanny Trott est une indéniable réussite, sa vie sentimentale, en revanche, est un véritable fiasco : à trente-sept ans, elle est toujours célibataire et court invariablement d'échec en échec. Mais, comme elle rêve de mariage et d'enfants, elle décide de ne s'épargner aucune peine pour trouver son homme idéal : petites annonces, agences de rencontres, soirées pour célibataires, vacances sont autant de sources d'espoir... et de désillusion. Ses ex, Dédé Bauché et Alex ? Des incapables. Piers, Paul, Eric, et tous les autres ? Des catastrophes. Certes, il y a bien Super-Battant, classé dans la catégorie des "pas-mal-limite-acceptables"... Et si, comme le pense son amie Lizzie, la raison de tous ces échecs sentimentaux était tout simplement la peur de s'engager et de renoncer à la liberté ? Ce roman vif et pétillant, plein d'humour et d'émotion, nous transporte dans la jungle contemporaine des relations sentimentales ; nul doute que plus d'une lectrice s'identifiera à l'héroïne ; quant aux lecteurs, peut-être seront-ils curieux de partager un point de vue féminin sur la construction parfois ardue du couple:

    Quatrième de couverture :

    Nom : Trott
    Prénom : Tiffany
    âge : 37 ans
    Situation : Célibataire
    Caractère : Gaie, active, pétillante
    Allure : séduisante
    Objectif : cherche désespérément partenaire idéal, catégorie mari parfait, tendance fusion absolue.
    Motivation : totale
    Quel est celui qui pourra faire son bonheur ?

    Mes impressions :

    Tiffany est entourée de ses amis, qu'elle a invités pour son 37ième anniversaire. Il y a
    Emma, professeur, Kit lequel travaille avec elle dans une agence de pub, Catherine est un garçon manqué, restauratrice de tableaux, Frances est avocate et Sally est trader. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Elle voit grand, trop grand, comme toujours, elle est dans la démesure...puisque seulement quelques invités seront présents.
    Alex son petit ami qu'elle vénérait rompt avec elle le jour de son 37ième anniversaire.
    Les jours qui suivent, sa meilleure amie Lizzie, mariée à Martin et ayant 2 enfants, tient à lui trouver un mari.
    S'ensuit une véritable course à l'homme idéal. Elle multipliera les sorties, les séjours à l'étranger dans un Club méditerranée, elle épluchera les petites annonces et elle en publiera une, histoire de mettre toutes les chances de son côté. Elle fera des rencontres mais aucune ne saura trouver grâce à ses yeux, sauf.... « super battant » mais il y a un gros souci, car il est bel et bien craquant mais définitivement marié...Il désire seulement trouver une maîtresse car avec sa femme, les rapports sont tendus. Tiifany étant très morale, ne cautionne pas du tout ce genre de relation mais elle continue à rêver de lui....
    Tiffany est attachante. Elle ne dit pas toujours ce qu'elle pense à ses amis par diplomatie. Gentille mais naïve; les lecteurs, apprennent à la comprendre. Elle est la bonne copine, toujours prête à rendre service; même si cela lui coûte.
    Tiffany nous fait vraiment rire avec son humour décalé. Elle se veut naturelle mais ne peut s'empêcher de jouer un rôle.
    Ses efforts pour trouver l'âme sœur sauront-ils suffisants, ne sont-ils pas équivoques ?.
    Elle rencontre plusieurs garçons tout au long du roman et on ne peut s'empêcher de se demander quelle place ils auront dans son cœur et lequel saura l'éblouir. Le suspense est total. Va t-elle enfin succomber ?
    Les expressions et les jeux de mots sont nombreux; ils ponctuent le roman et les lecteurs s'amusent vraiment ! Les Surnoms cocasses des prétendants de Tiffany reflètent leur personnalité et donnent une pointe d'humour supplémentaire..
    De mêmes que les répétitions répétitives créent un effet comique indéniable.
    Le comique des situations, souvent inattendues sont vraiment très agréables.
    La fin est à l'image de Tiffany, indécise et singulière.
    L'écriture est limpide, agréable, les lecteurs vivent au côtés de Tiffany et partagent son quotidien pour leur plus grand plaisir. Les lecteurs s'imaginent très bien les scènes, les descriptions vont à l'essentiel.
    Le livre se déroule sur un an et nous savons tout de la vie de notre héroïne. Avec elle nous faisons le bilan de son existence. Celle de ses amis évoluent mais elle, elle reste sur place, ce qui finit par la désoler.
    Un livre pour fille avec beaucoup d'humour et d'émotions, à ne pas rater et si les garçons le lisent ils comprendront un peu mieux les filles !

