• L'enfant des autres

    Titre : « L'enfant des autres »
    Auteur : Jacquelyn MITCHARD
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2002
    Nombre de pages : 365

    Quatrième de couverture :

    Imaginez une petite fille dont les parents viennent de mourir subitement. Elle est mignonne, adorable, éveillée.

    Et elle est entourée d'une famille qui la chérit, au sein de laquelle elle a grandi, et qui souhaite la garder. Maintenant, imaginez qu'une deuxième famille, qui a autant de raisons d'aimer cette petite fille, demande sa garde.
    Et , entre tous ces gens de bonne volonté, éclate une guerre féroce...
    L'énorme talent de Jacquelyn Mitchard transforme cette histoire -basée sur un fait réel – en un drame poignant qui maintiendra le lecteur captivé de la première à la dernière page.

    Mes impressions :

    Bien que ce roman soit une fiction, l'histoire est tirée d'un fait divers douloureux.
    Georgia et Gordon sont frères et sœurs de cœurs, lorsqu'ils étaient enfants ils ont été adoptés par Lorraine et Mark...
    Georgia est atteinte d'un cancer en phase terminale. Subitement son mari Ray et elle meurent dans un tragique accident de voiture...alors que Keefer leur fille n'a que 15 mois. Après ce drame leurs proches sont ébranlées mais très vite se pose la question de la garde de Keefer.
    Qui l'obtiendra ? Le clan Mc Kenna, famille de Georgia et Gordon qui ont une tante Nora adorable et des parents qui les aiment comme s'ils étaient leurs parents de sang ? ou les Nye, parents de Ray qui sont plutôt de bonnes familles et fortunés, entourés d'une grande famille ?.
    Je suis sensible au sujet de l'adoption et aux sujets qui s'y rapportent. Je suis convaincue que l'on peut aimer un enfant aussi fort même s'il n'est pas né de soi, et qu'il n'a pas notre sang. Le drame familial qui se joue ici est déchirant. Les familles vont s'affronter. Les membres vont se déchirer pour tenter d'obtenir la garde de Keefer et peu à peu les personnalités se dévoilent.
    Chacun va devoir faire face à des dilemmes et des choix, devra accepter des compromis, devra lutter.
    Les médias vont s'emparer de cette histoire de façon parfois indécente ; mais est-ce judicieux de traiter cette histoire de famille en faisant appel aux médias ? Keefer est impliquée directement dans cette bataille d'adultes, alors est-ce bien pour son équilibre ?
    Les sentiments et les caractères de chacun sont largement développés, avec efficacité. Dommage que le nombre de personnages est conséquent. Surtout au début j'ai eu du mal à suivre mais ensuite, les acteurs essentiels prennent la place principale dans la narration et donc la compréhension des enjeux et le récit deviennent plus limpides. Derrière le parcours juridique que doivent réaliser les deux parties familiales, j'ai trouvé que le sujet était assez bien traité mais insuffisamment autour de l’intérêt de l'enfant. Les deux familles sont motivées certes mais j'ai eu l'impression plus d'une fois, qu'elles l'étaient par égoïsme.
    Bien sûr Keefer, 18 mois, est trop jeune pour choisir.
    Ce qui est certes intéressant, ce sont les passages où l'auteur compare les liens de cœurs à ceux du sang et dénonce parfois des aberrations qui ont été révélées et modifiées depuis. Les articles de lois ont été révisés et reformulés.
    À force de courage et de lutte, ici c'est Lorraine maman adoptive qui va faire prendre conscience des enjeux et de la place des enfants adoptés et de leur statut dans les articles de loi. Un enfant adopté aura les mêmes droits qu'un enfant biologique.

    L'histoire était prometteuse et débutait bien mais je me suis ennuyée surtout au début car il ne se passe pas grand-chose et j'ai noté quelques longueurs.
    Lorsque la bataille juridique commence entre les deux familles, j'ai trouvé que les éléments étaient trop tournés vers les articles de lois, même si ceux-ci sont simplement expliqués, ils ne sont pas assez axés vers le bien être de Keefer, sa sécurité. D'ailleurs l'arrogance de certains membres des deux familles m'a outrée. Mais cela fait partie de l'histoire.
    Au niveau style, j'ai trouvé certaines lourdeurs, trop de personnages cités alors que l'auteur aurait pu alléger les descriptions et liens familiaux indirects.
    Cependant ce roman est riche car il permet de se rendre compte que rien n'est figé même si la loi donne certains éléments de réponse, elle peut être réajustée. Cependant les textes de loi ne font pas tout et les familles ici vont devoir trouver une entente pour épargner la petite Keefer; mais une entente motivée par l'amour qu'elles portent à Keefer.
    La fin est plus ou moins prévisible mais reste bien racontée.
    Ce qui me gêne c'est que les émotions ne passent pas vraiment. Le style est parfois trop direct. Par contre du côté des intérêts des deux familles, l'auteur sait très bien en parler.
    Je n'ai pas réussi à m'imprégner, il manque quelque chose pour rentrer complètement dans ce roman, mais quoi ? Peut-être un peu plus de sensibilité et plus d'implication dans le récit.

    Je vous laisse le choix d'apprécier vous-même ce roman ou pas....

     

     


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  • Est-ce que tu m'entends

    Titre : « Est-ce que tu m'entends »
    Auteur : Hugues ROYER
    Genre : Roman
    Éditions : L'archipel
    Année : 2014
    Nombre de pages : 300

    Quatrième de couverture :

    Le jour où William s'apprête à demander sa fiancée Katsuko en mariage, il est tué par un chauffard.
    Étrangement , son esprit reste sur terre.
    Est-ce pour accomplir une dernière mission ?
    Ne recherche-t-il pas en effet depuis des années sa fille Éden, dont il a été séparé lorsqu'elle n'avait que 2 ans ?
    William est mis à rude épreuve quand le jeune homme qui a causé sa mort cherche la rédemption auprès de Katsuko.
    Fou de rage et de jalousie, William va tout faire pour les éloigner. Mais un esprit peut-il influer sur les sentiments de deux êtres bien vivants ?

    Mes impressions :

    William 37 ans est entre la vie et la mort suite à un accident de voiture. C'est sa compagne Kasuko biologiste moléculaire qui conduisait. Il s'apprêtait à la demander en mariage.
    C'est Achille Nucci, un infirmier qui a percuté la voiture des jeunes amoureux et qui a tué William.
    Kasuko est dévastée quand dans la chambre d’hôpital où elle récupère, elle apprend la nouvelle.
    Mais ce que personne ne sait, c'est que William veille, ni complètement vivant, ni entièrement mort ; il erre telle une âme en peine ;il a des difficultés à passer de l'autre côté définitivement car il sait qu'il a des choses à rattraper, à régler et peut-être à se faire pardonner.
    Dans le monde parallèle, il va rencontrer sa mère, sa grand-mère et même son père.
    Il voit défiler sa vie passée et celle actuelle de ses proches .
    William a eu une fille Éden, au prénom prédestiné, quand il était encore adolescent. La mère d' Éden était une droguée et avait une vie de plus en plus décalée. Un jour elle s'est enfui en enlevant sa fille et William ne l'a plus jamais revue, il a tenté de la retrouver mais sans succès... Cela Éden ne le savait pas... Elle a toujours cru que son père l'avait abandonnée quand elle avait 18 mois.
    L'absence de ce père, le fait de ne pas connaître son passé, perturbe Éden, c'est une fille fragile, en quête d'elle-même, c'est une jeune fille solitaire, incapable de se lier d'amitié et de tomber amoureuse. Elle fait des études de psychologie et travaille dans un Franprix pour payer ses études.
    Elle se réfugie dans l'opéra,la musique classique et la lecture.
    De son vivant, William avait du succès avec une série télévisée, C'était une scénariste connu et reconnu , il a même écrit des livres.
    Éden prend connaissance de ces derniers et se met à les lire et même à les apprécier.
    Au début l'auteur parle très bien de ses personnages : il les habite, nous les présente et il nous raconte, leur attente, leur vie, leurs drames.
    Ils sont entiers, sincères et puis d'ailleurs je me suis attachée à Éden et à William.
    J'ai beaucoup apprécié le passage lorsque Éden recueille chez elle un SDF pour lui redonner un second souffle. Elle est chaleureuse, aimante. Même si elle prend un risque et même si j'ai eu très peur pour elle, j'ai senti que cette jeune-fille avait une belle âme. Comme son père.
    Quand William est mort il avait entrepris la rédaction d'un dernier manuscrit mais il n'a pas eu le temps de l'achever. Est-ce qu’Éden va trouver la copie ? Va-t-elle finir l’œuvre de son père ? Et comment y parviendrait-elle ?
    William veut faire passer des messages et pour cela il doit trouver une personne qui en sera le vecteur...
    Il va tenter de nous faire comprendre la vie et surtout l'intérêt de dire les choses aux gens que l'on aime, ne jamais perdre espoir et de toujours se battre sans baisser les bras. Mais parfois il faut aussi savoir laisser partir ceux que l'on aime car le vrai amour est celui de les voir heureux, avec ou sans nous à leurs côtés.
    J'ai beaucoup aimé cette histoire qui fait beaucoup penser à celles des auteurs Musso et Lévy donc si vous aimez lire ces deux derniers auteurs, je vous conseille ce roman chaleureux, sensible et plein de charme.
    Vraiment j'ai passé un bon moment car le héros William qui se trouve entre deux mondes, est une âme repentie qui a des choses à faire, à dire et j'ai compris et approuve ses remises en question qui vont permettre à sa fille et à sa compagne de vivre pleinement la suite de leur vie.

