• « On s’était promis » de Yolène JULLIEN

    Titre : « On s’était promis »
    Auteur : Yolène JULLIEN
    Genre : Roman
    Éditions : Librinova
    Année : 2020
    Nombre de pages : 160

    Résumé :

    Victoire est une trentenaire, métisse afro-caribéenne, fougueuse et pétillante. Raphaël est quarantenaire, franco-italien, un vrai dandy, marié et père de deux enfants. Leurs différences deviendront rapidement une source d’attractions irrésistibles. Une relation qui bouleversera leur perception des codes de l’amour et de l’amitié remettant en cause leurs croyances profondes. Mais lorsque les doutes et les peurs s’entremêlent, tout se complique rapidement.  On s’était promis raconte une relation fusionnelle pleine de promesses et d’attentes, mais aussi de désillusions ; un amour passionnel et controversé.

    « Pensez-vous que l’on puisse rencontrer des personnes au mauvais moment ? Selon moi, il n’y a pas de hasard. Chaque rencontre a une raison d’être. Que l’on croit ou non au destin. Toutes les rencontres ne se valent pas. Certaines vous laissent des traces indélébiles et vous bouleversent à tout jamais. Dès que je l’ai vu, j’ai su qu’il marquerait ma vie. » 

    Mes impressions :

    Originaire des Antilles, Victoire intègre une entreprise de fabrication de chaussures en tant que chargée de communication. Dès son arrivée, elle juge l’ensemble des employés, essentiellement féminin, peu sympathique voire froid. La patronne a laissé la direction à ses deux fils.
    Victoire se lie d’amitié avec Raphaël, un bel Italien, acheteur de matières et un proche ami de l’un des fils de la patronne. Actuellement en congé maternité l’épouse de Raphaël travaille également dans l’entreprise
    L’amitié naissante entre Raphaël et Victoire peu à peu devient plus profonde, plus intense. Ils ont les mêmes centres d’intérêt, les mêmes goûts musicaux, partagent leurs préférences littéraires; alors au fil des jours, des semaines, des sentiments amoureux finissent par émerger. Qu’adviendra-t-il de la place de Victoire dans l’entreprise, sera t-elle jugée ? Comment va-t-elle supporter les regards sournois et les réflexions acerbes et incisives de ses collègues de travail ?
    Quant à Raphaël, comment gère-t-il sa double vie et son histoire d’amour au début si épanouissante ? Puis quelle décision prendra t-il lorsque ses tourments et son amour vont finir par l’interroger ?
    Sa femme quant à elle est une femme blessée qui dès le début nous est présentée comme étant peu aimante et peu attentionnée envers son mari. Elle est davantage mère qu’épouse. Raphaël a appris à vivre avec elle, par la force de l’habitude puis par la tendresse qui les lie.

    Dans ce roman l’histoire d’amour est le point central mais nous retrouvons des thématiques bien particulières comme le racisme, la discrimination, les minorités, la mixité. L’auteur de par ses origines nous parle d’elle, de son pays, de ses difficultés d’intégration.
    Il y a même l’évocation de la Covid, sujet on ne peut plus actuel du moment.

