• « Esprit d'hiver » de Laura KASISCHKE

     Esprit d'Hiver

    Auteur : Laura KASISCHKE
    Genre : Roman
    Éditions : Bourgois
    Année : 2013
    Nombre de pages : 276

    Quatrième de couverture :

    Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n est plus comme avant. Le blizzard s est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

    Mes impressions :

    Quel angoissant roman ! sans doute parce que je ne m'attendais pas à une telle histoire. J'ai choisi cette lecture en fonction de la quatrième de couverture qui ne mentionne pas l'un des thèmes traités. J'ai découvert dès les premières pages que dans le fond, il s'agissait d'une histoire d'adoption et dans la forme, de la relation entre la mère et la fille adoptive. Sujet qui me touche particulièrement puisque j'ai une enfant adoptée à l'âge de 6 mois et qui a aujourd'hui bientôt 11 ans.

    Holly se réveille le matin de Noël avec un sentiment étrange et diffus pourtant palpable, « quelque chose les a suivi jusque chez eux depuis la Russie... » ; Éric et Holly ont adopté, 13 ans, plus tôt dans un orphelinat de Sibérie, une petite fille de deux ans, qu'ils ont prénommé Tatiana.
    Le mystère plane sur ce qui s'est passé entre la première rencontre de Tatiana avec ses futurs parents et les 13 ans qui ont suivi, jusqu'à ce matin de Noël...
    Le récit est racontée à partir des sensations de Holly.
    En ce matin de Noël les Clare se réveillent tard après avoir sans doute abusé de boissons alcoolisées. Holly est imprégnée encore de son rêve qui la laisse confuse et déroutée. Il la hante. Elle se souvient d'avoir reçu un message perturbant et une information inquiétante..
    Tattie est prête depuis longtemps, habillée et maquillée, pour le repas de Noël en famille.
    Tandis qu'Éric part pour l'aéroport chercher ses parents, la mère et la fille se retrouvent seules mais la tension monte entre la mère et la fille.
    Ce huis clos renferme un univers oppressant. Le suspense va crescendo avec des appels en numéro masqué sur le mobile d'Holly, des accidents domestiques, des colères entre Holly et sa fille adoptive. Tatiana se conduit étrangement mais n'est-ce-pas le lot de tous les ados ? Holly quant à elle tente de comprendre pourquoi sa fille est perturbée. Le serait-elle à cause de Tommy son petit copain ?.
    Tattie et Holly deviennent agressives l'une envers l'autre et la fragilité psychologique de la mère ainsi que son mal être sont transparents.
    Holly range les soucis hors du commun ou presque dans les tragédies, elle se raconte et raconte des événements, des épisodes pour le moins curieux, et les traduits avec ses propres significations.
    Et puis souvent elle fait référence à son besoin jadis écrire, elle tenait un genre de journal, mais ne le fait plus par manque de temps pourtant elle aurait dû continuer, je pense que ces mots couchés sur papier l'auraient aidée à exulter ses angoisses et ses déprimes.

    Au fur et à mesure que nous avançons dans la lecture, la nervosité, l'hostilité entre Holly et sa fille sont de plus en plus présentes.
    Holly est assaillie par des souvenirs d'enfance, ceux de sa fille, mais également des souvenirs de ses propres parents, et de sa propre enfance ; les descriptions sont détaillées, précises, où veut-elle en venir ?
    Éric et ses parents tardent à rentrer à cause du blizzard, la tempête les en empêche mais surtout sa mère a eu un malaise et se retrouve à l'hôpital. Voilà ce qu'il annonce par téléphone à Holly. Cette dernière est parcourue par le sentiment de culpabilité. Ne devrait-elle pas le rejoindre malgré la tempête ? Éric lui demande à elle de ne pas sortir par sécurité mais alors pourquoi les frères d'Éric eux, y sont allés ?. Ce sentiment va en engendrer d'autres, plus tenus, plus intimes. Notamment le rejet, l'abandon. Le fait de ne pas se sentir à sa place.
    On sent une Holly de plus en plus perturbée. Peu à peu elle décrit ce qui se passe entre elle et sa fille mais le lecteur va être confronté au doute, est-ce qu'elle invente, imagine ? Ou bien ces événements se passent- ils vraiment ?
    Holly et Tattie, finissent par se quereller de plus en plus fort, à crier ; Holly trouve sa fille insolente, orgueilleuse, irrespectueuse, mais c'est une adolescente....elle suppose que le comportement de Tatiana est une arme contre elle...et alors ça dérape de plus en plus....

    Ce roman me laisse bouleversée, la fin est tellement triste, tellement déroutante que j'en ai eu les larmes aux yeux ! Un livre fort et tragique qui m'a beaucoup touchée.
    Ce roman est glacial, mais il nous permet de réfléchir sur les conséquences des non-dits et sur la remémoration parfois des souvenirs enfouis, que l'on a soigneusement occultés pour ne pas souffrir...et pour ne pas s'avouer la réalité parfois trop dure !
    L'esprit de fête de Noël est remplacé par un esprit d'hiver glacial....
    Une histoire qui reste déchirante mais fort bien écrite. L'alternance entre le passé et le présent, les faits et les informations distillés avec parcimonie, entretiennent l'intérêt de la lecture et l’efficacité d'un suspense envoûtant.

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 21 Septembre 2014 à 19:57

    Un livre qui m'a dérouté. Je ne me souviens plus de tout mais je me rappelle avoir voyagé dans une atmosphère très étrange. Il y a quelque chose de différent, d'inhabituel dans ce récit.

    Ai-je aimé? Je ne m'en souviens plus trop. 

    Content d'avoir lu ton avis.

    Bonne semaine. 

    2
    Lundi 22 Septembre 2014 à 00:37

    "Dérouté" est un mot bien choisi. Parfois pour certains romans, on ne sait pas dire si on a aimé ou pas, on est seulement imprégné de l'atmosphère.

    J'en profite Philippe pour de remercier de ta fidélité sur mon blog.

    Bonne semaine et à très bientôt

    3
    Mardi 23 Septembre 2014 à 19:00
    Alex-Mot-à-Mots

    Une histoire qui reste en mémoire, tu as raison.

    4
    Mardi 23 Septembre 2014 à 20:48

    Il génère de l’inquiétude et une certaine tension déroutante et je pense que ce style là nous fait garder ce récit en mémoire, tu as raison de la préciser Alex-Mot-à-mots.

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