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    Titre : «  La deuxième femme »
    Auteur : Tony PARSONS
    Genre : Roman
    Éditions : Presse de la cité
    Année : 2005
    Nombre de Pages : 382

    Quatrième de couverture :

    On les a baptisées «  familles recomposées ». Comme si les hommes , les femmes et les enfants pouvaient être broyés, puis rassemblés, comme des variétés de café… Dans la vrai vie, ce n’est pas si simple.

    Après un divorce houleux, Harry Silver s'est résolu à confier la garde de son fils à son ex-épouse, Gina. Malgré sa frustration de ne voir l'enfant qu'une fois par semaine, il semble avoir retrouvé le bonheur : remarié, il vit désormais avec la superbe Cindy et la fille de celle-ci, Peggy. Côté travail, il produit une émission de télévision qui connaît un franc succès. Mais rien n'est simple dans son existence, et les problèmes ne tardent pas à s'accumuler. Gina lui annonce en effet qu'elle part vivre aux États-Unis avec leur fils. A cette perspective douloureuse s'ajoute la réussite professionnelle spectaculaire de Cindy, qui n'a plus guère de temps à lui consacrer. Mais s'il n'y avait que cela... Jaloux, déboussolé, anéanti, Harry va tenter de faire face sur tous les fronts.

    Mes impressions :

    Une histoire un peu banale d’un homme prénommé Harry, qui après un premier divorce avec Gina, avec laquelle il aura un fils Pat, voit son second mariage sombrer…
    Il est question de familles recomposées dans ce livre mais j’ai aussi senti l’histoire d’un homme qui se cherche qui n’arrive à pas gérer ses émotions et ses sentiments mais la fin du roman promet d’être un nouveau départ pour lui.

    Même si l’histoire n’est pas très originale j’ai vraiment aimé le style de l’auteur qui nous fait passer d’un sentiment à un autre et qui fait nous interroger sur les familles dites modernes et sur les difficultés du couple.
    Harry nous exaspère mais il nous émeut aussi surtout lorsqu’il parle de sa mère et de son fils et de sa belle fille avec beaucoup d’amour.
    Un livre quand même fort en émotions et en sentiments, écrit avec brio et beaucoup de talent.

     


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    Titre : « Le soleil des mourants »
    Auteur : Jean Claude IZZO
    Genre : Roman
    Éditions : Flammarion
    Année : 2001
    Nombre de pages : 270

    Quatrième de couverture :

    Lorsque les pompiers évacuent le corps de Titi, son seul vrai copain de galère mort sous un banc de la station Ménilmontant, Rico décide de foutre le camp. De quitter Paris, pour le Sud. A mourir autant mourir au soleil. Dans l'hiver glacial, Rico rumine l'échec de sa vie. Son divorce. Son fils, Julien, qu'il n'a plus le droit de voir. L'engrenage qui l'a jeté à la rue. Sur la route, Rico croisera Félix, qui " tape le ballon ", ne parle presque plus, a perdu la notion du temps. Et puis Mirjana, une jeune Bosniaque paumée, fauchée, prostituée pour survivre, dit-elle, puisqu'elle est déjà morte. Et puis d'autres, eux aussi vaincus par la vie. A Marseille, il voudrait revoir Léa, le premier amour de sa jeunesse. Qui a dit que l'espoir est au bout du chemin ?

    Mes impressions :

    Une histoire douloureuse de misère, de détresse, de pertes…une descente aux enfers pour Titi, Rico et quelques copains rencontrés dans la rue, parce qu’un jour leur vie à dérapé. Il a suffit d’une séparation, d’un divorce, de la perte d’un emploi, pour que leur vie bascule du mauvais côté.
    Ce livre reflète la dure réalité de la vie des SDF, il est un témoignage. Rico nous raconte au fil des pages, le pourquoi, le comment il s’est retrouvé à faire la manche et à vivre dans la rue. Il nous parle de comment se passent les journées. On y découvre la violence, la maladie, la perte des repères, l’alcoolisme, le tout avec une exactitude poignante. Le lecteur s’attache à Rico et à quelques personnages. Il a envie de les aider, de leur tendre la main, ils le bouleversent.

    A la lecture, on se dit que cette situation peut arriver à chacun d’entre nous et alors il nous est difficile de juger ; il arrive même que nous nous rappelons les rencontres que nous avons faites au cours de notre vie de tous les jours, de ces « mendiants » au coin des rues quelque part, et évidemment nous ne les regarderons plus comme avant. Nous relativisons nous même et sur notre propre confort matériel. J’y ai retrouvé des phrases clés, qui font référence à l’école de la vie…Rico raconte sa difficulté à s’accrocher à espérer après la mort de son meilleur ami Titi, mais il continue avec l’énergie du désespoir : «  Cette après midi, il n’avait plus la force de grand-chose, seuls les mécanismes de l’habitude avaient fonctionné, pas sa volonté.
    Néanmoins malgré toute la douleur qu’il y transparaît, le livre reste superbement écrit, avec pudeur et même parfois avec poésie.
    Un livre bouleversant par con contenu et sa forme et par le fait qu’il nous fasse réfléchir sur la condition des SDF avec sincérité et compassion ; le style est beau, les phrases sont fortes et irrémédiablement humaines.

    Un coup de cœur pour moi.


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  •   « La petite » de Michèle HALBERSTADT

     

     

     

     

     

     

    Titre : « La petite »
    Auteur : Michèle HALBERSTADT
    Genre : Roman
    Éditions : Albin Michel
    Date : 2011
    Nombre de pages : 148

    Quatrième de couverture :

    « J'ai douze ans et ce soir je serai morte. »
    Méfiez-vous des enfants sages...