     


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    Titre : «  La deuxième femme »
    Auteur : Tony PARSONS
    Genre : Roman
    Éditions : Presse de la cité
    Année : 2005
    Nombre de Pages : 382

    Quatrième de couverture :

    On les a baptisées «  familles recomposées ». Comme si les hommes , les femmes et les enfants pouvaient être broyés, puis rassemblés, comme des variétés de café… Dans la vrai vie, ce n’est pas si simple.

    Après un divorce houleux, Harry Silver s'est résolu à confier la garde de son fils à son ex-épouse, Gina. Malgré sa frustration de ne voir l'enfant qu'une fois par semaine, il semble avoir retrouvé le bonheur : remarié, il vit désormais avec la superbe Cindy et la fille de celle-ci, Peggy. Côté travail, il produit une émission de télévision qui connaît un franc succès. Mais rien n'est simple dans son existence, et les problèmes ne tardent pas à s'accumuler. Gina lui annonce en effet qu'elle part vivre aux États-Unis avec leur fils. A cette perspective douloureuse s'ajoute la réussite professionnelle spectaculaire de Cindy, qui n'a plus guère de temps à lui consacrer. Mais s'il n'y avait que cela... Jaloux, déboussolé, anéanti, Harry va tenter de faire face sur tous les fronts.

    Mes impressions :

    Une histoire un peu banale d’un homme prénommé Harry, qui après un premier divorce avec Gina, avec laquelle il aura un fils Pat, voit son second mariage sombrer…
    Il est question de familles recomposées dans ce livre mais j’ai aussi senti l’histoire d’un homme qui se cherche qui n’arrive à pas gérer ses émotions et ses sentiments mais la fin du roman promet d’être un nouveau départ pour lui.

    Même si l’histoire n’est pas très originale j’ai vraiment aimé le style de l’auteur qui nous fait passer d’un sentiment à un autre et qui fait nous interroger sur les familles dites modernes et sur les difficultés du couple.
    Harry nous exaspère mais il nous émeut aussi surtout lorsqu’il parle de sa mère et de son fils et de sa belle fille avec beaucoup d’amour.
    Un livre quand même fort en émotions et en sentiments, écrit avec brio et beaucoup de talent.

     


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    Titre : « Le soleil des mourants »
    Auteur : Jean Claude IZZO
    Genre : Roman
    Éditions : Flammarion
    Année : 2001
    Nombre de pages : 270

    Quatrième de couverture :

    Lorsque les pompiers évacuent le corps de Titi, son seul vrai copain de galère mort sous un banc de la station Ménilmontant, Rico décide de foutre le camp. De quitter Paris, pour le Sud. A mourir autant mourir au soleil. Dans l'hiver glacial, Rico rumine l'échec de sa vie. Son divorce. Son fils, Julien, qu'il n'a plus le droit de voir. L'engrenage qui l'a jeté à la rue. Sur la route, Rico croisera Félix, qui " tape le ballon ", ne parle presque plus, a perdu la notion du temps. Et puis Mirjana, une jeune Bosniaque paumée, fauchée, prostituée pour survivre, dit-elle, puisqu'elle est déjà morte. Et puis d'autres, eux aussi vaincus par la vie. A Marseille, il voudrait revoir Léa, le premier amour de sa jeunesse. Qui a dit que l'espoir est au bout du chemin ?