    Le style nous permet de nous imprégner des situations et du contexte. Malgré tout on a envie d'y croire car chacun d'entre nous a perdu un être cher et nous aimerions savoir que de là-haut il a pu ou peut nous voir et enfin nous réconcilier avec la vie, la vraie.
    Un livre qui nous dit que la mort n'est qu'un passage et qui nous raconte que la vie est précieuse, qu'elle ne se termine jamais réellement et que nous sommes toujours en lien avec nos disparus.
    Un livre qui m'a fait du bien. L'histoire est vraiment touchante, même si elle ne peut être réelle. Elle nous laisse flotter entre deux espérances.

     


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  • La regrettable importance de la beauté

    Titre : « La regrettable importance de la beauté »
    Auteur : Amanda FILIPACCHI
    Genre : Roman étranger
    Éditions : XO éditions
    Année : 2015
    Nombre de pages : 313

    Quatrième de couverture :

    Une fable moderne et irrévérencieuse…
    … pour en finir avec le pouvoir de l’apparence !

    Au cœur de New York, un petit groupe d’amis totalement  fantaisistes appelés « Les chevaliers de la création » se retrouvent régulièrement pour travailler. Parmi eux, Barbara, une femme éblouissante de beauté, et Lily, dont le physique est terriblement ingrat, ont un rêve commun : être aimée pour ce qu’elles sont, au-delà de leur apparence.
    Barbara, costumière, s’enlaidit dans l’espoir de trouver le véritable amour, tandis que Lily, musicienne talentueuse, s’acharne à conquérir l’homme qui l’ignore.
    Alors que toutes deux cherchent désespérément des solutions à leur tourment, elles réalisent qu’un meurtrier se cache parmi leur entourage, se jouant de leurs failles les plus intimes.

    Mes impressions :

    Mille fois merci encore une fois, à Mélanie assistante presse de XO éditions pour l'envoi de ce livre.

    Une fois de plus, j'ai eu l'agréable surprise de lire une nouveauté ! Avec une thématique dans l'air du temps : la beauté et ses conséquences, et surtout l'impact qu'elle a sur les femmes et les hommes de nos jours. Avec tout ce que cela implique.

    L'auteur nous dévoile ses personnages au début de son roman, une bande de cinq amis qui se surnomme « Le club des chevaliers de la création ».
    Barbara superbe femme au naturel se déguise au quotidien avec des artifices pour passer inaperçue et surtout être moins attirante. Elle a recours au rembourrage, fausses dents, lentilles, perruque …. Étant costumière Barbara n'a pas eu du mal à créer ce costume qu'elle porte au quotidien.
    À l'origine de cette étrange métamorphose, il y a la mort de son meilleur ami Gabriel qui était amoureux d'elle et de sa splendeur mais comme elle n'était pas intéressée, il en est devenu dépressif et n'a pas supporté l'idée de ne pas vivre avec elle. D'où son suicide. Par culpabilité elle s'est infligé ce déguisement comme un châtiment et une protection car elle n'assume pas sa splendeur et ne supporte pas que la plupart des hommes soient attirés par les belles femmes seulement.
    Elle espère trouver également l'homme qui tombera amoureux d'elle pour ce qu'elle est vraiment, pour ses valeurs, sa beauté intérieure, et non exclusivement pour sa plastie incroyablement parfaite.
    Lylie, quant à elle, a un physique plutôt ingrat, des traits grossiers elle est musicienne. Elle est amoureuse de Strad, jeune homme intéressé par les femmes au physique irréprochable. Elle va tenter par tous les moyens de faire en sorte que Strad tombe amoureuse d'elle, de sa musique et de la beauté qu'elle véhicule par les émotions et les sensations.
    Pénélope est une superbe femme de 28 ans qui vit toujours chez ses parents, qui ne trouve pas de job alors son richissime père lui a donné les fonds pour ouvrir un magasin d'objets décoratifs et paie le loyer. Elle vit à ses crochets. Récemment elle a été victime d'un enlèvement et Jack lui a sauvé la vie mais y a laissé une blessure physique qui ne lui permet plus de continuer son métier de policier.
    Et puis il y a Georgia, romancière qui tente de finir son dernier roman mais qui oublie son PC dans un taxi. Et c'est Peter célèbre présentateur TV qui le trouve, en lui rapportant, il devient un proche des cinq amis et participe à leurs réunions.
    Tout ce petit monde passe de bons moments ensemble, ils sont eux-mêmes quand ils se réunissent et l'amitié qui les lie est forte.

    De son vivant, Gabriel a écrit des lettres à Barbara qui les reçoit postmortem régulièrement.
    Il lui avoue que parmi eux un assassin veille, un meurtrier qui souhaite tuer Strad pour tenter de guérir Lylie qui est profondément malheureuse de n'être pas aimée de lui.
    La chasse au tueur va être ouverte pour les cinq amis qui vont tenter d'arrêter les projets de ce mystérieux assassin.

    Je me suis attachée à Barbara qui se bat pour paraître moins belle et qui ne profite pas de sa beauté, on sent en elle une blessure, une fêlure profonde.
    Barbara est à l'opposé des femmes actuelles qui souhaiteraient une plus belle plastie et qui font tout pour modifier leur physique ingrat en un physique plus qu'agréable à regarder.
    L'importance du regard des autres ici est au maximum.
    Ces femmes peu à l'aise avec leur physique, souvent pour de fausses raisons, choisissent la chirurgie esthétique pour paraître moins grosse, plus belle, avoir de jolies formes et devenir une femme idéale ou bien modifier ce qui les dérange physiquement pour se sentir plus belle.
    Ce livre fait réfléchir et éveille les consciences sur l'aspect physique et l'impact sur la personnalité.
    J'espère qu'il aura la capacité de dissuader les filles adolescences ou jeunes-femmes à dire non à la chirurgie esthétique ou autre régime aberrant, qui peut modifier agréablement le corps physiquement mais ne change pas l'âme.
    Je trouve qu'Amanda Filipacchi a un style agréable, fluide, et imaginatif.
    J'ai cependant été perturbée par le décalage trop prononcé du récit. Certains passages sont tirés par les cheveux.
    Il y a le côté invraisemblable, improbable de certaines situations peu crédibles, notamment lorsque les amis se réunissent pour découvrir qui pourrait être l'assassin de Strad. Et de même, Lylie qui pose un masque sur son visage quand elle est avec Strad pour cacher ses traits et qui va composer une musique qui la transforme physiquement. J'ai trouvé la scène lorsque dépressive, elle se décompose par amour, trop poussée. Certaines situations cocasses viennent troubler le côté dramatique de certaines scènes et vice-versa. Le mélange m'a dérangé seulement je suis consciente, qu'il s'agit d'un roman et non d'une étude psychologique.
    Cependant, l'humour employé atténue le côté dramatique de certaines situations, il est donc bienvenu, mais à mon avis il contraste trop avec le thème sérieux du roman qui évoque et décrit les conséquences négatives de la beauté excessive de certaines personnes, parfois à l'aide de métaphores et de tirades bien pensées.
    J'ai apprécié ces réflexions sur le besoin qu'ont les femmes de se trouver plus belles pour plaire davantage ; de même que les explications psychologiques révélatrices d'un mal-être profond d'une personne qui s'adonne à ce genre de pratique de la chirurgie, devenue de plus en plus courante. Elles se perçoivent comme une marchandise.

    L'auteur écrit un roman qui nous fait réfléchir sur comment apprécier une personne à sa juste valeur, l'auteur dénonce le manque de tact de certaines personnes, le manque de sincérité de certains hommes,
    Quand on ne se sent pas à son avantage, se tourner vers l'extérieur, pour embellir l'intérieur serait un gage de mieux être profond et personnel. Et l'auteur l'a bien compris et fait passer le message à travers les dialogues nombreux entre les amis.
    Les métaphores dramatiques des conséquences du manque d'estime de soi-même, le regard des autres et / ou de soi-même sur la beauté extérieure sont magnifiquement explicites et s'invitent à la première priorité.
    Le mélange de genres peut amener à apprécier la beauté différemment. L'humour et le dramatique se marient pour pouvoir mieux accepter de rire de nous, de nos défauts, de s'accepter tel que nous sommes, de poser un regard plus compatissant, sur nos disgrâces, de poser un regard indulgent sur notre physique qui n'est pas forcément si ingrat que cela car les vrais amis eux ne s'attardent pas sur ces derniers. L'amitié dans ce roman tient une place importante. Ils s'entraident tous les cinq sans tenir compte de leur physique.
    Ici la beauté est donc perçue différemment. Elle est perçue comme une aliénation.

    Il y a dans ce roman une morale importante, ce livre est sérieux sans l'être.
    Une personne forme un ensemble, elle a la beauté de ses valeurs, sa beauté intérieure, sa façon de voir les choses, la vie, les autres.
    L'important est de trouver la profondeur de nos âmes, trouver la profondeur de l'être, derrière l'apparence, passer au-dessus des traits physiques. Heureusement avec le temps et la prise des années, on devient moins regardant, et on reconnaît les priorités.
    Finalement ce roman est bien venu dans notre société actuelle et peut faire changer le regard de certaines personnes sur la trop grande beauté et ses conséquences regrettables.
    L'approche romancée du thème par Amanda Filipacchi est donc judicieuse.

     


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  • Elle et lui Marc levy

    Titre : « Elle et lui »
    Auteur : Marc LEVY
    Genre : Roman
    Éditions : Robert Laffont/Versilio
    Année : 2015
    Nombre de pages : 384

    Quatrième de couverture :

    Un site de rencontres les a réunis. Ils ne sont pas devenus amants, mais amis. Et ils comptent bien en rester là... Elle est actrice. Lui écrivain. Elle s'appelle Mia. Lui Paul. Elle est anglaise. Lui américain. Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais. Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment. Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas. Elle se sent seule. Lui aussi. Il la fait rire.
    Elle enchaîne les maladresses. Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus. Dans ce roman, où l'on retrouve les personnages de Et si c'était vrai, Marc Lévy nous entraîne dans une histoire d'amour irrésistible et totalement imprévisible. Elle & lui marque le grand retour de Marc Lévy à la comédie.

    Mes impressions :

    Comme à son accoutumée, Marc Levy nous présente les personnages dans les premiers chapitres, et nous avons l'agréable surprise de retrouver les personnages de son premier roman « Et si c'était vrai ».
    Ce roman a été mis à l'écran en 2005.
    Il y a Paul, américain, architecte de métier ; Lauren médecin neurochirurgienne, son amie et femme d'Arthur, lui aussi architecte. D'ailleurs les deux garçons étaient associés. Il y a dès le début ce plaisir des retrouvailles même si dix ans après leur vie, a évolué, surtout celle de Paul, il a changé de métier, de pays et aujourd'hui il est écrivain. Il n'était pas le personnage principal précédemment mais néanmoins très présent et voilà que Levy lui offre ici le premier rôle.
    Et puis il y a Mia une actrice anglaise, la petite protégée de son agent Creston. Elle partage l'affiche de son dernier film avec son partenaire à la ville comme à l'écran. Mais leur mariage n'est pas des plus solides suites aux infidélités de David. Elle décide de prendre le temps de réfléchir à sa vie de couple.
    Daisy est la meilleure amie de Mia, elle vit à Paris et possède un restaurant. Cuisiner est sa passion.Après sa pseudo-rupture d'avec David, Mia va passer quelques jours chez Daisy et lui apporte un peu d'aide pour le service.
    Après le succès de son premier roman, Paul est donc resté à Paris, loin de ses deux amis, il a aujourd'hui cinq livres à son actif. Un jour s'apercevant que Paul n'est pas heureux, Lauren et Arthur l'inscrivent à son insu sur un site de rencontres... le même sur lequel Mia voit le profil de son amie Daisy. D’ailleurs par curiosité, elle prend son pseudo et laisse une annonce.....s'ensuivront des quiproquos, des malentendus et une invitation au restaurant malgré eux.
    Dans ce roman il y a une petite dose de suspense concernant l'histoire d'amitié entre Mia et Paul, ainsi que sur une affaire d'édition et d'auteur plagiés.
    J'ai également apprécié que l'auteur cite et évoque dans son texte un autre romancier contemporain célèbre. Pour ma part, c'est un hommage à l'écrivain mais également à la profession.
    D'ailleurs ça lui arrive, dans ses lignes, d'évoquer le métier d'auteur et du plaisir que cela procure.
    Il se sert même de quelques clichés qu'il balaie d'ailleurs.
    Mais il exprime ici avec ironie le milieu de l'édition et celui du cinéma.
    Dans ce roman les dialogues tiennent une place importante, plus que le récit en lui même ; ce dernier est sans trop de descriptions ce qui en facilite la lecture et surtout nous plonge directement au cœur et aux émotions des personnages.
    J'ai été touchée par les dialogues entre Mia et Daisy et les réparties musclées entre les deux jeunes femmes mais toujours sans animosité. On sent l'affection qui les lie.
    Les échanges entre Mia et Paul sont incisifs, parfois ironiques mais ne dit-on pas : «Qui aime bien, châtie bien ? »
    Et puis c'est très plaisant, car les répliques sont bien écrites.
    Même si l'intrigue et l'histoire d'amour ne sont pas très innovantes, je trouve que ce roman nous fait rêver. Il a un côté romantique. L'idée de reprendre un peu de l'histoire des personnages des deux premiers romans n'est pas pour me déplaire. Ainsi il y a une continuité qui émeut. Le livre de la vie ne s'arrête pas après que nous ayons fermé le manuscrit.
    Même si l'auteur évoque le côté historique et douloureux de la Corée du Sud, ce roman est gai : certaines situations amusantes nous font sourire et nous attendrissent. Les blessures de Paul, Daisy et Mia nous touchent.
    Le dénouement certes attendu, arrive de façon déstabilisante pour Paul entre autre.
    Cette révélation lui permet de se poser les bonnes questions ou plutôt de trouver ses priorités sentimentales.
    Malgré tout cette lecture est sans sinistrose et ça fait du bien. C'est un roman d'amour, d'espoir, d'amitié qui dure, malgré le temps qui passe.

    Et si c'était vrai
    Le premier jour
    La première nuit
    Le voleur d'ombres
    L'étrange voyage de Monsieur Daldry
    Sept jours pour une éternité 1ère partie BD
    Sept jours pour une éternité 2ème Partie BD
    Si c'était à refaire 
    Un sentiment plus fort que la peur
    L'horizon à l'envers
    Une autre idée du bonheur

     Bande annonce du film "Et si c'était vrai"

     

     


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  • Premier appel du Paradis Mitch Albom

    Titre : «  Premier appel du paradis »
    Auteur : Mitch ALBOM
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2015
    Nombre de pages : 352

    Quatrième de couverture :

    Cela s'est passé dans le petit village de Coldwater, au bord du lac Michigan, mais cela aurait pu arriver n'importe ou ailleurs. Des appels téléphoniques en provenance de personnes décédées. Le plus souvent, des mots de réconfort pour les proches, un mari, un parent, un enfant. Une ligne directe avec le ciel ? Un miracle pour les croyants, une supercherie pour les autres. Sully Harding, qui vient de perdre sa femme, n'y croit pas. Il est bien décidé à démasquer l'imposteur. Mais tout le monde n'est pas prêt à raccrocher...

    Mes impressions :

    De nos jours, dans une petite ville prénommée Coldwater, au bord du lac Michigan, Tess Rafferty reçoit un appel téléphonique de sa mère morte il y a 4 ans de la maladie d'Alzheimer. Puis ce sera le tour de Katherine Yellin, sa sœur Diane pourtant décédée, la contacte par téléphone. Elles étaient très proches, comme des sœurs jumelles, de deux ans d'écart.
    Et puis il y a Jack Sellers, policier. Son fils Robbie mort en Afghanistan alors qu'il était engagé l'appelle sur son téléphone.
    Elias, chef d'entreprise de construction est un homme mystérieux. Nous savons qu'il reçoit lui aussi des appels d'un certain Nick, employé pendant 10 ans, qu'Elias a été obligé de licencier suite à une consommation trop importante de drogue qui perturbait son travail et la sécurité des chantiers.
    Et d'autres, qui ne seront que cités.
    Les appels sont brefs, quelques phrases énigmatiques, comme « La fin n'est pas la fin »....Que veulent-ils dire au monde entier ?
    Toutes ces personnes et l'ensemble de la ville sont confrontés à un mystère. Des appels de l'au-delà.
    Katherine, Tess et les autres sont perçus comme des élus, choisis pour converser avec les défunts.

    Mais comme l'annonce Mitch Albom dans les premières pages : « Ce qui suit dépend de ce que l'on est prêt à croire » ; nous savons donc qu'aucune réponse claire et précise, indiscutable ne nous sera donnée.
    Le doute est permis, à nous d'écrire l'histoire.

