• « Cupidon a des ailes en carton » de Raphaëlle GIORDANO

    Titre : « Cupidon a des ailes en carton ».
    Auteur : Raphaëlle GIORDANO
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 2019
    Nombre de pages : 445

    Quatrième de couverture :

    Meredith aime Antoine depuis 5 ans. Elle voudrait tant être à la hauteur de leur histoire ! Or, comédienne en devenir, elle se sent comme une esquisse d'elle-même. Et vivre leurs sentiments un ton en dessous lui est insupportable. Germe alors l'idée de s'éloigner pour se trouver elle-même et mieux lui revenir.
    Elle profite de sa tournée avec son amie Rose pour entamer son " Love Tour ", et cheminer sur son amourability : améliorer sa capacité à aimer en transformant son rapport à soi, à l'autre, et au monde. Sur sa route, Meredith croisera de drôles de personnages qui la feront avancer. Ou reculer... Cupidon est facétieux. Mais heureusement, il a plus d'une f lèche dans son carquois !

    Mes impressions :

    Antoine travaille dans une station radio de France, il a réussi et trouvé sa place dans le milieu, il est donc une personne reconnue et passionnée par son travail. Meredith est comédienne depuis quelque temps mais elle n’a pas obtenu le succès escompté. Elle est pour l’heure une comédienne « en repos ».
    Alors qu’ils sont très amoureux, Meredith, lui dit qu’elle veut se séparer pendant 6 mois, le temps de se trouver, afin qu’elle puisse être pleinement et définitivement amoureuse.
    Elle envisage d’explorer ses idées existentielles. Parce qu’elle veut vivre une histoire d’amour authentique, et qui dure avec Antoine, il réalise qu’il est important d’aimer l’autre dans ses différences et pour en être capable, elle doit d’abord faire en sorte de se sentir bien avec elle-même, d’où sa décision de quitter Antoine pour un temps et d’aller vers sa quête du bonheur seule, tester sa capacité d’aimer : « amourability » pour ensuite revenir vers Antoine afin d être heureux à deux.
    Rosa a 35 ans, elle est martiniquaise, c’est la plus grande amie de Meredith. Elle est maman célibataire d’une petite fille de 5 ans, Kesia. Elle est intermittente de spectacle.
    La famille de Meredith est hostile à ses projets d’artiste, pourtant elle a persisté dans cette voie, et avec Rose, elles ont monté un spectacle… elles sont amenées à jouer devant un public, pendant quelques semaines… elles iront donc à Lille, puis à Londres, puis retour à Paris… Son rêve professionnel est d’écrire un one-man show.
    Les mois passent, elle fait plusieurs rencontres qu’ils vont l’amener à devenir qui elle veut, c’est-à -dire une personne sereine, apaisée.
    Quand l’heure du bilan sonne, elle convoque les hommes qu’elle a rencontrés et qui ont eu un rôle dans sa vie sentimentale. Julien, l’amour de ses 20 ans, Cyril dont la jalousie a détruit leur couple, Zach et Nicolas, des jumeaux avec lesquels elle a été très proche.. Plus récemment elle a rencontré Jean-Claude un gardien de parc, qui est aussi un gardien des âmes en détresse. C’est un bienfaiteur de l’humanité, puis elle rencontrera Nick, un ami d’Antoine qui leur fera visiter la ville de Londres, puis Laurent le collectionneur de béguins. Des personnages tous singuliers qui vont lui apprendre à penser l’amour différemment et surtout à construire sa propre idée de l’amour parfait.

    C’est un roman à trois voix, à tour de rôle, Meredith, Antoine et Rose se racontent. Parlent de leur rêve, de leur projet, de ce qu’ils ressentent. Nous livrent leurs sentiments.
    Meredith doit descendre dans la grotte de ses souvenirs dans les souterrains, de son inconscient pour comprendre l’origine de ses peurs, de son peu d’estime d’elle-même, pour cela elle va se concentrer sur ses peurs, ses complexes, ses croyances. Elle fait une déduction psychanalytique, de ses réactions adultes, conséquences des vestiges du passé de son enfance.
    Meredith, avec ses conseils, joue un peu le rôle de coach amoureux avec ses lecteurs, coach de vie, coach en relation sentimentale, développement personnel, technique relationnelle, elle nous enseigne alors qu’avant de pouvoir accorder du temps et de l’écoute à l’autre il est important d’apprendre à s’en accorder à soi-même et s’offrir avant tout, l’attention qu’on mérite.
    Elle va faire un travail sur elle-même , qui consiste à se poser des questions sur la relation amoureuse…., elle s’aperçoit qu’il est donc essentiel dans un premier temps de s’interroger sur soi-même, pour découvrir qui l’on est . Que cherche-t-on ? Car la frontière est mince entre amour vrai et dépendance affective. Tout cela implique de faire un travail qui inclut de s’interroger sur la nature de nos pensées, faire le point sur notre rapport à nous-même, puis sur le rapport à l’autre et enfin sur le rapport au monde.
    Sa quête personnelle du bonheur et de l’amour commence par l’amour de soi.
    Tout au long du roman, il y a des éventements, qui causent des remise en question, des contradictions, des incertitudes mais Meredith avance….
    À la fin du roman, trente pages sont dédiées à la pratique du Love Organizer. L’auteur décrit en la résumant une méthode pour mener à bien et réussir une relation amoureuse. La clé du départ et d’apprendre à se connaître soi-même et à s’aimer.
    Il me semble que cette méthode est assez fastidieuse, mais il est vrai que l’auteur amène de vraies questions sur la recherche de son propre bonheur, sur les relations en général, sur sa capacité à être bien avec soi-même.
    Les conseils sont sages tout en étant pertinents. Ce roman est un vrai livre de développement personnel, je défie les lecteurs de mettre en pratique les conseils donnés…
    Ce roman allie donc plusieurs genres. Il est très bien écrit avec souvent des passages amusants, des réflexions remplies d’humour, des scènes parfois cocasses…. Et puis parfois Meredith n’est pas tendre avec elle-même…. c’est ce qui la rend attachante.
    J’avoue être un peu déçue par ce roman, car l’idée de départ est assez absurde.
    On ne quitte pas une personne pour tester la quantité d’amour qu’on lui accorde et encore moins pour savoir si on est prêt à vivre une relation….
    Personne ne sait combien dure l’amour, tellement de paramètres entrent en jeux !!! et ne dépendent pas exclusivement de nous.
    Pas sûr qu’une fois que Meredith aura fini sa quête, sa relation avec Antoine durera toute leur vie, car dans un couple nous sommes deux et nous ne pouvons pas maîtriser, ni contrôler les sentiments de l’autre.
    Je trouve son attitude un peu égoïste et de plus elle fait souffrir Antoine, qui lui est fortement accroché et amoureux d’elle. Et puis je la trouve un peu prétentieuse en étant quasiment convaincue qu’Antoine l’attendra des années…..
    Je pense que l’amour se vit, ne se calcule pas. Il s’improvise, et rien n’est figé ! Il peut durer, des jours, des mois, des années, comme il peut s’éteindre très rapidement. C’est une « science » qui ne se raisonne pas, ni ne se calcule mais, qui se vit.
    Vous l’aurez compris, je suis mitigée quant à l’idée de départ de ce roman.
    Somme toute, ce roman reste très intéressant notamment pour les conseils qu’ils divulguent et dans la façon qu’a Meredith de penser les relations. 

    Dans un genre d’épilogue, l’auteure récapitule les idées données tout au long du livre. Elle nous donne la marche à suivre pour faire le cahier d’organisation, au travers de sa méthode, elle nous incite à faire des efforts pour être heureux.
    Tout d’abord, il est important chaque jour de trouver trois occasions de vivre des petits bonheurs, en se concentrant sur les sensations de plaisir que cela occasionne.
    Puis apprendre à s’aimer soi-même, en s’arrêtant de se culpabiliser, en se donnant de la douceur, de la bienveillance, de la tendresse. Prendre soin de con corps physique et psychique.
    Puis veiller à ce que nos besoins soient satisfaits, afin d’être dans une énergie positive. Prendre soin de son mental, autant que de son physique. Identifier ce qui nous fait du bien.
    En ce qui concerne la « faim affective ». Découvrir et identifier nos failles et nos dysfonctionnements liés à l’enfance, nous aidera à apprendre à aimer vraiment l’autre, et ne pas être dans la dépendance affective. Et ensuite imaginer des solutions créatives qui pourraient venir apaiser et combler les parties de nous en demande.
    Le but étant de devenir son meilleur allié et faire la paix avec soi-même.
    C’est-à-dire de refaire un tour dans le passé, travailler sur nos blessures, penser à la personne que nous étions, et lui apporter la considération qu’elle mérite, sincère et authentique qu’elle mérite.
    Puis elle nous incite à faire l’inventaire de nos peurs, celles qui nous empêchent d’avancer, puis se libérer de nos croyances, commendes idées reçues, à tordre le cou à nos croyances limitantes, puis se défaire de nos complexes, nos défauts, physiques ou intellectuels.
    Il est important également de se créer un havre de paix, à l’intérieur de nous, que nous aménagerons. Un espace intérieur où nous pourrions nous y réfugier afin de retrouver calme et sérénité si besoin. Imaginer ce lieu enchanteur par la méditation, la respiration.
    Il est gratifiant également de se challenger. De relever de petits défis, notez les succès dans un petit carnet et les relire pour transformer l’image positive que l’on a de soi-même.
    Dans un second temps, se concentrer sur le rapport à l’autre. Dans une relation amoureuse, la clef est de mieux comprendre l’altérité. Chacun a sa propre personnalité et un mode de fonctionnement de perception et de communication qui lui est propre. L’autre a ses besoins spécifiques et il est différent de nous.
    Il est essentiel de faire un travail sur la communication, et surtout de trouver la frontière juste entre « partager », et « contaminer » l’autre avec nos humeurs. Trouver une activité physique, extérieure pour décompresser, est un très bon palliatif !
    De plus l’autre n’est pas là pour combler nos manques, il n’a pas à encaisser notre mauvaise humeur, il n’est pas non plus notre propriété, il ne nous appartient pas.
    Il est important d’aimer à la bonne distance. Et ne pas être dans la posture « attentiste » qui comblerait nos attentes.
    Accorder à l’autre, de l’attention, l’écouter avant de répondre, se mettre en empathie avec ses émotions et ses ressentis. Créer des moments suspendus, que l’on partage avec l’autre, et pendant lesquels nous nous sentons « hors du temps »…
    Dans la relation intime, prendre la voie de l’authenticité, et de la sincérité. Pratiquer la juste mesure entre l’art de donner et de recevoir.
    Pour que la communication soit efficace et apaisée, il est primordial également d’exprimer les petites choses qui nous dérangent au quotidien, en respectant le territoire de chacun, parler sans violence, en respectant le temps de parole de chacun, être dans une écoute empathique, sincère, réceptive, étudier, comprendre les arguments et le point de vue de l’autre.
    Voilà un bref résumé qui pourrait vous donner envie de lire des explications plus claires et plus complètes de la méthode qui est certes une très bonne méthode.

    Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. 


    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Mercredi 19 Août 2020 à 20:15

    Je suis toujours étonné de tout ce que tu peux raconter sur un livre ! C'est génial ! 

    J'ai lu et bien aimé ce livre, mais je n'en garde pas grand-chose. Il faut dire que ma mémoire est défaillante ou sélective, c'est selon...

    Bonne soirée. 

      • Jeudi 20 Août 2020 à 19:42

        Merci Philippe, si c'est génial tant mieux mais sincèrement je crois que j'écris trop longuement. Je suis loquace. Et c'est un défaut. En tout cas merci pour tes commentaires qui me font toujours plaisir. 

        Bonne fin de semaine.

    2
    Dimanche 20 Septembre 2020 à 11:02

    Manifestement un feel-good book. Je suis certaine que ça fait bien réfléchir.

      • Dimanche 20 Septembre 2020 à 17:13

        Oui un feel-good et en ce moment nous en avons tous bien besoin yes

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :