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      « La ballade de Lila K » de Blandine LE CALLET

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Titre : « La ballade de Lila K »
    Auteur : Blandine LE CALLET
    Genre : Roman
    Éditions : Stock
    Année : 2010
    Nombre de pages : 393

    Quatrième de couverture :

    La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge.
    Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité.
    Au cours d’une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu’est devenue sa mère. Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d’enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore...

    Mes impressions :

    Le prologue donne le thème du roman et nous explique dans quelles circonstances Lila K est arrachée à sa mère un matin de 2096, par des hommes en noir. Elle a 6 ans quand elle est transférée dans un centre, mi-pensionnat mi-prison, une sorte de ville dans une ville, où une équipe éducative la prend en charge. Elle nous raconte ses premières semaines dans un environnement qui lui fait peur, un univers étrangement décalé, aseptisé, où les livres ne sont pas les bienvenus…
    Mais qui est Lila K ? Elle crée le mystère. Pourquoi est-elle si différente des autres enfants ? Pourquoi le contact physique avec d'autres personnes la perturbe autant, pourquoi mange t-elle de la nourriture pour chats ?.
    Elle vit dans un monde qui est le sien, celui qui la rassure et elle ne veut pas en sortir. Le rapport des médecins dit : « enfant surdouée, associale, polytraumatisée ». Mais comment en est-elle arrivée là ?
    Elle veut rester dans sa bulle, là où elle se sent protégée. Pourtant elle va rencontrer Mr Kauffman le directeur du centre qui à force de patience, de persévérance va l'aider à surmonter ses premiers troubles.
    Dans un premier temps, elle fait des efforts mais elle ne réussit pas à sortir...elle résiste. Plus tard Kauffman finira par lui inspirer confiance et lui propose des promenades quotidiennes qu'elle va peu à peu accepter. Mais ils sont surveillés par l'équipe et les caméras. Néanmoins il lui fait la promesse de l'aider à retrouver sa mère lorsqu'elle pourra sortir du centre.
    Parce qu'elle a une obsession qui est celle de retrouver sa mère et donc recouvrer sa mémoire perdue elle accepte le long apprentissage que lui propose les éducateurs. Cet apprentissage sera chaotique et difficile.
    Kauffman ne baisse pas les bras et s'attache à l'enfant, comme nous lecteurs, nous sommes plongés dans ses souffrances, elle nous embarque avec elle et nous nous surprenons à vouloir la sortir de là.
    Avec Kauffman elle rencontre la bonne personne au bon moment et ainsi nous montre qu'une personne isolée, seule, peut voir son destin changer même s'il était promis à être sombre et noir.
    Peu à peu Lila se découvre une passion pour les livres, la lecture, les connaissances grâce au directeur qui les aime aussi.
    Mais après quelques années de ce traitement bsé sur la confiance et l'amitié Kauffman meurt d'une crise cardiaque, elle en souffre énormément et se sent comme abandonnée. Elle se promet de ne plus s'attacher aux gens parce que cela fait trop mal quand ils « s'en vont » .
    Fernand sera nommé second tuteur de Lila. Les débuts seront lourds, l'ambiance entre eux deux, délicate mais parce qu'elle n'a qu'une idée celle de retrouver sa mère, elle sait qu'elle doit progresser; elle accepte alors de sortir et manger chez lui. Il lui présente sa femme Lucienne, chétive, dépressive. Lila comprend que cette dernière est triste parce qu'elle est en mal d'enfant....On devine avec ce passage, les ressentis de Lila que provoque le fantôme des rapports qu'elle avait avec sa mère. Le mystère plane toujours sur cette dernière et nous tient en haleine, même si nous comprenons à demi..
    Lucienne tombera enceinte quelque temps plus tard mais cette grossesse est lourde de conséquences et rien ne se passe pas sereinement....Parce que les parents ne sont pas d'accord sur l'avenir de leur enfant, Julienne quittera le domicile conjugal. Lila une fois de plus perd un être cher. Chaque fois qu'elle s'attache à quelqu'un celui-ci lui échappe douloureusement.
    Fernand jouera son rôle éducatif auprès de Lila et deviendra son ami. Il l'aide à affronter sa nouvelle vie.
    Lorsque Lila devient plus forte moralement, l'équipe médicale du centre l'autorise à aller dans la zone extra-muros ; sa passion des livres l'amènera à travailler dans une bibliothèque dans le but secret de trouver des éléments sur sa mère. Elle choisit d'occuper le poste de technicienne qui lui ouvrira les portes du passé grâce à Justinien, jeune homme défiguré qui remontera des archives, des documents et des coupons de presse importants pour elle.
    Elle veut être au plus près de son passé et de la réalité de la zone là où elle vivait avec sa mère avant le centre.
    Cette mère qu'elle a finalement peu connue mais qui pourtant a conditionné le passé, conditionne le présent et conditionnera le futur, l'amènera à enquêter sur elle au moyen de recherches illégales.
    Milo, Mr templeton qui travaillait à la bibliothèque doit fuir pour échapper à la justice. A la bibliothèque il prenait soin de Justinien et secrètement est tombé amoureux de Lila ; en toute pudeur il lui montrera son attention avec des gestes : il prendra des risques pour lui donner le dossier concernant sa mère, ce dossier qui va enfin réconcilier Lila avec son passé. Elle va comprendre d'où elle vient et pourquoi elle est arrivée au centre avec toutes ces blessures physiques et morales. La solitude de sa mère lui a fait perdre pied, je ne vais pas en dire plus pour ne rien enlever au mystère de ce roman que vous trouverez j'en suis sûre bouleversant.
    La fin raconte le passé de sa mère et comment elle en est arrivée à cacher Lila dans un placard pendant des années....Pourtant son amour pour sa mère est incommensurable, inconditionnel parce qu'elle sait qu'elle l'a aimée malgré tout. Elle sent que ce qu'elle a subi n'était pas normal mais elle ne veut pas y penser. Elle trouve à sa mère des circonstances atténuantes, se leurre peut-être mais elle choisit cet état d'esprit sans doute pour trouver la force de continuer à vivre et ne pas sombrer.

