•  Dewey

    Titre : « Dewey »
    Auteur : Vicki MYRON avec la collaboration de Bret WINTER
    Genre : Roman ; témoignage
    Éditions : Pocket
    Année:2008
    Nombre de pages : 316

    Quatrième de couverture :

    Qui aurait pu croire que ce chaton, trouvé dans une boîte aux lettres, allait devenir la mascotte de la bibliothèque et changer la vie de toute une ville ? Et pourtant, tous les habitants de Spencer, dans l'Iowa, ont été conquis par Dewey, ce chat qui a su les comprendre, les faire sourire, leur apporter un peu de chaleur et de réconfort.
    Pendant dix-neuf ans, Dewey, facétieux et unique, va attendrir tous les cœurs, même les plus durs, au point de devenir une star mondiale. Une histoire vraie, bouleversante, étonnante.

    Mes impressions :

    L'histoire se déroule dans le Nord Ouest de l'Iowa, au centre des États Unis ; là où dominent les plaines et les fermes. Plus particulièrement dans la ville de Spencer, 10000 habitants.
    Vicky Myron vit dans cette ville qu'elle affectionne. Elle est directrice bibliothécaire depuis 1987.
    Un matin de froid glacial de 1988 alors qu'elle ouvre la bibliothèque, elle trouve dans la boite aux lettres de retour de livres, un chaton. Il est dans un état incertain : il a froid, faim, il grelotte. Elle décide de l'adopter et de le laisser vivre à la bibliothèque. Elle va s'occuper de lui avec amour et tendresse et peu à peu à force de soins et d'attention il va retrouver la santé.
    L'arrivée de Dewey va opérer une transformation sur Vicki mais également sur presque tous les habitants de la ville.
    Elle décrit donc l'histoire de ce félin et l'impact qu'aura ce dernier pendant 20 ans au sein de sa vie, dans sa famille, celles des habitants, dans la bibliothèque où il élira domicile et plus généralement dans le monde...
    Pour situer le texte elle retrace les événements historiques de la ville (incendie de 1931, crise agricole etc ) les difficultés que la ville traverse depuis 1893, mais également elle raconte comment le concept de bibliothèque est né, les nombreux bouleversements qu'il y a dans la lecture publique et les répercussions des mises en place de nouvelles technologies comme l'informatique.
    J'ai aimé la narration de l'introduction des techniques modernes, peu à peu les ordinateurs ont remplacé les fiches de rentrée et de sortie des livres....Ceci améliorera grandement la gérance des livres et les fréquentations des bibliothèques.
    La bibliothèque, devient un lieu de vie, de rencontres et de détente désormais plus agréable. Elle évolue avec le temps . Celle où vit Spencer sera rénovée pour offrir aux habitants un meilleur accueil.
    L 'auteure nous fait découvrir en même temps sa vie de maman célibataire, sa maman, sa fille Jodi et les épreuves par lesquelles elle devra passer.

    J'ai trouvé un peu long les passages dans lesquels elle nous fait partager les événements importants au sein de sa ville depuis un siècle ; ses difficultés politiques économiques et sociales ; Je pense qu'elle a voulu appuyer sur le fait que Dewey est arrivé à un moment où la ville était en grande difficulté et que la douce présence de ce chat de bibliothèque a aidé les habitants a passé cette crise et celles qui suivront.
    Elle justifie alors les belles conséquences de la présence de Dewey à Spencer.
    Elle alterne les moments où elle parle de son intimité, de sa vie, de sa famille, avec ceux de la vie au quotidien à la bibliothèque. Les transitions sont réussies grâce à une écriture simple et fluide.
    La présence de Dewey lui permettra personnellement de supporter la maladie de sa mère, les morts prématurés de ses frères, et ses difficultés de maman célibataire.
    Par contre j'ai trouvé que parfois l'auteure exagère les bienfaits de la présence de Dewey ou du moins se persuade qu'il a un effet bénéfique sur les représentants de la ville, les familles...
    Je veux dire par là que j'ai eu l'impression qu'elle veut établir de façon trop poussée que la personnalité de Dewey et sa présence, influencerait et serait l'élément principal du bien être de la ville. Bien sûr je ne critique pas le fait qu'un animal apporte petite joie, bien être, douceur et chaleur à son propriétaire, mais ici l'histoire de la présence de Dewey semble être essentielle et sera publiée dans plusieurs villes; les journaux relateront la vie de ce chaton au niveau régional et jusqu'au niveau national. Des familles se déplacent parfois de très loin pour rencontrer ce chaton particulier, pourtant parfois peu démonstratif.
    Cette histoire d'un félin extraordinaire, espiègle est aussi une histoire d'amitié, d'amour, de courage, de relations humaines qui même si elle s'achève avec la mort du petit protégé, elle restera en mémoire de ce qui l'auront croisé. Quelques photos agrémentent ce roman.
    Mais je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir ce roman qui je pense ne laissera pas indifférents les amoureux des chats. Ils apprécieront cette lecture originale et mélancolique.


    6 commentaires
  • Titre « En attendant que les beaux jours reviennent »
    Auteur : Cécile HAREL
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2013
    Nombre de pages : 251

    Quatrième de couverture :

    Sur la tombe de sa mère, elle a planté trois petits cyprès.
    Noël approche et Marie compte bien y retourner. Là-bas. Près d'elle. Seule, s'il le faut. Car la mort de sa mère est une plaie encore vive : la femme de sa vie lui a été arrachée bien trop tôt.
    Les hommes, c'est autre chose : un père infidèle, insaisissable, trois frères que la folie guette, un mari artiste aimant...
    Être fille, femme, mère, sœur : tout se conjugue dans le désordre et l'attente des beaux jours.

    Mes impressions :

    Marie la narratrice parlent de ses parents et des relations pénibles qu'elle entretient avec ses 3 frères :
    Virgil l'aîné, André le cadet et Ferdinand le benjamin.
    Elle raconte des souvenirs de famille, d'enfance aussi. Ils sont loin d'être tous joyeux. Mais elle fait face.
    Du haut de son enfance et de son jeune âge, elle pose un regard indigné, négatif sur sa famille et sur les adultes mais peu à peu elle fera avec dans le but de témoigner de son amour pour les siens et surtout envers sa mère qui lui donne la force et le courage de continuer. Elle va passer par des phases de détresse qui vont se caractériser par de la boulimie, de l'anorexie et un mal-être généralisé. Mais elle n'est pas la seule car ses trois frères sont aussi touchés par la mélancolie avec des conséquences difficiles, comme , des dépendances, l’alcoolisme, la maladie mentale, l'irresponsabilité.
    Elle raconte sa façon de voir le monde des adultes qui l'entourent ; mari casanier, à la différence d'elle qui souhaite découvrir le monde, des nouvelles têtes, et l'amour intense envers sa mère même quand cette dernière meurt.
    Elle alterne des souvenirs de sa vie passée familiale avant sa rencontre avec son mari puis elle revient au présent avec lui sous forme de dialogue.
    Plus jeune elle veut devenir vétérinaire puis faire du théâtre du cinéma, elle saute de projet en projet, elle se cherche mais ne va jamais au bout de ses idées, elle a peur d'être aimée peur de vivre comme ses frères mais eux le manifesteront avec la dépendance à l'alcool ou la maladie mentale et des bouffées délirantes.
    Les anecdotes passées et présentes forment une histoire de famille difficile ; elle l'agrémente avec de l'ironie parfois, de l'humour mais toujours avec tendresse et pudeur.
    Je me suis attachée à Marie.
    Lorsqu'elle raconte ses relations je me retrouve un peu en elle. J'ai noté quelques points communs que ce soit au niveau familial ou relationnel,Elle parle de ses soucis, son mal-être, son mal de vivre, sa vie d'adolescente. On peut dire que sa famille est pathologique. Cependant elle tente de (re)connaître les siens et l'amour qui les lie.
    Elle veut sauver son frère de la folie mais également sauver la relation d'avec son père trop souvent absent et sa mère de son cancer. Mais elle doit accepter ce qui ne peut pas être changé.
    Marie raconte la relation à sa mère ; le lien qui les unissait. Elle parle de sa place dans la famille entre un père coureur, des frères bouleversés et bouleversants, souvent égoïstes et ingrats envers leurs parents.
    Une grande partie du livre parle de la maladie de sa mère et des derniers instants de sa vie.
    Marie raconte la douleur qu'elle ressent à la mort de celle qui lui a donné la vie, le manque et la peur....
    Ce roman est le portrait d'une femme qui se cherche, qui hésite, doute, mais qui espère.
    Parfois le style est décousu et parfois mélancolique mais on s'y retrouve facilement car l'histoire est simple.
    Les phrases sont courtes mais pertinentes.
    J'ai comparé son style avec celui de Barbara Constantine.
    Un roman pudique, bouleversant, émouvant.