    Victoire est tourmentée par cet amour et par les futures décisions de Raphaël, celles qu’il pourrait prendre et qui l’excluraient de sa vie. Alors elle se bât pour le garder, parfois elle lui met la pression. Parce qu’elle doute et qu’elle est remplie d’incertitudes, elle agit de façon contre-productive, ce qui ne jouera pas toujours en sa faveur et pourtant Raphaël continue de l’aimer et de vouloir vivre avec elle et envisage de vendre la maison qu’il possède avec sa femme. Cette dernière a bien compris qu’il risque de quitter le domicile familial.
    Ici, il n’est pas question de la place des enfants dans ce triangle amoureux ni vraiment des réactions de sa femme qui restent ici accessoires mais bel et bien de l’histoire d’amour, extra-conjugale, passionnelle entre Victoire et un homme marié. La passion se heurte à la raison.
    Tout au long du livre l’auteur insère des proverbes, des citations qui nous remuent et nous montrent toute la difficulté des relations humaines et amoureuses compliquées, nuageuses.
    L’auteure écrit ici un beau roman qui, à mon sens s’apparente davantage à un témoignage qui raconte l’amour, la peur, les tourments, les déchirures, la dépendance affective, et une notion souvent présente sur le net le ghosting. Cette technique qui consiste à faire le fantôme, disparaître de la vie d’une autre personne d’un simple clic, ne plus donner des nouvelles, faire le mort du jour au lendemain sans donner d’explications. Je peux imaginer combien cela peut être douloureux et humiliant pour la personne qui en est victime.
    La lâcheté bien souvent des hommes dans ce genre de situation fait peine à voir.
    L’auteure décrit également la complexité cornélienne que doit faire l’homme marié ici dans ce roman (ou la femme mariée dans un contexte plus général). Est-il facile de quitter un conjoint que l’on n’aime pas ou plus ?. Ou bien faut-il faire avec le désamour et continuer à vivre dans un foyer où se sont instaurées des habitudes ? Doit-on décider de prendre le large et assumer ses choix ? Doit-on choisir le bonheur et la passion à la routine et autre stabilité et confort ?
    Comment faire face à notre mauvaise conscience face à la femme mariée trompée ?
    Chacun des deux personnages est sujet à des ruminations, des peurs incontrôlables.
    Tous les deux sont immergés dans des paradoxes et des ambiguïtés, des préjugés qu’ils contrôlent plus ou moins selon les périodes et évènements.
    J’ai été touchée par Victoire qui tombe amoureuse d’un homme inaccessible , qui perd bien trop souvent son calme. L’auteur montre comment un amour fulgurant et inattendu voire inapproprié peut faire mal, parce que l’un des deux conjoints n’est pas libre.
    Il est bien évident que nous ne maîtrisons pas nos sentiments et nous ne pouvons pas contrôler ceux des autres, ni d’ailleurs leurs choix. L’amour peut être une torture et finir par nous dévaster.
    Quel est le meilleur choix dans ce cas-là ? Celui sans doute où les blessures sont les moindres mais comment les jauger ?
    Dans les deux cas, il y aura un conjoint qui perdra et souffrira plus que l’autre, alors il faudra apprendre à se relever, à accepter ce qui ne dépend pas de soi et à faire avec le manque et la perte de l’autre.

    L’amour n’est pas anodin mais je partage l’idée de l’auteure, quand elle dit que chaque rencontre, chaque personne qui entre dans notre vie, n’est pas le fruit du hasard. Elle est là pour nous apprendre quelque chose, nous donner quelque chose, nous faire avancer ….
    Le style de l’auteure est très agréable. La lecture est fluide grâce aux mots sont parfaitement choisis. Nous vivons l’histoire de l’intérieur, aux côtés des personnages. Il nous arrive de les juger, d’avoir envie de les aider, et de prendre part à leur discussion.
    J’ai aimé ce roman émouvant.
    A mon avis cette auteure a de l’avenir dans le monde de la littérature.

    « L’amitié finit parfois en amour, mais rarement l’amour en amitié » Charles Caleb Colton

    « Pensez-vous que l’on puisse rencontrer des personnes au mauvais moment ? Selon moi, il n’y a pas de hasard. Chaque rencontre a une raison d’être. Que l’on croit ou non au destin. Toutes les rencontres ne se valent pas. Certaines vous laissent des traces indélébiles et vous bouleversent à tout jamais. Dès que je l’ai vu, j’ai su qu’il marquerait ma vie. » 


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 21 Janvier à 20:11

    La couverture n'annonce pas une histoire très gaie ! 

    Je ne connais pas du tout ce livre; je ne l'ai encore rencontré nulle part !

    Merci pour la découverte. 

      • Vendredi 22 Janvier à 13:09
        Je trouve la couverture très belle et très explicite.
    2
    Vendredi 22 Janvier à 11:27
    Alex-Mot-à-Mots

    Un roman qui a l'air passionnant.

      • Vendredi 22 Janvier à 13:09
        Oui Alex et très émouvant.
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