    Ce livre est un coup de cœur, il me sera je pense impossible à oublier avec le temps tant il est fort et profond. Cette histoire est bouleversante d'humilité, douloureusement émouvante et nous montre les limites d'une société où tout est contrôlé, visionné, ou les plus forts, dirigent les plus faibles.
    Ce roman futuriste évoque aussi la dérive de cette société fermée hyper contrôlée où bien souvent d'autres choisissent pour nous les chemins à prendre, cette société évolutive, futuriste est inquiétante pour l'avenir.
    Je me suis attachée à cette jeune fille pour qui le simple fait de respirer la fait souffrir et lui demande un effort. Elle est vulnérable et forte à la fois. Loin de ses habitudes celles qu'elles avaient avec sa mère dans un environnement limité, elle montre une forme d'énergie du désespoir.
    Quand elle nous raconte ses troubles, nous avons envie de l'aider à avancer, à aller plus loin pour connaître sa vie et espérer guérir.
    Cette jeune femme est motivée, courageuse, déterminée même si elle a peur de vivre et a peur des autres. Le caractère et la personnalité de Lila nous sautent au visage, ce roman est magnifique.
    On comprend dès le début que ses troubles psychologiques sont directement liés à son passé mais leur nature nous sera dévoilée au fil des pages.
    Lila passe par toutes les émotions quand elle doit commencer à sortir du centre pour de petites ballades, pour se confronter aux autres et à leurs contacts.
    Elle apprend la vie, mais la fuit aussi. Ce qui la motive est l'espoir un jour d'aller à la rencontre de sa mère. Sa ténacité et son courage fait passer son vécu de l'insupportable à l'acceptable. Pourtant sa vie n'est que tristesse et doute. Heureusement que sa vie lui a fait croiser des personnes sincères, entières et compréhensives.
    À la fin on comprend que tout au long du livre elle s'adresse à Milo [ qui est soupçonné de malversations et ennuyé par la justice ] pour qui elle a des sentiments qui la feront espérer malgré la situation de ce dernier en un avenir prometteur.....mais...aura t-elle la patience d'attendre ?

    Court extrait :

    « On passe sa vie à construire des barrières au-delà desquelles ont s'interdit d'aller : derrière, il y a tous les monstres que l'on se créés. On les croit terribles, invincibles mais ce n'est pas vrai. Dès qu'on trouve le courage de les affronter, ils perdent consistance, s'évaporent peu à peu. Au point qu'on se demande, pour finir, s'ils existaient vraiment ».

     


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    Titre : « Le caveau de famille »
    Auteur : Katarina MAZETTI
    Genre : Roman
    Éditions : Gaia éditions
    Année : 2011
    Nombre de pages : 238

    Quatrième de couverture :

    Elle s'est désirée, la bibliothécaire, et lui c'est Benny le paysan. Elledévore avec autant d’ardeur les livres et les produits bio, Benny lui, élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ».
    Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours. Et si ça marche… [Mais chut ! On ne va tout de même pas vous raconter la suite de l’histoire. Néanmoins, les personnes impatientes … pourront en savoir plus…colonne suivante !]
    Comme le disait un critique littéraire suédois : « Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. » C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille ! Pétillant et jubilatoire.

    Mes impressions :

    Dans « Le mec de la tombe d'à côté » j'avais étais émue par la rencontre de deux êtres que tout séparait. La culture, le niveau de vie, d'instruction, les vies professionnelles ; j'ai presque envie de dire que malgré tout, ces deux là, s'attiraient par leurs contraires.Chacun ne comprend pas vraiment le monde de l'autre, ses désirs, ses priorités. Benny a besoin de sa ferme familiale, de labeur, elle, a besoin de lecture, de vacances...Ils sont aux antipodes l'un de l'autre et pourtant ils se retrouvent dans la tendresse.
    Après une première rupture douloureuse pour tous les deux (fin du premier livre) , Anita une cousine de Benny vient vivre avec lui une histoire d'amour à la ferme pendant un an. Quant à Désirée en mal d'enfant ; et oui l'horloge biologique tourne, elle demande à Benny d'être le géniteur de son enfant... Sans que cela ait des conséquences sur leurs vies amoureuses respectives.
    Elle continuerait à être la bibliothécaire et lui s'occuperait de sa ferme, de ses vaches laitière avec Anita .. Ils se donnent trois essais pour donner la vie....Mais voilà que la nature honore Désirée et lui donne la joie de devenir maman...Elle est enceinte. Anita se doutait de quelque chose depuis quelques temps, les escapades de Benny ne lui ont pas échappées... elle est plutôt peinée de cette situation qui finalement ne laissera présageait rien de positif de son futur puisqu'il n'ira pas en sa faveur. Elle quitte la ferme qu'elle avait arrangé à son goût et Désirée viendra la remplacer. La vie du couple va s'en trouver chamboulée. La naissance a lieu, un petit garçon voit le jour.
    Le quotidien à la ferme n'est pas de tout repos, seulement chacun fera des concessions, Désirée pendant son congé maternité mettra entre parenthèse son métier à la bibliothèque et apprendra à traire les vaches et Benny à changer les couches.
    Désirée fait des efforts mais elle ne comprend pas ce qui motive Benny dans son travail. D'autant plus que l'argent commence à manquer et que le travail fourni, pourtant si dense, intense et difficile ramène peu d'argent à la maison.
    J'ai beaucoup aimé la tendresse sans mot dire qui malgré tous leurs désaccords les unis affectueusement.
    Malgré leurs différences, les problèmes financiers, les épreuves, ils s'entraident. Ils continuent de s'aimer à leur façon sans grande passion mais en étant toujours précautionneux de l'autre. Peu démonstratifs, ils restent très attachés l'un à l'autre. Les sentiments sont là. Vrais et sincères.
    Benny appelle toujours Désirée sa « petite crevette », terme affectueux et doux.
    Les chapitres sont bien découpés : tour à tour, Benny et Désirée s'expriment sur leur vie et parfois même décrive un même événement mais avec leur propre façon de voir les choses.
    Ils racontent leur vision de l'existence, de leur famille, de leur amis, de leur couple.
    Chacun espère secrètement que l'autre abandonne quelques unes de ses valeurs pour les rallier à celles de l'autre, mais peut-on se nier et par là même leurrer l'autre ?
    Dans un langage clair, jubilatoire, tendre,direct Katarina Mazetti continue de nous émouvoir et à faire passer des messages. L'amour ne se réduit pas au sexe, et n'est pas emprunts de grands mots d'amour mais au contraire, de petites attentions au quotidien, d'intentions, de geste tendres. Benny et Désirée apprennent à surmonter leurs soucis et les distances avec un changement de décor car tous deux acceptent de concéder à l'autre la place qu'il mérite.
    Malgré quelques jours en vacances pris pour « se retrouver », au retour les réalités du travail à la ferme les rattrapent ; même si ses quelques moments de répits leur ont donné un nouveau souffle (de courte durée).
    Cinq années passent, les naissances se succèdent, Désirée mettra au monde un second petit garçon et un an après une autre petite fille. On sent que Désirée et Benny sont proches de leurs enfants et cela nous les rend attachants, humains.
    Malgré cela la vie à la ferme pèse à Désirée. Et les rapports entre eux deux se durcissent,...Mais Désirée ne peut se résoudre à vivre sans les siens, sans Benny, son mari. Quant à Benny qui aime profondément Désirée il lui sera impossible à quitter sa ferme pour aller vivre à la ville. Il y est attaché autant qu'à sa famille. Alors ils devront faire des concessions s'entraider faire des efforts pour se comprendre et accepter l'autre tel qu'il est et se remémorer pourquoi ils se sont rapprochés, et, un jour aimés et donc ce qui a touché l'autre au début de leur liaison.
    Les tentations de la crise de la quarantaine sont présentes aussi mais l'amour et le respect de l'autre sont plus importants qu'un coup de canif au contrat. Pour ne pas cesser à la tentation j'ai l'impression que ces deux là ne se forcent pas parce qu'il s'aiment profondément et entièrement malgré la routine et les ennuis qui s'accumulent.On voit deux êtres qui s'attirent, se cherchent s'éloignent mais se retrouvent toujours.
    Les non-dits entre eux, paradoxalement expriment avec subtilité leur attachement respectifs.
    Alors faire des concessions est une forme d'amour sinon LA forme d'amour qui permet d'accepter l'autre tel qu'il est, ne pas le nier, le dénigrer mais l'accepter et tolérer ses défauts.... personne n'est parfait. Finalement l'amour c'est peut-être être près de l'autre tout en lui laissant sa place sans chercher à modifier sa personnalité. Voilà ce que je retiens de ce livre d'amour indéniable.
    Il est une véritable ode à l'amour, au couple, à la famille, aux vrais sentiments de fraternité aussi d'amitié et d’entraide, deux cultures et train de vie différents mais ces deux êtres là sont tellement différents qu'ils en deviennent inséparables.
    Un livre superbe, très bien écrit, facile à lire et très gai malgré tout. Ce roman se déguste comme une friandise !
    À lire !

     


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    « Le mec de la tombe d'à côté » de Katarina MAZETTI

     

     

     

     

     

    Titre : « Le mec de la tombe d'à côté »
    Auteur : Katarina MAZETTI
    Genre : Roman étranger
    Éditions : Actes Sud, collection Babel
    Année : 2009
    Nombre de pages : 255

    Quatrième de couverture :

    Désirée, se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’auto-dérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante. C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

    Mes impressions :

    Quelle fraîcheur que ce roman. ! C'est l'histoire d'une rencontre de deux personnes dans un lieu peu commun, un cimetière et de leur histoire d'amour.
    Désirée 35 ans, est veuve et elle vient souvent se recueillir sur la tombe de son défunt mari. Elle est érudite et travaille dans une bibliothèque dans la section Jeunesse et sans doute qu'elle a gardé son âme d'enfant.
    Lui, Benny 36 ans vient passer du temps sur la tombe de ses parents. Vieux garçon bourru il vit seul désormais dans sa ferme et élève des vaches. Il ne jure que par son dur labeur et aimerait bien rencontrer une femme qui aspire aux mêmes tâches et vie que lui.
    Tout les séparait, lui compare les femmes à un troupeau qu'il faut lever de temps en temps et elle qui est romantique et écrit des poèmes. Tour à tour, alternativement chacun explique comment le premier regard a tout changé entre eux.
    Finalement ils se rejoignent et finissent par s'aimer. Mais le choc des cultures sera rude et viendra à bout de leur histoire d'amour.
    Chacun souhaite que l'autre change et adopte sa façon de vivre et ses goûts. Mais y arriveront-ils sans se mentir et en restant fidèles à eux mêmes ?
    Benny et Désirée n'ont pas voulu tenter l'expérience pleinement mais ils continueront de s'aimer à distance malgré leur style de vie différents.
    J'ai trouvé ce livre, fort, parfois triste, parfois gai ! Je me suis attachée aux deux personnages qui essaient intimement de construire une belle histoire. Ils ne s'avouent pas tout ce qu'ils pensent parce qu'il finissent par tellement se connaître que ça devient superficiel.
    Les stéréotypes et les idées reçus sur les paysans et les intellectuels sont présents et ancrés et c'est ce qui fait le charme de ce roman.
    Chacun essaie de garder sa place et à la faire accepter par l'autre. Mais le naturel et les différences seront les plus forts.
    Peut-on rester soi-même en adoptant une vie que l'on ne choisit pas ?
    Les opposés s'attirent-ils ?
    Leur quotidien est fait de pulsions et de raisons; ils passent du temps ensemble, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre et ils essaient chacun de faire franchir à l'autre la barrière sociale avec tendresse et parfois dureté.
    Avec sobriété et humour, nous vivons cette délicate histoire d'amour avec délice.
    La fin demande beaucoup de courage à Désirée et confère au roman une ouverture sur un possible....
    Sans tomber dans la mièvrerie, ce livre est un condensé de tendresse, d'affection, de sensibilité, d'humour et de vivacité. Il se lit vite, le style est limpide. Les métaphores pleuvent et les altercations entre Benny et Désirée nous font souvent sourire.
    Un livre que je recommande.
    Ce roman a une suite qui se trouve ici :« Le caveau de famille »

     


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    Titre : « À Mélie sans mélo » 
    Auteur : Barbara CONSTANTINE
    Genre : Roman
    Éditions : Livre de poche
    Année : 2010
    Nombre de pages : 250

    Quatrième de couverture :

    Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Sa petite-fille, Clara, vient pour la première fois passer toutes les vacances d'été chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu'elle a un problème de santé... Elle verra ça plus tard. La priorité, c'est sa Clarinette chérie ! Mélie, le mélo, c'est pas son truc. Elle va passer l'été (le dernier ?), à fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant la Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi... le vieux Marcel qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique, Fanette, sa mère, qui va lui trouver un beau-père ; Bello, son parrain, qui va agrandir sa bande de filleuls musiciens. Et puis, comme la vie est vraiment dingue des fois, il y a Mélie quoi va enfin rencontrer le grand amour... Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !

    Mes impressions :

    Quel livre !!!! Je sais qu'il me restera longtemps en mémoire, j'ai eu du mal à quitter les personnages qui m'habitent pleinement. Voici quelques heures que je l'ai terminé et j'en suis toute imprégnée.

    J'avais beaucoup aimé, Tom, petit Tom tout petit homme et À Mélie sans mélo est de la même lignée. Il aborde des thèmes semblables.
    C'est un livre sur la vie, le temps qui passe, trois générations se croisent, vivent ensemble, s'apprennent ! Un livre qui ravira les jeunes, les moins jeunes et les personnes âgées parce qu'il fait appel aux sentiments, à l'émotion et à l'humilité et même au passé.
    L'amour est dans toutes les pages, qu'il soit filial, amical, d'adoption ; il est vrai, sincère et tolérant.
    J'ai trouvé dans ce livre de la fraîcheur, parfait pour cette fin d'été caniculaire mais aussi de quoi me réchauffer le cœur pour cet hiver. Vraiment je vous le conseille; il est vraiment incroyable.
    Il bouleverse, il émeut.
    Mélie est exceptionnelle, elle vit à la campagne, près de la nature. Clara sa petite fille a 10 ans. Fanette la fille de Mélie l'a prise sous son aile à l'âge de 5 ans, en Colombie alors qu'elle était en mission humanitaire.
    Elle est médecin comme Gérard, son ami qui vient d'être quitté par Odile sa femme et mère de ses trois enfants...
    Il y a Bello, la parrain de contrebande qui chaque fois qu'il rencontre un enfant devient ou presque son filleul … il est le parrain aimant et attachant, et puis il y a Marcel, lui est le meilleur ami de Fernand décédé à ce jour mais qui était le mari de Mélie... Et puis Antoine « l'amoureux » de Clara qui vient passer quelques jours de vacances en compagnie de cette joyeuse bande car même si les difficultés de les épargnent pas, ils font face et se serrent les coudes et se transmettent des valeurs.
    Je suis de suite entrée dans le roman ; le fossé des générations ici n'est pas palpable et ça fait du bien.
    Il y a de l'insouciance, même si parfois les rôles s'inversent ou que les souvenirs de Guerre sont là pour ne pas oublier...
    Les personnages sont authentiques, hauts en couleur, touchants, heureux de vivre même si ils sont inquiétés sans le dire par la santé qui n'est pas toujours parfaite...
    L'écriture est riche, méticuleuse mais jouissive, insouciante mais tellement posée et précise. Il y a des jeux de mots, des situations cocasses comme des pannes de voiture ou d'appareil électro ménager provoquées juste pour que le réparateur (Marcel se sente utile) ; Un lit et une chaise qui pensent et parlent, plein de bons sentiments, et la certitude que la vie parfois ne tient à rien et qu'elle peut-être simple même lorsqu'elle est compliquée, il suffit de prendre le temps de la regarder ; comme le font Mélie et Clara assises et qui contemplent une araignée tisser sa toile avec patience et attention ou même les bambous qui parait-il grandissent de 15 à 20 centimètres par jour, mais encore faire du vélo à en avoir mal aux jambes et se sentir vivant.
    Ce roman parle aussi des premières fois et peut-être des dernières. Il est malgré tout une invitation à la plénitude.
    À un moment donné Mélie écrit un Email a sa fille et elle lui dit :

    « Ps : Le petit jeune homme du cybercafé m'a appris à dessiner ce chat :

       (\_/)
    (=' .' =)
     (")_(")

    Tu te rends compte, c'est fait qu'avec des guillemets, des tirets, des apostrophes, des points, des parenthèses »
    Finalement je me dis que la vie c'est AUSSI s'émerveiller de tout...

    Chapeau bas madame Barbara CONSTANTINE !

    J'ai également beaucoup aimé « Et puis Paulette ...»

     


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  • «Et puis Paulette ...» de Barbara CONSTANTINE

     

     

     

     

    Titre : «Et puis Paulette ...»
    Auteur : Barbara CONSTANTINE
    Genre : Roman
    Éditions : Calmann-Lévy
    Année : 2012
    Nombre de pages : 305

    Quatrième de couverture :

    Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. À l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
    De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…

    Mes impressions :

    Un vrai coup de cœur avec ce quatrième roman de cette auteure que j’affectionne tout particulièrement ! Je ne suis pas déçue par cet opus là !
    Il se situe dans la veine de «Amélie sans Mélo »... et je suivrais absolument cette auteure talentueuse ! ce roman est tout en douceur, sentiment, sensibilité comme je les aime.
    Ferdinand sauve in extremis Marceline sa voisine du suicide, lui c’est ce qu’il croit mais était-ce vraiment un suicide ? ou seulement un souci de tuyau de gaz défectueux ???. La vérité est que l’installation de la maison de Marceline n’est pas aux normes et que cela peut être dramatique. Il s’en rend compte lorsque après un violent orage, la toiture cède....Après quelques réflexions il va lui proposer de venir habiter chez lui le temps des réparations.
    Avant il vivait avec son fils Roland, sa belle fille Mireille et leurs deux enfants, les deux Lulus. Ils tiennent un restaurant au village mais depuis deux mois ils sont partis vivre dans une autre maison....
    Muriel et Louise sont étudiantes en 2ème année de formation infirmière ; elles cherchent un petit emploi afin de pouvoir payer un loyer et leurs études. Elles iront trouver Mireille qui n’hésitera pas à les embaucher en extra. Muriel va intégrer également la maison de Ferdinand.
    Guy et sa femme Gaby, tata des deux Lulus sont des amis de Ferdinand, mais lorsque Gaby meurt, Guy est désemparé, désorienté, il se laisse mourir. Une fois de plus par générosité Ferdinand lui propose de vivre avec lui et Marceline.
    Hortense et Simone sont deux sœurs, enfin disons belles sœurs. Hortense perd la mémoire, et vivre seules toutes les deux peut-être dangereux...Alors Ferdinand qui comprend la situation va également leur proposer de vivre chez lui ! et puis...et puis...La maison se remplit sans que jamais Ferdinand ne regrette.

    La vie à la campagne est vraiment différente de celle des villes, les habitants sont plus solidaires plus compréhensifs, ils ne s’embarrassent pas toujours du qu’en dira-t-on, ils agissent par solidarité et par humanité ; Ils sont simples emplis de sentiments, d’humilité entre eux; une entraide incommensurable ! La maison de Ferdinand va être habitée par des personnes aux caractères bien différents et aux vies variées et pourtant ils s’aideront mutuellement à affronter les soucis respectifs de leurs vies mais également les joies...et tout cela dans le respect de l’autre et de ses différences. Ils vont nous donner une belle leçon de vie et de courage, de solidarité car les épreuves que chacun traverse sont là pour nous montrer que la vie est loin d’être facile, dépression, maladie, séparation, problème de travail .....
    Peu à peu tout ce petit monde se retrouve simplement autour d’un repas, oublie leur solitude et même certains retrouvent le moral....Tous sont animés par une réelle sensibilité et n’essaie pas de percer les mystères des uns et des autres, ils se respectent, s’entraident et s’aiment. Ils apprennent la vie et certains ont partager leur expériences. Et puis l’arrivée inattendue d’une ultime personne va tous les bouleverser....La fin m’a énormément émue, touchante.
    Qui a dit que les générations ne pouvaient pas cohabiter. Sûrement pas Barbara Constantine !
    Solidarité, humanité, fraternité, sont les valeurs qui devraient être celle de la France entière, rurale ou pas ! et au passage elle propose avec ce roman une alternative aux maisons de retraite.
    Un roman où l’amitié, l’amour, le respect l’entraide sont les meilleurs des médicaments ! et la plus belle chose au monde quand la vie est bien fragile ou éprouvante
    Toujours avec humour, et tendresse, Barbara Constantine décrit des personnages hauts en couleurs, attachants, humains ! Bravo ! car elle sait parler à notre âme et à ce qui se trouve au fond de nous.
    Dans un langage, simple, souvent de la campagne, elle sait faire passer les émotions pour notre plus grand plaisir.

    Un site a même été créé sur la solidarité et « les vieux », je vous laisse le découvrir même s’il est en cours de construction.

    J'ai beaucoup aimé aussi « Amélie sans mélo » et «Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom»

     


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    «Tom petit Tom tout petit homme Tom» de Barbara CONSTANTINE

     

     

     

     

     

    Titre : « Tom petit Tom tout petit homme Tom »
    Auteur : Barbara CONSTANTINE
    Genre : Roman
    Éditions : Calmann-Lévy
    Année : 2010
    Nombre de pages : 256

    Quatrième de couverture :

    Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l'a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre... Mais comme il a très peur de se faire prendre et d'être envoyé à la Ddass (c'est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu'elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n'était pas passé par là...

    Mes impressions :

    Sans tomber dans le mélo, ce livre touchant parle de rencontres intergénérationnelles de difficultés et d'amour filial.
    Une fois fini, il m'a fait penser à « Ensemble c'est tout » de Gavalda, non par le style mais à l'instar des personnages qui sont tous des écorchés de la vie et qui viennent d'horizons divers. Ils sont tous différents mais ils ont en commun la sensibilité.
    Tom est attachant, il chaparde des légumes dans les potagers alentours; il prépare des plats pour sa mère et pour Madeleine, femme âgée solitaire qui vit avec son chat et son chien; il regarde la télévision par la fenêtre de ses voisins, un couple de retraités anglais-français et il fait faire des devoirs à sa mère Joss qui s'est décidée à passer le BAC. Sa mère, derrière ses grands airs est encore une « grande enfant » qui essaie de trouver une place et surtout qui attend de rencontrer un homme qui l'aimera pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle a, c'est à dire une grosse poitrine.
    Le jeune père de Tom revient sans savoir que Tom est son fils...Ils s'apprennent, se découvrent et finalement vont finir par vivre tous ensemble.
    L'humour est savamment dosé pour ne pas oublier le sentimental.
    Les phrases sont courtes, le livre se lit très vite.
    Il nous fait aimer la vie malgré ses drames, ses difficultés, et même parfois la pauvreté.
    La solitude laisse place aux rencontres.
     

    J'ai aimé le passage ou Tom déguste une tablette de chocolat à la framboise, à la manière de la Madeleine de Proust, mais aussi les clins d’œil, les jeux de mots et les situations cocasses.
    Un livre tout en tendresse et finesse, qui parle d'espoir.
     

    J'ai également beaucoup aimé , « Amélie sans mélo » et puis « Et puis Paulette...»


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    Titre : « Le porteur de Destins »
    Auteur : Gilbert BORDES
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 1992
    Nombre de pages : 225

    Quatrième de couverture :

    En 1912, Antonin avait vingt et un ans et il était fou de bonheur. Certes, il allait rejoindre son régiment et quitter pour de longs mois Josépha qu’il aimait plus que tout ; mais il savait qu’elle l’attendrait, qu’en 1914 ils se marierait et vivraient aux Rivières-Hautes, le domaine familial qui lui revenait.
    Le destin en décida autrement. La guerre éclata. Lorsqu’il revient, amputé d’un bras, son frère dirigerait le domaine et Josépha était mariée à un autre.
    Antonin, devint facteur. Chaque jour il chemine sur les routes de Corrèze. De maison en maison, il porte les nouvelles, bonnes ou mauvaises. Émissaire du destin, il est tour à tour idolâtré et haï. Parfois, il se rebelle et tente de modifier le cours des choses. Mais peut-on s’opposer à l’inéluctable.

    Mes impressions :

    Ce livre est poignant, émouvant.
    On touche du doigt les sentiments de l’auteur, du héro et des personnages !
    La trame de fond est la guerre et tous les destins qui vont se greffer autour de celle–ci.
    La vie autour d’un village et de ses habitants, du terroir. Dans ce livre nous vivons autour de tout un village et des lignées.
    L’agilité de l’auteur à nous décrire les sentiments et les ressentis des personnages sans s’appesantir sur des détails inutiles nous livre là un beau roman, facile à lire.
    Il place le contexte sobrement et poursuit son chemin.
    Les passages dans lesquels il décrit la guerre, sont pudiques et respectueux des poilus.
    Le héros est fragile, pudique et fort à la fois mais aussi révolté face aux injustices et aux destins qui ne laissent pas de répit.
    Sur fond de guerre (14-18 et 39-45) l’auteur nous livre une chronique villageoise .
    Il est spectateur de son destin et de celui des autres à travers le courrier qu’il distribue.
    Nous ne sommes pas maîtres de notre destin totalement et par la force des choses, il s’en rendra compte, le cours des choses, ne peut pas être changé simplement par le vouloir.
    J’aime beaucoup les trois dernières pages qui invitent à la réflexion et qui sont d’actualités encore plus de nos jours : Prenons nous le temps de vivre, la course vers le progrès ne nous même t-il pas à la perte du simple bonheur de regarder les choses vivre, de prendre le temps de s’arrêter et de regarder la nature ou les choses qui nos entoure. ?
    L’auteur de donne vraisemblablement pas de réponse mais nous donne les ingrédients pour aborder et commencer une discussion…

    Je rappelle que ce livre à été porté à l’écran. Je l’ai vu deux fois et toujours avec autant de plaisir, le film est très représentatif et reste fidèle à l’écrit.
    Je rajoute que j'ai lu de nombreux romans de cet auteur que vous trouverez sur la Book-Mélusine.  

    BORDES Gilbert, Le chemin de Peyrelongue
    BORDES Gilbert, Le silence de la Mule
    BORDES Gilbert, Le chat derrière la vitre
    BORDES Gilbert, Les Terres brûlantes
    BORDES Gilbert, Juste un coin de ciel bleu
    BORDES Gilbert, Le voleur de bonbons

    BORDES Gilbert, Les vents de la liberté

     


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    Titre : « La couleur des sentiments »
    Auteur : Kathryn STOCKETT
    Genre : Roman étranger
    Éditions : Actes sud
    Année : 2010
    Nombre de pages : 510

    Quatrième de couverture :

    Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.

    Mes impressions :

    Nous sommes en 1962, Jackson, Mississippi, Martin Luther King et son rêve Américain ne sont pas encore d'actualité et la ségrégation raciale fait autorité.
    À cette époque là, les blancs et les noirs ne se mélangent pas.
    Les lois raciales et ségrégationnistes sont instaurées et la vie n'est pas paisible.
    Les noirs ne peuvent pas étudier, ils ne fréquentent pas les mêmes bibliothèques, les mêmes hôpitaux, ils doivent céder leur place dans les bus, ils n'ont pas le droit d'utiliser les mêmes toilettes, ni les mêmes couverts parce qu'ils sont suspectés d'amener toutes sortes de maladies.
    Les domestiques noires s'occupent des enfants des blanches, font le ménage, la lessive, la cuisine pendant que leurs maîtresses jouent au bridge, participe à des réunions et créent une ligue.
    Nous suivrons le quotidien de deux d’entre elles.
    Les conditions de travail sont rudes, mais en parler est tabou. Ceux qui dénoncent le combat des différences se font assassinés ou sont persécutés et leur famille se retrouve dans une misère totale.
    Une jeune femme blanche de 23 ans, Skeeter sensible à cette injustice voudrait faire changer les choses.
    Elle écrit pour un journal et décide par la même de faire un livre sur le quotidien de ces femmes noires qui sont au service des femmes blanches.
    Elle trouvera la force en la personne d'Aibileen, bonne de Hilly. Cette dernière est une femme autoritaire qui souhaite faire adopter des lois spécifiques mais ironie du sort, elle récolte des fonds pour les enfants d'Afrique.
    Skeeter soutient les noirs. Elle a compris que la seule particularité entre les blancs et les noirs reste la couleur de peau.
    Aibileen a peur de témoigner, elle est partagée car elle sait ce qu'elle risque ! La perte de son travail, la misère pour toute sa famille et même la mort ! Alors que faire ? Mais pour que les choses changent il faut les dénoncer alors pour faire comprendre au monde entier ce que sont leurs conditions finalement elle accepte et ralliera avec elle sa copine de toujours Minny, petite femme costaud, insolente, battue par son mari mais qui craint pour les siens et de la tournure des évènements si rien n'est fait.
    Dans un langage, mi-humour, mi-dramatique, Kathleen Krochett, nous parle de cette sombre période où la vie de la population de couleur est loin d'être facile. Les gens ne se connaissent pas et les a-aprioris font qu'ils vivent « séparés ».
    Je me suis attachée à Aibileen et Minny qui sont différentes de caractère mais veulent la même chose, la justice et le respect pour tous, doublée d'une vie plus décente et la fin des humiliations.
    Par leurs témoignages et la publication d'un livre elles prétendrons instaure ainsi le respect et les sentiments humains pour tous.
    Aibileen est une femme sensible, qui a perdu son seul enfant, mais qui considère les enfants qu'elle garde (élève) comme les siens.
    C'est une femme humaine, qui est réceptive à la douleur des autres, elle a beaucoup d'affection pour eux. Elle aime lire et va se battre pour ses convictions
    Minny une femme qui dit ce qu'elle pense, sera confronté à sa franchise.
    Certaines bonnes auront quand même de bons souvenirs car elles sont bien intégrées par la famille qui les emploie et plus particulièrement par les enfants dont elles s'occupent.
    Sketer malgré la crainte de ce qu'elle risque à se ranger du côté des bonnes, mènera son combat jusqu'au bout sans être certaine que son livre sera publié.
    L'histoire de ses trois femmes et de leur rencontre se fait avec la narration de chacune tour à tour qui raconte son vécu et ses pensées quant à leur projets. Parfois un même événement sera perçu différemment selon l'une ou l'autre. Nous voyons ainsi comment les langues se délient et quelles sont les pensées personnelles et intimes de ces trois femmes et de leurs collègues qui vont finalement se rallier à elles..
    Si Minnie et Aibileen écrivent comme elles parlent , Sketer de part son instruction va corriger et mettre en forme les témoignages requis et faire un livre qui va modifier les mentalités.
    Le dénouement ne sera pas clément pour toutes mais les choses commenceront à changer. Les prises de conscience à titre individuel ou collectif, seront nécessaires pour que l'avenir soit meilleur.
    Un livre coup de cœur qui me restera longtemps en mémoire !
    Un roman que je recommande fortement car au delà d'une belle histoire de liberté et d'humanité et une écriture limpide, nous sommes dans l'histoire et dans l'avènement du changement des mentalités et de la prise de conscience par certains de l'aberration des lois raciales.
    Un véritable coup de cœur pour moi.
    Le film est aussi superbe que le livre.


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    «Laisse moi te raconter...les chemins de la vie» de Jorge BUCAY

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Titre: « Laisse moi te raconter...les chemins de la vie »
    Auteur : Jorge BUCAY
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 1994 et (2004 pour la traduction française)
    Nombre de pages : 277

    Quatrième de couverture :

    Pourquoi l'éléphant de cirque, capable d'arracher un arbre, reste-t-il sagement attaché à un maigre piquet ? Parce que, dès sa naissance, il y a été assujetti, et qu'incapable de s'en échapper à cet âge, il n'a plus jamais réessayé depuis. C'est par cette fable que Jorge Bucay, un thérapeute hors du commun, explique à l'un de ses patients qu'il est comme cet éléphant, relié à des centaines de piquets invisibles qu'il croit indéracinables. Et des histoires comme celles-là, Jorge en a beaucoup ! Limpides, faciles à retenir et bien plus éclairantes sur l'existence que n'importe quel discours théorique, elles constituent en effet la base de sa méthode, et elles s'adressent tout autant à son auditeur qu'à chacun d'entre nous...

    Mes impressions :

    Jorge le maître et Damian l'élève, nous font emprunter les chemins qui font la vie...
    Jorge dans ce livre fait une anthologie d'histoires de toutes cultures confondues, mais aussi de phrases percutantes, d'anecdotes, de proverbes venant d'horizons divers et de sa propre expérience dans le dessein de nous faire nous interroger sur nous mêmes et les autres mais aussi sur nos actions aux quotidiens.
    Sous forme de dialogue tous deux nous parlent de la vie et de notre rapport à l'autre.
    Ils évoquent la liberté, le relationnel, l'attachement, la colère, la confiance en soi, la persévérance, l'effort, les pertes affectives, la jalousie, les caprices, mais aussi le poids du regard des autres, la culpabilité, le don de soi ou l'égoïsme, la solidarité, l'insatisfaction, l'acceptation en opposition à la résignation, la possessivité, la vanité, le respect de soi…..tout ceci sous forme de parabole.
    Ils nous invitent à réfléchir et à méditer sur de nombreux thèmes; ils nous inspirent.
    Mais ne nous y trompons pas, nous nous questionnons mais ne pouvons qu'être seulement guidés; car chaque réponse est en chacun de nous; ils nous donnent l'occasion d'interpréter ces petits contes selon notre propre façon de voir les choses.
    Il s'agit d'un roman magnifique que je recommande vivement. Il permet un véritable travail sur soi-même.
    Il serait bon de le lire une première fois comme un roman puis, chaque chapitre, plus profondément en laissant le temps faire son œuvre; car nous nous imprégnions de chaque parabole et chaque métaphore.
    En lisant ce livre j'avais l'impression qu'il avait été écrit pour moi tant il m'a interpellé dans mon fort intérieur.
    L'humeur des deux protagonistes varie selon le quotidien; tantôt agacés, tantôt provocateurs, ou simplement compréhensifs; ils sont à notre image.
    Le style est agréable, limpide ce qui fait que le roman ne comporte pas de difficultés de compréhension.
    Ce livre a une tierce efficacité, il nous détend, nous apprend et nous fait méditer sur la vie, les faits et les relations. Il a en effet un but thérapeutique dans la connaissance de soi et des autres.
    À lire et à relire ! (Peut être rangé dans la catégorie (Philosophie)


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    Titre :« Amazones »
    Auteur : Raphaëlle RIOL
    Genre : Roman
    Éditions : La brune au rouergue
    Année : 2012
    Nombre de pages : 200

    Quatrième de couverture :

    Fin d'été au Repos-fleuri, une maison de retraite où de vieilles dames survivent à leurs époux défunts. Parmi elles, Alphonsine, 89 ans, assise par hasard à côté d'Alice, 30 ans, une jeune femme venue rendre visite à sa grand-mère.
    Contre toute attente, la vieille et la jeune se découvrent quelques points communs inattendus, dont le refus de la résignation et le sens de la révolte. Deux femmes qui aiment cultiver le féminin singulier et la ligne de fuite... Dans ce deuxième roman, Raphaëlle Riol confirme son talent libre. Dans ce roman ironique, elle nous embarque à grande vitesse à la suite de deux Amazones modernes dont la seule alternative pourrait être de devenir des Madame Bovary ou de tuer.

    Mes impressions :

    Alice est-elle logique ? : elle voit les maisons de retraite comme des mouroirs. L'espérance de vie augmente mais dans quelles conditions vivent les plus âgés ? isolés, malades, grabataires, incapacité de faire des activités...
    L'ironie est grinçante quand on sait que même si l'espérance de vie augmente cela n'empêche pas la dégradation du corps, cette réalité est énoncée à peine voilée. Vivre plus longtemps oui mais seulement si on reste en bonne santé et en bonne forme.
    L'auteur nous délivre un autre regard sur la vieillesse ici réaliste et sans langue de bois.
    L'histoire au départ est simple, Alice va voir sa grand-mère à la maison de retraite.
    Lors d'un repas ensoleillé long et ennuyeux avec les résidents elle rencontre Alphonsine assise à côté d'elle, une vieille dame pragmatique, révoltée, non résignée.
    Toutes deux décident de s'échapper quelques jours. Elles fuient leur environnement. Alice embarque Alphonsine dans sa voiture, direction la maison familiale. Une escapade quasi improvisée qui les mènera du Havre, à Loupiac en Gironde, puis à Marseille, avant un retour à la case départ.
    Peu à peu nous découvrons qui sont ses deux femmes à travers leurs pensées, leurs vécus, leur caractère. Elles se racontent tour à tour dans les chapitres, l'une après l'autre.
    Ces deux solitudes qui se rencontrent feront par la suite étoffer respectivement le cercle de connaissance de l'autre.
    Jean Bernard Cavalier collègue de travail d'Alice, il est son binôme de travail. Elle ne le supporte plus. D'ailleurs elle a donné sa démission.L'ami (fiancé) d'Alice Robin est décédé de façon inattendue et surprenante
    D'autres personnages apparaissent, il y a Max le voisin de la campagne de Loupiac. Il est le seul homme qui ne sera pas critiqué par les femmes du roman.
    Alphonsine souhaite retrouver ses copines du «club des amazones», elles sont des mamies, vivantes, remuantes, et ne se laissent pas ennuyer par les hommes de leur vie. Elles ont décidé de prendre le dessus sur eux.
    Chaque personnage nous livre de son vécu, de son histoire personnelle les grandes lignes de son existence, celles qui l'a marqué.
    Les femmes sont toutes révoltées, insoumises et refusent de ressembler à Madame «Tout le monde»
    Alphonsine est une épouse frustrée et elle a même été l'amante d'un boucher. Ces propos sont remplis de haine et de révolte pour son mari qui ne la respectait pas...puis des hommes en général.
    Derrière ses airs de «dure» Alice est une jeune femme en rébellion mais fragile, elle s'est automutilée à 17 ans et dit se réjouir de la mort de son amant. Elle a des relations tendues avec notamment sa soeur, femme rangée mère irréprochable épouse parfaite
    Alice a peur de grandir parce qu'elle a peur de perdre l'innocence et entrer dans un monde hypocrite et malveillant, celui des adultes
    Une part d'elle-même restera éternellement en enfance.
    Alors que tout le monde s'accorde pour dire que la vieillesse égale dépendance ici nos mamies amazones sont libres, contre la résignation la «végétation».
    L'humeur est morose, mais nos mamies ne s'embarrassent pas de peines inutiles, elles agissent, elles vivent à fond et refusent les clichés sur l'âge avancé et son lot de limites.
    Les personnages sont attachants, de par leur singularité, leur naturel leur blessure, leur énergie parfois mal utilisées
    Alice et max le voisin campagnard dévoile leur pensée, raconte leur joyeuse ou peu gaie, leur peine, leur joie. Max est sensible et apporte donc de la douceur, de la poésie et de l'amour. Lui construit des totems à l'image de la vie et de l'âme des personnes....

    Le roman est une suite de réflexions, maximes parfois philosophiques, d'observations cassantes, et de confessions parfois pénibles.
    Sont présentes beaucoup de métaphores surprenantes voire cruelles, cocasses notamment entre le cochon et le porc de mari de Joséphine
    Alphonsine dit «longtemps que je n'étais plus sa "colombe" mais plutôt sa pigeonne, ou plutôt la dindonne de sa farce abjecte» ou «on affronte ses peurs dès lors qu'on accepte d'y renoncer».
    Ce roman démontre que la vieillesse est synonyme de temps qui passe, laissant des signes sur le corps, sur l'âme mais on peut retarder les effets dévastateurs en restant alerte, enjouées et lucides.
    Frais vivifiant, inquiétant même, délicieusement ironique, féministe et drôle ce roman est un road movie Français !
    L'écriture est poétique, sensible. Le roman parle des destins de femmes qui ne se veulent pas fatalistes.
    Il est dynamisant ; il dresse des portraits de femmes (soeurs, amies, mères) plus ou moins, enthousiastes, soumises On les découvre avec leur rapport à l'homme : pour les unes la révolte domine, pour d'autres c'est la satisfaction béate, ou encore la soumission ! D'autres n'aspirent qu'à la liberté.
    Les propos sont parfois crus, violents, sans concessions pour la gent masculine parce que les personnages principaux règlent leurs comptes avec les hommes !
    Les lecteurs machos et fiers de l'être n'y trouveront pas leur compte et seront sûrement agacés !
    La fin (fatalité) se devine j'ai envie de dire, douloureuse.....
    Un excellent roman vif et ardent !

    Le continent


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