    Mes impressions :

    Une histoire douloureuse de misère, de détresse, de pertes…une descente aux enfers pour Titi, Rico et quelques copains rencontrés dans la rue, parce qu’un jour leur vie à dérapé. Il a suffit d’une séparation, d’un divorce, de la perte d’un emploi, pour que leur vie bascule du mauvais côté.
    Ce livre reflète la dure réalité de la vie des SDF, il est un témoignage. Rico nous raconte au fil des pages, le pourquoi, le comment il s’est retrouvé à faire la manche et à vivre dans la rue. Il nous parle de comment se passent les journées. On y découvre la violence, la maladie, la perte des repères, l’alcoolisme, le tout avec une exactitude poignante. Le lecteur s’attache à Rico et à quelques personnages. Il a envie de les aider, de leur tendre la main, ils le bouleversent.

    A la lecture, on se dit que cette situation peut arriver à chacun d’entre nous et alors il nous est difficile de juger ; il arrive même que nous nous rappelons les rencontres que nous avons faites au cours de notre vie de tous les jours, de ces « mendiants » au coin des rues quelque part, et évidemment nous ne les regarderons plus comme avant. Nous relativisons nous même et sur notre propre confort matériel. J’y ai retrouvé des phrases clés, qui font référence à l’école de la vie…Rico raconte sa difficulté à s’accrocher à espérer après la mort de son meilleur ami Titi, mais il continue avec l’énergie du désespoir : «  Cette après midi, il n’avait plus la force de grand-chose, seuls les mécanismes de l’habitude avaient fonctionné, pas sa volonté.
    Néanmoins malgré toute la douleur qu’il y transparaît, le livre reste superbement écrit, avec pudeur et même parfois avec poésie.
    Un livre bouleversant par con contenu et sa forme et par le fait qu’il nous fasse réfléchir sur la condition des SDF avec sincérité et compassion ; le style est beau, les phrases sont fortes et irrémédiablement humaines.

    Un coup de cœur pour moi.


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  •   « La petite » de Michèle HALBERSTADT

     

     

     

     

     

     

    Titre : « La petite »
    Auteur : Michèle HALBERSTADT
    Genre : Roman
    Éditions : Albin Michel
    Date : 2011
    Nombre de pages : 148

    Quatrième de couverture :

    « J'ai douze ans et ce soir je serai morte. »
    Méfiez-vous des enfants sages...

    Mes impressions :