    La suite est faite de promesses et de réalités.
    Ce phénomène va être repéré, rattrapé et exploité par l'église et les médias.
    La presse s'en mêle très vite et la ville devient lieu de pèlerinage.
    Qui n'a pas rêvé ou songé que la vie ne s'arrête pas après la mort physique ? Qui n'espère pas qu'elle continue dans un endroit magique et apaisant comme le paradis ?
    Et surtout qui n'a jamais espéré parler à un proche disparu ?
    Mais certains pensent qu'il s'agit d'un énorme canular, un gigantesque mensonge. Une fumisterie susceptible de perturber les plus faibles. Alors Sully va mener sa propre enquête pour démêler le vrai du faux.
    Sully est un ancien pilote. Il a perdu sa femme Giselle. Suite à ce drame il a été condamné et a été incarcéré. Leur fils Jules a aujourd'hui 7 ans et demi. Aujourd'hui il l'élève seul.
    Sully va tenter de prouver que les messages reçus de l'au-delà sont en fait de l'imposture. Il veut apaiser son fils à qui l'institutrice qui souhaitait l'aider, a donné un téléphone factice au cas où sa mère voudrait prendre contact avec lui.
    Nous découvrons lentement au fil des pages, l'histoire de chacun des personnages principaux. Leur douleur, leur crainte et leur vie avant le drame qui a marqué chacune de leur existence.

    Un excellent livre outil, psychologique, philosophique, spirituel et romancé qui nous interpelle sur l'après-vie et comment appréhender la mort d'un proche, la nôtre mais surtout l'absence de nos disparus.
    Qui sont les plus malheureux ? Ceux qui restent ? Ceux qui partent ?
    Il y a le mystère de l'au-delà. Le paradis existe-t-il ?
    L'auteur joue sur une corde sensible, il parle de ce qu'est la vie de certains et de ce qu'elle aurait pu être si les personnages avaient pris une autre décision à un moment de leur vie.
    Il y a la vie et celle que l'on raconte également.
    Nous serons ballottés à chaque page entre espoir et réalité.
    Ce livre donne une autre dimension à l'absence, au manque, à la culpabilité de ne pas avoir agi à un moment donné comme il fallait.
    Le style est simple, laissant une place plus importante aux dialogues, il y a un peu d'action, également des paroles de sagesse et/ou de spiritualité.
    L'auteur retranscrit les articles et les reportages journalistes, de manière judicieusement dosée, ce qui permet de ne pas alourdir le tout mais de se rendre compte combien les médias peuvent influencer la pensée collective.
    L'auteur nous insuffle un second souffle, distille des paroles de sagesse, et puis il nous raconte les étapes de la véridique histoire de l'invention du téléphone, nous parle de la vie d'Alexander Bell et de Watson et Gray Elisha ingénieur. Les précurseurs de cette belle invention mais n'omet pas de dénoncer leurs rivalités.
    Il y a une intrigue tout au long du récit qui perdure jusqu'à la fin et même au- delà.
    Je ne m'attendais à aucune fin en particulier, mais j'ai été touchée par le côté ésotérique du roman et les questions que se pose chacun d'entre nous sur l'au-delà prennent leur sens au dénouement, qui d'ailleurs n'en sera pas vraiment un. Nous ne saurons sans doute jamais qu'est-ce qui se passe une fois que notre mort est effective alors chacun peut s'approprier une réponse et faire en sorte que celle-ci lui apporte douceur et réconfort. De nos jours les réponses sont ouvertes car beaucoup d'entre nous, sommes passionnés, intrigués par l'au-delà, ses promesses et l'espoir d'un monde meilleur.

    Le vieil homme qui m'a appris la vie
    Le passeur du temps
    La dernière leçon
    Les cinq personnes que j'ai rencontrées là haut
    Pour un jour de plus


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  • Le bruit des silences de valérie GANS

     « Le bruit des silences » de Valérie GANS

    Titre : « Le bruit des silences »
    Auteur : Valérie GANS
    Genre : Roman
    Éditions : JC Lattès
    Année : 2013
    Nombre de pages :346

    Quatrième de couverture :

    Lorraine est une jeune divorcée : elle élève seule ses deux enfants, vit à Paris, travaille chez une fleuriste qui n’est autre que sa meilleure amie, s’occupe de sa famille et pense très peu à elle. Lorsqu’elle rencontre Cyrille, un ami d’enfance, qui a gagné en charme et en maturité, elle croit trouver l’amour qui manquait à vie. Mais cette histoire n’est pas celle qu’elle attendait et cet homme qu’elle croyait si bien connaître, lui échappe. 
    Pour mieux savoir la femme et la mère qu’elle veut être, et l’histoire d’amour qu’elle veut vivre, Lorraine doit mettre à nu ses sentiments, ses espérances et les secrets des femmes de sa famille : sa sœur, sa mère, sa grand-mère, chacune a fait un choix qui a bouleversé sa vie. 
    Un grand roman sur ce que vivent les femmes aujourd’hui.

    Mes impressions :

    J'ose vous dire dès le départ que ce roman actuel et moderne est un coup de cœur pour moi, n'en déplaise à tous les lecteurs qui ne l'ont pas aimé. Peut-être cherchent-ils de l'évasion à la lecture d'un livre pour oublier le quotidien mais je dois dire qu'ici, ils n'ont pas pu trouver cela car celui-ci reflète bien la vie parfois difficile et douloureuse (représentée légèrement aussi ) de personnages qui pourraient être bien réels.
    J'ai trouvé que Valérie Gans écrit comme Katherine Pankol avec chaleur, délicatesse, précision et émotion parfois même cynisme. Ses personnages sont criants de vérités, attachants, touchants. Je viens de voir sur le net qu'il y a une suite à « Le bruits des silences », s'intitulant «Des fleurs et des épines» et je vais bien sûr ne pas manquer ce rendez-vous.
    Remarquez la couverture colorée, j'ai été tout de suite attirée par elle et c'est pour cela que ce roman m'est arrivé dans les mains.

    Je ne me souviens pas d'avoir lu un roman de cette auteure avant la création de mes blogs et je le regrette puisque sa plume est intéressante ; elle écrit avec une sensibilité contemporaine, à fleur de peau.
    Le style de son récit me plaît énormément car il est souvent poétique et toujours limpide. On se laisse bercer par les mots et emporter par les situations, même si elles sont compliquées et même poignantes.

    Il y a Lorraine 40 ans, le personnage principal qui est plus qu'attachant. Elle nous émeut, nous fait partager ses émotions. Ses enfants Louise 14 ans et Bastien 15 ans, vivent avec elle. Les fleurs ont toujours été la passion de Lorraine comme elle l'est pour Jean, son père. Un mari qui a été volage mais dont Christiane sa femme s'est accommodée car il revenait toujours vers elle. Elle s'est faite une raison.
    Et puis il y a la sœur aînée, Julie, qui vit en couple avec un chirurgien Patrice, somme toute violent dans le verbe et parfois le geste.
    Le couple ne parvient pas à concevoir d'enfant et cela va être un sujet de discorde et de tensions entre eux.
    Amari, l'arrière-grand-mère, maman de Christiane, ne parle plus depuis bien des années. Elle est devenue muette à la suite, on le devine, d'un choc émotionnel.
    Au début de l'histoire, Lorraine retrouve Cyrille un copain de collège lors de l'enterrement du beau-père de ce dernier. C'est elle qui s'est occupé des fleurs. Il est marié à Bénédicte, femme froide. Le lien qui unissait Cyrille et son beau-père était chaleureux et profond.
    Ils ont trois enfants Jules et Lucrèce, des jumeaux de 11 ans et Octave l'aîné 16 ans.
    Bénédicte est la seule héritière de la fortune de son père. Ils possèdent une entreprise de cosmétologie médicale qu'ils ont créée et depuis quelque temps, Cyrille la dirigeait avec Bénédicte qui est devenue à la mort de son père actionnaire majoritaire et Cyrille simple employé.
    Ce qui va créer des conflits d’intérêts entre les époux et c'est ce qui va finir par ternir leur relation conjugale.
    Bénédicte est de plus un tyran domestique et souhaite tout régenter. Ce qui fatigue Cyrille.À la mort de son beau-père, qu'il affectionnait, Cyrille se sent étouffé par cette relation conjugale qui se détériore ainsi que par sa vie de famille sans surprise.
    Et puis il y a Maya, l'amie de Lorraine, que j'ai aimé pour son naturel, sa perspicacité, ses arguments pertinents , sa clarté quant à certaines situations, notamment l'histoire d'amour entre Cyrille homme lâche et Lorraine, femme naïve. Toutes les deux tiennent une boutique de vente de fleurs, elles sont fleuristes et aiment leur métier.
    Chaque personnage donne sa définition de l'amour. Cette dernière diffère selon les générations, les époques. Les priorités changent à l'instar d'ailleurs de la place de la femme, en tant qu'épouse, mère, grand-mère et dans la société.
    Ici il y a partage et transmission, des valeurs mais également des non-dits.
    Christiane ne s'est jamais opposée à son mari par peur de le perdre et de se retrouver seule. Elle est un peu soumise comme beaucoup de femmes qui ont peur de se retrouver seule dans une société où la place de la femme souvent se résume à être en couple ou pas, travailler ou pas.