    8 commentaires
  • Titre : « Je le ferai pour toi »
    Auteur : Thierry COHEN
    Genre : Roman
    Éditions : J'ai lu
    Année : 2012
    Nombre de pages : 507

    Quatrième de couverture :

    Pour son fils assassiné, un père élabore un projet insensé. Pour une femme, un homme fait tout pour " devenir quelqu'un ". Par amitié, une bande d'anciens voyous retrouve ses instincts guerriers... Tous ont un point commun : une vie qui bascule. Par amour, devoir ou amitié, ils auront à prouver leur véritable valeur.

    Mes impressions :

    Un réel coup de cœur pour moi ! L'intrigue, la progression, le sujet sont très adroitement présentés. Avec en plus une part de sensibilité des personnages principaux.
    Le thème du roman, sa trame, son sujet sont énoncés dès la quatrième de couverture « Que seriez-vous prêt à faire par amour, par amitié ? Et jusqu'où la haine pourrait vous mener » ?
    C'est le genre de roman que je trouve passionnant car au delà de l'histoire du livre, il permet de nous positionner, de nous faire réfléchir, de nous interroger avec acuité ici sur le sens de la vengeance, de la justice et de certains de nos actes
    Jérôme le fils de Daniel est mort par une attaque terroriste, et pourtant son père s'imagine le voir et converser avec lui. Il est aveuglé par la douleur, mais aussi de comment et pourquoi son jeune fils a été tué.
    Betty sa mère, son frère Pierre sont peu présents dans le roman mais lorsque l'auteur nous en parle, il le fait intensément.
    Daniel parle de la douleur de l'absence, de sa reprise du boulot de conseiller en communication, il décrit ses émotions, la vie sans l'un de ses fils.
    Est-ce que la vie continue ? Non ni pour la victime ni pour ses proches, quelque chose s'est cassée.
    La famille doit apprendre à vivre sans Jérôme, mais elle sait qu'elle ne sera jamais plus comme avant.
    L'homme revient alors sur le passé heureux, la rencontre avec sa future femme celle qui deviendra son épouse. Il décrit la vie d'avant le drame. Fou de douleur pourtant il s'éloigne de sa femme et de Pierre pour tenter la vengeance. Car il se sent incapable de vivre si l'auteur du drame est en liberté. Il défend la cause de son fils et la cause nationale.
    Quand il parle du passé il raconte ses années d'errance, de petits larcins, de son adolescence difficile avec sa bande de voyous. Salomon, Rémi, Vito, Nabil. Pourtant depuis 10 ans ils se sont perdus de vue mais ils ne se sont jamais oubliés.
    Au fil de ma lecture, je comprends ce qui se trame, les intentions de Daniel pour venger son fils Jérôme. Il le fait pour lui, et pour le reste de sa famille et pour les victimes innocentes.
    Il nous dit alors d'où il vient et pourquoi il a le cran d'aller là où désormais il le souhaite.
    La souffrance de Daniel est immense, il se sent indigne il perd pied mais il se donne encore la chance d'une vengeance.
    Meurtri il s'éloigne de tout même de sa femme et de son fils, il élabore un plan qui le libérera (ou pas) de sa culpabilité, de ce qui le ronge, le pousse à ne pas devenir fou.
    Puis viennent une nouvelle donne, une nouvelle information et un nouveau personnage. Eric Suma reçoit un DVD de la séquestration d'un SDF. Journaliste sur le déclin, en perte de vitesse, il disparaît du paysage des célébrités, alors s'il en parle lors d'un journal télévisé il pense que ce scoop lui permettrait de redorer son blason. Mais pourquoi a-t-il été choisi par les ravisseurs, lui et pas un autre ? Mystère.

    Ce roman est magnifiquement et remarquablement écrit. Pourtant en lisant la 4ème couverture je m'attendais à un roman, à une intrigue plus intimiste, celle de la perte d'un enfant et de l'environnement familial ; j'ai été attirée par ce sujet parce que tout le monde peut-être touché par un tel drame. J'ai été agréablement surprise. Ce roman bien ficelé nous entraîne dans une intrigue et un environnement politique, journalistique et terroriste.
    On avance doucement, on saisit les tenants et les aboutissements de l'affaire, on comprend où veut en venir Daniel ; comment il se sert de sa force et de sa haine.
    La chronologie n'est pas respectée et pourtant elle donne un côté mystérieux, prenant, nous ne restons pas insensibles à la cause de la vengeance du père.
    On comprend alors tout le sens du titre et la stratégie de Daniel.
    Ce qui m'a beaucoup émue c'est la fragilité et la force de Daniel, sa combativité, sa détermination. Elles le font avancer dans la même direction. Cette histoire familiale de la mort d'un enfant devient une histoire d’intérêts nationaux.
    Alors les lecteurs et d'autres personnages du roman se demandent jusqu’où peut-t-on aller pour défendre ses valeurs, l'auteur répond à la question sous divers aspects ; l'amitié, l'amour, le fanatisme, la politique....
    L'écriture facilite la lecture tant elle est fluide. Une fois le livre commencé on a du mal à s'arrêter d'autant plus que les chapitres sont courts. Le suspens est bien mené, le puzzle se met en place.
    Les 100 dernières pages sont rebondissantes, intenses. L'ensemble est parfaitement maîtrisé !
    La fin est surprenante et inattendue, ce qui confirme mon coup de cœur pour ce roman.
    Conclusion : Un roman que j'ai adoré même si le sujet est difficile. On essaie de comprendre la douleur des parents dans le cas de la mort d'innocents sur fond de fanatisme religieux.

    Je recommande cette lecture.

    Du même auteur :

    COHEN Thierry, Longtemps, j'ai rêvé d'elle
    COHEN Thierry, Si un jour la vie t'arrache à moi
    COHEN Thierry, Si tu existes ailleurs


    4 commentaires
  •  

    Titre : « L'écrivain de famille »
    Auteur : Grégoire DELACOURT
    Genre : Roman
    Éditions : Livre de poche
    Année : 2012
    Nombre de pages : 235

    Site de l'auteur :http://www.gregoiredelacourt.com/ 

    Quatrième de couverture :

    À sept ans, Édouard écrit son premier poème. Trois rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l écrivain de la famille. Mais à neuf, il découvre le sens de « déchéance ». Les mots ne lui viennent plus.
    Les années passent. Il assiste à la lente décomposition de sa famille et court toujours derrière l amour que son poème, autrefois, suscita. Il écrit, écrit mais le destin que les autres vous choisissent n est jamais tout à fait le bon. Édouard n a pas de talent. Sauf dans la publicité où les mots futiles valent de l or. Pas pour ce grand roman qu il s est juré d écrire.
    N ayant pas su trouver les mots qu on attendait de lui, Édouard, l écrivain de la famille, vit dans l échec et le dégoût de soi. Alors quand la beauté de sa mère se fane, quand son frère-oiseau meurt tragiquement, quand le cœur de sa sœur devient pierre et que son père disparaît dans ses silences, il prend la plume pour écrire l histoire de ceux qu il aime.
    Mais surtout pour en changer la fin.

    Mes impressions :

    Ceci est le tout premier roman de Grégoire DELACOURT contrairement à ce que je croyais, à savoir que « La liste de mes envies » était le premier opus.

    Ici nous sommes en 1970, la famille comporte le père, la mère et les 3 enfants, Édouard, Claire, Hadrien
    Édouard 10 ans, est le personnage central du roman. Ses parents l'envoient en pension parce qu'il a quelques difficultés de comportement. Il est même envoyé chez un psy, il perd l'envie de vivre.
    Il a l'âme d'un poète et écrit ses premiers vers. Ses parents lui donnent le titre « d'écrivain de la famille ». Un statut, une appellation un peu poussive.
    Claire la fille vivra une relation amoureuse délicate ;
    Hadrien quant à lui perdra peu à peu la raison.
    En 235 pages il va nous raconter les événements qui peu à peu le font accepter ou pas le rôle qu'on lui a donné, assujetti. Et le rôle que jouera sa famille dans la vie.
    Le couple que forment le père et la mère n'est pas ancré dans le bonheur.
    Après être revenu d'Algérie le père profondément marqué est envoyé dans une maison psychiatrique, la mère mène alors une vie frivole, sort avec d'autres hommes, fait la fête, fume....quelque temps plus tard le couple se sépare.
    Les enfants sont un peu déboussolés et malgré tout Édouard continue d'écrire, car « écrire guérit ».
    Noircir des pages d'un cahier le soulage.
    J'ai moi même souvent eu ce sentiment que l'écriture apaise, on arrive à mieux affronter nos émotions quand elles sont couchées sur papier.
    Il écrit sur sa vie, sa famille, son métier, ses rencontres, il écrit pour sortir la souffrance de voir ses parents désunis, son père malade, sa mère trop souvent absente, écrire lui permet de libérer son corps et son esprit.
    Édouard peu à peu quitte l'enfance et rejoint le monde des adultes souvent froid et douloureux, il passe à la maturité de façon pénible.
    Et puis il rencontrera des femmes puis la future mère de ses enfants Monique. Mathilde leur premier enfant, naît, il écrit alors cette superbe phrase « Quand on est tout petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le cœur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance ».
    Sa sœur Claire, devient une jeune mère célibataire et son frère Hadrien est aussi perturbé et quittera la maison pour être on le devine interné.
    Il nous confie les grandes lignes de sa vie : Mariage, désamour, les naissances de ses enfants, une vie résumée en un livre ; ce roman serait-il autobiographique, une fiction « auto-biographiée », une autobiographie semi-romancée ? L'auteur nous fait douter.
    Il nous glisse des vérités, celles qu'il ressent, celles qui font soit le bonheur, soit le malheur des uns et des autres.
    Parlons-en des autres, des proches qui bien souvent nous poussent à faire, à être ce que l'on ne veut pas, ce que l'on n'est pas …
    On le dit écrivain, lui ne se considère pas ainsi, il écrit point ! il deviendra publiciste, un très bon publiciste.
    Même s'il ne se sent pas vraiment l'âme d'un écrivain, une appellation inadéquate pense-t-il, son don est encore à démontrer, il excelle malgré tout dans ses slogans qui font mouche. Alors il tentera d'écrire des romans. Celui-que je vous présente en est un.
    Sans trop s’appesantir sur le douloureux, il se raconte. Parfois avec humour. Cela donne un sentiment de légèreté au roman, tout en suggérant le poids des événements et de ce qu'il ne contrôle pas.

    Les chapitres sont courts, les anecdotes rapidement narrées, l'ensemble donne l'impression de volupté.
    L'auteur nous émeut : mal dans sa vie, mal dans sa peau ; n'est-il qu'une pâle copie de ce qu'il est en réalité ? Ou de ce qu'il souhaiterait être ?
    Les phrases sont courtes et parfois mêmes elles sont de simples mots , les uns à la suite des autres.
    Il donne aussi des qualificatifs pour nommer les gens : « L'amante, la malheureuse, l'Anglais, Dumbo » ...
    La fin est très belle ; il s'agit de la rencontre entre son père placé par sa deuxième femme dans un établissement et sa mère qui lui rend visite, elle est tendre et émouvante. Lui perd la mémoire.
    Ainsi le constat est là : il y a des vies qui s'achèvent d'autres qui commencent et la promesse d'un avenir plus serein.
    Globalelent, c'est un roman qui se lit facilement et rapidement. Il est touchant. Il pousse à se questionner sur notre propre existence. Sur nos souhaits, nos choix de vie et de notre comportement vis à vis de ceux et celles qui disent nous aimer.


    4 commentaires
  •  

    Titre : « L'armoire des robes oubliées »
    Auteur : Riikka PULKKINEN
    Genre : Roman
    Éditions : Le livre de poche
    Année : 2013
    Nombres de pages : 423

    Quatrième de couverture :

    Elsa, la grand-mère d’Anna, est atteinte d’un cancer foudroyant. Entourée de ses proches, elle compte bien profiter de chaque instant, de chaque plaisir, jusqu’au bout : les rayons du soleil, les bains de mer, ou le corps de Martti, son mari depuis plus de cinquante ans, contre le sien. Mais Anna découvre que derrière ce mariage heureux se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. C’est une vieille robe oubliée dans une armoire, trouvée par hasard, qui va réveiller le passé...

    Mes impressions :

    Prix des lecteurs 2013.

    Elsa et son mari Martii artiste peintre devront faire face avec la fatalité : Elsa va mourir d'un cancer, elle a 72 ans et cette annonce dramatique va réveiller le passé et les souvenirs de toute une famille.
    Eleonoora leur fille est médecin, elle est mariée à Eero. Ils ont deux filles Anna et Marta.
    Elsa psychologue est une femme courageuse, forte mais lucide.
    Dès les premières lignes on entre dans le vif du sujet. Martii apprend à contenir son chagrin, celui de savoir sa femme malade à qui il reste très peu de temps à vivre.
    La découverte d'une robe oubliée dans une armoire va réveiller un passé douloureux. Anna, devra-t-elle en parler pour en savoir plus, quelles conséquences ont les non-dits et les secrets de famille dans une famille pourtant unie ?
    Le seconde partie nous plonge au cœur du souvenir. Nous nous trouvons en 1964 en Finlande, dans la famille d'Elsa et Martii. Ils embauchent une employée Eeva , une nounou qui devra s'occuper de leur fille de 2 ans.
    Nous passons d'une époque à une autre avec des chapitres bien distincts. Le passé narré se situe entre 1964 et 1968, avec tout ce que cette époque a de révoltée.
    Ce qui a été un peu perturbant ce sont les allers-retours entre le passé, le présent, les narrateurs qui changent, cela a gêné la fluidité de ma lecture car je n'arrivais pas à me concentrer.
    C'est Anna qui évoque en majorité les années qui précèdent les événements de mai 68. Elle nous dévoile les découvertes qu'elle fait sur ses grands-parents, ses craintes, ses espoirs, ses sentiments et évoque les prémices avant-gardistes de cette époque-là. On s'approche de mai 68, où l'on va rencontrer le paroxysme de cette évolution avec les changements des codes vestimentaires, sociaux, et la libération sexuelle.
    Nous comprendrons alors la présence de cette robe trouvée par hasard. Cette robe appartenait à Eeva. Aucun membre jusqu'alors n'avait parlé de cette nourrice qui pourtant aurait beaucoup compté pour Martii. Elle était devenue plus qu'une simple employée.
    Les va-et-vient entre l'époque révolutionnaire et celle de nos jours donnent parfois une impression brouillonne ; les faits et gestes du passé sont survolés ce qui donne une impression de superficialité. Les émotions sont certes profondes. Finalement je pense que ce style évite aux lecteurs d'être confrontés au pathos.
    Ce roman parle de relations passées, présentes et futures dans une famille qui semble être unie. Trois générations de femmes s'y retrouvent. Un secret de famille aura des répercussions sur le présent et sur l'ensemble de la famille.
    J'attendais trop de ce roman, je pensais que le thème serait plus axé sur la lutte contre la maladie et une histoire de soutien familial. Du coup le contenu me laisse sur ma fin. En relisant la quatrième de couverture, finalement je me dis que c'est moi qui ai mal interprété les quelques lignes. Cependant, je trouve que le thème de ce roman est profond, il parle de l'amour filial inconditionnel … mais il met en cause la communication dans une famille. Il est décrit avec finesse, tendresse, justesse. Ce roman aborde les relations, l'amour, l'amitié et le secret sous une plume stylée.
    J'ai été touchée par Elsa, on la sent meurtrie forte et fragile à la fois. Elle subit l'histoire la sienne et celle de son entourage à un moment donné de sa vie passée et récemment avec l'épreuve de la maladie, elle aura beaucoup souffert. On le devine, et on le ressent dans son attitude.
    J'ai été bouleversée par la fin qui nous plonge dans la tristesse sans être pathétique.
    L'expérience et les réflexions philosophiques, les sentiments à peine suggérés parfois avec tendresse font de ce roman une belle histoire.
    Mais en même temps l’existence de la maladie fait poser un regard neuf sur la vie et sur le temps qui passe et des possibles regrets....


    8 commentaires
  •  

    Titre : « Les lisières »
    Auteur : Olivier ADAM
    Genre : Roman
    Éditions : J'ai lu
    Année : 2012
    Nombre de pages : 506

    Quatrième de couverture :

    Tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence : sa femme l'a quitté, ses enfants lui manquent, son frère l'envoie s'occuper de ses parents, son père ouvrier s'apprête à voter FN et le tsunami ravage le Japon, son pays de cœur. De retour dans la banlieue de son enfance, il n'aura d'autre choix que se tourner vers son passé pour comprendre le mal-être qui le ronge. Comment devient-on un inconnu aux yeux de ses proches ? Comment trouver sa place clans un monde devenu étranger ?

    Mes impressions :

    Manon et Clément sont les deux enfants de Sarah et de Paul, divorcés il y a peu ; Paul a du mal à se convaincre que leur vie commune ne pourra plus reprendre. Ils partagent la garde des enfants.
    Il est écrivain et Sarah travaille en milieu hospitalier auprès d'enfants.
    Elle a demandé le divorce parce que Paul était taciturne, se réfugiait dans la solitude, ne partageait pas souvent la vie familiale et il avait tendance à boire trop d'alcool.
    À 10 ans, il a même fait une tentative de suicide.
    Elle voit depuis peu un autre homme.
    Après avoir lu les premières pages, j'ai ressenti ce livre comme une ébauche du sens de la vie et des relations et plus j'avançais, plus je me disais que ce livre est beaucoup plus profond que cela.
    L'auteur au début raconte comment il perçoit son existence et la vie en général, il l'a décrit glauque. La volonté de l'auteur est-elle de faire partager ses constats et planter le décor de son roman qui se veut un ensemble sociologique, politique ?, où étudie-t-il les relations humaines, familiales, amicales etc ?....
    Je considère ce roman comme un début de thérapie pour l'auteur, comme un besoin de s'exprimer sur sa vie intime et sur la vie sociétale pour mieux les appréhender. Où en est-il ? Où en sommes-nous ?
    Paul est en difficulté, il traîne son mal de vivre partout !, est-ce que ses douleurs existentielles et/ou la relation à ses parents en sont la cause ? Il va tenter de comprendre. De faire un retour sur sa vie.
    Il subit la vie tel un fardeau, un éternel recommencement, un passage obligé rempli d'embûches.
    Il est au bord de sa vie, aucun horizon ne se dessine si ce n'est l'espoir d'un retour chez lui avec sa femme et ses enfants.
    Paul est tourmenté, il regarde autour de lui et nous raconte ce qu'il voit.
    Sincèrement au début je l'ai trouvé attachant car moi-même me suis posée la question du sens de la vie comme beaucoup d'entre nous, je suppose. Paul parvient à mettre des mots sur son mal-être diffus sans en connaître les causes. Il parle de sa dépression, une Maladie avec un M majuscule qui l'amène à des dépendances nocives.
    J'avoue partager la plupart des sentiments de l'auteur, le côté négatif de la vie prend son sens à un moment ou un autre de notre existence.
    J'ai trouvé qu'il se pose souvent en victime, jusqu'à ce que sa mère lui fasse une révélation qui va tout changer de son questionnement.
    La difficulté de vivre qu'il traîne est intense, le retour dans sa ville celle où il a grandi va l'aider à mettre des mots sur ses maux. Il va seconder et soutenir son père, sa mère a été opérée et elle est à l'hôpital ; le temps de sa présence (10 jours) il s'occupe de son père sur le point de voter FN, rend visite à sa mère et retrouve quelques connaissances. Beaucoup de ses souvenirs de son enfance lui reviennent.
    Son père est froid avec lui, il l'a toujours été, même quand lui et François son frère étaient enfants.
    Il a des idées bien arrêtées, il est plutôt raciste et a des façons bien à lui de penser le travail, la carrière. Sa mère semble être moins directe dans ses analyses et ses positions. En ressortent tout de même quelques clichés sur cette génération-là.
    Paul semble désœuvré, quitté par la motivation.
    Il pose un regard d'abord intime puis généralisé sur le monde dans lequel on vit.
    Il est amoureux du Japon et le drame de Fukushima qui vient d'avoir lieu l'influence dans sa manière de penser et son empathie.
    Il vit au présent mais son esprit se promène dans le passé. Il se replonge dans le passé, à la recherche de réponses, dans le but de comprendre le présent, il vit dans l'espoir d'une délivrance. D'où vient son mal de vivre ?. Il raconte ses errances dans sa ville et les retrouvailles avec des membres de sa famille, des collègues de collège, de lycée, ses premières amours et amitiés.
    On le sent désabusé, meurtri, incertain : « Et si j'avais été différent, les choses auraient-elles aussi différentes ?»
    Il revient sur la relation à son père , passée présente et future. Reste une incompréhension face au choix politique entre autres de celui qui l'a élevé.
    Il décrypte également l'affaire Fukushima, ce drame nucléaire qui a fait de nombreux morts au Japon et qui promet un futur plus que difficile à une partie de la population.
    Mais également il s'interroge sur le rôle de la presse, des médias , dans la vie des écrivains...Quels buts devraient-ils avoir ? Celui de faire découvrir l'auteur à des lecteurs ou bien influencer ces lecteurs sur l'auteur lui-même et sur sa vie ?
    Il n'est pas soutenu : ses parents, ses proches dénigrent son métier. Il n'y a aucune reconnaissance. Ils n'en saisissent pas l'intention en général ni le contenu des livres de Paul en particulier, ni ses états-d'âmes qu'ils trouvent trop personnels, trop intimes pour les dévoiler sur du papier ; mais au fond on sent que le manque de communication et les non-dits sont la clé de voûte qui fait qu'ils ne se comprennent pas ! La relation à ses parents a toujours été toute en retenue, aucune tendresse, aucune affection , aucune démonstration .