    En lisant la présentation de ce livre chez YV , j'ai été tentée de le rajouter dans ma LAL et j'avoue ne pas avoir été déçue.
    Le sujet m'interpelle et la thématique parle au plus profond de moi.
    Le début assez sombre est celui-ci :
    « J'ai douze ans et ce soir je serai morte.
    Ce matin, j'ai vidé les tubes de somnifères et tous les médicaments que maman range en haut du placard de la salle de bains pour éviter qu'on y touche. Il m'a fallu cinq grands verres d'eau pour tout avaler. Ensuite, j'ai mangé une tartine, bu mon jus d'orange, et je suis partie à l'école.
    Je n'ai rien dit à personne. Je ne suis ni abattue, ni surexcitée. Je me sens sereine, comme on l'est quand on fait ce que l'on a vraiment envie de faire. Et moi, j'ai envie de disparaître. »
    La parenthèse est ouverte.
    La suite consiste alors en la narration de ce qui a amené cette petite fille à vouloir tenter ce geste irréparable et à mettre fin à ses jours.
    Elle décrit la relation à ses parents assez froide, des bourgeois qui s’occupent peu de leurs filles mais qui veillent à ce qu'elles ne manquent de rien.
    Elle vit dans l'ombre de sa sœur aînée, qui elle a la beauté et l'intelligence qu'elle n'a pas. En effet, elle ne se trouve pas jolie et inintéressante.
    Elle parle aussi de sa relation particulière et intense avec son grand père maternel qu'elle affectionne mais qui est mort prématurément. Lui parti, elle ne sait pas qui va l'aimer parce qu'il était le seul à la comprendre à l'entendre.
    Tout en s'isolant, elle s'invente une amie imaginaire, Laure afin de trouver une oreille attentive.
    À l'école elle est seule, n'a pas vraiment d'amies sincères ; ses professeurs dans des phrases assassinent comme « ne vaut pas sa sœur ; Nous fait regretter son aînée » lui font douter d'elle même. Elle est en partie rejetée « Je construisais mes jours comme un abri. Je me nourrissais de l'imaginaire des autres ». Alors elle se renferme sur elle même, dépérit. Elle se sent différente, exclue « Être ou ne pas être comme tout le monde . Fallait-il choisir son camp pour cesser d'être « la petite » et grandir enfin ? » Alors elle pense à son grand-père, « À quoi bon vivre quand on craint à ce point d'être soi-même » ; « Ce soir là, en éteignant la lumière, j'ai pensé pour la première fois qu'il serait doux de le rejoindre ».
    Elle dit aussi que son grand père lui avait laissé deux anges gardiens, en les personnes de ses deux meilleurs amis. Sans eux, qu'elle voient très rarement une deux fois par an aurait-elle eu envie de continuer si longtemps ?
    Elle aime somme toute la presse, les livres et la musique, ses deux passions mais elle n'a plus personne avec qui les partager . « Un livre raconte la vie de ceux qui ont une place dans le monde ; je pensais qu'ils m'aideraient à trouver la mienne ». Elle dit de la musique qu'elle est son « oxygène ».
    Puis fin de la parenthèse, elle se réveille à l'hôpital dans des draps blancs ; avec un sentiment confus, elle s'est ratée. Et elle se demande si elle doit se laisser une seconde chance « Comment font-ils ? Qu'est ce qui les pousse à avancer »
    Son acte l'a faite grandir, elle se réveille avec un autre état d'esprit, elle s'éveille enfin à la vie, « Ma vie elle dépend de moi, pas des autres ». Cette pensée agit comme un électrochoc, une prise de conscience.
    Pourtant tout au long du livre on sent que cette petite fille est malgré tout pleine de ressources qui ne demandent qu'à éclore, sortir d'elle, et se révéler.
    Elle finira par faire une richesse de ses différences et de ses faiblesses.
    Elle renaît, prend confiance en elle, l'avenir (la venir) est devant elle ; grâce à un psychologue qui l'entend, et la comprend elle parvient à faire des choix, elle est guidée. Se nourrit de de projets.
    Ce livre pose la question suivante est-ce que c'est cela être adulte, est-ce prendre conscience de la fin des illusions ?
    Il se lit très vite, avec une écriture légère sur un sujet grave j'ai trouvé que l'auteur se positionne dans l'âme de la petite fille pour être plus crédible aux yeux des adolescents.
    Cette petite fille m'a fait penser à moi par bien des côtés et je pense que c'est cela qui m'a fait apprécier cette lecture.
    Parfois les auteurs prennent ce genre de thématique pour attirer les lecteurs et augmenter leur chance d'être lus mais ici j'ai trouvé que ce livre est un message d'espoir ; une leçon de vie et de courage.
    Le passage à l'âge adulte ne se fait pas toujours dans la joie mais dans la douleur.
    Ce mal de vivre caractéristique, tout le monde peut le ressentir à un moment donné de son existence et certaines de nos rencontres peuvent nous sauver la vie alors ouvrons l’œil.
    Même si ce sujet a été longuement visité en littérature, je crois que ce livre vaut la peine d'être lu.
    Merci Yv de me l'avoir fait découvrir.


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    Titre : « Wisconsin »
    Auteur: Marie R. ELLIS
    Genre : Roman étranger
    Éditions : 10/18
    Date : 2009
    Nombre de pages : 444

    Quatrième de couverture :

    La famille Lucas vit dans le nord du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens Ojibwés.
    John, violent et alcoolique, passe son temps dans les bars, quand il ne s'acharne pas sur sa femme et ses enfants. L'aîné, James, lassé des frasques paternelles, s'engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, laissant son jeune frère Bill à ce sombre quotidien. Seuls les Morriseau veillent de loin et le soutiennent pendant le périlleux passage de l'enfance à l'âge d'homme. Mais au cœur de cette nature immuable et splendide qui panse les blessures et apaise les peurs, ce qui reste d'amour donne doucement la force de survivre.