    Ce livre relève et révèle la douloureuse question des secrets multiples et ceux de la famille. Il y a beaucoup de ressemblances entre les histoires des grands-parents, parents et enfants, souvent elles se répètent. Les mêmes mensonges, les mêmes fuites. Les mêmes difficultés à dire les choses.
    Ces lourds secrets informulés interpellent le lecteur sur leurs répercussions et la place de chacun dans une famille.
    Dans ce roman l'écriture laisse du souffle à l'histoire, avec des rebondissements, des revirements de situations. On ne s’ennuie pas.
    Les sentiments évoluent ou pas selon les cas. Il y a des indécisions de la part de chacun, surtout de Lorraine et Julie quant à leur choix de rester avec un conjoint peu sincère ; mais également de Cyrille qui lui ne recherche que son intérêt alors que les deux sœurs, parlent plutôt de sentiments.
    Cyrille est à mon sens un goujat. Profiteur et intéressé.
    Sont décrites une société moderne actuelle, des préoccupations actuelles, comme l'adolescence, le divorce, la famille monoparentale, ou recomposées, la femme célibataire, les violences conjugales et/ou harcèlement moral et affectif.
    Les personnages sont empreints à de la culpabilité, à des cas de conscience bonne ou mauvaise, à des mensonges et faux-semblants, ils sont en proie a des dilemmes mais chacun souhaite vivre dans la stabilité et l'assurance que tout ne va pas s'écrouler.
    Plus que les faits, ce sont les personnages qui donnent de la hauteur et de la couleur à ce roman, car ils parlent de la vie de bien des familles à travers la personnalité de chacun.
    Ce roman est expressif grâce à des personnages qui créent l'histoire en fonction de ce qu'ils décident.
    Tantôt réfractaires, tantôt culpabilisés, tantôt indécis ou sûrs ; tous ont des défaillances et une fragilité qui montrent bien que les relations humaines ne sont pas simples.
    La révélation émouvante d'Ama dans la dernière partie, donne une seconde réalité et crée la surprise.
    Ce roman parle de nous, de la vie, des relations amicales, familiales, des relations intergénérationnelles ainsi que de la transmission parfois d'histoires qui se répètent.
    J'ai vraiment passé un excellent moment avec les personnages et lorsque je devais fermer le livre pour vaquer à mes propres occupations quotidiennes, ils ne me quittaient pas et j'avais hâte de les retrouver.

     


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  • Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

    Titre : « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire »
    Auteur : Jonas JONASSON
    Éditions : Pocket
    Genre : Roman
    Année : 2012
    Nombre de pages : 506

    Quatrième de couverture :

    Franchement, qui a envie de fêter son centième anniversaire dans une maison de retraite en compagnie de vieux séniles, de l'adjoint au maire et de la presse locale ? Allan Karlsson, chaussé de ses plus belles charentaises, a donc décidé de prendre la tangente. Et, une chose en entraînant une autre, notre fringant centenaire se retrouve à trimballer une valise contenant 50 millions de couronnes dérobée – presque par inadvertance – à un membre de gang. S'engage une cavale arthritique qui le conduira à un vieux kleptomane, un vendeur de saucisses sur-diplômé et une éléphante prénommée Sonja... "

    Mes impressions :

    Nous sommes en 2005, le 4 mai, Allan 100 ans ce jour n'a aucune envie de fêter son anniversaire avec tout le gratin de la ville et les médias  alors il décide de fuir la maison de retraite où il vit.
    Ainsi il se retrouve en cavale et c'est franchement plus marrant. Il fait de son grand âge un prétexte pour profiter de la vie.
    Il se dirige en premier lieu vers la gare et prend un billet pour une destination à laquelle il n'a pas vraiment réfléchi.
    Il rencontre un jeune homme, le premier de son périple, avec le cheveu gras qui lui demande de surveiller un temps sa valise afin d'aller se soulager aux toilettes mais entre-temps le train part et le vieux se retrouve en possession de la valise... Quand le jeune homme sort, et qu'il comprend ce qu'il s'est passé, il est décidé à retrouver Allan coûte que coûte ! Ce jeune homme fait partie d'un gang nommé, « nerver again » et son chef risque de ne pas apprécier la perte de la valise qui est remplie de billets ! Beaucoup d'argent donc ...
    Allan se rend à Byringe, première étape de son parcours. Alors qu'il cherche un endroit pour se reposer et se restaurer il rencontre Julius, sur le terrain d'une propriété, un étrange vieux à-la-queue-de-cheval. Julius va lui proposer le gîte et le couvert.
    Tous les deux plus loufoques l'un que l'autre vont passer une bonne soirée alcoolisée. Le matin ils font une fâcheuse découverte : le jeune homme de « never again » les a rejoints mais tout ne se passe pas au mieux pour ce dernier....
    Quand Allan et Julius ouvrent la valise et voient son contenu l'étonnement va faire suite à une histoire rocambolesque ! Ils comprennent qu'ils risquent d'être recherchés et retrouvés rapidement . Ils s'enfuient donc avec le magot. Sur la route ils rencontrent Benny un marchand ambulant de Hot Dog qui va s'improviser comme leur chauffeur de voiture.
    Sur le route il font une pose avant de rencontrer Mabelle, une personnalité écrasante, une femme propriétaire d'une éléphante, rien que ça !
    Par ailleurs, à la maison de retraite c'est la consternation !
    L''inspecteur Aronsson sera chargé de retrouver Allan. Il va tenter de suivre son itinéraire et vivre des moments palpitants et remuants tout en se heurtant à des malentendus, des quiproquos, des incompréhensions. 

    Dès le début du récit, la personnalité d'Allan est mise en premier plan avec sa philosophie de ne jamais se plaindre et de prendre la vie comme elle vient...
    Je ne vais pas vous en dire plus sur ce qui se passe et sur le parcrous d'Allan, car se serait dévoiler trop d'informations mais autant vous dire que vous ne serez pas déçus !
    Cependant je peux dévoiler sans crainte, que nous voyageons de chapitre en chapitre entre le passé et le présent. Ces chapitres racontent dans un premier temps, la naissance d'Allan en 1905, ses parents, leurs convictions .
    À la mort de ses parents, Allan a 15 ans . Il monte une entreprise de dynamite mais à la suite de cette idée saugrenue et hors du commun, il sera interné dans un établissement pendant 4 ans, puis sera libéré par manque de place et en 1929 les médecins le déclarent définitivement réhabilité à la vie.

    Mais que serait ce roman sans explication sur ce que fût la vie d'Allan ??? L'auteur a bien compris, que pour connaître l'homme il faut être au courant de son histoire et que ses lecteurs aimeraient savoir comment cette dernière a été remplie ! Et c'est là que la magie de la narration opère et que l'intérêt du livre se situe, car Allan réécrit l'histoire et pas seulement la sienne. Il rencontre d'illustres personnages, des chefs d'état, des dictateurs en faisant partie intégrante de grands événements historiques ! En bref il s'approprie l'histoire et l'auteur au passage dénonce quelques aberrations à propos de la conduite de certains gouvernements et autres méthodes politiques historiques.

    Que dire de cette vie d'un centenaire racontée à la Jonas Jonasson, en premier lieu elle est plus que surprenante.
    Dès les premières pages, il y a énormément d'humour et d'ironie décalée.
    Ce livre est écrit comme un film, les séquences sont amusantes, il y a de l'action, ça bouge . L'auteur s'est bien imprégné de l'âge de son personnage principal et donc à 100 ans il n'est pas au mieux de sa forme et ses capacités physiques amoindries sont donc crédibles, car l'auteur s'est vraiment bien mis dans sa peau !
    Tout au long du roman, chaque personnage a un impact sur l’autre, les fuyards, ceux qui veulent récupérer la valise et la police. Ils se croisent, dans des véritables chassés croisés et au final ils se retrouvent tous complices d'une histoire abracadabrante !

    À la fin, le présent rattrape le passé d'une façon invraisemblable et loufoque ! La boucle est bouclée.

    L'auteur, Jonasson à partir de l'idée simple d'un centenaire qui s'enfuit de sa maison de retraite propose au final un étonnant road-movie déjanté et détonnant. Il raconte la vie d'Allan, qui a également participé aux grands événements historiques  mais d'une façon invraisemblable. Allan, personnage un peu naïf traverse les époques, rencontre une galerie de personnages hauts en couleur, participe et vis des faits et nous livre une version d'un monde et de sa vie qui sont jubilatoires.
    Ce livre est magique, il donne la pêche. Il est original, déjanté et résolument réjouissant, sans oublier divertissant et hilarant !

