• « Si on dansait » de Rachel JOYCE

    Titre : « Si on dansait »
    Auteure : Rachel JOYCE
    Genre : Roman contemporain
    Edtions : XO éditions
    Année : 2018
    Nombre de pages : 364

    Résumé :

    À Londres, au bout d’une impasse délabrée, Frank n’est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.
    Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d’un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin…
    C’est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s’être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l’aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l’excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.
    Lui qui ne croit plus en l’amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s’écroule, il disparaît.
    C’est sans compter, pourtant, sur l’extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n’est jamais trop tard pour faire renaître l’espoir et réapprendre à danser…
    Avec une sensibilité magnifique, Rachel Joyce célèbre le courage de gens ordinaires, la force de l’amour, mais aussi la puissance de la musique qui, parfois, peut sauver des vies.
    Mes impressions :

    Je remercie Mélanie ROUSSET des Éditions XO pour m'avoir fait découvrir ce nouveau roman d'une auteure que j'affectionne et dont j'ai lu précédemment les titres : La lettre qui allait changer le destin d'Harold arriva le mardi et La lettre de Queenie.
    Mes deux loisirs sont la lecture et la musique alors autant dire qu'avec ce roman mes désirs sont comblés.

    Le récit commence en 1988. Le CD commence à faire son apparition et détrône peu à peu les disques vinyles mais des inconditionnels comme Franck qui ont eu leur enfance bercés par la musique, et qui en plus ont une maman mélomane, ne peuvent s'y résoudre....

    Unity Street est une rue de Londres, laissée à l'abandon, et désormais convoitée par un promoteur acharné.
    Dans Unity street il ne reste plus que quatre boutiques.
    Maud la tatoueuse excentrique et rebelle en tient une, puis il y a le Père Anthony, ancien prête l'homme de la sagesse et figure paternelle qui vend des objets religieux, puis il y a les jumeaux dont la famille gère les pompes funèbres, et un pub tenu par Pete le barman et puis madame Roussos, vieille dame de quatre-vingts ans qui rend visite régulièrement à Franck accompagnée de son chihuahua.
    Quand a Franck, il est propriétaire de la boutique de Vinyles dans unity Street, il a 40 ans et un don particulier celui d'aider les gens dans leurs épreuves et de leur trouver la musique qui leur fera du bien. Il ne classe pas ses disques par ordre alphabétique mais selon une méthode qui n'appartient qu'a lui et à sa réceptivité.
    Kit son employé est un jeune homme de 18 ans dont la mère est atteinte de démence, son père passe son temps devant la télévision. Franck le prend sous son aile et le fait un peu travailler à la boutique.
    C'est un jeune homme paumé, maladroit mais si attendrissant.

    Franck, Maud, Le père Anthony, Les frères et jumeaux Williams, Madame Roussos s'entraident et surtout forment une communauté, désireuse de ne pas laisser cette rue sombrer et se laisser acheter par un promoteur entêté.
    Cette petite communauté, composée de gens hétéroclites, soudés fait le bonheur des lecteurs.

    Le récit est construit tour à tour par des chapitres qui parlent du présent des personnages en 1988 et par d'autres qui évoquent la jeunesse de Franck auprès de sa mère Peg, peu maternelle mais férue et conteuse de musique qui lui a fait découvrir puis l'a initié à la musique.
    Elle le nourrit de la genèse des grandes œuvres, de la particularité de la vie de certains compositeurs et leurs intentions. Franck a énormément appris et de ce fait a développé une certaine sensibilité.
    Il est un disquaire fervent partisan de toutes les musiques de tous les genres.
    Au-delà de l'écoute de vinyle dans des armoires transformées en cabines d'écoute par Franck , il aide spontanément les gens à surmonter la maladie, la tristesse, la lassitude, la perte d'un emploi, à leur faire retrouver le goût de vivre.... Sa capacité d'écoute, son empathie et sa patience font de lui un être attachant et apprécié de tous.