    Mes impressions :

    En lisant la présentation de ce livre chez YV , j'ai été tentée de le rajouter dans ma LAL et j'avoue ne pas avoir été déçue.
    Le sujet m'interpelle et la thématique parle au plus profond de moi.
    Le début assez sombre est celui-ci :
    « J'ai douze ans et ce soir je serai morte.
    Ce matin, j'ai vidé les tubes de somnifères et tous les médicaments que maman range en haut du placard de la salle de bains pour éviter qu'on y touche. Il m'a fallu cinq grands verres d'eau pour tout avaler. Ensuite, j'ai mangé une tartine, bu mon jus d'orange, et je suis partie à l'école.
    Je n'ai rien dit à personne. Je ne suis ni abattue, ni surexcitée. Je me sens sereine, comme on l'est quand on fait ce que l'on a vraiment envie de faire. Et moi, j'ai envie de disparaître. »
    La parenthèse est ouverte.
    La suite consiste alors en la narration de ce qui a amené cette petite fille à vouloir tenter ce geste irréparable et à mettre fin à ses jours.
    Elle décrit la relation à ses parents assez froide, des bourgeois qui s’occupent peu de leurs filles mais qui veillent à ce qu'elles ne manquent de rien.
    Elle vit dans l'ombre de sa sœur aînée, qui elle a la beauté et l'intelligence qu'elle n'a pas. En effet, elle ne se trouve pas jolie et inintéressante.
    Elle parle aussi de sa relation particulière et intense avec son grand père maternel qu'elle affectionne mais qui est mort prématurément. Lui parti, elle ne sait pas qui va l'aimer parce qu'il était le seul à la comprendre à l'entendre.
    Tout en s'isolant, elle s'invente une amie imaginaire, Laure afin de trouver une oreille attentive.
    À l'école elle est seule, n'a pas vraiment d'amies sincères ; ses professeurs dans des phrases assassinent comme « ne vaut pas sa sœur ; Nous fait regretter son aînée » lui font douter d'elle même. Elle est en partie rejetée « Je construisais mes jours comme un abri. Je me nourrissais de l'imaginaire des autres ». Alors elle se renferme sur elle même, dépérit. Elle se sent différente, exclue « Être ou ne pas être comme tout le monde . Fallait-il choisir son camp pour cesser d'être « la petite » et grandir enfin ? » Alors elle pense à son grand-père, « À quoi bon vivre quand on craint à ce point d'être soi-même » ; « Ce soir là, en éteignant la lumière, j'ai pensé pour la première fois qu'il serait doux de le rejoindre ».
    Elle dit aussi que son grand père lui avait laissé deux anges gardiens, en les personnes de ses deux meilleurs amis. Sans eux, qu'elle voient très rarement une deux fois par an aurait-elle eu envie de continuer si longtemps ?
    Elle aime somme toute la presse, les livres et la musique, ses deux passions mais elle n'a plus personne avec qui les partager . « Un livre raconte la vie de ceux qui ont une place dans le monde ; je pensais qu'ils m'aideraient à trouver la mienne ». Elle dit de la musique qu'elle est son « oxygène ».
    Puis fin de la parenthèse, elle se réveille à l'hôpital dans des draps blancs ; avec un sentiment confus, elle s'est ratée. Et elle se demande si elle doit se laisser une seconde chance « Comment font-ils ? Qu'est ce qui les pousse à avancer »
    Son acte l'a faite grandir, elle se réveille avec un autre état d'esprit, elle s'éveille enfin à la vie, « Ma vie elle dépend de moi, pas des autres ». Cette pensée agit comme un électrochoc, une prise de conscience.
    Pourtant tout au long du livre on sent que cette petite fille est malgré tout pleine de ressources qui ne demandent qu'à éclore, sortir d'elle, et se révéler.
    Elle finira par faire une richesse de ses différences et de ses faiblesses.
    Elle renaît, prend confiance en elle, l'avenir (la venir) est devant elle ; grâce à un psychologue qui l'entend, et la comprend elle parvient à faire des choix, elle est guidée. Se nourrit de de projets.
    Ce livre pose la question suivante est-ce que c'est cela être adulte, est-ce prendre conscience de la fin des illusions ?
    Il se lit très vite, avec une écriture légère sur un sujet grave j'ai trouvé que l'auteur se positionne dans l'âme de la petite fille pour être plus crédible aux yeux des adolescents.
    Cette petite fille m'a fait penser à moi par bien des côtés et je pense que c'est cela qui m'a fait apprécier cette lecture.
    Parfois les auteurs prennent ce genre de thématique pour attirer les lecteurs et augmenter leur chance d'être lus mais ici j'ai trouvé que ce livre est un message d'espoir ; une leçon de vie et de courage.
    Le passage à l'âge adulte ne se fait pas toujours dans la joie mais dans la douleur.
    Ce mal de vivre caractéristique, tout le monde peut le ressentir à un moment donné de son existence et certaines de nos rencontres peuvent nous sauver la vie alors ouvrons l’œil.
    Même si ce sujet a été longuement visité en littérature, je crois que ce livre vaut la peine d'être lu.
    Merci Yv de me l'avoir fait découvrir.


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    Titre : « Wisconsin »
    Auteur: Marie R. ELLIS
    Genre : Roman étranger
    Éditions : 10/18
    Date : 2009
    Nombre de pages : 444

    Quatrième de couverture :

    La famille Lucas vit dans le nord du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens Ojibwés.
    John, violent et alcoolique, passe son temps dans les bars, quand il ne s'acharne pas sur sa femme et ses enfants. L'aîné, James, lassé des frasques paternelles, s'engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, laissant son jeune frère Bill à ce sombre quotidien. Seuls les Morriseau veillent de loin et le soutiennent pendant le périlleux passage de l'enfance à l'âge d'homme. Mais au cœur de cette nature immuable et splendide qui panse les blessures et apaise les peurs, ce qui reste d'amour donne doucement la force de survivre.

    Mes impressions :

    L'histoire se situe en 1967, alors que la guerre au Vietnam va faire des ravages en perte humaine, et se termine en 2000. 
    En 1967 Bill alors âgé de 8 ans, voit son frère partir au front. En effet, pour échapper à la tyrannie, la violence et l'alcoolisme de son père, il s'enrôle dans les Marines et laisse seuls sa mère et son jeune frère.
    Ce départ, va réveiller des angoisses, des peurs, il révèle les cœurs et le passé.
    Leurs voisins, Ernie et Rosa, sont très proches des deux garçons et ils les entourent d'amour et de tendresse comme s'ils étaient leurs propres enfants. Ils reportent l'affection sur ces deux garçons puisqu'ils n'ont pas eu la chance et le bonheur d'en concevoir et ce manque est palpable.
    Une fois James parti, le quotidien de Bill et de sa mère se passe difficilement et chacun attend patiemment mais avec ferveur les lettres de James, dans lesquelles il raconte un quotidien souvent nuancé de la guerre pour ne pas les inquiéter. Mais un jour, deux personnels d'armée dont un prêtre, viennent frapper à la porte de la famille Lucas et leur apprend que leur fils et frère est « porté disparu au combat », terme qui désigne que le corps n'a pas été retrouvé mais qu'il n'a probablement pas survécu à une offensive de l'ennemi. Le terme « probablement » prend tout son sens, ici car que ce soit Ernie, Rosa, Claire ou Bill, ils n'arrivent pas à croire à la mort de James, et au fond d'eux mêmes ils attendent son retour, mais des années après, le fantôme rode encore dans la prairie.
    J'ai beaucoup aimé le style de Ellis, et la façon dont elle a construit son roman. Chaque personne tour à tour, narre son vécu et sa façon de ressentir les choses. Ainsi un même événement sera perçu différemment selon Ernie, Rosa, Claire, Bill et James
    Les descriptions de la guerre sont en juxtaposition avec le calme de la vie à la ferme.
    Les images décrites sont difficiles et tragiques. James explique la dureté de la guerre et son témoignage est appuyé par le vécu d'Ernie, qui lui même a participé à la seconde guerre mondiale et de sa femme qui elle était infirmière dans l'armée. Souvenirs de Guerre de deux générations différentes, mais qui auront les mêmes conséquences, beaucoup de pertes humaines et des personnes traumatisées par ce qu'elles ont vu et vécu.
    Le père John est pratiquement inexistant. James est le fantôme réel alors que le père est le fantôme effectif, puisqu'il travaille et ne pense qu'à s'enivrer au bar. Il est laxiste et sa famille vie sans lui; mais de temps en temps il revient à la ferme encore plus violent à chaque fois.
    Du reste on découvre en même temps que Bill et sa mère, la trahison et les mensonges de ce père absent, il n'a pas toujours dit la vérité quant à son passé dans l'armée et l'acquisition de ses médailles.
    Claire est terrassée par la « disparition » de son grand fils, elle parle seule, devient « folle », n'admet pas son absence.
    James, est-il vraiment mort et sinon pourquoi ne revient-il pas, après 15 années une foi la fin de la Guerre proclamée ?.
    Il hante les esprits, sans qu'aucun des personnages n'en parlent ouvertement. D'ailleurs dans ces deux famille, les silences font légion.
    Bill ainsi que sa mère sont très attachants, ils m'ont émue aux larmes, ils sont vrais, entiers, forts et fragiles à la fois.
    Lorsque sa mère perd pied, Billy va l'aider à surmonter et les rôles s'inverseront, il la soutiendra, il lui préparera à manger, lui fera sa toilette, telle une mère le ferait pour ses enfants.
    Le fantôme de James, qui plane ainsi que le passé de chacun des personnages que nous découvrons peu à peu, au fil des pages, est singulier et apporte une dose de suspense indéniable. Leurs histoires personnelles sont marquées par des drames et des souffrances innommables. Ce roman est à la fois un roman historique, une fiction, dans lequel, l'amitié, l'amour, la fraternité ont une place importante. Avec une rare intensité émotionnelle l'auteur nous fait un cadeau majestueux, rempli d'humanité et de sensibilité.
    Le Wisconsin est dépeint, grandiose, tel une entité sauvage.
    Les paysages naturels sont tels des tableaux dont on ne peut écarter les yeux.
    Les personnages vivent de l'intérieur, ne parlent que très rarement de leur sentiments qu'ils enfouissent et qui finissent par les ronger de l'intérieur.
    Ils ravalent leurs souffrances et leurs cassures souvent par peur du quand dira t-on.
    Les voisins si aimables, seront souverains grâce à leur patience; ils vont aider un fils et sa mère à relever la tête et à dépasser l'absence de James.
    Peu à peu Bill qui avait sombré dans l'alcool comme son père, parviendra à force de courage à s'en passer et réapprendra à vivre. Il n'en reste pas moins que Rosa et Ernie sont eux aussi énormément affectés par le départ et la mort de James. 
    Tout au long du livre, les douleurs des uns et des autres, s'emmêlent et s'imbriquent, ne sont t-elles pas toutes liées à l'absence, aux départs et à la solitude ?. 
    Un livre coup de cœur qui ne laisse pas indifférent et qui déploie une énergie et des émotions d'une rare intensité. 
    Je n'ai pas pu décrocher de ce livre si intense et si bien écrit !
    Une fois refermé, les lecteurs sans doute continueront d'en être imprégnés et de se souvenir de ces familles qui malgré la souffrance et les douleurs présentes vivaient simplement au côté de la nature.


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  • « La liste de mes envies » de Grégoire DELACOURT

     

     

     

     

     

     

    Titre : « La liste de mes envies »
    Auteur : Grégoire DELACOURT
    Genre : Roman
    Éditions : JC Lattès
    Année : 2012
    Nombre de pages:187

    Quatrième de couverture :

    Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu'elle peut désormais s'offir ce qu'elle veut, elle se pose la question : n'y a t-il pas beaucoup à perdre ?

    Mes impressions :

    Alors que beaucoup de personnes rêveraient de gagner le gros lot pour pouvoir faire tout ce qu'ils souhaitent faire et acheter, Jocelyne ici n'a pas la même réaction quand elle s'aperçoit qu'elle a le ticket gagnant ! Elle a peur au contraire de perdre tout ce qu'elle a. Elle connaît ce qu'elle a mais que deviendra sa vie si elle accepte d'empocher le chèque ?. On dit bien que dans une situation qui change on sait ce que l'on perd mais sait-on vraiment ce que l'on va gagner ?. Ce livre nous interroge. Il est un bijou.
    Le rêve de Jocelyne 47 ans était d'être styliste à Paris mais elle est mercière à Arras....
    Elle n'a pas la taille mannequin, elle a créée un blog qu'elle remplit d'articles concernant sa passion des étoffes, des boutons, de la broderie.....
    Sa mère est morte et elle souffre de son absence ; son père perd la tête toutes les six minutes suite à un accident vasculaire cérébral.
    Elle a rencontré il y a des années, Joseph et ça a été l'amour fou, aimant, rassurant. Ils ont eu deux enfants qui sont partis maintenant de la maison et qui font leur vie. Un troisième enfant est mort né et le couple en est sorti meurtri. Jo est devenu cruel, il s'est mis à boire. Jocelyne a préféré se taire et a pris sur elle la violence et l'intimidation de son mari. Mais à force de patience et de tendresse elle a apaisé Jo jusqu'au jour où elle gagne une grosse somme au loto....
    Un livre qui a illuminé ma journée....Il est touchant, sensible comme l'est Jocelyne.
    Jocelyne a deux amies proches, deux sœurs esthéticiennes avec lesquelles elle refait le monde autour d'un thé....Les deux sœurs jouent au loto et rêve de l'hypothétique argent et de ce qu'elles en feraient. Elles convainquent Jocelyne de miser à son tour au moins une fois....
    Tout au long du livre, Jocelyne nous parle de ses enfants. Elle nous décrit sa vie, passée et présente, son parcours. Elle est une femme très réaliste, lucide sur les choses de la vie, elle ne se laisse pas berner par la naïveté, mais elle se dit heureuse et les lectrices de son blog l'apprécient grâce à sa gentillesse et sa douceur.
    Quand elle apprend que c'est elle la gagnante elle ne dira rien à personne et au lieu de penser à tout ce qu'elle pourra faire avec plus de 18 millions d'euros elle fait le chemin inverse et pense à tout ce qu'elle risque de perdre.... « Je savais, jusque dans ma chair, que s'il pouvait faire le bien, cet argent pouvait aussi faire le mal »
    Le style de Grégoire Delacourt a un côté très poétique. L'écriture est toute en grâce et délicatesse. Je me suis laissée bercer par les mots et les descriptions qu'il fait notamment lorsqu'il parle de la fille de Jocelyne Nadine, qui ne parlait pas beaucoup depuis sa plus tendre enfance. « Elle gardait les mots en elle, comme s'ils étaient rares. Nous conjuguions le silence elle et moi : regards, gestes, soupirs en lieu et place de sujets, verbes, compléments ».
    Il analyse les choses à la perfection, d'un point de vie de femme et de mère alors qu'il est un homme. Il a su se mettre à la place de son héroïne et parler de la vie avec simplicité, émotion, sentiment et force. Bravo !
    « Il n'y a que dans les livres que l'ont peut changer de vie. Que l'on peut tout effacer d'un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies et au bout d'une phrase, se retrouver soudain au bout du monde »
    Quand Jocelyne écrit ses listes d'abord celles de ses besoins, celles de ses envies puis celles de ses folies, on sent une femme qui est loin d'être exigeante et qui connait les efforts à faire dans une vie ou rien n'est facile !
    Mais peut-on réellement changer sa vie, son destin avec de l'argent ?. Nous rend t-il meilleur ou plus mauvais ?
    Au lieu de trouver calme et sérénité avec cet argent, sa vie va basculer et prendra un tournant auquel les lecteurs et elles mêmes ne s'attendaient pas. Une tournure inattendue et improbable pour Jocelyne.
    Loin de la belle vie imaginée par d'autres avant d'être riche, elle, elle sait que l'argent peut rendre fou et qu'il n'achète pas tout.
    Jo dans ce roman remet les choses à sa place : la vie se vit dans le moment présent, non dans le passé et l'avenir reste toujours incertain...même en ayant beaucoup d'argent.
    J'ai été transportée par ce roman qui parle de la place de l'argent dans une vie ….Il ne fait pas le bonheur et certains disent qu'il y contribue, encore faut-il être sensé....
    L'argent ne fait pas tout et il risque de pourrir bien des choses, comme les sentiments.... « Être riche, c'est voir tout ce qui est laid puisqu'on a l'arrogance de penser qu'on peut changer les choses. Qu'il suffit de payer pour ça ».
    Un livre qui remet les idées et les vraies «valeurs» à leur place.

     


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  •  « Mary Ann en automne » de Armistead MAUPIN

     

     

     

     


    Titre : « Mary Ann en automne »
    Auteur : Armistead MAUPIN
    Genre : Roman
    Éditions : Éditions de l'Olivier
    Année : 2011
    Nombre de pages : 318

    Quatrième de couverture :

    Après vingt ans d’exil à New York, Mary Ann revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d'un cancer elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael Tolliver, et retrouve la légendaire Anna Madrigal, qui n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit et de son énergie malgré ses 80 ans.
    Mary Ann en automne continue d’explorer ce nouvel ordre amoureux. Michael a épousé Ben mais il reste un séducteur à peine assagi qui observe avec curiosité les évolutions initiées par Facebook ou l’émergence des blogs.

    Mes impressions :

    Je suis définitivement fan de cette série qui ne cesse de m'étonner !

    Avec « Michael Tolliver est vivant »,mettait en scène un personnage clé de cette série.
    Il se heurtait aux désillusions et à l'évolution des mœurs.
    Ici c'est Mary Ann qui est plus ou moins sur le devant de la scène. Elle tient néanmoins le rôle principal eu égard ce qui se passe dans sa vie. Cette dernière est mouvementée et malgré son mariage elle est malheureuse car son mari lui est infidèle et elle apprend qu'elle est atteinte d'une grave maladie...Elle va donc se tourner vers ses amis de toujours pour trouver la force et le courage dont elle a besoin pour affronter cette sombre période.
    Nous retrouvons la plupart des personnages précédents, avec en prime une Anna Madrigal qui est maintenant âgée mais elle vieillit bien à l'instar de la série.
    Elle a près de 80 ans et cependant est beaucoup moins alerte. Nous ne la « voyons » pas souvent mais chacune de ces apparitions laissent des empreintes dans la vie réciproque de nos personnages. 
    Elle reste sereine et remplie de sagesse mais est plus fragile de part son âge et sa santé..
    Mary Ann a quitté son mari Bob pour un temps et souhaite s'occuper d'elle afin de prendre sa vie en main. Parce qu'elle a un cancer elle se fera opérer par la gynécologue de Dede. D'où sa venue à San Francisco .
    Michael et Ben, couple homosexuel est très proche d'elle et ils l'accueillent chez eux le temps de surmonter ces épreuves.
    Jake employé à la jardinerie de Michael est aussi très présent et sa vie est source de complications. Je me demande si Armistead Maupin ne va pas continuer sa série avec un tome sur ce jeune homme. (?)

    Pour ce qui est de ce tome, j'aime comment les personnages se retrouvent, sans rancune. L'amitié est vraiment très importante pour eux et ils se le prouvent. Une affection indéniable les lie, même si elle se heurte parfois aux personnalités propres des amis.
    Je regrette seulement qu'entre Mary Ann et sa fille adoptive Shawna il n'y ait pas eu de rencontres plus évocatrices de parentalité....elles se retrouvent juste à la fin de cet opus.
    Chacun des personnages a ses soucis, ses inquiétudes et il les gère comme il peut en s'aidant de petits instants de joie.
    Maupin fait évoluer ses personnages au rythme du temps et de la société ; eux mêmes se retrouvent face à l'émergence du virtuel, à l'ascension de Facebook, blogs et autres réseaux sociaux sans oublier la précarité. Paradoxe évident.
    Ici nous sommes loin de années 70 [début de la série] mais pleinement dans les années 90.
    Avec humour et sensibilité, délicatesse et même causticité Armistaed Maupin nous parle de nous et de la société mais aussi des relations humaines, des codes sociaux, de l'amour et de l'amitié.

    Le style est toujours aussi agréable, je suis entrée d'emblée dans l'histoire et j'ai apprécié le suspense et l'enquête que mène Shawna, qui font référence et reviennent sur les sujets et acteurs des tomes précédents.

    En résumé, j'ai retrouvé avec plaisir la bande d'amis qui s'entraident et ne s'oublient pas malgré les différences et la distance kilométrique. Je crois que l'auteur veut nous faire prendre conscience que les vrais rapports humains se trouvent dans le réel et peut-être pas toujours dans le virtuel.
    Il porte un œil critique sur cette émergence de nouvelles technologies et leur application.
    J'adhère complètement.
    Pour ceux qui ne connaissent pas cette série je vous la conseille !

    Chroniques, tome 1
    Chroniques tome 2
    Mickael est vivant

     


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    Titre : « Michael Tolliver est vivant »
    Auteur : Armistead MAUPIN
    Genre : Roman
    Éditions : De l'olivier
    Année : 2008
    Nombre de pages : 304 

    Quatrième de couverture :

    Michael Tolliver est vivant. Ses amis se sont perdus dans l'excès ou sont morts du SIDA. Lui a survécu à tout. Il a rencontré Ben, l'amour de sa vie. Mais sa famille se refuse toujours à accepter son homosexualité. Lorsque la mère de Michael tombe malade, c'est pourtant lui qu'elle appelle à ses côtés en Floride.
    À sans Francisco, sa mère spirituelle, Anna Madrigal réclame sa présence. Il est alors confronté à un dilemme : doit-il rester auprès d'Anna ou accompagner dans ces derniers instants cette mère qui l'a rejeté ?

    Mes impressions : 

    Si les six premiers livres décrivaient San Francisco dans les années 70 et 80 avec le sida comme étant le fléau du siècle, dans celui-ci, nous nous situons 20 ans après. Nous retrouvons Michael à plus de 50 ans. Anna Madrigal quant à elle a plus de 80 ans. Le temps a passé. Les vies ont changé, les décors aussi.
    Michael situe brièvement la période présente, mais reviendra tout au long du livre dans les souvenirs avec des phrases explicatives : il raconte la vie des autres membres et de leur joyeuse bande du temps de Barbary Lane. Ce lieu mythique n'est plus qu'un passé chargé d'émotions.
    Il parle de la fin de son histoire d'amour d'avec Thack puis de sa rencontre avec Ben de plusieurs années son cadet. La différence d'âge ne leur fait pas peur. Michael a d'ailleurs un certain côté paternel avec Ben.
    Anna Madrigal est présente dès le début du roman, mais se fait rare.
    Shawna fille adoptive de Mary Ann et de Brian est devenue une adolescente excentrique.
    Brian aussi travaille toujours avec Michael dans la jardinerie … mais les années ont passé pour tout le monde et les premiers bilans sont posés.
    Il ne s'agit plus de saynètes mais d'un roman. Il n'est pas écrit sous forme de sitcom et est nominatif car tout tourne autour de Michael. Cependant ses amis sont encore très présents dans les esprits et les lignes du roman. Nous apprenons le décès de Mona et Mary Ann fera aussi une brève apparition et sera nommée plusieurs fois.
    Au début Michael fait une mise au point de sa vie, de ses choix et de ses attentes.
    Il parle aussi de la disparition de ses proches ; si dans les tomes précédents la bonne humeur était présente en grande partie, ici c'est plutôt la nostalgie (et la tendresse) qui sont le plus présentes.
    Les souvenirs de tous ses amis et colocataires dans l'esprit de Michael sont bien ancrés et j'ai aimé les anecdotes qu'il relate aux lecteurs de temps en temps en guise de rappels mélancoliques.
    On sent la fin de la série et c'est triste quelque part car elle reflète le temps qui passe. Les regrets, les remords mais aussi les joies, tout ce qui fait la vie quoi !. La fin est inéluctable, dans tous les sens du terme.
    Mais j'ai encore une fois de plus beaucoup aimé. Mises à part je dois l'avouer quelques vulgarités dans l'écriture de certaines scènes qui m'ont été pénibles à lire.
    Armistead Maupin est toujours dans cette liberté sexuelle qui tient une grande place. Est-ce qu'il signifie ainsi que le monde a changé en 68 et que les années qui suivent sont le fruit de cette semence ? Peut-être.
    Ce roman se lit vite ; j'y ai trouvé la sincérité, le vague à l'âme, les épreuves et leur conséquences. Tout est écrit encore une fois avec finesse. Sans prise de tête. Les personnages sont touchants. Je me suis laissée emportée par la drôlerie et la légèreté même si quelques sujets graves y sont traités. J'ai envie de dire que ces années décrites sont celles des découvertes, des pardons et que même si la famille et la mère de Michael n'ont pas toujours été présente pour lui il a appris à vivre sans elles grâce à Anna qui elle tient une place plus importante dans son cœur. Les liens du sang ne sont pas toujours aussi forts que les liens du cœur.
    Bref, un roman complet qui plaira sans doute à ceux et celles qui ont lu les 6 livres précédents.

    Pour voir le tome 1 (3 livres)
    Le tome 2 et (3 livres)
    Mary Ann en automne tome 8


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    « Chroniques de San Francisco : T 2 » de Armistead MAUPIN

     

     

     

     


     

    Titre : « Chroniques de San Francisco : Tome 2 » 
    Auteur : Armistead MAUPIN
    Genre : Roman
    Éditions : De l'olivier
    Année : 2006
    Nombre de pages : 873

    Quatrième de couverture :

    « Au fil des années 80 et de six volumes, les Chroniques ont connu, aux États Unis, un succès croissant, critique autant que public : bien au delà de San Francisco et d'un lectorat gay, Maupin a peu à peu conquis une audience internationale qui, pas plus que ses personnages, ne se referme dans un quelconque ghetto. La qualité littéraire y est pour beaucoup : les saynètes qui constituent la trame du récit sont certes tissées de dialogues, mais la justesse parfaite du ton ne soit pas occulter l'écriture. Les chroniques nous promènent dans toute la société, du vernissage au rodéo gay, de la débutante à la punkette, du prête au policier – jusqu'à la Reine d'Angleterre » . Eric Fassin Le Monde.