    À mettre dans toutes les mains des lecteurs en manque de sourire !
    Ce roman a été porté à l'écran , je vous fais part de la bande-annonce.

     

     


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     Le voage à Paimpol

    Titre : « Le voyage à Paimpol »
    Auteur : Dorothée LETESSIER
    Genre : Roman
    Éditions : points
    Année : 1980
    Nombre de pages : 155


    Quatrième de couverture :

    " J'étouffe, je vais prendre un bol d'air. A bientôt, je t'embrasse. Maryvonne. " Ouvrière à Saint-Brieuc et mère de famille, Maryvonne disparaît en laissant ce petit mot sur la table de la cuisine. Saint-Brieuc - Paimpol, 45 km en autocar. Rien d'exotique. mais dans sa tête, Maryvonne se fait tout un cinéma. Le quotidien dérape, les personnages aussi, insidieusement.

    Mes impressions :

    J'ai beaucoup aimé la plume de cette auteure qui décrit sans retenue les pensées, les plus sombres, les plus intimes de Maryvonne. Elle parle de son quotidien à l'usine, en tant qu’ouvrière spécialisée, son mal de vivre à côté d'un mari et de son fils de 4 ans qu'elle chérit mais la routine du couple et la lassitude, la fatigue ont fait qu'un jour elle prend l'autocar jusqu'à Paimpol pour se retrouver seule, voir autre chose et souffler un peu. Elle découvre dans un premier temps la joie de la solitude, le bonheur de prendre le temps, de savourer les heures qui défilent sans contrainte. Mais elle n'oublie pas ce qu'elle a quitté et raconte tout au long du livre des moments vécus, de la rencontre avec son mari aux sombres journées à l'usine.

    Le style du roman est simple, la lecture est fluide mais le roman est riche, frais, léger et Maryvonne a beaucoup d'humour.
    Elle écrit avec une originalité expressive, ce qui rend le roman plaisant à lire malgré la dureté de certains passages, comme par exemple quand elle parle des obligations quotidiennes, de la pénibilité de son travail à la chaîne, des gestes répétitifs, la monotonie des jours qui se ressemblent.
    Sa réalité sociale est explicite et nous émeut.
    On s'attache à cette femme, cette épouse, cette mère un peu solitaire et triste qui décide un jour de prendre un bol d'air et sans avertir personne, prend un car qui l'amènera à 45 km de son quotidien épuisant. Sans doute à la recherche d'une nouveauté mais surtout pour souffler et recharger les batteries.
    Elle voulait une journée rien que pour elle, sans mari, sans enfant, sans contrainte. Et puis elle découvre une façon de faire le point, de se poser des questions à défaut des bonnes. Elle laisse ses pensées lui dicter ses activités buissonnières.
    Avec humour, imagination et fraîcheur l'auteure plonge dans ce voyage et en ressort conquis. Ce roman raconte aussi une femme qui se bat dans un milieu ouvrier, où la solidarité ne fait pas défaut ; une femme qui espère un avenir meilleur même si elle sait que cela ne sera pas si facile.
    Mais la fin n'est pas exactement celle à laquelle on s'attend, donc vraiment ce dénouement m'a quelque part bouleversée parce que Maryvonne me semble encore plus seule que ce qu'elle était avant son escapade. Elle méritait plus d'attention. Cet épilogue, rend le livre et son contenu encore plus poignants comme l'est cette femme qui a des valeurs mais qui a souhaiter donner à son existence un peu de fantaisie.

    Un livre qui se lit vite et que je recommande.


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  • Comme un air de famille de Lisa JEWELL

    « Comme un air de famille » de Lisa JEWELL

     

    Titre : « Comme un air de famille »
    Auteur : Lisa JEWELL
    Genre : Roman
    Éditions : France Loisirs
    Année : 2011
    Nombre de pages : 542

    Quatrième de couverture :

    Lydia est orpheline. À 29 ans, cette jeune brillante est un être blessée et profondément solitaire. Un mystérieux courrier va changer sa vie : Lydia, apprend-elle, est le fruit d'un donneur anonyme. D’abord sous le choc, la jeune femme décide de lancer des recherches pour identifier son père, et surtout ses probables frères et sœurs.
    Retrouvera-t-elle Dean, un jeune homme dont la vie vient de basculer, et qui soudain n'a qu’une envie : connaître l'homme à qui il doit la vie ? Ou Robyn, aux prises à d'angoissantes questions sur ses origines, et sur les frères et sœurs nés du même donneur ? Lydia, Dean et Robyn sont-ils tous prêtes à se rencontrer ? Ils l'ignorent encore, mais leur père a décidé de tout faire pour les réunir auprès de lui.....

    Mes impressions :

    Ce roman est un gros coup de cœur, et je regrette de l'avoir laissé si longtemps dans ma PAL.

    1979 : Glenys Pike a 35 ans et Trevor son mari, 5 ans de moins qu'elle. Ils essaient en vain de devenir parents; elle a conclu que son mari est stérile car de son côté elle a fait des examens et tout va bien.
    Elle demande à son beau-frère Rodney beaucoup moins beau mais plus intelligent que Trevor et secrètement amoureux d'elle, de l'accompagner dans une clinique de procréation assistée et de jouer le rôle du futur père et du mari aimant, pour se donner la chance de devenir maman. Trevor n'est bien sûr informé de rien....

    1998 : Lydia Pike, 18 ans, est la fille de Glenys et d'un donneur anonyme. C'est une jeune fille brillante, intelligente. Son père Trevor 49 ans est malade, souffrant d'une maladie chronique pulmonaire. Sa mère est morte quand elle avait 3 ans, on ne connaîtra les circonstances de ce décès que vers les trois quarts du roman.

    Robyn, est âgée de 18 ans en 2000 ; elle se trouve belle, a un penchant pour l’alcool. Contrairement à Lydia, Robyn, sait qu'elle est née d'un don de sperme.
    Elle a cependant un ego surdimensionné et possédait plus jeune de grandes capacités scolaires ; d'ailleurs elle fait à ce jour des études de médecine.
    Elle ne souhaite pas prendre contact avec son père biologique. Elle vit désormais à Londres. Elle travaille, quelques heures par mois, également dans un magasin Zara. Un jour elle rencontre Jack, un client et tombe sous son charme. L'attirance est immédiate.

    2009 : Lydia, de nos jours, vit à St John's Wood. Elle est devenue une jeune femme d'affaire riche grâce à des études scientifiques de chimie et une invention de peinture sans odeur qu'elle a mise au point. Elle a rencontré  Bendiks, un entraîneur particulier du club de remise en forme avec lequel elle entretient une relation particulière. Elle a sa propre gouvernante Juliette, une femme qui prend soin d'elle. Lydia se nourrit mal et boit trop d'alcool, elle vit dans une luxueuse maison. Dixie son amie est une jeune maman depuis peu, elle a rencontré Clem et ils ont eu très rapidement un bébé Viola. Mais Lydia se sent mal à l'aise avec les bébés et en général quand il est question de procréation.
    Lydia se sent différente des autres, dans sa façon d'être et de faire, elle vit dans un malaise, dans un certain mal être.
    Elle est restée trop longtemps repliée sur elle-même. Elle est son pire ennemi. Elle a du mal à grandir ; elle est solitaire, n'a pas de vie, pas d'hobbies, pas de centre d’intérêt.
    Un jour elle reçoit une lettre de son oncle, disparu subitement après la mort de Lydia,
    Dans cette lettre, il est question de son père biologique et de celui qui l'a élevé. Trévor n'est pas son père naturel. Elle apprend qu'elle a été conçue dans une clinique et qu'elle est née d'un don de sperme. Elle est bouleversée par cette découverte.
    Elle hésite longuement mais finit par s'inscrire sur un site WEB, sur un registre de fratries issues de donneurs, pour pouvoir rechercher ses origines, et surtout savoir si elle a des frères et des sœurs.
    Elle apprend que son père biologique est français et que c'est un médecin, pédiatre.

    Et puis il y a Dean, un adolescent de 19 ans, chauffeur poids lourd, au chômage. Il mène une vie dissolue, ne pense qu'à boire et à fumer de l'herbe. Il y a un an, il a rencontré Sky 18 ans, qui très vite tombe enceinte mais l'accouchement ne se passe pas bien et Sky meurt en donnant la vie à un enfant prématuré.
    Dean, dévasté, prend la fuite, il ne veut pas assumer son rôle de père, il ne se sent ni le courage ni la force d'élever Isadora seul. L'enfant sera confiée aux grands-mères.

    Et puis nous faisons la connaissance de Maggie, 53 ans qui rencontre Daniel, également 53 ans, le donneur, mais après quelques semaines d'une profonde amitié amoureuse, il apprend qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale... Il va lui avouer un jour qu'il est le père de 4 enfants qu'il ne connaît pas, suite à des dons de son sperme fait, quelques années auparavant et là Maggie, femme au grand cœur va comprendre combien il est important pour lui de retrouver la trace de ses enfants alors elle va tenter de les chercher pour les rapprocher et les rassembler. Avec son accord, elle inscrit Daniel sur le registre des donneurs qui met en contact les enfants nés de ces derniers.

    Prendront-ils tous la décision qui va changer irrémédiablement leur vie ?
    Est-ce que le rêve de savoir d'où ils viennent va devenir réalité, se concrétiser ?. Est-ce que l'appréhension va être combattue, ou sera-t-elle la gagnante ? quel désir sera le plus fort ?

    Tout au long du roman nous suivons ces personnages sur plusieurs années et différentes périodes de leur vie avant d'arriver à aujourd'hui... Ainsi l'auteur place le décor et décrit amplement la mentalité et le vécu de chacun...avant qu'ils n'atteignent l'âge adulte..
    Ils évoluent chacun dans leur environnement et dans leur ville.

    La construction du roman est intéressante, même si au départ elle est perturbante car nous voyageons entre les différentes périodes et vies de chacun des personnages, pour enfin arriver à aujourd’hui....
    Les personnages se partagent tour à tour les chapitres.

    La description de la vie de chacun est lente et nous découvrons peu à peu leur lien de parenté et j'ai envie de dire que nous le découvrons en même temps qu'eux ; ce qui rend le roman bouleversant.

    Leur vécu est très touchant, empli de drames, de tristesse, d'incertitude, de doute et tous ont en eux un profond mal être qui les empêche de devenir eux-mêmes.
    Leurs vies respectives sont singulières et nous interrogent sur la parentalité, les origines, la famille, les liens du sang, et la continuité.
    Ce qui est passionnant dans ce roman c'est la faculté de chacun de se construire une identité, une vie, et sa façon de traiter la vérité.
    Chacun vit la relation à son père biologique de manière différente. Pour certains il y a de l'indifférence, pour d'autres, le manque, ou le besoin de savoir ou même la crainte.
    Mais où est le quatrième enfant ? Pourquoi ne se manifeste-t-il pas sur le registre ?.

    L'histoire avance lentement, elle décrit davantage la psychologie des personnages, leur quête individuelle, leur quête identitaire, leur désir de connaître leur origine.
    Tout cela se mêle à des mystères, des intrigues, des relations parfois étouffées, des non-dits, des secrets de famille qui font des ravages.
    Chacun vit une vie bancale dans laquelle il ne se sent pas vraiment bien et épanoui et ils manquent tous cruellement de confiance en eux.
    Mais peu à peu ils vont prendre conscience du rôle de la vie en général et de chacun dans la leur en particulier.
    Chacun a un besoin vital de trouver en l'autre une trace de son passé. Ils apprennent que la vie ne se limite pas à une seule expérience, tous vont faire du chemin, avancer dans leur propre connaissance. Ils sont tous profondément attachants.

    Ce roman parle de paternité, de lien du sang, de lien fraternel, de filiation, de famille dont les membres vont être mis à rude épreuve mais c'est pour en sortir plus fort et plus conscients. Plus vivants.
    Ils se révèlent à eux-mêmes.
    Seulement , avec cette découverte des origines, y-aura-t-il la promesse d'un nouveau départ pour tous ? Un sentiment d'aller mieux, ou bien est-ce que le passé va les rattraper durement ?
    Les décisions qu'ils prennent, occasionnent ou ravivent les douleurs et la souffrance des drames passés ,et à chaque fois il est question du sentiment d'appartenance, celui du manque, et celui de la place dans la famille.

    Dans ce roman il y a des rebondissements, des événements auxquels on s'attend et d'autres non... Ce qui permet de rester captivés.
    Malgré tout, ce roman est tendre, doux, sentimental, où chacun devra faire face à son passé pour construire un avenir. Il est optimiste et pose la question des révélations, des secrets de famille, de la conséquence des faits, tout ceci dans un rythme mesuré, posé qui permet aux lecteurs comme aux personnages de digérer les informations.

    Et même si on s'attend au dénouement, car il se profile peu à peu au fil des pages, je trouve qu'il est réellement bien construit et écrit.
    Les émotions et les sentiments sont présents sans être envahissants, les personnages sont attachants, vrais, naturels, sincères.

    Ce roman est une bouleversante histoire familiale, dans laquelle plusieurs personnages sont en quête de leur identité et de leur origine, ce n'est pas un roman mélodramatique mais un roman profond, vrai, un livre d'espoir.

     


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  • Les vents de la liberté. Gilbert BORDES

    Titre : « Les vents de la liberté »
    Auteur : Gilbert BORDES
    Genre : Roman
    Éditions XO éditions
    Année : 2015
    Nombre de pages : 440

    Quatrième de couverture :

    1789. Tandis que les rues de Paris grondent des premiers élans révolutionnaires, Augustin Moncellier brûle de douleur et de rage. Son père a été arrêté pour un crime qu il n a pas commis et condamné au bagne.
    Poussé par la volonté de le libérer, par son désir d'aventure et par l 'envie d'oublier un amour impossible, Augustin part vers l'océan. Il trouve un embarquement et quitte enfin les rivages de son ancienne vie. La découverte de la mer est une révélation...
    Fait prisonnier, vendu comme esclave sur les rives de la Floride, il se confronte à l'injustice des hommes, mais découvre aussi l'amour partagé et l'amitié indéfectible.

    Dans les temps tourmentés des dernières années du siècle, Augustin devra affronter bien des épreuves et des tempêtes avant de rentrer enfin en France, acclamé comme un héros par la Convention. La société a changé, des positions se sont créées quand d'autres se sont effondrées. Les amours autrefois impossibles ne le sont plus. Mais les tempêtes politiques sont souvent aussi dangereuses que les coups de mer, et le destin se joue des humains...

    Mes impressions :

    Je tiens à remercier une fois de plus Mélanie ROUSSET des éditions XO pour l'envoi de ce roman.

     Augustin, 17 ans, fils de l'artisan Paul Moncellier, lequel possède une filature est un petit Bourgeois qui voit sa vie basculer le jour où sa mère meurt en mettant au monde son frère Jules puis lorsque son père est arrêté pour un meurtre d'un collecteur des impôts, qu'il n'a pas commis. Ce dernier est envoyé au bagne...

    Avec leur sœur Léa 23 ans, ils sont livrés à eux-mêmes mais essaieront de travailler pour survivre et rester liés. Jules 12 ans n'est pas un garçon calme et choisit la délinquance. Il n'a pas eu la chance comme son frère, du temps de la prospérité et avant la mise en liquidation de l'entreprise familiale, d’apprendre à lire, écrire et de se familiariser avec la musique.
    Depuis la mort de son père Augustin est apprenti charpentier chez maître Vidal, c'est un jeune homme travailleur et estimé de tous.
    Un jour traînant dans les beaux quartiers il est attiré malgré son jeune âge par la marquise de Ruffec, plus âgée que lui et qui voit en lui un musicien doué pour le clavecin mais il est passionné par la mer, le large et se met en tête d'aller faire libérer son père injustement accusé.
    Quant à Léa, elle se verra obliger d'accepter l'offre de Morisson, un veuf qui accepte de l'employer à condition de l'épouser et de lui donner un fils.

    1789 est le siècle des penseurs, Louis XVI laisse son peuple de plus en plus miséreux, les conflits s’intensifient et l'écart entre les riches et les pauvres se creusent.
    Et les routes des trois frères et sœurs vont se séparer.

    Le rêve d'Augustin est d'aller à Rochefort pour embarquer sur un bateau, de devenir mousse et pourquoi pas capitaine.
    Entre 1789 et 1794, il va faire de nombreuses traversées, il va devoir affronter les pirates, les actes de barbarie et les tempêtes mais il sera toujours courageux, vaillant, avec un bon pied marin.

