• « Murmurer à l'oreille des femmes » de Douglas KENNEDY

    Murmurer à l'oreille des femmes

    Titre : « Murmurer à l'oreille des femmes »
    Auteur : Douglas KENNEDY
    Genre : Roman
    Éditions : Belfond
    Année 2014
    Nombre de pages : 264

    Quatrième de couverture :

    L'amour et la solitude,
    La possibilité de changer de vie,
    Le hasard des rencontres,
    Les choix qui s'offrent à nous,
    L'art de la fuite... et les femmes.

    Douglas Kennedy explore ses obsessions et livre une variation en douze mouvements, douze histoires tour à tour nostalgiques, drôles ou douces-amères dans lesquelles l'auteur se dévoile comme jamais pour revisiter le discours amoureux.

    Mes impressions :

    De cet auteur, j'ai beaucoup aimé « Cul de sac » et « Quitter le monde »  qui l'un comme l'autre m'ont émue pour des raisons différentes.
    Il s'agit ici de nouvelles. Elle est un art difficile qui en quelques pages doit faire passer un message.
    J'ai été déçue. Je trouve que le titre ne reflète pas tout à fait le contenu du livre.

    Toutes ces nouvelles évoquent des personnages, en majorité des hommes, qui arrivés au milieu de leur vie puis suite à un concours de circonstances, s'aperçoivent que leur vie finalement n'est pas telle qu'ils l'espéraient. Ils sont soit déçus, soit désillusionnés, soit incertains...
    Alors que s'est-il passé ? Ont-ils été influencés ? Se sont-ils posés les mauvaises questions au mauvais moment ? Ont-ils fait des choix qui ne leur correspondaient pas ?

    Guerre froide évoque un garçon de sept ans, qui vit ses premiers émois et son père qui lui est déçu par sa vie de famille et veut tout quitter.
    Entre lui et sa femme, c'est la guerre froide. Il veut fuir les responsabilités et changer de vie, elle s'accommode de la routine. Le petit garçon va vivre en même temps son premier amour et la pseudo séparation de ses parents. Ces deux évènements vont conditionner sa vie d'adulte.
    Le cours de notre vie peut évoluer du jour au lendemain....
    Sommes nous les victimes ou les bourreaux ?
    Sur fond de guerre historique et de menace nucléaire, je trouve cette nouvelle un peu trop légère.

    Possibilité quant à elle parle d'un homme et d'une femme qui lors de leur rencontre sont étonnés par la symétrie frappante de leurs trajectoires personnelles. Ils tombent rapidement amoureux.
    Seulement avec les années qui passent, s'aiment-ils toujours ? Combien dure l'amour ? Combien dure l'extase du début avant que la routine vienne ternir la relation et y mettre fin ?
    Il aperçoit une femme dans un aéroport et très vite l'attirance entre les deux est évidente mais elle avait rendez-vous avec son conjoint... Il ne veut pas la femme qu'il a mais il aimerait avoir celle qu'il n'a pas...

    Erreur de parcours montre la lassitude de la vie conjugale, la place des enfants dans un couple en recomposition, la place du conjoint, de ses désirs, la place du sexe, la place des ex, et de l'amour...
    Les relations amoureuses sont empreintes de complexité, elles sont uniques et dépendent du caractère et la personnalité de l'autre.
    On peut se tromper, se leurrer sur nos attentes intimes et les décisions qui en découlent....

    Ton problème, c'est l'histoire d'une femme qui attend un enfant d'un homme qu'elle n'aime pas vraiment mais qui a fait ce choix parce que l'horloge biologique tournait. Elle parle de la désillusion accumulée entre ce que l'on attend, ce que l'on espère d'une histoire d'amour, de ce que l'on veut et de ce qui est réellement. Parfois on regrette d'avoir trop attendu d'une histoire d'amour, ou même de l'avoir commencé.

    Sonate d'été, sur fond de culture musicale et littéraire , parle d'une rencontre fulgurante qui s'avère écourtée au profit d'une histoire d'amour décevante..
    Une fuite, la peur ? Ou l'amour peut-il nous tromper ?

    Dans Si vous allez de ce côté du strip, est évoqué la fuite d'un homme qui décide de tout plaquer sa vie pour pouvoir jouer au jeu de hasard. Il va perdre sa femme, son travail, sa famille....et au final se retrouvera seul....

    Fera l'affaire  parle des ressentis d'une femme qui font écho à ce que son mari ressent également, à propos de leur vie conjugale.
    Elle montre que parfois nous nous contentons de prendre ce que la vie nous offre à un moment donné même si cela ne correspond pas à nos idéaux.
    Que reste t-il de son couple lorsque cette femme a obtenu tout ce qu'elle désirait ?
    Vaste question, on aimerait répondre de l'amour, un mariage sincère célébré pour les bonnes raisons mais seulement elle, ne voit pas les choses comme cela, elle se rend compte que même au début de leur histoire d'amour, il y avait déjà la résignation.

    Couche-tard. La vie évolue, l'histoire de chacun progresse, se modifie, au gré des variations imprévues. Un écrivain en mal d'inspiration, non soutenu par sa femme, va se laisser submerger par sa folie et son envie de terminer son roman au plus vite pour se prouver ou lui prouver qu'il peut aider à faire évoluer la famille financièrement. Il va être dépassé par sa folie.

    L'appel : un homme se retrouve face à la peur d'entendre sa maitresse l'appeler sachant qu'elle va lui apprendre ce qu'il redoute. Il va alors agir de façon précipitée, maladive ; il se débrouille pour perdre son emploi, quitter sa femme, ses enfants et sa ville pour aller au bout du monde....Il se sent alors libéré de toutes les contraintes. Il a eu peur de ne pas savoir pas assumer son adultère et d'être mis devant ses responsabilités. Il a peur car il sait ce qu'il va perdre pour être allé voir ailleurs....
    Il n'a alors pensé qu'à une solution : la fuite.

    Dans un dîner hors du commun, une femme pose un ultimatum à son mari. S'il ne lui montre pas plus d'intérêt, elle le quittera. Pour se libérer de cet étau il va avoir une aventure avec une femme sur Paris. Lui va s'attacher et envisage même de quitter sa femme pour sa maitresse mais quand est-il des désirs de cette dernière ?

    Et puis est l'une de mes préférées. Un homme s'est marié tardivement; avant celui ci il avait rencontré une femme journaliste comme lui mais leur histoire s'est écourtée...
    De nos jours, elle l'appelle et lui fixe un rendez-vous. Ils se revoient des années après.
    Elle lui avoue alors qu'elle regrette de ne pas être restée avec lui...Mais lui ne veut pas l'entendre, il est marié, papa et heureux. Puis, elle va lui faire une révélation qui va bouleverser notre héros...
    Les êtres se rencontrent, se ratent, se retrouvent , se désirent, se rejettent et alors est-ce que tout se qui arrive dans notre vie réduit à la façon dont nous l'interprétons ? À la version que nous voulons lui donner ?

    Un conte de Noël est celle qui clôt le livre et qui m'a le plus touchée.
    Un couple riche. La femme qui n'a jamais manqué de rien, est quittée par son mari..
    Elle tombe dans la dépression, dans le mal être. Son existence est vide mais un jour elle va trouver une raison de donner un sens à sa vie ainsi qu'à celle d'un personnage de son entourage.
    Ce texte est une belle leçon de vie qui nous interroge sur le bonheur, le travail qui prend trop de place et qui peut briser une famille et l'argent qui au final va permettre de se racheter.

    Douglas Kennedy nous donne ici une leçon de vie. Il nous permet de nous interroger sur notre propre parcours amoureux mais pas seulement.
    Il parle d'hommes et de femmes au milieu de leur vie, quarante, cinquante ans.
    Ce livre est écrit dans un langage clair.
    Il est un questionnement sans fin et fait donc son originalité. Il nous laisse face à nos réponses intimes. C'est un livre à consonnance philosophique. L'auteur a su faire passer le message à savoir l'inconstance de la relation amoureuse, les rapports souvent faussés entre les conjoints, la résignation, le passé de l'un et de l'autre que l'on étouffe, la perception que chacun a d'un même évènement,  la place de l'autre dans nos décisions, nos choix. Les leurres d'un amour basé sur l'incertitude de nos désirs profonds. Est-ce nous qui changeons, qui évoluons ou bien est-ce que la vie que l'on a choisie n'est pas celle dont on rêvait ?
    Hommes et femmes parlent-ils le même langage, interprêtent-ils les mots de l'autre à leur façon pour entendre ce qu'ils veulent entendre ?.

    Le scénario se répète trop souvent mais au final il y a toujours cette extrême solitude qui lie nos héros à l'automne de leur vie.
    Tous nos héros sont fatigués, désabusés mais pourront-ils rebondir ??? À vous d'écrire la suite.

     


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 18 Décembre 2015 à 21:09

    Ecrire la suite? J'ai tenté l'expérience une fois et ça m'a beaucoup plu. J'ai envoyé "ma suite" à l'auteur qui a beaucoup apprécié.

    Bon weekend.

    PS Je ne sais pas pourquoi, je pensais que Douglas Kennedy était une femme ! 

      • Samedi 19 Décembre 2015 à 13:08

        Philippe, je voulais juste dire que notre imagination doit faire le reste pour continuer l'histoire de nos héros... Et je te félicite pour ta motivation ^^

    2
    Mercredi 23 Décembre 2015 à 11:32
    Alex-Mot-à-Mots

    Ca change de "murmurer à l'oreille des chevaux".... Bon, je sais, je sors, désolée.

    3
    Samedi 30 Janvier 2016 à 22:50

    Cela fait longtemps que je dois lire un roman de lui... J'avais été sur le point de le faire, mais des collègues qui avaient commis l'erreur de vouloir le rencontrer (ne jamais rencontrer un écrivain en vrai) étaient revenus furieux de l'entrevue... et ça m'avait refroidie.

    Bises.

      • Dimanche 31 Janvier 2016 à 10:55

        Bonjour Dona Swann, j'ai rencontré cet auteur à Cassis, il y a quelques années et j'avais été emballée par son charisme et sa gentillesse... Comme quoi, les écrivains sont comme nous, des jours avec et des jours sans...smile

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