    Ce roman j'ai envie de dire autobiographique est intimiste. L'auteur introduit des sujets graves (catastrophe humaine) des sujets politiques, socio-économiques et faits sociétaux.
    En parlant sur les lieux de vie comme les banlieues résidentielles ou celles plus modestes, sur le vote extrémiste, sur les conflits de pensées intergénérationnelles, l'auteur fusionne le singulier au général.
    La société a ses codes en fonction des origines de chacun.
    Certaines de ses réflexions sur la dépression font écho en moi, les malades se reconnaîtront dans l’identification des symptômes. Il est lucide et pourtant incompétent à s'en sortir seul.
    Il est rongé de l'intérieur, il a recours aux artifices pour tenir le coup ; sa dépendance à l'alcool est souvent sa seule béquille. Ses proches lui font payer ses éloignements kilométrique et relationnel.
    Et puis il y a la solitude, la sienne mais pas seulement, celle de ceux qu'ils croisent. Et celle de sa mère qui peu à peu on le devine est atteinte de la maladie d’Alzheimer ; mais que dans la famille on tait pour ne pas s'effrayer, pour fuir la réalité et reculer le temps qui passe.
    Toutes ces confrontations vont aider Paul à se reconstruire, ou du moins a entrevoir des interstices, en se posant les principales bonnes questions.
    Certaines de ses réflexions font écho en moi, elles sonnent juste. Et le fait de les compléter par des faits divers, des pensées précises ou plus générales lui permettent de dresser un peu le bilan santé du monde, de la société, ici ou ailleurs, pour en arriver à se demander si c'est lui qui va mal ou bien le monde .
    Le titre en lui-même parle : Les lisières ici sont celles des choix professionnels, du milieu social dans lequel on naît et qui peut limiter nos propres agissements, ou choix politique. Voici pour les thèmes généraux. Puis il y a les lisières intimes de Paul qui sont ses amitiés, sa famille, les rapports qu'il entretient avec les siens et les anciens amis retrouvés dans la région de son enfance. Et son histoire d'amour avec Sarah et ses enfants.
    Il a une fragilité mentale qui le rend dépressif, et puis il y a le temps qui passe avec les choix qu'il a fait qu'ils soient familiaux ou professionnels ou amoureux. Il organise sa vie comme il peut et non comme il veut Les mots choisis par l'auteur montrent sa finesse d'analyse. Il fait état des lieux et des relations intergénérationnelles, familiales etc....
    Tout au long du roman l'auteur ressent la vie, le monde, il décrit, s'interroge, constate ; le passé se mêle au présent. Et l'ensemble est vraiment réaliste, ses idées sont pertinentes. Le regard qu'il pose sur les choses de la vie est stupéfiant mais cela est rassurant quant à sa Maladie, parce qu'il n'est pas à l'origine de tout mais la société est aussi en partie responsables des difficultés, des siennes et de celles des gens plus ou moins fragiles.
    Tout le monde peut faiblir à tout moment, la vie est une lutte, une continuelle remise en question.
    Olivier Adam approfondit l'existence ; il explore et analyse les sentiments, les émotions vraies, le monde qu'il décrit presque toujours sans demi-mesure, il prend l'espoir à contre-pied.
    Un roman fort , intense et d'un réalisme complètement assumé. L'intime ici n'est pas pathétique.
    Beaucoup de lecteurs pourront trouver échos dans les constats de l'auteur et poser un regard crédible authentique sur la société et le monde.

    Autre roman d'Adam sur ce blog : À l'abri de rien

    Sur les lectures de Mélusine, aller sur cette page

     


    6 commentaires
  •  

    Titre : « Longtemps, j'ai rêvé d'elle »
    Auteur : Thierry COHEN
    Genre : Roman
    Éditions : J'ai lu
    Année : 2013
    Nombre de pages : 507

    Quatrième de couverture :

    Jonas est un ancien écrivain devenu libraire. Lior est infirmière. Les deux sont seuls. Lui, parce qu'il attend la femme de sa vie. Elle, parce que, trop souvent déçue par les hommes, elle ne croit plus en l'amour. Ils se rencontrent dans la librairie où travaille Jonas. Mais, cachant leur vérité,parviendront-ils à tomber amoureux? Quels rôles joueront l'original M. Edimberg, libraire et marieur, et l'étrange Serena, malade en fin de vie ? Parfois, l'amour est à trouver au-delà
    des logiques de notre monde.

    Mes impressions :

    Hillel Edimburg, libraire considère sa librairie comme une agence matrimoniale entre les livres et ses lecteurs mais pas seulement. Personnellement je le pense être Cupidon ☺.
    Ce roman est à la fois un roman d'amour entre deux êtres humains précédemment déçus et malmenés et un roman sur les amoureux des livres.
    L'introduction est originale....le libraire nous met l'eau à la bouche il nous décrit brièvement pourquoi et dans quel but ce livre a été écrit ; alors qu'il ne l'aurait jamais été si certains personnages n'avaient pas incité l'auteur à l'écrire.
    Dans ce roman on trouve de l'amour, de l'espérance, de la vie, de la mort, de l'amitié...et des livres.
    Tour à tour Jonas et Lior nous racontent leur histoire d'amour, chacun nous parle de son ressenti sur comment il vit cette relation.
    Ce roman nous ouvre des portes aux questionnements :
    Avant de trouver l'âme sœur aime-t-on une personne pour ce qu'elle est ou seulement pour l'idée de l'amour qu'elle véhicule ?.
    Jonas est romantique, il pense qu'une femme quelque part est faite pour lui, il ne demande qu'à la rencontrer. C'est son destin, pense-t-il...Sa destinée se trouve dans son cœur, sa tête, sa vie.
    Josh et Chloé sont ses deux meilleurs amis, tous les trois se comprennent, s'expliquent souvent, se soutiennent tout au long du roman.
    Les parents de Jonas sont décédés dans un accident de voiture.
    Lior n'a pratiquement pas connu son père qui a quitté le domicile conjugal quand elle avait 2 ans. Elle n'a aucun souvenir de lui mais la souffrance de sa mère à la suite de cette séparation l'a marquée.
    Est-ce pour cela qu'elle ne croit pas à l'amour ? Elle est aussi trop romantique, trop naïve mais désormais elle a fait le choix de ne plus s'attacher pour ne plus souffrir.
    Parce qu'elle est infirmière à Paris, qu'elle est passionnée par son travail, dévouée et en même temps fatiguée de travailler dans une grande structure où les malades sont nombreux, également fatiguée par la dure réalité de la vie, de sa réalité, mais aussi du monde qui l'entoure et qu'elle commence à ne plus supporter les souffrances des autres parce qu'elle est trop sensible, elle se voit accepter une étrange proposition : elle est contactée par un vieil homme riche qui souhaite une infirmière auprès de sa fille Sérena atteinte d'une maladie dégénérative, elle est paralysée. Lior va devenir son infirmière particulière, elle sera dévouée, entière, et se liera d'amitié avec cette jeune fille qui reste agréable malgré ces difficultés.
    Elsa est la meilleure amie de Lior. Elles partagent le même appartement et elles ont deux caractères très différents, Elsa avance sans garde-fou en toute quiétude, elle prend la vie comme elle vient, elle est excentrique mais sensée. Alors que Lior est plus prudente et subit sa vie plutôt que de la vivre.
    Quant à Jonas, il a écrit un premier roman pour parler de l'amour....son livre sera salué par la critique et les lecteurs. Un véritable succès qu'il ne parviendra pas à égaler avec l'écriture de son second roman.
    Désormais il ne veut plus écrire pour satisfaire son éditeur ; écrire pour lui n'est pas un acte sur commande.
    Il refuse de se plier une troisième fois à cet exercice car dit-il, il n'a plus rien à dire.
    Bientôt sans travail, ce seront Chloé et Josh qui vont l'aider à faire face à ses dépenses.
    Sans compter qu'un mystérieux donateur l'aide financièrement, paye ses dettes à son insu. Il se révolte contre cela, le suspense est déroutant et nous lecteur on tente de découvrir qui est cet homme si généreux ?
    En voulant remédier à son oisiveté il découvre par hasard la librairie de M. Hillel, le vieux propriétaire cherche un employé, Jonas sera embauché. Entre les deux hommes une amitié particulière, belle et lumineuse va s'amorcer.
    Mr Hillel est un amoureux des livres et il leur attribue une fonction. Il pense que chacun d'entre nous a un « livre lumière », c'est-à-dire un livre qui le bouleversera et le fera grandir. Jonas est sensible à ses discours et sa capacité à expliquer les choses de la vie.

    Extrait : « La lecture n'est pas un acte de consommation, comme pourrait le laisser croire cette satanée grande surface qui a juré ma mort. C'est plus que cela. Le rapport entre le lecteur et les livre appartient à une logique mystique ; Écoute bien ce que je vais te dire, Jonas : chacun d'entre nous est destiné à rencontrer un livre, son livre. Un seul et unique livre qui l'attend quelque part, dans les rayons d'une librairie. Un livre qui donnera un sens à son existence, éclairera sa route, fera écho à ses douleurs, à ses espoirs, lui indiquera le chemin à emprunter, les valeurs à préserver et l'accompagnera alors jusqu'à la mort. C'est cela un livre lumière ».
    « Avait-on tous comme il le disait, un roman qui nous était destiné ? Un roman capable de nous apaiser mais également nous révéler une part de vérité essentielle sur nous -mêmes, de donner un sens à notre vie ».[Jonas]

    Tout le livre sera construit sur cette thématique, les personnages principaux sont touchants parfois un peu trop romantiques mais ils sauront nous émouvoir malgré tout.
    Quant aux personnages secondaires, ils sont remplis de sensibilité, de douceur, de vérités, ils sont formidables.
    Toutes ces personnalités s'attirent, se repoussent mais elles font ce qu'est la vie. Elles tissent les relations humaines.
    Ce livre est riche, basé sur les rapports humains où les personnalités se complètement parfois : ici tous vont finir par se retrouver autour d'un livre.
    Leurs différentes idées et perception de l'amour, leur conception de la vie tantôt les rapprochent, tantôt les éloignent mais toujours avec force et arguments.
    Chaque page nous propose des pensées philosophiques qui enrichissent notre façon de penser la vie et les rencontres.
    Ce qui m'a profondément attirée dans ce roman est l'amour des livres de personnages principaux et des réflexions de M.Hillel que j’approuve mais aussi le rôle et la force des livres, je pense exactement comme M.Hillel et Jonas, ils disent avec des mots ce que je ressens en lisant un livre mais que je ne parvenais pas à exprimer.
    Puis il y aura la rencontre en Lior et Jonas, elle sera émouvante, pleine de retenues. Ces deux-là sont compliqués parce que leurs vies respectives l'ont été, on peut s'identifier à eux.
    En même temps pour se protéger de la souffrance chacun des deux ment à l'autre par omission ou par pudeur et nous verrons que ces non-dits peuvent avoir des conséquences contraires à ce qu'ils attendent de la vie et de l'amour.
    Serena jeune fille malade saura nous émouvoir et nous interroger sur le sens de la vie et de la littérature. Elle nous donne de jolies leçons de vie et de courage.
    Au final Lior et Jonas à travers ce roman on écrit leur histoire avec les personnages qui ont joué un rôle de loin ou de près dans leur rencontre. Leurs deux parcours les ont conduits à se chercher et à se trouver et se raconter.
    Ce livre est écrit par deux narrateurs (Lior et Jonas) ; le troisième M. Hillel aura un rôle limité dans cette écriture ; il écrit le prologue et l'épilogue. Il est à la librairie ce que l'être humain est au monde. Il le remplit de force et de pensées secrètes et mystiques.
    Au final ce livre parle d'histoires d'amour entre humains, d'amitié mais aussi il est une histoire d'amour des livres et de la littérature.
    Il est le troisième roman de Jonas, dicté par l'amour qu'il éprouve pour Lior. Il a finalement écrit ce livre poussé par ses amis, pour raconter leur rencontre. C'est aussi un hommage à Serena.
    Ce livre est rempli de philosophie, de belles paroles, également et élégamment profondes, de poésies ; parfois un tantinet trop gentillet mais on se laisse porter par le jeu des acteurs !
    Il est riche des leçons de vie qu'il donne. Le style parfois guindé va de pair avec l'ambiance et l'aisance de certains personnages qui ont du savoir vivre et du respect envers les autres.

    Un très beau livre qui me réconcilie avec les histoires d'amour et qui complète mes profondes espérances du rôle des livres !

    Du même auteur :
    COHEN Thierry, Je le ferai pour toi
    COHEN Thierry, Si un jour la vie t'arrache à moi
    COHEN Thierry, Si tu existes ailleurs


    4 commentaires
  •  « Demain, j'arrête ! » de Gilles LEGARDINIER

     

     

     

     

     

     

    Titre : « Demain, j'arrête ! »
    Auteur : Gilles LEGARDINIER
    Genre : Roman
    Éditions : Poche
    Année : 2013
    Nombre de pages :404

    Quatrième de couverture :

    Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier...
    Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons- nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

    Mes impressions :

    Le roman commence avec la fête que Jérôme organise pour son 3ème divorce. D'emblée la situation incongrue annonce l'humour décalé du roman.
    Julie y rencontre Kevin qui lui demande ce qu'elle a fait de plus idiot dans sa vie, ce sera le thème accrocheur de ce roman, car elle va tenter d'y répondre en mettant le lecteur dans la confidence...elle nous raconte l'anecdote, son histoire qui a changé sa vie.
    L'auteur se met donc dans la peau de Julie, 28 ans. Son nouveau voisin Ric est un beau jeune homme qu'elle repère très vite. Et elle fera tout pour attirer son attention ! Mais c'est une jeune fille gaffeuse ! Marrante altruiste, empathique, enjouée, spontanée naturelle même si elle est fort maladroite et se met dans des situations parfois rocambolesques mais toujours singulières !
    L'auteur malgré qui soit un homme décrit fort bien le sentiment amoureux de Julie, l'attente, l’espérance les bouleversements, les conséquences, la nostalgie. On se sent poche de Julie, les lectrices pourront s’identifier.
    L'auteur a également le sens du détail et des maximes.
    Les personnages sont attachants : Xavier la copain d'enfance de Julie est vrai, sincère
    Puis il y a Sophie sa meilleure amie qui est fidèle , Géraldine l'employée de la banque où travaille Julie et encore Me Bergereau la boulangère attentionnée, Mohamed l'épicier chaleureux, Me Roubaud la voisine qui va apprendre qu'elle est gravement malade. J'ai été touchée par celle-ci et par la relation qu'elle et Julie ont tissée. Il y a de la douceur et de la tendresse entre elles deux.
    On se prend facilement à la narration car les situations cocasses nous font rire ! Nous dépaysent !
    Il y a beaucoup d'humour dans ce roman, des répliques acerbes, des jeux de mots, l'imagination de l'auteur est débordante à travers les agissements de Julie créant des situations cocasses et rend la narration implacable.
    Julie est pétillante, sensible mais elle est aussi une jeune fille tourmentée qui se pose (trop) de question, elle réfléchit beaucoup analyse comme la plupart des femmes, ses réflexions sont parfois tirées par les cheveux mais c'est ce qui rend ce roman irrésistible, attrayant. Les relations entre les différents personnages sont parfois émouvantes.
    Ric est un mystérieux personnage, trop attentionnée pour être sincère ? Julie parfois doute ! Qui est-il vraiment et pourquoi s'est-il installé dans son bâtiment ? Il est plutôt réservé, a des agissements mystérieux et parle très peu de lui. Que veut-il dissimuler ?. Julie va tenter de percer ses secrets afin de comprendre de qui elle est en train de tomber amoureuse.
    Roman entièrement consacré au doute. L'auteur qui est la narratrice se confie aux lecteurs, elle les prend à témoin elle lui raconte sa rencontre avec Ric et son histoire d'amour passionnée.
    Pour Julie la question de savoir le truc qu'elle a fait de plus idiot dans sa vie revient à se poser des questions sur Ric au point de l'amener à tenter des choses délicates voire même dangereuses et répréhensible.
    Le début et la fin du roman raconte la fête de Jérôme, la parenthèse constitue tout le reste du roman, Julie décrit, tout ce qui s'est passé avant cette fête.
    J'ai aimé l'approche de l'amour par l'auteur. De peu épanouie dans la vie et dans son métier, Julie en se découvrant une passion pour son voisin va modifier bien des éléments de son existence et va bouleverser son quotidien. Elle va se révéler, s'accomplir. L'amour même incertain peut faire déplacer des montagnes et amener, joie, bonheur.
    Peu à peu elle va retrouver la joie de vivre celle qui lui faisait défaut.
    Un roman que j'ai beaucoup aimé. Et que je recommande pour cet été.