    Les aventures d'Augustin Moncellier sont une véritable épopée. Il part de Paris, appelé par le large et traversera bien des contrées vers le nouveau monde. Il sera simple passager, puis esclave et peu à peu il va montrer combien il est doué pour la mer, la navigation, les stratégies, les batailles, animé par une soif de liberté. Il sera mousse, apprenti, et peu à peu , va devenir l'homme de confiance de divers commandants, il fera sa place et deviendra le « citoyen corsaire », redouté avant de retrouver la France.
    Durant ses traversées et ses escales, il rencontre des personnages tous très différents les uns des autres, amenant une panoplie diverse d'individus haut en couleur.
    Il y aura Frédéric Melun un jeune homme porté sur la boisson et les filles, ils feront ensemble un bout de chemin.
    À son contact, il s'émancipe et perd un peu de sa naïveté. Il acquiert plus d'assurance et de liberté.
    Une réelle amitié née entre eux deux, ainsi qu'une complicité les soutenant respectivement. Nous partageons leur aventure.
    Puis Augustin embarque à bord de la « Belle Sultane ». Très vite, le capitaine s'aperçoit qu'il a le sens de la mer malgré ses bonnes manières et son côté bourgeois. Il sera employé au départ pour faire tous les travaux, laver le pont, aider à la cuisine, apprendre le métier de marin. Il se liera d'amitié avec un jeune homme Jean Bréjun, qui lui, est dépourvu de capacités à devenir un homme des océans.
    Ils vont devoir apprendre que la discipline est la première règle de sécurité sur un bateau. Ils seront très vite confrontés aux dangers de la mer et des océans...
    Un jour l'équipage du bateau marchant sera attaqué par des pirates anglais, qui vont massacrer la plupart du personnel navigant.
    Le capitaine anglais inhumain va le traiter comme un animal ; pourtant derrière cet homme infecte, se cache un être meurtri.
    Augustin va connaître l'horreur, l'humiliation. Il va découvrir le monde horrible de l'océan qu'il n'imaginait pas du tout. Il subit des violences physiques puis l'esclavage, et sera vendu par des pirates espagnols. Il va être acheté pour travailler sur des plantations, et destiné au dur labeur par ses propriétaires. Lui sera le seul blanc parmi des noirs, tous vivant le triste sort encore une fois des brimades et des injures. Au bout de trois mois il va être envoyé dans un village. C'était la première fois qu'un blanc partageait la condition des noirs. Là il rencontre M'nongo, un jeune esclave, un homme avec des qualités, des pensées délicates d'une grande pureté. Malgré la dureté de son existence il est un honnête homme, droit avec des valeurs, sentimental, loyal et gentil, et instruit.
    Malgré l'injustice qui les entoure, ils vont pourtant s’apercevoir que l'amitié n'a pas de couleur et que tous les hommes peuvent vivre côte à côte. Ils connaissent néanmoins la peur et la haine.
    Augustin rencontre également Stilla une jeune esclave, de la plantation de tabac avec M'nongo, ils se lient d'amitié et d'affection.
    Il fera la connaissance d'un maître qui apprécie le fait qu'il soit Français et doué pour les affaires mais les rivalités, la jalousie entre Augustin et les fils de la famille vont perturber la continuité des événements.
    Le propriétaire du domaine veut faire le commerce du coton, et la fabrication des tissus en collaboration avec Augustin, puisqu'il connaît le métier de la filature ; il lui offre le gîte et le couvert et lui promet de se renseigner sur le sort de son père en Guyane.
    Sous ses conditions Augustin accepte mais il demande à ce que M'nongo et Stilla vivent auprès de lui dans sa nouvelle maison dépendante.
    Le maître et Augustin vont collaborer pour la création d'une usine. Mais des menaces pèsent sur Augustin.
    Augustin sait qu'à Paris la ville gronde sous la révolte des Parisiens qui veulent gouverner la ville et le pays.
    Car les tensions entre les nobles et les révolutionnaires sont plus que palpables.

    Le 14 juillet 1793, le port de la Rochelle est en effervescence. Il est parti depuis 2 ans et ses exploits sont connus et rapportés par les navires de Guerre,
    Après 4 années d'absence il appréhende le retour au pays, mais il veut revoir sa sœur Léa, et son frère Jules mais également Madame de Ruffec.
    Le roi Louis XVI est condamné à mort ; il y a alors un long passage historique qui nous aide et nous rappelle et replace le roman dans un contexte historique et là il prend toute son ampleur, la politique reprend le dessus sur l'épopée d'Augustin. Le roman est accompli.
    L'épopée d'Augustin et des amis qu'ils croisent tout au long de sa route est animé. Son retour aux sources lui sera bénéfique et marquera l'entrée dans le nouveau monde, il retrouve un pays très différent de comment il avait laissé.

    Ce roman est une fresque palpitante.
    Certes l'idée de la tolérance de l'acceptation, du racisme est omniprésente au vu de la période historique et les idées avant-gardistes de révoltes sont bien présentes mais persistent ces sentiments d'humanité et d'humilité des personnages principaux.
    Ce livre est un message d'espoir pour l'égalité et la liberté. Mais aussi pour le sens de la famille.
    Poussé par le désir de délivrer son père et de retrouver la marquise de Ruffec, Augustin va apprendre la vie et les tourments et le sens du devoir avec la confiance de la Convention.
    Toute l'histoire est dense, bien construite et passionnante à lire.
    Nous constatons, une fois de plus, que Gilbert Bordes prend plaisir à parler, à décrire, à donner de la profondeur à certains de ses personnages.
    Je ne suis pourtant pas à l'aise avec les romans qui racontent le large, la mer mais ici les différentes personnalités et leurs rôles me font apprécier cette lecture qui reflète la dureté de l'existence. .
    Ce roman est rempli de belles amitiés, il nous saisit par les valeurs de la vie dont il témoigne, comme la fidélité. Cependant d'autres sentiments moins nobles seront présents, comme les trahisons, la vengeance et la haine.
    Il y a l'évocation de la condition des noirs et le regard des blancs est parfois révélateur de la non-acceptation mais dans ce roman, il n'y a pas de revendication, le racisme n'est pas l'idée principale, elle reflète juste une époque et les idées de cette dernière.

    L'été 1793 fait l'objet de la quatrième partie, qui parle de Paris et de la révolution. La guerre est partout, sur la mer, dans les villes et les campagnes.
    Au sein même des familles, les bourgeois et les pauvres se séparent. La république fait sa politique.
    Augustin durant son épopée va partir et revenir régulièrement en France et donc il vit de loin et de prêt l'évolution de son pays. Il nous raconte sa vision du nouveau monde après avoir connu et vécu l'ancien.
    Le rythme est soutenu dans les 80 dernières pages, dans un Paris en révolution. Et cette dernière partie est faite de retrouvailles, de rebondissements étonnants, et même d'alliance et de fraternité entre ennemis.

    L'écriture de ce roman est fluide, rapide, descriptive, juste ce qu'il faut, permet aux lecteurs de ne pas s'ennuyer, de restés captivés.
    J'apprécie beaucoup cet auteur qui est juste et précis, dans la représentation des émotions et des sentiments de ses personnages. Il sait les rendre intéressants. J'apprécie son style qui fournit des récits vivants mais aussi instructifs au niveau historique et ce, sans lourdeur.
    Tout au long il y a des idées de sacrifice, de travail, de liberté ; l'auteur parle d'amitié et d'amour, de différence, de valeur, de condition humaine....À la fin du roman les anciens accusateurs deviennent des sauveurs, la justice est rendue.
    Ce roman raconte le nouveau monde, la victoire de la république, et de celle d'Augustin, connu et reconnu, en tant que capitaine sur les mers.
    Cependant la dernière partie est précipitée à mon sens, trop rapide dans les événements.

    Je rajouterai un bémol en ce qui concerne le trésor trouvé par M'nongo et Augustin, je trouve que cette partie de l'intrigue la simplifie. Je regrette cette découverte qui procure à Augustin une opportunité facile pour venir en aide aux plus pauvres et aux gens qui l'aiment.

    La navigation tient une place non négligeable dans le récit et moi qui ne suie pas attirée par les histoires marines, elle ne m'a pourtant pas gâché la lecture.

    Les personnages dont certains disparaissent puis, réapparaissent comme dans la vraie vie sont nombreux. Parfois sympathiques, parfois détestables, haïssables et souvent, mystérieux avec des blessures intimes ... Ces derniers témoignent, nous font progresser, nous font avancer et c'est sans doute ce que Gilbert BORDES a voulu nous transmettre. Tous les profils sont réunis pour fournir une psychologie vaste humaine.

    Et puis ce roman peut donner l'envie de voyager, de découvrir des horizons nouveaux, d'éveiller des vocations.
    Il initie un jeune homme à la mer, à la vie, aux voyages, au travail et à lui-même, et il entraîner d'autres personnages qui évolueront et changeront au contact d'un Augustin qui vit sa véritable vocation et va découvrir sa vraie personnalité. Alors oui je pense que ce roman m'a apporté beaucoup car il touche du doigt, la nature humaine, l'humanité, l'humilité et la justice.


    Phrases du roman que je retiendrai :

    « Je pense que l'amitié peut naître entre deux hommes dont les nations sont ennemies. Les sentiments humains ne s'occupent pas des frontières ».

    « Si on se connaissait mieux, si on prenait le temps de parler, de construire ensemble, on ne s’entretuerait pas ».

    BORDES Gilbert, Le porteur de Destins
    BORDES Gilbert, Le chemin de Peyrelongue
    BORDES Gilbert, Le silence de la Mule
    BORDES Gilbert, Le chat derrière la vitre
    BORDES Gilbert, Les Terres brûlantes
    BORDES Gilbert, Juste un coin de ciel bleu
    BORDES Gilbert, Le voleur de bonbons


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