    Mes impressions :

    C'est avec plaisir que j'ai repris cette saga, pour en lire et en découvrir la suite.
    Dans le premier livre « Babycakes » nous retrouvons Connie l'amie de Cleveland qui a accueilli Mary Ann à son arrivée à San Francisco. Elle fera ici une brève apparition ; Mary Ann et Brian se sont finalement mariés et il a décidé de ne plus être un Don Juan mais y parviendra t-il pleinement ?
    La carrière de Mary Ann dans le journalisme prend beaucoup de place dans leur vie de couple. Brian se sent parfois délaissé...Mais un petit être va faire irruption dans leur vie, il s'agit du bébé de Connie car cette dernière meurt quelques jours après la naissance de sa fille. Elle avait demandé dans une lettre à ce que Brian et Mary Ann l'adopte. Chose est faite. Le bonheur de Brian est total ; cette enfant est ce qu'il souhaitait le plus dans sa vie ; devenir homme au foyer lui convient parfaitement. Mary Ann acceptera le bébé plus par compassion que par réel désir.
    Mona est partie à Seattle et là elle épouse un lord ; il ne s'agit pas d'un mariage d'amour mais de convenance.
    Mickael quant à lui se ne remet pas de la mort de son compagnon Jon ; celui-ci décédé du Sida 3 ans auparavant.
    Dans le second livre intitulé « D'un bord à l'autre » comme son nom l'indique décrit la libération sexuelle et il est question de cette réalité qui rattrape la société ; elle récolte ce qu'elle a semé à la fin des années 60. L'auteur cependant remet à leurs justes place quelques éléments et dément même quelques clichés sur notamment la transmission du virus du Sida, la séropositivité et sa propagation ; ce qui confère à Maupin ainsi un rôle de prévention.
    Il est longuement question ici de conduites sexuelles homosexuelles. L'auteur d'ailleurs narre les « deux bords » et j'avoue avoir trouvé cette partie un peu trop longuette. Surtout les péripéties qui se passent dans le camps Bohemaian Grove et le camps Wimminnwood, qui regroupent respectivement les couples unisexes. L'auteur ironiquement parlent librement des pratiques et des valeurs de chacun ou l'autre sexe est proscrit.
    Seulement je dois dire que l'humour y est à chaque page, le ton est léger. Les lecteurs passent vraiment de bons moments en lisant les histoires de couples.
    Dans le troisième livre « Bye bye Barbary Lane »  j'ai retrouvé les thèmes et l'ambiance caractéristiques chers à l'auteur du début de la saga, c'est à dire l'amitié, les retrouvailles, l'amour, les concessions …
    Les couples hétéro ou homosexuels sans distinction tout au long du livre, se font, se défont, se reforment, se séparent et nous partageons leur quotidien avec un grand plaisir.
    Les thèmes présentés sont le désir d'enfant, la parentalité, la filiation, la perte, le deuil, les carrières professionnelles, les choix de vie, les voyages et toujours le sida. Les chapitres ; voire les saynètes sont plus longs ce qui donne plus de profondeur.
    J'ai vraiment trouvé passionnantes ces démonstrations qui font la vie.
    Comme dans la vraie existence, les personnages ont des défauts, doutent d'eux mêmes mais aussi des autres ; ils s'interrogent, ne disent pas toujours la vérité ; en bref l'auteur par ce moyen signifie que finalement la vie n'est pas toujours simple ; il nous compte les principales priorités de ses personnages mis en scène. Leurs dialogues sont maîtrisés il est alors facile de se représentés les scènes.
    Avec une écriture légère quand il le faut, plus soutenue lorsqu'il parle de sujets graves, il nous montre le côté positif et le côté négatif de l'existence avec tout ce qu'elle peut comporter comme changements et évolution.
    Il y a les petits riens qui nous font sourire ou nous apaisent mais aussi les drames et les tournures des situations qui nous émeuvent. La comédie et le tragique s'y mêlent sans mélo mais avec juste ce qu'il faut de sensibilité.
    Je suis personnellement très attachée à Michael. Personnage complet et altruiste.
    La fin de ce sixième livre composée de quelques rebondissements efficaces nous promet de belles heures de lecture et une suite sans doute mouvementée. Les personnages ont mûri.
    J'en ressors quelque part bouleversée parce que la vie passe, les années sont parfois pesantes ; mais l'amitié vraie elle, résiste le plus souvent à l'épreuve du temps et des désaccords.
    On aimerait faire partie de cette grande famille....même quand les membres s'éloignent géographiquement, ils sont proches par les sentiments. J'adore et j'adhère complètement.

    Le premier tome « Chroniques de San Francisco  » est présenté Ici
    et le troisième « Mickael est vivant » est

    et le dernier Tome sur Mary Ann est .


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    « Chroniques de San Francisco : T 1 » de Armistead MAUPIN

     

     

     

     


    Titre : « Chroniques de San Francisco : Tome 1 »
    Auteur : Armistead MAUPIN
    Genre : Roman
    Éditions : De l'olivier
    Année : 2006
    Nombre de pages : 891 

    Quatrième de couverture :

    « Écrits en grande partie sous forme de saynètes dialoguées, ces romans décrivent mieux que n'importe quel traité de sociologie l'Amérique marginale des années 70 et 80 ; quand San Francisco était le laboratoire de toutes les expériences nouvelles. Amours, liberté, solitude, ambition professionnelle ; fric, joints homosexualité, et son affreux corollaires les SIDA...Tout est minutieusement décrits avec légèreté et brio. C'est criant de vérité et, surtout, ça nous ressemble. On rit, on pleure, on s'amuse, on jubile, on ne peut pas lâcher la tribu : au bout des centes premières pages, on est complètement accro » Michèle Fitoussi Elle. 

    Mes impressions : 

    Quelle détente avec ce livre !
    J'en avais beaucoup entendu parlé et je m'y suis plongée ! Plongée parce que ce pavé fait près de 900 pages et on ne s’ennuie pas une minute !
    Je reculais sa lecture en raison justement du nombre de pages ...Ce qui me fait dire que celui-ci n'est pas un signe de qualité ou de médiocrité ; sauf que lire 900 pages sans perdre le fil, sans lassitude me fait dire que c'est une réussite indéniable.
    Bref vous l'aurez compris, j'ai adoré !
    La quantité de personnages qui d'habitude me lasse et m'embrouille, ici je l'ai très bien supportée. On ne se perd pas ; bizarrement j'ai suivi sans besoin de faire une liste manuscrite de tous les noms.
    Je me suis retrouvée à San Francisco dans ce sitcom version année 70 et je me suis régalée. 

    Ce premier tome est composé de 3 parties : Chroniques de San Francisco, les nouvelles chroniques de San Francisco et autres Chroniques de San Francisco.
    Les personnages ne cessent de se croiser, de se rencontrer de s'apprécier ; de nombreux chassés croisés qui nous font vivre une véritable saga bien ficelée pittoresque et plus que plaisante.
    Il y a Connie, mais aussi Mary Ann Singleton 25 ans un brin naïve, originaire de Cleveland, qui s'installe au 28 Barbary Lane, petit immeuble rempli de locataires célibataires. Madame Madrigal Anna est leur logeuse un peu mystérieuse et extravagante mais fort sympathique, elle considère ses locataires comme ses « enfants », ses chéris.
    Elle fait le lien entre tous et leur permet de se soutenir dans cette période qui n'est pas sans rappeler l'après mai 1968. La libération sexuelle est le trait caractéristique de cette époque.
    Il y a aussi Mona qui travaille dans la publicité, Michael chômeur et homosexuel, Brian Hawkins coureur invétéré de jupon qui n'arrive pas à se fixer.
    Ils sont entourés de DeDe fille d'Edgard, patron de l'entreprise de publicité et beau père de Beauchamp où travaillent Mona et Mary Ann.
    Nous vivons au rythme des travers des uns et des autres sur fond de "libération", d'homoséxualité,  de marijuana ... mais l'amitié a une grande place entre eux et peut faire des merveilles.
    Dans le livre deux , le mystère est dévoilé quant à la logeuse Me Madrigal. Les liens se resserrent entre les personnages et les rapports humains et relationnels progressent.
    Dans le livre trois Madame Madrigal est moins présente ainsi que Mona ; d'autres personnages font leur apparition mais leurs façons d'être restent dans la lignée des livres précédents. Nous abordons ainsi les années 80 avec l'héritage des années 70, avec tout ce que cela implique.
    Dans ce livre il est fortement question de l'affaire "du massacre de Jonestown" , et de son gourou. Ce fait est largement expliqué et explicite. Mary Ann qui est dans le journalisme va en faire une histoire presque personnelle, avec l'aide de DeDe. [ Rappel : c'est en Guyana en 1978, qu'eut lieu le suicide collectif d'une secte américaine : Jim Jones, son chef fut ainsi responsable de 931 morts ].
    Vers la fin l'apaisement général signe l'épilogue et c'est avec impatience que j'ai envie de retrouver tous les personnages dans le tome 2.
    Ce que j'aime aussi dans ce genre de pavé c'est que les personnages évoluent, dans leur vie, dans leur choix. Ils ne sont pas statiques, un peu comme dans la vraie vie.
    Ils sont proches de nous ; émouvants, indécis, tantôt tristes, tantôt joyeux et fragiles. Ils sont attachants. 

    Le rythme est sans répit, les aventures se suivent, s'enchaînent à vive allure surtout dans le livre trois et ce pour notre plus grand plaisir.
    Les chapitres sont courts, bien nommés et délimités, ce qui est vraiment très bien lorsque le lecteur souhaite retrouver un passage précis.
    Tout est parfaitement maîtrisé. Les aventures s'enchaînent, l'amitié est toujours présente dans cette « famille » particulière.
    Vraiment je conseille cette saga à ceux et celles qui ne connaissent pas cette joyeuse bande d'allumés et même un brin provocateurs.
     

    Le tome 2, est présenté ici .
    Le tome 3, relatif à Mickaël est .
    Mary Ann en automne tome 8


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    Titre : « Le meilleur de la vie »
    Auteure :  Cathy KELLY
    Genre : Roman / comédie romantique
    Éditions : Livre de poche
    Année : 2006
    Nombre de pages : 793

    Quatrième de couverture :

    Elles n'ont rien en commun mais seront pourtant bientôt inséparables ! Abby, star du petit écran dont le couple est un naufrage, Lizzie, divorcée qui ne pense qu'aux autres, et Erin, de retour en Irlande après neuf ans d'absence, se retrouvent régulièrement dans le salon de beauté de Sally, mère de famille hyperactive aux soirées très prisées. Dans leur nouveau QG, les quatre femmes vont apprendre à se connaître, partager leurs plus intimes secrets et prendre conscience du lien qui les unit. Et c'est au moment le plus critique, quand le malheur va frapper, qu'elles vont tester la force de leur amitié et apprécier réellement le meilleur de la vie..

    Mes impressions :

    J'ai toujours été attirée par les romans qui parle d'amitié et de complicité. J'ai longtemps été en manque de ces sentiments et même souvent déçue alors me plonger dans un livre qui en parle si bien il n'y avait qu'un pas à franchir et je ne regrette absolument pas.
    Émouvant, drôle, entier, sincère je m'y suis totalement immergée dès les premières pages, lesquelles nous décrivent les différents protagonistes de cette belle histoire.

    Sally Richardson a créé un salon de beauté. Elle est mariée à Steve avec lequel elle a deux garçons, Daniel 3 ans et son frère Jack 4 ans. Elle s'entend très bien avec sa belle mère Delia qu'elle considère comme sa seconde mère puisque la sienne est décédée d'un cancer lorsqu'elle avait tout juste 20 ans.
    D'un naturel enjoué, Sally prend toujours le bon côté de l'existence et ne se laisse jamais aller au pessimisme. Mais voilà que bientôt elle apprendra qu’elle est atteinte d’une maladie incurable.
    Abby Barton quant à elle est une femme de 42 ans qui est devenue célèbre grâce à son émission télévisée « Le grand ménage » qui explique comment mettre de l'ordre dans sa vie.
    Toujours aimable et gentille et à l’écoute des autres, elle est appréciée par beaucoup de ses auditeurs et de son entourage.Elle est du reste un peu fantaisiste. Roxie est sa nouvelle directrice de production. Les deux femmes ne s’apprécient pas beaucoup. Abby est mariée à Tom avec lequel elle a une fille Jess adolescente de 15 ans qui se rebelle comme tous les adolescents. Elle mène sa vie de lycéenne tant bien que mal. Jess est mal dans sa peau et pense qu'elle a un physique ingrat même si sa meilleure amie Steph lui dit le contraire. De temps en temps elle fait du baby sitting pour les enfants de Sally.
    Jess est proche de Tom. Abby s'en ressent comme abandonnée. Tous les trois vivent dans un quartier riche, Dunmore. Leur couple s'est détérioré depuis que Tom proviseur adjoint dans une école n'accepte pas d'avoir un salaire inférieur à celui de Abby. Bientôt elle retrouvera Jay par hasard; un ex petit ami.
    Au travers de la vision et de la vie de Jess et de ses pensées intimes nous sentons explicitement le décalage qu’il y a entre le monde des adolescents et celui des adultes. Jess est l’adolescente de cette histoire, indispensable à ce roman pour être complet.
    Lizzie Shanahan est secrétaire médicale. Ses journées se déroulent toujours de la même façon : travailler dans le cabinet du Docteur Morgan et regarder la télévision. Elle approche de la cinquantaine. Elle m’a parue très attachante parce qu’elle a un manque d’assurance, elle est introvertie, discrète.
    Elle est divorcée depuis 5 ans de Myles.; Il a souhaité retrouver sa liberté et devenir enfin lui même lorsque leurs deux enfants ont quitté le domicile conjugal : Debra qui commence ses études d'infirmière à Dublin et Joe vingt et un an, étudiant aux beaux arts à Londres. Myles s’était marié par devoir mais sans réelle passion: Lizzie étant tombée enceinte.
    Lizzie est toujours très optimiste et compatissante envers les autres. Elle dit que les personnes méchantes ne le sont pas vraiment mais qu’elles ont pris de mauvaises décisions dans leur vie. Et pense que «chacun de nous a une raison d’être triste au fond de soi. C’est ce qui nous aide à comprendre la valeur de ce que nous avons.» Mais elle reste très affectée par sa séparation avec Myles.
    Debra prépare ses noces, elle épouse Barry, ils se connaissent depuis le jardin d'enfant.
    Debra est survoltée à l'inverse de sa mère. Elle est une enfant gâtée qui se lamente sans cesse et n’est pas tendre avec sa mère.
    Sally et Lizzie sont amies depuis que Lizzie est cliente de Sally. Lizzie avait tendance à ne pas prendre soin d'elle car trop occupée à s'occuper des autres.
    Greg et Erin originaires d'Irlande sont toujours très amoureux après 4 années de mariage. Ils rentrent en Europe après l'avoir quitté il y a 5 ans pour travailler à Chicago. Erin n'est pas enthousiaste à l'idée de revenir en Europe en raison de sa famille qu'elle ne voit plus depuis 9 ans. Elle les a fuit en raison des liens familiaux qui se sont détruits. Mais elle est très discrète sur son passé et le mystère plane. Celle-ci n'a jamais caché à Greg qu'elle n'était pas prête à avoir des enfants.
    Greg a accepté un poste dans une multinationale de télécommunications, son bras droit ne sera autre que Steve Richardson. Bientôt Sally et Erin se rencontrent. Si Erin est en souffrance, Sally vit chaque jour avec optimisme et se satisfait de ce la vie lui offre et ceci lui permet de bien vivre. C’est ce qui la rend si attachante aux yeux de ces proches.
    Abby et Sally se connaissent depuis 10 ans. Tom faisait des études avec elle.
    Mais la vie n’est pas toujours simple et nous donne des leçons ainsi que des difficultés et c’est ce que vont vivre nos amies.
    Les thèmes de ce roman sont les ingrédients de toute une vie : désamour, rancœur, trahison, adultère, séparation, divorce, maladie, vie familiale et professionnelle, mais aussi courage, ténacité, retrouvailles, amour, amitié.
    Les Caractères et personnalités des divers personnages sont bien différents ce qui donne au roman une teneur et une densité particulière et une crédibilité indéniable. Il est question aussi, pour une grande place, de la maladie qui arrive par fatalité, elle choisit ses proies au hasard, alors que l’on s’y attend le moins. Ce livre aide à relativiser les petites soucis quotidiens et montre à quel point les relations amicales et humaines peuvent être un soutien important dans les épreuves.
    Le style clair, précis et la personnalité de chacun sont exprimés de façon a donné une image instantanée et précise des caractères de tous les personnages qui sont ainsi emprunts d’une grande densité et sont aussi très humains.
    Pas de pathos dans ce roman. Loin des clichés, il y a tantôt les réalités de la vie, des moments difficiles et d’autres plus légers mais n’est ce pas l’essence même de l’existence ? Tout n’est ni tout blanc ni tout noir, et quand tout va mal, seuls les vrais amis restent...
    On peut s’identifier facilement aux personnages et se dire qu'il faut profiter de chaque jour qui passe parce que derrière chaque difficulté se cachent des instants de bonheur.
    Il est nécessaire d’être courageux et se donner les moyens d’affronter les difficultés même si ce n’est pas suffisant. Mais aussi ne retenir que le bon côté des choses et ne pas prévoir les mauvais qui peuvent nous arriver. Apprécier ce que l’on a à sa juste valeur. Parfois il faut qu’un drame survienne pour réaliser ce qui est essentiel. Nous sommes cependant parfois empli de sentiments contradictoires et des remises en question, se regarder en face et prendre ses responsabilités peuvent s avérer être nécessaire voire primordial.
    Toutes ces amies respectent mutuellement la vie de leurs copines. Chacune d’entre elles est attentive aux autres sans être possessive ni exclusive. Elles mettent chacune une limite à leur implication dans la vie privé et familiale de chacune des autres. Et par générosité et souvenir de l’épreuve qui a touché Sally, elles décident même de créer une association pour venir en aide et soutenir les malades et leurs familles.
    La fin est une apothéose, elle n’est pas complétement une happy end puisque une personne manque à l’appel mais tous les personnages principaux sont réunis pour gouter au meilleur de la vie. Comme vous avez pu le constater, il y a beaucoup de personnages dans ce roman mais ici tous ont des places et des rôles bien différents. Impossible de les confondre.
    Ce roman est rempli de principes qu’il fait bon de relire de temps en temps, des vérités qui nous permettent d’avancer comme celle par exemple qu’il est inutile de s’appesantir sur le passé, ne pas se lamenter mais préparer l’avenir. Alors l’existence peut évoluer et nous pouvons alors élaborer des projets pour les autres et soi même en gardant en tête l’idée de générosité car que serions nous sans les autres ? Je vous laisse y réfléchir et vais encore savourer ce moment de plénitude que me laisse la lecture de ce livre coup de cœur....

    Je retiendrai particulièrement cette superbe phrase «les parents se doivent de donner deux choses à leurs enfants : des racines et des ailes»


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