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    «Tom petit Tom tout petit homme Tom» de Barbara CONSTANTINE

     

     

     

     

     

    Titre : « Tom petit Tom tout petit homme Tom »
    Auteur : Barbara CONSTANTINE
    Genre : Roman
    Éditions : Calmann-Lévy
    Année : 2010
    Nombre de pages : 256

    Quatrième de couverture :

    Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l'a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre... Mais comme il a très peur de se faire prendre et d'être envoyé à la Ddass (c'est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu'elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n'était pas passé par là...

    Mes impressions :

    Sans tomber dans le mélo, ce livre touchant parle de rencontres intergénérationnelles de difficultés et d'amour filial.
    Une fois fini, il m'a fait penser à « Ensemble c'est tout » de Gavalda, non par le style mais à l'instar des personnages qui sont tous des écorchés de la vie et qui viennent d'horizons divers. Ils sont tous différents mais ils ont en commun la sensibilité.
    Tom est attachant, il chaparde des légumes dans les potagers alentours; il prépare des plats pour sa mère et pour Madeleine, femme âgée solitaire qui vit avec son chat et son chien; il regarde la télévision par la fenêtre de ses voisins, un couple de retraités anglais-français et il fait faire des devoirs à sa mère Joss qui s'est décidée à passer le BAC. Sa mère, derrière ses grands airs est encore une « grande enfant » qui essaie de trouver une place et surtout qui attend de rencontrer un homme qui l'aimera pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle a, c'est à dire une grosse poitrine.
    Le jeune père de Tom revient sans savoir que Tom est son fils...Ils s'apprennent, se découvrent et finalement vont finir par vivre tous ensemble.
    L'humour est savamment dosé pour ne pas oublier le sentimental.
    Les phrases sont courtes, le livre se lit très vite.
    Il nous fait aimer la vie malgré ses drames, ses difficultés, et même parfois la pauvreté.
    La solitude laisse place aux rencontres.
     

    J'ai aimé le passage ou Tom déguste une tablette de chocolat à la framboise, à la manière de la Madeleine de Proust, mais aussi les clins d’œil, les jeux de mots et les situations cocasses.
    Un livre tout en tendresse et finesse, qui parle d'espoir.
     

    J'ai également beaucoup aimé , « Amélie sans mélo » et puis « Et puis Paulette...»


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    Titre : « Le porteur de Destins »
    Auteur : Gilbert BORDES
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 1992
    Nombre de pages : 225

    Quatrième de couverture :

    En 1912, Antonin avait vingt et un ans et il était fou de bonheur. Certes, il allait rejoindre son régiment et quitter pour de longs mois Josépha qu’il aimait plus que tout ; mais il savait qu’elle l’attendrait, qu’en 1914 ils se marierait et vivraient aux Rivières-Hautes, le domaine familial qui lui revenait.
    Le destin en décida autrement. La guerre éclata. Lorsqu’il revient, amputé d’un bras, son frère dirigerait le domaine et Josépha était mariée à un autre.
    Antonin, devint facteur. Chaque jour il chemine sur les routes de Corrèze. De maison en maison, il porte les nouvelles, bonnes ou mauvaises. Émissaire du destin, il est tour à tour idolâtré et haï. Parfois, il se rebelle et tente de modifier le cours des choses. Mais peut-on s’opposer à l’inéluctable.

    Mes impressions :

    Ce livre est poignant, émouvant.
    On touche du doigt les sentiments de l’auteur, du héro et des personnages !
    La trame de fond est la guerre et tous les destins qui vont se greffer autour de celle–ci.
    La vie autour d’un village et de ses habitants, du terroir. Dans ce livre nous vivons autour de tout un village et des lignées.
    L’agilité de l’auteur à nous décrire les sentiments et les ressentis des personnages sans s’appesantir sur des détails inutiles nous livre là un beau roman, facile à lire.
    Il place le contexte sobrement et poursuit son chemin.
    Les passages dans lesquels il décrit la guerre, sont pudiques et respectueux des poilus.
    Le héros est fragile, pudique et fort à la fois mais aussi révolté face aux injustices et aux destins qui ne laissent pas de répit.
    Sur fond de guerre (14-18 et 39-45) l’auteur nous livre une chronique villageoise .
    Il est spectateur de son destin et de celui des autres à travers le courrier qu’il distribue.
    Nous ne sommes pas maîtres de notre destin totalement et par la force des choses, il s’en rendra compte, le cours des choses, ne peut pas être changé simplement par le vouloir.
    J’aime beaucoup les trois dernières pages qui invitent à la réflexion et qui sont d’actualités encore plus de nos jours : Prenons nous le temps de vivre, la course vers le progrès ne nous même t-il pas à la perte du simple bonheur de regarder les choses vivre, de prendre le temps de s’arrêter et de regarder la nature ou les choses qui nos entoure. ?
    L’auteur de donne vraisemblablement pas de réponse mais nous donne les ingrédients pour aborder et commencer une discussion…

    Je rappelle que ce livre à été porté à l’écran. Je l’ai vu deux fois et toujours avec autant de plaisir, le film est très représentatif et reste fidèle à l’écrit.
    Je rajoute que j'ai lu de nombreux romans de cet auteur que vous trouverez sur la Book-Mélusine.  

    BORDES Gilbert, Le chemin de Peyrelongue
    BORDES Gilbert, Le silence de la Mule
    BORDES Gilbert, Le chat derrière la vitre
    BORDES Gilbert, Les Terres brûlantes
    BORDES Gilbert, Juste un coin de ciel bleu
    BORDES Gilbert, Le voleur de bonbons

    BORDES Gilbert, Les vents de la liberté

     


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    Titre : « La couleur des sentiments »
    Auteur : Kathryn STOCKETT
    Genre : Roman étranger
    Éditions : Actes sud
    Année : 2010
    Nombre de pages : 510

    Quatrième de couverture :

    Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.

    Mes impressions :

    Nous sommes en 1962, Jackson, Mississippi, Martin Luther King et son rêve Américain ne sont pas encore d'actualité et la ségrégation raciale fait autorité.
    À cette époque là, les blancs et les noirs ne se mélangent pas.
    Les lois raciales et ségrégationnistes sont instaurées et la vie n'est pas paisible.
    Les noirs ne peuvent pas étudier, ils ne fréquentent pas les mêmes bibliothèques, les mêmes hôpitaux, ils doivent céder leur place dans les bus, ils n'ont pas le droit d'utiliser les mêmes toilettes, ni les mêmes couverts parce qu'ils sont suspectés d'amener toutes sortes de maladies.
    Les domestiques noires s'occupent des enfants des blanches, font le ménage, la lessive, la cuisine pendant que leurs maîtresses jouent au bridge, participe à des réunions et créent une ligue.
    Nous suivrons le quotidien de deux d’entre elles.
    Les conditions de travail sont rudes, mais en parler est tabou. Ceux qui dénoncent le combat des différences se font assassinés ou sont persécutés et leur famille se retrouve dans une misère totale.
    Une jeune femme blanche de 23 ans, Skeeter sensible à cette injustice voudrait faire changer les choses.
    Elle écrit pour un journal et décide par la même de faire un livre sur le quotidien de ces femmes noires qui sont au service des femmes blanches.
    Elle trouvera la force en la personne d'Aibileen, bonne de Hilly. Cette dernière est une femme autoritaire qui souhaite faire adopter des lois spécifiques mais ironie du sort, elle récolte des fonds pour les enfants d'Afrique.
    Skeeter soutient les noirs. Elle a compris que la seule particularité entre les blancs et les noirs reste la couleur de peau.
    Aibileen a peur de témoigner, elle est partagée car elle sait ce qu'elle risque ! La perte de son travail, la misère pour toute sa famille et même la mort ! Alors que faire ? Mais pour que les choses changent il faut les dénoncer alors pour faire comprendre au monde entier ce que sont leurs conditions finalement elle accepte et ralliera avec elle sa copine de toujours Minny, petite femme costaud, insolente, battue par son mari mais qui craint pour les siens et de la tournure des évènements si rien n'est fait.
    Dans un langage, mi-humour, mi-dramatique, Kathleen Krochett, nous parle de cette sombre période où la vie de la population de couleur est loin d'être facile. Les gens ne se connaissent pas et les a-aprioris font qu'ils vivent « séparés ».
    Je me suis attachée à Aibileen et Minny qui sont différentes de caractère mais veulent la même chose, la justice et le respect pour tous, doublée d'une vie plus décente et la fin des humiliations.
    Par leurs témoignages et la publication d'un livre elles prétendrons instaure ainsi le respect et les sentiments humains pour tous.
    Aibileen est une femme sensible, qui a perdu son seul enfant, mais qui considère les enfants qu'elle garde (élève) comme les siens.
    C'est une femme humaine, qui est réceptive à la douleur des autres, elle a beaucoup d'affection pour eux. Elle aime lire et va se battre pour ses convictions
    Minny une femme qui dit ce qu'elle pense, sera confronté à sa franchise.
    Certaines bonnes auront quand même de bons souvenirs car elles sont bien intégrées par la famille qui les emploie et plus particulièrement par les enfants dont elles s'occupent.
    Sketer malgré la crainte de ce qu'elle risque à se ranger du côté des bonnes, mènera son combat jusqu'au bout sans être certaine que son livre sera publié.
    L'histoire de ses trois femmes et de leur rencontre se fait avec la narration de chacune tour à tour qui raconte son vécu et ses pensées quant à leur projets. Parfois un même événement sera perçu différemment selon l'une ou l'autre. Nous voyons ainsi comment les langues se délient et quelles sont les pensées personnelles et intimes de ces trois femmes et de leurs collègues qui vont finalement se rallier à elles..
    Si Minnie et Aibileen écrivent comme elles parlent , Sketer de part son instruction va corriger et mettre en forme les témoignages requis et faire un livre qui va modifier les mentalités.
    Le dénouement ne sera pas clément pour toutes mais les choses commenceront à changer. Les prises de conscience à titre individuel ou collectif, seront nécessaires pour que l'avenir soit meilleur.
    Un livre coup de cœur qui me restera longtemps en mémoire !
    Un roman que je recommande fortement car au delà d'une belle histoire de liberté et d'humanité et une écriture limpide, nous sommes dans l'histoire et dans l'avènement du changement des mentalités et de la prise de conscience par certains de l'aberration des lois raciales.
    Un véritable coup de cœur pour moi.
    Le film est aussi superbe que le livre.


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    «Laisse moi te raconter...les chemins de la vie» de Jorge BUCAY

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Titre: « Laisse moi te raconter...les chemins de la vie »
    Auteur : Jorge BUCAY
    Genre : Roman
    Éditions : Pocket
    Année : 1994 et (2004 pour la traduction française)
    Nombre de pages : 277

    Quatrième de couverture :

    Pourquoi l'éléphant de cirque, capable d'arracher un arbre, reste-t-il sagement attaché à un maigre piquet ? Parce que, dès sa naissance, il y a été assujetti, et qu'incapable de s'en échapper à cet âge, il n'a plus jamais réessayé depuis. C'est par cette fable que Jorge Bucay, un thérapeute hors du commun, explique à l'un de ses patients qu'il est comme cet éléphant, relié à des centaines de piquets invisibles qu'il croit indéracinables. Et des histoires comme celles-là, Jorge en a beaucoup ! Limpides, faciles à retenir et bien plus éclairantes sur l'existence que n'importe quel discours théorique, elles constituent en effet la base de sa méthode, et elles s'adressent tout autant à son auditeur qu'à chacun d'entre nous...

    Mes impressions :

    Jorge le maître et Damian l'élève, nous font emprunter les chemins qui font la vie...
    Jorge dans ce livre fait une anthologie d'histoires de toutes cultures confondues, mais aussi de phrases percutantes, d'anecdotes, de proverbes venant d'horizons divers et de sa propre expérience dans le dessein de nous faire nous interroger sur nous mêmes et les autres mais aussi sur nos actions aux quotidiens.
    Sous forme de dialogue tous deux nous parlent de la vie et de notre rapport à l'autre.
    Ils évoquent la liberté, le relationnel, l'attachement, la colère, la confiance en soi, la persévérance, l'effort, les pertes affectives, la jalousie, les caprices, mais aussi le poids du regard des autres, la culpabilité, le don de soi ou l'égoïsme, la solidarité, l'insatisfaction, l'acceptation en opposition à la résignation, la possessivité, la vanité, le respect de soi…..tout ceci sous forme de parabole.
    Ils nous invitent à réfléchir et à méditer sur de nombreux thèmes; ils nous inspirent.
    Mais ne nous y trompons pas, nous nous questionnons mais ne pouvons qu'être seulement guidés; car chaque réponse est en chacun de nous; ils nous donnent l'occasion d'interpréter ces petits contes selon notre propre façon de voir les choses.
    Il s'agit d'un roman magnifique que je recommande vivement. Il permet un véritable travail sur soi-même.
    Il serait bon de le lire une première fois comme un roman puis, chaque chapitre, plus profondément en laissant le temps faire son œuvre; car nous nous imprégnions de chaque parabole et chaque métaphore.
    En lisant ce livre j'avais l'impression qu'il avait été écrit pour moi tant il m'a interpellé dans mon fort intérieur.
    L'humeur des deux protagonistes varie selon le quotidien; tantôt agacés, tantôt provocateurs, ou simplement compréhensifs; ils sont à notre image.
    Le style est agréable, limpide ce qui fait que le roman ne comporte pas de difficultés de compréhension.
    Ce livre a une tierce efficacité, il nous détend, nous apprend et nous fait méditer sur la vie, les faits et les relations. Il a en effet un but thérapeutique dans la connaissance de soi et des autres.
    À lire et à relire ! (Peut être rangé dans la catégorie (Philosophie)


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    Titre :« Amazones »
    Auteur : Raphaëlle RIOL
    Genre : Roman
    Éditions : La brune au rouergue
    Année : 2012
    Nombre de pages : 200

    Quatrième de couverture :

    Fin d'été au Repos-fleuri, une maison de retraite où de vieilles dames survivent à leurs époux défunts. Parmi elles, Alphonsine, 89 ans, assise par hasard à côté d'Alice, 30 ans, une jeune femme venue rendre visite à sa grand-mère.
    Contre toute attente, la vieille et la jeune se découvrent quelques points communs inattendus, dont le refus de la résignation et le sens de la révolte. Deux femmes qui aiment cultiver le féminin singulier et la ligne de fuite... Dans ce deuxième roman, Raphaëlle Riol confirme son talent libre. Dans ce roman ironique, elle nous embarque à grande vitesse à la suite de deux Amazones modernes dont la seule alternative pourrait être de devenir des Madame Bovary ou de tuer.

    Mes impressions :

    Alice est-elle logique ? : elle voit les maisons de retraite comme des mouroirs. L'espérance de vie augmente mais dans quelles conditions vivent les plus âgés ? isolés, malades, grabataires, incapacité de faire des activités...
    L'ironie est grinçante quand on sait que même si l'espérance de vie augmente cela n'empêche pas la dégradation du corps, cette réalité est énoncée à peine voilée. Vivre plus longtemps oui mais seulement si on reste en bonne santé et en bonne forme.
    L'auteur nous délivre un autre regard sur la vieillesse ici réaliste et sans langue de bois.
    L'histoire au départ est simple, Alice va voir sa grand-mère à la maison de retraite.
    Lors d'un repas ensoleillé long et ennuyeux avec les résidents elle rencontre Alphonsine assise à côté d'elle, une vieille dame pragmatique, révoltée, non résignée.
    Toutes deux décident de s'échapper quelques jours. Elles fuient leur environnement. Alice embarque Alphonsine dans sa voiture, direction la maison familiale. Une escapade quasi improvisée qui les mènera du Havre, à Loupiac en Gironde, puis à Marseille, avant un retour à la case départ.
    Peu à peu nous découvrons qui sont ses deux femmes à travers leurs pensées, leurs vécus, leur caractère. Elles se racontent tour à tour dans les chapitres, l'une après l'autre.
    Ces deux solitudes qui se rencontrent feront par la suite étoffer respectivement le cercle de connaissance de l'autre.
    Jean Bernard Cavalier collègue de travail d'Alice, il est son binôme de travail. Elle ne le supporte plus. D'ailleurs elle a donné sa démission.L'ami (fiancé) d'Alice Robin est décédé de façon inattendue et surprenante
    D'autres personnages apparaissent, il y a Max le voisin de la campagne de Loupiac. Il est le seul homme qui ne sera pas critiqué par les femmes du roman.
    Alphonsine souhaite retrouver ses copines du «club des amazones», elles sont des mamies, vivantes, remuantes, et ne se laissent pas ennuyer par les hommes de leur vie. Elles ont décidé de prendre le dessus sur eux.
    Chaque personnage nous livre de son vécu, de son histoire personnelle les grandes lignes de son existence, celles qui l'a marqué.
    Les femmes sont toutes révoltées, insoumises et refusent de ressembler à Madame «Tout le monde»
    Alphonsine est une épouse frustrée et elle a même été l'amante d'un boucher. Ces propos sont remplis de haine et de révolte pour son mari qui ne la respectait pas...puis des hommes en général.
    Derrière ses airs de «dure» Alice est une jeune femme en rébellion mais fragile, elle s'est automutilée à 17 ans et dit se réjouir de la mort de son amant. Elle a des relations tendues avec notamment sa soeur, femme rangée mère irréprochable épouse parfaite
    Alice a peur de grandir parce qu'elle a peur de perdre l'innocence et entrer dans un monde hypocrite et malveillant, celui des adultes
    Une part d'elle-même restera éternellement en enfance.
    Alors que tout le monde s'accorde pour dire que la vieillesse égale dépendance ici nos mamies amazones sont libres, contre la résignation la «végétation».
    L'humeur est morose, mais nos mamies ne s'embarrassent pas de peines inutiles, elles agissent, elles vivent à fond et refusent les clichés sur l'âge avancé et son lot de limites.
    Les personnages sont attachants, de par leur singularité, leur naturel leur blessure, leur énergie parfois mal utilisées
    Alice et max le voisin campagnard dévoile leur pensée, raconte leur joyeuse ou peu gaie, leur peine, leur joie. Max est sensible et apporte donc de la douceur, de la poésie et de l'amour. Lui construit des totems à l'image de la vie et de l'âme des personnes....

    Le roman est une suite de réflexions, maximes parfois philosophiques, d'observations cassantes, et de confessions parfois pénibles.
    Sont présentes beaucoup de métaphores surprenantes voire cruelles, cocasses notamment entre le cochon et le porc de mari de Joséphine
    Alphonsine dit «longtemps que je n'étais plus sa "colombe" mais plutôt sa pigeonne, ou plutôt la dindonne de sa farce abjecte» ou «on affronte ses peurs dès lors qu'on accepte d'y renoncer».
    Ce roman démontre que la vieillesse est synonyme de temps qui passe, laissant des signes sur le corps, sur l'âme mais on peut retarder les effets dévastateurs en restant alerte, enjouées et lucides.
    Frais vivifiant, inquiétant même, délicieusement ironique, féministe et drôle ce roman est un road movie Français !
    L'écriture est poétique, sensible. Le roman parle des destins de femmes qui ne se veulent pas fatalistes.
    Il est dynamisant ; il dresse des portraits de femmes (soeurs, amies, mères) plus ou moins, enthousiastes, soumises On les découvre avec leur rapport à l'homme : pour les unes la révolte domine, pour d'autres c'est la satisfaction béate, ou encore la soumission ! D'autres n'aspirent qu'à la liberté.
    Les propos sont parfois crus, violents, sans concessions pour la gent masculine parce que les personnages principaux règlent leurs comptes avec les hommes !
    Les lecteurs machos et fiers de l'être n'y trouveront pas leur compte et seront sûrement agacés !
    La fin (fatalité) se devine j'ai envie de dire, douloureuse.....
    Un excellent roman vif et ardent !


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  •   « À l'abri de rien » d'Olivier ADAM

     

     

     

     

     

     

    Titre : «  À l'abri de rien »
    Auteur : Olivier ADAM
    Genre : Roman
    Éditions : Éditions de l'Olivier
    Année : 2007
    Nombre de pages : 219

    Quatrième de couverture :

    Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie.
    Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.
    Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours.
    Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.
    Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l’affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d’une femme dépassée par la force de ses sentiments.

    Mes impressions :

    Ce livre est bouleversant de sincérité.
    Une femme à la dérive, meurtrie par le décès de sa sœur voit sa vie se dérober.
    Détachée de tout, elle est désemparée et ne parvient pas à s'accrocher aux personnes qui sont là pour elle. Son mari est toujours présent et ses deux enfants savent que quelque chose ne va pas, mais Marie sombrera dans un abîme profond jusqu'au point de non retour.
    Tout est criant d'émotion et de douleur non dite, obscure mais qui se voit, qui est palpable.
    Olivier Adam sait nous embarquer pour partager la détresse de Marie mais aussi les quelques moments d'espoir furtifs.
    Un jour elle rencontre des réfugiés et sans précédent elle décide de leur venir en aide. Ce sera pour elle un moyen d'extérioriser ses démons jusqu'à en oublier ses enfants pour lesquels elle aura des moments d'absence. Ces derniers seront plongés dans un désarroi total. Ils ne comprennent pas la peine de leur mère.
    La vie de Marie bascule, son ordinaire devient difficile, elle se retrouve parachutée dans l’indicible, confrontée à la réalité de l'exil. Elle va se lancer à cœur et corps perdu dans l'humanitaire mais parfois elle œuvre dans l’illégalité. Isabelle écorchée aussi par la vie, accueille chez elle ces hommes et ces femmes souvent avec des enfants pour leur apporter un peu de nourriture, des vêtements, de chaleur humaine; Marie l'aidera et décide elle aussi de leur porter secours, de tout leur donner au risque d’y laisser sa peau, son âme et le dernier lien avec sa famille. Elle se met en danger ainsi que ses proches et ne craint pas les regards de ses voisins souvent méprisants. Ce qu'elle vit lui arrache des souvenirs anciens, des moments passés avec sa sœur et ses parents.
    Olivier Adam nous parle de la difficulté d'exister dans deux cas différents mais similaires au niveau de la perte des repères et des gens que l'on aime.
    Marie a perdu Clara sa sœur et les réfugiés sont dépouillés de leur identité, loin de leur famille bien souvent, et coûte que coûte veulent passer en Angleterre.
    L'aide extérieure peut aider mais le travail à faire sur soi-même est personnel.
    L'écriture est forte, prenante, j'ai lu ce livre très rapidement car une fois commencé, je n'ai pas pu le lâcher. Je voulais connaître le destin de Marie. Cette femme fragile et forte à la fois qui perd même la raison. À la fin elle est complètement désemparée mais elle acceptera d'être aidée. Ainsi une porte s'ouvre sur un possible, l'espérance d'un renouveau...après qu'elle ait atteint le point de non retour.
    Un livre qui parle d'humanité et de respect humain, mais aussi de dépression. Qui sommes-nous pour juger ? Que sommes-nous capables et prêt à faire pour aider son prochain ? Comment s'en sortir quand tout nous échappe ?
    Avec justesse, précision et humilité, Olivier Adam nous parle d'amour et d'amitié et de caritatif.

    Un livre à ne pas manquer !
    Autant j'ai été déçue par « Je vais bien ne t'en fais pas », dans lequel l'auteur restait superficiel, ici il nous narre avec profondeur une part de la vie de Marie.


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  •  « Avant toi » de Jojo MOYES

     

     

     

     

     

     

    Titre :« Avant toi »
    Auteur : Jojo MOYES
    Genre : Roman
    Éditions : Mira
    Année : 2012
    Nombre de pages : 478

    Quatrième de couverture :

    Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone à souhait. Quand elle se retrouve au chômage, dans ce trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie, Lou accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

    Mes impressions :

    Prologue : Nous sommes en 2007 Will Trainor et Lissa s’apprêtent à passer leurs premières vacances ensemble; mais Will a un dramatique accident qui le laissera tétraplégique. Fin du prologue.
    Nous nous retrouvons en 2009, dans la famille de Louisa. Elle a une sœur Treena qui a un fils Thomas, ses parents Josie et Bernard ainsi que leur grand-père vivent tous dans la maison parentale.
    Lou a 26 ans, son petit ami Patrick ne jure que par le sport et plus particulièrement par la course à pied et il en oublie parfois Louisa, leur vie est plutôt monotone.
    Treena et Lou ont deux caractères opposés. Si Lou a l'intelligence du cœur, elle a aussi un caractère impulsif et elle est émotionnelle. Treena est plus dégourdie et plus réfléchie.
    Lou vient de perdre son boulot, elle était serveuse dans un snack bien sympathique. La vente de ce dernier la contraint à trouver un autre emploi. Elle sera la seule de la famille à rapporter un salaire puisque son père vient également d'être licencié.
    En parcourant les petites annonces et en se rendant à l'ANPE, elle trouve bientôt un emploi d'aide à domicile. Elle sera embauchée par Steven et Camilla les parents de Will 35 ans, tétraplégique. Ils tentent de lui rendre un peu de sérénité. Will a décidé de mettre fin à ses jours il ne supporte pas d'être dans cette situation alors qu'avant il était sportif, homme d'affaires et aimait les voyages. Il ne peut plus rien décider de sa vie et reste dépendant de tierces personnes En Suisse le suicide assisté est toléré. Ses parents désespérés lui demandent d'attendre 6 mois avant de prendre une décision irrémédiable. Eux-mêmes souffrent de la décision à prendre.La mère de Will a embauché Lou que Will ne tente pas à nouveau de mettre fin à ses jours. Ainsi Will est en quelque sorte placé sous surveillance de Lou. Elle croit qu'elle a été embauchée seulement comme aide-soignante, auxiliaire de vie. Elle comprendra la réelle motivation de Camilla bien plus tard.
    La première rencontre entre Will et Louisa est froide, Will aigri est sarcastique et ne semble pas accepter sa présence. Il ne l'accueille pas les bras ouverts. Malgré tout, Lou persiste à essayer de lui procurer un peu de joie et de soutien.
    L' infirmier à domicile Nathan est un homme bon et généreux, lui et Will entretiennent une relation basée sur la confiance.
    Avec son naturel Lou apporte un peu de gaieté, d’inattendu, de légèreté dans la vie de Will. Au bout d'un mois Will commence à rire, sourire et même converser. Mais son mal de vivre est tenace ; Est ce que le soutien de Lou et ses tentatives pour le divertir, lui faire accepter son état seront suffisants? Car être dans un fauteuil n'est pas la seule contrainte...Au quotidien il y a la souffrance physique et psychique, les infections récurrentes, les douleurs.
    Deux solitudes se rencontrent, vont-elles se compléter ?
    Et qui peut décider de ce que doit être le degré de qualité de vie d'une personne ?
    Au contact de Lou, Will devient moins autoritaire il s'ouvre à elle. Leur complicité qui s'installe peu à peu est source de plaisir pour tous les deux. Ce roman n'est en rien larmoyant mais vrai sincère touchant ; il est intense et raconte le quotidien de personnes en (grande) souffrance. L’auteur a magnifiquement suggéré les difficultés existentielles respectives
    Malgré la dureté de la situation de Will, il se dégage de ce roman une certaine douceur.
    En avançant vers le dénouement, l'auteur donne aux principaux personnages la parole dans des chapitres respectifs. Ils expliquent leurs ressentis, leur version et leur sentiment d'un moment donné et vécu.
    La vie qu'il mène après l'accident, sa dépendance oblige Will à être assisté s'il souhaite mettre fin à ses jours, il en est conscient et demande à sa mère d'être celle qui aura ce geste ultime. Est-ce supportable pour une mère ? N'est-ce pas égoïste de la part de Will de lui demander d'être complice d'un tel acte qui l'habitera toute sa vie durant ? Mais sommes-nous en mesure de jauger et de se mettre à la place de Will?
    Pendant les deux derniers mois, Lou peut compter sur l'aide de sa sœur Treena pour l'aider à trouver ce qu'il faut faire pour que Will reprenne le dessus, et s'aperçoive qu'il n'est pas le seul tétraplégique sur terre et que d'autres ont appris à faire avec. Elle lui explique qu'iI n'est pas impossible de mener une vie différente tout en faisant du sport et autres choses. Arrêter de s'apitoyer est une raison indispensable pour surmonter le handicap.
    Peu à peu Lou change les idées de Will, qui si au début il était froid et caractériel parfois même cynique il se métamorphose par la suite. Leur relation devient profonde, se modifie, devient plus intime, plus intense. Ils se confient et s'entraident.
    Qui de Will ou de Lou a plus besoin de l'autre ? Lequel est le plus communicatif ? Will face à l'existence et à ses possibilités limitées ou Lou avec sa vie étroite et monotone avant de rencontrer Will.
    Tous deux tentent chacun leur tour de faire reconsidérer la vie de l'autre.
    Les personnages sont vrais, entiers, justes. Pas de pathos mais un regard juste sur les conséquences morales, physiques et psychologiques que doit supporter un tétraplégique, une personne privée de ses 4 membres supérieurs et inférieurs.
    Nous lecteurs nous nous battons avec eux avec cette famille, on y croit, on est déterminé comme l'est Lou, courageuse persévérante, elle garde confiance, elle est magnifique dans son rôle ; elle restera sans doute inoubliable bien des mois après avoir refermé ce livre déchirant.
    Beaucoup d’émotions et de réflexions intelligentes sur le doit de mourir, sur le droit d'être assisté rendent ce roman intéressant sur le plan humain mais aussi dérangeant. La mère de Lou ne comprend pas la décision de la mère de Will
    Le style est beau, agréable parce que fluide, on sent le vécu, les craintes et les espoirs de chacun des personnages.
    Que l'on soit romantique ou pas, ce mélodrame bien construit nous embarque et suscite des émotions troublantes.
    Cette histoire est émouvante et m'a fait monter les larmes aux yeux ! Ce roman a quelque chose de magique et de dramatique.
    Un réel coup de cœur pour moi !
    À lire absolument !

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