    L'auteur a un site internet : Gilles Legardinier.  

     


    15 commentaires
  •  

    « L'amour en minuscules » de Francesc MIRALLES

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Titre : « L'amour en minuscules »
    Auteur : Francesc MIRALLES
    Genre : Roman
    Éditions : Le grand livre du mois
    Année : 2011
    Nombre de pages : 342

    Quatrième de couverture :

    Samuel de Juan est un professeur d’Allemand solitaire qui aime se réfugier dans la littérature et la musique classique. De sa bulle, il ne s’échappe que pour donner ses cours à l’université. Mais au lendemain d’un réveillon du nouvel an, la visite inattendue d’un chat vient bouleverser ses habitudes. En rapportant le félin à son voisin, Samuel fait la connaissance de Titus, un vieux rédacteur bourru. Le premier domino vient de basculer entraînant dans sa chute un second...Car cette première rencontre est annonciatrice de bien d’autres tout aussi surprenantes. Bientôt Samuel croise le chemin d’un savant lunatique et celui d’une belle femme mystérieuse. Sa petite vie paisible se mue alors en une véritable aventure initiatique.

    Mes impressions

    Samuel est solitaire, il passe son temps a enseigner, corriger des copies, lire, écouter de la musique ; il est lucide sur son « oisiveté » relationnelle mais aussi sur le temps qui passe et sur sa solitude. Il ne se rebelle pas ou plus contre elle.
    C'est alors que le premier janvier un chat arrive dans sa vie. D'abord réfractaire à sa vue et à l'idée qu'il puisse l'adopter, il va finalement s'y attacher.
    Il le nomme Mishima (écrivain japonnais qui s'est suicidé) ; il s'échappera un jour pour aller à l'étage au dessus et en essayant de le rattraper, Samuel se retrouve dans un appartement où vit un homme âgé prénommé Titus, un scientifique et rédacteur, mais somme toute fascinant. Cette rencontre étonnante lui permettra de sortir un peu de sa coquille ; tous les deux deviendront même proches.
    Quelques jours après, Titus passionné de rail et de petits trains lui demande de lui rendre un service et d'aller dans un magasin de modélisme pour trouver un rail neuf pour remplacer le sien défaillant ; C'est alors que pendant le trajet il reconnaît une femme qui jadis lui plaisait alors qu'ils étaient encore enfants. Cette rencontre fortuite et inespérée n'aurait sans doute jamais eu lieu s'il n'avait pas connu Titus et donc Mishima.
    Il s'aperçoit que son chat est le point de départ d'une longue série d’événements qui lui permettent de sortir de chez lui et d'être confronté aux autres. Ainsi Le chat qui a élu domicile chez lui pose sa patte (sa touche) dans sa vie.
    Il lui permet aussi de rencontrer une charmante vétérinaire avec laquelle il aura quelques moments de partage et d'amitié.
    À la suite de problème de santé Titus est hospitalisé. Il va demander à Samuel de lui venir en aide encore une fois et de finir d'écrire son livre en cours « Petit cours de magie quotidienne » afin qu'il soit remis en temps à son éditeur et ainsi honorer la commande. Samuel accepte mais sans gaité de cœur...
    Il fait aussi la connaissance dans un café de Valdémar, personnage bien étrange attiré par « La face cachée de la lune »....néanmoins il apportera beaucoup à Samuel sur un plan spirituel, philosophique et humain.
    Ce roman est donc à mi chemin entre un conte philosophique, un roman initiatique et une histoire d'amour. Un scénario simple en apparence mais néanmoins enrichissant qui décrit la vie de tous les jours en donnant aussi des leçons de littérature, de sciences et de musique. Les nombreuses références littéraires et musicales viennent appuyer agréablement ce récit qui approfondissent le récit, qui devient alors complexe, mais en restant toujours très accessible ...La face cachée de l'histoire se manifeste peu à peu.
    Le titre déjà est un aperçu du contenu, l'auteur en donne même une définition  « c'est faire une bonne action de rien du tout et cela déclenche une cascade d'évènements qui nous rendent notre amour au centuple. Et à la fin, même si l'on veut revenir au point de départ, ce n'est plus possible. Parce que l'amour en minuscules a effacé tout chemin de retour vers ce que l'on était auparavant »
    Titus à travers ses raisonnements nous livre des messages ; par exemple il dit « Lorsque nous parlons de briques, de pierres ou d'atomes, ce qui compte c'est qui les agence et à quel usage nous les destinons. Pour le dire autrement ce n'est pas ce que nous sommes, mais ce que nous faisons de ce que nous sommes, qui importe …/.... les heures ne servent à rien si nous ne savons pas quoi faire d'elles ».
    Cet homme est un sage, il explique le monde à Samuel « Nous vivons dans un monde de sensations et de sentiments ...ne méprise jamais tes sensations et tes sentiments, car tu ne possèdes rien d'autres »
    Et finalement je trouve cette phrase réelle ; les agissements des hommes sont le fruit de leurs émotions et de leurs sensations. Elles sont le reflet de ce qui se passe à l'intérieur de nous. Sans les autres nous ne sommes rien :
    « Jung disait que tous les êtres sont liés par des fils invisibles. Tu tires sur l'un de ces fils et c'est tout l'ensemble qui bouge. C'est pourquoi chaque petit acte affecte tout et nous affecte tous. Il n'est pas besoin de Dieu pour ça ».
    Samuel progresse dans ses réflexions de même dans la perception de ce qui lui arrive « Peut-être ce que nous appelons « Intuition » n'est -il rien d'autre que la pointe d'un iceberg, la partie visible de quelque chose qui a pris corps à un niveau plus profond. Cette idée est pour le moins inquiétante, parce qu'elle suppose qu'un autre nous même, œuvrant dans l'ombre, précède nos actes et décide par avance du chemin à suivre »
    « On peut allumer des milliers de bougies à partir d’une seule, et la vie de la bougie ne s’en trouve pas abrégée. Le bonheur ne diminue jamais pour avoir été partagé ».

    Ce livre est profondément touchant comme l'est le personnage principal auquel je me suis attachée. Il retrace le parcours d'un homme qui va vers la vie et vers l'amour, qui aime en secret et dont la vie lui offre des instants qu'il espérait sans le savoir vraiment. Je trouve que sa timidité le dessert ou lui fait interpréter les événements négativement...mais il finit par se révéler, aidé par toutes les rencontres humaines et autre rencontre féline qu'il fait.
    J'ai apprécié de lire son parcours jusqu'au dénouement qui sera en fait le début d'une autre vie.
    Vraiment c'est un roman qui se laisse lire , qui nous embarque tant le style est agréable et chaleureux.
    Je vous le recommande. Vous passerez sans doute un bon moment avec des personnages singuliers, parfois un peu déjantés mais qui nous parlent de la vie, de ses petites imperfections, de ses grandes révélations ; mais également de nos attentes, de nos déceptions et de nos joies.
    Les chapitres bien découpés, composent cinq parties qui apportent toutes un pierre à l'édifice.
    A chaque début de chapitre le chat est représenté avec un trait fin et délicat dans différentes postures, ce qui apporte une touche de douceur à l'ensemble....
    La boucle est bouclée et je referme le livre un sourire aux lèvres. Je souhaite plein de bonheur à Samuel.


    6 commentaires
  •  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Titre : « À pas de chat »
    Auteur : Helen BROWN
    Genre : Roman
    Éditions : Jean Claude Gawsewitch
    Année : 2013
    Nombres de pages : 471

    Quatrième de couverture :

    Helen est une femme meurtrie depuis la mort de son petit garçon de neuf ans renversé par une voiture. Alors qu’elle semble avoir trouvé un certain équilibre grâce à son remariage avec Philip et à l’annonce des noces prochaines de son second fils, Rob, c’est sa fille qui l’inquiète. Lydia qui, de toute sa vie, n’a jamais dit je t’aime à sa mère ni prononcé le mot Maman veut entamer une retraite spirituelle au Sri Lanka, un pays en proie à la guerre civile. Helen est consternée et l’incompréhension entre sa fille et elle semble vouée à s’éterniser. C’est alors que l’on trouve un cancer du sein à Helen. Sa famille va-t-elle la soutenir comme il se doit ? Alors que Lydia décide de partir malgré les circonstances, la sœur d’Helen débarque avec un chaton siamois : Jonah. C’est une forte tête qui n’aura de cesse d’aider Helen à surmonter sa maladie et le reste...

    Mes impressions :

    Dans « Cléo et Sam » Helen Brown nous racontait l'histoire personnelle de sa famille touchée par le deuil du fils aîné survenu alors qu'il avait 9 ans...Ici elle récidive toujours avec pudeur et humour mais c'est avec le cancer qu'elle se bât puis ce sera avec sa fille pour laquelle elle tente de comprendre le parcours initiatique.
    Si « À pas de chat... » est en quelque sorte la suite de « Cléo et Sam », chacun peut être lu indépendamment, puisque l'auteur revient brièvement sur le thème de son premier livre....La mort de Sam en 1983.
    Dans celui-ci elle a divorcé de Steven et s'est remariée avec Philip.
    Elle a eu trois enfants avec Steven, Sam, Rob, Lydia et une fille avec Philip, Katharine.
    Lydia est active, elle s'occupe d'intégrer des handicapés dans la société mais n'a jamais dit « maman ».
    Naître dans une famille en deuil a-t-il des répercussions sur un enfant ? C'est la question qu'Helen se pose lorsque Lydia lui apprend qu'elle va partir au Sri Lanka pour une retraite religieuse auprès d'un moine bouddhiste....
    Au moment du départ prévu de sa fille, Helen apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein et devra subir une double mastectomie avec reconstruction.
    Mais Lydia confirme malgré tout son départ....sa mère est en proie au désespoir et à la déception, à la fois par crainte que sa fille ne parte dans un pays en guerre et à la fois parce qu'elle doit se battre pour sa santé.
    Cependant à force de questionnement elle apprend à relativiser ; elle sera une mère permissive, compréhensive, qui écoute ses enfants, qui leur permet d'être eux-mêmes.
    Elle les encourage à garder les yeux ouverts sur le monde et les autres....
    Dans ce roman où Helen raconte sa vie on se sent proche des personnages car ils nous ressemblent parfois.
    Helen ici se heurte à l'éducation quand elle se confronte aux idées et autres aspirations de sa fille ; elles ont des divergences de points de vue. Helen sait qu'elle ne peut pas échapper aux de conflits générationnels et de communications...
    Quand Lydia lui annonce qu'elle veut devenir nonne bouddhiste, dans un premier temps Helen ne comprend pas. Lydia n'a jamais eu un caractère facile mais de là à envisager d'oublier ses études et perdre sa bourse il y a un fossé.
    Contrairement à « Cléo et Sam » l'histoire n'est pas introduite par la présence d'un chat mais celle-ci vient bien après.
    Au début Helen parle surtout des difficultés émotionnelles, familiales, éducatives auxquelles se heurte la famille.
    Il faut attendre la page 150 pour voir apparaître la possibilité que cette famille adopte un chat, non pour remplacer Cléo mais pour tenter de supporter une nouvelle épreuve : le cancer d'Hélen
    L'intervention chirurgicale d'Helen et les suites opératoires sont précises mais décrites avec pudeur. Elle nous donne des leçons de vie comme celle d'apprendre à vivre en sachant que la vie n'est pas facile, ni parfaite, mais néanmoins merveilleuse.
    Elle décide alors de vivre intensément chaque journée, Jonah petit chat remuant arrive tard dans le foyer.

    Quelques belles maximes viennent agrémenter ses dires comme par exemple : « La vie est belle, profitons de ce qu'elle nous donne chaque jour, contentons-nous de petits bonheurs car elle peut s'arrêter d'un instant à l'autre ; de même je partage un précepte de la doctrine bouddhiste qui dit que la plupart des souffrances humaines trouvent leur racine dans l'attachement » personnellement même si je suis athée je partage cette idée ;présence également de paroles remplies de sagesse : « il ne faut jamais rien considérer comme acquis », « Je savourais le miracle d'être un corps qui vivait, qui respirait ». « Rob dit toujours que les mauvais moments nous aident à apprécier les bons », il y a un avant et un après cancer, c'est évident.
    « Être parent c'est cela : à un moment donné il faut les laisser partir. Et se réjouir pour nos enfants s'ils trouvent l'amour, sous quelque formes que ce soit, en dehors du cercle familial  »

    Jonah est différent de Cléo, c'est un mâle autoritaire, affectueux et drôle mais aussi « timbré ». Mais il va aider les membres de la famille à réfléchir, à rendre plus facile les décisions à prendre....
    Cependant dans ce livre l'auteur est moins explicite quant à la gent féline. Elle évoque le lien entre une mère et sa fille, puis sa maladie en priorité. Jonah apparaît dans les écrits de temps en temps quand il aide Helen et le reste de la famille à relativiser. Il reste néanmoins une présence indispensable.
    Ce roman est avant tout une histoire d'amour entre une mère et sa fille mais aussi de tous les membres envers Jonah.
    Tous les amoureux des chats seront sensibles aux descriptions d'Helen.

    Dans ce roman on s'initie avec la pratique de la religion bouddhiste mais sans rentrer dans les détails. Helen apprend à connaître sa fille à travers la religion qu'elle pratique et nous amènera même en Inde pour mieux saisir ses conditions de vie.
    En rendant visite à Lydia au monastère, elle comprend quelques-unes des motivations à l'engagement, de sa fille et des autres pratiquants.

    Une fois fini, je me dis que ce roman est plus axé sur les relations et la communication quelles qu'elle soit.
    Helen est une maman qui a compris que chaque enfant est différent même s'il est issu du même ventre maternel et de la même famille. Il ne s'agit pas d'imposer, mais suggérer pour la meilleure éducation possible. Elle a compris aussi que la présence d'animaux peut adoucir le quotidien lorsqu'il est douloureux.
    Notez que la bouille de ce matou sur la photo est irrésistible.
    .

     


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique