Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

« La femme qui ne vieillissait pas » de Grégoire DELACOURT

Titre : « La femme qui ne vieillissait pas »
Auteur :   Grégoire DELACOURT
Genre : Roman
Éditions : JC Lattès
Année : 2018
Nombre de pages : 256

Quatrième de couverture :

« À quarante-sept ans, je n'avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d'oie ni ride du sillon nasogénien, d'amertume ou du décolleté; aucun cheveu blanc, aucune cerne; j'avais trente ans, désespérément. »

Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt.

Celle qui prend de l'âge sans s'en soucier, parce qu'elle a d'autres problèmes.

Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.

Et puis, il y a Betty.

Mes impressions :

J’ai mis du temps à entrer dans ce roman, sans doute parce que le thème actuel, m’insupporte en quelque sorte. Il m’est arrivé de croiser des femmes et quelques fois des hommes qui ne veulent pas vieillir et qui ne supportent pas leurs rides ou même qui envisagent ou passent entre les mains d’un chirurgien afin d’effacer les signes du temps, mais pourtant ??? n’est-ce pas là, le signe que nous sommes vivants ? Une personne qui meurt ne vieillira pas… alors j’ai envie de dire qu’apprendre à nous accepter est la meilleure façon de sourire à la vie.
Je suis de ces personnes qui ne comprennent pas pourquoi la course contre la vieillesse de l’apparence prend autant de place dans nos vies…
Ne dit-on pas que ce qui compte le plus, c’est l’âme d’une personne, son coeur et son intelligence émotionnelle…. Il va sans dire que lorsque nous vieillissons, nous devenons parfois plus aigri, mais parfois aussi plus sage et pourtant cette sagesse semble ne pas convenir, ni suffire à tous….

Dans ce roman un peu particulier, j’ai aimé la façon qu’a l’auteur de se mettre à la place d’une femme, dans l’épilogue il rend hommage à sa mère qui lui manque, cette dernière est décédée. Cela lui a permis de faire son deuil, douloureux. La vieillesse est signe que le temps passe et nous devons l’accepter. Cela fait partie de la vie. Le temps qui passe comme l’explique l’auteur dans son épilogue est une victoire sur la vie, elle continue. L’éternelle jeunesse est bien celle du temps qui passe, c’est faire avec lui.

Mais je vais trop vite, j’aimerais parler un peu de la construction de ce roman et du style.
J’ai eu du mal aussi à entrer dans ce roman parce qu’il y a des descriptions courtes qui se suivent.
L’auteur narre la vie de Betty, année après année et persiste à dire que le temps n’a pas de signe sur elle, sur son visage. Elle ne vieillit pas. C’est une succession de brèves descriptions de ce qui se passe dans la vie de Betty. Il cite les grandes lignes , les principaux événements de sa vie, sa scolarité, en primaire, la mort de sa mère, le collège, l’université, le rencontre avec André, celle avec Fabrice et de sa femme Odette., la naissance de son fils….
Les faits cités sont historiques et chronologiques…. Et puis à mesure que le temps passe, la narration se veut plus profonde et pose les véritables questions. Celles qui vont nous permettre de nous interroger. 

Fabrice photographie les mêmes femmes, leurs visages, chaque année et chaque portrait dévoile l’évolution du corps, sa transformation… Je trouve ce procédé, cette initiative très belle et puis il se rend compte que Betty ne vieillit pas, elle aura toujours l’apparence de ses 30 ans.
Son mari ne va pas le supporter, à cause de ce décalage dans l’apparence et quand ils seront assez âgés pour que les gens qu’ils croisent la prennent pour sa fille, il décide de la quitter….Même Sébastien, est mal à l’aise avec cette situation inédite.
Ce que les femmes espèrent : ne pas voir les signes du temps sur leur visage va finir par avoir une conséquence dramatique sur le couple André-Betty.

La narration est souvent nostalgique surtout quand Betty rêve d’un amour calme, serein et tranquille….ou quand elle évoque la disparition de sa mère alors qu’elle n’a que 13 ans et les souvenirs qu’elle a d’elle.
Les chapitres sont courts. Le style est plaisant. 

Ce livre est un pied-de-nez au temps qui passe ; il va peut-être faire changer les mentalités ou montrer à certaines femmes et hommes que l’éternelle jeunesse n’est pas un gage de sérénité, ni de tranquillité.
L’auteur a su faire de ce sujet, de ce thème un moment de réflexion un moment de lucidité.
Même si je ne suis pas emballée par cette lecture, je trouve qu’elle est une belle leçon de vie et une bien jolie manière de relativiser sur le temps qui passe.

«  L’amour est aussi dans l’attente et dans l’espace, dans la patience et l’émerveillement ».

La liste de mes envies
L'écrivain de famille

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Eh oui Dona, l'artifice est une illusion. La vieillesse, non. Même si nous n'acceptons pas le temps qui passe, lui il s'en moquer et les secondes s'égrènent. Je trouve dommage que beaucoup n'acceptent pas l'inéluctable. J'espère que tu vas au mieux. Bises et bon courage pendant le confinement. 
Répondre
D
Coucou, voilà bien longtemps que je n'étais pas venue. J'espère que tout se passe bien...<br /> C'est un thème très critique pour une femme de mon âge. La capacité à s'accepter tel qu'on est entre en ligne de compte dans l'acceptation du vieillissement, celle aussi à être satisfait de sa vie et de ne pas s'imaginer qu'on en tirerait plus avec un autre physique ou le même que dans sa jeunesse.C'est tellement illusoire... Je me souviens d'un reportage sur une femme qui passait sa vie à se faire des injections de ceci et de cela dans les rides, à se tartiner de crèmes hors de prix, à se faire bichonner chez les esthéticiennes et charcuter, sans compter sport et diététique... Ben, je suis désolée, on voyait juste une vieille lisse et mince au lieu d'une vieille ridée et, soit sèche soit grasse ! elle ne faisait pas illusion plus d'une seconde sur le fait qu'elle n'était pas jeune du tout. Ça fait cher la seconde d'illusion.<br /> Dans le livre, confronter plusieurs réactions était une bonne idée.
Répondre
A
Bon sang, je m’aperçois que je n'ai toujours pas lu cet auteur....
Répondre
P
Je l'ai lu il y a un petit moment, mais il ne m'a pas marqué. <br /> Le jeunisme est très à la mode ! On refuse donc de vieillir. C'est pourtant inéluctable ! Certains vieillissent mieux que d'autres quand même ! <br /> Bon weekend. 
Répondre