    Mes impressions :

    L'histoire se situe en 1967, alors que la guerre au Vietnam va faire des ravages en perte humaine, et se termine en 2000. 
    En 1967 Bill alors âgé de 8 ans, voit son frère partir au front. En effet, pour échapper à la tyrannie, la violence et l'alcoolisme de son père, il s'enrôle dans les Marines et laisse seuls sa mère et son jeune frère.
    Ce départ, va réveiller des angoisses, des peurs, il révèle les cœurs et le passé.
    Leurs voisins, Ernie et Rosa, sont très proches des deux garçons et ils les entourent d'amour et de tendresse comme s'ils étaient leurs propres enfants. Ils reportent l'affection sur ces deux garçons puisqu'ils n'ont pas eu la chance et le bonheur d'en concevoir et ce manque est palpable.
    Une fois James parti, le quotidien de Bill et de sa mère se passe difficilement et chacun attend patiemment mais avec ferveur les lettres de James, dans lesquelles il raconte un quotidien souvent nuancé de la guerre pour ne pas les inquiéter. Mais un jour, deux personnels d'armée dont un prêtre, viennent frapper à la porte de la famille Lucas et leur apprend que leur fils et frère est « porté disparu au combat », terme qui désigne que le corps n'a pas été retrouvé mais qu'il n'a probablement pas survécu à une offensive de l'ennemi. Le terme « probablement » prend tout son sens, ici car que ce soit Ernie, Rosa, Claire ou Bill, ils n'arrivent pas à croire à la mort de James, et au fond d'eux mêmes ils attendent son retour, mais des années après, le fantôme rode encore dans la prairie.
    J'ai beaucoup aimé le style de Ellis, et la façon dont elle a construit son roman. Chaque personne tour à tour, narre son vécu et sa façon de ressentir les choses. Ainsi un même événement sera perçu différemment selon Ernie, Rosa, Claire, Bill et James
    Les descriptions de la guerre sont en juxtaposition avec le calme de la vie à la ferme.
    Les images décrites sont difficiles et tragiques. James explique la dureté de la guerre et son témoignage est appuyé par le vécu d'Ernie, qui lui même a participé à la seconde guerre mondiale et de sa femme qui elle était infirmière dans l'armée. Souvenirs de Guerre de deux générations différentes, mais qui auront les mêmes conséquences, beaucoup de pertes humaines et des personnes traumatisées par ce qu'elles ont vu et vécu.
    Le père John est pratiquement inexistant. James est le fantôme réel alors que le père est le fantôme effectif, puisqu'il travaille et ne pense qu'à s'enivrer au bar. Il est laxiste et sa famille vie sans lui; mais de temps en temps il revient à la ferme encore plus violent à chaque fois.
    Du reste on découvre en même temps que Bill et sa mère, la trahison et les mensonges de ce père absent, il n'a pas toujours dit la vérité quant à son passé dans l'armée et l'acquisition de ses médailles.
    Claire est terrassée par la « disparition » de son grand fils, elle parle seule, devient « folle », n'admet pas son absence.
    James, est-il vraiment mort et sinon pourquoi ne revient-il pas, après 15 années une foi la fin de la Guerre proclamée ?.
    Il hante les esprits, sans qu'aucun des personnages n'en parlent ouvertement. D'ailleurs dans ces deux famille, les silences font légion.
    Bill ainsi que sa mère sont très attachants, ils m'ont émue aux larmes, ils sont vrais, entiers, forts et fragiles à la fois.
    Lorsque sa mère perd pied, Billy va l'aider à surmonter et les rôles s'inverseront, il la soutiendra, il lui préparera à manger, lui fera sa toilette, telle une mère le ferait pour ses enfants.
    Le fantôme de James, qui plane ainsi que le passé de chacun des personnages que nous découvrons peu à peu, au fil des pages, est singulier et apporte une dose de suspense indéniable. Leurs histoires personnelles sont marquées par des drames et des souffrances innommables. Ce roman est à la fois un roman historique, une fiction, dans lequel, l'amitié, l'amour, la fraternité ont une place importante. Avec une rare intensité émotionnelle l'auteur nous fait un cadeau majestueux, rempli d'humanité et de sensibilité.
    Le Wisconsin est dépeint, grandiose, tel une entité sauvage.
    Les paysages naturels sont tels des tableaux dont on ne peut écarter les yeux.
    Les personnages vivent de l'intérieur, ne parlent que très rarement de leur sentiments qu'ils enfouissent et qui finissent par les ronger de l'intérieur.
    Ils ravalent leurs souffrances et leurs cassures souvent par peur du quand dira t-on.
    Les voisins si aimables, seront souverains grâce à leur patience; ils vont aider un fils et sa mère à relever la tête et à dépasser l'absence de James.
    Peu à peu Bill qui avait sombré dans l'alcool comme son père, parviendra à force de courage à s'en passer et réapprendra à vivre. Il n'en reste pas moins que Rosa et Ernie sont eux aussi énormément affectés par le départ et la mort de James. 
    Tout au long du livre, les douleurs des uns et des autres, s'emmêlent et s'imbriquent, ne sont t-elles pas toutes liées à l'absence, aux départs et à la solitude ?. 
    Un livre coup de cœur qui ne laisse pas indifférent et qui déploie une énergie et des émotions d'une rare intensité. 
    Je n'ai pas pu décrocher de ce livre si intense et si bien écrit !
    Une fois refermé, les lecteurs sans doute continueront d'en être imprégnés et de se souvenir de ces familles qui malgré la souffrance et les douleurs présentes vivaient simplement au côté de la nature.


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  • « La liste de mes envies » de Grégoire DELACOURT

     

     

     

     

     

     

    Titre : « La liste de mes envies »
    Auteur : Grégoire DELACOURT
    Genre : Roman
    Éditions : JC Lattès
    Année : 2012
    Nombre de pages:187

    Quatrième de couverture :

    Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu'elle peut désormais s'offir ce qu'elle veut, elle se pose la question : n'y a t-il pas beaucoup à perdre ?

    Mes impressions :

    Alors que beaucoup de personnes rêveraient de gagner le gros lot pour pouvoir faire tout ce qu'ils souhaitent faire et acheter, Jocelyne ici n'a pas la même réaction quand elle s'aperçoit qu'elle a le ticket gagnant ! Elle a peur au contraire de perdre tout ce qu'elle a. Elle connaît ce qu'elle a mais que deviendra sa vie si elle accepte d'empocher le chèque ?. On dit bien que dans une situation qui change on sait ce que l'on perd mais sait-on vraiment ce que l'on va gagner ?. Ce livre nous interroge. Il est un bijou.
    Le rêve de Jocelyne 47 ans était d'être styliste à Paris mais elle est mercière à Arras....
    Elle n'a pas la taille mannequin, elle a créée un blog qu'elle remplit d'articles concernant sa passion des étoffes, des boutons, de la broderie.....
    Sa mère est morte et elle souffre de son absence ; son père perd la tête toutes les six minutes suite à un accident vasculaire cérébral.
    Elle a rencontré il y a des années, Joseph et ça a été l'amour fou, aimant, rassurant. Ils ont eu deux enfants qui sont partis maintenant de la maison et qui font leur vie. Un troisième enfant est mort né et le couple en est sorti meurtri. Jo est devenu cruel, il s'est mis à boire. Jocelyne a préféré se taire et a pris sur elle la violence et l'intimidation de son mari. Mais à force de patience et de tendresse elle a apaisé Jo jusqu'au jour où elle gagne une grosse somme au loto....
    Un livre qui a illuminé ma journée....Il est touchant, sensible comme l'est Jocelyne.
    Jocelyne a deux amies proches, deux sœurs esthéticiennes avec lesquelles elle refait le monde autour d'un thé....Les deux sœurs jouent au loto et rêve de l'hypothétique argent et de ce qu'elles en feraient. Elles convainquent Jocelyne de miser à son tour au moins une fois....
    Tout au long du livre, Jocelyne nous parle de ses enfants. Elle nous décrit sa vie, passée et présente, son parcours. Elle est une femme très réaliste, lucide sur les choses de la vie, elle ne se laisse pas berner par la naïveté, mais elle se dit heureuse et les lectrices de son blog l'apprécient grâce à sa gentillesse et sa douceur.
    Quand elle apprend que c'est elle la gagnante elle ne dira rien à personne et au lieu de penser à tout ce qu'elle pourra faire avec plus de 18 millions d'euros elle fait le chemin inverse et pense à tout ce qu'elle risque de perdre.... « Je savais, jusque dans ma chair, que s'il pouvait faire le bien, cet argent pouvait aussi faire le mal »
    Le style de Grégoire Delacourt a un côté très poétique. L'écriture est toute en grâce et délicatesse. Je me suis laissée bercer par les mots et les descriptions qu'il fait notamment lorsqu'il parle de la fille de Jocelyne Nadine, qui ne parlait pas beaucoup depuis sa plus tendre enfance. « Elle gardait les mots en elle, comme s'ils étaient rares. Nous conjuguions le silence elle et moi : regards, gestes, soupirs en lieu et place de sujets, verbes, compléments ».
    Il analyse les choses à la perfection, d'un point de vie de femme et de mère alors qu'il est un homme. Il a su se mettre à la place de son héroïne et parler de la vie avec simplicité, émotion, sentiment et force. Bravo !
    « Il n'y a que dans les livres que l'ont peut changer de vie. Que l'on peut tout effacer d'un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies et au bout d'une phrase, se retrouver soudain au bout du monde »
    Quand Jocelyne écrit ses listes d'abord celles de ses besoins, celles de ses envies puis celles de ses folies, on sent une femme qui est loin d'être exigeante et qui connait les efforts à faire dans une vie ou rien n'est facile !
    Mais peut-on réellement changer sa vie, son destin avec de l'argent ?. Nous rend t-il meilleur ou plus mauvais ?
    Au lieu de trouver calme et sérénité avec cet argent, sa vie va basculer et prendra un tournant auquel les lecteurs et elles mêmes ne s'attendaient pas. Une tournure inattendue et improbable pour Jocelyne.
    Loin de la belle vie imaginée par d'autres avant d'être riche, elle, elle sait que l'argent peut rendre fou et qu'il n'achète pas tout.
    Jo dans ce roman remet les choses à sa place : la vie se vit dans le moment présent, non dans le passé et l'avenir reste toujours incertain...même en ayant beaucoup d'argent.
    J'ai été transportée par ce roman qui parle de la place de l'argent dans une vie ….Il ne fait pas le bonheur et certains disent qu'il y contribue, encore faut-il être sensé....
    L'argent ne fait pas tout et il risque de pourrir bien des choses, comme les sentiments.... « Être riche, c'est voir tout ce qui est laid puisqu'on a l'arrogance de penser qu'on peut changer les choses. Qu'il suffit de payer pour ça ».
    Un livre qui remet les idées et les vraies «valeurs» à leur place.

     


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  •  « Mary Ann en automne » de Armistead MAUPIN

     

     

     

     


    Titre : « Mary Ann en automne »
    Auteur : Armistead MAUPIN
    Genre : Roman
    Éditions : Éditions de l'Olivier
    Année : 2011
    Nombre de pages : 318

    Quatrième de couverture :

    Après vingt ans d’exil à New York, Mary Ann revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d'un cancer elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael Tolliver, et retrouve la légendaire Anna Madrigal, qui n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit et de son énergie malgré ses 80 ans.
    Mary Ann en automne continue d’explorer ce nouvel ordre amoureux. Michael a épousé Ben mais il reste un séducteur à peine assagi qui observe avec curiosité les évolutions initiées par Facebook ou l’émergence des blogs.

    Mes impressions :

    Je suis définitivement fan de cette série qui ne cesse de m'étonner !

    Avec « Michael Tolliver est vivant »,mettait en scène un personnage clé de cette série.
    Il se heurtait aux désillusions et à l'évolution des mœurs.
    Ici c'est Mary Ann qui est plus ou moins sur le devant de la scène. Elle tient néanmoins le rôle principal eu égard ce qui se passe dans sa vie. Cette dernière est mouvementée et malgré son mariage elle est malheureuse car son mari lui est infidèle et elle apprend qu'elle est atteinte d'une grave maladie...Elle va donc se tourner vers ses amis de toujours pour trouver la force et le courage dont elle a besoin pour affronter cette sombre période.
    Nous retrouvons la plupart des personnages précédents, avec en prime une Anna Madrigal qui est maintenant âgée mais elle vieillit bien à l'instar de la série.
    Elle a près de 80 ans et cependant est beaucoup moins alerte. Nous ne la « voyons » pas souvent mais chacune de ces apparitions laissent des empreintes dans la vie réciproque de nos personnages. 
    Elle reste sereine et remplie de sagesse mais est plus fragile de part son âge et sa santé..
    Mary Ann a quitté son mari Bob pour un temps et souhaite s'occuper d'elle afin de prendre sa vie en main. Parce qu'elle a un cancer elle se fera opérer par la gynécologue de Dede. D'où sa venue à San Francisco .
    Michael et Ben, couple homosexuel est très proche d'elle et ils l'accueillent chez eux le temps de surmonter ces épreuves.
    Jake employé à la jardinerie de Michael est aussi très présent et sa vie est source de complications. Je me demande si Armistead Maupin ne va pas continuer sa série avec un tome sur ce jeune homme. (?)

    Pour ce qui est de ce tome, j'aime comment les personnages se retrouvent, sans rancune. L'amitié est vraiment très importante pour eux et ils se le prouvent. Une affection indéniable les lie, même si elle se heurte parfois aux personnalités propres des amis.
    Je regrette seulement qu'entre Mary Ann et sa fille adoptive Shawna il n'y ait pas eu de rencontres plus évocatrices de parentalité....elles se retrouvent juste à la fin de cet opus.
    Chacun des personnages a ses soucis, ses inquiétudes et il les gère comme il peut en s'aidant de petits instants de joie.
    Maupin fait évoluer ses personnages au rythme du temps et de la société ; eux mêmes se retrouvent face à l'émergence du virtuel, à l'ascension de Facebook, blogs et autres réseaux sociaux sans oublier la précarité. Paradoxe évident.
    Ici nous sommes loin de années 70 [début de la série] mais pleinement dans les années 90.
    Avec humour et sensibilité, délicatesse et même causticité Armistaed Maupin nous parle de nous et de la société mais aussi des relations humaines, des codes sociaux, de l'amour et de l'amitié.

    Le style est toujours aussi agréable, je suis entrée d'emblée dans l'histoire et j'ai apprécié le suspense et l'enquête que mène Shawna, qui font référence et reviennent sur les sujets et acteurs des tomes précédents.

    En résumé, j'ai retrouvé avec plaisir la bande d'amis qui s'entraident et ne s'oublient pas malgré les différences et la distance kilométrique. Je crois que l'auteur veut nous faire prendre conscience que les vrais rapports humains se trouvent dans le réel et peut-être pas toujours dans le virtuel.
    Il porte un œil critique sur cette émergence de nouvelles technologies et leur application.
    J'adhère complètement.
    Pour ceux qui ne connaissent pas cette série je vous la conseille !

    Chroniques, tome 1
    Chroniques tome 2
    Mickael est vivant

     


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