    Et puis un jour, une femme en manteau vert, nommé Lisa s'évanouit devant la boutique de Franck. Cette femme mystérieuse et énigmatique va l'émouvoir autant que ce qu'elle l'effraie. Entre eux deux, l'attirance est immédiate.
    Un seul regard a suffi pour lier leurs vies respectives.
    Une relation aussi profonde qu'étrange, s'éveille entre eux, ils se retrouvent chaque semaine dans un café « La théière chantante ». À la demande de Lisa, il lui parle de musique, d'émotion, ils partagent... et peu à peu sans se l'avouer tombent amoureux.
    Mais Franck bien qu'il aime les autres a peur de se laisser aimer, sans doute par peur de perdre.

    Le roman est composé de quatre parties, « Face A Janvier 1988 », « face B Février 1988 », « face C printemps 1988 », et « Face D, 2009 » puis « morceau caché ».
    Les dernières parties du roman, nous amènent en 2009, à la chute du CD et le retour discret du vinyle. Franck avait raison de ne pas s'abandonner à l'idée que le vinyle est une façon infaillible de partager de la musique et de la faire exister.
    Puis l'auteure nous fait passer de 1989 à 2009....
    Que sont devenus les personnages d'Unity street ? Que font-ils ? Est-ce que les boutiques ont finalement étaient rachetées ?

    Ce livre est une bouffée d'oxygène, et de tendresse, il est un hommage au vinyle, à la musique, aux relations, à la vie.
    Rachel Joyce écrit avec passion sur la musique, celle qui nous apaise, qui nous fait du bien, qui nous permet de partager. Elle parle alors aussi de la souffrance, des difficultés de la vie, des épreuves mais également de l'amitié avec un grand A, de celle qui dure. De l'amour, timide et puissant à la fois.
    Je crois que Rachel Joyce nous fait prendre conscience que chacun d'entre nous, même s'il est ordinaire peut apporter quelque chose à l'autre. Que notre vie peut changer, prendre une tournure inattendue grâce une rencontre fortuite.
    Seul petit bémol, j'ai trouvé que dans les premières parties du roman il y a quelques longueurs puis lorsqu'on se retrouve en 2009 tout s'accélère, je trouve que ça va bien trop vite alors. Cela me paraît un peu dommage.
    Le dénouement reste très prenant et même si on s'attend à cette finalité, cette dernière est amenée de façon originale et actuelle.
    L'auteur a su faire pousser l’originalité jusqu'à créer une playlist des musiques préférées des personnages et de la partager avec ses lecteurs qui peuvent l'écouter sur Spotify et Deezer, c'est vraiment une très belle surprise, de même que le petit vinyle glissé dans le livre lui-même qui donne une petite touche nostalgique au roman.
    On sent que l'auteure, a fait de nombreuses recherches sur la musique, les œuvres et leurs compositeurs dont elle parle. De plus le travail fourni permet de nous faire rendre compte que la musique peut guérir, apaiser les âmes et que celle-ci est souvent source de bien-être.
    Les messages transmis par ce livre sont ceux de rester soi-même et également que le temps passe mais la vraie amitié, la bienveillance et la solidarité restent. Ce sont des messages d'espoir.
    J'ai aimé ce roman même s'il n'est pas celui que je préfère.
    Il y a toujours dans le style de Rachel Joyce, de la douceur et de la tendresse.
    L'auteure parle de gens ordinaires et les rend extraordinaires.
    Elle sait nous parler d'amour, d'amitié et de respect.Ce roman est à la fois émouvant, prenant, riche en informations musicales. Un bon moment de lecture.


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 27 Mai à 20:13

    Je ne connais pas l'auteure ! Tu as de la chance d'avoir un partenariat avec cette maison d'édition. Ils m'ont envoyé un livre une seule fois. Ils ne travaillent pas avec la Belgique ! Dommage ! 

    Bonne semaine. 

      • Lundi 28 Mai à 09:31

        Bonjour Philippe, Oui je leur avais parlé de toi concernant un bouquin qui pouvait t'intéresser. Oui c'est une super maison d'éditions. J'adhère complètement à leur choix. 
        Dommage, oui ... pour toi qu'ils ne travaillent pas avec la Belgique.
        Bonne semaine également

    2
    Lundi 28 Mai à 10:56
    Alex-Mot-à-Mots

    J'avais bien aimé La lettre qui changea le destin... Je retrouverai cette auteure avec plaisir.

      • Lundi 28 Mai à 16:26

        Oui Alex et je te conseille "La lettre de Queenie", superbement attachant aussi happy

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